Stairway to Heaven.
Le doute. La peur. Avant d´entrer en scène, toujours, à le ronger. Peur de ne pas être à la hauteur, pas cette fois-ci, plus cette fois-ci ; le doute, terrible. Pour y échapper, il avait tenté de se réfugier dans le réconfort de la drogue, dans les bras toujours ouverts de soeur morphine, sans grand succès : plus haut la poudre le faisait monter, plus durs étaient la chute et le retour de ses hantises. Il se sentait tomber, emporté par le poids de ses larmes et de la pluie qui le glaçait, de la pluie qui effaçait son nom. Jusqu´à ce qu´il monte sur les planches.
Alors, pour quelques heures, tout disparaissait, s´évanouissait. Une fois sur scène, plus de peurs ni de doutes. Une fois sur scène, il était invulnérable, il était Dieu ; une fois sur scène, il était vivant.
Entre les concerts, il n´était qu´une ombre, une épave ; il passait ses journées à attendre, fébrile et anxieux, la date suivante, le prochain soir. Ce soir, enfin. Ce soir.
Sans un mot, il décrocha sa guitare, passa la porte. Comme dans un rêve, il monta les marches, sous les cris du public. Tous ces gens, là pour lui. Il prit le micro, prononça quelques paroles, noyées par les ovations de la foule. Les mots n´avaient aucune importance, seule comptait la musique. Il prit sa guitare, pinça une corde, et il la sentit. Comme chaque fois. Elle vint comme une amie, comme un souvenir ; tout à coup, elle était là, emplissant ses veines, exacerbant ses sens. Il sentait son coeur battre au rythme des basses, ses doigts bouger tout seuls, sa voix se déverser dans la salle. Il sentait le public bouger, les étoiles trembler comme des explosions dans le ciel. Plus que tout, il se sentait fort ; la guitare entre les mains, rien ne pouvait plus l´atteindre : il était de l´énergie pure, du TNT, survolté, transfiguré.
Et tout à coup, une fausse note, comme un accord de batterie hors de propos. Et la douleur, aussitôt, dans sa poitrine. Du sang qui coule, partout, sur sa chemise, sur ses mains qui continuent à jouer, encore. La douleur, et le froid qui se répand. Dans un dernier effort, il plaqua sur les cordes de la dernière accord, la note finale. Puis, devant ses yeux, toutes les couleurs virèrent au noir. Il tomba dans la foule qui l´adulait, et qui acclamait sa mort.
Juste avant que le froid ne l´emporte, il leva les yeux vers le ciel. Un escalier semblait l´attendre.
Vraiment excellent, je te l´ai dejà dit. ![]()
Merci, je te l´ai déjà dit. ![]()
ouais, spécial mais excellent, bon style, bonne fluidité, chute admirable, vraiement un bon texte, pas d´une haute technique, pas de passages "magiques", mais un excellent texte qui n´a de ridicule que sa longueur...
Tu l´aurai lu s´il était de 166 pages ?
Non non, et je n´ai pas dit que c´était un poids... au contraire, une longuer ridicule, c´est un avantage...
Mais pourquoi 166, pourquoi ce nombre là ?
And she´s buying a stairway...
Vraiment sympa, tu t´es inspirée d´un artiste particulier?
Je lui ai bien dit que ses fic´ pourraient paraître un peu ( trop ) courte.
Bah ouais, ça à tout l´air d´être du Led Zeppelin. ^^
Un écrivain ? Non, ou alors inconsciemment. J´écris comme je parle, ou plutôt comme je pense, tout simplement.
Après, il faut bien sûr faire le parallèle avec Led Zeppelin qui est l´un de mes groupes favoris (le titre et la dernière phrase notamment).
Bizarrement, ce texte me fait penser aux Doors. Le côté mystique de ce groupe sûrement, mais aussi la mort de Morrison et l´osmose entre lui et ces fans.
Après, ceci est assez théorique. Je n´ai pas réellement pensé à tout ça lorsque je l´ai écrit. Ou alors, encore une fois, inconsciemment.
Nan en disant artiste je pensais bien à un artiste musical^^
Hummm...oui. Pour sûr, c´est pas mal écrit (loin de là même), et ça se lit très facilement. Bon la chute personnellement j´ai pas vraiment compris (enfin ce que j´ai compris me paraît étrange), mais bon, c´est probablement plus ma faute.
Texte sympathique, un peu court il est vrai. ![]()
Oui, donc ce serait plutôt vers la scène rock qu´il faudrait se tourner.
En fait, ça rappelle un peu toute la scène rock. Un monde où il faut se droguer pour réussir, pour survivre.
La mort de ce chanteur n´est pas vraiment expliquée. Chacun y voit ce qu´il veut (rattrapé par la drogue ? montée de stress à cause de la fausse note ? autre ?) .
