Donc à première vue et d´après les profs, ça a l´air jouable d´avoir du temps libre si on est organisé. Maintenant faut voir si c´est suffisant pour écrire.
bah j´espère alors
sinon toujours rien de special à dire, tes chapitres sont toujours aussi bien ![]()
Bon, en fait je pense que j´aurai beaucoup de mal à écrire. J´ai cependant quatre chapitres d´avance, et je vous poste le premier entre mes devoirs de maths et de SI. Je le trouve moins bon que les autres, mais bon vous verrez.
Chapitre 9 : Le prêtre et l’intendant
- Si Sigurd est hanté par un fantôme de son passé, il ne m’en a jamais parlé.
Sans marquer la moindre hésitation, Johann s’était exprimé d’une voix douce et ferme à la fois. Erwan essaya de savoir si le prêtre lui cachait quelque chose, mais son expression restait impénétrable.
Tous deux étaient assis en tailleur sur les dalles de pierre blanche qui pavaient la grande salle du temple de Mogas. Derrière le prêtre se dressait une statue du dieu, un immense guerrier de bronze, encadré par deux bac de cuivre d’où jaillissaient des flammes vives. Suspendus au plafond ou fixés aux colonnes qui soutenaient le toit, des dizaines d’autres flambeaux brûlaient. Autrefois, des tapis moelleux étaient disposés sur le sol tandis que des tentures écarlates pendaient aux murs. Mais depuis l’incendie qui avait ravagé le temple quatre ans auparavant, les décorations inflammables avaient été remplacées par des statues de pierre ou de métal. Les bancs, quant à eux, avaient été recouvert d’un enduit protecteur.
Erwan jeta un coup d’œil aux armes suspendues au mur de part et d’autre de la statue de Mogas puis reporta son attention sur Johann. Il était venu après l’office de l’après-midi en prétextant une visite de politesse. Après avoir été introduit par deux Singes, il avait pris place en face du frère de Sigurd. Ils avaient parlé de choses et d’autres, débattu de questions économiques, échangé leurs points de vue quant à la façon d’affronter l’hiver et discuté de théologie. Puis, Erwan avait tenté, très délicatement, de laisser glisser la conversation vers Sigurd. Très légèrement, il avait suggéré que le baron avait peut-être commis des erreurs…
Johann l’avait percé à jour en moins d’une minute et lui avait adressé cette réponse claire et définitive. Erwan sut qu’il ne tirerait rien de cet homme.
- Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, lâcha-t-il pour se sortir de ce mauvais pas. Je n’ai jamais insinué que Sigurd puisse avoir des remords à quelque sujet que ce soit.
- Veuillez m’excusez, répondit Johann, charitable. J’ai mal interprété vos propos.
Erwan se leva.
- L’heure avance, et je dois me retirer. Portez-vous bien.
Il allait se retourner vers la porte d’entrée quand Johann éleva la voix.
- Intendant Nod ?
Erwan leva un sourcil inquiet.
- Oui ?
- Le mois dernier, j’ai empêché qu’un conflit éclate entre le commandant Valt et vous. J’ai appris que vous ne vous êtes pas revus depuis lors. Je vous conseille fortement de profiter de votre passage à Velnus pour aller lui présenter vos respects.
Erwan haussa les épaules.
- Pourquoi ?
- La tension a demeuré entre vous. Elle doit s’apaiser. Vous devez discuter et trouver un accord.
- Si Julius Valt souhaite aider des marchands à enfreindre la loi, il n’y a pas d’accord possible, répliqua Erwan. Je le briserai. Je compte bien rassembler des preuves établissant qu’il rançonne certains commerçants.
- C’est une mauvaise idée, fit Johann en baissant les yeux. Vous vous lancez dans une bataille pour laquelle vous n’êtes pas prêt. Mon devoir est de vous inciter à la paix.
Erwan haussa le ton.
- Il n’y a pas de paix pour les criminels !
Il tourna le dos à Johann et marcha vers la sortie. Les deux Singes qui gardaient la porte s’écartèrent et l’ouvrirent.
- Soyez prudent, soupira le prêtre derrière lui. Qui sème le vent…
- … récolte la tempête, acheva Erwan. Une tempête qui balaiera Julius Valt, soyez-en sûr.
Il quitta l’énorme temple de pierre juché au sommet du promontoire rocheux. Puis, après un regard sur les eaux miroitantes du fleuve à sa gauche, il enfourcha son cheval et s’engagea dans une ruelle descendante.
Il se fraya un chemin dans les rues de Velnus et quitta rapidement la ville pour se diriger vers Siorac. Il avait encore le temps d’aller voir Megan.
