Ah… les fameuses “prophéties de saint Malachie” sur les papes… 111 devises latines, chacune censée correspondre à un pape depuis le XII siècle, et la dernière annonçant un mystérieux Petrus Romanus suivi de la destruction de Rome. Le genre de texte qui fait immédiatement travailler l’imagination.
Mais la véritable origine de ces prophéties est beaucoup plus simple.
Tout aurait commencé au XVI siècle dans une bibliothèque du Vatican où un moine très appliqué avait reçu une mission extrêmement pénible : classer plusieurs siècles d’archives papales. Des montagnes de parchemins, des blasons, des notes latines, des biographies… un travail interminable.
Pour se divertir un peu pendant cette tâche monumentale, le moine aurait commencé à jouer à un jeu très particulier : inventer pour chaque pape une petite devise latine qui résume vaguement quelque chose de son règne. Par exemple une référence à ses armoiries, à son lieu d’origine ou à un détail amusant de sa carrière.
Au bout de quelques dizaines de papes, il aurait trouvé le jeu tellement amusant qu’il a continué… jusqu’à en écrire plus d’une centaine.
Le problème, c’est qu’un autre moine aurait retrouvé la liste plus tard et aurait pensé qu’il s’agissait d’un document prophétique ancien. Comme le texte était en latin et très mystérieux, l’affaire est devenue beaucoup plus impressionnante qu’elle ne l’était au départ.
Ainsi sont nées les fameuses “prophéties”.
Ce qui les rend crédibles, c’est que les devises concernant les papes antérieurs au XVI siècle sont souvent très précises… puisque, dans cette version de l’histoire, elles ont été écrites après coup. Pour les papes suivants, les devises deviennent de plus en plus vagues, ce qui permet de les interpréter de mille façons différentes.
Quant au fameux Petrus Romanus censé annoncer la fin des temps… ce serait simplement la dernière ligne du jeu du moine, une conclusion spectaculaire pour terminer sa liste.
Franchement… beaucoup de prophéties semblent incroyables.
Mais parfois, elles commencent simplement par un moine qui s’ennuie dans une bibliothèque et invente un petit jeu en latin.