LA Révolution Française, c'est la Renaissance ! Et elle a été entièrement non-violente. La Renaissance Française est la seule qui n'ait pas été élitiste. Rabelais et Dolet n'ont existé nulle part ailleurs.. Et nulle part ailleurs, il ne s’est trouvé des nobles pour y participer comme l(ont fait, par exemple les du Bellay.
Malheureusement, il y a eu des gens qui ne l’ont pas acceptée, des gens, nombreux (on les appellera plus tard « factions »), que l’émancipation populaire – spirituelle et matérielle – n’arrangeait pas. Ils ont donc commencé par se débarrasser des esprits libres de la Renaissance, en les mettant à mort sous tous les prétextes et de toutes les façons possibles. Ensuite, ils ont eu recours à une diversion qui refait ses preuves aujourd’hui, principalement dans le monde musulman : celle des guerres dites « de religion », qui ne sont, comme toutes les guerres, que des empoignades pour le pouvoir et les richesses.
Le couvercle de la marmite évolutive-révolutionnaire est retombé et a été solidement vissé sur les apirations de la Renaissance (qui venaient de loin, de très loin), et le feu des injustices et d’exorbitants privilèges a continué à être attisé dessous.
Ce qu’on appelle aujourd’hui La Révolution Française a déjà failli éclater sous François Ier, et plusieurs autres fois ensuite. Lisez ou relisez le « Contr’Un ou Discours de la Servitude volontaire », d’Etienne de La Boetie, écrit dans un moment de révolte écoeurée par un jeune juriste français et publié très prudemment après sa mort, plus de vingt ans plus tard, par Montaigne, qui était son ami. Vous verrez là, à nu, les racines de la révolution la plus extrême et la plus légitime.
Elle a failli éclater une fois encore sous Louis XV, en Bretagne. Où elle a été matée, comme chaque fois. Mais quand on attise le feu en permanence en dessous d’un chaudron au couvercle vissé, vous savez ce qui arrive ? Il finit par exploser.
C’est ce qui s’est produit en 1789, à la faveur de la faillite de l’Etat, qui se trouvait dans la situation où se trouvent aujourd’hui les Etats-Unis : couvert de dettes et incapable d’obtenir un sou de plus en prêt de n’importe quel banquier ou de n’importe quel état allié.
Ce n’est pas la prise de la Bastille qui a commencé la Révolution, c’est la convocation des Etats-Généraux, en mai si je ne m’abuse. Le Roi (c. à d. l’Etat) y convoquait tous les Etats du royaume (Eglise, Nobles et Tiers ou bourgeois) pour qu’ils prennent la dette pharamineuse à leur charge. L’Eglise et les Nobles ont refusé (je schématise forcément), la bourgeoisie n’a pas dit non mais a posé ses conditions.
Tout cela se serait, une fois de plus, arrangé sur le dos du peuple, depuis longtemps exsangue, s’il ne s’était trouvé une poignée de gens – presque tous juristes comme La Boétie, on dira d’ailleurs « La République des Avocats » - pour s’engouffrer dans la brèche et y défendre les humiliés et les offensés, qui allaient payer tous ces pots cassés sans rien obtenir en échange, sans être même représentés puisqu’ils n’avaient pas le droit de vote.
La vraie révolution, c’est ça, et ses racines étaient déjà en pleine croissance dans l’inégalitarisme de la société celtique d’avant la conquête romaine. La vraie révolution a été (et reste) une lutte entre classes parasites et classes opprimées. Tout le reste n’a été que prise de pouvoir par la bourgeoisie d’affaires et industrielle, c. à d. , comme l’a formulé Robespierre : « un crime remplaçant un autre crime ». A ce crime, Danton a participé, et, effectivement, le duc d’Orléans (lutte pour le pouvoir à l’intérieur de la famille Bourbon), mais il n’a pas été le seul… Les frères de Louis XVI non plus ne sont pas restés inactifs dans l’extermination de leur frère. Ils en ont récolté les fruits plus tard : la Restauration, c’est eux et le fils d’Orléans.
Pour abréger et tordre le cou à un canard digne de Robert Lamoureux : ce qu’on appelle la Terreur a toujours été blanche, avant, pendant et après ce qu’il est convenu d’appeler la Grande Terreur. L’Angleterre y a joué un rôle déterminant impossible à détailler ici.
"La Terreur", c’est le cheval de bataille de la propagande inégalitaire la plus dénuée de scrupules. Mais ce qu’il convient de garder à l’esprit, c’est que le nombre des morts de cinq ans de Révolution – tous bords confondus, car on a beaucoup tué aussi dans les rangs non-révolutionnaires – est très inférieur à celui des civils, femmes et enfants inclus, massacrés par la bourgeoisie versaillaise, rien qu’à Paris, en une seule semaine de 1871, pour se débarrasser de la Commune.
Vous ne perdrez pas votre temps en lisant Henri Guillemin : « Silence aux pauvres ! » (Arléa) et « Robespierre » (Seuil). Le vrai Robespierre n’est pas le sien (pas croyant et pas mystique, c’est lui qui l’était), mais son analyse des événements auxquels Robespierre a été mêlés (c. à d. tous) est impeccable.
Pour le rôle joué par l’Angleterre, voyez Olivier Blanc : « Les hommes de Londres, histoire secrète de la Terreur », et pour le rôle personnel de William Pitt, voyez Victor Hugo : « William Shakespeare ».
Une autre cause des révolutions et des guerres est l’intoxication permanente et/ou la faiblesse des esprits humains, dont on ne peut qu'essayer de s'affranchir individuellement.
Marie-Catherine