Il ne remarqua pas l’homme au visage carré qui l’avait suivi depuis le temple. Il ne sut pas que cet homme rentra prestement en ville après l’avoir vu s’éloigner vers l’est. Il n’imagina pas que, quelques minutes plus tard, Julius Valt devait apprendre que l’intendant de Sigurd chevauchait seul dans la campagne. Il n’entendit pas le commandant envoyer un homme de main pour alerter l’équipe de truands qu’il avait sélectionnée précisément pour cette occasion. Une équipe de brutes sans importance, qui reçut pour consigne de galoper à sa suite, de le dépasser et de l’attendre dans un endroit discret.
Il ne se douta pas une seconde qu’il se précipitait dans un piège.
Dans la forêt près de la ferme d’Owen, Sigurd prit à sa selle un bâton droit et écorcé qu’il tendit à Vladek. Le garçon le saisit avec précaution pendant que son père, tirant un couteau, traçait une croix sur un arbre.
- Ton premier exercice, expliqua le baron, sera de frapper cette croix avec le bout de ton bâton. Regarde.
Il décrocha un second bâton de sa selle, se plaça face à l’arbre et, projetant l’arme en avant, toucha la croix en plein centre. Puis, pivotant sur lui-même, il porta un coup de taille qui mena l’extrémité de son bâton exactement au même point.
- Fente avant et balayage horizontal, commenta Sigurd. Ces deux mouvements sont les bases du Makashi. Ce sont les premiers que tu devras maîtriser. Essaye.
Vladek se positionna en face du tronc et tenta d’imiter son père. Le bâton toucha l’arbe à dix centimètres de la croix.
Sigurd soupira. L’entraînement que Vladek imposait à ses poignets les avait déjà bien renforcés. Il arrivait à tenir correctement le bâton. Maintenant, il devait corriger ses mouvements.
- Non, Vladek. (Sigurd le prit par les bras et le guida pour une nouvelle frappe.) Tu vois ? C’est comme ça qu’il faut faire.
Il décomposa lentement le geste afin que Vladek comprenne bien comment le reproduire. Le garçon hocha la tête et recommença. Il toucha la croix. Sigurd ne se leurrait pas : c’était un coup de chance.
Après une heure d’exercice, Vladek faisait un peu mieux. Sigurd lui demanda de venir s’entraîner seul le plus souvent possible. Puis ils s’assirent sur les rochers et se turent, observant la clairière.
Les arbres se teintaient d’or. Des oiseaux chantaient dans leurs branches, qu’une légère brise agitait. Un lièvre apparut à la lisière des arbres, aperçut les deux humains, et s’empressa de faire demi-tour.
Enfin, Vladek parla.
- Père, que faites-vous dans la journée ?
- Quoi ?
- Vous avez dit que vous aviez peu de temps pour moi. Donc vous êtes très occupé. Mais à quoi ?
- Eh bien…
Sigurd réfléchit. Tous les six jours, il se rendait dans la forêt du Nord pour traquer le sanglier. Le lendemain, il chevauchait dans l’ouest du domaine. Plusieurs fois par semaine, il avait coutume de visiter l’est de Holarn pour rencontrer les villageois ou admirer les paysages. Il prenait aussi un peu de temps pour entretenir sa forme et travailler son Makashi. Et puis…
Rien.
Sigurd prit soudain conscience qu’il passait très peu de temps à s’occuper des affaires qui se traitaient dans son château. Axarn et Erwan s’en chargeaient si bien qu’il n’y accordait plus aucun intérêt depuis longtemps. Il avait l’impression que les problèmes de Holarn lui empoisonnaient l’existence, mais il réalisa tout à coup que ces derniers temps, il n’avait fait qu’autoriser Erwan à agir en son nom.
Depuis combien de temps n’avait-il pas parlé à Ellen, au juste ? Le matin, il quittait le château avant son réveil. Quand, le soir, il se faisait servir un dîner puis regagnait sa chambre, elle dormait déjà. Les rares fois où il était au château, il ne cherchait pas à la voir. Un sentiment de honte l’étreignit quand il s’aperçut qu’il s’était complètement détaché de la vie de sa famille et de ses devoirs de baron.
Une seule question de Vladek avait suffi à bouleverser ses repères. Comment était-ce possible ? A croire que personne ne lui avait jamais rien reproché auparavant !
- Père ? fit timidement Vladek. Ca va ?
- Ca va, acquiesça Sigurd. Je me disais juste que…
Rien. Après tout, il n’avait pas à s’en faire. Si son domaine avait eu besoin de lui, Erwan le lui aurait fait remarquer depuis longtemps. Inutile de s’inquiéter outre mesure.
