Bon, toujours un bon style et tout ce qui va avec....
Mais, dans cette partie, je trouve que les dialogues ne sonnent pas toujours justes pour des adolescents.
En plus, je ne suis plus dans la même immersion qu´au début, parce que nous, en tant que lecteur, on sait qu´il existe un autre continent, sinon y´aurait pas d´intrigue. C´est pour ça que je n´arrive plus très bien à suivre leurs réflections malré qu´elles soient très intéressantes.
Sinon, ben l´intrigue se fait de plus en plus sentir, même si : "voir ci-dessus"...
Les fautes, y´en a moins qu´avant mais il y en a toujours quelques unes.
Voili voilou !!
AmirVeltius => La phrase avec le soleil est volontairement tournée comme ça. Mais tu as raison, même si c´est grammaticalement correct, ce n´est pas esthétique et je l´ai corrigé.
Yohan-Kiefa => "L´avez–vous suivi jusqu´au moment où, la partie supérieure de son disque effleurant la ligne d´eau, il va disparaître ?" Dans cette phrase, les virgules servent de parenthèses : ""L´avez–vous suivi jusqu´au moment où il va disparaître ?" et quant on regarde bien ça a tout son sens. C´est un procédé grammaticale répandu et tout ce qu´il y a de plus correct.
titouan77 => Je ne l´ai pas précisé mais Alfred et en Terminal et son frère et donc en étude supérieur. D´ailleurs j´ai à plusieurs reprises utilisés la locution "jeune homme" pour montrer la maturité dont ils faisaient preuve. Et puis d´ailleurs, ça n´empêche pas qu´un adolescent puisse être doté d´une grande capacité de discernement.
Pour le contient ... qui te dis que c´est un continent ? Tu n´as que le point de vue des deux frères ... Attends de voir la fin (si tu lis jusque là), et je dis une chose : avec moi, rien n´est joué avant que la dernière phrase.
Et sinon je vous remercie tous de lire et de commenter.
La suite viendra bientôt. ![]()
Ah oui certes j´aurais dû voir ! ![]()
Je ne me suis pas assez penché sur la phrase, elle m´avait semblé incorrecte au premier abord
j´avais tort.
Enfin vivement las suite !
si ca se trouve, la terre est plate, et c´est la raison pour laquelle la ligne n´apparait pas ![]()
L´Oacie n´est pas plate, sinon il n´y aurait pas d´horizon. ![]()
Je ne peux m´empêcher de remonter ce topic pour savoir si une suite est en préparation ![]()
C´est le cas. ![]()
Chapitre 4 – Des recherches qui demandent du temps
« Je réponds au nom d´Octave Aravenstein. Je suis l´Architecte de l´Oacie et l´instigateur de la fondation de notre monde moderne. Ma naissance remonte aux temps du chaos et de l´incertitude, mais je sais que ma mort embrassera une époque de quiétude et de justice. A l´heure où j´écris ces mots, nous entrons dans une ère nouvelle, exempte de malheur, affranchie de l´intolérance, sans guerre ni misère.
L´Oacie n´est pas seulement une nation, c´est un message d´espoir, un hymne à la vie. Je n´ai aucun regret à l´idée de ne pas être présent pour voir s´épanouir notre monde. Car je peux contempler mon oeuvre tout autour de moi, et cela me console plus que tout.
Puisse l´Oacie perdurer au-delà du temps et de l´adversité.
Bienvenue en Oacie, le continent d´outre-monde. »
Le professeur Lanouzière termina sa lecture et posa le livre sur son bureau. Les élèves s´étaient montrés plus concentrés ce jour-là. Il fallait dire que le professeur d´histoire venait de lire une citation célèbre de la personne la plus connue au monde : le créateur de l’Oacie.
Octave Aravenstein n´avait qu´une oeuvre : l´Oacie, qu´un admirateur : le monde. Ainsi, tous les habitants – ou presque – connaissaient cet illustre personnage, et c´était avec un certain respect qu´on le citait.
Alfred, quant à lui, ne s´intéressait pas à l´histoire en temps normal. Mais maintenant qu´il butait sur des énigmes étranges, il se heurtait à une foule de questions et il voyait en l’histoire un moyen d’y répondre.
– S´il a fondé l´Oacie, s´enquit le jeune homme, il devait venir d´un autre endroit ?
Le professeur Lanouzière fut un peu surpris qu´un élève lui pose une question mais de surcroît que cet élève fût Alfred Meunier.
– D´après ce que les historiens savent, répondit l’homme âgé, il serait né sur l’île de Grattecap. En fait, quand on dit qu´il a fondé l´Oacie, or c´est un abus de langage. En réalité, il a formé une nouvelle nation, damant le pion à toutes les anciennes.
– Comment se fait-il alors que l´histoire telle que nous la connaissons n´ait que quatre siècles, soit l´ère de l´Oacie ?
Le professeur fronça les sourcils. Pour lui, Alfred était un élève méprisable qui d´habitude se souciait autant de l´histoire qu’un misanthrope de l´humanité. Cependant, son métier prévalait sur son animosité et il répondit presque en grinçant des dents.
– Il y avait d´autres pays, qui se livraient des guerres sans cesse. Les combats et les pillages ont détruit les archives, de plus ...
– Mais monsieur, il n´est ...
– Monsieur Meunier, trancha le professeur d´histoire en fixant l´individu concerné. Arrêtez de poser des questions ou alors posez en une qui ait un réel intérêt pédagogique.
