Modéro --> "Selon vous, Louis XVI aurait=il dû être exécuté? les républicains sont=ils allés trop loin dans la Terreur et les exécutions à tout va?"
Personnellement, je trouve que la question est vraiment très déplacée, car non seulement porter un jugement moral sur l´Histoire est tomber dans un bel anachronisme, mais en plus les conditions dans lesquelles se sont déroulées la chute de la monarchie sont tellement différentes des changements politiques actuels...
Mais bon, puis que le Modéro a envie de lancer une discussion, pourquoi pas ??
L´exécution de Louis XVI fut un geste de réaction violent de la part des Révolutionnaires pour faire comprendre aux derniers royalistes en France et à l´ensemble de l´Europe encore monarchique leur détermination à résister. Bien entendu, les foules ne se sont pas agitées toutes seules, les hommes politiques du genre Danton et Robespierre y sont aussi pour beaucoup.
Je voudrais tout de même signaler que la "Révolution Française" n´a pris qu´une toute petite ampleur par rapport à l´ensemble du royaume de France, se focalisant surtout sur Paris et sa région; de plus, n´oublions pas que les Français vivaient majoritairement dans les campagnes.
Hmm déplacé oui de toutes manières une règle d´or: l´historien ne doit jamais avoir peur de faire une polémique, mais je suis tout à fait d´accord avec toi
Pour ma part l´exécution de Louis XVI? il faut déjà se mettre au contexte de l´époque. Louis XVI, malgré 1789, était toujours un roi admiré de ses sujets, très populaire d´ailleurs, ça on ne peut pas le nier.
Sa fuite à Varennes va, pour moi, en quelque sorte signer son arrêt de mort. La foule, à son retour à Paris, est restée silencieuse et indignée, quant à sa place avec les députés, il n´avait plus qu´un siège normal.
Donc d´une, on a retrouvé des documents stipulant que Louis XVI était un traître, affinités avec Brunswick etc...De deux on a rejeté sur lui la responsabilité de la situation catastrophique en france (la prise de Longwy par exemple par les Prussiens). Enfin le fait que Louis XVI était marié à Marie Antoinette laissé entendre les affinités avec l´Autriche et que les défaites s´expliquaient en partie.
Donc Louis XVI un traître pour les révolutionnaires.
Un procès dont la sentance s´est faîte à courte majorité, mais il n´y avait pas que des républicains qui ont voté la mort du roi, il y avait aussi....Philippe Egalité qui n´a pas hésité à envoyer son cousin sur l´échafaud.
La mort pour Louis XVI? je ne sais pas, je ne sais pas qu´elle aurait été ma réaction ce 21 janvier 1793 à 10h22 lorsque la tête est tombé..."hourra!" ou indignation?
Sachant que Louis XVI a tout de même été humilié il ne faut pas l´oublier....je donnerai une réponse plus claire le mois prochain lorsque je recevrai la revue "histoire" qui traîtera sur Louis XVI.
maintenant les républicains ont=ils été trop loin? d´un côté oui. les procès envers les royalistes et les supposés royalistes étaient il faut le dire humiliant. On condamnait à mort des gens pour n´importe quoi, tout ça au nom de la nation. Un exemple: on a guillotiné un couple pour une affaire deblé comme quoi ça affamait les paysans.
On a guillotiné Malesherbes car il avait défendu Louis XVI. or Malhesherbes était le directeur des librairies et souvent il ne respectait pas la censure, accueillant presuqe à bras ouvert les Lumières (il a permis la publication de l´Encyclopédie). Donc dire qu´il est un ennemi de la nation j n´y crois pas trop.
Bon je ne peux pas m´indigner sur la peine de mort, je suis bien entendu contre ce fat, mais à l´époque ce procédé était considéré comme normal.
En conclusion je pense qu´il faudrait réellement visiter cette époque pour mieux comprendre le contexte et le vivre en direct.
Je tiens à préciser qu´on a refait un procès de Louis XVI il y a quelques années et la sentence n´était pas la peine de mort (sans tenir compte d ela loi Badinter).
Comme l´a dit Undeplus, la révolution s´est surtout faîte au niveau de Paris, mais la suite, la mise en place de la république s´est tout de même appliquée à l´ensemble du territoire français. La terreur a touchée presque toutes les régions.
A lire bien évidemment ce que je conseille "les chroniques de la révolution", gros bouquin qui raconte en détail presque toutes les journées du 21 juin 1789 à 1799.