« J’ai vraiment de la chance d’avoir un intendant comme lui », songea le baron.
- En fait, dit-il à Vladek, je pense que je pourrais te consacrer un peu plus de temps. Mais ce sont Owen et Martha qui risqueraient de trouver tes absences trop fréquentes. D’ailleurs, il est temps que tu partes. Laisse le bâton ici, dans un buisson.
Vladek cacha son arme et s’éloigna. Juste avant de franchir la lisière des arbres, il s’arrêta puis, pris d’une impulsion soudaine, se retourna et courut vers son père qui le prit dans ses bras.
- Merci, Père, fit-il d’une voix émue.
- De quoi ?
- De ne pas m’avoir oublié.
Sigurd vit des larmes dans les yeux de son fils. Il s’écarta de lui et lui tapota l’épaule.
- Comment aurais-je pu abandonner un garçon pareil ?
Ils sourirent, puis Vladek repartit. Sigurd le regarda s’éloigner puis se dirigea vers son cheval et suspendit son bâton à sa selle.
Les paroles de Vladek remuaient toujours dans sa tête, comme un agaçant petit insecte. Des remords vinrent à nouveau à Sigurd. Personne au château ne lui avait jamais reproché ses nombreuses absences. Mais était-ce parce qu’on n’avait pas besoin de lui, ou parce qu’on ne critiquait pas le baron ? Le doute le tenaillait.
Sigurd se dit que ce n’était pas à lui de régler la question. Si quelqu’un estimait sa présence au château nécessaire, il le lui ferait savoir. A tout hasard, il demanderait quand même son avis à Erwan…
Le cheval blanc de Sigurd s’impatientait. Le baron lui flatta l’encolure puis l’enfourcha.
Ils s’éloignèrent en direction du nord.
Vladek quitta la forêt et marcha vers la ferme. Le jour était bien avancé. Il fallait qu’il mette le couvert avant le retour des ouvriers.
En traversant la verte prairie qui séparait le bois des bâtiment, le petit garçon se demanda ce qui avait troublé son père. Pourquoi une simple question l’avait-elle laissé aussi pensif ? Et surtout, pourquoi n’avait-il pas répondu ?
Vladek essaya de ne pas y penser. Il était heureux. Heureux de connaître son père, heureux que Sigurd vienne chaque semaine s’occuper de lui, heureux de se sentir enfin entier. Ce qui tracassait le baron ne le concernait pas. Même s’il aurait bien aimé savoir ce que c’était…
Il allait atteindre la ferme quand Lucie apparut et vint à sa rencontre, jetant des regards anxieux derrière elle, comme si elle craignait qu’on la suive.
- J’arrive, dit Vladek. Excuse-moi d’être en retard.
- Non, t’es pas en retard, mais c’est pas ça le problème.
- Ah ?
- Qu’est-ce que tu fais dans les bois ?
La question était directe. Lucie semblait bien décidée à obtenir une réponse.
- Quoi ? Rien.
- Arrête ! Toutes les semaines, tu passes l’après-midi dans la forêt. Papa ma dit de ne pas te suivre et de ne pas te poser de questions. Mais tu peux bien me dire ce que tu y fais, non ?
- Euh…
Vladek hésitait. D’un côté, il devait garder le secret ; de l’autre, il ne voulait pas mentir à Lucie. Elle était si gentille avec lui, il ne voulait pas lui faire de peine…
- Allez, l’encouragea-t-elle. J’en parlerai à personne.
Elle s’approcha. Vladek ne savait pas quoi dire.
Une voix retentit du côté de la ferme.
- Vladek, Lucie ! J’ai besoin de vous !
C’était Martha. Soulagé, Vladek courut vers sa mère. Lucie le suivit.
Elle n’avait pas réussi à obtenir une explication. Cette histoire allait continuer à la travailler. Elle songea un instant à espionner Vladek quand il irait dans la forêt, mais elle ne voulait pas désobéir à son père. Elle aurait aimé que son ami lui dise lui-même à quoi il occupait cette après-midi chaque semaine.
Enfin… Si vraiment il ne voulait rien lui dire, elle s’y résignerait.
![]()
Si ce chapitre est moins bon, je ne l´ai pas remarqué^^. Par contre, j´ai vu trois fautes :
"par deux bac"==>Faudrait un ´s´ déjà, et puis comme tu en parles après je suppose que tu voulais dire "bancs"
La deuxième, j´la r´trouve pas. ![]()
"Papa ma dit"
Bon, dommage pour l´écriture...espérons qu´tu trouveras quand même quelques moments^^.
