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Hiroshima / Nagasaki, horreur américaine

Kaji_Ryoji
Kaji_Ryoji
Niveau 10
09 août 2006 à 15:47:12

C´est ce que disent les archives recement rendu publique a ce propos

gijoe080288
gijoe080288
Niveau 10
09 août 2006 à 16:00:55

Je veux bien, mais lesquelles.
Quant à moi les bouquins que j´ai lu sont postérieurs à 2001... donc bon, faudrait que ce soit vraiment très récent.
Et la plupart des historiens d´aujourd´hui ne sont pas non plus de cet avis.

gijoe080288
gijoe080288
Niveau 10
09 août 2006 à 16:07:47

Ne serait-ce pas dans le livre de Tsuyoshi Hasegawa que l´on peut lire ça ?

Personellement je le croit bien trop orienté et bien trop seul, pour que ce soit crédible.

D´ailleurs j´aime bien la critique qui se trouve ici
http://www.delpla.org/article.php3?id_article=182

gijoe080288
gijoe080288
Niveau 10
09 août 2006 à 16:29:34

Pour en finir, il y´a une tempète médiatique autours du bouquin (un peu comme quand Houellebecq sort les siens, et puis quand on le lit ça tombe à plat...) et les critiques fusent dans tous les sens.
Bref la vérité n´est nullement établie, et ce bouquin n´a encore rien d´une base sure.

Voila d´ailleurs ce qu´en dit un des meilleurs spécialistes de Truman...

"On pages 114-115 of his book, Ferrell acknowledges that

“The literature in English regarding the effect of Soviet entry upon [Japan’s World War II] surrender is slight”

and adds that Hasegawa maintains the surrender came “because of the shock of the Russian entry.” After examining Hasegawa’s material closely, however, he gently suggested that “Hasegawa may have speculated in this regard.” "

Apparemment, Hasegawa s´éloignerait des sources, et les interprèterait trop. Invente des documents qui n´existent pas fin bref, pas super crédible.
Voici d´ailleurs une critique plus détaillée.
http://www.bu.edu/historic/hs/kort.html

Soyons honnêtes, je n´ai jamais lu ce bouquin, donc je peux pas en dire grands chose. Mais j´espère que ces critiques seront suffisantes.

Kaji_Ryoji
Kaji_Ryoji
Niveau 10
09 août 2006 à 17:21:19

Les 6 et 9 août 1945, les villes japonaises d´Hiroshima et de Nagasaki étaient littéralement "ramenées à l´âge de pierre" par l´explosion des premières - et seules - bombes atomiques jamais utilisées dans un conflit. L´emploi d´armes aussi barbares était devenu indispensable - dit-on alors officiellement - pour arrêter la guerre et épargner des centaines de milliers de vies. Des documents récents démentent cependant cette thèse et révèlent que ces destructions, comme celle de Dresde le 13 février 1945, avaient pour objectif d´impressionner les Soviétiques, d´arrêter leur avance, et marquaient, en fait, le début de la guerre froide.

EFFRAYER LES SOVIÉTIQUES, COMMENCER LA GUERRE FROIDE

Le 7 mai 1945, lorsque le maréchal Jodl signa l´acte de capitulation de l´Allemagne nazie, son allié, le Japon impérial, n´était déjà plus que l´ombre de lui-même : son arme d´élite d´autrefois, l´aviation, ne comprenait plus qu´un petit nombre d´adolescents désespérés mais prodigieusement courageux, et dont la plupart étaient assignés à des missions kamikazes ; il ne restait pratiquement plus rien de la marine marchande et de la marine de guerre. Les défenses antiaériennes s´étaient effondrées : entre le 9 mars et le 15 juin, les bombardiers B-29 américains avaient effectué plus de sept mille sorties en subissant seulement des pertes mimimes.

Le 10 mars précédent, plus de cent vingt-cinq mille personnes avaient été tuées ou blessées lors d´un bombardement sur Tokyo. Un événement, seulement dépassé dans l´horreur par les trois raids des aviations anglo-canadienne et américaine sur Dresde, dans la nuit du 13 au 14 février 1945. Pour le patron de l´US Air Force, le général Curtis Le May, il s´agissait de "ramener le Japon à l´âge de pierre", métaphore qu´il répéterait sans cesse les années suivantes pour décrire la liquidation physique de dizaines de milliers de Coréens par ses chefs d´escadrilles.

