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Liste des sujets

Fanfic : Les héritiers de Holarn

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
01 septembre 2006 à 15:34:33

Kewl==>Non, il ne le fera pas car cette fiction se déroule *avant* le Cycle. Par contre, on verra l´enrôlement d´Hustouk et Tektus je pense, puisque, si mes souvenirs sont bons, c´est Tarlaq qui les a trouvés par hasard après un raid ayant mal terminé.

KaiM_
KaiM_
Niveau 3
01 septembre 2006 à 16:03:01

Ouais, très bon. Je comprends pourquoi tu voulais terminer la Cathédrale toi-même...

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
01 septembre 2006 à 16:15:47

Ouais, enfin te rabaisse pas trop hein. =) De l´avis de la plupart de tes lecteurs (moi y compris) le Siège et la Cathédrale sont les deux meilleurs volets du Cycle. :) Ceci dit, quand tu voudras réécrire (si tu réécris), tu pourras peut-être s´inspirer de cette fic (et de Gemmel) pour essayer d´augmenter l´empathie avec les personnages. :) Ainsi, t´aurais ZE bouquin. :) Et je continue de dire que tu devrais te faire publier...(au passage, je préfère le Cycle à Eragon, qui est un des bouquins de fantasy les mieus vendus actuellement, même si certains adorent le descendre en flèche)

KaiM_
KaiM_
Niveau 3
01 septembre 2006 à 16:24:37

Ouais, je fais partie de ceux qui adorent descendre Eragon, mais plus à cause de la traduction que de l´histoire en elle-même.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
01 septembre 2006 à 16:30:58

Il est vrai que la traduction est assez foireuse (qu´est-ce qu´ils vont nous mettre du subjonctif imparfait dans des dialogues de paysans?)

Mais l´histoire en elle-même n´est pas non plus extraordinaire...à part l´épisode des Kulls auquel je ne m´attendais pas, le reste, c´est du SdA...alors c´était original à l´époque de Tolkien, mais là ça sature un peu quoi. -_- On sait tous qu´à la fin Galbatorix va mourir...

M´enfin, ne commençons pas à dériver. :o))

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
01 septembre 2006 à 20:31:31

Une fausse suite pour de faux lecteurs. (Laissez tomber, clin d´oeil à je sais plus qui.) Assez courte, d´ailleurs.