Néanmoins, comme elle est déjà écrite, tu pourras nous poster la suite d´ici peu, nan? ![]()
Je peux, répond-je avec deux jours de retard. Sauf que pour l´instant j´ai pas accès à mon PC. Donc plus tard.
Ceci était un up déguisé.
Bon allez, je retourne à mes fonctions.
Bon allez, la suite, pour ceux qui suivent encore :
Chapitre 10 : Embuscade
Erwan n’avait pas vu venir l’attaque.
Il était presque arrivé à Siorac lorsqu’un homme avait jailli d’un bosquet et s’était précipité vers la route en agitant les bras. Effrayé, son cheval s’était cabré. L’homme avait bondi sur Erwan et l’avait frappé à la tête, le faisant tomber par terre. Trois autres étaient sortis des arbres et avaient fondu sur lui. L’un d’eux avait attrapé son cheval par la bride et l’avait maîtrisé tandis que ses complices traînaient l’intendant vers le bosquet.
Et maintenant, Erwan était allongé dans l’herbe, étourdi. Le soleil brillait au-dessus de lui. Un homme tenait son cheval pendant que les trois autres se tenaient autour de lui. L’intendant, se remettant du choc, crut tout d’abord qu’il avait affaire à des bandits de grand chemin.
- S’il vous plaît, fit-il en sortant sa bourse. Si c’est ça que vous voulez…
L’un des hommes la lui arracha des mains avec un sourire satisfait. Erwan eut mal au cœur en voyant l’argent du baron filer dans les poches de brigands. Mais il n’était pas fou : il n’allait pas risquer sa vie pour une poignée de couronnes.
Puis l’homme parla, et Erwan sentit son cœur s’arrêter.
- Ca nous fera ça de plus. Mais pas de chance pour toi, on est là pour avoir ta peau.
- Vous ne savez pas ce que vous risquez ! Je suis l’intendant du baron ! Je…
Un coup de pied dans l’estomac lui coupa le souffle en même temps que la parole.
- Te crois pas trop important ! Tu peux nous faire confiance, personne retrouvera ton cadavre.
Erwan était terrifié. Alors c’était ça : il allait mourir dans un bosquet, assassiné par une poignée de truands. Puis l’idée lui vint qu’il ne s’agissait pas de professionnels : des vrais tueurs l’auraient abattu d’une flèche dans le dos. Il avait peut-être une chance.
- Gardons notre calme, dit-il en s’appuyant sur ses bras pour se redresser. Nous pouvons négocier…
Un coup dans le dos le rejeta au sol. La douleur lui fit perdre le fil de son raisonnement.
- On négocie pas, fit l’homme qui semblait être le chef. Si on te tue pas, on est morts. Pas de chance pour toi.
Erwan se força à réfléchir. Qui pouvait en vouloir à sa vie. Julius ! L’officier ne reculait donc devant rien pour protéger ses trafics ? La colère saisit l’intendant. Il devait se tirer de là, au moins pour donner à Julius la punition qu’il méritait.
Alors qu’il atteignait péniblement le mètre soixante-huit, ses agresseurs lui rendaient tous quinze bons centimètres. C’étaient des hommes corpulents, habitués à l’effort, et leurs têtes de malfrats – cheveux courts et barbe mal rasée – n’exprimaient pas la moindre pitié.
Erwan se doutait qu’au cours de sa vie il aurait à affronter des situations de ce genre. C’est pourquoi il ne se séparait jamais d’un petit poignard dissimulé sous ses vêtements. Axarn lui avait enseigné quelques rudiments, et il s’était cru capable de se défendre en cas d’agression.
Mais il ne s’y était pas vraiment préparé. A présent, alors qu’il gisait entre les hommes de main de Julius, il ne voyait pas comment il pourrait se battre contre eux. Il voulait simplement que tout s’arrête, que quelqu’un vienne l’aider.
- Au sec… commença-t-il, mais un coup de pied dans le flanc le fit taire. Une explosion de douleur irradia dans ses côtes, et il tomba sur le dos en hurlant. Une main se posa sur sa bouche, étouffant son cri.
- Tuons-le vite, Kazn. Sinon il va attirer du monde.
- T’as raison, fit l’homme qui le bâillonnait. J’aurais bien voulu m’amuser un peu, mais on n’est jamais trop prudent.
Il tira un couteau. Ignorant la douleur qui le brûlait, Erwan sortit son poignard et fendit l’air devant lui d’un geste désespéré. Kazn bloqua son attaque et, d’un léger mouvement de sa lame, lui entailla la main pour lui faire lâcher son arme. Erwan voulut donner un coup de pied, mais la souffrance empira et il ne réussit pas à lever sa jambe.
