Me revoila, de retour !
Alors, je me suis moins bien imaginé les scenes mais c´est surement dû au fait qu´il n´y a pas d"ambiance" précise.
Sinon, ben j´aime toujours autant ton style : fluide, simple et sans lourdeurs. Par contre il y a toujours des fautes d´orthographe. Essaie de te relire un peu plus
J´espère que sa va pas tomber dans la vieille histoire du bien qui affronte le mal et que tu sauras mettre des rebondissement qui evitent ce manichéisme
Voili voilou !!
pour les fautes, je vais faire un peu plus attention.
Par contre, c´est effectivement une histoire de bien qui affronte le mal. Mais je vous rassure, des péripéties, il y en aura. Il va falloir patienter, la suite sera un peu longue, j´avoue, mais c´est à la fin que tout va se jouer...
5
La chambre de Laure. Des piles de linges sales, des livres un peu partout, et… un vieux paquet de chips qui reposait en paix sous son bureau. La chambre semblait être rester fermer durant plusieurs semaines, l’air était vicié, et une fine couche de poussière recouvrait le tout. Alex n’en crut pas ses yeux.
_ Toi qui m’énervait pour un simple pantalon mal plié…
Laure se taisait. La perte de son amie l’avait tellement secouée qu’elle s’était arrêtée de vivre. Elle passait ses journées enfermer dans le noir, à fixer le plafond. Elle ne suivait plus ses cours, se faisait renvoyé assez souvent les jours où elle se rendait au lycée, se qui était devenu rare. Si cela persistait, la mère de Laure allait bientôt la garder à la maison. La jeune fille était complètement désespérée, et elle avait refusé toute aide, que ce soit de ses parents, où d’un psychologue.
_ Je ne me doutait pas que… commença Alex d’une voix faible
_ Tu me manques. Si tu savais à quel point tu me manques…
Des larmes perlaient aux coins de ses yeux, Alex la prit dans ses bras et lui chuchota à l’oreille :
_ Je sais, c’est dur. Tu veux mourir pour me rejoindre. J’ai lu tes pensées avant de venir, je sais ce que tu ressens, tu n’es pas seule. Je serais toujours avec toi. Il va falloir que tu continue à vivre pour nous deux. Je me souviens de cette promesse que je t’avais faite et je suis désolé car je ne pourrais pas la tenir. Sache que je suis bien où je suis et que je veux que tu vives heureuse.
_ Arrêtes, dans trente neuf heures tu seras de nouveau partie. Et moi je resterai toute seule, encore une fois. Tu ne peux pas savoir à quel point c’est dur de se retrouver du jour au lendemain sans ta présence, sans tes blagues débiles…
_ Je ne suis pas le dernier décès que tu aura à surmonter Laure, tu n’a pas le droit d’abandonner, fais ça au moins pour moi…
Le regard de Laure fut aspiré par les yeux verts de son amie. Elle était en colère, elle lui en voulait terriblement d’être partie.
Un bruit sous leurs pieds leur indiqua que quelqu’un avait entendu leur conversation. Les deux jeunes filles s’immobilisèrent et tendirent l’oreille. Des pas, des paroles incompréhensibles : les parents de Laure s’étaient réveillés. Vite. Laure attrapa son portefeuille, quelques vêtements propres et enfonça le tout dans un sac de sport.
_ Chérie, c’est toi ? Demanda une voix qui venait du rez-de-chaussée.
_ Il faut qu’on y aille, murmura Alex, tes parents ne doivent absolument pas me voir. Tu imagine leurs têtes, avoir une morte sous leur toit ne leur fera pas très plaisir.
Laure s’approcha d’Alex, son sac sous son bras et prit la main de son amie.
_ Allons-nous en d’ici, chuchota Laure en fermant les yeux.
Génial, je toruve ça génial. Je viens de lire les 5 parties, et je trouve ça très chouette. Comme les autres l´on dit, je trouve ça fluide (je viens d´aller voir au dico, je savais pas ce que ça voulais dire, enfin, je savais pas l´expression théorique - et ouais, la jeunesse manque de culture
) Je "bois" ton texte. Bref, la suite et Bonne continuztion! ![]()
la suite-euuuuuuh
Bien j´ai lu, ça prit un temps, mais je suis de retour !
Ma critique...
Normalement pour avoir lu de longues suites je laisse de longs commentaires, mais semblerait-il que ton texte soit très bien et j´oserais dire quasiment merveilleux, enfin, je ne m´aventurerai pas jusque là mais c´est très bien.
