11
Deux jours plus tôt.
Alex marchait, décidée, vers celui qu’elle désirait tant rencontrer. Derrière elle, une petite armée d’anges la suivait. Ils ne savaient pas vraiment où ils allaient, mais ils sentaient au fond d’eux même que c’était la bonne direction pour trouver le maître de paradis : Dieu en personne.
Alex et ses amis avaient sillonné une partie du paradis à la recherche de volontaires pour sauver le peu de bien qui subsistait sur Terre. Hélas, les rumeurs allaient très vite pour un endroit aussi vaste que l’infini : ceux qui partaient ne reviendraient pas. Les seuls volontaires qu’ils avaient pu trouver étaient des anges qui voulaient se racheter, ou qui espéraient sauver les gens qu’ils aimaient. Il n’y avait pratiquement que des « jeunes décédés », ceux qui n’avaient pas encore eu le temps de s’attacher aux merveilles qu’offrait une éternité d’insouciance.
Cela faisait plusieurs mois que les rumeurs parcouraient le paradis de long en large. Les principales disaient que le mal allait triompher du bien, que les démons étaient de plus en plus nombreux, que des anges pouvaient aider les Hommes pendant un court laps de temps s’ils le souhaitaient, mais qu’ils ne pourront plus remonter, et aussi une étrange histoire à propos d’une balance qui comptabilisait les bonnes et les mauvaises actions. Alex, qui s’ennuyait un peu dans cette immensité de joie, pensa soudainement que ces rumeurs étaient peut-être fondées, et dans son esprit apparu le visage des personnes auxquels elle tenait le plus de son vivant, comme sa mère, Gabriel, son petit ami, et surtout son amie d’enfance : Laure. Elle n’avait jamais été vaillante, ni courageuse, elle était même peureuse et pleurnicheuse mais elle dégageait une simplicité qui l’ensorcelait. En sa présence, Alex se calmait, elle qui était colérique et agressive. Comme une sœur, elle veillait autrefois sur Laure et elle prenait soin d’elle. Leur complicité avait émerveillé leurs parents, leurs amis, car, rien que par un regard, les deux jeunes filles se comprenaient. Elles passaient le plus claire de leur temps ensemble à parler de choses et d’autres. Alex pensa que sa mort avait beaucoup affecté son amie, mais elle n’en avait pas la preuve, et de toute façon, elle ne pouvait plus l’aider là ou elle se trouvait.
Elle avait donc cherché des volontaires pour organiser le retour des bonnes actions chez les vivants. Elle avait tout orchestré, avec l’aide de nombreux anges, et enfin, quand tout le monde se sentit prêt à aller voir Dieu pour lui demander sa permission, tous partirent à la recherche de l’Être Divin. Alex n’avait aucune idée de l’endroit où Il se cachait, et elle ne l’avait d’ailleurs jamais vu.
Elle finit par rassembler les anges volontaires autour d’elle, leur demandant de penser très fort à Lui, et le petit groupe s’était dirigé au hasard. Incroyablement, l’idée d’Alex avait fonctionnée, et ils se retrouvèrent dans une salle immense qui était apparu soudainement. Une personne les regardait à l’autre extrémité, son visage n’était ni masculin, ni féminin, mais Il dégageait la sagesse et l’expérience que seuls les millénaires peuvent prodiguer. Il portait un long manteau d’un blanc divin, Il était chauve, imberbe et ne souriait pas. Alex compris au premier regard que c’était Dieu en personne qui se tenait devant eux. Il semblait si effrayant que personne n’osa bouger lorsqu’il s’approcha.
_ J’accepte, annonça-t-il d’une voix neutre. Mais vous devez savoir que toutes les rumeurs sont fondées : vous n’aurez que quarante huit heures pour faire pencher la balance du bon côté, et quoi qu’il arrive, vous ne pourrez plus jamais revenir.
_ Nous le savons, déclara Kory, un ami d’Alex, mal à l’aise mais décidé, nous sommes tous d’accords pour accepter les conditions.
_ Très bien, fermer tous les yeux.
Tous les anges obéirent. Soudain, une fontaine d’informations se déversa dans leur esprit : ce que chacun devait faire, ne parler qu’à une personne, le rendez-vous une heure après leur arrivé sur Terre, aller un peu partout dans le monde pour encourager les gens à faire de bonnes actions, comment la fin allait se dérouler, l’explosion, la disparition de l’un des deux camps… Ils virent également la fameuse balance qui comptabilisait les bonnes et les mauvaises actions sur Terre, et même un aperçu de l’enfer qui les attendrait s’ils réussissaient. A la fin de la vision, tous les anges restèrent silencieux devant les épreuves qu’ils allaient devoir subir, mais tous étaient d’autant plus décidés à mener à bien leur mission.
_ Maintenant que vous savez ce qui vous attend, vous pouvez vous rendre sur Terre si vous le désirer toujours, annonça Dieu.