Chapitre 6 : Un doigt dans l’engrenage

Depuis qu’il était enfant, Julius Valt savait juger les hommes. Un simple regard, une courte conversation, de maigres renseignements, lui suffisaient pour se faire une idée très précise sur n’importe qui. Il savait du premier coup d’œil si son interlocuteur était susceptible de lui rendre des services, voire de devenir un excellent ami, ou si au contraire il s’agissait d’un futur adversaire ou encore d’un traître en puissance. Ce don l’avait déjà bien servi et, a priori, il lui serait utile pour de longues années encore.
Dès son premier jour à l’école militaire de Dümrist, il avait su que le professeur Anton Svalbarg, général à la retraite et instructeur de logistique, ferait pour lui un excellent protecteur. Il s’était rapproché de lui et, très vite, une solide relation s’était nouée entre eux.
Second fils de deux serviteurs au Palais Royal, Julius était décidé à s’élever bien au-dessus de ses parents. Il avait d’ailleurs coupé les ponts avec eux dès son entrée à l’école. Pendant toute son adolescence, c’était Anton qui l’avait soutenu. Il lui devait tout.
Julius et Anton avaient tout deux une conception toute relative de l’honneur militaire. Comme ils devenaient de plus en plus complices, le vieux général avait fini par lui donner quelques conseils utiles. De ceux qui ne figuraient pas dans les manuels officiels.
- Lorsque tu monteras en grade, obtiens un poste dans une ville tranquille, lui avait dit son professeur. Si tu commandes la garnison, tu percevras une bonne partie des amendes. En fait, sache que le seigneur et le commandant sont toujours en concurrence. En tant que maître d’un domaine, pour le premier, et officier du roi, pour le second, chacun a le droit de rendre la justice. Plus tu arrêteras de délinquants, plus tu pourras infliger d’amendes. Et si une partie de ces amendes se perd avant d’atteindre les coffres royaux, personne n’en saura rien.
Anton avait fait un clin d’œil.
- Mais ça ne te suffira pas pour t’enrichir. Or tu dois t’enrichir. Dans ce pays, l’or est la seule clef pour s’élever au-dessus de la masse. L’or compte plus que tout. Pour en accumuler, tu devras faire comprendre aux marchands placés sous ta juridiction qu’ils ont un intérêt certain à se montrer généreux avec toi. Protège ceux qui te payent, et mène la vie dure à ceux qui te résistent.
- Leur mener la vie dure ?
- Avec tes moyens de commandant, d’abord. Sois sévère, inflige-leur de lourdes amendes à chaque délit. Mais ce n’est pas tout. Des entrepôts peuvent brûler, des familles peuvent recevoir des menaces. L’insécurité, quel fléau !
Ils avaient échangé un sourire entendu.
Depuis qu’il commandait la garnison de Velnus, Julius avait consciencieusement appliqué ces conseils. Sélectionnant avec le plus grand soin quelques-uns de ses soldats, il avait constitué une équipe d’hommes de mains vénaux et peu scrupuleux qui se chargeaient d’exécuter ses basses besognes. Aujourd’hui, quelques-uns des plus riches commerçants lui versaient déjà une taxe de protection. D’autres ne tarderaient pas à se soumettre eux aussi. Ce n’était qu’une question de temps.
Mais l’incident avec Erwan contrariait ses plans.
Premièrement, l’affaire avait prouvé que la « protection » offerte par Julius avait ses limites : le commandant ne pouvait pas toujours s’opposer au baron. En particulier, il ne pouvait pas couvrir les fraudes fiscales.
Deuxièmement, et c’était là le plus grave, les marchands rançonnés risquaient d’aller se plaindre à Sigurd ou à son frère, Johann. Ils n’avaient aucune preuve formelle, mais Sigurd ne resterait certainement pas les bras croisés face à une histoire d’officier corrompu. Julius avait bien fait comprendre à ses protégés qu’un sévère accident pourrait arriver à leur famille en cas de dénonciation. Mais l’affrontement contre Erwan était bien capable de donner un crédit formidable à la justice du baron. Sans compter qu’Erwan, s’il avait des soupçons, pouvait lui-même mener une enquête pour dévoiler les activités du commandant.
Julius posa son regard sur le gros homme assis de l’autre côté de son bureau en pin. Assis dans une chaise en bois trop étroite pour lui, à l’intérieur de cette pièce austère nichée dans une forteresse de pierre grise, ce marchand aux habits colorés tranchait radicalement avec le décor. Julius sonda son interlocuteur du regard, et son instinct l’informa.
Lorian Ross était un lâche, égoïste et colérique. Julius ne l’aimait pas.
- J’espère, commandant, que vous me comprenez. Je vous paye pour défendre mes intérêts. Il est intolérable que cet Erwan Nod se permette une descente à ma boutique comme il l’a fait la semaine dernière ! Quelle humiliation ! Je…
Julius l’écouta posément, les bras croisés sur son bureau. Quand le marchand eut fini, il composa soigneusement sa réponse.
- Le problème, c’est Nod. Il ne peut pas s’empêcher de se plonger dans les affaires des autres. Il faut dire que c’est son métier. Mais quoi qu’il en soit, c’est lui qu’il faut faire taire. Et ce ne sera pas simple.
- Vous avez bien réussi avec Carlsen, rétorqua Lorian.
Julius soupira. Jonah Carlsen avait été facile à convaincre. Il avait commencé par refuser la proposition du commandant, à savoir fermer les yeux sur les abus de certains commerçants en échange d’une petite commission. Le soir même, sa femme avait été agressée par un groupe d’individus violents. Le lendemain, Carlsen avait accepté le marché, à contrecœur, dans l’intérêt de sa famille.
- Erwan Nod est un cas à part, exposa Julius. Il n’a pas de famille à menacer. Il ne possède pas de ferme dont nous pourrions effrayer les employés ou incendier la grange. Il n’a pas trempé dans un scandale que nous pourrions déterrer pour le faire chanter. Si nous menaçons sa vie, il ripostera. Fort. C’est dans son genre.
Julius marqua une pause.
- La seule solution, conclut-il, c’est de le supprimer.
Lorian Ross devint blanc comme un linge.
- Le tuer ? Commandant Valt, vous n’y pensez pas !
- C’est la seule solution, dit posément Julius. Il menace toute ma carrière, et votre prospérité.
- Mais, mais… non ! Je ne serai pas complice d’un meurtre !
- Vous m’avez demandé de régler le problème. C’est ce que je vais faire.
- Mais… Je… Je ne pensais pas que vous iriez jusqu’à…
Julius se leva et lui posa une main sur l’épaule.
- Il faudra vous y faire, Ross. A l’instant où vous avez accepté ma protection, vous avez mis le doigt dans un engrenage. A présent, vous n’avez pas d’autre choix que de suivre le mouvement de la machine.