Quelques fautes d´orthographe à certains endroits, mais titouan a déjà fait la remarque.
Donc tu me laisses le plaisir de te dire bonne chance et bonne continuation et bien sûr je lirai la suite.
![]()
Merci à vous, ça fait plaisir de savoir que son travail plait
J´essaye de poster le plus souvent possible mais il va falloir être patient: entre les études et mes histoires mon coeur balance. Bref, je ne suis pas capable de poster tous les jours. Désolé.
Mais je la finirais, n´ayez aucune crainte ![]()
Tout d´abord, désolé pour cette petite absence mais je devais bosser: oral de TPE...
Donc on va reprendre là où on s´était arrêté la dernière fois. Bonne lecture.
Bon, ben, il n´y a pas grand monde ! Ce n´est pas grave, je continu quand même à poster...
7
Laure et Alex furent télés portées en Asie, au Bangladesh. Alex expliqua à son amie que la seule façon de changer les choses avec aussi peu de temps était d’apprendre aux enfants à pardonner, à s’entraider, et il fallait leur faire comprendre que tout reposait sur eux, sur leurs bonnes actions. Elles passèrent donc leur journée à jouer avec des enfants de tout âges : Alex s’occupait des plus grands en jouant au foot ou en racontant des histoires qui font peurs. Laure jouait avec les plus jeunes en faisant des dessins ou en les maquillant. La jeune fille avait toujours été très bonne en arts plastiques et avait toujours eu de meilleures notes qu’Alex, qui savait à peine tenir un pinceau. Laure ne parlait pas le Bengali, la langue du pays, contrairement à Alex qui l’avait apprise au cours de son séjour dans l’au-delà. Apparemment, elle avait également appris à jouer au foot, ce qui n’était pas peu dire ! En vérité, Alex n’était douée que pour une chose de son vivant : régler les problèmes ! Elle s’occupait beaucoup des autres, elle faisait passer sa propre personne en dernier. Cela lui avait souvent joué de mauvais tours mais même au plus fort de ses tourments, elle n’avait jamais cessé de pardonner… Et tout le monde l’aimait pour ça. Elle était comme une grande sœur pour Laure, protectrice et conseillère.
Les deux jeunes filles voyagèrent dans tout le pays en passant aussi bien par les grandes villes que par les petits villages. Tout ceux qu’elles avaient croisés se montraient accueillants et sympathiques. Par manque de temps, elles ne restaient jamais très longtemps dans un endroit et se dépêchaient de partir vers un autre village, vers bien d’autres âmes à protéger. Alex dut plus d’une fois laisser son amie seule pour aller faire le plein de sandwichs et de ballons de toutes sortes dans d’autres villes du monde. Elles s’amusèrent tellement qu’elles auraient voulu rester plus longtemps. Malheureusement cela leur était impossible à cause du temps. Le temps. Tout n’était une question de temps.
Dans un village, les enfants étaient tellement subjugués par le talent d’Alex au football qu’ils lui demandèrent d’entrer dans l’équipe nationale. Que dire à un enfant qui vous prend pour une héroïne alors que vous n’en êtes pas une ?
Après un énième match de foot, Alex vint s’asseoir à côté de Laure qui dessinait un arbre majestueux. Aucun doute : elle avait vraiment du talent !
_ Je vois que tu commences à prendre ton travail très à cœur, remarqua Alex.
_ Comment peut-on laisser faire une chose pareille ? Ces enfants savent à peine lire ! Qui sommes nous pour les laisser comme ça ?
_ Bienvenu dans mon monde, une terre où l’égalité n’existe pas, où les lois ne sont pas les mêmes pour tous.
_ Comment ai-je pu fermer les yeux sur ce qui se passe ici ?
_ C’est la société qui veut ça, dans un sens ce n’est pas ta faute.
_ Alex, pourquoi est-ce que tu te bats ? Pourquoi ? Le monde est pourrit et ce n’est pas en deux jours que tu pourras changer les choses ! Autant crever que de sauver les gens qui ne font rien !
