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Liste des sujets

L'Aube D'un Nouveau Monde

Noval
Noval
Niveau 8
22 septembre 2006 à 23:00:22

:ok: Lecteur présent, sergent.

Noval
Noval
Niveau 8
28 septembre 2006 à 02:09:44

ptit :up: de rappel à l´auteur :o))

__tony__montana
__tony__montana
Niveau 10
29 septembre 2006 à 18:44:47

Je viens de lire le chapytre 2, toujours aussi bien. Je viens de comprendre le sens du titre :p)

Sunshadow
Sunshadow
Niveau 7
29 septembre 2006 à 21:45:39

Bon ben j´ai lu, j´ai apprecié, tout ça, on te l´as déjà dit...

Personellement j´ai trouvé les chapitres avec les Mecca stressant, c´est bien rendu tout ça. Un petit peu court mon comm´ mais bon c´est bien quoi...
p.s.: t´es qu´un copiteur ! Moi aussi dans ma fic y´a 1 perso/chapitre ! (ça servait à rien, mais j´avais envie de le dire :-p )

apoloj
apoloj
Niveau 7
02 octobre 2006 à 20:38:49

Tony --> merci de ta lecture ^^ Pour le titre, j´oppose souvent l´ancien monde au nouveau, mais je ne sais pas si je vais garder ce titre-là. On verra à la fin, quand tout sera bien posé si je peux pas en trouver un meilleur. il fait un peu classique, je trouve ^^

Sun --> merci de ta lecture, à toi aussi ^^ Désolé d´avoir eu la même idée que toi :gni:

Voilà, voilà, bon ben... Chapitre7 ! :hap:

----------------------------------------------

Des cris, des hurlements. Une douleur qui me vrille le corps. Des cris, des hurlements. Ce sont les miens. Je les entends comme s’ils étaient extérieurs à moi, pourtant ils s’extirpent de ma gorge. On me touche, on me secoue. Des détonations, des bruits sourds. Le monde tangue et tremble.
Tout est noir.

Chapitre Septième : Réunis ( Marie Delay )