:)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
01 septembre 2006 à 20:59:29

Ouais, c´est trop court. :nah: Vivement qu´il crève ce Julius^^. :) J´aime pas les gens véreux (d´ailleurs, c´est pas le mot que tu voulais mettre à la place de "vénaux"? Ou alors c´est un mot que j´connais pas^^)

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
01 septembre 2006 à 21:00:41

Vénal = avide d´argent.

Mister_Byde
Mister_Byde
Niveau 6
02 septembre 2006 à 13:45:27

Et au fait, je suis désolé de te décevoir, mais Julius va pas crever de sitôt.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
02 septembre 2006 à 14:03:38

Au moins, je sais qu´il va crever. :-p

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
02 septembre 2006 à 15:14:13

L´important n´est pas de le savoir mais de savoir comment. Si je ne m´abuse, tu sais déjà aussi que Tarlaq, Vladek et Sigurd vont mourir.

chaoz
chaoz
Niveau 10
02 septembre 2006 à 15:21:18

bon voilà j´ai lus le dernier chapitre, bah l´histoire avance petit à petit, j´ai rien de special à dire mais bon c´était pour te signaler que j´attends la suite maintenant :p) :)

Mister_Byde
Mister_Byde
Niveau 6
02 septembre 2006 à 16:27:15

Bon, alors pourquoi pas une petite suite ? C´est encore de la présentation de personnages, mais vous avez dû comprendre que je ne me précipite pas.

Chapitre 7 : Des mères tracassées

Ellen avait décidé d’annoncer elle-même la nouvelle à Tarlaq. Parcourant les étroits couloirs de pierre du château, elle le cherchait avec impatience. La cour ! C’était là qu’il devait être. Elle tourna brusquement à droite, s’engouffrant dans un escalier qu’elle entreprit de descendre.
Ellen n’avait qu’une seule passion dans la vie : son fils unique, Tarlaq. Son père était mort, sa vieille mère ne lui rendait visite qu’une seule fois par an ; aucune occupation ne l’intéressait, même si parfois elle brodait ou s’exerçait à la flûte pour passer le temps ; elle n’avait pas vraiment d’amis parmi les serviteurs de Sigurd, et avait réalisé depuis des années qu’elle n’aimait pas son mari.
Son seul désir était de rendre son fils heureux. D’en faire un homme respectable, bien élevé et de bonne compagnie.
Et pour l’instant, c’était mal parti. Tarlaq ne s’intéressait à aucun des arts qu’elle avait tenté de lui enseigner. Peinture, musique, lecture, dessin, chant, horticulture… le laissaient de marbre. Il était mal à l’aise avec les gens importants, et traitait de haut tous ses inférieurs, comme les domestiques du château. Il ne se sentait véritablement bien qu’en compagnie des hommes d’armes de Sigurd, et en particulier Axarn. Ce qui inquiétait Ellen. Si elle ne faisait rien, dans dix ans son fils serait devenu une brute arrogante et sans cervelle.
Elle empêcherait cela. Et elle avait trouvé une solution.
Le problème de Tarlaq, c’était qu’il lui fallait des amis de son âge, mais qu’il ne s’intéressait qu’aux soldats. Jusqu’à ce jour, la situation avait semblé sans issue. Puis, ce matin, Victor, le cuisinier, était venu parler à Ellen. Et la solution lui avait sauté aux yeux.
Soixante-quinze personnes vivaient au château, parmi lesquelles une douzaine d’enfants : ceux des serviteurs. Et parmi ces douze-là, Ellen avait trouvé celui qu’il fallait.
Elle sortit du donjon, traversa le pont mobile et déboucha dans la cour pour trouver Tarlaq en grande conversation avec Erwan, l’intendant.
- J’en ai marre ! s’énervait le garçon. Victor devrait savoir que j’aime la viande saignante, et pas aussi cuite ! Et il met trop de sel ! Et puis…
Erwan l’écoutait, imperturbable, une expression légèrement agacée sur le visage.
- Et puis mes bottes sont trop petites, elles me serrent ! Il m’en faudra d’autres !
- Je m’en occuperai, seigneur.
- Et ma tunique préférée est sale ! Dans combien de temps elle sera lavée ?
- Le plus tôt possible, seigneur.
- Et… euh…
- C’est tout ?
- Euh… je crois, oui.
Erwan hocha la tête.
- Tarlaq ! appela Ellen.
Le petit garçon se retourna vers elle et lui adressa un grand sourire. Erwan lança à la baronne un regard chargé de reconnaissance.
- Oui, Mère ? fit Tarlaq.
- Je dois te présenter quelqu’un.
- Ah ?
- Montre-toi, Diggs.
Le garçon qui la suivait depuis dix minutes apparut derrière elle. Mince, le visage rond, les cheveux carotte, le fils de Victor était de quelques mois plus âgé que Tarlaq. Vif et discipliné, il convenait parfaitement au rôle que comptait lui donner Ellen. Pour l’instant, il se taisait, laissant la baronne parler pour lui.
- Plus tard, Diggs veut intégrer les troupes de ton père. A partir de maintenant, il s’entraînera avec toi.
- Ma Dame, intervint Erwan, nous avons l’habitude d’attendre que les jeunes gens aient quinze ans avant de les former.
Ellen eut un sourire.
- J’en ai déjà parlé à Axarn. Il a été très impressionné par la motivation de Diggs, et a bien voulu faire une exception. Il l’a déjà accepté comme élève.
Erwan s’inclina avec respect.
- En ce cas, ma Dame, je n’ai pas d’objection.
Deux hommes traversèrent la cour en portant une caisse de patates du grenier aux cuisines. Quittant l’intendant du regard, Ellen reporta son attention sur les enfants.
- Tarlaq, Diggs, serrez-vous la main.
Le fils du cuisinier avança prudemment et tendit le bras. Tarlaq lui donna une poignée de main énergique.
- T’as pas intérêt à décevoir Axarn. Il est plutôt sévère, comme prof.