Le couteau se posa sur sa gorge.
- Adieu, pauvre type.
Erwan ferma les yeux, attendant la douleur avec une sorte de résignation. Si vraiment il n’y avait rien à faire, il espérait qu’au moins sa mort serait rapide.
Le flash aveuglant qui survint alors teinta ses paupières de rouge tandis qu’un craquement sonore retentissait dans le bosquet. La lame et la main de Kazn quittèrent la tête d’Erwan. Il y eut un bruit de chute et des cris de surprise.
Erwan ouvrit les yeux et tourna la tête sur le côté.
Une femme en robe bleue se tenait face aux bandits, ses cheveux roux virevoltant derrière elle bien qu’il n’y eût pas de vent. Sa main droite, tendue en avant, était nimbée d’un halo rougeâtre. Au fond de ses yeux bleu marine, Erwan crut discerner une étincelle de pouvoir indomptable.
Kazn se relevait péniblement, abasourdi. Sur son flanc droit, sa tunique de toile noire dégageait une odeur de brûlé et laissait entrevoir une peau rougie par le choc. Ses trois comparses, éberlués, fixaient la femme avec un mélange de colère et de crainte.
Quand elle parla, d’une voix spectrale et chargée de menace, Erwan vit la colère disparaître du regard des tueurs, ne laissant que la peur.
- Honte sur vous, misérables ! Disparaissez de ma vue, ou subissez ma colère !
Les hommes hésitèrent. Kazn se redressa avec une grimace. Ses yeux se posèrent sur la femme, descendirent vers sa tunique calcinée, remontèrent vers l’inconnue…
La lueur rouge qui enveloppait sa main gagna soudain en intensité.
- Décidez-vous ! lança-t-elle, et Erwan eut l’impression d’entendre parler une nuée de fantômes.
Kazn la regarda, se tourna vers ses amis, jeta encore un coup d’œil à son côté, et sembla soudain se rappeler qu’il avait un rendez-vous urgent ailleurs.
N’importe où.
Il détala sans demander son reste, et ses compagnons l’imitèrent, poursuivi par le rire dément de la femme en robe bleue.
Lorsqu’ils eurent disparu, celle-ci redevint une femme ordinaire : ses cheveux roux retombèrent sur ses épaules, son regard se vida de sa puissance, et la lueur qui baignait sa main s’évanouit. Elle tituba, essoufflée, puis s’approcha d’Erwan qui tentait maladroitement de se remettre sur pied.
- Ne bougez pas, ordonna-t-elle. Laissez-moi examiner vos blessures.
- Tout va bien, merci.
- C’est à moi d’en juger.
Elle releva les pans de sa tunique et passa la main sur le flanc de l’intendant. Il grogna de douleur.
- Une côte cassée, annonça-t-elle. Deux, peut-être. Je pense que vous pourrez marcher jusqu’au village. Après, on s’occupera de vous.
Elle l’aida à se relever. Sa chute de cheval lui avait meurtri les jambes, et il eut du mal à avancer. Du coin de l’œil, il vit sa monture qui s’était éloignée. La femme suivit son regard.
- Nous irons le chercher plus tard. Pour l’instant, la priorité c’est vous.
Mais la bête était mieux dressée qu’elle ne le pensait. Erwan n’eut qu’à pousser un sifflement pour que le cheval les suive docilement. Puis, se tournant vers la magicienne, il s’aperçut qu’elle semblait à bout de forces.
- Ca va ? s’enquit-il. (Puis, précipitamment
Merci m’avoir aidé. Sans vous, ils m’auraient assassiné.
- J’avais remarqué, répondit-elle, très pâle, en aidant l’intendant à marcher vers la route. Mais nous avons de la chance. Ma première attaque a épuisé presque toute mon énergie. S’ils avaient choisi de se battre, je n’aurais rien pu faire.
![]()
Le smiley qui traîne au milieu du texte est dû à une mauvaise anticipation de ma part : c´était censé être deux points puis la parenthèse. J´avais oublié que JV.com en ferait un smiley.
Ca fait bizarre lol le smiley, c´est vrai^^. Bon, et bien, toujours aussi bon ma foi...un peu coïncidencieux, mais il en faut, n´est-ce pas?
Bon, inutile de dire que j´attends impatiemment la suite. ![]()
Merci du comm´. Et au fait, qu´est-ce que tu trouves coïncidencieux ?
Ben, la femme qu´arrive pile au bon moment. Disons que c´est le genre de coïncidences (à moins qu´elle l´ait suivi) qui arrivent forcément, donc pas franchement gênantes tant qu´y´en a pas cinquante mille^^
Ah... Ben non, c´était pas vraiment une coïncidence, mais je l´expliquerai dans le prochain chapitre.