Alfred se tut alors que Lanouzière se tournait vers le tableau, satisfait d´avoir cloué le bec à un élève désinvolte. Or celui-ci posa une question qui instaura immédiatement le silence dans la classe.
– Existe-t-il un autre continent ?
Les autres élèves regardèrent tous les professeur, dévorés par la curiosité. Le vieil homme ne parut pas insulté comme il en avait l´air couramment, ni même perplexe, il se lisait plutôt sur son visage un sentiment indéfinissable emprunt d´inquiétude et de stupeur. Un oeil plus adroit aurait même décelé de l´admiration, mais l´esprit inexpérimenté des personnes présentes ne s´en aperçut pas. Ils étaient tous dans l´expectative. Comme s´il eut été sous l´effet d´un étourdissement, le professeur s´appuya sur le dernier barreau de sa chaise et porta son autre main au front, plongeant son regard dans le néant.
Alfred n´aurait su dire s´il ne voulait ou ne pouvait pas répondre. Finalement, après ce moment de stagnation intellectuel, Lanouzière se releva droit et son rictus coléreux revint déchirer son visage comme il le faisant en toute saison.
– Nous avons déjà traité la question la semaine dernier monsieur Meunier, dit-il de sa voix rauque et monotone. L´Omnocéan est un désert aquatique où personne ne va car il y a de grosses tempêtes. Et pour finir, vous viendrez me voir à la fin du cours.
Le reste de l´heure fut alors consacrée à Octave Aravenstein et aux merveilleuses actions qu´il avait accomplies durant sa longue vie.
Le tocsin du lycée sonna, les élèves sortirent en masse et Alfred s´avança d´un pas lourd vers la professeur Lanouzière. Celui-ci effaça le tableau et se tourna vers le jeune homme pour le toiser.
– Je vous prierai à l´avenir, fit-il froidement, de ne plus poser de questions durant mon cours ...
– Professeur voyons ! ...
– Car les réponses sont soient dans votre leçon que vous n´apprenez manifestement pas. Sinon il vous reste la bibliothèque.
Alfred se renfrogna : retour à la case départ. Il ne pouvait rien rajouter. Ce vieux croûton de Lanouzière était un homme borné et il était rare qu´il concède à donner raison à un élève, même si ce dernier démontrait par A plus B la véracité des arguments qu´il avançait. La dignité avant, la logique après ; complètement absurde pensa Alfred.
– J´espère que nous nous sommes compris.
– Oui monsieur, répondit Alfred d´une voix mielleuse et dégoulinante d´hypocrisie.
Sur ce, il sortit de la classe, fulminant et encore plus furieux contre son professeur qu´il ne l´était auparavant. Il était d´autant plus énervé qu´à chaque fois qu´il tentait de découvrir la vérité ou de se renseigner, il se heurtait à un obstacle ou il se retrouvait aiguillé vers la bibliothèque, à savoir une impasse.
Il se remémora les biens maigres informations qu´il avait dénichées dans les archives de son père. Par ailleurs, il avait rendez–vous avec le proviseur du lycée à ce sujet.
– Entrez.
Alfred entendit la voix du proviseur après que celle-ci eut traversé une grosse porte rouge, porte qui séparait le jeune homme de la salle des professeurs.
Il se leva et attendit que la secrétaire lui fasse signe pour entrer. Ce qu´il fit.
La salle des professeurs était un endroit où les élèves ne pénétraient qu´en de rares occasions. La pièce était circulaire avec des grandes fenêtres qui donnaient sur le parc du lycée. La décoration néoclassique était riche avec des tapis aux motifs superbes et des tableaux magnifiques.
Différentes personnes – en plus des professeurs – déambulaient dans la salle, entrant et sortant par une des nombreuses portes. Ici, on discutait de l’avenir des élèves et des programmes scolaires comme des ministres qui parlaient de l’avenir de la nation ou des grands projets politiques. Ainsi, en dépit de la constante effervescence qui régnait, la salle des professeurs donnait en fait plus l´aspect d´un salon privé que sa fonction première.
Près d´une fenêtre, le proviseur compulsait une pile de dossier, installé à une table en acajou. Ce dernier aperçu Alfred et le héla. Après une poignée de main et une salutation d´usage, Alfred s´assit dans un fauteuil, assez mal à l’aise dans cet endroit qui pour lui était presque un sanctuaire.
En fait, Alfred désirait se rendre sur l´île de Pessac, or elle était loin et il devait donc s´absenter deux semaines pour s´y rendre avec son frère et enquêter sur place. Il devait par conséquent convaincre le proviseur de partir.
– Je vous écoute dit celui-ci en croisant les mains.
Alfred récita alors les paroles qu´il avait préparées à l’avance.
– Mon père est un journaliste, dit-il d´un ton cordial mais qui se voulait suffisamment innocent pour laisser les sentiments prendre le pas sur la logique dans la tête du proviseur. Il fait beaucoup de recherches, cependant il est tellement accaparé par son travail qu´il ne peut mener ses recherches comme il l´entend.
– Cela n’explique pas pourquoi vous avez voulu me parler.
– Mon père veut que je mène avec mon frère des recherches à sa place et je vous demande donc l´autorisation de m´absenter pendant deux ou trois semaines tout au plus.
Le proviseur était un vieillard mais dont le physique étonnement bien bâti augurait un âge moindre. Seule sa calvitie bien prononcée le trompait. C´était un homme aimable mais qui n´aimait pas qu´on lui manque de respect.
