Dire que j´ai travaillé d´arrache pied serait un mensonge, mais j´ai quand même fait quelque chose :p
Rien d´intéressant, présentation de l´appareil, mais la suite donnera plus d´infos
II. Constatations
Dans l’étincelante lumière du zénith, l’air environnant de la base de décollage vibrait sous les variations des champs magnétiques. Les vagues tremblotantes se propageaient autour de la zone cernant un petit vaisseau de transfert, prêt à s’envoler vers les cieux. Il était de forme semblable aux engins de la cité, à la différence près que quatre imposants réacteurs étaient encastrés sur le châssis, et que le vaisseau lui même était bien plus massif. Sa forme sombre se dilatait sous les caprices de la lumière devenue folle, et le faisaient ressembler de plus en plus à un nuage charbonneux. L’aire de décollage se chargea d’ondes magnétiques, et on vit l’air se brouiller encore plus, parcouru par des grésillements synthétiques. Et sans un frottement, le vaisseau décolla comme une étoile filante, et se précipita dans le ciel dénué de tout nuage. L’aire de décollage redevint normale, vide de toute trace, comme si l’engin n’avait jamais été là.
Sur les ténèbres spatiales, dans les environs d’une planète lointaine, flottait un minuscule anneau de titane. Autour de lui, tournaient des dizaines de petites stations orbitales étincelant sous les rayons d’un soleil chétif. En s’approchant, on pouvait distinguer, dans la zone couverte par cet anneau, une deuxième planète, qui ne se trouvait pas ici, mais à des années-lumière de la. À travers ce portail, on pouvait voir approcher, infime tâche dans l’immensité du globe, un vaisseau de transfert spatial, dont les sept occupants allaient bientôt être au cœur d’un des plus grands conflits de Solaris. Quittant subitement la gravité Solarienne, le vaisseau franchit les années-lumière en un instant infinitésimal, et fut aussitôt amarré à un imposant navire de guerre. Le portail hyperspatial, engagé dans son éternelle rotation autour de Kryon, ne montrait maintenant plus que la planète maîtresse de la Galaxie, Solaris.
Les portes du sas coulissèrent, et laissèrent apparaître dans un couloir circulaire abondamment illuminé, un solarien à la large carrure. Son faciès plus carré qu’un solarien habituel révélait l’endurcissement des soldats. Bien qu’ayant le corps frêle de sa race, ses épaules et ses jambes musclées lui donnaient un air menaçant. Comme pour accentuer cet aspect, ses marques épidermiques représentaient les lettres « dures » de l’alphabet solarien : k, n, et r. Mais ce fut avec un sourire cordial –cette expression survivant aux millénaires– qu’il accueillit les nouveaux arrivants, sept psychoaccélérateurs en train de s’échapper de cette véritable coquille métallique.
« Bienvenue à bord de la station salvatrice de Kryon. Mon nom est Baliarias Womiko, je suis le contrôleur du vaisseau.
- Bonjour, dit Domigo qui s’était auparavant renseigné sur l’heure d’arrivée. Mais ne devions nous pas être reçus dans la station orbitale scientifique ?
- Comme vous le savez, répondit l’autre avec un brin d’irritation devant cette soudaine méfiance, nous avons été appelés suite aux récents incidents provenus dans la sphère Kryonienne. Bien que nous ne pourrions rien faire en cas d’enlèvement, mieux vaut prendre nos précautions si une attaque directe se présentait. Nous avons donc préféré venir vous chercher au portail nous mêmes.
- Vous semblez bien effrayé. Un enlèvement pourrait-il se produire si hâtivement ? »
C’était le ton incisif de Lo’hordan, qui arrêta un instant le pas du scientifique descendant du vaisseau, Falbeg Morgon, attiré par la curiosité.
« Oui. »
Ce simple mot jeta un froid parmi le petit groupe. Sans un mot, il suivit le contrôleur à travers les couloirs. Ils traversèrent le quartier de liaison situé entre les salles d’amarrage et le cœur du vaisseau, et Midowo constata non sans malice que les murs latéraux avaient coulissé, et ils pouvaient donc voir autour d’eux le vide interstellaire. En limitant son regard à deux petites fentes, il avait l’impression de marcher sur une planche perdue dans l’immensité spatiale. En réalité, il était séparé de ce vide par un puissant champ magnétique, mais dépensant très peu d’énergie pour cette prouesse. Alors que tous admiraient avec ébahissement les magnifiques engins de guerre, aux formes splendides et excessivement esthétiques, ils entrèrent dans le vaisseau lui même.
Néanmoins, ils n’eurent pas l’occasion de voir grand chose. Le contrôleur n’était pas là pour les faire visiter, mais seulement pour les mener à leur quartier d’habitation. Il leur expliqua en route que ce soir, ils ne logeraient pas dans la station orbitale, mais dans le vaisseau même. Si les Kryoniens avaient l’intention de faire disparaître tous les psychoaccélérateurs –car pour le moment aucun salvateur ou autre scientifique n’avait disparu–, il ne fallait pas leur montrer que de nouveaux étaient arrivés. Ainsi, ils avaient du voir la manœuvre du présent vaisseau jusqu’au portail, et devraient être convaincus qu’il s’agissait de renforts. Mais si on le voyait rejoindre aussitôt la station scientifique, cela pourrait éveiller les soupçons. Il fallait donc patienter au moins une journée.
Ils parvinrent donc devant un quartier soigné, dont les murs et les décorations ne laissaient en rien penser à la fraction d’un vaisseau de guerre. L’éclairage chatoyant sorti d’on ne sait où donnait au couloir une atmosphère chaleureuse, et les murs métalliques avaient été pigmentés de manière à ressembler à ceux d’une antique maison de campagne. Des deux cotés du mur cylindrique étaient disposés à intervalles réguliers des portes coulissantes, donnant sur les différentes cabines. Avant de partir et de les laisser choisir leur cabine, le contrôleur leur laissa quelques instructions pour connecter leur Comps personnels à l’infrasphère du vaisseau. Une fois les psychoaccélérateurs laissés entre eux, ceux ci se rassemblèrent dans la plus grande cabine –le terme « appartement » était mieux approprié–, celle du chef d’expédition, Midowo Domigo.
« Tout d’abord, une petite présentation s’impose pour ceux qui ne se connaîtraient pas, commença ce dernier. Nul besoin d’être informé de vos expériences antérieures, cette mission est bien trop différente, et nous vous faisons confiance. Contentez vous de donner votre nom, c’est au cours du voyage que nous apprendrons à nous connaître. Mon nom est Midowo Domigo.