Tout était noir. Une douleur serpentait dans ma tête. Elle me rappelait ces lendemains de cuites, toutes ces soirées enivrées aux matins viciés. D’où venait cette douleur ? Une machine… une machine m’avait tirée dessus. Une balle avait perforé ma chair et était entrée en moi. Sortir après quatre ans pour mourir comme ça ? Non… je pensais donc je vivais.
Des bruits étranges, semblables aux chants poétiques d’une forêt tropicale, se lovaient dans mes oreilles, comme une mélopée paradisiaque un peu confuse et embrumée. Je perçus un léger sifflement mélodieux et j’imaginai un bel oiseau aux couleurs de l’arc-en-ciel ; Je sentis la tendre caresse du vent sur mon visage, un souffle frais mêlé aux douces exhalaisons forestières, et je rêvai d’une étendue d’arbres à perte de vue.
J’ouvris les yeux. Une brume émeraude recouvrait mes yeux et je cherchais, en vain, à améliorer ma vue. Je voulus les frotter, mais mon bras droit resta cloué sur place. Une douleur atroce déferla dans l’ensemble de mon corps. Je criai.
Une voix.
Un bruit sourd qui se perdit dans cet écosystème sonore invraisemblable. Je ne compris pas les mots qui furent prononcés. Je levai mon bras gauche et caressai mes yeux. Je poussai un gémissement de désapprobation car ce geste semblait avoir aspiré toute mon énergie. J’écarquillai les yeux et je découvris qu’un plafond verdoyant s’esquissait au-dessus de ma tête. Je vis une multitude de fleurs aux couleurs variées qui ponctuaient la fresque herbeuse. L’une d’elle à la couleur de l’océan, s’agita, bercée par ce souffle qui me caressait les joues.
Où étais-je ? Etais-je morte ou avais-je atteint le paroxysme d’une folie sans nom ? Des fleurs… ? Une parcelle de verdure perdue au cœur d’un monde dévasté? Non, ce n’était pas possible. Peut-être rêvais-je…
- Tu vas bien ?
Encore cette voix.
Elle ricocha dans ma tête, et y fit naître une douleur insupportable. Je me penchai vers la gauche, dans sa direction et je ne vis qu’une forme confuse qui vacillait. Je laissai le temps à mes yeux de faire la mise au point, et je découvris peu à peu les traits d’un homme assis sur une chaise, à mes côtés.
Mon cœur s’arrêta de battre quelques secondes.
Je sentis en moi comme un fourmillement qui me caressait de l’intérieur. Mon sang afflua de plus en plus vite dans mes veines, je les sentis se gonfler au rythme des battements frénétiques de ce muscle qui agitait ma poitrine. Mon corps se raidit et je ne pus empêcher cette envie de s’extérioriser par mes mots.
- Fais-moi l’amour, Nathan.
- Non.
- Pourquoi ?
- Plusieurs raisons. La première est que tu n’es pas en état. La seconde est que je n’en ai pas envie.
- Pourquoi ?
- Tu as le bras droit cassé et une côte brisée. Je risquerai de te faire mal.
- Non, pourquoi la seconde ?
- J’attendais une autre réaction de ta part.
- Peu importe, fais-moi l’amour.
- Non.
Je sentais cette tension qui m’avait étreinte plus tôt s’estomper dans mon corps et repartir aux oubliettes. J’aurais tant aimé le voir contre moi, sentir sa peau frôler la mienne. J’aurais tant aimé le savoir en moi, mais il refusait.
- Tu ne te demandes même pas où tu es ou ce que je peux bien faire devant toi ? Reprit-il
- Je m’en fous. Je suis là. Toi aussi.
- Qu’est-ce qui t’arrive, bon sang ?
- Ça fait tellement d’années que je ne t’ai pas vu, tellement d’années que je n’ai pas fait l’amour. J’en ai envie, Nathan. J’en ai envie avec toi.
- Les machines ravagent le monde…
- … Et moi je veux faire l’amour.
- Tu es cinglée.
- Peut-être. Tu m’as laissé enfermé dans cet abri pendant quatre ans.
- Cinq.
- Cinq… A qui la faute si je suis cinglée ?
- Tu l’es de naissance. Ne reportes pas la faute sur les autres.
Je souris.
- Si je suis folle, ce n’est que de toi. Tu es parti sans même me dire au revoir…
- Je suis parti parce que tu m’y as poussé.
- Personne ne t’a poussé, Nathan, tu t’es tiré tout seul. Et tu dis que c’est moi qui rejette la faute sur les autres… Tu n’as pas changé d’un poil. A vouloir sauver le monde entier, tu as tué ton couple.
- Notre couple est mort le jour où tu as refusé de me soutenir dans mon travail.
- Je dirais plutôt que notre couple est mort le jour où tu as refusé mon amour.
- Une chose sur laquelle nous sommes d’accord : notre couple est mort.
- Tu sais trouver les mots pour réconforter une femme…
Un silence. Je reportai mon attention sur le mur qui se trouvait derrière Nathan et j’examinai une nouvelle fois toutes ces couleurs agréables. Après un instant qui se perdit dans le temps, il reprit la parole.
- Je suis content que tu sois en vie, Marie… Tu m’as manquée.
- Tu m’as manqué, aussi…
Je tendis ma main gauche dans sa direction et la posai sur sa cuisse. Il fit glisser sa paume sur le dos de ma main, affectueux.
- Pourquoi tu n’es pas venu me chercher plus tôt ?
- Plusieurs milliards de morts, Marie… Comment pouvais-je deviner que tu étais encore en vie.