Il fouilla dans ses dossiers en tâtonnant pour enfin en examiner un quelque instant.
– Meunier Alfred, né le 4 Mai 402 blablabla ... mmh bon élève a priori, sérieux blablabla ... Bon apparemment c´est très bon tout ça. Néanmoins, si vous partez, vous devrez rattraper les cours, mais au vu de vos notes, je doute que cela soit un problème. Il me faut une autorisation signée de votre père, cela va de soi.
Alfred sortit de son sac un papier légèrement orangé qu´il tendit au proviseur. Ce dernier examina un bref instant sans s´apercevoir qu´il avait et préalablement falsifié par Vincent qui savait mieux que quiconque imiter l´écriture de son père.
A ce moment, le professeur Lanouzière pénétra dans la salle. Il ne lui fallut pas plus d´une seconde pour repérer Alfred qu´il considéra d´un oeil malsain. Il approcha sournoisement des deux personnages sans saluer ses collègues et se permit d´intervenir dans l´entretien.
– Cet individu a commis des exactions monsieur Guillonet ? Puis-je connaître la punition.
Guillonet, le proviseur, rendit le papier à Alfred et rétorqua au professeur de façon presque ironique.
– Monsieur Meunier et moi avions rendez-vous. D´ailleurs, il vient de se terminer séant. Vous avez mon accord, conclut-il à l´adresse d´Alfred.
Mais alors que celui-ci se levait pour partir, le professeur Lanouzière saisit le papier falsifié qu´il parcourut sommairement.
– Vous partez en expédition monsieur Meunier, fit-il d’un ton sardonique. Et quel en est l´objet ?
Prenant sur lui même, Alfred occulta le proviseur et la politesse pour répondre sèchement.
– Ca ne vous regarde pas ! Cela concerne moi et mon père. Rendez moi ce papier !
– Votre père, reprit Lanouzière, trop heureux d´avoir réussi à provoquer son élève. Je doute fort qu´il soit lui-même au courant de votre petite escapade. Vous avez dû vous donner du mal pour nous concocter ceci.
– Sûrement pas autant que vous pour lui nuire, coupa une voix derrière eux.
C´était le professeur Crozier qui venait d´assister à la scène et qui avait décidé de porter secours à son ami. Ses mots avaient fait l´effet d´un coup de fouet car tout le monde fut surpris de son intervention. Le proviseur salua brièvement les deux hommes et partit, jugeant que la situation devenait trop personnelle.
En effet, il était presque de notoriété publique que le professeur Crozier et le professeur Lanouzière se vouaient une profonde haine réciproque pour des raisons que tous ignoraient.
Alfred se demandait d´ailleurs souvent si la haine de monsieur Lanouzière envers lui ne provenait pas de l´amitié qu´il entretenait avec le professeur Crozier.
Ce dernier arracha le papier d´Alfred pour lui rendre tout en jetant un regard noir à son ennemi.
– Tu peux partir Alfred, dit-il chaleureusement.
Il n´hésita pas une seconde et se rua à l´extérieur de la salle des professeurs laissant une atmosphère électrique tourner à l´orage.
Alfred se félicita pour avoir l´aisance avec laquelle il avait réussi à convaincre le professeur. Aussi facile que mon père, songea-t-il. Il y avait deux jours à peine qu´il avait fait croire à ses parents qu´il partait faire des recherches avec le professeur Crozier. Ils avaient accepté sans poser de question sachant que Vincent, qui était majeur, l´accompagnait.
Alfred se dirigea vers la gymnase du lycée, même s´il partait dans trois jours, il avait encore cours.
C´était pour lui une torture que de patienter de la sorte sachant qu´il était aux portes d´une aventure qu´il le mènerait vers un inconnu bien célèbre : le mystère.
Très intéressant encore une fois, l´histoire ou l´intrigue, plutôt, prends place, les éléments s´intègrent. On a peu apprit mais le tout avance alors voilà !
"Nous avons déjà traité la question la semaine dernier(e)"
Ahh pour le truc du proviseur, j´avais pas vu le mot voix... !
Et le professeur d´histoire semble savoir quelque chose, ce fait c´est quelque peu cliché, mais il faut bien quelqu´un comme ça dans une histoire, enfin je fais confiance à ton flair de l´écrit pour surprendre.
![]()
Un chapitre que je trouve un peu moins rempli que les autres, un peu plus cliche, avec le prof gentil et le mechant^^ (rogue et dumbledore, pardon c´est sortir tout seul^^)
Mais sinon ca donne toujours envie, et puis j´ai repere BCP moins de fautes, de frappe ou autre ![]()
Juste une ou deux phrases qui je trouve, alourdissent un peu, mais comme tu le sens:
"Alfred entendit la voix du proviseur après que celle-ci eut traversé _une grosse porte rouge, porte qui séparait le jeune homme de la salle des professeurs. _"
la repetition est voulue, je le sais, mais c´est un peu genant :/ Et puis le separeait, etc... je trouve mal tourne, dsl je ne suis pas clair
"Octave Aravenstein n´avait qu´une oeuvre : l´Oacie, qu´un admirateur : le monde."
bon je sais, c´est bete, mais je vois mieux un point virgule, pour mieux separer es deux morceaux de phrase...