_ Ne dis pas ça. Tu veux savoir pourquoi je me bats ? Pour ça, dit-elle avec une pointe de colère dans la voix, en montrant des enfants qui jouaient au ballon. Eux n’ont rien demandés. Ils sont nés dans la mauvaise partie du monde et en plus il faudrait qu’ils payent pour un crime qu’ils n’ont pas commis ! Ils ont été élevés en tant que pauvre et seuls les plus doués auront une place parmi les plus aisés de leur pays ! Mais regarde bon sang ! Combien de ces gamins verront un jour un billet de cent dollars sans l’avoir volé ? Je ne veux que sauver ceux qui ont encore une chance de s’en sortir, et je sais que ceux qui sont passé par la pauvreté ne l’oublieront jamais ! Mais je pardonne également à ceux qui ne font rien car tout le monde change un jour ou l’autre. Si nous parvenons à sauver le peu de compassion qu’il y a dans le cœur de chaque être humain, alors je me dirai que ma mission n’a pas été vaine.
_ Tu as plus foi en l’humanité que moi Alex… Je ne veux pas laisser les choses comme ça ! Je te suivrai où que tu ailles.
_ Merci. Tu as toujours été là quand j’en avais besoin. A la fin du voyage, je veux que tu te battes pour eux, pour qu’ils aient un avenir moins gris, même si nous perdons.
_ Je te le promets Alex.
La nuit commençait à tomber dans cette partie du monde, les ombres devenaient menaçantes et les enfants partirent se réfugier chez eux. Alex décida qu’il était temps de partir pour un autre pays, dans un autre continent, vers d’autres âmes à préserver. Une fois de plus, elles dirent au revoir aux familles qui les avaient accueillis avec tant de générosité et s’enfoncèrent à l’ombre des arbres pour disparaître…
8
Le Brésil, Rio de Janeiro ! Le soleil, les plages, les montagnes, quelle beauté ! Laure n’avait jamais vu un endroit comme celui-ci ! Son regard s’émerveillait de toute choses, si elle avait pu, elle aurait quitté Alex pour se baigner dans l’eau si bleu et si chaude de la mer.
_ On ne va pas dans ce sens, lui rappela Alex. Le tourisme et le farniente seront pour une autre fois. Nous, nous allons par là, annonça t-elle en montrant la montagne. Cette fois-ci, il faudra faire un peu plus attention, les favelas de Rio ne sont pas le genre d’endroit où on peut se balader tranquillement.
_ Ah ? Et pourquoi ?
_ Les gangs et le trafic de drogue rendent ces endroits peu surs. Même la police n’a pas forcément de bonnes intentions dans ces quartiers. Il faut faire attention à ne pas déplaire, ça peut être fatale.
_ Et moi qui ne parle pas un mot de Portugais !
_ Ici, il y a beaucoup de gens à sauver, mais je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose, je ne suis pas pressée de te voir au paradis ! Et puis ta mère risque de ne pas beaucoup apprécier.
_ Tu sais, moi, ma mère…
Les deux jeunes femmes montèrent dans un taxi et arrivèrent en haut de la colline et le spectacle qu’elles y virent leur coupa le souffle : des maisons à perte de vues, entassées les unes sur les autres comme de vulgaires boites à chaussures. Ces habitations étaient construites avec des matériaux de récupérations : tôles, bois, plastiques, et pour les plus aisé du béton. Les enfants ne jouaient pas dans les rues, où peut-être qu’ils ne se faisaient pas remarquer. Des vieillards prenaient le soleil devant leur habitation, assis sur des chaises noircis ou sur des rondins de bois. Quelques jeunes hommes se baladaient en groupe dans les rues avec des airs de propriétaires. Sûrement des dealers. Ils cachaient sans doute une arme à feu sous leur blouson de cuir. Il y avait dans cette partie de la ville une atmosphère d’insécurité, d’incertitude. Ceux qui vivaient là ne l’étaient certainement pas par plaisir.
Alex prit la main de Laure dans la sienne, et la pressa doucement, comme un signe de réconfort, puis elle l’emmena à travers les ruelles et traversa une partie de la favela. Elles débouchèrent sur l’extrémité de la ville, sur un grand espace défriché, sûrement un endroit où des logements seraient construits dans les jours à venir. Alex ordonna à Laure de s’asseoir et d’attendre patiemment. Alex prit un ballon de football et commença à jongler, en faisant rebondir le ballon avec agilité. Il ne fallut pas attendre longtemps pour voir des gamins sortir de toute part pour regarder ce drôle de spectacle. Le football était bel et bien le sport national ! Alex prit le ballon de foot dans ses mains et dit quelque chose qui devait être en Portugais. Tous les enfants devinrent comme fous, sautant et hurlant comme si leur vie en dépendait. Alex donna le ballon à un adolescent qui devait avoir douze où treize ans et il commença à jongler et à faire faire des figures compliquées au ballon.