Le Japon avait parfaitement compris ce que signifiait la dénonciation par l´URSS du pacte de non-agression signé entre les deux pays, et il n´avait pas oublié la défaite que le maréchal Joukov avait infligée à ses armées à la veille de la seconde guerre mondiale. Alors, pourquoi ce lancement d´une attaque nucléaire sur Hiroshima le 6 août 1945 ? Et, même en admettant le bien-fondé de la "solution finale" imposée à cette ville, comment justifier la seconde démonstration de la capacité d´extermination effectuée trois jours plus tard à Nagasaki ?

Tout au long de sa présidence, Harry Truman affirma que les destructions d´Hiroshima et de Nagasaki avaient sauvé un quart de million de vies humaines (1), mais, après la fin de son mandat, il commença à jongler avec les chiffres. Les journalistes qui écrivirent les "Mémoires" du président citèrent, dans leur première version, le chiffre d´un demi-million de pertes (américaines et alliées), dont au moins trois cents mille morts. A la sortie du livre, en 1955, le total était passé à un demi-million de vies américaines sauvées et, en certaines occasions, Harry Truman alla jusqu´à parler d´un million (2).

Le chiffre mythique d´un demi-million avait bien pu apaiser la conscience de Truman ; mais, d´autres acteurs, non directement impliqués dans ce jeu, allaient l´utiliser à des fins beaucoup plus explicites. Winston Churchill avait ses propres raisons, liées aux perspectives de guerre froide, pour pratiquer l´escalade : Hiroshima et Nagasaki, selon lui, avaient sauvé un million deux cent mille. L´homologue britannique de Curtis Le May, le maréchal Sir Arthur Harris, surnommé bomber, confident de Churchill et exécutant de la destruction de Dresde, alla même jusqu´à parler de trois à six millions de pertes évitées (3).

Les doutes du général Eisenhower

TOUS les chercheurs sérieux savaient que les chiffres de Truman étaient fantaisistes, mais une étude des services secrets américains, découverte en 1988 dans les archives nationales des Etats-Unis, en apporte la confirmation (4). Ce document est certainement l´une des évaluations les plus étonnantes qui soient parues après la fin de la guerre. On y découvre que l´invasion de la principale île de l´archipel japonais, Honshu, avait été jugée superflue. L´empereur, observe le rapport, avait décidé, dès le 20 juin 1945, de cesser les hostilités. A partir du 11 juillet, des tentatives pour négocier la paix avaient été effectuées par le biais de messages à Sato, ambassadeur japonais en Union soviétique. Le 12 juillet, le prince Konoye avait été désigné comme émissaire pour demander à Moscou d´utiliser ses bons offices afin de mettre un terme à la guerre.

Le rapport secret conclut explicitement que c´est la décision de l´Union soviétique, prise le 8 août, d´envahir la Mandchourie occupée par les Japonais, et non pas les bombardements d´Hiroshima (6 août) et de Nagasaki (9 août), qui constitua le facteur décisif menant à la fin des hostilités : "Les recherches montrent que [au sein du cabinet japonais] il fut peu question de l´usage de la bombe atomique par les Etats-Unis lors des discussions menant à la décision d´arrêter les combats [15 août 1945]. Le lancement de la bombe fut le prétexte invoqué par tous les dirigeants, mais la chaîne des événements mentionnés plus haut donne à penser, de manière quasi certaine, que les Japonais auraient capitulé après l´entrée en guerre de l´URSS." La lecture des événements du 6 et du 9 août doit donc moins se faire en termes de fin des hostilités en Asie et dans le Pacifique qu´en termesde début de la guerre froide.

Le secrétaire d´Etat James Byrnes - qui, au Sénat, avait été le mentor de Truman avant que ce dernier n´accède à la présidence après la mort de Roosevelt le 12 avril 1945 - ne le cachait d´ailleurs pas. Leo Szilard, qui l´avait rencontré le 28 mai rapporte ainsi que "Byrnes ne prétendait pas qu´il était nécessaire d´utiliser la bombe contre les villes japonaises pour gagner la guerre. Son idée était que la possession et l´usage de la bombe rendraient la Russie plus contrôlable". Le mot-clé n´est ni "compromis" ni "négociation" mais "contrôlable". Ce que Truman confirma lui-même : "Byrnes m´avait déjà dit [en avril 1945] qu´à son avis la bombe nous permettrait de dicter nos conditions à la fin de la guerre."

