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Fanfic : Les héritiers de Holarn

Mister_Byde
Mister_Byde
Niveau 6
31 août 2006 à 13:25:29

Allez, la suite. Enjoy or not !

Chapitre 4 : L’enchanteresse de Siorac

Il n’y avait que deux expressions qui exaspéraient Megan Soladar : « solutionner un problème » et « conformément à la réglementation en vigueur ». La première parce qu’elle avait été créée pour des fainéants incapables de conjuguer le verbe « résoudre », la seconde à cause de la réalité qu’elle englobait.
Sœur aînée du baron Sigurd, Megan aurait hérité du domaine si elle avait été un garçon. Cette pensée lui venait parfois, mais elle la repoussait aussitôt. Elle n’avait aucun regret.
A huit ans, ses dons pour la magie s’étaient manifestés. Elle était en train de jouer avec un peigne quand une lueur bleutée avait jailli de ses doigts pour envelopper l’objet, qui s’était mis à vibrer avant de retomber sur le sol, brûlant. Après de longues minutes d’immobilité, elle s’était levée pour aller en parler à sa mère.
Une semaine plus tard, elle assistait à son premier cours à l’Académie de Magie, à Dümrist.
Elle y avait passé onze ans, travaillant d’arrache-pied en compagnie de dizaines d’autres apprentis, ne rentrant chez elle que deux fois par an, un mois au printemps et un autre à la fin de l’été. Elle avait vu les étudiants partir les uns après les autres, leur niveau maximal atteint. Elle s’était accrochée le plus longtemps possible puis, à dix-neuf ans, elle avait décroché, emmenant avec elle un diplôme de rang trois avec une mention spéciale en enchantements.
Son métier, l’un des seuls possibles avec un tel diplôme, était simple : disposant de peu de puissance mais d’une grande connaissance, elle passait ses journées à ensorceler des bagues, des amulettes, des instruments de musique et mille bibelots du même genre, faisant d’eux des porte-bonheur, des talismans protecteurs, des armes de faible puissance ou des curiosités assez décoratives. Elle enchantait des graines pour qu’elles donnent naissance à des plantes résistantes, elle rendait des meubles incassables ou ininflammables. Ses dernières créations étaient une fleur qui ne se fanait pas, collier qui attirait l’amour, une harpe qui jouait toute seule et un vase d’où fusaient de petites gerbes colorées dès qu’on en caressait la surface.
Ce genre d’ouvrage prenait un temps considérable et se vendait fort cher. Assez talentueuse, Megan aurait pu ouvrir une boutique à Dümrist et amasser une petite fortune. Au lieu de quoi, elle avait décidé de s’installer à Siorac, un petit village dans l’Est du domaine familial. Là, elle s’efforçait d’aider au maximum ses modestes habitants, rendant les champs plus fertiles, distillant dans le hameau des ondes imperceptibles qui mettaient les gens de bonne humeur.
Comme son frère Johann, Megan avait toujours été altruiste.
Elle connaissait chaque habitant du village : Janel Kam, le cordonnier, Ursula Pind, la bouchère, Arnalk Sétir, le vieux chasseur, Markus Heinkel, le petit garçon de sept ans qui voulait devenir médecin… Chacun d’eux lui avait acheté au moins un objet une fois dans sa carrière, et tous la considéraient plus ou moins comme la voix de la raison à Siorac. Même Alten, le prieur du monastère situé au sud du village, venait de temps en temps lui demander conseil.
Ses deux frères lui rendaient visite de temps en temps, prenant de ses nouvelles et l’invitant chaque fois chez eux. Elle se rendait souvent au temple de Mogas à Velnus, mais évitait le château. Elle n’aurait su dire pourquoi, mais elle ne s’y sentait pas à l’aise.
A trente-quatre ans, elle n’était toujours pas mariée. Certain prétendaient même qu’elle était encore vierge. Ce qui était faux depuis sa dernière année d’étude à l’Académie. Il est cependant vrai qu’elle n’avait jamais cédé à aucun homme depuis qu’elle s’était établie à Siorac. Non pas qu’elle fût laide : avec ses traits doux, ses cheveux d’un roux flamboyant, ses stupéfiants yeux bleu sombre et ses courbes généreuses, elle était assurément la plus belle femme du village. Quand elle se rendait à Velnus, elle n’avait pas besoin de se retourner pour savoir qu’elle attirait les regards. Plusieurs hommes avaient tenté de la séduire, mais elle les avait tous éconduits. Elle n’avait toujours pas trouvé celui qui conviendrait.
Alors, elle attendait. Tranquillement. Patiemment. Consciente qu’un jour ou l’autre, elle le rencontrerait.
La seule chose qui l’empêchait vraiment d’être heureuse était son combat contre la Commission de Réglementation des Usages de la Magie. Un organisme qui l’avait toujours révoltée.
La Commission était chargée d’établir des restrictions concernant l’utilisation de la magie sur le territoire. Seuls les Mages enregistrés auprès de l’Académie avaient le droit d’exercer. Les sorciers étrangers étaient tenus de demander un permis temporaire à la frontière et d’accepter des entraves avant d’utiliser leurs pouvoirs sur le sol dümréen. Les enchanteurs avaient interdiction de créer des artefacts d’une puissance supérieure au niveau fixé par la Commission. Les dérogations étaient accordées au compte-gouttes, principalement pour l’armée. Toute infraction était punie de la mort sur le bûcher.
