trop long
« Ce sera bientôt terminé, Mr Gordon. J’obture la cavité dans deux petites minutes. »
Harry s’approcha. Il regarda les gestes précis effectués par la jeune femme qui manipulait la turbine dans la bouche ouverte d’un homme de quarante ans.
« Voilà ! Agnès, voulez-vous enclencher l’amalgameur, deux doses, merci ? »
La seconde femme s’approcha d’un appareil où elle manipula la minuterie avant d’actionner la manette de côté à deux reprises. L’engin vibra avec beaucoup de bruit. Puis, l’assistante dévissa le bouchon dont elle déversa le contenu dans une petite coupelle. Elle s’approchait du fauteuil avec son mélange argenté quand une voix résonna dans des haut-parleurs extérieurs :
« Ceci est une urgence : toute personne répondant au groupe sanguin AB négatif est priée de se rendre immédiatement au niveau trois, en salle d’obstétrique. Merci. »
Harry vit la dentiste cesser toute action.
« Je suis désolée, Mr Gordon ! Je suis de ce groupe rare. Agnès, placez un pansement, j’y vais. »
La jeune femme arracha son masque et ses gants pour courir vers la porte qu’elle ouvrit en coup de vent.
Galopant à sa suite, Harry parcourut plusieurs couloirs. Il ne sut éviter les nombreux visiteurs qui le traversèrent comme des fantômes. Sans souci de cet inconvénient, il talonna le dos de la dentiste qui s’arrêta face à des portes d’ascenseur. Elle appuya fébrilement le bouton d’appel, trépignant d’impatience.
Enfin, les portes coulissèrent, Elle entra dans la cabine, Harry aussi. Leur destination était au troisième étage. Le temps de la montée, Harry détailla les traits de la jeune femme. Il tressaillit vivement, croyant reconnaître…
Mrs Granger ! Il était dans un souvenir de la mère de Hermione.
Assez désarçonné, il n’en continua pas moins son sprint derrière ce lièvre véloce.
La dentiste tambourina une porte ; une infirmière ouvrit.
« J’ai entendu l’appel : je suis AB négatif !
- Dieu vous bénisse ! », dit l’autre en lui attrapant la manche.
Harry s’engouffra dans l’ouverture, et se crut dans une salle de torture.
Tant de sang ! L’odeur l’écoeura. Il vit un médecin, la blouse trempée, s’approcher le Mrs Granger :
« Vous êtes certaine de votre groupe ?
- Absolument, mais…
- Installez-vous là ! Nous allons procéder à une transfusion immédiate. »
La mère de Hermione s’allongea sur une table tandis que l’on s’affairait entre elle et…
Harry sentit son cœur se retourner violemment. Cette femme, inanimée sur l’autre table… c’était Lily Evans : sa propre mère.
Ahuri, il assista aux manœuvres des spécialistes. Après un passage à l’alcool, le bras de Mrs Granger reçut une aiguille reliée par un long tube plastifié au bras de sa mère. Il perçut les dialogues dans un brouillard comateux :
« Vous leur sauvez la vie, Mrs Granger. Cette jeune femme, Mrs Potter, est enceinte de six mois ! Elle nous fait une hémorragie qui aurait pu être fatale sans votre généreuse intervention.
- C’est tout naturel. Je suis heureuse de contribuer ; j’ai accouché d’une une petite fille, il y a quelques mois. »
À peine cette information enregistrée, tout bascula.
Harry atterrit au beau milieu d’un salon cossu. Il détailla l’assemblée en sursautant. Attablés autour d’une table, il découvrit ses parents en compagnie des Granger. Aucun doute : ce grand jeune homme aux cheveux noirs et chaussé de lunettes, était James Potter. Par déduction, et pour l’avoir entrevu plusieurs fois à la gare et chez Gingotts, l’autre homme devait être le père de Hermione. Tous les quatre discouraient aimablement en couvant, de loin, un parc où deux bambins s’amusaient avec des cubes en plastique bleu.
Presque timidement, il s’approcha des deux enfants qui, assis sagement, s’échangeaient leurs jouets.
« Pou toi ! babilla la gamine.
- Ci ! répondit le gamin. »
Il prêta ensuite une oreille plus attentive aux propos échangés à la table des grands.
« Quand je repense à tout ce que nous te devons, disait Lily Evans en saisissant la main de Mrs Granger.
- J’ai fait mon devoir, c’est tout. Ce qui est merveilleux, c’est que nous soyons devenus amis, tous les quatre.
- De plus, Harry et Hermione s’entendent bien.
- Oui, James ! Je le disais encore hier à Mary : ils sont comme frère et sœur. »
Un silence embarrassé s’installa. Lily se mordit la lèvre, James toussa :
« Hum ! Sans vouloir abuser de notre amitié… Nous aurions souhaité, Lily et moi, … qu’en cas d’accident…
- James ! s’exclama Mary. Nous savons qu’il y a quelque chose qui vous tracasse, voire… vous menace. Nous serons toujours là, comptez sur nous !
- Merci beaucoup, soupira Lily. Notre petit Harry est si fragile. S’il nous arrivait malheur, j’aimerais que vous veilliez sur lui.
- Aucun souci ! décréta Mr Granger, sincère. Il sera ici, comme chez lui.
- Hermione semble avoir des dispositions, rit Lily en jetant un œil à la gamine qui, d’un doigt, faisait léviter ses cubes.
- Je ne sais pas d’où ça lui vient. J’étais terrorisée la première fois que je l’ai vue faire ça. Heureusement, tu m’as expliqué.
- Elle est douée ! sourit James. Ces deux-là feront une fameuses paire, plus tard. »
Harry subit un nouvel arrachement.
Le décor était à peu près identique à celui qu’il venait de quitter. S’y trouvaient Mary Granger, effondrée en pleurs dans les bras de son époux et un imposant personnage qui tenait un tas de couvertures d’où émergeait la tête d’un bambin.
« Vous êtes sa marraine, je dois vous le laisser jusqu’à nouvel ordre, dit le demi-géant en tendant son paquet aux Moldus.
- Vous… Vous le reprendrez ? Il pourrait vivre chez nous ; nous l’aimons beaucoup et…
- J’obéis à des instances supérieures. C’est tellement affreux. Ce pauvre gamin… Ses parents… si vous aviez vu. »
Hagrid larmoyant confia le paquet aux Granger avant de sortir par la porte.
Harry se regarda à l’âge d’un an. Il accompagna les Granger à l’étage où ils déposèrent tendrement l’enfant endormi dans ses couvertures près d’un petit lit sur lequel une fillette se tenait debout.
« Ri a bobo, là ? » gazouilla la fillette en pointant le front du bébé.
Machinalement, les doigts de Harry massèrent sa cicatrice.
Revenu dans le bureau, le jeune homme demeura immobile, et perplexe un long moment.
« Et alors ? dit Ron en le secouant légèrement. »
Harry se retourna vers le portrait souriant de Dumbledore.
« Pourquoi ne m’a-t-on jamais rien dit ? »
Ce fut une petite voix timide, derrière lui, qui résonna :
« Tu as du sang de ma mère en toi, Harry. Je t’ai toujours considéré comme mon frère. Je ne pouvais pas te le dire ; j’avais promis. »
Hermione, la mine coupable, se tenait dans l’encadrement de la porte.
« Oui, approuva Dumbledore, nous t’avons imposé le silence. Vos parents étaient devenus des amis très proches, mes enfants. Pour la protection des Granger, il a été estimé plus prudent d’éloigner Harry, et de le remettre à sa tante Pétunia. J’ai souvent déploré la façon dont tu étais traité chez les Dursley, Harry ; mais c’était la meilleure solution. Si vous aviez vécu ensemble, chez Hermione, vos talents de sorcier additionnés auraient pu alerter les partisans de Voldemort ce qu’il ne fallait pas risquer.
- Alors, Hagrid m’a déposé puis repris ?
- Il fallait nous organiser ; c’était un drame affreux. Tu n’es resté qu’une paire d’heures chez Hermione. Tu devais à tout prix échapper aux Mangemorts ; tu sais pourquoi. »
Oui, Harry le savait. Depuis le soir cruel où Sirius Black était mort, la révélation de son rôle l’écrasait par sa gravité : c’était lui ou Voldemort ! Il se tourna vers Hermione qui se jeta dans ses bras, l’étreignant éperdument.
« Je t’ai toujours aimé, Harry ! On m’a obligée à ne rien te révéler sur notre affinité si… particulière ; je suis désolée. Ma mère est bien ta marraine ; si tu savais ce que ça lui coûte de ne pas avoir pu te gâter comme elle le désirait. »
Ému, Harry sentit ses yeux picoter sous ses lunettes. Il n’avait plus de parents, de parrain, de mentor, mais il se découvrait une marraine et, surtout, une sœur de sang !
Original ma foi.
La suite. ![]()
C´est vrai que c´est étonnant, que Hermione soit le soeur de sang de Harry... mais dans ton histoire ça se met bien en place donc ça ne pose pas de problème!!!!!! Toujours aussi exellent!!!! Heu... la suite??? ![]()
Vous lisez vite
allez, une tite suite
Chapitre 16 : Une nouvelle quête ?
Ces émotions passées, Dumbledore invita Harry à échanger les souvenirs de Mrs Granger avec ceux du flacon II.
Le rituel recommença et, dès la pensine prête, le trio se laissa absorber par le tourbillon lumineux.
Quel bric-à-brac ! Harry crut être retourné chez Barjow et Beurk tant la similitude des lieux l’impressionna : un vrai capharnaüm de bibelots étranges et poussiéreux, probablement destinés à de la magie pas très blanche.
Des voix émanaient d’une pièce en retrait. Les amis, curieux, se faufilèrent jusqu’à une sorte de réduit que Harry compara avec la réserve de Rogue. Partout des étagères s’encombraient d’une multitude de fioles et de pots au contenu suspect. Deux hommes étaient en grande discussion.
L’un d’eux – probablement le propriétaire de la boutique, vu sa robe-tablier grise – ne payait guère de mine. Petit de taille, presque chauve et bossu, sa bouche édentée s’ouvrait sur un timbre éraillé :
« C’était la dernière fois Sylvère, je ne veux plus être mêlé à ça. »
L’autre sorcier, un baraqué aux yeux sournois, répliqua :
« Tu dois le faire ! Autrement, notre maître sera très mécontent. Tu sais ce qui arrive à ceux qui contrarient Lord Voldemort. »
Le boutiquier apothicaire grimaça affreusement, tremblant de tous ses membres décharnés :
« J’ai donné tous les ingrédients en ma possession ; je ne peux rien de plus, je le jure.
- Douterais-tu des pouvoirs du futur Seigneur des Ténèbres ?
- Non, évidemment ! Je suis seulement terrifié à l’idée des conséquences.
- Obéis à Lord Voldemort ! »
Le petit sorcier rabougri se tassa sur lui-même, cruellement partagé.