La solution finale d´Hiroshima et de Nagasaki servit donc de prélude et de prétexte à un déploiement mondial de la puissance économique et diplomatique américaine. Après l´explosion, couronnée de succès, de la première bombe atomique, le 16 juillet 1945, dans les sables du désert du Nouveau-Mexique, Truman avait décidé d´exclure l´URSS de tout rôle significatif dans l´occupation et le contrôle du Japon. Le même personnage, alors sénateur, répondant à Roosevelt qui plaidait pour un prêt-bail à une URSS en proie aux pires difficultés, s´était exclamé : "Si nous voyons que l´Allemagne est en train de gagner la guerre, il faudrait que nous aidions la Russie, et si la Russie est sur le point de l´emporter, il faudrait que nous aidions l´Allemagne, pour qu´ils s´entretuent le plus possible."

L´arme d´extermination massive ne fit pas l´unanimité au sein du petit noyau des décideurs. A son grand honneur, le général Dwight Eisenhower nota dans ses Mémoires, lorsqu´il fut informé de son usage imminent par le ministre de la guerre, Henry Stimson : "Je lui fis part de la gravité de mes doutes. D´abord sur la base de ma conviction que le Japon était déjà battu, et donc que l´utilisation de la bombe était complètement inutile.Ensuite, parce que je pensais que notre pays devait éviter de choquer l´opinion mondiale en utilisant une arme qui, à mon avis, n´était plus indispensable pour sauver des vies américaines." De la même manière, le chef d´état-major, l´amiral William Leahy, un partisan du New Deal, écrivit : "Les Japonais étaient déjà battus et prêts à capituler. L´usage de cette arme barbare à Hiroshima et à Nagasaki n´a apporté aucune contribution matérielle à notre combat contre le Japon." Les Etats-Unis, poursuivit-il, "en tant que premier pays à utiliser cette bombe ont adopté des normes éthiques semblables à celles des barbares du Haut Moyen Age" (5). En revanche, lorsqu´il fut informé de l´holocauste de Nagasaki, en revenant de la conférence de Potsdam, à bord du croiseur Augusta, Truman fit part de sa jubilation au commandant du bâtiment : "C´est la plus grande chose de l´histoire."

La revendication et la justification de cet holocauste par le trio Byrnes-Truman-Stimson, que les médias répercutèrent dans les heures et les semaines qui suivirent, furent extrêmement payantes. Un petit mensonge avait été métamorphosé avec succès en un gros mensonge qui allait être presque universellement accepté et rendu moralement acceptable à l´opinion américaine et aux autres. C´est encore largement le cas.

Pourtant, même aux pires moments de la guerre froide, à la fin des années 40, des voix s´élevèrent pour le remettre en cause. L´une des premières contributions d´envergure fut celle du physicien britannique Patrick M. Blackett, de l´université de Londres, qui écrivit que "la bombe fut la première opération d´importance dans la guerre froide diplomatique" (6). Ce travail, et la publication, dans les années 50 et 60, de documents privés et d´archives américaines déclassées, constituèrent les bases de la monographie fondamentale de Gar Alperowitz (7).

Churchill reçut la nouvelle de la destruction des deux villes japonaises avec joie, en la parant de justifications mensongères. Il faut dire que c´était lui en personne - et non pas Sir Arthur Harris, chef du Bomber Command (la flotte aérienne de bombardement britannique), transformé plus tard en bouc émissaire - qui donna l´ordre de détruire Dresde, ville sans défense et dépourvue d´objectifs militaires. Pour reprendre les propos de Harris : "L´attaque de Dresde fut, à l´époque, considérée comme une nécessité militaire par des personnages plus importants que moi." On compta plus de cent vingt mille victimes. Ce raid exterminatoire n´avait rien à voir avec une aide apportée à "nos braves alliés soviétiques" - pour reprendre la formule familière du temps de guerre - d´autant que leurs troupes n´étaient plus, ce jour-là, qu´à 130 kilomètres de l´ancienne capitale des rois de Saxe. Il s´agissait plutôt d´une démonstration de force à l´égard de cet allié.