Ces règles ne dérangeaient pas vraiment Megan : elle comprenait la nécessité de limiter les pouvoirs des mages, et ne tenait pas à voir des inconscient dévaster le pays à coups d’armes magiques.
Son vrai problème, c’est que les plus puissants mages – donc les plus dangereux – ignoraient superbement ces règles. Et que la Commission les laissait faire sans broncher.
A peine trois mois plus tôt, la jeune Edda avait été attaquée par un loup et avait failli succomber à ses blessures. Si elle avait porté une Bague à Décharge, l’animal n’aurait même pas pu la toucher. Mais Megan n’avait pas le droit de fabriquer ce genre d’objet. Alors que, dans le même temps, les Mages de Combat qui s’entraînaient à Dümrist apprenaient des sorts capables de réduire en cendres des villes entières. Dans le même temps, le roi Alexandre VI possédait une épée renfermant plus de puissance que Megan n’aurait pu en produire de toute sa vie. C’était intolérable.
Elle avait envoyé des dizaines de lettres à la Commission, et n’avait jamais reçu que des réponses agacées lui conseillant de se mêler de ses affaires. Elle finissait par se décourager.
Assise dans la salle de travail circulaire qui occupait le centre de sa maison, elle achevait un enchantement qui lui avait pris cinq heures : un miroir impossible à rayer, sur lequel aucune trace de doigt ne demeurait. Elle irait probablement le vendre à Lorian Ross, le bijoutier de Velnus.
La magie s’écoulait de ses doigts fins et agiles, s’insinuant dans les recoins du miroir, tissant une toile complexe qui, une fois achevée, protégerait l’objet pendant une bonne vingtaine d’années avant que son énergie ne s’épuise. Enfin, Megan traça la dernière ligne d’énergie, et la toile se mit à pulser, parfaite.
Megan posa le miroir sur une table basse en bois puis essuya un filet de sueur sur son front. La magie était toujours épuisante.
Elle se leva, et les plis de sa robe bleue ondulèrent autour d’elle. Quittant la sombre pièce, elle se dirigea vers le hall lumineux de sa demeure.
La salle, parquetée de pin, était meublée d’une table rectangulaire couvert de papiers, de trois chaises et de deux armoires massives entre lesquelles pendait une sobre tapisserie. A gauche, une porte donnait sur sa chambre à coucher. A droite, une autre s’ouvrait sur la cuisine et, plus loin, la remise où Megan stockait ses créations. En face d’elle, deux grandes fenêtres en verre lui offraient une superbe vue sur les maisons de Siorac, en briques rouges avec des toits de chaume, et sur la prairie couverte de moutons qui s’étendait au-delà. Le village se situait dans une zone de collines en pente douce parsemées de bosquet, un paysage qui avait toujours plu à Megan.
Sous le soleil du début d’après-midi, un chariot tiré par un poney remontait lentement la rue principale. Megan dut plisser les yeux pour distinguer le conducteur. Quand elle le reconnut, son visage s’éclaira.
Un instant plus tard, Owen Lark et la petite Lucie frappaient à sa porte.
- Entrez ! lança Megan.
Le gros fermier, couvert de sueur après le trajet, apprécia la fraîcheur de la maison en pierre. Lucie, elle, se jeta dans les bras de Megan qui la leva jusqu’au plafond.
- Mais dis-moi, tu as grandi !
- Tu me dis ça à chaque fois qu’on se voit, répliqua la petite fille.
- Et à chaque fois c’est la vérité, riposta la magicienne.
Elle la reposa et se tourna vers Owen. Elle était amie avec cette famille depuis cinq bonnes années. Depuis, en fait, que le fermier s’était rendu à la fête du village sur une invitation de son cousin Kanni et que Megan avait rencontré Beru. Les deux femmes s’étaient tout de suite senties très proches et avaient noué une solide amitié.
- J’étais à Velnus, et Lucie à tenu à venir te voir, expliqua Owen avec un sourire. Un détour de trois heures, mais que ne ferais-je pas pour ma fille adorée ?
Il s’approcha de Megan et lui parla à l’oreille.
- Et puis, c’est bientôt son anniversaire et je pensais que tu saurais mieux que moi ce que je devais lui offrir…
- Owen, répondit Megan dans un murmure, ça fait quatre ans que tu lui achète son cadeau d’anniversaire chez moi.
- Je n’y peux rien si elle adore tout ce que tu fais.
Megan haussa les épaules avec résignation, mais en fait elle était ravie. Plus Lucie grandissait, plus elle l’appréciait. Cette fille deviendrait une grande femme, elle en était sûre.
- Lucie, reste ici, tu veux bien ? Ton père et moi devons parler affaire.
La petite fille acquiesça avant de se plonger dans la contemplation d’une tasse de thé négligemment posée sur la table. Megan conduisit Owen dans la remise et referma la porte derrière elle.
C’était une petite pièce remplie d’étagères sur lesquelles s’alignait une impressionnante collection d’artefacts enchantés : des clés, des anneaux, des bouteilles, des breloques, des statuettes… Le jour entrait par une étroite fenêtre exposée à l’ouest, éclairant les murs de pierre nue.
