Ben voilà... J´ai *encore* un texte ^^
J´espère ne pas avoir perdu la main...
Le doigt suspendu, paralysée devant la porte. Comment faire ? Comment entrer, et faire ce que je dois faire ? J’y suis obligée, par la moral, par la fierté, par l’honneur… Ces sentiments, qui hier n’étaient que des mots, ressurgissent, tangibles et trop présents. Je rabaisse le doigt. Je regarde la porte. Il n’y a qu’elle entre moi et cette chambre. J’entends des sanglots étouffés, un peu comme quelqu´un qui pleure en enfouissant ses larmes dans son oreiller. Elles me font mal ces misérables petites gouttes d’eau… Il ne faut pas que cela continue… Ni que je reste les écouter… Mon cœur se noierait… Mais que faire ? Demi tour ? Ou enfin ouvrir l’obstacle ? Je ne sais pas… Je n’ai que douze ans après tout… Ce n’est pas à moi de penser ce genre de chose, non ? J’ai encore le droit d’avoir de l’orgueil, non ? Et puis après tout, mon frère n’en mourra pas… J’entends un sanglot plus violent. Il hoquette, bourre de coups de poing l’oreiller. Chaque coup qu’il lance dans le vide s’enfonce dans ma poitrine, coupant ma respiration. J’ai envie de hurler. Normalement ce sont les adultes qui savent remballer leur amour-propre et aller s’… Je ne sais pas… Peut-être qu’après tout ça me fera du bien… Je ne peux pas admettre que j’ai tort, pas après les saloperies que j’ai osé lui envoyé en pleine figure. Cela s’est passé comme d’habitude, comme tous les jours. On se prend tous les deux la tête pour rien et je lui dis chaques jours les mêmes saloperies dégoissaient la veille. Seulement aujourd’hui c’est différent. Peut-être parce qu’il est fatigué, peut-être parce que j’ai été plus convaincante… Il y a cru. Et dussai-je vivre cent ans je n’oublierais jamais le regard qu’il m’a lancé… Voilà pourquoi je me retrouve devant cette porte. Incroyable le pouvoir qu’on a sur les gens qui nous aiment… J’hésite encore une fois. Puis je défonce à moitié la porte en l’ouvrant. Et là enfin, je le dis. Le mot magique, le mot qui me délivrera, qui nous délivrera. Ce mot, parfois trop long . Ce mot, on l’a prononcé en même temps…
« Pardon »