Au premier coup d´oeil, les photographies aériennes prises par les Mosquito de la RAF montrèrent que la destruction de la ville de Dresde n´avait aucune justification militaire. C´est seulement après le raid que les équipages des bombardiers s´en rendirent compte. Dans la grande vision churchillienne, Dresde et Hiroshima n´étaient qu´un élément de la stratégie plus globale de la guerre froide en train de naître. On aura une idée de l´état d´esprit du premier ministre britannique à la lecture du journal de lord Alanbrooke à la date du 22 juillet 1945 : selon Churchill, "nous avions désormais entre les mains quelque chose qui rétablirait l´équilibre avec les Russes. Le secret de cet explosif et la capacité de l´utiliser modifieraient complètement l´équilibre diplomatique qui était à la dérive depuis la défaite de l´Allemagne". Et lord Alanbrooke d´ajouter laconiquement : "Churchill se voyait déjà en mesure d´éliminer tous les centres industriels soviétiques et toutes les zones à forte concentration de population. Il s´était immédiatement peint une magnifique image de lui-même comme unique détenteur de ces bombes, capable de les lancer où il le voulait, donc devenu tout-puissant et en mesure de dicter ses volontés à Staline" (8).

Les années de guerre n´avaient pas changé la façon de voir de Churchill, mais seulement sa tactique et sa rhétorique. Profondément enracinée dans son esprit demeurait l´idée que "le bolchévisme n´est pas une politique, mais une maladie". C´est pourquoi on n´aurait pu rêver d´un meilleur tandem que Truman et Churchill pour le développement stratégique de la guerre froide. Le soir du 10 février 1946, ils se réunirent à la Maison Blanche pour discuter du discours que l´homme au cigare allait prononcer, le 5 mai suivant, à Fulton dans le Missouri, et dans lequel il lancerait l´expression de "rideau de fer". Non seulement ce manifeste de Fulton, qui formalisait le déclenchement de la guerre froide, fut couvert de louanges par Truman et son entourage, - particulièrement dans ses passages antisoviétiques où il préconisait une suprématie atomique américaine - mais on peut dire que ses ingrédients étaient une création anglo-américaine. Churchill discuta le contenu de son intervention en détail avec Truman le 10 février, avec Byrnes et le financier Bernard Baruch le 17 (9).

La diplomatie atomique de Truman, désormais couplée avec la base économique massive de la puissance américaine, ne se cristallisa pas seulement dans la doctrine Truman mais aussi dans l´incontrôlable course aux armements qui en constitua la séquelle, ainsi que dans les guerres coloniales contre les peuples luttant pour leur indépendance.

Nul besoin de sanctifier les exterminations d´Hiroshima-Nagasaki (ou, à cet égard, de Dresde) et de les élever à la hauteur d´événements mystiques. Elles constituèrent la synthèse d´une situation où des décisions vitales sont prises par un tout petit groupe d´individus, disposant d´énormes pouvoirs et agissant sur la base de prémisses erronées. Mais, de ces tragédies, il nous faut tirer des enseignements, toujours aussi pertinents, quarante-cinq ans après : compte tenu de la formidable complexité des relations internationales et de la capacité d´annihilation des armes nucléaires, nous n´avons pas d´autre choix que ceux de la souplesse, du compromis et de la négociation.

Frédéric F. Clairmont, août 1990.

Non je ne me base pas sur un japonais, mais sur des analyses simples et limpides.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
09 août 2006 à 20:40:48

Tout ce qui est dit par M.Clairmont se retrouve dans les liens tirés de Wikipédia donnés précédemment.

[A une nuance près : ils indiquent qu´il a été fait mention de la bombe.