Et t´as pas reconnu la femme ?
Ben...non.
L´enchanteresse dont tu parlais dans un des chapitres d´avant peut-être? En plus, j´me disais justement qu´on l´avait déjà vue, mais j´ai pas encore retenu tous les personnages. -_-
Ouah, trop fort, j´ai battu KaiM !
Gnié?
Désolé, j´ai dû laisser l´ordi.
C´était un pari avec KaiM. On se basait sur un procédé qu´on aimait bien : créer une scène avec un personnage connu par le lecteur, mais sans le nommer, car on se place du point de vue d´un personnage qui ne le connaît pas. Toi qui lit Rigante, tu pourras prendre comme exemple la scène avec Ferol, le bandit du bac, ou celle de la mort du laird pêcheur. Dans LCA, il y a certaines apparition de Namâric ou bien la première rencontre Evan/Alexandre qui sont comme ça.
On peut créer deux effets : soit le lecteur reconnaît le personnage, et lit la scène en plaignant le pauvre mec qui ne sait pas à qui il a affaire. (Genre : Edwin Til´illan contre Darkhan Ruin) Assez sympa.
Soit le lecteur ne reconnaît pas le personnage, et dans ce cas ça lui fait une surprise quand il apprend son nom. (Exemple : la rencontre Aliena/Phillip au marché dans les Piliers de la Terre.)
KaiM n´avait pas encore réussi, d´après lui, à créer le second effet. J´avais parié que j´y arriverais avant lui. C´est tout.
A plus.
Attends, c´est la soeur de Sigurd non?
Si c´est le cas, c´est pas très dur à savoir: c´est la seule enchanteresse qu´on voit dès le début. En plus tu dis qu´il ne l´a jamais vue donc c´est normal qu´il ne la reconaisse pas...
et de plus tu précises la couleur de sa robe et de ses cheveux, enfin c´était pas très dur de deviner, enfin moi je trouve
sinon c´est toujours aussi sympa à lire, vivement la suite ![]()
La voilà, la suite. Bonne lecture :
Chapitre 11 : Déductions
Megan allongea le blessé sur le lit qui occupait sa petite chambre puis se retourna vers Anna Kam. La mère du cordonnier était une vieille dame toute de gris vêtue, avec des cheveux argentés attachés derrière la nuque. C’était elle qui, la première, les avait aperçus sur la route et avait aidé la magicienne à atteindre sa maison.
- Tu veux bien aller chercher des bandages ? lui demanda Megan. Ils sont dans l’armoire de gauche, dans l’entrée
- Tout de suite.
La vieille femme sortit de la chambre, révélant la présence du petit Markus Heinkel qui attendait sur le pas de la porte. Comme Anna, il avait dû les voir arriver et s’était précipité pour savoir s’il pouvait se rendre utile.
- Markus, dit Megan, tu peux t’occuper du cheval ? S’il le faut, va chercher ton père, d’accord ?
- D’accord, fit le garçon en hochant la tête.
Il quitta la maison. Megan soupira. Il faudrait environ dix ans à Markus pour suivre des études de médecine. Jusque-là, il n’y aurait pas de médecin à Siorac. Chaque habitant savait plus ou moins s’occuper des blessures et, finalement, Megan devait être la mieux qualifiée pour soigner la victime des bandits.
Les bandits… Megan songea qu’elle avait pris un sérieux risque. Elle n’avait jamais été très puissante. Son Eclair de Jarlaï et ses petits effets de style l’avaient vidée de son pouvoir. Si les tueurs s’en étaient aperçus, elle serait probablement morte à cette heure. Heureusement, elle avait été suffisamment intimidante pour les faire fuir.
Elle se rappela comment elle avait fait pour arriver juste à temps. Quelques minutes avant la confrontation, alors qu’elle s’apprêtait à préparer son troisième thé de la journée, elle avait eu le pressentiment que quelque chose de terrible allait se produire. Elle s’était sentie appelée vers la route de Velnus, et avait eu l’impression que ses jambes l’avaient menées dans le bosquet de chênes sans que son esprit ait son mot à dire. Là, elle avait bien dû agir.
Ce n’était pas la première fois que ce don de prescience se manifestait : elle l’avait déjà remarqué lors de ses études à l’Académie de Magie ; mais à chaque fois, ç’avait été pour l’avertir d’un danger qui planait sur elle, où d’un malheur qui allait s’abattre sur un membre de sa famille. Une fois, lors d’un exercice de duel, elle avait su que son adversaire préparait un coup en traître, et avait pu le contrer. L’année suivante, alors qu’elle regagnait l’école, elle avait senti qu’elle devait éviter une certaine rue. Plus récemment, elle avait vu l’incendie qui devait ravager le temple de Johann, mais trop tard pour pouvoir l’en avertir.