Depuis la fenêtre de la salle commune, Martha regardait Vladek, Lucie et deux autres enfants jouer sur la colline qui s’élevait à cinquante mètres de la ferme. Voyant son fils tomber, elle eut peur qu’il se soit fait mal, mais un instant après il se relevait pour se lancer à la poursuite de Karl, le petit frère du garçon d’écurie. Le jeu consistait apparemment à conserver le plus longtemps possible un foulard rouge vif qui voletait dans le vent.
Vladek bondit dans les jambes de Karl, le faisant s’effondrer, et lui arracha la pièce de tissu. Inès, la fille de Jansan, se jeta sur lui, mais il l’évita d’un pas sur le côté…
… offrant à Lucie l’occasion de lui dérober le foulard. Il fondit sur elle, mais la manqua. Martha eut l’impression qu’il l’avait fait exprès.
Depuis la première visite de Sigurd, un mois plus tôt, elle n’avait pas cessé de s’inquiéter pour son fils. Même s’il les avait cachés sous une planche du grenier, Martha avait trouvé les extenseurs et compris que le baron comptait entraîner Vladek au combat. Pensée qui la glaçait d’effroi.
Dès le début, elle avait su que Sigurd et elle ne se verraient probablement plus jamais. Mais cela lui importait peu. Tout ce qu’elle voulait, c’était élever son fils en paix. Pendant des années, tout s’était passé comme elle l’avait espéré : elle travaillait dur pour Owen et, même si elle avait senti sa désapprobation, il ne lui avait jamais fait de reproches au sujet de Vladek.
Mais maintenant…
Maintenant, Sigurd avait cédé à l’envie de revoir le fruit de sa chair. Maintenant, elle devait partager son fils avec le baron. Maintenant, il allait l’instruire dans le maniement des armes… ce qui ne déboucherait sur rien de bon.
Martha craignait pour Vladek.
- Quelque chose te préoccupe ?
Martha sursauta puis fit volte-face. Perdue dans ses pensées, elle n’avait pas entendu Beru s’approcher dans son dos. Vladek aussi se laissait souvent surprendre de cette manière.
Signe de son bon appétit, l’épouse d’Owen Lark était une femme bien enrobée, à l’aise dans ses bourrelets, avec des joues rouges et gonflées. Ses yeux bleu-gris pétillaient de malice tandis que ses cheveux blonds et drus, rassemblés en un chignon serré, donnaient une touche de sérieux à son allure badine. Comme Martha, elle portait une longue robe en toile beige, mais sur la sienne les coutures étaient moins visibles ; et alors que la mère de Vladek était chaussée de sabots, Beru portait de confortables sandales.
Un grand sourire aux lèvres, elle s’exclama :
- Inutile de me répondre, ma fille, je le vois bien ! Allons, dis-moi ce qui te tracasse !
- Il n’y a rien, Beru.
- Ne me mens pas ! insista la grosse fermière. Je sais très bien quand on me cache des choses.
- Puisque je te dis qu’il n’y a rien ! fit sèchement Martha.
Beru se composa une mine offusquée et leva les mains dans un geste qui signifiait : « Moi, ce que j’en dis… »
Martha quitta le bâtiment principal et se dirigea vers les dortoirs pour s’occuper du ménage. Beru était une femme forte, sympathique et pleine de vie, mais aussi la pire commère de toute la région. Elle était incapable de garder un secret. Martha doutait même qu’Owen lui ait parlé des lettres anonymes du père de Vladek.
Alors qu’elle allait entrer dans le dortoir des hommes, Martha vit son fils, en haut de la colline, subtiliser le foulard à Inès d’un rapide mouvement du poignet. Ce geste raviva son inquiétude. Il prouvait que Vladek avait déjà commencé à changer.
Martha se força à respirer calmement puis pénétra dans le bâtiment. Elle avait du travail.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
02 septembre 2006 à 16:40:05