Cette déclaration fut suivie par un long silence, mais les regards, eux, ne faiblissaient pas.
_ Alexandra, je peux te parler ? demanda Dieu.
Brutalement, sans qu’Alex ait eu le temps de répondre, elle se retrouva dans une petite salle, contenant un bureau, quelques sièges et un chat noir qui dormait paisiblement sur un fauteuil moelleux.
_ Alexandra, lui dit-Il, pourquoi veux-tu sacrifier ton éternité ?
_ Et bien… hésita Alex, de plus en plus mal à l’aise. Il y a des personnes auxquelles je tiens sur Terre, et je ne pense pas qu’ils méritent ce genre de futur.
_ Vraiment ? Demanda-t-il en lui montrant un siège où elle s’enfonça confortablement. Et pourquoi mériteraient-ils plus que d’autres êtres vivants d’être sauvé ?
_ On se comprend sur un point vous et moi : ce que font les Hommes ne nous regardent pas. Mais je ne veux pas que des innocents paient pour des fautes qu’ils n’ont pas commises.
_ Tu parles des démons ? Oui, il est vrai que mon homologue maléfique aime bien ces petites créatures. Moi, personnellement, je les trouve laides.
_ Expliquez-moi pourquoi vous laissez faire ça ? Et d’ailleurs, pourquoi êtes-vous aussi stricte sur le fait que personne ne pourra jamais remonter ?
Alex avait retrouvé sa vigueur et elle était bien décidée à défendre la cause des anges. Dieu, lui, semblait amusé, Il souri gaiement en entendant un simple ange lui poser des questions sur ce ton.
_ Parce que comme tu viens de le dire, je ne m’occupe pas des affaires des Hommes, et je ne m’en occuperais pas ! Cependant, ajouta t-il en regardant la mine scandalisée d’Alex, j’admets que tout ce qu’il se passe chez les vivants est indépendant de leur volonté, voilà pourquoi je vous autorise à descendre.
_ Et puis d’abord, qu’est ce que je fais là ?
_ Je voulais comprendre pourquoi tu voulais descendre.
_ Pour sauver le peu de bien qu’il reste.
_ Alexandra, je lis dans ton esprit aussi clairement que dans un livre, et je sais que tu n’es pas habité uniquement par de bonnes intentions.
_ Alors pourquoi est-ce que vous me posez ces questions ?
_ Tu hais la Terre et ses habitants, je me trompe ? Plus d’une fois tu as voulu te suicider, sans jamais avoir eu le courage d’agir, ou plutôt parce que tu tenais trop aux personnes qui t’entouraient. Ils n’ont jamais rien su de ton vivants n’est-ce pas ? Ils n’ont jamais compris à quel point tu souffrais ? Le jour de ta mort, j’ai senti le sentiment de liberté qui t’habitait, et maintenant tu voudrais redescendre pour sauver ce que tu as toujours détesté ?
_ J’ai mes raisons, et puis en quoi ça vous intéresse ?
_ Simple curiosité.
Alex commençait réellement à s’énerver. Une chose était sûre, elle ne s’imaginait pas Dieu comme cela : une mère qui veut tout savoir sur tout le monde.
_ Donc, si j’ai bien compris, on ne remontera jamais ? demanda t-elle en essayant de se calmer.
_ Non, à moins d’un miracle, ironisa Dieu.
_ C’est très drôle…
Dieu était lui aussi capable de plaisanter ! Incroyable ! Il était doté d’un humour plutôt douteux, mais cela suffit à détendre l’atmosphère qui régnait entre créateur et créature.
_ Toute fois, j’ai un service à te demander.
_ Je me disais aussi, ce n’est pas par pure curiosité que vous m’avez amener ici.
_ Je voulais, entre autres choses, te demander de commander votre petite armée.
_ Nous n’avons pas de chef, tout était prévu comme ça.
_ Et bien maintenant, je te confie le rôle de commandant de cette mission.
_ C’est une autre plaisanterie ?
_ Non, repris Dieu, redevenu soudainement très sérieux. En réalité, j’ai besoin de toi pour te confier un… pouvoir, qui décidera si votre mission est réussite.
Alex ne compris pas un mot, mais préféra ne pas en faire la remarque. Il n’a jamais été question de pouvoir à sa connaissance.
_ Ce pouvoir est très puissant, et il te permettra de détruire ces démons, ou de vous détruire vous. J’ai besoin de quelqu’un en bas pour orchestrer la bataille finale, et pour lui confier l’instrument de votre victoire, ou de votre défaite.
_ Qu’est ce que je vais devoir faire ? demanda Alex abasourdie.
_ Et bien, pour te dire la vérité, pas plus que ce que tes amis et toi aviez décidé. Cette force va résider en toi tout le long de ton voyage, il va t’affaiblir, et tu sentiras sans doute une profonde fatigue à la fin, voir même une douleur lancinante. Mais ne crains rien, tout ceci restera supportable.