« Avez-vous seulement idée de ce qu’il compte faire avec ça ? Moi, je le sais. Il cherche l’immortalité et, puisqu’il a déjà requis mes talents à cinq reprises, il va encore en créer un.
- Un quoi ?
- Un… Horcruxe ! »
L’autre éclata d’un rire aussi épais que sa personne :
« Un Horcruxe, jamais entendu parler, vieux fou !
- Vieux, certes ; fou, loin de là ! Je connais, hélas la méthode… pour l’avoir essayée moi-même. Mon beau-frère brutalisait trop souvent sa femme, ma pauvre sœur Lucinda ; je l’ai éliminé sans jamais avoir été soupçonné. Il existe des poisons si rares… Pour en venir aux meurtres, condition essentielle pour élaborer un Horcruxe, j’avais enfin la possibilité de tenter l’aventure. Dès que Alde Baran mourut, mon âme se déchira ; je l’ai très bien, ou plutôt très mal ressenti. J’avais préparé l’objet destiné à recevoir ce fragment : un très beau vase en cristal. J’y ai versé la potion, et ai prononcé la formule. Ce fut horrible ! Je ne saurais décrire cette abomination. J’ai eu l’impression d’être coupé en deux et, ce soir-là, j’ai fait des choses… épouvantables, inadmissibles pour un être normal. Heureusement, mon bon côté a repris le dessus : j’ai utilisé l’antidote et la formule, le verre s’est brisé, mon morceau d’âme m’est revenu. »
Très attentifs à l’échange de dialogues, le trio ne bronchait pas.
Peu importait à Harry de savoir à qui appartenait ce souvenir ; il venait de capter une information capitale, et espérait en apprendre davantage.
Le Mangemort Sylvère souleva une paupière d’intérêt :
- Donc, d’après toi, notre maître se prémunit contre la mort ?
- C’est cela ! Mais en le faisant, il devient… un monstre. Il faut l’empêcher de poursuivre ou il sera invincible. Tant de souffrance et de morts…
- Tu n’as pas à t’en soucier. Prépare la potion, sinon je serai l’instrument de TA mort. »
Le sorcier lourdaud sortit si vite qu’il traversa Harry avant qu’il ne puisse se reculer. La mine dégoûtée, le garçon s’attendait à retrouver le bureau de Dumbledore, il n’en fut rien.
« Qui doit-on suivre, Harry ?
- Je suppose qu’il faut rester ici, Hermione. Que fabrique l’apothicaire ? »
Ils entrèrent dans la réserve pour observer les gestes du vieux sorcier. Ils le virent ouvrir un tiroir, s’emparer de plume, encrier et parchemin. Emportant le tout, il changea de pièce, forçant les jeunes gens à s’aplatir contre les étagères afin d’éviter le contact désagréable à son passage. Ils lui emboîtèrent le pas et l’escortèrent jusqu’à une table qu’il débarrassa de son amoncellement d’objets afin d’y dérouler le parchemin. La plume chargée d’encre s’agita sur le feuillet.
Le trio se pencha avidement, lisant les mots au fur et à mesure de leur
formation :
« Ceci est mon testament. Lord Voldemort me tuera prochainement même si je lui fournis ce qu’il me demande. Ce qu’il prépare est trop immonde, il faut le détruire. J’écris ici la formule de l’antidote à verser sur les Horcruxes. Il en a déjà créé cinq auxquels j’ai, hélas, contribué. Je crois que le prochain sera en relation avec Godric Gryffondor. Bonne chance à ceux qui survivront. »
Suivit ensuite la plus longue liste d’ingrédients et de procédés que Harry ait contemplée. Il jeta un œil à ses amis et, les voyant très concentrés à étudier la recette soumise, il s’empressa de les imiter.
Hélas, à peine ses yeux se posaient-ils sur le feuillet, que l’arrachement redouté se produisit ; il retrouva le bureau avec Ron et Hermione.
« Vous l’avez retenue ? Je n’ai pas eu le temps… »
Hermione parut en pleine crise d’épilepsie tant ses bras s’agitaient en tout sens.
« Du papier, de quoi écrire, viiiiiite ! »
Les « Accio » fusèrent pour réunir les objets requis. À toute allure, la plume d’oie gratta le parchemin, reproduisant, exactement, la liste entrevue.
« Ta mémoire me rend dingue ! souffla Ron, épaté.
- J’espère qu’il n’y a pas que ça qui te plaît en moi ! pouffa la jeune fille assez fière de sa performance. De toute façon, je me suis affolée pour rien, on y serait retourné autant de fois que nécessaire pour avoir la recette complète.»
Harry prit le feuillet gribouillé à la hâte et sentit son cœur se gonfler de reconnaissance : tout y était !
« Professeur, cria-t-il au portrait, nous avons la formule.
- C’est ce que j’espérais, sourit Dumbledore. Je n’ai pas eu l’occasion d’explorer ce souvenir que je venais de récolter avant d’entreprendre notre dernière petite balade. Notez que cet apothicaire a survécu. Il se terre depuis des années aux confins de la Transylvanie, le pauvre. Son testament a été détruit dans l’incendie de sa maison. C’est la violence qu’ont mise les Mangemorts à réduire en cendres cette minable boutique qui a éveillé mes soupçons. Retracer Varius Inops ne fut pas de tout repos. Il m’a cependant accordé de conserver ce souvenir qui lui pesait. Cet antidote est capital. Vous vous en servirez sur les Horcruxes restants.
- Voldemort récupérera ses parties d’âmes et sera…
- Vulnérable, oui Harry !
- Excusez-moi, professeur : cette potion est… la pire de toutes celles que j’ai composées. Je ne sais pas si j’y arriverai.
- Miss Granger, vos talents seront à la hauteur de votre quête, j’en suis persuadé.
- Les ingrédients sont tellement…
- Étranges ? Difficiles à obtenir ? Pas tant que ça, je fais confiance à votre ingéniosité ; vous me soumettrez la liste demain, je suis...
- Attendez ! Et L’Horcruxe ! Va.. Varius a dit qu’il était en relation avec Godric Gryffondor, vous voyez ce que ça peut être ?
- Il faudra le vérifier ; j’ai ma petite idée. Je vous la dirai en temps utile. Bonne nuit, mes enfants. »
Il était un peu tard, en effet, pour débuter la chasse aux ingrédients, d’autant que Dumbledore s’endormait déjà. Ils le saluèrent, et rejoignirent leur tour.
Le lendemain, par chance, ils avaient cours de botanique. C’est donc joyeux qu’ils soumirent à leur professeur la liste retranscrite par Hermione avec l’espoir qu’elle les aiderait. Dumbledore serait certainement heureux de voir qu’ils se débrouillaient sans avoir à l’ennuyer pour des bêtises.
« Nous souhaiterions des détails sur les composants de cette recette, s’il vous plaît, Madame. »
La petite Pomona Chourave prit le feuillet, et débuta sa lecture. Le trio commença à s’inquiéter en voyant le teint du professeur virer au cramoisi :
« Où avez-vous recopié ça ! cria-t-elle furieuse. Aucun, je dis bien aucun livre de Poudlard ne peut contenir ce genre de formule. C’est DE LA MAGIE NOIRE ! J’enlève 10 points à chacun d’entre vous pour avoir osé lire un grimoire interdit. Et, évidemment, cette liste est confisquée.
- Mais…
- Ne répliquez pas, Mr Potter ou ce sera vingt points par tête. L’incident est clos. Nous devons retailler ces Tentaculas qui deviennent trop envahissantes. »
Honteux d’être encore la risée de leurs congénères, le trio s’activa en silence. Munis de gants de protection et de sécateur, Harry broyait du noir. Il aurait dû se douter de la réaction du professeur Chourave. Maintenant, ils seraient obligés de visiter à nouveau le souvenir de Varius, à moins que…
« Hermione, murmura-t-il entre deux coups de lames aux branches rebelles qui tentaient de lui enrouler les poignets, par hasard… n’as-tu pas retenu la formule ?
- Un peu mais pas tout. »
La mine du garçon s’allongea.
« Par contre, avant de me coucher, j’ai fait trois copies, au cas où ! »
De joie, Harry sursauta si violemment qu’il faillit se laisser emprisonner par les vrilles de sa plante. S’il ne s’était pas contenu, il l’aurait embrassée, cette Hermione, sa presque sœur.
À la pause déjeuner, Hermione s’éclipsa un moment. Elle revint avec un sourire qui réconforta Harry. Tout en dévorant ses saucisses aux choux de Bruxelles, il s’ingénia à trouver la solution à leur problème. Bien évidemment, Hermione avait déjà identifié la majorité des ingrédients. Il y en avait deux totalement inconnus, et un dernier pratiquement irrécupérable. Slughorn les aiderait-il ? Après tout… en la jouant fine comme avec le Felix Felicis, il était possible d’amadouer ce vieux morse ; d’autant que le vert des yeux de Harry le fascinait réellement beaucoup. Il décida de l’affronter dès que possible.
Le cours de Métamorphose l’éreinta physiquement. Il s’agissait, cette fois, d’un nouveau sortilège de disparition avec réapparition instantanée à quelques mètres du point de départ. Il admettait l’utilité d’un tel pouvoir dans un combat, mais il avait raté sa formulation, et était réapparu sans jambes. Mrs McGonagall avait réparé les dégâts, et rendu sa tête à Ron, qui l’avait laissée derrière lui.
Néanmoins, les douleurs engendrées par cette petite désartibulation laissaient des traces cuisantes. C’est en boitant qu’il se rendit à la salle des professeurs. Comme il l’avait espéré, Horace Slughorn y était, occupé à corriger des copies d’élèves de sixième année.
« Oh ! Qui voilà ? s’anima-t-il à l’entrée du garçon. Que vous est-il arrivé ?
- Un léger ennui avec le sortilège « Ici-et-là » sourit Harry en clopinant vers un fauteuil. Voulez-vous que je vous aide à corriger ?
- C’est très aimable, mais je termine. Quelle piètre année, ces sixièmes ! Sauf la petite Weasley qui se débrouille correctement ainsi que la fille de Lovegood. Aucune comparaison avec vous, l’as des potions. Comme votre mère… soupira-t-il, songeur.
- Pourtant… J’ai petit souci. Pourriez-vous m’aider à le résoudre ? »
Difficile de dire non quand on vient d’avoir une proposition d’assistance :
« Dites toujours, Harry. Que puis-je pour vous ? »
Le jeune homme s’empressa de déplier le parchemin et de le soumettre à son professeur. Derrière son dos, il croisa les doigts.
Manifestement, ce qu’il avait sous les yeux troublait Slughorn. Il n’explosa cependant pas de fureur, se contentant de rendre le document à Harry.
« N’essayez pas cette recette ; c’est un conseil que je vous donne.
- Mais… J’en ai vraiment besoin pour détruire…
- Quoi ? Que cherchez-vous à détruire avec cette potion ?