Megan lissa machinalement sa longue chevelure rousse puis fit glisser son regard le long des étagères.
- Alors… Qu’est-ce qui conviendrait à Lucie ? Un dé truqué ? Non… Elle déteste la tricherie. Une poupée qui parle ? Elle en a déjà deux. Euh… Au fait, comment va Beru ?
- Elle a attrapé un petit rhume, répondit Owen. Enfin… Elle s’enrhume à longueur d’année, donc pas de quoi s’inquiéter.
- Elle s’en remettra, confirma Megan en poursuivant ses recherches. La ferme, ça va ?
- Le bétail se porte bien et les récoltes seront bonnes cette année. Pour ça non plus, je ne m’inquiète pas.
Megan prit un petit bracelet, le soupesa, puis le remit à sa place.
- Non plus… Et Vladek ?
Depuis qu’elle connaissait Owen, la magicienne s’était toujours intéressée à ce petit garçon au père inconnu. Si on lui avait demandé pourquoi, elle aurait pu fournir beaucoup de raisons, mais aucune convaincante. La curiosité, la compassion pour cet enfant privé de père… Ca ne suffisait pas à expliquer pourquoi Vladek lui inspirait ce sentiment presque maternel qui la poussait à toujours demander de ses nouvelles.
Evidemment, si quelqu’un avait fait l’effort de comparer leurs visages, l’explication lui aurait sauté aux yeux. Mais même Owen n’avait jamais remarqué leur ressemblance.
- Il grandit, répondit ce dernier. Il deviendra un homme solide, j’en suis sûr. Il donne déjà quelques coups de main à la ferme, alors que d’habitude, j’attends que les gamins aient sept ans pour les mettre au travail. Martha est très fière de lui.
- Tout va bien, donc ?
Owen soupira.
- Tu m’aurais posé la question hier, je t’aurais répondu oui. Aujourd’hui, je suis moins sûr.
Les yeux de Megan quittèrent ses étagères pour se poser sur le fermier. Inquiets.
- Qu’est-ce que tu dis ?
- Ce matin, un peu avant que je parte, Martha a brusquement quitté la basse-cour, où elle nourrissait les poules, pour se diriger vers le bois. Je ne suis pas sûr, mais je crois avoir entrevu un homme derrière la première ligne d’arbres. J’ai demandé à Vladek d’aller attendre Martha derrière la ferme. Quand elle est revenue, elle avait l’air de retenir sa colère. Elle avait envoyé Vladek dans la forêt. Je suis parti sur ces entrefaites.
Un court instant, Megan demeura silencieuse.
- Son père ? lâcha-t-elle enfin.
- J’imagine, fit Owen.
- Et tu l’as reconnu ? Tu sais qui c’est ? le pressa-t-elle.
Megan bouillait d’excitation. C’était une formidable nouvelle ! Martha n’avait jamais voulu dire qui l’avait mise enceinte. Après des années de mystère, cette énigme allait enfin trouver sa solution !
- Non, je ne sais pas qui c’est, fit Owen.
- Et tu ne pourrais pas essayer de le découvrir ? Te cacher dans le bois quand il reviendra ? L’attendre à…
- Non, je ne pourrais pas.
La voix d’Owen s’était durcie. Megan eut un mouvement de recul, surprise.
- Qu’est-ce qui t’arrive, Owen ?
- Je ne voulais pas paraître agressif, s’excusa-t-il. Mais essaye de voir les choses de mon point de vue, Megan. D’abord, Martha a tenu a garder le secret, et je respecterai sa décision. Ensuite, tout va bien pour moi. Je suis fermier, comme mon père avant moi, mon grand-père avant lui et tout mes ancêtres avant eux. J’ai des terres fertiles et bien exposées. Je cultive du blé et des tomates. J’ai un poulailler, quelques porcs, un troupeau de vaches, un taureau vigoureux, plusieurs poneys et un cheval. Ces dix dernières années, j’ai augmenté de moitié la surface de ma propriété. Je ne veux pas que ça change.
Megan voulut parler, mais Owen poursuivit.
- Il y a sept ans, quand Megan est tombée enceinte, j’ai pensé à la renvoyer pour ne pas attirer les ragots. Je ne sais pas si je l’aurais fait car, avant que je prenne ma décision, cette lettre m’est parvenue.
Megan connaissait déjà l’histoire. Owen avait reçu une lettre anonyme ainsi qu’une coquette somme en argent. La lettre lui demandait de garder Martha et de s’occuper de l’enfant. D’autres avaient suivi.
- Je ne sais pas qui est le père de Vladek, dit Owen. Mais ce que je sais, c’est que depuis qu’il est là, je reçois chaque année un revenu supplémentaire, j’obtiens des prêts sans difficulté à chaque fois que j’en ai besoin, et je n’ai jamais d’ennuis avec l’administration. Je ne connais pas le nom du père de Vladek, mais je sais qu’il est puissant. Il me protège, et Martha ne veut pas que je sache qui c’est. Pourquoi prendrais-je le risque de briser cet équilibre ?
Megan ne trouva rien à répondre. Un peu honteuse de ne pas avoir pensé à tout cela, elle retourna à ses étagères et, frappée d’une intuition, saisit un petit oiseau en bois.
- Voilà ! Ca devrait convenir pour Lucie.
- Qu’est-ce que c’est ? s’enquit Owen en examinant l’objet.
L’oiseau, dressé sur ses pattes arrières et les ailes le long du corps, faisait cinq ou six centimètres de long. Ses yeux étaient peints avec une telle finesse qu’il semblaient vivants.
Megan sourit.
- Cette figurine retient ce qu’on lui dit et le répète quand on lui caresse le dos. Pratique pour laisser un message ou se souvenir d’une tâche importante. Je pense que ça lui plaira.
Owen acquiesça.
- Je te dois ?
- Vingt-huit couronnes.
- Marché conclu.