_ Qu’est-ce qu’il se passe ? demanda Laure à son amie, une fois celle-ci revenue prés d’elle.
_ Un petit concours. Le gagnant recevra de l’argent. Evidement, c’est moi qui désignera le vainqueur.
_ Et sur quels critères ?
_ Imagination et générosité. La façon d’agir sera très importante. Du moins c’est un moyen pour qu’ils ne partent pas avec le ballon.
Et ils passèrent toute l’après midi à regarder ces enfants jouer avec un simple ballon de foot. La façon de bouger, les figures exécutés, le comportement, Alex notait tout sur un papier pour être plus à même de désigner un vainqueur. La journée se finissait à Rio au moment de donner les résultats. Alex désigna comme grand vainqueur un petit garçon de neuf ans qui semblait donner vie au ballon. La jeune fille lui remis l’équivalent de cent euros dans ses petites mains et distribua des prix de consolations aux autres : sandwichs et boissons à volonté, ainsi qu’une petite prime.
La journée se finissait joyeusement quand soudain des hommes armés descendirent la colline et demanda quelque chose à Alex en Portugais. Celle-ci ne cilla pas et fixa les nouveaux venus dans les yeux, puis elle leur répondit, tout aussi calmement. Laure commença à paniquer en constatant que tous les enfants s’éclipsaient le plus silencieusement possible, une expression de peur sur leur visage. Laure voulut crier à son amie qu’il fallait fuir au plus vite, mais les revolvers braqués sur Alex l’en dissuada.
L’action qui suivit fut si rapide que Laure crut rêver : un coup de feu fut tiré, puis deux, suivit d’un troisième. Au total, quatre chargeurs furent entièrement vidés. Mais Alex était toujours là, une expression mauvaise dans son regard, qui fixait intensément celui qui semblait être le chef du gang. Les gangsters se regardèrent, se demandant s’il était possible de survivre à autant de blessures par balles. Ils n’eurent pas le temps de répondre à leur question que déjà Alex s’était élancé sur eux en poussant un cri guttural. Laure vit les gangsters tomber les uns après les autres, trop choqués pour oser se défendre. Le combat ne fut pas long, et visiblement il était même inégal. Puis la jeune femme s’immobilisa, se tenant au milieu de ce qui semblaient être des cadavres.
_ Ils… Ils sont morts ? Demanda Laure dés que le silence régna à nouveau.
_ Non, murmura Alex dans un souffle. Ils ne sont pas morts, seulement bien assommés. C’est l’un des Dix Commandements : « Tu ne tueras point » et ça même si c’est un gros lourdaud qui lui ne se gène pas pour assassiner des gosses.
Alex enjamba les corps inertes des gangsters et elle prit la main de son amie. Elle l’emmena loin des regards indiscrets. En effet, les enfants étaient cachés dans les fourrés et ils avaient suivi la scène avec intérêt. On entendait déjà des murmures excités et Laure imagina qu’ils tentaient de raconter ce qui s’était passé à leur manière, avec une bonne dose d’événements fictifs.
_ Désolé, dorénavant je ferais un peu plus attention aux lieux que nous visiterons, chuchota Alex à son amie. Je ne suis pas censé me donner en spectacle, ni te mettre en danger. Oui, maintenant, nous n’irons que dans des endroits où il n’y a pas de dealers, d’armes à feu, de lames de rasoirs, de balles perdues…
_ Dans ce cas on ne va pas aller très loin. Ecoute Alex, je sais que tu t’inquiètes toujours pour moi, mais pour une fois fais-moi confiance, il ne m’arrivera rien. Il y a tant de gens à sauver, tant de pays à visiter ! On ne peut pas rester dans les endroits relativement sûrs ! Qu’est-ce que représente une vie face à celle de milliards de personnes ? Sache que je serais heureuse de mourir pour une cause comme la notre !
_ Holà ! Minute papillon, personne ne va mourir et sûrement pas toi ! Je te protégerais tout le long du voyage, mais je dis simplement qu’il ne faut pas tenter le Diable ! Dans tous les sens du terme d’ailleurs. Je ne veux pas que tu meures au moment où je tournerais la tête. Et pour ça il va falloir aller dans un pays où on ne peut pas acheter un flingue comme une tondeuse à gazon !