- Euh ! Je... non, rien, Monsieur. »
Harry sentait bien que Slughorn n’était pas convaincu, tant pis ! Il était au courant pour les Horcruxes, il en aurait donné sa main à griller par un dragon.
« Au fait, j’ai l’intention de lancer des invitations aux membres de mon club, vous y viendrez, n’est-ce pas ? »
Le filou ! songea rapidement Harry avant de répondre :
« Désolé ! Je n’ai pas la tête aux festivités : Laura Madley… était ma petite amie. »
Slughorn parut chagriné tant d’avoir gaffé que par la nouvelle apprise.
« Nous… subissons tous des pertes cruelles. Il ne faut pas vous laisser accabler. Remontrez-moi votre parchemin, voulez-vous ? »
Par un puissant self-contrôle, Harry continua à afficher une mine tristounette alors qu’il triomphait.
Le maître de Potions reprit sa lecture en soupirant profondément.
« Toutes des plantes toxiques, sauf deux ! Ça donne des frissons de lire cette page. La plupart des composants de cette liste sont tout à fait accessibles malgré leur dangerosité : La livèche, le cranson, sont banals ; vous en avez utilisé, je crois ? »
Harry approuva en priant pour que Slughorn se dépêche un peu. Si Mrs McGonagall débarquait…
« L’aconit, vous devez la connaître aussi. Feuilles et graines de Datura ! Certains indigènes Moldus en mâchent. C’est très dangereux ! Le ministère en a interdit les plantations : trop d’accidents. De la buxine, des baies de houx, du muguet, et d’autres… Je ne vois rien que vous n’auriez pas découvert dans un bon manuel de botanique. Ah, sauf ces deux-ci : Polypore hexagonal du Japon et l’hypercharacias. Impossible de les trouver en Europe. Elles ne s’acclimatent pas. L’une pousse au Japon comme l’indique son nom, l’autre au cœur de l’Amazonie. De plus… du sang de Sphinx ! Bon courage pour lui en soutirer ; ils ne sont pas réputés pour la douceur. »
Mwarf, toujours aussi excellent, cette chasse promet d´être palpitante.
La suite, donc. ![]()
Bien dit mon ami! La suiteeeeeeeeeeeeeeeeeeee!
En riant, Slughorn rendit le parchemin à un Harry assez déconfit ; il possédait des indices, mais rien de précis. Il plia le feuillet, remercia le professeur, et claudiqua jusqu’à la porte, pensif.
« Harry… Pour Laura, je n’avais pas compris que… Je suis navré.
- Pas autant que moi ! » s’étrangla le garçon, sincèrement bouleversé. Il sortit, tête basse.
Dans la tour des Gryffondor, il retrouva ses amis qui s’étaient rafraîchis avant le dîner.
« Alors ? s’enquit Hermione très intriguée par la mine de Harry.
- Ce ne sera pas du gâteau ! Les deux que l’on ne connaissait pas ne poussent pas en Europe ! Tu n’aurais pas un correspondant Japonais, Hermione ? Ou un Amazonien, ça aiderait. De plus, des Sphinx ! Il n’y en a qu’en Egypte, non ?
- On ne pourra pas transplaner si loin, c’est dangereux ! dit Ron
- Vous pensez que nous devrons encore employer les Sombrals ?
- Je ne sais pas, Harry. Ron a raison, et en balai c’est trop long.
- La poudre de cheminette ?
- Le réseau de distribution n’est pas international. Je ne vois vraiment pas comment nous réussirons sans les Sombrals.
- Des heures sur le dos de ces créatures, j’en vomis d’avance.
- Ne dis pas de bêtise, mon chéri. Nous demanderons à Dumbledore. »
Sur ces bonnes paroles, ils descendirent se régaler de la profusion des mets proposés.
Tout en s’empiffrant, Harry jeta un regard circulaire aux autres tables.
Celle des Poufsouffle était la plus dépeuplée. Cela lui rappela sa rieuse confidente, il cessa de manger. Regardant l’estrade des professeurs, il vit McGonagall en conversation animée avec Slughorn, ce qui l’inquiéta. Lui révélait-il ses doutes aux sujets des Horcruxes ? La place vide de Trelawney lui créa un nouveau serrement d’estomac. Que devenait-elle ? Et Dobby ? Une idée folle jaillit sous ses cheveux en bataille, tellement soudaine qu’il en renversa son verre de jus de citrouille. Il s’excusa, épongea d’un Recurvite avant de s’éclipser rapidement.
La grosse dame pivota sans commentaire, il se retrouva seul dans la salle commune. Que risquait-il à essayer :
« Kreattur ! Ici, immédiatement. »
L’elfe se matérialisa.
« Je ne t’ai pas revu, n’as-tu rien à raconter ?
- Non, maître. Il n’y a rien de neuf. Ils souffrent beaucoup, c’est tout.
- C’est surtout assez, grinça froidement Harry. Voilà ta nouvelle mission : je t’ordonne de les délivrer. Utilise tous les moyens possibles mais j’exige que Dobby et le professeur Trelawney soient soustraits aux pattes de Voldemort dans les plus brefs délais ou… tu recevras une raclée et… une chaussette. »
Un elfe domestique n’est déjà pas beau de nature ; quand il se met à verdir… C’est pire.
« Kreattur n’est qu’un esclave… Il… Il obéira, maître ! »
Pour la première fois, Kreattur se courba jusqu’au sol devant Harry, puis disparut.
Bizarre quand même cet elfe. Harry avait toujours pensé qu’il serait heureux d’être libéré d’un maître qu’il détestait. Là, il venait de lui témoigner… du respect. Peut-être avait-il eu peur de ce qu’il avait vu ou entendu chez Voldemort ?
Même si cette mission échouait, c’était toujours mieux que de ne rien tenter. Il redescendit à la grande salle où les desserts étaient servis. Son moral étant rehaussé, son appétit aussi. Il mastiquait joyeusement un chou à la crème quand Hermione lui donna un discret coup de coude. D’un geste du menton, elle lui désigna la table des professeurs où Tonks venait de s’installer.
« Elle n’a pas l’air dans son assiette, je trouve, souffla la jeune fille. »
Se tournant, Harry observa son homologue féminin qu’il avouait avoir peu fréquenté ces derniers temps. Effectivement, Nymphadora lui parut… différente. Cela aurait pu être normal vu ses facultés de métamorphomage, mais… Ici, la jeune femme présentait des caractéristiques semblables à celles constatées lorsqu’elle était en mal d’amour. Quelque chose clochait-il à nouveau avec Lupin ? La dernière fois qu’il l’avait croisé à la Cave de l’Ordre, il avait supposé que sa mauvaise mine provenait de la phase lunaire achevée ; s’était-il trompé ? Il s’entretiendrait avec Tonks, dès que possible.
Que se passait-il à l’extérieur de l’école, en fait ? Il aurait bien été incapable de le deviner. Le ministère avait aboli la liberté de la presse et ne laissait filtrer que des banalités, genre : potins, recettes de cuisine, mode ! Sur les vrais événements de la guerre : motus et bouche cousue. Si Scrimgeour espérait calmer les esprits par ce mutisme, Harry estimait qu’il commettait une grave erreur car les tous s’inquiétaient. Oui ! Cuisiner Nymphadora lui parut une bonne initiative afin de découvrir ce qu’on leur cachait. Mais le plus urgent était d’identifier et récolter les ingrédients nécessaires à la potion.
Dès le repas achevé, par un clin d’œil il convia ses meilleurs amis à rejoindre le bureau où Dumbledore les attendait.
« Avez-vous progressé ? demanda-t-il d’emblée.
- Oui… et non, soupira Harry. Vous aviez raison, beaucoup de plantes ou leurs extraits, feuilles et autres seront assez faciles à se procurer. Nous avons des problèmes avec le Polypore Hexagonal du Japon et l’autre machin Amazonien. Comment aller là-bas ? Auriez-vous des relations dans ces pays, à qui nous pourrions…
- Envoyer un hibou ? Pauvres bêtes, tu imagines leurs trajets, sans compter le temps que prendrait un aller et retour ?
- Ce ne serait pas très gentil, souffla Harry qui songea tristement à Hedwige privée de sortie. Que devons-nous faire, alors ? Transplaner, emprunter des Sombrals ?
- J’ai croisé Hagrid, il y a peu. Il m’a confié être désolé de ne pas avoir rédigé de testament. Il souhaite que tu hérites…
- Pas d’une créature, au moins ? s’inquiéta Harry qui connaissait les goûts bizarres du géant en matière de bestioles.
- Non, objet volant.
- Sa moto ! s’exclama Ron ébloui. Sa moto volante ? Quelle chance !
- Tu la trouveras dans la remise, derrière sa cabane. Il te faudra maîtriser le sortilège d’Apparition. »
Harry grimaça, il avait tellement de mal à disparaître, alors…
« La formule est bien « Inanimatus Apparitus » ?
- Oui, Miss Granger ! Je donnerais volontiers 10 points pour cette excellente réponse, mais… Enfin. N’oubliez pas d’emporter de la Branchiflore !
- Pourquoi, Monsieur ?
- C’est évident : le Polypore est une éponge de mer ! rit Dumbledore.
- Donc, c’est dans la mer du Japon !
- Elle y est très commune… pour les sorciers. Les Moldus ne la voient pas. Faites très attention, elle se défend.
- Nous irons ! déclara Harry remonté à bloc.
- Le tout est de savoir quand. N’oublie pas qu’il y a le match contre Serpentard samedi. Et ne me demande pas de brosser les cours en semaine, ou alors tu y vas sans moi. »
Hermione et son sens pratique ! Soit, ils partiraient le week-end suivant la rencontre de Quidditch.
Entre les cours, ils occupèrent leur temps libre dans la récolte des ingrédients nécessaires à l’antidote. Si la grande serre recelait une foule de plantes plus exotiques les unes que les autres, on y rencontrait aussi des variétés très communes pourtant très dangereuses, comme l’aconit. Ses belles fleurs aux cinq sépales dont un entoure les autres tel un capuchon souvent bleu-mauve contiennent un suc très toxique.
« Nous sommes fin octobre, la floraison est passée, dit Neville qui s’était joint au trio, vu qu’il s’agissait de sa spécialité. Je saurai repérer les tiges… si le professeur Chourave ne les a pas coupées. »
Par bonheur, les hautes hampes de 1m50 se dressaient encore parmi d’autres renonculacées. Habile malgré ses gants de protection, Neville sectionna une tige et la pressa au-dessus du petit flacon tendu par Hermione. Le jus blanchâtre s’écoula au compte-gouttes.
« Ça suffira ! dit la jeune fille en rebouchant le flacon. On a déjà la livèche et le cranson que Harry a piqué, en douce dans la réserve de Slughorn. Il en fallait si peu qu’il ne le remarquera certainement pas.
- Espérons-le ! Il me regarde en biais depuis qu’il a lu la liste. Pour les graines et les feuilles de datura, puisqu’on ne les cultive plus, je pense me rendre à Londres, au chemin de traverse, chez Slug et Jiggers.