Un peu plus tard, alors qu’Owen et Lucie repartaient sur leur chariot, Megan vit la petite fille se retourner pour lui adresser un signe de la main. La magicienne y répondit puis, quand ils eurent quitté le village, retourna dans sa maison.
Les paroles d’Owen avaient allumé sa curiosité. Le gros fermier souhaitait peut-être que les ombres demeurent sur les origines de Vladek, mais Megan ne partageait pas son avis.
Elle avait horreur des ténèbres.
Et elle était bien décidée à dissiper celles-ci.

:)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
31 août 2006 à 14:08:05

Beuh, c´est trop court. :) Tu nous mets bien dans l´ambiance, tu présentes toujours très bien les personnages. :) Mais maintenant, il faudrait qu´il se passe quelque chose peut-être? :o)) Enfin bref, vivement la suite. :)

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
31 août 2006 à 21:06:24

Merci. Pour qu´il se passe quelque chose, t´en fais pas. J´ai l´idée de quelques intrigues, mais je ne voudrais pas me précipiter.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
31 août 2006 à 21:09:36

Juste comme ça : t´as des suites disponibles jusqu´à quand? (à moins que tu n´aies écrit ce chap´ en trois heures, ce qui est après tout parfaitement possible)

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
31 août 2006 à 21:12:43

J´ai pas de suite, je sui en train d´écrire le prochain chapitre.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
31 août 2006 à 21:13:58

Cool ça, j´peux l´espérer pour demain ou après-d´main alors? :hap: (demain je suppose que tu voudrais pas pour éviter le syndrome du pavé indigeste pour les aut´ lecteurs^^)