Et bien oui, tu prends ton temps, mais cela reste (très) agréable à lire, et j´attends avec impatience la suite. :-)

  • Se rend compte que ses chapitres font le triple de taille, sent venir le bide* :o))
KaiM_
KaiM_
Niveau 3
02 septembre 2006 à 19:57:42

Rien à ajouter au post d´Az´.

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
04 septembre 2006 à 08:07:20

Merci. Pour vous mais pas vous seuls, voici donc la suite :

Chapitre 8 : Livres de comptes

Erwan ferma la porte en bois de son sobre bureau, entrouvrit les volets pour ne laisser filtrer que la lumière nécessaire avant de se diriger vers les étagères au fond de la pièce. Il en tira une série de classeurs qu’il déposa sur la table, puis s’installa sur une petite chaise, ouvrit les documents et se lança dans son activité favorite.
Eclaircir les zones d’ombre.
Son perfectionnisme datait de ses débuts dans le métier. Son premier employeur, un armateur du nom de Tebal Sqan, était venu le voir dès sa troisième journée de travail pour jeter une série de papiers sur son bureau.
- Il y a tellement de zones d’ombre dans ce rapport que je pourrais y cacher un cadavre ! avait-il tempêté, furieux.
Piteux, Erwan avait promis de s’améliorer. Fils de pauvres ouvriers agricoles, il s’était donné du mal pour faire des études de comptable, et ne tenait pas à replonger dans la misère. Déterminé à se faire bien voir, il avait déployé d’énormes efforts pour tenir une comptabilité sans faille, finissant par impressionner son patron qui l’avait fait monter en grade. Peu à peu, c’était devenu une habitude, une touche personnelle dans son travail : il ne laissait rien au hasard. Il aimait compter, planifier, anticiper. Rien ne l’énervait plus que d’ignorer quelque chose.
Il voulait toujours tout savoir.
C’est pourquoi sa tâche du moment lui convenait à merveille. En début d’après-midi, après avoir réglé les mille problèmes qui empoisonnaient la vie du château, et en attendant que d’autres se présentent à l’approche de la soirée, il s’installait à son bureau et se plongeait dans les livres de comptes.
Il avait sous les yeux une hallucinante masse d’informations : comptabilités détaillées, reçus, bons de livraisons, déclarations de revenus, inventaires, fiches de paye et notes de service. Comme tous les jours, il se préparait à passer des heures à traquer la moindre incohérence, à retracer le chemin de chaque couronne, espérant découvrir une fraude entre les lignes d’une colonne de chiffres.
Au début, ç’avait été hallucinant, à croire que la moitié de Holarn trichait avec les collecteurs d’impôts : un homme déclarait dans sa famille un enfant mort-né ; un autre déduisait de ses revenus une pension pour sa belle-mère, qu’il ne payait pas ; une troisième comptait ses dépenses de bijouterie comme frais professionnels…
Erwan avait commencé par penser que ce chaos ne pouvait se régler que par une simplification radicale du code des impôts. Puis, au fil du temps, il avait réussi à mettre un peu d’ordre dans les affaires du domaine. Maintenant, les sujets de Sigurd réfléchissaient à deux fois avant d’essayer de contourner leurs devoirs.
Et Erwan s’occupait d’affaires autrement plus importantes.
Il y avait le commandant Julius Valt. Erwan avait réussi à le provoquer en forçant Lorian Ross à payer ses impôts. A présent, il devait pousser son avantage. Julius touchait des pots-de-vin, ça ne faisait aucun doute. Les sommes qui disparaissaient des coffres des commerçants ne pouvaient aller que dans celui de la forteresse, l’un des seuls qu’Erwan n’avait pas le droit de contrôler. Ses indicateurs confirmaient cette hypothèse. Erwan était sûr que les « dons généreux » adressés à Julius avaient été extorqués par la menace ou versés pour couvrir des opérations illégales. Mais une simple conviction ne suffisait pas à mettre en accusation un officier de l’armée royale. Il fallait des preuves formelles et des témoignages fracassants. Qu’Erwan obtiendrait.