- Il faut plus qu’une armée de machines qui veulent détruire le monde pour venir à bout d’une femme qui veut revoir son mari. Tu savais où j’étais pourtant ? Tu n’aurais pas pu venir vérifier avant ?
- Je n’ai pas pris la tête de ce campement tout de suite. Et les gars n’aiment pas trop les petites excursions en milieu hostile… Je n’ai pas arrêté de penser à toi… Il m’a fallu du temps pour te trouver, mais j’y suis arrivé.
- Et tu hérites d’une folle…
- D’une obsédée, je dirais.
- Je l’ai toujours été…
- Obsédée ou folle ?
- Les deux… J’ai eu peur, Nathan… tellement peur… J’ai été seule pendant toutes ces années. Tes hommes sont les premiers que j’ai vus depuis cinq ans… Je n’ai eu que… Où est mon horloge ?
Il tiqua. Je reconnus son regard méprisant, celui qu’il me jetait à chaque fois que je disais une chose idiote. Il secoua un instant la tête pour prendre la parole, mais je le coupai.
- Ne me fais pas ton numéro ! Ne me regarde plus jamais comme ça, Nathan ! Je suis peut-être obsédée, j’ai peut-être une foule de défauts, j’ai peut-être un peu perdu pied, mais je ne suis pas cinglée ! Vis seul pendant tout ce temps et tu comprendras ce que je suis en train de vivre ! Tu as déjà vécu cinq ans enfermé seul dans un abris anti-atomique ?
- Non.
- Alors ne cherche pas à me comprendre, tu n’y arriverais pas.
- Elle est intacte. A côté de toi. Félix et Roby m’ont dit que tu semblais y tenir.
Je me tournai vers la droite, et je la vis. La petite aiguille était toujours arrêtée sur le trois et la grande entre le huit et le neuf. Quinze heures et quarante-deux minutes, à peu de choses près.
- Merci…
Je sentis tout de même poindre en moi, l’envie de me venger de toutes ces années. Il me fallait frapper un grand coup.
- Au fait, continuai-je, content du résultat de tes travaux ?
Il baissa les yeux. J’y avais peut-être été un peu fort.
- Pourquoi te sens-tu obligée d’être méchante, Marie.
- Réaliste, pas méchante. C’est bien toi qui les as conçues ?
Il lâcha ma main et se leva. Il semblait furieux.
- Les prototypes, Marie ! J’ai conçu les prototypes !! ! Elles… Elles ne devaient pas avoir d’armes… Elles… ne devaient pas nous faire la guerre !
- Pour un avenir meilleur… Pour un homme qui profite de sa vie… C’était ça votre devise, hein ?! Regarde un peu où on en est, Nathan… Regarde ce que vous avez fait.
Il fonça vers moi et tapa du poing sur la chaise. J’entendis le bois craquer sous le choc, mais le siège ne céda pas.
- On voulait créer des assistants !!
- Vos assistants nous ont tués…
Il serra les dents en me fixant. J’avais un don pour lui tenir tête et l’énerver.
- Je sais que nous sommes fautifs… ( il se rassit sur sa chaise, la tête posée au creux de ses paumes ) Je le sais bien… Tout allait bien les premiers mois…
- … Jusqu’au jour où l’une d’entre elles a tué son acheteur, hein ?! Je connais l’histoire. C’était un joli rêve que vous aviez… joli mais stupide. Vous avez créé des êtres capables de penser… Qui aimerait vivre dans la servitude ? L’esclavage a été banni depuis bien des décennies… Pourquoi avoir voulu le remettre au goût du jour ? Si tu m’avais choisi, tout ça ne serait peut-être pas arrivé.
- Si je t’avais choisi, c’est moi qui serais devenu fou…
- Je ne suis pas folle. Il fait beau dehors ?
Il releva la tête et me fixa.
- Qu… Quoi ?
- Dehors… ça ressemble à quoi ?
- Tu as traversé la moitié de la ville à pied, Marie… C’est comme ça à des centaines de kilomètres à la ronde.
- Ici, c’est vert.
- Ici, c’est faux. Dehors, c’est la réalité.
- C’est agréable, le faux. Je me sens bien ici. Je suis où ?
- Dans un lit de l’infirmerie.
- Et l’infirmerie est pleine de fougères, de fleurs multicolores et d’oiseaux qui chantent ? Et c’est moi qui suis folle…
- Tu l’as dit, c’est agréable. Sans ça, il y aurait trop de tensions. Si je l’ai fait, c’est pour que nous puissions vivre correctement.
- Nathan, le sauveur de l’humanité. Ne refais pas les mêmes erreurs…
- Non… Je ne t’abandonnerai plus.
Je le regardai. Il posa ses yeux sur moi et je reconnus ce regard amoureux qu’il me jetait lorsque nous étions plus jeunes. Mon cœur s’emballa et tous ces moments plaisants refirent surface. Mon passé défila un instant devant mes yeux à demi clos.
- Embrasse-moi, Nathan…
- Non.
- Pourquoi ? Tu ne risques pas de me faire mal, et ne me dis pas que tu n’en a pas envie. Je suis encore ta femme et je te connais par cœur, que tu le veuilles ou non…
- Je… Je ne peux pas.
- Tu ne peux pas ?
- Non, Marie… Je… J’ai…
Une explosion assourdie.
Tout le décor verdoyant grésilla devant mes yeux et une fine pellicule de poussières s’effondra des murs. Nathan se leva.
- Je dois te laisser, Marie ! Je vais voir ce qui se passe.
- Ne me quittes plus, Nathan !!
- Je vais revenir, cette fois.
Il ouvrit la porte. Quelques hommes passèrent en courant. Il me jeta un dernier regard avant de s’engager dans le couloir. Alors qu’une sirène d’alarme grondait en allant crescendo, une nouvelle explosion agita ma chambre…