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
31 août 2006 à 21:19:33

Faut voir. C´est vrai que j´ai eu pas mal de lecteurs au début, et que maintenant il ne me reste plus que toi. Je devrais patienter un peu avant de charger encore plus le topic.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
31 août 2006 à 21:30:14

D´un autre côté, la plupart des lecteurs ont l´air définitifs, et on est quand même à la troisième page, autrement dit je ne pense pas que surcharger (tant que ça reste à un niveau normal, évidemment^^) gêne tant que ça...c´est surtout problématique quand on le fait dans l´intro d´un topic...m´enfin je comprendrai quand même si tu préfères attendre, sait-on jamais^^

Docteur_Chakall
Docteur_Chakall
Niveau 8
31 août 2006 à 21:35:36

Ouais mais regarde. Y avait six lecteurs après le premier chapitre, et plus que deux maintenant. Je crains que la publicité que me faisait le côté "fanfic sur KaiM" se soit épuisée.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
31 août 2006 à 21:42:45

Moui...d´un autre côté, pour ceux qui ont lâché après le chap´ deux (faut aussi compter ceux qui ne sont pas venus entre-temps par exemple :) ), je doute que ce qui est posté en page trois change quoi que ce soit. :)

M´enfin. :)

srphirothn98
srphirothn98
Niveau 10
01 septembre 2006 à 05:04:06

Hola, je t´ai dit que j´étais un lecteur définitif, et je fais toujours ce que je dis ( enfin presque) alors tu peux compter sur moi pour lire jusqu´à la fin.

Mais je pense qu´il est inutile de surcharger le topic de discussion inutiles, mieux vaut laisser un la place pour la fic pour ne pas avoir de sujet comme ceux des forums Harry Potter.

Pour ce qui est de la suite, personnellement, je dis que tu peux poster combien tu veux je lirai tout dès que je passe que ce soit un gros apvé ou un truc de 15 lignes.

Sur ce j´attend la suite avec impatience :-)

Kewl
Kewl
Niveau 21
01 septembre 2006 à 05:18:12

Je lis aussi bien évidemment ! Mais je ne poste jamais, surtout que pour ta fic, j´ai rien à dire à part que c´est vraiment bien ! :)

Mister_Byde
Mister_Byde
Niveau 6
01 septembre 2006 à 08:58:41

OK. Mais je préfèrerais quand même un message court, comme un simple "Lu", juste pour l´information.

La suite sous peu, le temps de quelques corrections.

Mister_Byde
Mister_Byde
Niveau 6
01 septembre 2006 à 13:17:16

A quoi s´ajoutent le temps d´aller acheter un sac et celui de prendre un repas. Bonne lecture.