- Tu vas transplaner ou essayer la moto ? s’informa Ron dont les yeux brillaient d’excitation.
- La moto ? Quelle moto ?
- Celle de Hagrid, Neville ! Harry en a hérité.
- Il avait le droit de la garder ?
- Pas vraiment ! Bah, c’est une idée. Transplaner serait plus rapide quoique ça implique d’aller à Pré-au-Lard, j’avoue ne pas être prêt à y retourner de sitôt. Nous verrons la moto dès que nous aurons fini ici. »
Ils recueillirent du suc de buis, les fruits de la digitale, et les baies de houx.
Les serres ayant fournis tout ce qu’elles pouvaient, ils laissèrent les plantes normales se reposer, les magiques se causer, voire se visiter.
Hermione voulut d’abord mettre en sécurité leur récolte. Elle s’absenta une dizaine de minutes pendant lesquelles les garçons rejoignirent la cabane de Hagrid. Émus, tous, ils contemplèrent ce lieu à jamais désert.
Comme un kaléidoscope, Harry se remémora des images de son passé en compagnie de ce demi-géant tant aimé : son premier ami du monde magique.
Mais l’heure n’était pas à l’émotion. Ils contournèrent la maisonnette derrière laquelle une sorte d’appentis se dressait. Harry n’éprouva aucune difficulté à lever le simple loquet de bois qui le fermait.
Dans la lueur de la fin d’après-midi, une pièce quasiment nue se révéla.
Traînaient un seau, une paire de bottes… de sept lieues d’après leur taille, quelques ustensiles agricoles qu’utilisait Hagrid pour entretenir son potager et divers récipients.
« On doit attendre Hermione. Je crois qu’il n’y a qu’elle qui soit capable de lancer le sort d’Apparition. »
Neville et Ron approuvèrent silencieusement en se demandant à quoi ressemblerait l’engin.
La jeune fille arriva enfin, essoufflée d’avoir couru :
« Vous n’avez pas prononcé… Inanimatus Apparitus ! » cria-t-elle en ajoutant un huit de sa baguette.
Aussitôt l’espace vide se combla d’un engin gigantesque aux chromes luisants.
« C’est… titanesque, couina Neville. Tes pieds n’atteindront jamais les pédales de ce… truc.
- On aura l’air de puces sur le dos d’un éléphant, rit Ron.
- Taisez-vous, idiots ! Il doit y avoir un enchantement qui adapte la taille de cette machine à celui qui la chevauche. Harry, vas-y, grimpe ! »
Le jeune homme hésita légèrement devant le saut à accomplir pour atteindre la selle.
« Locomotor Harry ! » lança Hermione.
Le jeune Potter se sentit soulevé de terre et conduit, en douceur jusqu’à son but. Dès que son digne postérieur effleura le cuir de la selle, la moto prit des dimensions des plus normales normales.
Très animé quoique embarrassé, Harry regarda ses amis, en riant :
« Qui est partant pour une balade ? Je ne sais pas conduire, je vous préviens !
- Tu crois qu’elle nous accueillera tous ? s’informa Ron qui, tenté par l’aventure, sautait déjà derrière Harry. »
Pour le poids, il n’y avait aucun souci puisqu’elle avait supporté Hagrid. Pourquoi pas eux ?
Hermione se casa entre le conducteur et son fiancé ; Neville tout à l’arrière. Le siège s’allongea au fur et à mesure que les passagers s’installèrent. Il ne restait plus qu’à…
« Comment fait-on voler ce truc ? Il n’y a pas de clés, rien ! s’inquiéta Harry en détaillant le tableau de bord. Il y a des boutons, mais… »
D’un doigt tremblant, il en pressa un, le gros phare avant s’alluma ; il essaya un autre, il fut certain d’avoir enclenché un dispositif d’invisibilité, probablement neuf, vu la brillance du revêtement plastifié. Mais toujours pas de démarreur.
Neville dit :
« Mon grand-père, quand il voulait faire avancer sa mule, il lui disait : marche ! »
Aussitôt une pétarade éclata avec l’emballement du moteur. D’allégresse, les quatre téméraires sautillèrent sur place.
« Après, je suppose que je dois dire… Avance ! »
Tel un animal docile, la moto roula doucement, sortant de l’appentis en écrasant l’herbe extérieure.
Quand ils eurent devant eux un espace bien dégagé, Harry cria :
« Fonce ! »
L’accélération faillit les désarçonner. C’était très excitant, mais… une lisière d’arbres se rapprochait dangereusement.
« Vole !" hurla Harry.
L’engin partit en flèche dans les airs, obligeant Harry à agripper fortement les poignées tandis que ses amis se tenaient les uns aux autres par la taille.
Belle chevauchée ! De tous les objets ou animaux volants empruntés jusqu’ici, à part son précieux balai, c’était cette moto que Harry préférait. Confort et souplesse, sans compter la vitesse.
Alors que le sol sous eux s’éloignait, réduisant la cabane du géant à une maison de poupées, le conducteur s’inquiéta soudain. Le dispositif anti-intrusion n’allait-il pas les aplatir tels des insectes contre une vitre ? Il souhaita que, comme pour les Sombrals, et la Ford Anglia des Weasley, cette moto franchirait sans heurts cet obstacle.
Maintenant que j´ai lu toute te fic, je veux savoir la fin!!! pourvu quelle arrive vite
Pour ce qui est de "Hermione la soeur de sang", désolé de vous dire ça, mais il n´y a rien d´original. J.K Rowling avait été questionné à ce sujet, et elle avait laisser planer grandement le doute, qui n´en est quasiment plus un. On le saura certainement dans son prochain livre, le tome 7.
En tout cas, bravo tati pour cette Fic merveilleusement bien écrite, et respectant J.K.R à la perfection.
Ah, bon, d´où l´intérêt d´être bien informé^^. Enfin bref ça change rien au fait qu´on veuille encore et toujours la suite. ![]()
Par sécurité, il enclencha l’invisibilité et croisa les doigts. Rien de fâcheux ne se passant, Poudlard déjà à bonne distance, Harry révisa sa géographie. En inspectant le tableau de bord, il sourit en constatant qu’il possédait un écran pareil à ceux utilisés dans les avions. Il distinguait nettement sa position par rapport au site survolé. Résolu, il guida la manœuvre vers la capitale.
Par jeu, Harry s’était entraîné à pousser la machine au maximum de ses capacités. Incroyable, elle pouvait atteindre des vitesses affolantes. S’il avait craint une arrivée tardive à Londres, il fut réjoui de constater que la durée du vol n’était que d’une heure.
Il amorça une descente en douceur, toujours invisible, vers des ruelles assez désertes qu’il connaissait aux environs du Chaudron Baveur. Invisible, certes ! Le bruit du moteur était-il couvert également ? Dès les roues au sol Harry lança :
« Stop » Tout s’arrêta. Les jeunes gens descendirent de l’engin, ôtèrent leur robe et recouvrirent le tout d’un sort de désillusion. Le quatuor se dirigea nonchalamment vers l’établissement où Harry avait dû séjourner un moment. Personne ne prêta une attention particulière à l’intrusion de ces jeunes gens vêtus en Moldus ; seul Tom, le propriétaire, cligna de l’œil à leur intention. Ils gagnèrent directement la cour extérieure, repérèrent la brique qui ouvrait le passage sur le chemin de traverse ; le franchirent.
Hermione l’avait pourtant averti, Harry ne s’attendait pas à autant de désolation. Très peu de monde circulait sur les pavés du chemin ; de nombreuses devantures étaient celées de planches, affichant diverses excuses pour expliquer la fermeture de la boutique.
« Souhaitons que l’apothicaire n’ait pas déserté, lui aussi ! soupira Ron, navré de ce qu’il voyait. »
À petits pas, ils s’engagèrent dans la rue étroite, lorgnant les recoins avec appréhension. Le vendeur de chaudron avait placardé « rupture de stock » sur ses volets clos. Qui croirait ça ? Un peu plus loin, le magasin d’accessoires de Quidditch proclamait sur sa façade aveugle : « Vu les conditions météorologiques déplorables, tous les matchs sont remis. »
Ils virent les tristes ruines de la librairie Fleury et Bott avant d’enfin trouver la boutique convoitée. Elle était ouverte ! Ils s’y ruèrent comme des naufragés sur une bouée de sauvetage. L’odeur… Harry ne s’habituerait jamais à ce mélange peu ragoûtant d’œufs pourris et de chou rance.
Depuis une pièce arrière, l’apothicaire jaillit au coup de sonnette de la porte. Il sembla stupéfait de découvrir quatre clients dans son antre.
« Que… vous êtes sûr de ne pas vous être trompés d’adresse ?
- C’est bien ici que nous espérons trouver des ingrédients pour nos potions. Auriez-vous des graines et des feuilles de Datura ? »
La tête que l’apothicaire tirait à leur entrée était sans comparaison avec celle qu’il affichait actuellement :
« C’est interdit ! cria-t-il, offusqué.
- Nous paierons bien, affirma Harry sans se démonter.
- Non ! Je n’enfreins pas les lois, moi ! Et vous feriez bien d’en faire autant. Dehors ! »
Les voilà fins ! Sur les pavés, ils se consultèrent.
« Rentrons, suggéra Neville. C’est trop sinistre et…
- L’allée des embrumes ! dit Ron. Ils ont tout pour la magie noire là-bas. »
Harry pesa le pour et le contre. Ce lieu, il l’avait fréquenté à deux reprises, une fois par pur hasard, l’autre en suivant Drago Malefoy qui préparait son mauvais coup. Il n’aimait pas cet endroit, mais…
« Nous n’avons pas tellement d’options : nous devons y aller. »
Face à l’imposante banque de Gringotts, ils bifurquèrent sur la gauche pour s’engager dans cette impasse malfamée.
Miteux en temps normal, cet endroit correspondait plus à un coupe-gorge qu’à une rue commerçante. Ils longèrent les façades répugnantes de plusieurs officines douteuses puis, presque face à Barjow et Beurck, s’ouvrit un piteux établissement répondant à l’enseigne « Poisons pour tous usages. »
Poussant la porte, Harry ne put s’empêcher de se boucher le nez quand les miasmes environnants agressèrent ses narines. Quelle infection ! Que fabriquait le propriétaire pour dégager un tel remugle pestilentiel. À en juger par les pots et flacons exposés, on négociait de drôles d’affaires, ici. Squelettes d’animaux mutants, sachets boursouflés de gaz, tubes de liquides jaunes, verts ou rouges…
« Que voulez-vous ! grinça la voix mauvaise d’un minuscule boutiquier au teint jaunâtre.
- Je… Nous… Auriez-vous des graines et des feuilles de Datura ? C’est pour une expérience, et… »
Muet, visage fermé, le propriétaire ouvrit un tiroir d’une étagère dans son dos, puis posa deux sachets sur le comptoir.
« Dix gallions le grain, cinq par feuille.