bababouboubaba
bababouboubaba
Niveau 3
02 octobre 2006 à 21:45:44

toujours aussi bien !
t´as une idée de la taille qu´elle va faire cette fic´ ? parce que plus c´est long... (je sors)
si jamais tu décides, un soir de blues, de ne pas la continuer, compte sur moi pour te rappeler à l´ordre !

la suite, vite !

Noval
Noval
Niveau 8
02 octobre 2006 à 21:47:44

:) Lu.

Bon voilà, nouveau chapitre un brin psychologique, jmen plaint pas hein! ^^ , bref, c´est rigolo, Marie revoit son mari depuis 5 ans, et le première chose qu´elle lui dit ^^...
Alors voilà, je n´ai pas cherché les fautes d´orthos ou autres, pour moi le scénario est le plus important, et le tien, c´est parfait.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
02 octobre 2006 à 21:53:50

Génial, tout simplement génial. Une fiction définitivement à classer parmi mes favorites du forum. Rien d´autre à dire, à part que t´es un sacré connard d´avoir un tel talent quand même. :o))

J´vais aller m´pendre, tiens. :o))

apoloj
apoloj
Niveau 7
02 octobre 2006 à 21:56:10

baba --> :gni: bah je dirai environ 200pages ( A4 ) j´en suis à un peu plus de 40 :o)) Assez long pour toi ? :-p rahlala, tu me feras toujours rire ^^ Pas de danger que le blues arrive avec toi =) Merci bien !! Au... plaisir... de te relire sur ce forum :o)) ( ou ailleurs, qui sait :-) )

Noval --> oui, le chapitre est psychologique, je m´attarde sur les personnages, c´est important et je crois même que, lorsque je retravaillerai l´histoire, j´améliorerai l´aspect psychologique des personnages. Pas assez travaillé dans les premiers chapitres, selon moi ^^ Bref, merci de ta lecture +)

d´autres lecteurs ? :coeur: :hap: :coeur:

apoloj
apoloj
Niveau 7
02 octobre 2006 à 21:58:06

AZ --> merci bien monsieur. moi aussi je t´aime :-) J´espère être encore un plus gros connard avec la suite, dans ce cas :-p

Noval
Noval
Niveau 8
02 octobre 2006 à 22:00:02

40 chapitres. Tu rigoles? Poste-moi ça maintenant :o)) .