Chapitre 5 : Leçons d’escrime

La devise d’Axarn Desparik était « Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. » Pour lui, le monde reposait sur un ordre soigneusement établi par des millénaires de civilisation, et tout ce qui nuisait à cet ordre était foncièrement mauvais. Il attachait une grande importance aux coutumes, traditions et superstitions ancestrales. Il assistait à toutes les messes données dans la chapelle du château, participait à toutes les fêtes qu’on donnait à Velnus et observait consciencieusement un code de l’honneur plusieurs fois centenaire.
Il était l’incarnation même du mot « conformiste ».
Âgé de trente-six ans, il avait en passé dix dans l’armée royale avant de rencontrer le baron Wolfgang, le père de Sigurd, et d’accepter le commandement de ses hommes d’armes. Le précédent capitaine, Thélod Erkalt, avait pris sa retraite à cinquante ans révolus. Après dix ans de missions périlleuses et de batailles sanguinaires, Axarn avait estimé qu’Holarn représentait une bonne planque pour finir sa carrière.
Il y avait aussi une seconde raison, mais celle-là, il la gardait pour lui. Même Erwan, son ami le plus proche, ne la connaissait pas.
Le bâton de Tarlaq tournoya et s’abattit sur les jambes du guerrier. Axarn bloqua le coup d’un mouvement précis puis projeta l’autre extrémité de son arme vers la tête du garçon, ne s’arrêtant qu’à cinq centimètres de sa tempe.
- Tu es mort. Ton geste était correct, mais trop prévisible. Tu aurais dû en faire une feinte et me frapper de l’autre côté.
Tarlaq recula et se remit en garde.
La cour pleine d’agitation du château familial n’étant guère propice au maniement des armes, ils s’entraînaient dans une prairie herbeuse à vingt mètres des douves. Les deux bâtons volaient, attaquant et parant tour à tour, tandis que, tout près d’eux, Ellen suivait les exercices d’un œil anxieux.
La présence de la femme de Sigurd dérangeait Axarn. Il comprenait qu’elle s’inquiète : à tout moment, son fils pouvait recevoir un mauvais coup. L’imposant guerrier savait que deux des frères d’Ellen avaient servi dans l’armée royale et étaient tombés au combat : l’un dans une forêt histenienne, lors de la Guerre de Huit Jours, et l’autre face aux pirates des Mers de Glace. Depuis leur mort, Ellen avait une sainte horreur des armes et des combats. Aussi surveillait-elle les entraînements de son fils unique avec la plus grande sévérité.
Axarn comprenait, mais cela le gênait quand même. Il se serait senti beaucoup plus à l’aise sans cette mère archi-protectrice qui, il le savait, l’agonirait d’injures à la première maladresse.
Le fait est qu’au lieu de l’inciter à la prudence, ce regard suspicieux, braqué sur lui, risquait au contraire de lui faire commettre une erreur.
Une semaine s’était écoulée depuis la confrontation entre Erwan et Julius à Velnus. L’affaire avait fait un peu de bruit en ville, mais les remous s’étaient rapidement calmés. Sigurd avait pris note de l’affaire avec son détachement coutumier, Erwan était retourné à ses livres de comptes, Johann avait prononcé un sermon puissant sur la paix civile, et la vie avait repris son cours. Tout allait pour le mieux.
Empoignant son bâton par le bout, Tarlaq frappa violemment en visant la hanche de son adversaire. Axarn fit un pas de côté, se donnant assez de champ pour bloquer l’assaut, puis porta un rapide coup vertical qui s’écrasa contre l’arme du petit garçon. Tarlaq chancela mais parvint à se replacer.
- Bon sens de l’équilibre, commenta Axarn.
Il appréciait chaque jour les progrès de son élève. Tarlaq était plein d’énergie, et impatient de faire ses preuves. Certes, il y avait aussi une pointe d’insolence et d’empressement chez lui, mais ces légers défauts étaient compensés par sa bonne volonté. Axarn l’aimait bien, et se demandait pourquoi Sigurd lui témoignait si peu d’attention.
Le bâton du capitaine fondit vers le ventre de Tarlaq. Celui-ci l’évita prestement et décocha une riposte à la cuisse de son professeur. Axarn, qui s’y attendait, ramena son arme à son côté pour intercepter l’attaque. Le bois frappa le bois avec un claquement sec.
« De plus en plus de force », remarqua le soldat. Il songea qu’il lui faudrait sou peu modifier son programme d’entraînement. Pour l’instant, ils commençaient la leçon par une petite course et des étirements avant d’entamer le combat proprement dit. Tarlaq devait par ailleurs se livrer à quelques exercices de musculation au cours de la journée. D’ici quelques mois, Tarlaq aurait assez de poigne pour tenir une épée courte. Le garçon attendait ce moment avec impatience, tandis qu’Axarn l’appréhendait. Quand ils utiliseraient des lames de métal, Ellen se ferait encore plus vigilante. Et la pression qui s’exerçait sur Axarn monterait encore d’un cran.
Sans compter que, si Sigurd ne se décidait pas à le faire, Axarn devrait aussi initier Tarlaq à l’équitation.
Sigurd…
Pourquoi s’occupait-il aussi peu de son fils ? Pourquoi avait-il si vite renoncé à lui enseigner l’escrime ?
Axarn soupira. Son seigneur était une énigme vivante.
Le guerrier aimait à se considérer comme un combattant d’exception, alliant une force naturelle à une technique longuement éprouvée. Pourtant, à côté de Sigurd, il n’était qu’un insecte. Le baron avait une façon de se battre absolument…
Renversante.
Sigurd était un génie de l’escrime. Un véritable artiste. Il aurait pu devenir un grand guerrier.
Au lieu de quoi il s’était enfoncé dans l’oisiveté, passant tout son temps à chevaucher dans son domaine. Aujourd’hui encore, il avait disparu sans donner la moindre information. Axarn en était attristé. Non seulement il détestait savoir son maître sans défense quelque part dans la campagne, mais encore il se désolait de voir un homme si talentueux perdre sa jeunesse à ne rien faire. Il se disait parfois qu’il fallait absolument trouver une occupation au baron.
Un instant distrait par ces pensées, il faillit recevoir un coup à la poitrine. Surpris, il le para de justesse et riposta plus violemment qu’il ne l’aurait jugé. Son bâton toucha Tarlaq à l’épaule et le garçon tomba par terre. Des larmes apparurent dans ses yeux.
- Tarlaq ! s’écria Ellen. Ca va, mon chéri ?
Elle se précipita vers son fils tout en jetant un regard noir à Axarn. Lorsqu’elle ouvrit la bouche, le guerrier se prépara à la remontrance et poussa un long soupir. C’était parti…