- Trois graines et une feuille, s’il vous plaît. »
Impassible face à la politesse déployée, l’autre s’empara d’une précelle pour extraire les biens demandés qu’il fourra dans un petit sac en papier.
« Autre chose ?
- De l’herbe à puce du Canada… Dans sa version automnale. »
Le rituel se répéta sans commentaire.
« Ce sera tout. Combien vous dois-je ? »
L’apothicaire calcula, dit son prix ; Harry régla la note salée avant de prendre ses achats et de sortir rapidement, talonné par les autres qui s’étaient tus pendant la transaction.
« Nom d’un hibou, il ne nous manque que trois de ces…
- Oui, mon chéri ! Harry, ne serait-il pas temps…
- Tu as raison, filons ! »
Le quartier, déjà lugubre, semblait soudain s’être peuplé d’une faune autant bizarroïde qu’inquiétante.
« Prenez vos baguettes ! », murmura Harry, alarmé par l’agitation environnante.
Formant un carré parfait, prêts à riposter, les amis remontèrent l’Allée des Embrumes vers Gringotts.
Ce fut au tournant, juste devant la boutique abandonnée de Florian Fortarôme, qu’un groupe d’encagoulés les arrêta, menaçant.
« Nos indicateurs ne mentaient pas ! La fine fleur de Poudlard se balade en-dehors des sentiers battus. Le Seigneur des Ténèbres sera heureux si nous lui rapportons ces trophées de chasse.
- Seul Potter l’intéresse ! Débarrassons-nous des autres, et…
- Endoloris ! rugit un individu grossier et hirsute, s’interposant inopinément. »
Le Mangemort s’écroulant, le quatuor réagit à la vitesse de l’éclair, lançant les Spina Longua et Stupefix indispensables à leur fuite. Se penchant en zigzagant afin d’éviter les tirs des adversaires, ils furent cinq à foncer sur les pavés en direction de la sortie. Zut ! Trois adversaires leur bloquaient l’accès.
Cinq contre trois, les Mangemorts se dispersèrent.
Quelle course ! Les consommateurs du Chaudron Baveur ne comprirent rien au tumulte qui, tel un mini ouragan, ravagea les lieux quand ils se précipitèrent au dehors.
« Vite ! supplia Hermione. Ils nous talonnent. »
La ruelle où la moto était rangée se présenta à eux. La jeune fille lança l’incantation d’Apparition, ils récupérèrent leur robe et furent cinq à enfourcher la moto trafiquée.
« Marche et décolle à fond ! hurla Harry hors de lui. »
L’engin réagit au quart de tour, il décolla en flèche alors que des tirs imprécis l’accompagnaient dans son ascension. Quelques minutes s’écoulèrent dans un silence profond. Tous étaient ébranlés après cette attaque surprise.
Dans la précipitation, ils avaient pris place n’importe comment sur la selle à rallonge. Ron occupait l’arrière, Neville agrippait la taille de Hermione qui, elle, s’accrochait à l’inconnu. Elle s’affola soudain : le sorcier s’affaissait. Elle l’enserra plus fortement. Pourquoi sa main était-elle si poisseuse ?
« Il perd du sang ! cria-t-elle. Accélère !
- Je vais aussi vite que je peux, s’énerva Harry, à moins que… »
Ce bouton… Il ne l’avait pas testé. Se pourrait-il que… ? Il l’enclencha.
WWWAAAAOUuuuh ! Comme turbo, on aurait pu joindre une notice. À peine partis, ils étaient arrivés.
Atterrissant assez brutalement, ils s’empressèrent de sauter de leur monture. Ron et Neville rangèrent la moto dans l’appentis pendant que Harry et Hermione soutenaient le blessé évanoui vers le château.
« Qui est-ce ? demanda Mrs Pomfresh en s’affairant autour de ce cas inopiné.
- Il nous a secouru, c’est tout ce qui compte, répondit Hermione. Est-ce grave ?
- Une vilaine entaille au côté, il survivra. »
L’infirmière avait dénudé le torse de la victime, et appliquait une pommade cicatrisante, quand elle sauta en arrière.
« Qu’est-ce qui se passe avec ce bonhomme ? Ce n’est pas normal, ça ! »
Effarés, Harry et Hermione contemplèrent le sorcier grossier qui s’agitait bizarrement sur ses draps immaculés. Des spasmes parcouraient ce corps rustre dont les contours se liquéfiaient progressivement. Bientôt tout doute fut exclu, Harry identifia l’individu. Hermione chercha à le contenir, déjà il lui sautait à la gorge :
« Assassin, traître ! Tu vas payer tes méfaits.
- Laisse-le, s’il te plaît ! Il nous a aidés.
- Je m’en moque, ce n’est qu’un… »
Plusieurs paires de mains s’abattirent sur lui, le forçant à lâcher prise.
Hagard, respirant fortement pour dominer sa rage, Harry contempla le blessé qui reprenait conscience :
« Tue-moi si tu veux, Potter. Tout m’est égal aujourd’hui.
- Pourquoi ? cracha Harry que maintenaient en arrière Mrs McGonagall et l’infirmière. Tu es trop heureux de ce que tu as provoqué ? Il est mort par ta faute ! Jamais je ne te le pardonnerai.
- Cesse, Harry ! pleura Hermione. Il a changé, ne le vois-tu pas ? »
Aveuglé de rancune mêlée de haine, Harry ne distinguait rien. Rien d’autre qu’un jeune homme de son âge au teint blanc et aux cheveux pâles, un être honni entre tous : Drago Malefoy.
Wahou, vive les retournements de situation.
C´bizarre aussi, qui d´autre aurait pu utiliser l´Endoloris qu´un ex-Mangemort?
Bref, la suite. ![]()
Wahou!!!!!!! J´était persuadée que c´était rogue et pas malefoy!!!!!! Tu écris toujours aussi bien!!!!! Vivement la suite (on se répéte un peu non?) Ciao!
Ca y est, j´ai tout lu. Toujours aussi bien, rien à ajouter, j´attends la suite.
tous
Chapitre 17 : l’épopée de Drago
Depuis l’attaque de Poudlard avec l’agression de Bill Weasley par l’infâme Greyback, l’infirmerie avait rarement – ouf – été aussi bondée.
Tous les professeurs étaient présents ainsi que les élèves les plus incriminés dans cette sombre histoire.
« Mr Malefoy, dit froidement la directrice. Nous vous sommes redevables d’avoir contribué à la sauvegarde de certaines personnes de cette école. Néanmoins, vos agissements antérieurs nous obligent à demander au ministère…
- Enfermez-moi à Azkaban, si vous le voulez. J’y retrouverai peut-être mon père. Maintenant qu’ils m’ont pris ma mère…
- Dites-nous ce qui s’est passé, si vous le désirez, pria Mrs McGonagall d’un ton compatissant en lui tendant un verre d’eau qu’il avala d’un trait.
- Je… Je ne savais pas ! »
Voir pleurer Malefoy n’était pas une première pour Harry. Il l’avait expérimenté dans les toilettes de Mimi Geignarde avant ce désastreux « Sectumsempra ». Ici, c’était différent. Drago ne pleurait pas de dépit, il exprimait un repentir aussi inattendu que sincère.
Lentement, il commença son récit :
« J’ai toujours cru aux valeurs enseignées par mon père : seuls les Sang-Purs devaient régner. Les Sang-Mêlés et les Sang-de… les autres étaient condamnés à disparaître ou à devenir nos esclaves. J’ai été élevé avec ces principes, j’étais fier de mes origines. Quand mon père a été arrêté et emmené à Azkaban, j’ai voulu le venger. J’aurais fait n’importe quoi et…
- C’est ce que tu as fait, imbécile ! cria Harry. Tu as… »
Le « Petrificus Totalus » expédié par une Hermione fâchée, le cloua sur place, le forçant à l’immobilité complète. Drago put poursuivre sans interruption :
« Je connaissais plusieurs amis de mon père, je leur ai fait part de mes intentions ; ils ont arrangé une rencontre avec le Seigneur des Ténèbres. »
Manoir des Jedusor plus d’un an auparavant.
La haute silhouette enrobée de noir tourna sa face plate et hideuse vers le jeune homme agenouillé à ses pieds.
« Qu’avons-nous là ? Une nouvelle recrue, à ce qu’il paraît ?
- Oui, je…
- Silence ! Tu parleras si je t’en donne l’occasion. Tu pourrais, effectivement m’être utile. En auras-tu le cran ? J’en doute, je te vois si tremblant. Alors, écoute : je connais bien Poudlard pour y avoir étudié. Il existe une salle spéciale, la salle sur demande. Par mes espions, je sais qu’on y a relégué une armoire particulière : l’armoire à disparaître. En as-tu entendu parler ? »
Drago Malefoy secoua affirmativement la tête.
« Je t’autorise à répondre, siffla Voldemort avec un petit sourire satisfait.
- Elle… elle a été cassée, maître. Peeves l’a fait tomber. Pourtant, je suis certain qu’elle communique avec celle de chez Barjow et Beurk. Montague a été enfermé dedans par les stupides jumeaux Weasley, et il m’a raconté qu’il entendait ce qui se passait à Poudlard. »
Lord Voldemort se caressa pensivement le menton, semblant jauger les propos tenus. Après un moment de profond silence, sans un regard au pâle garçon qui baisait presque ses pieds, il éclata d’un rire machiavélique :
« J’avoue que c’est très intéressant ! Donc, puisque tu insistes pour rendre… service, voici ta mission : répare l’armoire afin que plusieurs fidèles puissent s’introduire dans l’école. Mais, le plus important, tu tueras Dumbledore !
- Je… quoi ? s’effara Drago dépassé par la gravité de la requête.
- Prouve ta valeur en éliminant ce vieux fou qui voue un culte aux Sangs impurs. Tu le feras ou… TOUTE TA FAMILLE MOURRA ! Est-ce clair ? »
Déboussolé, le jeune homme tenta de se récuser en joignant les mains dans une supplique muette ; un « Endoloris » le gratifia de sa visite au Seigneur des Ténèbres.
« Je te marque ainsi qu’un des miens, ne me déçois pas… ou il t’en cuira ! »
Malefoy hurla de douleur en se tenant l’avant bras sur lequel l’affreuse signature des Mangemorts apparut.
Retour au récit direct de Drago Malefoy
« Je n’avais plus le choix. J’étais terrorisé à l’idée d’échouer. Quoi que je tente, l’armoire résistait. J’ai usé de divers moyens, très piètres, pour arriver à tuer Dumbledore : le collier qu’a reçu Kattie Bell et l’hydromel empoisonné. Peut-être souhaitais-je que Dumbledore comprenne et m’arrête ? J’étais comme en transe. Et cet idiot de Rogue qui tentait de me faire avouer ma mission ! Il voulait toute la gloire et défendre sa peau, ce salaud. Le serment échangé avec ma mère l’obligeait à me protéger, rien de plus. Quand j’ai coincé Dumbledore au sommet de la tour, j’ai compris très vite que je ne saurais pas le tuer, même s’il était désarmé.