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
02 octobre 2006 à 22:05:36

Il a dit "40 pages". Ceci dit, il me semble qu´il en était au 9e y´a une ou deux semaines, donc là il doit en avoir au moins trois ou quatre d´avance^^

apoloj
apoloj
Niveau 7
02 octobre 2006 à 22:08:44

oui 40 *pages* ^^ J´ai un peu d´avance, effectivement, mais tant que je ne suis pas sûr de mes p´tites phrases chéries, eh bien, je ne poste pas ^^ ça arrivera, ne vous en faites pas ! ^^ et puis, vous préférez sans doute avoir quelque chose de plus abouti, quitte à attendre un peu, non ? :-)

bababouboubaba
bababouboubaba
Niveau 3
02 octobre 2006 à 22:14:45

on attend, on attend
mais ça se lit tellement bien, on est totalement embarqué dans cette histoire et pis, pof, c´est la dernière ligne du post et là, il faut relever la tête de l´écran et se résigner. Bourreau !

apoloj
apoloj
Niveau 7
02 octobre 2006 à 22:19:51

merci de ce compliment, baba ^^ ( ´tain on me traite de tous les noms, aujourd´hui :o)) )

N´empêche, ça me fait super plaisir de vous avoir comme lecteur, tous autant que vous êtes ! ( ´fin surtout baba :coeur: ). Merci à vous d´être là ^^

eliwood2
eliwood2
Niveau 7
15 octobre 2006 à 19:48:12

Un chapitre intérésant qui dévelope éffectivement un peu plus la psychologie des personages et leur donne une dimension un peu plus importante.

Par contre je me pose une question a laquelle tu répondras dans tes chapitres ultérieurs j´éspére : D´ou vient l´éléctricitée qui permet a ce camp de vivre et surtout qui permet l´illusion de nature des couloirs ?( à mon avis il faut beaucoup d´éléctricitée pour ça.)

apoloj
apoloj
Niveau 7
15 octobre 2006 à 20:30:36

Merci de ta lecture, eli ^^
Oui, il y aura un élément de réponse à ta question dans les chapitres à venir lorsque l´on va découvrir un peu plus l´intérieur du camp. :)

j´en profite pour vous fournir le chapitre 8...

-------------------------------------------------

Chapitre Huitième : Des mots qui résonnent ; des canons qui tonnent ( Félix Lucas )