Sigurd tira son épée.
- Le mot Makashi t’évoque-t-il quelque chose, Vladek ?
- Non, Père.
- C’est le nom d’un art. Le plus beau de tous. Observe.
La lame étincela sous le soleil qui inondait la clairière. Lors de leur première rencontre, la semaine précédente, Sigurd avait guidé son fils plus profondément dans la forêt et lui avait montré cet endroit. Un cercle d’herbe entouré de chênes et de buissons, avec quelques pierres entassées dans un coin.
- Reviens ici dans sept jours, avait dit Sigurd. A la même heure. Si Owen s’y oppose, dis-lui que c’est l’homme des lettes qui le lui a demandé. Ne révèle surtout pas mon identité.
Puis, après un silence, il avait ajouté :
- Je n’ai rien préparé pour ton entraînement. Nous commencerons la semaine prochaine. Pour l’instant, parlons un peu de toi…
Ils avaient eu du mal à se quitter. Toute la semaine, Vladek s’était senti plus heureux que jamais. Lucie l’avait remarqué, mais ne l’avait pas interrogé. Martha avait soupiré, résignée. Owen et Beru s’étaient contentés de hocher la tête d’un air entendu.
Puis le septième jour était arrivé, et Vladek s’était rendu dans la clairière pour retrouver son père. A présent, il écoutait religieusement les paroles du baron.
- Le Makashi, expliqua Sigurd, est un style de combat à l’épée. Sache qu’en marge des techniques brutales employées par le commun des guerriers, et qui consistent en gros à frapper et parer jusqu’à ce qu’un des combattants soit touché, il existe plusieurs formes de combat infiniment plus subtiles, pour la plupart venues de l’Orient. Il y a l’Ataro, basé sur des enchaînements de plus en plus puissants, le Soresu, une défense impénétrable, ou encore le Djem so, qui repose sur des mouvements particulièrement appuyés. Et il y a le Makashi, l’escrime des seigneurs.
« Le Makashi ne se base pas sur la puissance. Un maître de ce style ne cherche pas à briser les os de son adversaire ou à lui trancher les membres : il vise les points vitaux, comme la gorge ou le cœur. Il ne fracasse pas les armures, il y cherche une ouverture. En conséquence, il n’a pas besoin d’une épée très lourde. Si tu regarde la mienne, tu t’apercevras que son poids est inférieur à celui des lames ordinaires. Ce qui ne signifie pas que le Makashi ne se pratique qu’avec des armes légères. Bien au contraire. Disons juste que c’est plus pratique.
« Le Makashi, donc, ne cherche pas à générer une grande puissance cinétique. Il repose en fait sur trois piliers.
Sigurd fit volte-face.
- Vitesse…
Sa lame fendit l’air, invisible. Son tranchant soigneusement aiguisé détacha une feuille de la branche devant lui.
- Fluidité…
Avec la grâce hypnotique des combattants chevronnés, Sigurd avança la jambe gauche et plaça son arme au-dessus de sa tête, pointe en avant…
- Précision.
Son bras se tendit et l’épée fusa, foudroyante. L’estocade cueillit en plein vol la feuille qui tombait vers le sol avant de l’épingler au tronc du chêne. Malgré le choc de la lame contre le bois, Sigurd demeura stable, parfaitement équilibré.
Vladek contempla la feuille transpercée par la lame, repassant le mouvement dans sa tête. Tout s’était déroulé si vite. Il avait eu l’impression de ne voir qu’un furtif scintillement de métal.
- Vitesse, fluidité, précision, répéta Sigurd. Le Makashi est un style économe. Sous sa forme la plus simple, il vise à placer l’adversaire sous une forte pression, à l’empêcher de coordonner ses mouvements et de placer des attaques efficaces. Pendant que l’ennemi se fatigue, le bretteur cherche une ouverture, attend de discerner une faille. Lorsqu’il la trouve, il s’y engouffre.
Vladek réussit enfin à parler.
- Ca a l’air simple.
Sigurd sourit.
- Dit comme ça, oui. Mais la réalité est autrement plus compliquée. Le Makashi a une élégance, un raffinement, que des mots ne sauraient retranscrire. Il est si subtil qu’il fat l’apprendre dès son plus jeune âge pour s’habituer à tous les mouvements. Quand j’aurai achevé ton entraînement, le Makashi ne sera pas ton arme, mais une partie de toi. Tu comprends ?
- Pas vraiment, non.
- Aucune importance. Le moment venu, tu le sentiras.
Vladek hocha la tête. Un sourire béat fendait son visage. Puis il disparut.
- Mais vous êtes trop fort, Père. Je pourrai pas devenir comme vous.
- Tu te trompes, Vladek. Je peux juger de tes qualités à la forme de tes mains. Tu deviendras bien meilleur que moi. J’en suis convaincu.
Et Vladek, du haut de ses six ans, ne comprit pas combien cette certitude comblait Sigurd de joie.
Il avait trouvé celui qui sublimerait son art.