Mais cette fois-ci, son intuition l’avait prévenue d’une attaque contre un parfait étranger. Et elle ne comprenait pas pourquoi.
Anna revint avec des bandes et des onguents qu’elle déposa sur la petite table de nuit dressée à côté du lit. Depuis qu’il était là, le blessé n’avait pas parlé. La peur et la douleur l’avaient rendu aussi pâle qu’un mort.
- Quel est votre nom ? l’interrogea Megan.
- Erwan Nod, répondit-il. L’intendant de Sigurd.
Elle déboucha un flacon d’alcool dont elle se servit pour imbiber un mouchoir, puis tamponna la plaie qu’il avait à la main afin de la nettoyer. En temps normal, elle aurait pu utiliser un sort de guérison, mais il n’y avait plus assez de magie en elle pour cela. Elle devrait attendre que ses forces se reconstituent, ce qui pouvait prendre plusieurs heures, voire demander une nuit de sommeil complète.
- Je ne crois pas vous avoir jamais vu, dit-elle pour détourner son attention de la brûlure.
- Vous êtes ?
- Megan Soladar. Je suis la sœur de Sigurd.
Erwan leva un sourcil.
- Heureuse coïncidence. J’étais justement venu vous rendre visite.
- Ah ?
Anna lui tendit une bande de tissu blanc. Megan s’en saisit et pansa la main de l’intendant.
- J’aurais préféré discuter en d’autres circonstances, poursuivit Erwan. Enfin… Permettez-moi de vous présenter mes respects, ainsi que mes remerciements pour m’avoir sauvé.
- Je les accepte, répondit Megan en poursuivant son ouvrage.
A cette heure, la plupart des villageois étaient aux champs ou avec les moutons. Certains s’attroupèrent pourtant devant la porte de la maison, curieux d’apprendre ce qui était arrivé. Anna les tint au-dehors en leur rappelant que les blessés avaient besoin de calme et d’espace.
- Voilà pour votre main, annonça Megan. Je pourrai mettre une pommade sur vos bleus, en revanche il n’existe rien pour soigner vos côtes. Tout ce que je peux faire, c’est mettre un bandage pour les protéger un peu. Demain, je pourrai me servir d’un sort de guérison, mais en attendant…
- Ca ira très bien, répondit Erwan. Vous semblez fatiguée. Ne vous en faites pas pour moi et reposez-vous. Vous voulez peut-être que je vous laisse le lit ?
- Non, assura Megan. C’est vous le blessé, pas moi.
Et elle quitta la chambre.
Une heure plus tard, après qu’ils se furent tous deux restaurés de pain et de viande, Megan prit une chaise et vint s’installer à côté d’Erwan, qui avait réussi à s’asseoir sur le bord du lit.
- Le crépuscule approche, fit-elle remarquer. Il vaudrait mieux que vous passiez la nuit au village.
Erwan hocha la tête.
- J’espère qu’ils vont réussir à se passer de moi, au château. D’habitude, il y a toujours quelqu’un pour me demander un conseil ou une autorisation.
Megan laissa s’écouler un temps de silence, puis enchaîna :
- Vous avez une idée de qui étaient ces hommes ?
- Ils avaient ordre de me tuer. J’imagine qu’ils agissaient pour le compte du commandant Valt.
- J’ai entendu parler de votre altercation à Velnus, dit Megan. Mais vous pensez vraiment qu’il irait jusqu’à… ?
- Sans aucun doute. Je n’ai pas encore de preuves, mais j’ai des présomptions. Il s’est bâti tout un réseau à Velnus. Pour l’instant, ce ne sont que quelques marchands qui lui versent des pots-de-vin en échange d’une « protection ». Mais d’ici quelques mois, ou quelques années, cette « protection » finira par inclure l’intimidation de la concurrence, la contrebande de marchandises fortement taxées, bref toute une série d’activités illégales. Julius sait que cela ne pourra pas se faire tant que je serai en poste. Il sait que je ferai un adversaire coriace, et il a besoin de montrer à ses protégés qu’il n’a rien à craindre de personne. Je le pense capable de vouloir m’assassiner.
- Vous pouvez le faire arrêter ?
- Mes agresseurs se sont enfuis, et aucun d’eux n’a prononcé le nom de Julius Valt. Je ne peux rien prouver.
Megan cracha un juron.