Elle n’avait pas répondu à ma question. Elle s’était contentée de sourire, de glisser à nouveau ses mains dans ses poches et de fixer la ville en ruine. Je l’avais regardée en laissant cette question en suspens, mais elle n’avait pas daigné fournir de réponse. Nous étions là, tous les deux, et nous observions les décombres de Paris, perdus dans nos pensées. Quelques rires s’élevèrent du côté des joueurs de cartes, ainsi que quelques grondements de désapprobation.
Lilly se tourna, et s’appuya sur le rempart, dos à la ville. Elle regarda un moment le campement qui s’endormait petit à petit. L’effervescence due à notre retour s’était peu à peu calmée. Elle baissa les yeux. Je me tournai, dans une position similaire à la sienne, mais je croisai les bras. Nous restâmes muets un long moment, puis c’est elle qui brisa le silence.
- Tu es déjà allé en montagne ?
- Oui, une ou deux fois… avec… oui.
Je ne pus finir ma phrase. Trop de souvenir. Trop de visages brouillés qui allaient ressurgir du passé si je poursuivais le fil de mes pensées.
- J’y suis allée, moi aussi, une fois. Je devais avoir une dizaine d’années. C’est bizarre, je ne me souviens que de quelques détails. Du froid qui gelait mes mains, mes pieds et mes oreilles ; de papa qui n’arrêtait pas de hurler parce qu’il ne neigeait pas assez pour que l’on puisse skier ; de ces soirées passées au chalet à regarder maman faire sa cuisine. Je me souviens de toute cette vapeur qui s’élevait sur son visage… On y est resté deux semaines. C’était dans les Pyrénées, je ne me souviens plus du nom de la station. J’ai oublié la majeure partie de ces vacances… Pourtant il y a quelque chose qui me revient sans cesse à l’esprit.
Je la regardai, mais ses yeux se perdaient toujours sur ses pieds.
- Et c’est quoi ?
- On était allé assez haut dans les montagnes, enfin assez haut pour une petite fille de mon âge. Papa m’avait pris sur ses épaules et il m’avait fait rire, et… ( elle marqua une pause ) et, mon rire s’est fait écho dans la montagne… il est parti de ma gorge et il m’est revenu du vide. J’avais aimé cette sensation, alors mon père et moi, on a crié très fort, et à chaque fois, les sons revenaient, identiques mais de moins en moins forts… c’était agréable, au début, mais au bout d’un moment, tous les échos m’ont donné mal à la tête… et c’est devenu très désagréable.
- C’est ce qui t’as le plus marqué ?
- Oui… parce que… parce que c’est un peu la même chose.
Je fronçai les sourcils.
- Qu’est-ce qui est la même chose ?
Elle sourit et fit quelques pas en avant. Elle se tint droite face au camp, les mains dans les poches.
- Les mots dans ma tête… ils cognent et résonnent sans arrêt. Au début, j’aimais bien, c’était sympa, même si j’ai cru que j’étais folle, mais maintenant… ça fait mal.
- Les mots dans ta tête ?
- Oui… quand je suis à côté de quelqu’un, j’entends ce qu’il a dans sa tête. C’est assez faible, comme un écho lointain, mais ça se répercute des dizaines de fois dans mon crâne… ça fait mal. Une douleur horrible, comme un marteau qui frappe sans arrêt mon esprit.
- Que… quoi ?
- Tu as très bien compris… Je… Je peux entendre ce que tu penses… le moindre mot qui traverse ta tête, la moindre idée, la moindre envie, je les ressens comme si c’était moi qui les vivais, mais ils ne sont que des résidus… Tu sais, comme si tu avais l’impression d’avoir encore faim alors que tu venais de manger pour dix…
Elle divaguait. Je l’observai un moment, de dos. Ses cheveux bruns dansaient sous la brise. Elle semblait calme et réfléchie, pourtant.
- Je le suis…
- Pardon ?
- Calme et réfléchie. Je ne divague pas… Ce que je te dis est la stricte vérité, Félix. Tu m’as posé une question tout à l’heure, je te donne ma réponse.
Je restai un moment, sans mot dire. Comment était-ce possible ? Etait-elle en train de se moquer de moi… Avait-elle perdu l’esprit ?
- Ni l’un… ni l’autre, Félix… Tu n’es pas capable de me faire confiance ?
- Qu… Quoi ? Mais… je n’ai rien dit…