_ Et si je refuse ? Et puis d’abord pourquoi moi ? Il y a tant de personne qui pourrait le prendre votre pouvoir !
_ Justement non. Tu as toutes les qualités pour le garder dans ton corps le temps qu’il faudra. Tu es exactement la personne qui me faut Alexandra.
_ Par pitié, appelez-moi Alex, et vous n’avez toujours pas répondu à mes questions.
_ Pour contenir ce pouvoir, tu devras le vouloir, et toi seule possède cette force de caractère. Alex, tu es la seule à ne pas vouloir sauver la Terre, tes sentiments sont tout bonnement égoïstes. Mais pourtant, tu es la seule à croire réellement à cette mission, et surtout, tu n’as pas peur de l’enfer contrairement aux autres, tu comprends ? Si par malheur, celui qui porte en lui cette force la libère trop tôt, pour que son âme et celles de tous les autres anges soient détruites, alors non seulement vous aurez perdu, mais tout cela n’aura servi à rien, et donc le monde vivra là ses dernières heures de bonheur avant que les fleures ne se fanent.
_ Vous pensez vraiment que je suis capable de le garder en moi ? Et si jamais je voulais le libérer ce pouvoir divin ?
_ Tu ne le feras pas. Tu tiens trop à elle pour ça.
Alex ne bougea pas de son fauteuil, abasourdie, Il avait deviné pourquoi elle voulait descendre. Mais après tout, elle discutait avec Dieu en personne…
_ Laure, c’est cela ? Et bien même la mort n’a pu rompre ce lien qui vous unit. Je sais que tu penses qu’elle est malheureuse depuis ton départ, et j’ajouterais même qu’elle se laisse mourir. Voilà pourquoi tu ne te « suicidera » pas : tu tiens trop à elle pour lui offrir ce genre d’avenir.
_ Je dois avouer que vous avez raison sur ce point…
_ Allez, il est temps pour toi de la retrouver. Les autres sont déjà partis.
Dieu, d’un mouvement de la main, fit apparaître un vaste écran, sur lequel on distinguait une silhouette.
_ C’est elle, et je pense que tu devrais savoir cela avant de partir.
La silhouette prit doucement la forme de Laure. Alex ne la reconnue pas au premier regard : elle avait changé, elle était plus fine, des cernes noires étaient visibles sous ses yeux, ses longs cheveux noirs étaient ébouriffés. Elle semblait si fatigué, si triste, elle qui autrefois paraissait si gaie.
Soudain, aussi clairement que si Alex s’était trouvé dans l’esprit de Laure, elle entendit ses pensées les plus profondes. Laure se trouvait sur un petit pont non loin de chez elle et elle pensait sérieusement à sauter dans les eaux boueuses du canal.
_ Non ! Hurla Alex en sautant de son fauteuil, même si elle savait que son amie ne l’entendait pas. Ne fait pas ça Laure ! Ne saute pas !
Comme si elle l’avait entendue, Laure décida de ne pas mourir noyé ce soir. Et elle se dirigea dans les ruelles sombres et males fréquentées. Alex ne cacha pas son soulagement.
_ Je pense effectivement que cette jeune personne à besoin de ton aide, déclara Dieu.
_ Il faut que je la retrouve, j’ai besoin de lui parler. J’accepte de prendre n’importe quel pouvoir du moment que vous me laissez y aller le plus vite possible !
_ La force est déjà en toi Alex, dans ton cœur, et de plus, je pense que ton amie à besoin de toi. Pars vite lui porter secours !
Alex regarda de nouveau l’écran géant et vit Laure se faire attaqué par trois hommes apparemment saouls. Paniqué, l’ange disparut sur le champ.
Dieu regarda Alex mettre les agresseurs de son amie KO, puis Il se leva de son fauteuil et l’écran disparut. Il regarda longuement le chat qui dormait toujours paisiblement. Puis, plongé dans ses pensées, Il ralluma l’écran et observa ses anges vaincre à leur manière les forces du mal…
May I have a seat in Heaven ?
May I have my place in Heaven ?
(ce serait mieux)
Non, désolé, je aime bien mon titre Carnavale. Je pense que le titre est trés important, et je ne désire pas en changer.
Merci quand même pour ta proposition.
Non, t´inquiètes c´était pas une proposition pour que tu changes ^^. Je disais que c´était mieux de mettre "place" que "seat" si on devait adapter ton titre en anglais, voilà tout ^^.