J’ai crâné en attendant les autres, espérant que l’un d’eux fasse le sale boulot… à ma place. D’un autre côté, je devais le faire, sinon… Ma mère… »
À nouveau Drago fondit en larmes. Mrs Pomfresh lui glissa un mouchoir, et se tamponna les yeux du sien.
« Rogue est apparu et l’a fait ; j’étais choqué, incapable de réagir. Il m’a guidé dehors. Je ne sais même pas comment nous avons atterri chez Sirius Black. Rogue m’a donné une potion en m’installant au grenier ; j’ai dormi longtemps.
Quand je me suis éveillé, ma mère était près de moi.
12 Square Grimmaurd début juillet
« Pleure, mon fils ! dit Narcissa en entourant les épaules de Drago. Severus m’a raconté. Nous sommes des parias à présent. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Je n’ai que peu d’or, nous devrons retourner au manoir nous approvisionner. Severus…
- Ce traître ! Il m’a privé de ma gloire.
- Il t’a évité de devenir un assassin, tu lui dois le respect et…
- Jamais ! J’avais raison de me méfier de lui. Je suppose qu’il est devenu le chouchou du maître ?
- Pas exactement, non. Il a pour mission de nous ramener à… Tu-Sais-Qui, tu te doutes pourquoi.
- Il veut… nous tuer ? s’étrangla le garçon. Je sais que j’ai fauté, mais…
- Le Seigneur des Ténèbres est comme ça, mon chéri ; il ne pardonnera pas. Severus m’a confié une grande quantité de Polynectar et une cape d’invisibilité. Nous passerons au travers de mailles du filet que l’on nous tend.
- Pourquoi n’obéit-il pas au maître en nous livrant ?
- Parce que… quelque part, il a du cœur, j’en suis sûre. Il ne veut pas que tu meures. Il brouillera les pistes, il me l’a promis.
- Il mange à tous les râteliers, pouah ! cracha Drago, écoeuré. Tu es certaine que c’est du Polynectar qu’il t’a donné, pas du poison ?
- Il en a bu devant moi ! Prépare-toi, nous devons partir. Harry Potter et sa clique vont investir cette maison d’ici la fin du mois.
- C’est toi qui aurais dû en hériter, ou tante Bella ! Nous sommes chez nous, plus que lui n’y sera jamais. »
Discours direct de Drago
« Nous avons pris un logement dans un minable village, pas trop éloigné de notre domaine familial. Puis, l’or a manqué, nous sommes rentrés au manoir. »
Là, d’un œil mauvais, Drago fixa Harry, toujours muet :
« On a failli s’y rencontrer. Vous sortiez comme nous venions d’entrer. »
Harry se souvint de la sensation bizarre qu’il avait eue avant de refermer la porte. C’était donc ça !
« Revêtus de la cape d’invisibilité, tu ne nous as pas vu, Potter. J’étais furieux ; ma mère s’est interposée sinon je t’aurais flanqué une raclée pour avoir souillé notre seuil, sans y être invité. Nous avons pris de l’or et du linge, puis nous nous sommes éloignés. Des semaines durant, nous avons ingurgité cette mixture abjecte pendant nos déplacements. Rogue, apparemment, tenait sa promesse, nous n’étions pas inquiétés. Puis…
Banlieue londonienne une semaine plus tôt
Deux consommateurs, sagement attablés, sirotaient l’un un thé, l’autre une bièraubeurre.
« Maman, souffla le sorcier rustaud devant sa mousse, ce n’est pas viril du boire du thé dans un pub !
- J’en avais trop envie, mon chéri. Tu as raison, je vais passer une autre commande. »
Le sorcier au thé se leva et rejoignit le bar où il parlementa avec le serveur. Durant ce temps, l’autre jeta un œil vague vers la fenêtre donnant sur la rue. Il se raidit soudain, les yeux lui sortant presque de la tête. Non ! Une coïncidence pareille ne pouvait exister ! C’était comme s’il se voyait… en double ! Les deux sorciers qui déambulaient dans la rue étaient la copie conforme de ceux ce trouvant dans le pub. Le pire : ils s’y dirigeaient ! Paniqué, l’homme chercha à attirer l’attention de son compagnon discutant au bar. Trop tard, les autres entraient. Les consommateurs dévisagèrent naturellement les nouveaux venus. Des interrogations hilares fusèrent :
« C’est marrant, c’est une réunion de jumeaux ou quoi ?
- Ils ont la même tronche que ces deux-là ! »
Le sorcier au bar se retourna brutalement, fixant son double avec effroi.
« Eh, l’apostropha-t-il, comment ça se fait que…
- Il y en a ici qui ne sont pas ce qu’ils semblent être ! cria quelqu’un. »
On aurait jeté une bombe dans le pub qu’il n’y aurait pas eu plus de chambard. D’un coup, des chaises se reculèrent, tous les occupants pointèrent leur baguette sur les quatre sorciers suspects qui, eux aussi, sortirent leur arme. Tout se figea, la tension était à son comble.
« Ce sont eux qui nous copient ! rugit l’un des arrivants.
- Non ! C’est vous ! riposta Drago le plus fermement qu’il put.
- On se calme ! intervint un petit sorcier à l’air digne. S’il s’agit de Polynectar, nous n’avons qu’à patienter. Les effets se dissipent d’eux-mêmes au bout d’un moment. »
Discours direct de Drago Malefoy
« Nous restions là, à nous observer comme des gargouilles pétrifiées. Rogue sait préparer le Polynectar mieux que quiconque, je dois le reconnaître. Contrairement à ce crétin de Barty Croupton, il ne nous fallait en avaler que deux fois dans la journée. Nous avions croisés ces deux sorciers des semaines plus tôt ; ils disaient partir pour l’étranger ; nous nous croyions à l’abri de cette rencontre inopinée après avoir nettoyé à fond leur brosse à cheveux. »
Retour au pub
Les secondes devinrent de longues minutes. Nul ne bougeait, on aurait entendu une Doxy voler. Puis, au bout d’une heure, le patron du pub en eut assez :
« Ce n’est pas du Polynectar ; les effets ne durent jamais aussi longtemps sans devoir en reprendre. Allez ! Tournée générale pour détendre l’atmosphère. Vous devez être des jumeaux qui s’ignorent. »
Nombre de baguettes se rangèrent, des sourires fleurirent. Narcissa ne se décollait pas du bar. Elle fixa Drago intensément, ses yeux reflétant une tristesse infinie. Un spasme fit frissonner tout son corps en mutation. Elle exécuta un geste de sa baguette vers son fils en émoi.
« Pars mon fils ! Je t’aime ! »
Un éclair jaillit de son arme, frappant le sorcier près de sa mousse retombée. Il disparut instantanément.
Discours direct de Drago Malefoy
« Elle m’a expédié dans notre chambre. J’ai rassemblé des affaires, repris du Polynectar contenant des cheveux d’une autre personne, et je suis retourné au pub.
J’y suis entré comme un voyageur normal, m’étonnant de l’agitation des lieux. Il m’a suffit d’ouvrir les oreilles pour apprendre ce qu’ils avaient fait de ma mère. Il y avait un Mangemort dans la salle, manifestement. Il a imposé sa loi à tous et l’a Stupéfixée avant de l’emmener. Elle doit être aux mains de Voldemort ou… morte. J’étais perdu et furieux. Complètement seul, je ne savais que faire. Je suis rentré à Londres où j’ai loué une chambre au Chaudron Baveur. J’étais au bar quand j’ai vu passer Potter et sa bande. Je les ai suivi… et voilà ! »
Accablé, Drago fixait ses draps sans bouger. Un profond silence régnait dans l’infirmerie où tous contemplaient ce grand jeune homme anéanti de chagrin. Mrs McGonagall toussa pour chasser l’émotion qui enrouait sa voix :
« Mr Malefoy… Drago ! Croyez que nous compatissons à votre détresse. Nous allons devoir prendre des mesures particulières vous concernant. En attendant, vous êtes consigné à demeurer à l’infirmerie où vous recevrez les soins nécessaires à votre rétablissement. Pour le reste… je ne puis… Rien vous promettre. »
Profondément pensive, Mrs McGonagall se retira, entraînant avec elle tout le staff des professeurs âgés. Restèrent les quatre élèves qui avaient ramené un bien étrange colis. Hermione regarda Harry, toujours pétrifié, bien droit dans les yeux :
« Je lève le sort si tu me promets de ne pas t’énerver contre Drago ! D’accord ? Cligne deux fois les paupières si tu promets d’être… sage. »
Harry obéit, la jeune fille utilisa sa baguette ; il recouvra enfin l’usage de ses membres et de sa voix :
« Vous le croyez ? Vous croyez qu’il est repenti ?
- Harry, tais-toi, sortons. Laissons-le se reposer. Bonne nuit, Drago. »
Ron et Hermione l’encadrant fermement, Harry ne put que suivre le mouvement. Il fulminait, il avait envie de hurler qu’ils se trompaient, que Drago n’était qu’un immonde traître revenu soi-disant à de meilleurs sentiments afin de mieux détourner leur attention et les piéger.
Arrivés dans la salle commune des Gryffondor, il fallut expliquer plus ou moins aux autres, ce qui leur était arrivé.
« Vous étiez à Londres ?
- Pourquoi faire ?
- On vous a attaqué ?
- Vous avez ramené Drago sans le savoir ? »
Boudeur, Harry refusa de se mêler la conversation. Ce ne fut que lorsque Ginny souleva la question cruciale :
« Et vous pensez qu’il dit vrai ?
- Oui, répondit Hermione.
- Qu’en sais-tu, bondit le garçon, avec fougue. Il a toujours été le roi des menteurs !
- Tu as raison. Seulement… J’ai vu, de mes yeux, Mrs McGonagall glisser du Véritaserum dans l’eau qu’il a bue avant ses révélations. »
Tournant et se retournant dans son lit à baldaquin, Harry Potter n’arrivait pas à trouver le sommeil. C’était trop fort ! Hermione avait beau être certaine de son fait ; lui, il restait persuadé que Drago dissimulait un plan sournois. Après tout, Slughorn leur avait appris la potion pour résister au Véritasérum, pourquoi Drago n’en serait-il pas imbibé. Une belle fable créée de toute pièce afin d’endormir la méfiance des résidants de Poudlard, et leur porter un coup fatal dans le dos. Qui sait, Narcissa était peut-être bien aux mains de Voldemort. En échange de sa vie, Malefoy avait une nouvelle mission à remplir !
Échafaudant mille théories, Harry finit pas arrêter de se torturer l’esprit. Il souhaita ardemment que l’on éjecte rapidement ce loup qu’il avait fait entrer dans la bergerie. Si ce n’était pas le cas, Drago serait encore plus surveillé que l’année précédente, se jura-t-il.
Hummm...bien, bien, même si je n´aime pas trop ces flashbacks à répétition, question de goût personnel je suppose.