"En fait, quand on dit qu´il a fondé l´Oacie, or c´est un abus de langage."
a mon avis enleve le quand^^
et puis je crois que c´est tout, et je dis: la suite ![]()
Merci d´avoir lu, la suite devrait venir ce week end. ![]()
Pour la bonne cause
et contre le flood.
TRés bon truc dans l´ensemble. J´aime bien le "niveau technologique" qui fait trés genre années 1850. J´aime moins l´histoire du calcul foireux que seul un gamin découvre. De plus, son entétement est assez stupide, mais bon si c´est pour la bonne cause
. Au niveau des prof, ca fait trés, comment dire, Harry Potter. Mais le reste est génial. Ce que j´aime bien, c´est qu´avant que tu le décrive, je m´imaginais Vincent roux. Son comportement était celui d´un roux
...
Chapitre 5 - À travers une myriade d´archipels
L´Oacie n´était pas à proprement parler un continent puisqu´il n´y avait pas de terre plus vaste que l´ensemble. Il n ´y avait que des îles telle une traînée de poudre dans le néant.
Toutefois, ce monde présentait une très grande diversité dans son relief et son climat. On pouvait par exemple vivre sur une île désertique et travailler sur une autre dont la végétation était plus que luxuriante. Certaines étaient planes, offrant de vastes plaines fertiles et propices à l´agriculture, tandis que d´autres n´étaient que montagnes et massifs rocheux avec de multiples anfractuosités.
Malgré tout cela, il n´en restait pas moins que l’Oacie était une seule nation parfaitement unie. Un ingénieux système politique axé sur un parlement libre gouvernait l´ensemble. Les crimes étant rares et les discordes exceptionnelles. Un étranger aurait pu dire que l´Oacie était une utopie, néanmoins, il y avait des parts d´ombres.
Au-delà du continent, un océan unique ne faisait que produire tempêtes et ouragans, la navigation était presque impossible et on dénombrait une pléthore d´histoires sur des monstres marins. Ensuite, cela faisait un peu plus de quatre siècles que l´Oacie existait mais les progrès techniques et sociaux stagnaient comme si la population se suffisait de leur niveau de vie.
En dépit de ces inconvénients, il faisait bon vivre en Oacie et les rares plaintifs se trouvaient être des insatisfaits de la vie ou des gens qui s´ennuyaient de ce monde si plaisant.
Alfred faisait partie de cette dernière catégorie. Il bénéficiait d´un niveau de vie relativement élevé mais il avait constamment l´impression que sa vie se résumait à sa maison et au lycée. Ce voyage vers l´île de Pessac lui procurait un réel plaisir.
Son frère était également content mais il ne partageait cependant pas un aussi grand enthousiasme que lui. Vincent avait fait preuve d´un étonnante organisation dans la préparation de ce voyage, il s´était occupé de pratiquement tout : louant une voiture, achetant des provisions et il avait même prévu un itinéraire précis à travers la myriade d´archipels de l´Oacie de manière à perdre le moins de temps possible.
Aujourd’hui, les deus frères sortaient de l´archipel de Dordonac pour aller vers celui de Juronide, plus au sud. Ils devaient à présent traverser un large détroit par un unique pont. Jadis, des navettes assuraient le lien entre les deux rivages mais il y avait bien longtemps que le parlement avait ordonné l´édification d´un vaste réseau de communication dans toute l´Oacie, et le pont qu´avaient Alfred et Vincent face à eux en était un formidable exemple.
Le pont n´en était pas véritablement en un, c´était un monument, un édifice colossal avec d´énormes piles. L´écart des voûtes était tel qu´un petit village aurait très bien pu s´y loger. Le bâtiment alliait harmonieusement bien le métal et la pierre pour donner d´élégantes structures qui venaient assurer la prestance du lieu ainsi que sa stabilité. Le pont avait été conçu de sorte qu´un maximum de véhicules puisse le traverser, voilà pourquoi il se divisait en plusieurs axes démesurés. Un large chemin de fer surmontait des routes pavées et des voies piétonnières avaient été aménagées en bordure afin de permettre aux passants de profiter du panorama. Erigé à une hauteur vertigineuse, le pont offrait ainsi une vue imprenable sur tout le détroit et il n´était pas rare que les riverains s´y attardent certains jours d´été pour jouir du beau temps. Enfin, le monument était tellement gigantesque qu´on distinguait avec peine son extrémité et que nulle tempête, si forte fût-elle, ne pouvait l´ébranler.
Les deux frères restèrent un moment devant l´édifice de façon à mieux en imprégner leur mémoire. Puis, ce fut avec une lenteur presque sacrée qu´ils s´avancèrent. Il n´y avait presque personne, sans doute parce que midi sonnait et que tous devaient être à table. Le pont n’en ressortait que plus imposant de par le silence écrasant qui régnait que seul le fracas des vagues et le sifflement discret du vent venaient briser en résonnant sur les immenses poutres d´acier.
Alfred et Vincent avaient passé le plus clair de leur vie sur leur île natale, sans jamais avoir eu l´occasion de voyager. Bien des fois, ils avaient entendu des éloges à propos de tels édifices, mais ils étaient loin de s´imaginer que la réalité dépassait les rêves, et c´était d´autant plus déroutant qu´une foule d´autres ponts similaires enjambaient des îles lointaines.
Les chevaux tractaient tranquillement la voiture pendant qu´Alfred regardait partout, admirant le génie architectural. Il se demanda alors quelle autre surprise de ce genre lui réservait l´Oacie.