Merci, même si je ne vois pas vraiment pourquoi je traduirais mon titre en Anglais. A moins que je sois publié et que ce soit l´histoire entière qui soit adapté en Anglais... On peut rêver non ? ![]()
12
Le Sahara. Terre brûlée. Nuit froide d’Afrique. Chaque souffle de vent transportait avec lui des poignées de grain de sable, le plus fin que Laure ait jamais vu. Du sable, du sable et encore du sable. Aussi loin que portait son regard et malgré l’obscurité, elle ne vit aucune trace de vie : pas d’habitations, ni de végétaux. Seules la lune et l’absence totale de nuages fournissaient assez de lumière pour lui permettre, à elle et aux autres « vivants » d’observer la scène. Elle distinguait Alex, devant les autres anges. Elle semblait plus pâle que jamais. Elle transpirait et semblait souffrir mais elle ne bougeait pas, ses yeux ne cillaient pas, comme si elle était certaine de la marche à suivre et tant pis pour la douleur : pas de doute possible, Alex était décidée, quoi qu’il puisse se passer…
Peu à peu, Laure avait vu les anges affluer et se regrouper derrière son amie. Elle avait également observé les démons qui se positionnaient petit à petit en face des anges. Ils n’étaient pas affreux, ou en tout cas pas comme Laure l’avait imaginé. Ces démons ressemblaient à des gens normaux : des hommes et des femmes de tout âges, et même des enfants. Ils ne ressemblaient absolument pas aux monstres qu’on décrivait aux enfants dans les contes : ni cornes, ni queue fourchue, ni tridents, ni dents trop longues… C’étaient des personnes totalement normales, comme on en croise dans les rues tout les jours sans jamais les remarquer. Ils étaient trois fois plus nombreux que les anges, et leurs visages ne trahissaient aucunes émotions particulières. Ils attendaient eux aussi que quelque chose arrive.
Certains anges étaient arrivés seuls, mais beaucoup d’entres eux étaient accompagnés par des « vivants ». Laure se trouvait sur le sommet d’une dune de sable, observant la scène en compagnie d’une cinquantaine d’hommes et de femmes venant des quatre coins de la planète. La jeune femme remarqua Jessy l’Argentine, la fille de Tina, Cédric l’Africain, mais également un bon nombre d’inconnus. Jessy lui avait fait un petit signe de la main à son arrivée, en esquissant un sourire forcé. Mais les deux jeunes femmes restaient là, à regarder leurs amis et leurs familles au lieu de discuter. Surtout que les conversations se faisaient uniquement par gestes, étant donné qu’elles ne parlaient pas la même langue. Tout le monde attendait impatiemment que quelque chose se passe. La tension se lisait dans le regard de toutes les personnes qui assistaient à ce combat titanesque entre le bien et le mal.
Le silence. Interminable. Glacial. Les deux camps se regardaient, se fixaient, ils s’évaluaient en attendant le moment de l’affrontement final.
_ Plus que deux minutes murmura Cédric, qui se trouvait juste à la droite de Laure.
La jeune femme avait peur, même si elle ne voulait pas que cela se sache pour ne pas démoraliser la petite armée qui se trouvait à une dizaine de mètres des observateurs. Elle sentait une goutte de sueur froide descendre le long de sa colonne vertébrale mais décida de ne pas bouger pour ne pas briser la concentration des anges. Les secondes ressemblaient à des heures, et Laure sentait qu’il ne restait maintenant plus qu’une minute avant le dénouement de leur aventure. Elle aurait tout fait pour que cette minute soit éternelle, pour que rien ne se passe lorsque cette minuscule minute soit écoulée. Elle serrait contre elle le sac de sport qu’elle transportait depuis le début de l’aventure. Ce contact l’apaisa quelque peu. Elle n’avait pas pensé au future, elle ne voulait pas le faire. Si son amie gagnait, elle partirait en enfer, mais si elle perdait, son âme serait détruite. La jeune femme ignorait quel avenir était le plus réjouissant des deux, et d’ailleurs, elle ne désirait pas y songer, de peur de se décourager et de fondre en larmes. Elle sentit Cédric se crisper au moment où le compte à rebours prit fin. Laure crut d’abord que ses prières avaient été exaucées : il ne se passait rien. Malgré la nuit, elle devina alors que tous les anges avaient fermé les yeux, ils étaient plongés dans une concentration intense.
Puis tout bascula, il y eu une longue pétarade assourdissante, comme une interminable série de coups de cannons amplifiée, qui obligea Laure à plaquer ses mains contre ses oreilles. Non seulement le bruit dégagé fut infernal, mais il apportait avec lui une lumière éblouissante. Laure ferma les yeux, et souhaita de toutes ses forces que tout cela s’arrête. Elle tenta de regarder la scène, et malgré la lumière qui l’aveuglait à moitié, elle reconnut Alex, à genoux dans le sable du désert, qui hurlait. Ses traits tournés vers le ciel étaient défigurés par la douleur, c’est de ses mains que semblait venir la lumière. Laure vit tous les autres anges allongés dans le sable, évanouis. Les démons, quant à eux, tentaient tant bien que mal de se protéger de la lumière, mais aucun ne paraissaient souffrir d’aucune façon.
