Hop, une petite suite
Il va falloir jouer rusé. Discrètement, je me penche vers lui, et glisse ma main dans sa poche droite du pantalon. L’arrogant, plongé dans sa lecture, n’y voit que du feu. Avec mon agilité légendaire, j’effleure le contenu de sa poche, et en retire un Motorola dernier cri. Ah, mais c’est que je vais l’avoir le pigeon! Fier de moi, j’observe les alentours, et cherche une idée. Soudain, après quelques secondes de réflexions(je dirais 5, pas plus, ça va de soit), mon esprit vicieux se réveille: la solution est sous mes fesses! Par chance, je réalise que le banc, certainement ce que l’on pourrait qualifier « d’art moderne » n’a pas quatre socles comme tous les bancs, mais un unique socle rectangulaire, qui empêche, par exemple, de récupérer tout objet malencontreusement tombé la, à moins de batailler pour infiltrer sa main entre deux lattes … Génial! En plus, va y avoir du spectacle! Je glisse alors le portable entre deux lattes, et murmure à l’oreille du gros malin :
_ Excusez moi de vous déranger , mais je crois que vous avez fait tomber votre téléphone.
Le regard toujours méprisant, il fourre violemment la main dans sa poche, et pousse un juron soutenu. Il regarde ses deux mains tour à tour, ayant compris qu’il n’y avait pas d’autres solutions. Je les observes moi aussi, malicieusement. L’une est composée de la magnifique montre Paget, l’autre d’une gourmette en or, parsemée de diamant. Les bras croisés, je le laisse choisir ce qu’il veut me donner, un sourire en coin. Finalement, il se résout à utiliser sa main gauche, et la fourre entre deux lattes, impatient. Et oui, tout les riches bourgeois ne sont pas tous intelligents! Ne pas pensez à d’abord enlever sa montre, c’est quand même un exploit dans la bêtise, mais enfin, je trouve ça plutôt marrant. Le fermoir de la montre est résistant, comme je m’y attendais. Mais tiendra t’il longtemps s’il reçoit par exemple un violent coup de pied sur le poignet? On verra bien… Je décroise mes bras, lisse mes cheveux en arrière, me balance d’avant en arrière comme les grands sportifs, puis, sans suspens, lève ma jambe droite et l’abat violemment sur le poignet du malheureux. Un crac sonore… Ca a dû faire mal! Os du poignet ou fermoir? Je dirais les deux.
Dans le doute, je me jette sur la montre, qui n’oppose aucune résistance lorsque je l’arrache du poignet de l’homme, qui hurle de douleur.
Tous les regards sont portés vers moi, et il me reste certainement peu de temps pour fuir. Cachant à l’abri des regards indiscrets ma nouvelle montre dans la poche intérieur de mon blouson, je penche mon oreille vers le blessé, que j’entend vaguement mêlé entre la douleur et la haine « Sale voleur ». J’agrippe le bras de l’homme, et tire un coup sec. Le poignet sors violemment des deux lattes de bois vernies, tout comme le hurlement de douleur du bureaucrate. Oui, je le sais bien, je suis grand seigneur. Je tourne les talons, et m’enfuis en courant. Je pousse tout le monde, même les vieux, je n’ai vraiment plus de temps à perdre. Enfin, après une demi heure à courir dans la « pampa », j’aperçois l’immeuble ou je crèche. Ni une ni deux, j’ouvre la porte à la volé, et monte les escaliers quatre à quatre. Porte 28... Porte 28... LA! Enfin, j’ai retrouvé mon apart. Un dernier coup d’œil à ma montre… 19h! C’est raté pour le rendez vous! A bout de souffle, je pose la main sur la poignée, et coupe ma respiration soudainement. Un jet de lumière éclaire mes nouvelles nike. Doucement, je colle mon oreille sur la porte, et glisse ma main dans la poche de mon blouson, effleurant mon gun:
_ Il s’en fait pas, le Alan, déclara une voix à la fois miteuse et grave.
Je frémit. Brian… Il est pas mort encore çui la? Il commence à me chauffer les oreilles ce commissaire. Je sors mon arme, tenu fermement dans ma main droite, et ouvre brutalement la porte, pour garder un effet de surprise:
_Bouge plus, Brian, ou je te tire une balle dans le…
Alors la, j’en revient pas. Une demi douzaine de flic armés jusqu’aux dents me pointe, soit de leurs fusils à pompe soit de leurs M-16.
_ Tiens, tiens, grogna Brian, Alan, le fugitif, qui s’offre à nous. C’est très gentil de ta part.
_ Oh, de rien commissaire, depuis le temps que l’on se connaît! Café?
_ Attrapez le! Hurla le vieux commissaire décrépi par les âges.
Qu’est ce que je pouvais faire? Rien du tout… Je me laisse capturer par ces abrutis, et je fixe ce putin d’adversaire de toujours. Vêtu d’un long manteau beige, il se la joue à la Colombo, alors qu’il est aussi compétent qu’une huître est doué pour marcher. Pour couronner le tout, il a maintenant les cheveux longs, gominés en arrière:
_ Tu veux dire une dernière chose, avant de moisir en taule?
_ Oui je veux bien, répondis je avec mon sang froid habituel, Tu est vraiment laid, tu fais peur à mon poisson tellement t’es hideux! Regarde le mon pauvre georges, il sais plus ou donner de la tête.
_ Embarquez le. Et ne lachez pas votre garde d’un pouce!