--> excellente analyse ( bien meilleure que celle sur un match de foot, ha ha ).
"Je tiens à préciser qu´on a refait un procès de Louis XVI il y a quelques années et la sentence n´était pas la peine de mort (sans tenir compte d ela loi Badinter)."
ha bon....mais alors, cela en devient carrément COMIQUE. Parce que franchement, les mentalités des gens ont tout de même changé en deux siècles. Il y adeux siècles, mettre un homme ( ou une femme ) à mort était chose courante.
Les gens du XVIII pouvaient assister régulièrement à des tortures et exécutions en publique et je ne parle même pas de la période du Moyen-Age où ces exhibitions sanguinolantes servaient de défilement au peuple parisien. Il ne s´agit pas de faire un tableau noirci des Français, mais bon, le supplice de la roue ou de l´écartèlement, tout le monde connait; moins violent, mais plus lent, celui des expositions en publique ( j´ai oublié comment s´appelait cet instrument ) --> je ne voudrais pas entrer en détail, car ce que les livres d´Histoire ne disent pas, ce sont les atrocités peu ragoûtantes auxquelles se livrait la populace sur les captifs et les captives.
Donc, le fait de "voir" ou "supporter" la violence publique n´était pas un fait extraordinaire; de plus,la violence sociale était très répandue: sans parler des brigands sur les routes sans surveillance ou les chevauchées violentes des armées ennemies dans les campagnes, on pouvait encore voir des pirates silloner les mers au XVIIIè s. Et les pirates, eux, ils n´étaient pas particulièrement...pacifistes.
Cette tendance à la violence "normalisée" dans l´Ancien Régime remonte à très très loin, notamment aux Cirques et Arênes romains et gallo-romains, mais aussi au fait que l´individu n´était pas considéré en rapport avec des lois d´Etat ou une Justice d´Etat, mais surtout en position avec son appartenance à un ou plusieurs groupes spécifiques -- par exemple, si on était catholique ou protestant, homme ou femme, ouvrier ou militaire, noble ou roturier, etc etc...
Donc, lorsque les Révolutionnaires se sont emparés du Roi, il est clair que plus aucune loi ni juridiction ne pouvait le sauver: la moindre folie sanguinaire des politiciens pouvaient lui faire tomber la tête -- et sa fuite puis son arrestation à Varennes ont bien signé son arrêt de mort. Ce fut bien dans l´air du temps.
Oui, d´ailleurs une loi historique que j´ai déjà évoqué sur ce forum: ce qui ne nous paraît pas normal aujourd´hui était normal pour les contemporains du siècle dernier. Exemple: le lavement: se laver une fois tous les 15 jours était normal dans le temps, aujourd´hui c´est conidéré comme un manque de respect envers autrui.
L´écartèlement et le reste étaient appréciés par la populace. le supplice de Ravaillac ou de Damiens (celui qui a poignardé Louis XV en 1759) ont rameutés les foules, les dûchesses insistaient même pour être aux première loges.
Allez, je vais un peu animer cette section.
Les historiens du 19 e siècle comme Michelet ont divisé la Révolution dans ce sens:
Etes vous d´accord avec ce découpage, si oui pourquoi et si non précisez....
Que pensez vous de l´idée que des Historiens vont même poussés plus loin en affirmant que la Révolution française se termine en 1870?
Bonsoir peut on me dire si pendant la révolution française il était populaire de saccager les églises ? c'est un sujet qui m'intrigue beaucoup.
la croyance en Dieu est largement majoritaire et la religion des français(presque la totalité) est le catholicisme est pourtant de nombreuse église et cathédrale(comme Notre Dame) on était saccager alors qu'ils prient dedans il y a encore quelque jour(ou quelque année 1789, 90, 91, 92, 93 ect)
Qui faisait ça ? encourager par qui ? est-ils nombreux ?
Merci pour votre aide.
A aussi personne à l'époque essayer de défendre les églises ?
Je suppose qu'ils n'étaient 25 millions à détester les églises puisque en 1980 les français sont catholiques à 80%
C'est à l'époque de la terreur, les hébertistes Jacobins radicaux ( sortes d'anarchistes athées ) ont tenté de déchristianiser la France, d'abolir la religion catholique pour la remplacer par "le culte de la raison". Dans ce contexte les Eglises ont été fermées, certaines ont aussi servi à fabriquer des canons, en faisant fondre les cloches.