- Dans ta tête, Félix ( les mots qui suivirent étaient hésitants ). Tu te demandais si je me moquais de toi ou si j’étais folle… Pourquoi est-ce que tu ne me crois pas ? J’ai ta voix dans ma tête. Elle cogne… Elle cogne si fort…
Je m’avançai vers elle.
Je posai une main sur son épaule et j’essayai d’apercevoir son visage au travers de sa chevelure.
- Je suis désolé, dis-je. Désolé que tu souffres encore une fois…
Des larmes glissaient sur ses joues, mais elle retenait ses sanglots.
- Je survivrai.
- Viens par ici…
Je fis glisser mon bras dans son dos et l’amenai vers moi. Elle garda ses mains dans ses poches. Elle blottit sa tête contre ma nuque, mais je ne sentis aucun laisser aller. Elle ne voulait sans doute pas se montrer vulnérable.
- Si, Félix… Devant toi, j’ai l’impression que je le peux…
- De quoi tu parles ?
- Me montrer vulnérable…
Elle sortit finalement ses mains de leurs cachettes et serra son étreinte. Je l’entendis prendre une grande inspiration. Ma main glissa dans ses cheveux.
- Et… Depuis quand est-ce que tu entends ce genre de chose ?
- Tu dois te douter de la réponse, hein… ( Elle releva son visage et me fixa dans les yeux ) Depuis que…
- BAISSEZ-VOUUUUUUUUUUUUS !!
Je regardai dans la direction des joueurs de cartes. Jack.
Il courait vers nous, le long du rempart. Il titubait d’un air terrifié, s’agrippant à la rambarde de sécurité pour ne pas tomber. Sans plus réfléchir, je me jetai au sol, entraînant Lilly dans ma chute.
Un souffle au-dessus de nous.
Je percutai le sol pour apercevoir une colonne de fumée foncer au travers du camp. L’engin s’écrasa contre le rempart Sud et, dans un grondement, des flammes se déchaînèrent. Le sol trembla sous l’onde de choc alors qu’une multitude de débris s’envola dans les cieux. Je me relevai sous cette pluie de pierre et tendit une main salvatrice à Lilly. Nous nous retournâmes vers la ville et la vision qui se dévoila à nos yeux glaça nos veines.
- Mon Dieu…
- IL FAUT SONNER L’ALARME !! ! Hurla Jack.
Des machines… par centaines… Comment… Comment était-ce possible ? Sans un bruit, elles s’étaient faufilées jusqu’ici. Déjà les rangs des êtres mécaniques s’illuminaient de flashs successifs, prémices d’un déluge de flammes. Des dizaines de leurs missiles devaient se diriger vers nous.
Je sentis un flot d’adrénaline réchauffer mes veines.
- Va au sous-sol Lilly. Court réveiller le plus de monde possible…
Elle fixa la ville. Son visage affichait un air de mépris et de haine.
- COURS !!
Elle se précipita vers les escaliers. Jack était arrivé à côté de moi.
- Faites marcher les Berthas. Elles ont du métal à faire fondre… et fais passer le message à toutes les équipes de gardes !
- Bien Félix. Je m’y mets…
Il se mit à courir lui aussi.
Une autre explosion derrière moi. Je tanguai un moment sur mes pieds puis me retournai. L’attaque venait d’un autre front… Mon Dieu… Combien étaient-elles ? Dans quelques minutes le camp serait noyé sous une vague métallique.
L’alarme lança son ronronnement si singulier et je fis comme tout le monde.
Je courrai vers la réserve pour m’équiper.

Noval
Noval
Niveau 8
15 octobre 2006 à 20:37:15

Excellent , rien à dire. Une histoire intriguante, je dois dire. Marrant le passage de la fille qui lit dans les pensées...

Vivement la suite!

:)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
15 octobre 2006 à 20:41:18

Excellent, évidemment. Quelques fautes entachent la lecture cependant ("trop de souvenir", "je courrai"), mais rien de grave. Par contre, vu que tu as plein de pages d´avances, tu pourrais pas poster un peu plus souvent? Parce que se remettre dans la tête de chaque personnage à chaque fois...^^

Enfin bref. La suite. :-)a

Noval
Noval
Niveau 8
15 octobre 2006 à 20:43:39

Oui, un peu plus de régularité (Ça existe ça ^^?) ne ferait pas de mal. Et puis, j´ai confiance, pas besoin de 6 mois pour que tu composes un bon chapitre sans fautes, vu ton calibre d´écrivain. :)

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