- D´ici trois îles nous nous arrêterons dans la ville de Soullac pour manger et dormir, lança Vincent en claquant des rênes.
- Très bien ..., fit Alfred en sortant de son état de béatitude. Quelle distance nous reste-t-il à parcourir déjà ?
Vincent tira de ses affaires une carte parcheminée puis répondit.
- Une bonne centaine de kilomètres.
- Soit quatre à cinq jours de trajet, rétorqua Alfred en soupirant.
- Exactement.
- Dis moi, où as-tu trouvé l´argent nécessaire pour le voyage ?
Vincent esquissa un sourire sans fournir de réponse. Apparemment, il avait dû user de moyen plus ou moins douteux pour ce fait. Alfred y songea mais après tout, il s´en fichait, préférant profiter du voyage que de se torturer l´esprit. Il avait déjà matière à cela.
Le pêcheur avait vécu sur l´île de Pessac non loin de la ville portuaire de Cadaujac. Il fut aisé de se renseigner sur cette partie de l´Oacie. Par contre, les informations concernant le personnage étaient faibles, à vrai dire, elles se limitaient à l´article des vieux journaux du père d´Alfred. Ils avaient déjà télégraphié sur place, en vain. Même si leur expédition s´annonçait infructueuse, les deux frères avait bon espoir de découvrir là-bas un indice, une piste, si infime fusse-t-elle.
De temps à autre, ils croisaient une calèche ou un fiacre dont ils saluaient le cocher. Le pont semblait ne pas finir et ce fut avec une joie à demi dissimulée qu´ils en arrivèrent au bout.
Le climat de cette île était extrêmement différent de leur archipel. L´air était sec et lourd sans qu´il fasse pour autant chaud. La terre était plus sablonneuse et la végétation se composait de plantes résineuses et visiblement persistantes.
Alfred et Vincent furent surpris par ce soudain contraste. Il était courant de voir le climat de l´environnement changer d´une île à l´autre en raison des différentes masses d´air véhiculées par les mers, mais un voyageur non averti ne pouvait s´empêcher de s´en étonner.
Il paraissait même qu´Octave Aravenstein eut dit un jour après avoir parcouru toutes les îles : « Il existe autant de vents, de pluie, d´arbres et d´animaux qu´il y d´îles et d´archipels dans notre monde. Une diversité infinie qui pourtant forme un tout merveilleux. »
Ses paroles d´autrefois revinrent à la mémoire d´Alfred qui s´accorda à donner raison à ce génie du passé.
Par rapport à l´île des frères, celle sur laquelle où ils se trouvaient différait en plusieurs points. Les forêts mêlaient des pins et des chênes ainsi que d´autres feuillus. Les buissons verts avaient cédé la place à une sorte de lande dont la palette de couleur passait facilement de l´ocre au violet. Une douce odeur de résine complétait le parfum des fleurs que les brises légères du printemps prenaient soin d´éparpiller en tout sens.
Vincent et Alfred passèrent plus tard par un hameau avec des maisons à l´architecture étrange. L´armature était essentiellement faite de bois avec de larges pans de toit afin que le soleil éclaire sans chauffer. Les gens n´entretenaient pas leur jardin, non par négligence, mais pour laisser la nature oeuvrer en toute liberté. Les habitations ressemblaient par conséquent davantage à des masures perdues avec seulement de minces chemins pour s´y rendre. Seuls les oiseaux et les grillons chantants faisaient du bruit quand ce n´était pas le bruissement mélodieux du vent dans les arbres.
Vincent arrêta la voiture près d´une mare de manière à désaltérer les bêtes. Alfred en profita pour cueillir des plantes pour son herbier et prélever une poignée de terre et de sable pour son ami le professeur Crozier qui était féru de géologie. Le jeune homme se promena dans les massifs prenant au hasard des petits sentiers tortueux. Il aurait volontiers continué plus encore à se perdre si Vincent ne l´avait pas rappelé. Les deux frères se rafraîchirent également et repartir sans tarder, regrettant tout deux de ne pas avoir la possibilité d´admirer plus longtemps un endroit si calme.
Vincent et Alfred traversèrent encore d´autres villages et franchirent d’autres détroits. Ils visitèrent des lieux insolites et merveilleux, ne pouvant contempler que brièvement les beautés qui s´offraient à eux. Alfred se dit alors que même si son expédition se soldait par un échec, il ne regretterait rien car ce qu´il avait vu jusque là l´enchantait.
Le soleil amorça son déclin vers l´horizon tandis que les deux jeunes hommes pénétraient dans la ville de Soullac.
C´était une bourgade moyenne où les habitants semblaient affables. L´architecture bien que différente, demeurait là aussi néoclassique bien que le bois primait sur la pierre. Ils déambulèrent un quart d´heure avant d´arriver à leur auberge : "Aux quatre Vents".
Le bâtiment était manifestement ancien sans être vétuste, bien au contraire. Un homme vînt s´occuper de leur monture pendant que Vincent et Alfred déchargeaient leurs bagages. Ils entrèrent dans l´auberge en saluant les clients qui le leur rendirent. Il régnait une odeur de bois mélangé à celle l´alcool et de la fumée des buveurs. En somme, une atmosphère de détente émanait du lieu.
Un homme ventripotent et à la mine rubiconde s´avança vers eux, la main tendue.
- Bienvenue Aux quatre Vents messieurs, dit-il pendant que Vincent lui serrait la main. Je suis Henri.
- Nous avons télégraphié il y a une semaine, fit Alfred. Nous sommes les Meunier.