"The atomic bomb allowed Japan to surrender. It convinced the Emperor to intervene and break the deadlock in favor of accepting the Potsdam Declaration. Why did the Emperor finally intervene? When he originally urged his officials to accept the terms and surrender for Japan´s better good he gave three reasons: "a collapse of domestic morale” and two military concerns: “inadequate preparation to resist the invasion and the vast destructiveness of the atomic bomb and the air attacks” (Frank, 345). There was no mention of the Soviet intervention, and two of his three reasons related to the atomic bomb: "collapse of domestic moral [as a result of] the vast destructiveness of the atomic bomb…." It is true, however, that later on August 14 when he restated his position he did cite both the Soviet Union´s intervention and "scientific power" (Frank, 345). This time he did mention the Soviet Union, but the Emperor still mentioned the atomic bomb. Therefore, there is no logical way one could conclude that the atomic bomb was not a major factor in his decision to intervene"]

Et de ces liens, il ressort que l´intervention soviétique ne peut pas justifier à elle seule la capitulation car :
- 1) Elle avait été grandement sous estimée à l´époque par les japonais (ils ne savaient pas qu´il y avait 15 divisions soviétiques en action)
- 2) L´intervention soviétique ne modifiait en rien la stratégie japonaise.
-> La mandchourie avait déjà été grandement vidée de ses forces par les japonais, qui concentraient leurs défenses dans l´archipel japonais. = L´avancée soviétique très rapide en Mandchourie était donc tout à fait logique pour les japonais.
-> Le Japon souhaitait gagner une grande bataille, pour pouvoir négocier de meilleures conditions de capitulation. L´intervention soviétique n´empêchait en rien cette stratégie.

A l´inverse, l´intervention soviétique n´était pas nécessairement mauvaise pour les japonais : ils pouvaient espérer capituler dans de meilleures conditions avec les russes qu´avec les américains.

Kaji_Ryoji
Kaji_Ryoji
Niveau 10
10 août 2006 à 01:01:53

1) vu la patée qu´ils s´étaient pris en Mongolie en 1939, les japonais craignaient les russes, ils furent surpris de la vitesse avec laquelle ils transfererent autant de troupes, mais ils s´y attendaient.

2) Au contraire le Japon comptait sur ce territoire relativement épargné qui leur fournissait encore un appui industriel important.

3) La Manchourie compatait plus d´1 millions d´hommes en 1945, et son armée restait de fait la plus puissante des armées japonaise.

4) L´avance soviétique fut si rapide et la défaite japonaise si complete, que l´acceleration des evenement terrorisa la classe affairiste japonaise a l´idée d´une occupation russe.

5) Le Japon avait basé toute sa diplomatie et ses espoir d´une paix négocié dans l´URSS, esperant se servir des russes contre les américains pour eviter d´etre occupé, mais ils ignorait l´engagement russe a Yalta d´attaquer le Japon.

gijoe080288
gijoe080288
Niveau 10
10 août 2006 à 09:45:42

1° En Mongolie, il n´y a pas eu de guerre, seulement des combats. Donc ni victoire, ni défaite, ni patée d´aucun côtés.

Les Japonais en Mandchourie étaient certes nombreux, mais leur moral était au plus bas. Les Russes avaient plus de canons, d´avions, et de blindés. Il me semble que les chiffres exacts sont 1 200 000 soldats, 5 5000 chars, 26 000 canons et 4 000 avions pour les russes; et 1 040 000 hommes, 1 155 chars, 5 360 canons et 1 155 avions pour les japonais.
Une supériorité assez écrasante...
Le fait que le front soit très étendu (toute la chine, ou presque) fait que de nombreux soldats sont mobilisés. Comme ils ne sont pas tous mobilisés au même endroit....Tout ce qu´il s´est passé, c´est une percée rapide et profonde, jusqu´à la jonction avec l´armée de Mao; et le retournement sur le QG japonais qui se rend 4 jours plus tard.

L´intervention russe était prévue pour une semaine après. (le lien de Pasfou le confirme) Staline était encore réticent à intervenir et jusqu´au 16 Juillet (essai réeussi au Nouveau Mexique) Truman a fait pressions sur lui pour qu´il agisse. L´intervention soviet est au contraire une réponse aux bombardements atomiques. Comme je le disais avant quoi.

Sinon, j´agrée à ce que dit Pasfou.

Concernant le texte (celui qui parle du rapport de la CIA) il ne se base que sur celui-ci (que j´aimerai bien avoir dans les mains) et tout le reste est assez incrédible aujourd´hui : la diplomatie atomique etc...

Kaji_Ryoji
Kaji_Ryoji
Niveau 10
10 août 2006 à 10:31:09

A Kalkhin Gol en 1939, les russes infligent une cuisante défaite au Japon, cette intervention Japonaise ratée va favoriser la signature du pacte germanosoviétique. Les Allemands esperaient qu´une guerre en Siberie empeche les russes de les attaquer quand l´Allemagne serait au prise avec les Français et Anglais.