Bref, la suite! Original d´avoir fait un Drago repenti...s´il l´est vraiment. ![]()
la suiteee !m ais le suspens est insoutenable, (si j´étais un admin j´interdirais la publication des fics avant quelle ne soient écrites! lol)
Chapitre 18 : Erreurs et réussites.
Les craintes de Harry se révélèrent exactes. Dès le lendemain, au petit déjeuner, les élèves reçurent un splendide discours de la part de la directrice qui leur signala le retour de Drago dans la communauté. Les Serpentard hurlèrent d’une joie délirante ; Poufsouffle et Serdaigle huèrent copieusement ; seuls les Gryffondor restèrent neutres. Lorsque le brouhaha déclenché se calma, Mrs McGonagall tissa du jeune homme blessé un portrait tellement poignant que beaucoup furent attendris.
« Mr Malefoy étant mineur au moment des faits qui lui sont reprochés, nous ne mêlerons pas la justice à cette histoire. Je vous demanderai d’accueillir votre condisciple avec courtoisie sans provocation ni rappels antérieurs, dès que celui-ci sera remis de la blessure reçue en secourant quatre écervelés de Gryffondor. J’aurais aimé leur retirer 20 points par tête, hélas un professeur était présent… »
Harry plongea le nez dans son assiette afin d’éviter le regard ironique que lui expédia la directrice. Après un coup pareil, son autorité en classe allait encore souffrir. Il entendit vaguement le reste de la tirade, y pêchant des mots au vol : sécurité, danger, mère, etc. Il s’en moquait, il avait des choses plus importantes à effectuer, et elles commenceraient immédiatement à la fin des cours.
En catimini dans les toilettes désaffectées habituelles, le rituel de préparation de l’antidote commença. Docte, Hermione précisa :
« Nous n’avons pas besoin des ingrédients bizarres pour débuter. J’ai lu et revu toutes les étapes. Il va falloir se montrer prudent.
Nous allons procéder comme lors de l’élaboration le Polynectar. Vous n’avez pas oublié d’apporter vos gants et vos lunettes de protection ?
Alors… Pilez les baies de houx dans la buxine jusqu’à obtention d’une pâte… »
Ils s’appliquèrent. Ron maniait souplement le pilon du mortier, Harry versait les gouttes du suc de buis, Hermione surveillait les manœuvres, attentive aux erreurs de l’un ou l’autre des garçons.
« Dix-huit gouttes ! Stop, Harry. Ron, mélange plus vite. Dès que tu vois un soupçon de vapeur, tu arrêtes et tu ne respires pas, s’il te plaît. »
Concentrés, tous se penchèrent sur la mixture. Ron devenait écarlate sous l’effort.
« Veux-tu que je te remplace ?
- Tu ne peux pas, Harry. Il fait marqué, d’un mouvement continu !
- Est-ce qu’il est noté que ça doit se faire manuellement ? »
Hermione ouvrit de grands yeux :
« Euh… ! Rien n’interdit l’usage de la magie, je crois.
- Et c’est maintenant que tu les dis alors que ça fait un quart d’heure que je sue là-dessus ? »
S’excusant en riant, la jeune fille lança « Tournarus » au pilon qui poursuivit seul son mixage à grande vitesse. Bientôt, un fin filet de vapeur jaunâtre s’éleva ; Hermione ordonna à l’objet de stopper tout mouvement.
« Allons-y pour le jus d’aconit. Redresse tes lunettes de protection Ron ! »
Avec minutie, Harry dosa les gouttes de suc mortel. Il arrivait à la dernière quand un ricanement sonore retentit :
« Eh ! Encore vous ? Vous les aimez, mes toilettes ! »
Distrait par cette intervention, Harry fit couler plusieurs gouttes excédentaires. Le résultat désastreux ne se fit pas attendre, le mélange entra dans un bouillonnement alarmant.
« Mimi, ce n’était vraiment pas le moment ! La potion…
- Evanesco ! cria Hermione en pointant le bol d’où s’échappaient quantité de vapeurs nocives. Sortons, vite ; ne respirez pas ! »
Se bousculant les uns les autres, le nez pincé, ils se ruèrent sur la porte que referma vivement Ron.
« Ça va ? Personne n’a inhalé ce truc ? », s’inquiéta la jeune fille.
Les garçons, chamboulés, secouèrent la tête, cherchant leur souffle.
« C’est ça ! gémit Mimi derrière la porte. Abandonnez-moi avec vos saletés. Qu’est-ce que ça peut vous faire si Mimi meurt empoisonnée, hein ?
- Tu es déjà morte ! ne put s’empêcher de répliquer Ron à travers le panneau clos.
- Inutile de discuter avec elle ! Allons-nous en. La potion est ratée ; il faudra la recommencer à zéro. »
Voûté sous le poids de l’échec, le trio s’éloigna, laissant le fantôme exprimer aux murs délabrés de son antre sa rancœur vis-à-vis des vivants.
La fin de la semaine s’écoula sans qu’ils puissent récidiver leurs exploits. C’est très nerveux que Harry affronta sa salle de cours car, par un pur hasard, Drago Malefoy venait de sortir de l’infirmerie et rejoignait les rangs des élèves.
Tous les Serpentard fêtaient leur chef de file retrouvé, Théodore Nott lui expédiait des grandes bourrades dans le dos tandis que Crabbe et Goyle lui baisaient presque les pieds.
L’entrée de Harry n’arrêta pas ces bruyantes manifestations d’enthousiasme, au contraire.
« Un peu de silence, s’il vous plaît ! réclama le jeune professeur, mal à l’aise.
- Tu rigoles, Potter ! s’esclaffa Nott. On va boycotter ton cours à la noix et…
- Non ! le coupa Drago, glacial.
- Quoi, non ? s’étonna Théodore.
- Je vous signifie que nous ne boycotterons pas ce cours ! J’avertis ceux de ma Maison que s’ils s’en prennent à Monsieur Potter, ils auront affaire à moi.
- C’est la meilleure de l’année, rugit Crabbe en se tenant les côtes.
- Ferme-la, Crabbe ! Je suis TRÈS sérieux. »
Le ton et la détermination qui se reflétait sur le visage de Malefoy en impressionnèrent plus d’un. Les Serpentard, interloqués, s’entreregardèrent avec ahurissement.
Harry se vit contraint de dire les deux mots qu’il ne pensait jamais avoir à prononcer :
« Merci… Drago ! »
Le cours put débuter dans l’attention requise.
Ils n’avaient révisés que des sortilèges antérieurs. Harry était profondément troublé par la récente attitude de son ennemi de toujours. Devait-il croire en sa rédemption ou…
Dire que le lendemain se disputerait le premier match de la saison de Quidditch.
Le cœur n’y était plus. L’exaltation ressentie lors de sa toute première apparition sur le terrain était bien loin. Que Gryffondor ou Serpentard gagne ? Quelle importance, finalement ? Une question d’orgueil, rien de plus ! Bien évidemment, il ferait tout ce qu’il pourrait, mais dans le fond, il s’en moquait éperdument. Inscrire son nom au tableau d’honneur ? Dérision ! Sauver sa peau et celle de ceux qu’il aimait était mille… dix mille… un million de fois plus… essentiel.
Son humeur déteignit sur le dernier entraînement qui foira lamentablement. Ron protégeait ses buts avec brio mais les passes effectuées entre les poursuiveurs étaient en dessous de tout. Les fautes et erreurs passèrent dans l’indifférence totale du capitaine des Gryffondor qui voletait gentiment en rond, sans intervenir.
Dean Thomas fonça sur lui :
« Tu dors ? Hé ! Demelza vient de rater un tir élémentaire et tu t’en fiches ? Si nous jouons comme ça demain, nous serons la risée du collège ! »
Le sourire ambigu que lui lança Harry désarçonna le jeune homme. Potter n’était décidément plus le même ; Malefoy non plus. On y perdait ses repères.
L’équipe, démoralisée, rentra se changer avant le dîner.
La matinée de ce samedi fut houleuse. Les esprits survoltés ne songeaient qu’au match de l’après-midi. Banderoles, rosettes publicitaires, chapeaux vantards, s’affichaient partout ; les bannières rouge et or rivalisant avec une marée de vert et argent. Les sarcasmes traditionnels s’échangeaient au croisement des individus des deux Maisons. L’ambiance s’échauffait.
Le déjeuné expédié, les spectateurs se ruèrent vers les tribunes ; les joueurs, eux, se rendirent aux vestiaires.
Serein, Harry revêtit nonchalamment sa tenue de sport.
« Comment fais-tu pour être aussi calme ! lui souffla Ron dont le balai tremblait dans ses mains nerveuses.
- Si je te le disais, tu ne me croirais pas. », dit Harry avec un petit haussement des épaules.
Il avançait vers la porte donnant sur le terrain quand Ginny le retint par le bras :
« Capitaine ! Ne devriez-vous pas stimuler le moral des troupes ?
- Ah, euh, oui ! Eh bien, faites au mieux, et nous gagnerons. »
Cette simple tirade, dans un moment aussi crucial, amena des échanges de regards lourds d’appréhension pour la future rencontre.
Leur entrée dans l’arène déclencha le délire des supporters massés sur les estrades. Au coup de sifflet de Madame Bibine, les 15 balais décollèrent.
Dennis Crivey s’amplifia la voix pour commenter le match :
« Et Ginny Weasley s’empare du Souafle. Voyez avec quelle habilité elle se faufile entre Pucey et Vaisey ! Une vraie anguille, notre Ginny. Oups ! Crabbe vient de lui expédier un cognard. Heureusement Sloper veillait. Elle est devant les buts… Elle tiiiire. Raté, zut ! Enfin, je veux dire très bel arrêt de Bletchley Miles. »
Harry avait pris de l’altitude et surveillait machinalement les abords en souhaitant voir l’éclat du Vif d’or. Ses amis seraient sans doute déçus s’il l’attrapait avant qu’ils aient marqués quelques points, tant pis.
« Warrigton marque ! cria Denis dans la voix duquel perçait un profond désarroi. »
Ron n’avait rien pu faire contre un tir aussi puissant que tordu. Maintenant, il zigzaguait entre les anneaux dorés, les défendant au mieux. Avec horreur, il vit le trio des poursuiveurs revenir sur lui à vive allure. Peakes et Sloper battirent ensemble le cognard avec force en direction des attaquants qui en furent désarçonnés ; hélas pas suffisamment. Ron encaissa un second but.
« Weasley est un grand maladroit ; il rate son coup à chaque fois ! » entonnèrent les tribunes colorées en vert.
Lamentablement, les Gryffondor se faisaient écraser par des Serpentard survoltés.
Sur son petit nuage, perdu dans ses pensées, Harry ne réagissait pas au désastre de son équipe. Il fut tout surpris de trouver Dean et Ginny devant lui :
« Qu’est-ce que tu attends pour réclamer un arrêt de jeu ? l’apostropha la jeune fille, furieuse.