Fouillant dans la sacoche de selle accrochée à son cheval blanc, Sigurd en sortit de curieux appareils de bois munis de puissants ressorts. Vladek n’avait jamais rien vu de tel. Ces engins lui semblaient un peu effrayants.
- Ce sont des extenseurs, expliqua le baron. Le Makashi demande une grande force dans les doigts et les poignets. Ces objets les muscleront, tu peux me faire confiance. Je vais te montrer comment ils fonctionnent. Ensuite, tous les jours, tu devras t’exercer avec. Nous ne commencerons à travailler avec des armes que dans trois mois environ. Ca passera vite, tu verras.
Sigurd s’attendait à voir de la déception sur le visage de son fils. Il n’en fut rien. Ebloui par sa démonstration d’adresse, Vladek était prêt à suivre toutes ses instructions.
« Un élève prometteur et sérieux », songea le baron. Exactement ce que Tarlaq n’avait pas été.
- Mais Owen et maman vont les voir, fit remarquer l’enfant.
- Cache-les dans un endroit où ils ne les trouveront pas, et entraîne-toi dans la forêt. Oh, et, Vladek ?
- Oui ?
Le visage de Sigurd devint grave.
- Tu ne parleras de ces leçons à personne. Tu ne te serviras pas de ce que je t’apprendrai tant que je ne t’en aurai pas donné l’autorisation. Est-ce clair ?
- Oui, fit Vladek, intimidé.
Le vent agita les feuilles des arbres.
- Très bien, dit Sigurd. Le Makashi, tel que je l’ai perfectionné, est un art secret. Et il doit le rester.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
01 septembre 2006 à 13:33:51

Et bien...la suite? :o)) Désolé, je n´ai rien de spécial à dire^^

chaoz
chaoz
Niveau 10
01 septembre 2006 à 13:37:41

bon j´ai lus le chapitre 4 et j´ai vraiment bien aimé, le 5 je le lirai un peu plus tard car là je n´ai plus vraiment le temps :)

"Markus Heinkel" pourquoi ai je bloqué sur ce nom ? quelqu´un peut m´aider j´ai un trou de mémoire :p)

Mister_Byde
Mister_Byde
Niveau 6
01 septembre 2006 à 13:51:25

C´est une référence, mais tu vas bien trouver tout seul.

chaoz
chaoz
Niveau 10
01 septembre 2006 à 14:09:48

bah j´ai pensé à Adrien mais bon je suis plus sur de son nom :honte:

bon aller je vais attaquer le chapitre 5 :)

chaoz
chaoz
Niveau 10
01 septembre 2006 à 14:33:51

voilà lus, bon je l´ai trouvé un peu moins passionnant que les autres mais bon il faut bien faire voir leur entraînement quand même :)

Kewl
Kewl
Niveau 21
01 septembre 2006 à 15:22:53

Je crois que tu as trouvé ce qu´il manquait au récit de Kaim. Tu as réussi à créer une vraie profondeur à l´univers, avec des trucs comme ça : "deux des frères d’Ellen avaient servi dans l’armée royale et étaient tombés au combat : l’un dans une forêt histenienne, lors de la Guerre de Huit Jours, et l’autre face aux pirates des Mers de Glace."
On n´entendra plus jamais parler de la Guerre des Huit Jours, mais ça donne un effet sympa et on se dit que l´Histoire de ce monde a déjà vécu de nombreuses guerres. Je crois que c´est ce qui fait défaut au Cycle d´Alexandre, et plus particulièrement au dernier tome qui est un peu moins passionnant ...

PS : j´espère que tu insérera des passages des fics de Kaim dans ta propre fic. Je sais pas si tu le feras mais j´aimerais bien. ^^

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