« Non, ils ne peuvent pas perdre ! Ils ne doivent pas perdre ! » Pensa Laure en sentant couler sur son visage des larmes chaudes. Elle n’y croyait plus, elle sentait les forces d’Alex diminuer, et elle voyait le visage de son amie verser des flots de douleur.
_ N’abandonne pas, hurla Laure en courant le long de la dune où elle était sensée rester caché quoi qu’il advienne. Alex ! Je t’en pris !
La descente lui parut d’une longueur interminable. Elle tomba plus d’une fois, et avala quelques poignées de sable fin, mais elle n’y prenait pas garde. Elle finit par atteindre son amie qui hurlait en bas de la dune. Mais avant qu’elle puisse la toucher, tout disparut, le bruit comme l’étrange lumière, mais il flottait dans l’air une légère odeur de brûlé. Laure attrapa son amie, juste avant que celle-ci ne s’effondre de fatigue. Alex semblait seulement épuisée, mais elle était toujours là… Laure pleura de joie en remarquant que tous les démons avaient disparu. C’était finit ! Ils avaient gagné !
Tous les vivants dévalèrent à leur tour la distance qui les séparait de leurs proches défunts, et Laure entendit des cris de joies résonner dans tout le désert. Puis elle sentit qu’Alex tentait de se relever. Les deux amies se regardèrent dans les yeux, et sourirent joyeusement.
_ C’est fini, murmura Alex, c’est fini… Nous avons réussi, ajouta-t-elle avec une once de surprise dans la voix, comme si elle-même avait encore du mal à y croire.
_ Vous avez gagné, lui répondit Laure, un large sourire illuminant son visage, en passant son bras sous celui de son amie pour la soutenir.
Puis une étrange lumière entoura les anges, une lumière qui semblait venue de nulle part. Cette lueur enleva les couleurs, les formes et la consistance des corps des anges vainqueurs.
_ N’oublis pas ta promesse Laure, lui murmura son amie soucieuse, comme si elle sentait sa fin proche. Je ne veux pas que d’autres aient à faire la même chose, je… je t’aime Laure, je t’aime bien plus que si tu avais été ma sœur, continue la bataille, la guerre n’est jamais vraiment gagnée. Tiens ta promesse, j’ai besoin de savoir que tu vas vivre !
_ Alex ! Hurla Laure en sentant le corps de son amie devenir transparent, ses bras se refermant peu à peu sur du vide. Je te le promets Alex ! Je te le promets !
Mais Alexandra, ainsi que tous les autres anges avaient déjà disparus.
Laure entendit des lamentations et des cris venir de toute part. Elle vit Jessy écroulée en hurlant de tous ses poumons le nom de sa mère. Elle regarda Cédric, le regard fixés su le sol, les larmes aux yeux. Laure ne savait plus où elle en était, elle ne pleurait plus, elle n’en avait plus la force. Elle contempla l’horizon, observant les premières lueurs de l’aube sur le ciel bleu marine, dernière esquisse d’une longue nuit.
Puis, soudainement, elle et son vieux sac se retrouvèrent dans sa chambre, à des milliers de kilomètres du Sahara. Elle regarda longuement les piles de vêtements sales, la poussière, le paquet de chips qui pourrissait sous son bureau. Rien n’avait changé depuis son départ, à part… Laure sentit le désespoir l’engloutir en pensant à ce que devait subir Alex en enfer, et la tristesse inonda ses yeux. Elle la laissa se déverser, les barrières qu’elle avait érigées contre le découragement s’étaient brisées. Agenouillée ainsi sur le sol de sa chambre, Laure pleura toutes les larmes de son corps. La douleur la submergea, et l’espace d’un instant, elle oublia sa promesse…
13
La disparition de Laure resta inexpliquée. Ce matin-là, les parents ont trouvé leur jeune fille en pleurs dans sa chambre alors que celle-ci avait disparut depuis plus de deux jours. Laure n’a rien voulu avouer sur les événements qui s’étaient produits au cours des dernières quarante huit heures. La police avait donc conclu que la jeune femme avait sans doute fait une simple fugue. Le sable qui se trouvait sur ses vêtements et dans ses cheveux démontra à tous que Laure s’était enfuie vers la mer avant de revenir chez ses parents. Elle n’avait aucune blessure, et elle ne semblait pas malade, le seul problème auquel ses parents durent faire face après son retour fut une longue et pénible dépression.