- Bien entendu.
Henri décrocha une clé d´un panneau et invita ses nouveaux clients à le suivre dans l´escalier.
- Qu´est-ce qui vous amène ici jeunes gens ? s´enquit-il. C´est un peu le bout du monde par ici.
- Nous sommes de passage, répondit Vincent qui peinait à transporter ses valises. Moi et mon frère allons au port de Cadaujac pour rendre visite à de la famille.
- C´est très bien. C´est important la famille.
Sur ce, ils arrivèrent à un étage pour déboucher sur un couloir. Henri déverrouilla une porte et laissa les frères entrer.
- Les repas sont servis à toute heure, dit l´homme en regonflant les oreillers d´un canapé, en cas de problème vous avez Marc au bar, n´hésitez pas il est là pour ça. C´est pas tout ça mais j´ai à faire, je vous laisse et vous souhaite un bon séjour dans mon auberge.
Henri referma doucement la porte de la chambre en sortant et Vincent s´effondra sur le canapé. Alfred détailla alors la chambre.
C´était une grande pièce, avec une décoration simple mais soignée. Deux chambres à coucher donnaient sur cette pièce ainsi qu´une salle d´eau. L´ensemble s´avérait confortable et tranquille.
- Tu as dû te ruiner Vincent ! lança Alfred. Une chambre pareille est hors de prix.
- Ca m´a coûté dix fois moins que chez nous, ricana Vincent. Ici, il n´y a pas de touristes et ce n´est pas une grosse ville. Les prix sont donc très bon marché. En fait, tout ça ne vaut qu’un Valar par nuit et par personne.
- En effet, c´est donné … J´irais bien faire un tour dehors.
- Je te le déconseille, rétorqua Vincent. Demain, nous repartons tôt, il est préférable que l´on se repose. Allons plutôt souper.
Alfred consulta sa montre à gousset et acquiesça.
Ensemble, les deux frères descendirent l´escalier pour s´installer à une table. Là, un bon repas les attendait ainsi qu´une personne : monsieur Lanouzière.
Une très bonne suite, des description magnifique, un seul souci par contre, le temps aurait peut-être dû être mieux représenté aux différents moments dans leur arrêts, cela permettrait de mieux situer la journée qui semble bien longue,
Enfin là je m´attarde pour rien alors voilà !
Et la présence de Lanouzière laisse place à pleins de suppositions, c´est génial !
Cliché dans son genre mais surprenant et astucieux, donc bien mis en scène.
Aurais tu abandonné cette fic qui s´annoncait très intéressante ostramus? ![]()
La suite est en cours mais je ne la poste pas encore car je suis en train d´écrire les suites de toutes mes fictions que je posterais en même temps d´ici une semaine ou deux tout au plus.
Chapitre 6 – Des rencontres amicales et détestables
Alfred reconnut instantanément la silhouette squelettique de son professeur de géographie. Le vieil homme était assis à une table et sirotait de l’eau, tenant de ses doigts effilés le verre tel un rapace enserrant sa proie. Il avait délaissé son habituel complet beige pour revêtir une redingote vert foncée qui lui donnait un air sinistre.
Vincent remarqua également le professeur et se tapit dans l´ombre tout comme son frère sans que ce dernier ne lui ordonne de le faire. Les deux garçons étaient encore dans la cage d´escalier qui menait à la salle commune de l´auberge et ils baissèrent légèrement leur tête afin de vérifier si le professeur Lanouzière ne les avait pas vu. Celui-ci vida son verre et jeta un coup d´oeil circulaire sur la salle du comptoir du bar à la vielle pendule placé contre un mur. Il paraissait serein bien que son visage arborait une grimace plus ferme qu´en temps normal. L´homme était énervé, visiblement impatient, voire agacé.
– Comment a-t-il fait pour nous rattraper ? chuchota Alfred.
– Le ferry à vapeur, répondit Vincent. J´avais hésité à en prendre un mais comme il fallait signer des registres je n´ai pas pris ça pour éviter qu´on nous suive. Malgré ça, ce vieux bougre nous a retrouvé ...
Lanouzière fit alors signe à l’aubergiste d´approcher. Henri se pencha vers l´homme pour s´en suivre une courte conversation à la fin de laquelle Lanouzière parut satisfait car un rictus inhabituel fendait son visage ; il souriait. Il regarda le panneau des clés de chambre et reporta la seconde suivante son regard sur la carafe d´eau pour se resservir un verre.
Vincent examina à son tour le panneau et comprit la démarche du professeur : si la clé de sa cambre n’était pas accroché au panneau, cela signifiait qu´ils étaient encore dans l´hôtel. Vincent soupira.
– On ne peut pas l´éviter, il sait qu’on est là et il ne va sûrement pas partir sans nous avoir vu.
Alfred opina de la tête et, résigné, il pénétra dans la salle en jouant la surprise lorsqu´il passa devant le professeur.
– Monsieur Meunier, lança froidement le vieil homme. Prenez donc place à ma table messieurs, je pense que nous avons beaucoup à nous dire.
Joignant le geste à la parole, il désigna de son bras arthritique les autres chaises.
Alfred grimaça et s´assit pour prendre commande de son repas.
– Il fut facile de savoir où vous partiriez.
– Comment avez-vous fait ? demanda Alfred.
– J´ai de bons amis, un en particulier mais ce n´est qu´un détail. Ce qui importe, c´est votre voyage. Il est étrange de vous rencontrer dans un lieu qui se situe à une centaine de kilomètres de votre itinéraire initial.