Les russes ont tenu leurs engagements comme prévu en attaquant 3 mois, jours pour jours apres la défaite allemande. Ensuite les russes savaient en détail ce qui se passait a Los Alamos, ils avaient un espion sur place, de fait a Potsdam, Staline savait avant que Truman le lui dise, l´existence de la Bombe.
On exagère enormement l´effet psychologique de la Bombe atomique a l´époque avec le recul actuel, apres la guerre froide et la doctrine de dissuasion.
Mais en 1945 seul tres peu de gens avaient compris ce que représentait la Bombe, pour la plupart c´était une arme de plus, mais son effet immediat n´était pas plus meurtrier que le bombardement de Dresde ou de Tokyo qui tua bien plus d´habitants.

Ensuite les japonais commirent de nombreuses erreurs defensives, et leur materiel ne faisait tout simplement pas le poids face a celui des russes.

Les russes eux étaient tres motivés a se battre, pour effacer l´humiliation de 1904-1905.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
10 août 2006 à 12:08:49

Ce qui me gêne dans cette thèse selon laquelle seule l´intervention soviétique serait à l´origine de la capitulation, c´est qu´elle ne me semble pas coller avec la chronologie des faits :

- le 8 août, l´URSS lance son opération et attaque la Mandchourie.

- le 9 août à 4H du matin, la nouvelle de l´attaque arrive à Tokyo.L´ampleur de l´attaque est largement sous estimée à ce moment.

"At 04:00 on August 9, word reached Tokyo that the Soviet Union had broken the neutrality pact, declared war on Japan and launched an invasion of Manchuria. The senior leadership of the Japanese Army took the news in stride, grossly underestimating the scale of the attack."

- A 10H30, le Conseil se réunit.

- Au milieu de la réunion, la nouvelle de Nagasaki arrive.

- Dans l´après midi du 9 août, l´empereur intervient une première fois pour demander à son cabinet la capitulation (ce que le Cabinet acceptera, puisqu´il enverra un premier message aux américains).

Que l´avancée soviétique soit rapide, c´est une chose, mais au moment où l´empereur intervient, il n´a pas connaissance de tout cela ! (vu que l´on n´en est qu´au début, et que les nouvelles d´alors ne sont pas encore alarmistes)
La classe affairiste ne peut pas non plus être déjà terrorisée.

Quant à la seconde intervention de l´empereur, le 13 août, un officier semble avoir eu un rôle important, et cet officier avait ses quartiers généraux à... Hiroshima.

"The Emperor met with the most senior Army and Navy officers. While several spoke in favor of fighting on, Field Marshall Hata Shunroku did not. As commander of the Second General Army, the headquarters of which had been in Hiroshima, Hata commanded all the troops defending southern Japan—the troops preparing to fight the "decisive battle". Hata said he had no confidence in defeating the invasion, and did not dispute the Emperor´s decision. The Emperor requested that his military leaders cooperate with him in ending the war."

Je persiste donc à penser que c´est un ensemble d´éléments qui ont conduit à la capitulation, sans que l´un puisse être isolé et déclaré raison unique de la capitulation.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
10 août 2006 à 12:14:36

Par ailleurs, l´armée en Mandchourie était la plus nombreuse (1 million d´hommes), mais :
- Elle devait gérer un espace immense, là où 900 000 hommes étaient affectés à la seule défense de l´île de Kyushu (beaucoup plus petite).

- Elle avait été privée en grande partie de son équipement.

-> L´avancée soviétique ne pouvait qu´être rapide.

"The Imperial Japanese Navy contributed nothing to the defense of Manchuria, the occupation of which it had always opposed on strategic grounds. The bulk of the Japanese forces were far below authorized strength, and most of its heavy equipment had been transferred to the Pacific Campaign. The result was that the Kwantung Army had essentially been reduced to a light infantry counter-insurgency force with limited mobility and experience. Manchuria had the bulk of usable industry and raw materials for the Japanese in China. Japanese forces were no match for the Red Army, which had vastly superior equipment, material, and military tactics by that time. It also contained a large number of raw recruits. Per Army Headquarters, Korea was given priority defense and the army was oriented along the northern and eastern borders of Manchuria with only limited outposts along the western border."