Laure pleura toute les larmes de son corps en l’espace de quelques jours. Elle ne s’alimenta plus, et ne dit plus un mot. Personne ne la comprit, pas même Gabriel, l’ex-petit ami d’Alex. Le jeune homme passait ses journées à rester prés d’elle, à l’encourager, à lui raconter toutes sortes d’anecdotes, mais rien de ce qu’il lui dit lui ramena le sourire… Elle pensa longuement aux événements qui avaient bouleversés sa vie. Elle se donna une semaine pour pleurer, et ensuite elle s’était jurée de survivre, et de respecter sa promesse. Elle passa donc ses journées dans un lit chaud à ressasser les mêmes épisodes, à voir indéfiniment les mêmes événements et en entendant les mêmes paroles.
Mais au bout d’une semaine, Laure tint effectivement sa promesse. Elle se leva de son lit, s’habilla, et partit au lycée comme si rien ne s’était passé. Elle ne rata plus un seul cours, et eu même de très bonnes notes. Elle continua à vivre même en sachant que sa meilleure amie souffrait des tourments infinis. Parfois, elle pleurait encore en pensant à Alex, mais elle ne laissait plus le désespoir l’envahir, elle séchait donc vite ses larmes et repartait dans la vie en arborant un sourire souvent forcé. Laure survécut, et elle essayait de continuer la bataille qu’elle avait commencée avec son amie.
Laure fit de longue étude et devint médecin. Elle travailla dans le monde entier, et tout particulièrement dans les pays les plus pauvres. Elle revit certains des enfants qu’elle avait rencontré lors de son voyage, et Alex ne s’était pas trompé, eux aussi tentaient de venir en aide aux autres. Elle retrouva même Jessy en Argentine, et Laure passait souvent dans la petite auberge qui avait accueillie les anges il y a très longtemps. Elle y croisait parfois, des anciens survivants de la guerre, des anciens « vivants ». Personne ne pouvait oublier de tels événements, même dix ou vingt ans après. Cédric aussi s’était lancé dans l’humanitaire après la confrontation dans le désert. Laure et lui devinrent très proches, ils firent de nombreux voyages ensemble. Elle pouvait lui parler de ce qu’elle avait vécu, ce qui était rare.
Laure se maria, elle eu des enfants, puis des petits enfants. Elle ne raconta à personne durant sa vie l’histoire des anges. Mais quelqu’un l’avait fait à sa place. Cédric devint un grand écrivain en relatant leur histoire sous forme d’un roman d’une réalité saisissante. Les fonds récoltés avec la vente des livres furent reversés à des associations caritatives. Cette histoire fut même adaptée au cinéma. Tout ceux qui avaient aidés les anges furent plus qu’heureux de savoir que leurs péripéties seraient connues dans le monde entier et que le message des anges serait ainsi propagé dans la plupart des pays. La bataille continuerait, même après la disparition des anciens « vivants »…
Laure moura dans son lit à l’âge de quatre vingt huit ans. Elle s’en alla dans le calme et dans une quiétude ben méritée, une fin sans douleur après tant d’années… Et le grand voyage commença enfin pour elle. Elle découvrit les portes du paradis, leur beauté était indescriptible. Laure n’en revenait pas. Elle pensa soudainement à Alex, son amie, qui avait sacrifié sa place au paradis pour rétablir le bien sur Terre. Laure comprenait maintenant qu’avoir fait le choix d’aller en enfer n’avait pas était simple. La vieille dame regarda longuement les portes, elle les avait imaginées durant toute sa très longue vie, et ne parvenait pas à se décider à entrer.
_ Bon, c’est pour aujourd’hui ou pour demain, t’es pas la seule à être morte ! Dégage !
Laure entendait cette réprimande de loin, le paradis n’était peut-être pas si accueillant que ça après tout. Elle se retourna pour faire face à l’ectoplasme qui avait crié pour lui lancer une réplique cinglante dont elle avait le secret, et quelle ne fut pas sa surprise en découvrant…
_ Alex, murmura Laure.
_ Ben ce n’est pas trop tôt ! J’ai bien cru que tu m’avais oubliée ! Lui répondit celle-ci en affichant un large sourire.
Alex n’avait pas changé, elle était toujours aussi jeune, ses cheveux châtains cascadaient sur ses épaules et elle avait dans les yeux une lueur de malice que Laure reconnut aussitôt. Les deux amies se fixèrent silencieusement. Alex semblait amusée par la nouvelle apparence de Laure, en effet, la vieille dame avait maintenant quatre vingt huit ans, son visage était ridé, ses cheveux autrefois noirs était d’un blanc laiteux et attachés dans son dos aujourd’hui courbé par les années.
_ Et ben ! S’exclama Alex. Excuse moi de faire une remarque aussi bête mais qu’est ce que t’as vieilli !
_ Mais… Comment… Qu’est ce que tu fait là ? Balbutia Laure. Je te croyais en enfer !
_ Ben, moi aussi je m’y croyais, mais finalement je n’ai même pas eu le temps de prendre un coup de soleil ! Aucun ange n’y est allé, et c’est mieux comme ça !
_ Mais explique toi ! S’emporta la vieille dame.