- Les hommes puissants sont toujours intouchables. Ca m’exaspère.
Erwan eut un sourire triste.
- Ne vous en faites pas. Les criminels payent un jour ou l’autre.
Il regarda autour de lui. La chambre était petite, mais confortable, décorée avec soin de statuettes et de tableaux discrets. En consultant ses livres de comptes, Erwan avait appris de puis longtemps que la sœur de Sigurd s’était fait bâtir une maison originale, construite autour d’une grande salle circulaire dépourvue de fenêtre. Cette forme se remarquait sur le mur à sa droite, légèrement incurvé. A présent, il savait aussi que Megan avait bon goût.
Le but de sa visite lui revint soudain à l’esprit, et il se tourna vers la magicienne.
- Dites-moi, comment avez-vous fait pour me trouver au dernier moment ?
Elle sembla soudain mal à l’aise.
- Je passais par là et j’ai entendu du bruit, expliqua-t-elle.
Erwan eut le sentiment qu’elle lui cachait quelque chose, mais n’insista pas. Il devait trouver un moyen d’amener la conversation sur Sigurd.
- J’ai vraiment de la chance, alors. En tout cas, vous avez fait preuve d’un très grand courage. Vous avez la même assurance que votre frère.
- Johann ?
- Non, Sigurd. C’est un homme formidable, dit-il en essayant de mettre le plus de sincérité possible dans sa voix. Droit, intègre, pétri d’honneur et de bravoure. Le genre d’homme à qui personne ne trouverait rien à reprocher.
L’appât était jeté. Restait à voir s’il allait prendre.
Megan haussa les épaules.
- Si ce que vous dites est vrai, il a dû beaucoup changer depuis son enfance. Je ne le vois plus très souvent, maintenant, mais à l’époque il était surtout lunatique et égocentrique. Le genre de personne qui considère ses lubies comme des priorités absolues.
Ses yeux bleus se plantèrent dans ceux d’Erwan.
- D’ailleurs, à ce que j’ai compris, il n’est pas un excellent gestionnaire, non ? J’ai l’impression qu’il passe plus de temps à battre la campagne qu’à diriger Holarn.
- Certes, fit Erwan. Mais c’est normal. C’est à moi que reviennent les tâches ennuyeuses.
- C’est vous qui le dites. Pour ma part, je pense qu’un seigneur devrait s’impliquer autant que possible dans les affaires de son domaine.
Erwan hésita. Megan n’avait apparemment pas une excellente opinion de son frère. Si elle savait quelque chose, il y avait peut-être une chance pour qu’elle parle. Mais l’amener à avouer ce qu’elle savait serait difficile. Et Erwan sentait au fond de lui qu’il n’était pas nécessaire de ruser avec cette femme comme il avait tenté de le faire face à Johann.
Il choisit de jouer cartes sur table.
- Si je voulais vous voir, c’est parce qu’une affaire me tracasse. Depuis six ou sept ans, Sigurd prend régulièrement de l’argent dans le trésor. Cent couronnes par an. Et alors que d’habitude il me notifie toutes ses dépenses, il fait celles-ci en secret. J’ai d’abord soupçonné un serviteur de voler dans le coffre, et j’ai mis des années à comprendre que c’était lui. Aujourd’hui, je pense que Sigurd donne de l’argent à quelqu’un à qui il est redevable. Peut-être cherche-t-il à acheter un silence ou protéger un hors-la-loi, je ne sais pas. Peut-être vous en a-t-il parlé ?
Remarquant que Megan avait pâli, il ajouta précipitamment :
- Mais rassurez-vous, je ne compte pas lui causer des ennuis. C’est son argent, après tout. Mais j’aimerais savoir.
- Combien avez-vous dit ?
- Quoi ?
- Les sommes qu’il prend chaque année en secret, combien est-ce ?
- Cent couronnes par an, répondit Erwan. Chaque fois en fin d’été.
Megan était stupéfaite. Le montant correspondait. Les dates correspondaient. Etait-il possible que… ?
- Vladek… souffla-t-elle.
- Pardon ?
Son regard se fit distant.
- Je… je pense que je ne dois pas en parler.
- S’il vous plaît. J’ai vraiment besoin de savoir.
Les yeux verts d’Erwan restèrent plongés dans les siens.
Et Megan raconta.
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C´est exellent bien sur mais j´aime pas la tournure de phrase: "Elle se rappela comment elle avait fait pour arriver juste à temps:"
oula je pensais pas qu´elle allait lui racontée, sinon c´est toujours très agreable à lire
"Markus Heinkel " c´est le (futur) père d´adrien et les 3 autres, non ? ![]()