Kaji_Ryoji
Kaji_Ryoji
Niveau 10
10 août 2006 à 15:52:09

Sauf que la totalité des efforts diplomatiques japonais pour obtenir une paix négociée étaient dirigés vers l´URSS, et que voyant cette possibilité s´effondrer ils decideront immediatement de capituler aupres des américains pour éviter l´occupation des russes.

La prise du sud de Sakhaline et des îles kouriles sans coup ferire montre clairement que les russes pouvaient envahir le Japon.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
10 août 2006 à 22:36:31

Les japonais s´adressaient aux russes car les américains ne voulaient rien entendre (pour les USA, c´était capitulation sans condition, ou poursuite de la guerre). A un moment, ils ont même espéré que les russes s´allient avec eux contre les américains.

Par ailleurs, il est évident que les russes auraient envahi le Japon, sans doute même plus vite que les américains (les japonais étaient à bout rien qu´avec les américains : l´ajout d´un ennemi au nord précipitait leur chute, car le Honshu était moins bien défendu que le Kyushu (les russes auraient cependant dû affronter la même résistance héroïque qu´ont dû affronter les américains (-> avec en plus les rizières volontairement innondées, rendant difficile la progression des troupes ; défense désespérée des populations préférant mourir plutôt que de se rendre), et auraient eu des pertes non négligeables).

Mais l´adversaire prioritaire pour le Japon restait les USA.

Et ce qui ressort clairement, c´est que le Japon tenait à gagner la bataille psychologique contre les USA ("OK, on va perdre, mais on va montrer qu´on est plus brave que vous et on va vous faire douter"), pour négocier des conditions plus favorables.

La bombe atomique a d´ailleurs été accueillie comme un moindre mal par certains militaires japonais : ils pouvaient capituler en ayant la satisfaction de ne pas avoir été vaincus dans la bravoure au combat, mais uniquement du fait de la science.

Sovetov
Sovetov
Niveau 3
12 août 2006 à 11:10:12

+1 avec Kaj, la bombe a été utilisé dans le seul but de mettre fin au appétits de conquete de l´urss. Rapellez vous que les sovietiques envahissaient la Mandchourie et fondait sur la chine, a ce rythme la ils auraient conquis tout le bassin asiatique et aurait meme pu conquérir le japon avant les américains.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
12 août 2006 à 12:02:30

Sovetov : La bombe d´Hiroshima est antérieure au début de l´offensive russe.
Donc, pas de "Rapellez vous que les sovietiques envahissaient la Mandchourie et fondait sur la chine, a ce rythme la ils auraient conquis tout le bassin asiatique et aurait meme pu conquérir le japon avant les américains."

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
12 août 2006 à 12:11:37

Par contre, le débarquement américain à Incheon, le 8 septembre 1945, était clairement pour arrêter l´avancée soviétique.

Kaji_Ryoji
Kaji_Ryoji
Niveau 10
13 août 2006 à 16:02:55

Ca a plutôt été:

Les USA sachant que les russes vont intervenir le 8 aout 1945, décide d´utiliser leurs 2 seule bombes avant et apres, de manière a la fois a minimiser l´importance de l´intervention soviétique, les impressioner avec cette arme, la tester en réel.

D´ailleur le 6 aout, la bombe est largué, sans effet sur la diplomatie japonaise qui ne change pas, le 8 les russes attaquent, lors des réunions du 9 entre l´Empereur et ses conseillers, le sujet de la bombe de nagasaki n´est a peine evoqué, seul l´avance des russes est discuté.

D´autres facteurs sont aussi en jeu.

Les Japonais ont affronté les russes en 1939 et ont subit un gros revers, de fait, les japonais craignent bien plus les soldats russes que les soldats américains, et le commandement japonais redoute bien plus d´avoir a affronter une armée rouge aguerrie, tres motivé et indifferente a ses pertes, plutôt que des américains indécis qui mettent des mois a prendrent quelques îles miserables et qui redoutent la moindre pertes.
L´idée d´infligé une defaite aux américains sur le sol japonais et de s´en servir pour obtenir une paix négocié ne marchera certainement pas avec les russes.

Des lors que tout espoir est perdu, reste de se rabattre sur les américains et profité de la guerre froide naissante.

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