Quendri
Posté le 23 décembre 2010 à 20:28:27
A aussi personne à l'époque essayer de défendre les églises ?
Le cas le plus célèbre c'est celui des Vendéens, leur but était avant tout de rétablir leur liberté religieuse. Ils ont obtenu gain de cause.
Mais je crois qu'il y avait des pillages d'église dès l'été 1789 dans les campagnes pas exemples ? je suppose que ça devait être des bandes d'extrémiste qui faisait ça ? mais combien d'église, cathédrale, chapelle qui ont étaient profaner ?
ps : je suis pas fanatique, catholique non pratiquant, voir comme dit wiki agnostique(ou même athée).
Pour résumer les causes, on avait une classe dirigeante au niveau politique : celle des propriétaires fonciers, de biens immobiliers.
Mais une autre classe, faisant alors partie du tiers Etat, montait énormément en puissance sur le plan économique : la bourgeoisie. Les propriétaires de richesses mobilières.
Leur pouvoir économique finit par atteindre une telle ampleur qu'ils furent en mesure de prendre la facette de pouvoir qu'il leur manquait : le pouvoir politique. En effet, ne pas disposer de ce pouvoir et le laisser à des gens qui n'avaient pas les mêmes intérêts économiques revenait à brider son profit.
La Révolution Française, c'est une affaire de gros sous qu'on s'efforce de faire passer pour une affaire glorieuse.
Seul Robespierre n'était pas motivé par les mêmes intérêts (bien que motivé par des intérêts, bien sûr). Il croyait vraiment à son idéal Révolutionnaire, semble t-il.
Il a fait très peur à la garde nationale, ("je sais ce que vous essayez de faire : vous voulez diviser le pays en 2 classes, l'une n'étant armée que pour contenir l'autre" -> prophétique).
Cela n'enlève évidemment rien à l'horreur de sa Terreur.
Mais Robespierre et son clan restent un cas à part.
La révolution de 1848 est elle aussi une "affaire de gros sous" ?
Quelle partie de 48 ?
Les journées de Juin sont une affaire de gros sous, oui.
Et pour se qui est de ma question ?
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La Révolution française de 1789 est une des rares périodes, sinon la seule, qui est enseignée en France avec patriotisme et romantisme. Ce qui conduit certains à idéaliser et glorifier certains "caïds" révolutionnaires comme Robespierre. Dommage que le reste de notre histoire ne soit pas enseigné de la même manière
Surtout pour l'épopée napoléonienne en fait... mais qu'importe l'éducation nationale, qu'importe l'orientation idéologique des professeurs, l'histoire du plus illustre des français est de toute manière racontée de père en fils, le peuple lui-même se porte garant du souvenir de la gloire et de l'honneur ![]()
Et tu bases cette observation sur... ?
Parce que moi on m'a plusieurs fois présenté la Révolution comme une boucherie sanguinaire sans queue ni tête avec Robespierre en bourreau sans discernement, ce qui est totalement faux et tout autant éloigné de la réalité historique que ce prétendu gloubi-boulga à l'eau de rose que tu prétends être le standard.
De même je n'ai jamais entendu parler de patriotisme pour une Révolution française.
Exemple absurde : C'est comme si tu disais que les français étaient unis contre l'Anglais pendant la guerre de Cent Ans en disant : "Ce sont des patriotes" ...
La Révolution a détruit culturellement une bonne partie de nos connaissances et savoirs de l'époque, nos universités qui avaient pourtant rattrapées les siècles de retard sur nos voisins...
Nos archives aussi ...
Et après certains nous sortent : "Si on faisait une nouvelle révolution on serait tous unis (comme les bisounours)" alors que c'est plutôt pour ses propres intérêts.
Enfin possible que certains fassent l'éloge de la révolution française sur tous points mais j'en doute.
"l'histoire du plus illustre des français est de toute manière racontée de père en fils, le peuple lui-même se porte garant du souvenir de la gloire et de l'honneur
"
Une preuve de plus, s'il en fallait, que tu préfères te baser sur des légendes confortables idéologiquement plutôt que sur la vérité historique.
Ca ne me pose pas de problème, mais il ne faut pas présenter ca comme de l'Histoire.
"vérité historique"
-> Tout du moins ce qu'il en reste, quoi...