_ Du calme ! Toi tu changeras jamais ma vieille, même avec soixante dix ans de plus tu continu à me courir sur le haricot ! Tu veux bien attendre l’explication et après tu poseras autant de questions que tu voudras, de toute façon on a toute l’éternité devant nous.
Laure accepta d’un signe de tête de se taire et de laisser son amie s’expliquer.
_ Ok, tout d’abord, Dieu n’a pas joué franc jeux avec nous dés le départ. Il nous a menti par omission. En fait, son plan était simple, quoi qu’il arrive, aucun ange n’irait en enfer. Si on perdait, et il paraît que ce n’est pas passé loin, nos âmes seraient détruites, et ça le grand barbu n’aurait rien pu faire. Mais si on gagnait, ce qu’il s’est passé d’ailleurs, nos âmes seraient sauvées grâce à un point que Dieu à « oublier » d’éclaircir : si on gagnait, nos âmes se seraient sacrifiées pour sauver celle des êtres humains.
Laure regarda son amie avec une once d’incompréhension dans le regard.
_ Pour faire simple, tous les péchés qu’on a pu commettre de notre vivant sont totalement effacés si on donne sa vie pour en sauver une autre. Et c’est ce qu’il s’est produit. Nous les anges nous avons sacrifié notre éternité pour le bien de l’humanité, et c’est ce qui nous a sauvé. Si tu avais vu nos têtes quand on est revenu ici !
_ Et ben, moi qui croyais que tu te faisais rôtir les fesses en enfer, ironisa Laure.
_ Et oui, du coup je m’ennuie encore plus qu’avant dans cette infinité de joie, de bonne humeur et de beauté… Oui, je me demande si on s’amuse plus en enfer qu’ici. Les fêtes doivent être très chaudes !
_ Oui, si tu le dis, personnellement je ne veux pas aller tenter l’expérience. Je pense que je me plairais bien au paradis, moi.
_ Si tu savais comme c’est bon de te revoir, ma très vieille amie !
_ En effet, moi qui pensais ne plus t’avoir sur mon dos…
_ Le paradis c’est grand, si tu veux j’irais à une extrémité et toi à l’autre, comme ça on n’aura plus à se supporter.
_ C’est une idée qui vaille la peine d’être retravaillé… A voir donc.
Puis sans un mot, Laure sauta dans les bras d’Alex et se mit à verser quelques larmes de joie.
_ Plus jamais murmura la vieille dame à l’oreille de son amie, plus jamais nous ne serons séparées… Plus jamais, tu m’entends.
Alex serra son amie dans ses bras, les larmes aux yeux.
_ Tes petites manies restent bien présentes on dirait, déclara Alex après un certain temps en faisant allusion à l’habitude que Laure a de sauter dans ses bras.
_ Que veux tu, ce n’est pas à mon âge que je vais changer…
_ En est-tu sûr ?
Alex se dégagea de l’étreinte de son amie, et la regarda dans les yeux.
_ Ferme tes yeux, je vais te montrer un petit tour.
Laure obéit sur le champ.
_ Bien maintenant, imagines toi beaucoup plus jeune, disons quant tu avais dix sept ans.
L’espace d’un battement de sourcil, Laure perdit ses rides, son dos se redressa, ses cheveux noircirent, Elle ressemblait maintenant à celle qu’elle était lors de son aventure autour du monde. Elle écarquilla les yeux en regardant ses mains, en palpant son visage jeune et beau.
_ Oui, c’est mieux comme ça, affirma Laure.
_ Le paradis a ses bons côtés, et ça, ça en fait parti, garantit Alex avec un sourire espiègle. Bon, ce n’est pas tout ça mais on a le paradis à découvrir ! Et l’éternité ne sera pas de trop pour en faire le tour.
_ Alors commençons maintenant.
Laure prit la main d’Alex et l’entraîna dans l’entrebâillement des portes majestueuses du paradis…
Dieu regarda la scène, touché par cette amitié si hors du commun. Il observa Alex montrer à son amie comment changer d’apparence, et Il sourit en voyant le visage illuminé de Laure après cette expérience. Il était ému par ce bel exemple d’amitié, lui qui devait faire tourné l’univers dans le bon sens. Rien ne pourra jamais lui faire plus plaisir que de savoir que le combat continuerait au-delà de la mort. Dieu regarda son nouvel ange franchir les portes du paradis en compagnie d’Alex, l’ange qui n’était pas si angélique que cela…
J´ai oublié de préciser quelque chose...
FIN
![]()
Je viens de tout lire d´un coup ^^ fiou !