– Nous n´avons pas de compte à vous rendre, fit Vincent sèchement mais sans laisser transparaître la moindre agressivité.
– L´Oacie a des règles qui doivent être respecté et ces règles précisent que les élèves ne doivent manquer à leur cours, poursuivit le professeur sans se soucier de la remarque de Vincent. Or, monsieur Meunier, vous manquer les cours, et de surcroît en usant d´un mensonge éhonté tout en abusant de la confiance du proviseur.
La situation était atypique. Alfred n´avait pas pour habitude de mentir et à part Crozier, il lui était rare de rencontrer un professeur du lycée à l´extérieur de l´établissement, surtout quand la personne vous vouait une haine non dissimulée. Il ouvrit la bouche pour répondre mais Vincent le coupa.
– Je suis responsable de l´absence de mon frère et ...
– Votre père a été surpris d´apprendre les raisons de votre départ, monsieur Meunier, trancha Lanouzière en souriant sournoisement.
Le coeur d´Alfred s’accéléra et un frisson lui parcourut l´échine. Ce vieux croûton avait sûrement dû aller voir ses parents pour s´informer en raison de ces doutes et de l´incident dans la salle des professeurs. Alfred n´osait imaginer la réaction de son père apprenant qu´il était parti en son nom. Ce dernier n´était pas un homme sévère mais il savait se le montrer en cas d´indiscipline. Une fois encore le vieil homme se ficha éperdument de la présence de Vincent et poursuivit en s´adressant à Alfred.
– J´ignore vos réelles motivations monsieur Meunier mais je puis vous assurer que je les découvrirais bien assez tôt.
Sur ce, il but une gorgée d´eau sans ciller du regard.
La tension se dissipa un instant quand l´aubergiste vint porter les repas.
Lanouzière entama sa viande comme si de rien n’était mais Alfred ne toucha pas à l’assiette qui lui faisait face. Il était furieux, une rage profonde bouillonnait au fond de lui. Jamais il n’avait autant détesté ce vieux sadique qui mangeait devant lui en faisant doucement chuinter ses couverts.
– Vous êtes un monstre ! lança-t-il.
Le professeur releva alors la tête avec une mine qui semblait le transfigurer. Sa voix nasillarde se fit grave et profonde et ses yeux fixèrent ceux d’Alfred avec tant d’intensité que celui-ci eut l’impression qu’on lui transpercer l’esprit. Sans que le professeur ne parle, le jeune homme l’entendit pourtant très distinctement.
« Vous vous mêlez de choses qui ne vous dépasse. Partez ! »
Lanouzière poursuivit son repas tandis que Vincent parut interloquer devant la réaction de son frère qui se leva d’un bond, complètement ahuri. Alfred se sentit soudainement fébrile et se dirigea vers l’escalier sous les regards inquiets des clients. Henri se précipita vers lui.
– Monsieur Meunier tout va bien ? demanda-t-il en regardant alternativement le professeur et le jeune homme.
– Ca va merci, rétorqua ce dernier dans un souffle. Nous partons demain.
Alfred monta avec peine les marches de l’escalier pour s’affaler sur son lit dans la chambre. Il n’était pas dans son état normal et il était persuadé que Lanouzière en était la cause mais il ne préféra rien dire à son frère. Celui-ci s’assura qu’Alfred pouvait se débrouiller seul et sortit en ville avec une idée fixe en tête.
Après avoir traverser la salle commune de l’auberge sans rencontrer le professeur visiblement parti, il se dirigea vers l’hôtel de ville.
La nuit était douce, avec un léger parfum de sucre flottant dans l’air et qui semblait enivrer les passants. Des lampadaires à gaz diffusaient une lumière jaunâtre qui éclairait péniblement les rues pour guider les rares voitures tractées par des chevaux à moitié ensommeillés.
Soullac n’était pas une grande ville et elle s’organisait selon un plan quasiment universel en Oacie. La mairie au centre, entourée des bâtiments administratifs et des écoles, encerclés par les commerces eux même auréolés des habitations. Il suffisait donc de poursuivre les grandes avenues vers le centre de la ville pour arriver à coup sûr là où l’on voulait aller. Ainsi Vincent déboucha facilement sur le parvis de l’hôtel de ville après seulement un quart d’heure de marche.
L’édifice résumait à lui seul l’architecture de la ville. Des arcades de bois supportaient des frontons de briques et de pierres avec de larges pans de toits pour protéger du soleil. La beauté de la mairie aurait facilement éclipsé celle des bâtiments autour si le soleil ne s’était pas si tôt couché.
Vincent arriva aux portes du bâtiment pour interpeller un milicien. L’homme avait fière allure dans son costume parfaitement lisse et exempt de tâche qui compensait sa faible carrure et son visage potache.
– Bonsoir mon ami, lança Vincent.
Le milicien sursauta et toucha la visière de sa casquette pour saluer à son tour le jeune homme.
– J’aimerais utiliser le télégraphe de la mairie, j’ai un important message à transmettre.
– Je suis désolé, c’est fermée mais vous n’avez qu’à sonner à l’entrée de l’aile ouest et demander à Ferdinand, répondit l’homme chaleureusement. Je pense qu’il pourra vous aider.