Après, c´est vrai que c´est court. Pour tout vous dire, j´ai fais ça assez rapidement même (enfin, je l´ai écris rapidement. J´y pensais bien avant, comme toujours. Pendant un cour un peu plus ennuyeux que d´habitude.
Tout mes textes sont courts, c´est plus un choix qu´autre chose.
Tout d´abord, je ne sais pas si j´aurai le talent de retenir le lecteur plus longtemps. Aussi, sur le média internet (média de la rapidité) , les gens ne lisent pas les trops longues oeuvres. C´est normal.
Et surtout, je n´aime pas trop prendre les gens par la main. J´aime les faire imaginer ou réfléchir par eux-mêmes.
Euh pour la longueur, ici tu es sur un forum d´écriture hein, alors un texte n´est pas considéré comme un pavé avant de faire trois pages A4...ça, ça rentre dans la catégorie "court", limite "très court".
Mais je l´avoue, retenir le lecteur est parfois difficile, selon les genres du texte.
Pour l´imagination...d´accord mais c´est ton histoire, c´est pas à nous d´en inventer la fin...enfin bon, d´accord on peut laisser une fin ouverte (chose que j´ai déjà faite il est vrai), mais je veux dire, c´est ton histoire donc tu dois quand même décrire un minimum (ceci est à prendre au sens global et pas sur ce texte en particulier, hein.
)
J´entends bien.
Je n´avais rien d´autre à dire, à passer. J´avais sûrement peur de me perdre dans des banalités ou des sentiments superficiels. Après, ce texte est destiné à tout le monde.
En fait, ce n´est pas réellement mon histoire. Je ne la vois pas comme une histoire. Je décris ce qui me fait réfléchir.
Cet homme, sûrement une rock star talentueuse, doit prendre de la drogue pour l´être. Il en a besoin. C´est sûrement l´histoire de cet homme, qui est adulé jusque dans sa mort pour être ce qui le détruit. Mais c´est aussi autre chose, non ?
J´aurai quand même une question. Penses-tu que la longueur d´un texte soit un critère de qualité ?
Alors là, j´admet qu´il y a du talent.
Oups, ce n´est que l´autre pseudo que j´utilise plus souvent !
Piotr==>Non, absolument pas. Simplement, lorsque l´on fait trop court (ce qui n´est tout de même pas le cas ici), on ne peut pas entrer dans le texte, puisqu´on s´insère à peine dans l´ambiance qu´on arrive à la chute. En cela c´est dommage. Mais on peut tout aussi bien faire d´excellents textes courts. Toutefois, en tant que fan de pavés, j´admets que je préfère lire des textes plus longs^^. Mais c´est personnel.
"Cet homme, sûrement une rock star talentueuse, doit prendre de la drogue pour l´être. Il en a besoin."
==>Kurt?
"Mais c´est aussi autre chose, non ? "
==>P´têt bien, mais j´vois pas.
Faut dire, moi et les sens "cachés"... ![]()
L´opium ne rend pas plus intelligent, il ne fait que dégager l´esprit.
La longueur est pas nécessairement un gage de qualité d´un texte. Simplement, certaines idées, certaines histoires ont besoin de beaucoup de temps et d´espace pour se mettre correctement en plus; au contraire, trop développer peut être préjudiaciable à d´autres. Dans le cas présent, pour un texte comme ça, je dirais que c´est bien ![]()
Oui, c´est vrai que les longs textes peuvent être bien plus puissants que les courts. Il faudrait que j´essaye un jour, bien que ce ne soit pas du tout mon style ! D´ailleurs, je pense que personne ne lirait... ![]()
Après, j´aime bien les gens qui ont la capacité de "faire court". Exprimer ses idées en une seule ou quelques phrases est quelque chose de génial, je trouve. Le message, l´idée de réflexion passent tellement mieux.
Ça pourrait être Kurt, mais aussi Morrison, ou un chanteur sans nom.
Je ne sais pas trop comment l´exprimer... Je me suis toujours poser des questions sur la place de la drogue dans la musique (étant seulement fan de musique, je laisse le reste de côté).
Certains artistes arrivent à entrer en état de dépendance, de destruction rien que pour l´amour de ce qu´ils font. La plupart sont très conscient de cette destruction mais continue, pas seulement par dépendance mais aussi par envie d´aller plus loin dans leur domaine, de montrer une autre facette de la puissance de la musique. Je trouve ça fascinant, et même dérangeant.
Après, le rôle du public, qui en demandera toujours plus. Il aime voir ses stars se détruire, être dans l´excès et tout le tralala qui va avec. Dans ce texte, même quand il meurt, surtout quand il meurt, il l´adulera.
Je sais que je le fais aussi, que j´aime voir des personnes déranger, même s´ils doivent y laisser quelques minutes de leur vie à chaque fois. C´est pourquoi je me demande pourquoi.
Après, peut être que je divague.