- Tu es capitaine ou tu fais la sieste ? » rouspéta le garçon.
Rappelé à l’ordre, Harry consentit à assumer son rôle. D’un geste, il signifia à Madame Bibine de stopper le match.
Sous les huées et les quolibets, l’équipe des Gryffondor s’isola pour une courte mise au point.
« On est mené par soixante-dix à vingt ! s’énerva Ginny.
- Je fais ce que je peux, mais…
- Ron, tu es trop nerveux, dit Harry, placide. Tous vous faites n’importe quoi ! C’est un jeu ; rien de plus ! Quand nous nous entraînons ou que nous jouons chez nous entre amis, nous nous amusons, non ? Alors, j’aimerais que vous cessiez de vous braquer sur un autre objectif que celui-ci : le jeu ! Ne cherchez pas la victoire à tout prix, elle viendra d’elle-même si vous prenez plaisir à ce que vous faites. Oubliez la coupe, les honneurs et tout ça ; ne pensez qu’à votre joie de jouer. »
Ce petit discours sidéra ses équipiers. Il y eu des froncements de sourcils, des haussements d’épaules puis, radieuse, Ginny s’exclama :
« Je crois que j’ai pigé ! Oui, jouons pour le plaisir de jouer pas pour celui de briller ! »
Ses yeux enflammés rencontrèrent ceux de Harry. Une bouffée de tendresse infinie envahit le garçon qui, brutalement se détourna pour ordonner froidement :
« On reprend la partie. Ne vous trompez pas d’objectif. »
Les Serpentard éprouvèrent très vite leur douleur. Qu’avait donc dit Potter pour que, soudainement, son équipe se comporte… comme des gosses ? Le Souafle s’échangeait si rapidement entre des partenaires hilares, que les batteurs adverses n’arrivaient pas à les coincer. De mémoire de Quidditch, jamais match ne connut un tel revirement en un temps record. Mieux que de combler l’écart, Gryffondor s’offrit le luxe de marquer une incroyable série de tirs effectués par une Ginny survoltée. Le pauvre Dennis Crivey en pleurait d’émotion, inondant ses commentaires de longs éloges envers cette joueuse exceptionnelle de virtuosité.
Harry, heureux de constater les fruits de sa harangue, perçut brièvement l’éclat tant attendu. Harper n’avait rien remarqué, il volait en rond à une cinquantaine de mètres de lui. En douce, Harry s’approcha, lorgnant les mouvements du Vif d’or et ceux de l’autre attrapeur. D’un coup, Harry plongea dans un piqué vertigineux. Main tendue, il n’était qu’à deux petits centimètres de l’objet de son désir quand une douleur atroce lui déchira le crâne. Tout bascula.
Une clameur alarmiste monta des tribunes qui assistaient à une scène hallucinante.
« Est-ce une nouvelle feinte inventée par Harry Potter ? Le voici tête en bas qui fonce droit vers les buts de Serpentard. » s’enfla la voix de Dennis.
Chasser toute émotion, repousser la force… Harry se libéra et redressa la situation juste comme il allait percuter le pauvre Bletchley désemparé face au boulet de canon qui fondait sur lui.
Il avait perdu de vue le Vif d’or mais il était intact. Lord Voldemort venait encore de se trahir : il était fâché. Sans chercher à savoir pourquoi, Harry se remit en quête de cette petite balle aux ailes d’argent.
Elle était là, presque sous son nez, le narguant de ses battements vifs et subtils. Un sursaut d’orgueil le galvanisa, il se lança à sa poursuite. Harper ne le loupa pas. D’un piqué téméraire, il se positionna à sa hauteur.
« Quel coude à coude ! s’exalta le commentateur. Oh, c’est de la triche ! Harper a frappé Potter. Madame Bibine, vous ne sifflez pas ? »
L’arbitre ne pouvait regarder partout. Elle venait d’accorder un Penalty à Gryffondor, et Ginny était désignée pour le tenter.
Depuis le centre du terrain, la jeune fille se rua en avant, Souafle à la main, tandis que Harry plongeait sur le Vif d’or. Le nez en sang par la traîtrise de Harper ne le gêna pas, ses doigts tendus serrèrent bientôt la balle récalcitrante à l’instant même où son aimée envoyait le Souafle dans un anneau ennemi.
L’ovation énorme qui déferla des tribunes salua dignement ce double exploit. Agitant victorieusement le poing qui retenait le Vif d’or, Harry redescendit doucement vers le sol.
C’est alors qu’il la vit.
Que faisait-elle là ? Pourquoi courrait-elle ainsi ?
Mrs Rosmerta, en proie à une grande effervescence, élevait ses bras au-dessus de sa tête avec une expression des plus affolées :
« À l’aide, au secours ! Venez m’aider ! », vociférait l’aubergiste que suivait péniblement Rusard.
D’un changement de direction, Harry se posa devant elle :
« Qu’avez-vous ? On vous attaque ?
- Ils ont débarqué pile devant chez moi ! Je ne sais pas quoi faire.
- Des Mangemorts ? Encore, mais…
- Non, Pas du tout ! C’est… »
L’effervescence de la victoire fut balayée par un vent d’inquiétude issu de cette intervention inattendue. Que de précipitation et de désordre !
Perdue au milieu de la foule des élèves accourus aux nouvelles, Madame Rosmerta déballa son histoire. Vite, Mrs McGonagall donna ses directives et un petit comité se détacha pour se rendre à Pré-au-Lard.
En tête se hâtaient l’infirmière, la directrice et Madame Rosmerta ; Harry – par prérogative professorale -, Tonks et Slughorn fermaient la marche.
L’occasion, quoique déplacée, était trop belle pour la négliger. Harry retint Tonks en arrière, se laissant distancer par Slughorn.
« Nous n’avons pas beaucoup l’occasion de parler à l’école. J’aurais voulu des nouvelles de Lupin. Remus va bien ? »
La jeune femme tressaillit vivement, ce qui renforça les soupçons de Harry.
« Ne mentez pas, Tonks, Je sens qu’il y a quelque chose qui vous tracasse depuis un moment.
- Tu as raison, mais je n’ai pas le droit d’en parler.
- Avec Ron et Hermione, nous appartenons aussi à l’Ordre-du-Phénix, donc…
- Tu sais aussi bien que moi que votre adhésion était bidon ! C’était juste pour vous faire avouer vos manigances. Remus était furieux que l’on vous traite ainsi, mais… sa voix n’a pas eu beaucoup de poids.
- Il y a un traître dans nos rangs, le savent-ils ?
- Tu te trompes, Harry.
- J’en suis sûr ! Ce soir-là, on a versé du Véritasérum dans nos tasses.
- Je sais ! C’est Molly qui s’en est chargée. Elle est terrorisée par ce que vous entreprenez tous les trois, à l’insu de tous. Elle voulait absolument savoir ce que vous trafiquiez. »
Harry encaissa ces révélations en fronçant les sourcils. C’était plausible, somme toute. Il réattaqua :
« Et Remus ? Où est-il ? Va-t-il bien ?
- Je suis désolée, je ne peux pas te répondre, s’étrangla Tonks avec des larmes dans la voix. Je dirai simplement que je l’espère de tout cœur. Je suis sans nouvelles depuis des semaines. »
Cogitant sombrement sur ses piètres informations, Harry accéléra l’allure pour rattraper les autres.
Ils arrivèrent enfin au village, se dirigeant vers les Trois Balais.
Essoufflés, ils gravirent l’escalier menant aux chambres de l’établissement.
« Je les ai mis là en attendant ! » expliqua l’aubergiste en leur ouvrant la porte.
La petite pièce sembla rétrécir avec l’invasion des six personnes qui contemplèrent les lits où reposaient trois corps.
« Par la barbe de Merlin, qu’ont-ils fait de vous, Sibylle. » s’exclama Mrs McGonagall en se jetant sur l’infortunée professeur de divination.
Mrs Pomfresh s’approcha, et ouvrit rapidement la trousse qu’elle portait.
« Mais qu’est-ce qu’ils lui ont infligé, ces barbares ! », s’épouvanta l’infirmière en constatant l’état déplorable de la victime inconsciente.
Pendant que les deux femmes portaient secours à Mrs Trelawney, Harry s’intéressa aux deux créatures inertes qui respiraient faiblement sur les couches voisines.
D’une main tremblante, Harry caressa le crâne chauve de Dobby, la seule partie de ce corps absente d’ecchymoses.
À ce contact, l’elfe ouvrit ses yeux énormes qu’il posa, éperdu de gratitude, sur le responsable de la fin de son esclavage :
« Harry Potter est un grand monsieur ! Deux fois il a libéré Dobby. Dobby n’oubliera jamais. »
Cet effort de conversation eut raison de l’elfe qui s’évanouit à nouveau.
Kreattur ! Son maître frissonna en constatant les dégâts subis par son domestique. Bourrelé de remords pour l’avoir expédié aux portes de la mort, Harry se pencha sur cette chose inanimée.
« Pardon, s’étrangla-t-il, ému, tu as bien travaillé. Je te le promets, jamais je ne te donnerai de chaussettes. Bats-toi ! Je… me suis attaché à toi. »
Une larme roula sur la joue du garçon affligé.
Mrs Pomfresh termina son diagnostic. Lugubre, elle décréta:
« Il faut alerter Ste Mangouste au plus vite !
- C’est fait, dit Mrs McGonagall. Je me doutais que ce serait… ardu. Ils ne devraient pas tarder à venir les chercher. »
Comme de juste, un remue-ménage éclata en bas, prouvant l’arrivée d’une équipe de choc.
Tout se régla rapidement avec un transplanage massif qui emporta les blessés vers l’hôpital des sorciers.
« Souhaitons qu’ils se rétablissent, murmura Mrs McGonagall en se tournant vers Harry. Je suppose que vous n’êtes pour rien dans ce sauvetage inopiné ?
- J’ai… J’avais ordonné à mon elfe de les ramener à tout prix, avoua le jeune homme, confus.
- Joli travail qui risque de leur coûter la vie. Réfléchissez-vous parfois aux conséquences de vos actes, professeur Potter ? »
Harry sentit ses entrailles se liquéfier sous cette froide semonce. Non, devait-il amèrement reconnaître. Il agissait le plus souvent par instinct, sous des impulsions qu’il regrettait, parfois, ensuite. Laura… Kreattur… Qui serait la prochaine victime de ses bourdes ?
Tête basse, il reprit le chemin inverse.
Bombardé de questions à son retour dans la salle commune où la fête battait son plein, il avoua :
« Ils sont gravement blessés. Nous saurons ce qui s’est passé s’ils en réchappent. Ste Mangouste s’occupe d’eux. »
Incapable de participer aux agapes, Harry grimpa jusqu’à son dortoir. Épuisé tant moralement que physiquement, il s’écroula sur son lit avec une certitude à l’esprit : Voldemort n’avait pas du tout apprécié l’évasion de ses prisonniers.
Lu et approuvé. Rien d´autre à dire.