Vincent remercia le milicien et se rendit à l’endroit indiqué. Il se retrouva face à une porte de bois avec une cloche de bronze accrocher sur le côté. Il frappa la cloche et sans qu’il n’attende une minute, un petit homme vint lui ouvrir. Vincent retint un rire en voyant la silhouette caricaturale de l’homme et ses énormes lunettes qui paraissaient bien trop lourdes pour son nez fin.
– Oui ? fit-il en voyant que Vincent ne réagissait pas.
– Euh oui ! J’ai besoin de télégraphier et on m’a dit de venir vous voir.
– Entrez, dit le petit homme sans se soucier de qui était le jeune homme qui le dérangeait au début de la nuit.
Il attrapa une lampe à pétrole et partit à l’assaut des ténèbres de la mairie.
– Venez !
– C’est bien aimable à vous d’accepter que …
– Je préfère être dérangé par des gens comme vous que ces crétins de municipes.
Vincent sourit et emprunta un escalier.
– Vous n’êtes pas d’ici, observa le petit homme. Ca s’entend.
– Je suis en voyage avec mon frère, répondit Vincent. Nous venons de l’archipel de …
– Dordonac, j’ai reconnu l’accent, et vous êtes ?
– Vincent Meunier.
– Ferdinand Denoir.
Celui-ci se retourna et serra la main de Vincent, paraissant satisfait. Juste après la poignée de main Ferdinand chercha dans une poche de son veston pour en extirper un trousseau comportant une multitude de clé.
– Tenez moi la lampe, dit-il en tendant l’objet.
Il entreprit alors d’essayer différentes clés mais l’obscurité n’aidant pas, Ferdinand ne faisait qu’essuyer des échecs.
– Vous m’êtes sympathiques, poursuivit-il en essayant une sixième clés. Si vous voulez je vous offre le télégraphe.
Vincent s’étonna de cet élan de générosité provenant du homme qu’il ne connaissait depuis pas moins de cinq minutes et qui semblait de prime abord plutôt aigri. Ferdinand trouva enfin la bonne clé et ils entrèrent dans une petite salle avec une table qui comportait différentes manettes et des instruments électriques en cuivres. Le petit homme s’assit à la table, brancha quelques appareils et se tourna vers Vincent pour connaître le message afin de le transmettre.
– Pour la ville de Lorionet, au lycée Cléandre. Pour le professeur Crozier.
Ferdinand tourna une mollette et pressa deux boutons. Ensuite, il posa ses doits sur une sorte d’interrupteur pour le faire cliqueter à une allure frénétique.
– Continuez.
– « Je serais sur l’île de Pessac dans une semaine. Lanouzière nous suit. Rejoignez nous s’il vous plait. Nous avons besoins de votre aide. Nous avons une piste pour le problème de la rotondité d’Alfred. »
Ferdinand termina de transmettre le message et éteignit les appareils. Vincent s’apprêta à sortir de la pièce mais il s’arrêta en constatant que le petit homme ne l’accompagnait pas. Ce dernier était toujours assis à la table et il était manifestement en proie à une profonde réflexion.
– Monsieur Denoir ?
– Suivez-moi, se contenta de rétorquer Ferdinand.
Il saisit fermement la lampe à pétrole et se précipita vers une autre partie de la mairie. Les deux hommes déambulèrent ainsi un moment dans le bâtiment pour se diriger vers les sous sols.
Vincent se demanda l’espace d’un instant si Ferdinand n’avait pas perdu la tête ou s’il avait des intentions malhonnêtes.
– Où va-t-on ? s’enquit-il en essayant de ne pas paraître inquiet.
– Vous vous intéressez à la rotondité de la planète d’après ce que j’ai compris, dit Ferdinand et dévalent quatre à quatre les marches d’un colimaçon. Je pense que j’ai quelque chose qui devrait vous plaire.
L’escalier se termina pour donner sur un long couloir dont on ne pouvait apercevoir l’extrémité tant il était long et la lumière faible. On pouvait cependant lire sur les portes des inscriptions de classification. Vincent en déduit que ce devaient être les archives de la ville qui étaient soigneusement entreposées.
Ferdinand semblait connaître l’endroit comme le fond de sa poche car il se dirigeait sans mal malgré les ténèbres et l’étroitesse des lieux. Il stoppa sa marche devant une porte au fond d’une courssive en pierre. Ils étaient apparemment dans le plus profond sous sol de la mairie puisque de l’eau suintait des murs et la température était fraîche.
La porte était ferraillée et elle semblait être là depuis longtemps au vu de la moisissure qui la recouvrait et de la rouille qui rongeait son armature. Ferdinand reprit son énorme trousseau de clé et eut du mal à déverrouiller la serrure complètement usée et oxydée. Il entrouvrit alors la porte mais avant de faire entrer passer Vincent il se retourna et dit d’une voix murmurante comme s’il était dans un sanctuaire.
– Il y a bien longtemps que personne ne s’était penché sur ce problème et voilà que vous arrivez. Ce que vous allez voir va vous surprendre à coup sûr, mais cela vous sera utile je le pense.
Vincent ne répondit rien et entra dans la pièce sombre avec un nœud au ventre. Il ne voyait rien une odeur fétide emplissait ses narines.
Ferdinand actionna un levier et la lumière fut, révélant à la plus grande stupeur de Vincent le contenu de la pièce.
Allez la suite là je peux plus attendre ! ![]()
Merci d´avoir lu mais tu ne pourrais pas faire un commentaire plus constructif que je sache un peu ce qui te plait dans ma fiction ? ![]()