Il détestait les hommes qui abusaient de leur position pour enfreindre les lois. Un jour ou l’autre, il ferait tomber Julius Valt. Tout comme l’officier Heliotnès avait coincé le sinistre Allkaponn trois décennies plus tôt.
Mais aujourd’hui, il ne s’occupait pas de Julius.
Il avait un mystère bien plus grave à élucider.
Un mystère qui affectait les finances du château.
Depuis quelques années, Erwan avait remarqué que des sommes importantes disparaissaient régulièrement de ses coffres. Il avait d’abord cru qu’un serviteur, selon le terme consacré, « piquait dans la caisse ». Mais peu à peu, à mesure que l’argent continuait de se volatiliser, il avait éliminé la quasi-totalité des domestiques de sa liste de suspects. Il n’en avait pas parlé à Sigurd. Au départ, c’était parce qu’il pensait découvrir le coupable et le livrer au baron pour récolter tous les éloges. Ensuite, il avait eu le pressentiment que Sigurd lui-même était mêlé à cet affaire, et il avait continué de garder le silence. Aujourd’hui, ce pressentiment se confirmait. Cent couronnes avaient disparu du trésor le matin même, et Erwan était sûr que seul le baron avait eu accès aux coffres.
Il savait qu’il aurait dû abandonner l’affaire. Ce que le maître faisait de son argent ne le regardait pas. Mais Erwan ne supportait pas de rester dans l’ignorance. Chaque fois que Sigurd puisait dans les fonds, il adressait une note à son intendant pour lui indiquer le motif de ses dépenses. Pourquoi, alors, gardait-il le secret sur certaines opérations ? Erwan ne comprenait pas.
Il passa ses hypothèses en revue. Si Sigurd avait dépensé cet argent dans un commerce de Velnus, Erwan en aurait retrouvé la trace. S’il l’avait utilisé en dehors de la baronnie, ses prélèvements dans le trésor auraient coïncidés avec ses visites dans les domaines voisins. Ce qui n’était pas le cas. Et ça n’expliquait pas pourquoi la somme était la même à chaque fois : cent couronnes, tous les ans.
Erwan laissa courir son regard sur les feuilles couvertes de chiffres qui garnissaient son bureau. La réponse n’était peut-être pas là-dedans. Il allait devoir se fier à son intuition et à ses capacités de déduction. Il inspira profondément et jeta un coup d’œil à la fine ligne de lumière qui brillait entre les volets. Un coup de vent les ouvrit en grand. L’intendant se leva pour aller les remettre en place et, du même coup, observa le paysage.
L’automne approchait. Petit à petit, les feuilles des arbres se teintaient de roux et de brun. Un vent frais soufflait par le sud, portant avec lui des nuages orageux. Erwan regarda à l’horizon. Il y avait quelqu’un, dans cette région, à qui Sigurd offrait son argent. C’était la seule explication.
Il retourna à ses livres de comptes. Sans nul doute, ces dons n’apparaîtraient pas dans les bilans. Celui qui recevait l’argent du baron devait certainement le cacher quelque part. Avec un peu de chance, Erwan trouverait une incohérence : un achat d’un montant supérieur à ce que le client possédait à ce moment. Mais c’était peu probable. Seules les fortunes des marchands de Velnus étaient précisément connues d’Erwan. Si Sigurd finançait un paysan, Erwan n’avait aucun moyen de s’en apercevoir.
Il oublia les détails et se concentra sur l’essentiel : Sigurd donnait son argent à quelqu’un. Pourquoi cela ? Le ferait-on chanter ? C’était possible, et ça expliquerait tout. Mais Sigurd n’était pas du genre à céder au chantage. Non, il dépensait cet argent de son propre chef. Alors ? Un complot contre la couronne ? Un ami hors-la-loi à entretenir ? Une surprise pour Ellen ?