Bon alors, commentons ce joli texte ^^
Tout d´abord, on va parler des points un peu moins bons. Des fautes, il y en a pas mal. Dommage parce que ça gâche un peu la lecture... il faudrait juste que tu prennes un peu plus le temps de te relire plusieurs fois, ou même demander à quelqu´un d´autre de le faire pour toi ^^ Une fois que ce sera fait, tes récits seront encore meilleurs qu´ils ne le sont déjà ![]()
Ensuite, pour le texte en lui-même. Le retour d´Alex et la vitesse à laquelle Laure accepte les faits déstabilisent un peu. Il aurait peut-être mieux valu t´attarder sur ce point, la faire hésiter, etc...
Par contre, une fois le postulat de départ admis, ton histoire est passionnante
ça paraît assez classique comme ça, mais l´amitié entre les deux jeunes filles donnent un souffle vraiment fort et prenant au récit. Dans certains commentaires, j´ai vu que quelqu´un critiquait la psychologie des personnanges, mais hormis le début, je trouve le tout assez logique et même d´une force surprenante... Accorder une telle confiance à une amie est tout bonnement un sentiment d´une grandeur émouvante et ça m´a réellement pris aux tripes...
Certains passages sont émouvants, touchants, ce que j´aime par-dessus tout lors de mes lectures... Tu compenses admirablement ton manque de descriptions par ces sentiments agréables. C´est ce qui me fait aimer l´écriture également. Merci pour ces moments ^^
La fin apporte un suspense et une pression agréable. On retient son souffle et on se demande ce qu´il va arriver aux personnages. Bien joué !
Bref, une lecture agréable. On s´attache aux personnages ( point réellement essentiel dans les récits d´une certaine longueur ) et on les suit avec grand plaisir. Je ne te conseillerai que de travailler tes descriptions et d´essayer de réduire tes fautes.
Pour le reste, continues ^^
Chapeau bas mamzelle Clof, pour avoir terminer ce fort joli récit ![]()
C´est moi qui ai fait le commentaire sur la psychologie et je le maintiens toujours pour certains points.
Enfin bref, j´ai lu et terminé cette histoire.
Il est vrai que c´est touchant, cette démonstration d´amitié qui est en fait le message principale.
Bien, je pourrai m´attarder sur certain passages dont la fin fait partie qui aurait mérité un peu plus de descriptions autant sur la scène que sur ce que les personnages ressentent mais en somme ceci reste une histoire prenante et intéressante.
J´ai bien aimé et je serai ravi de lire tes autres textes.
Bonne chance et Bonne continuation dans tes futurs écrits.
Merci à vous deux pour vos remarques qui m´aideront à améliorer cette petite histoire !
ApoloJ, tu as tout lu d´un coup ? Et ben, bravo ! Et surtout merci pour ton commentaire !
Je sais qu´il y a pas mal de fautes, et j´ai essayé de m´améliorer au fil des chapitres. Donc je suis désolé sur ce point... Je pense aussi que Laure aurait dû hésiter un peu plus, même si lors de l´écriture de ce passage, cela me semblait logique, je ferais donc quelques petites corrections à ce sujet. Bon, pour le manque de descriptions, je suis encore désolé, je ne m´en étais pas rendue compte...
Encore merci à vous deux pour avoir consacrer un peu de vote temps à la lecture de mon histoire !
voui, tout lu d´un coup
C´est bon signe, ça veut dire que ton histoire était captivante ^^ personnellement le manque de description ne m´a pas vraiment gêné. On me fait la même remarque parfois... On a un peu le même style d´écriture toi et moi, je crois...
Alors que certains auteurs vont dessiner un vaste décor, bien carré et défini, milimétrè et soigné avant d´y insérer des personnages pour les y faire évoluer, j´ai l´impression que nous avons tendance à esquisser des personnages forts qui découvrent petit à petit un décor plus ou moins flou, parce qu´il reste soumis à la vision des personnages principaux et non de l´auteur... ( pas trop compliqué ce que j´ai voulu dire ?
) En gros, les amateurs de grandes et longues descriptions ont plutôt une narration omnisciente et omnipotente alors qu´on se tourne, nous, vers une narration, qui, bien qu´omnisciente, semble vouloir se tourner vers une subjectivité relative... (
)
Enfin bref, lol je vais pas polluer ton topic avec mes divagations sur nos types de narration :p encore bravo à toi... continu comme ça ![]()
Polluer ? Pas du tout ! Mais c´est vrai que j´ai dû relire ton explication pour en comprendre le sens...
La seule raison pour laquelle mes fics ne sont pas remplies de descriptions c´est parce que je laisse au lecteur en inventer les contours. Et surtout il faut avouer que je déteste les histoires trop longues où l´auteur passe trois pages à décrire le gros orteil du héros ! Et puis, c´est vrai que je fais des descriptions par rapport à la vision du personnage, si il n´est pas captivé par ce qui l´entoure, je ne vois pas l´intérêt de décrire son environnement ! Bref, ça dépend des lecteurs et surtout des auteurs, tous les goûts sont dans la nature. ![]()