Erwan se demanda comment cette dernière pensée lui était venue. Il voulut la chasser de son esprit, mais ne fit que la rendre plus forte.
Ellen…
Le visage de la baronne s’imposa à lui, agréable, souriant, avec ces yeux profonds et ces cheveux soyeux… Depuis qu’il la connaissait, Erwan se sentait responsable de son bien-être. En premier lieu parce qu’il était l’intendant du château, bien sûr ; mais il y avait autre chose.
Erwan n’était pas à l’aise avec les femmes. Celles à qui il avait adressé la parole en-dehors du cadre de son travail se comptaient sur les doigts d’une main. Celles à qui il aurait voulu adresser la parole en-dehors de son travail se comptaient sur les doigts d’une armée entière. Le qualifier de « timide » eût été un doux euphémisme.
La seule tentative de séduction qu’il avait faite au cours de sa vie s’étant soldée par un lamentable échec, il s’était vite découragé. Quand il avait rencontré Ellen, elle lui avait tout de suite plu. Plus que plu. Il ne cessait de l’observer à la dérobée ; un seul de ses regards, le moindre compliment, illuminait sa journée. Mais il avait fini par se convaincre que ce qu’il éprouvait pour elle n’était qu’un sentiment fraternel. Il avait cinq ans de plus qu’elle, après tout. Pour être heureux, il lui suffisait de la voir et de veiller sur elle.
« Piètre façon de se consoler. » Le pire dans tout ça, c’est que Sigurd et Ellen ne s’aimaient même pas. Avec Erwan elle aurait connu un vrai bonheur, il en était sûr.
L’intendant réussit enfin à écarter ces idées et se remit à examiner les papiers, avant de se rappeler qu’ils ne lui servaient à rien. Sigurd avait quelque chose sur la conscience, quelque chose qui justifiait une dépense annuelle de cent couronnes et un secret absolu. Erwan réfléchissait depuis deux minutes quand une piste lui apparut. Evidente.
Sa famille devait savoir quelque chose. Si le baron avait des problèmes, son frère et sa sœur étaient les personnes les plus susceptibles d’en avoir eu vent. C’était eux qu’il fallait questionner. Discrètement. Subtilement.
Erwan se leva. Le soleil était encore haut. S’il partait maintenant, il avait le temps de rendre quelques visites avant la nuit. Il aurait sans doute mieux fait d’attendre le lendemain, mais il bouillait d’impatience.
Qui irait-il voir ? Johann ou Megan ? La décision fut vite prise. Velnus était plus proche du château que Siorac. Il allait interroger Johann et, si le prêtre ne savait rien, il pousserait peut-être jusque chez l’enchanteresse. Avec un soupçon de culpabilité, Erwan réalisa que depuis qu’il servait Sigurd, jamais il n’avait rencontré la sœur du baron. La culpabilité céda la place à l’opportunisme quand il compris que c’était un excellent prétexte pour lui rendre visite.
Erwan ferma les volets et quitta son bureau pour se diriger vers les écuries. D’habitude, il ne sortait jamais sans escorte ; mais aujourd’hui, personne ne devait apprendre sur quel sujet il enquêtait.
Il se passerait donc de protection.

:)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
04 septembre 2006 à 11:40:26

RAS, toujours aussi bien. :-) Awaiting the suite. :) (pitié, me dis pas que toi aussi tu rentres en prépa. :peur: )

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
04 septembre 2006 à 11:50:48

Ben si. Donc mon rythme va sérieusement ralentir.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
04 septembre 2006 à 12:02:43

Ah ouais...aïe. :( Mais tu penses que t´auras encore le temps d´écrire, même un chapitre toutes les deux ou trois semaines?

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
04 septembre 2006 à 12:03:43

Je te dirai ça en fin de semaine, le temps de voir concrètement ce que c´est la prépa.

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