_ Et moi je veux simplement te faire comprendre que ma vie n’est pas plus importante que la leur !
Les jeunes femmes restèrent silencieuse un long moment avant qu’Alex décide enfin que l’endroit était assez reculé pour disparaître sans éveiller de soupçons…
Hé ho ! Y a quelqu´un ?
Personne ?
Bon...
![]()
Ah un petit retard mais j´ai lu !^ ^
Bien alors, le tout est très bien. Les écrit sont fluides et plaisant. Aucune lourdeur apparente. Seulement il y a un élément sur lequel tu devrais te pencher et c´est la psychologie des personnages. Il réagissent souvent de façon anormal et non-conforme à ce genre de situation. On ne peut décider de donner sa vie pour un cause qu´on a découvert la journée même, c´est illogique et improbable. Ce fait et d´autres se rapportant à la psychologie sont incohérent et trop vite déduit par les personnages.
Mais si on fait abstraction de ceci, le tout est très plaisant et j´attends la suite !
La prochaine fois évite de poster des suites quand personne ne donne de comms, cela décourage encore plus ceux qui ont oublié de lire quand ils reviennent.^^
Enfin un lecteur !
Alors, au sujet de la psychologie des personnages, il faut comprendre que Laure était au bout du rouleau, à la limite, on peut même dire qu´elle était sucidaire ! Mourir ne lui fait pas peur, ça fait six mois qu´elle pense constament à la mort ! Le fait d´avoir de nouveau un but dans la vie, de faire tout ce qu´elle peut pour réussir sa mission, jusqu´à donner sa vie, c´est d´une manière ce qu´elle attendait depuis si longtemps ! A ce moment de l´histoire, environ 24 heures sont passées, et en une journée elle a enfin trouvé une raison de se battre, d´une certaine manière elle revit.
Dis-moi elle arrive cette suite ? ^^
Désolé Yohan-Kiefa, mais là je n´ai plus trop le temps d´écrire la suite, je suis en plein BAC de Français, mais je pense que je continurais dans quelques jours...
9
Il faisait nuit noire à l’endroit où les deux jeunes amies furent télés portées. Laure ne voyait rien à cause de l’obscurité. La seule chose dont elle fut certaine c’est qu’il s’agissait encore d’un pays tropical à cause de la température relativement élevée pour une heure aussi tardive. Elle n’avait pas peur de ce nouvel environnement : Alex se trouvait juste à côté d’elle et semblait d’ailleurs attendre quelque chose où quelqu’un. Laure n’osa pas rompre le silence et décida donc d’attendre patiemment. Ses yeux s’habituant à la noirceur d’encre de la nuit, la jeune femme devinait les ombres qui l’entouraient : des arbres, des petits bâtiments, rien à voir avec une grande ville. Une silhouette se détacha de l’obscurité et s’avança dans leur direction.
_ Je t’attendais, dit une voix grave à l’accent africain. Tu es en retard.
_ Nous avons eu quelques petits désagréments à Rio, mais rien de bien méchant ne t’inquiète pas.
Alex prit la main de Laure et l’entraîna à la suite de l’homme mystérieux, puis elle lui murmura à l’oreille :
_ Ne t’inquiète pas c’est un ami. Il va nous emmener dans un endroit où tu pourras te reposer…
Laure la suivit docilement, sans faire d’objections. L’ « ami » d’Alex les mena à travers les arbres vers une lumière qui paraissait encore très lointaine. Laure sentie la terre sous ses chaussures et le vent dans ses cheveux. Elle respirait un parfum étrange et envoûtant. Tant de choses dans cet endroit lui étaient inconnus, est pourtant, malgré l’obscurité, et l’homme étrange qui les guidait, elle avait confiance, confiance en son amie.
Ils arrivèrent dans un petit village faiblement éclairé par des lampadaires en mauvais états. Il n’y avait personne dehors, sans doute à cause de l’heure tardive. Pour la première fois, Laure vit le visage de l’homme qui les accompagnait. Elle n’en crut pas ses yeux : il était habillé exactement de la même manière étrange qu’Alex. Il était bien plus grand que les jeunes filles, et avait des allures de géant sorti tout droit des contes pour enfants. De plus, il avait la peau noire comme la nuit, qui contrastait avec la couleur blanche de son kimono.
L’étrange géant les mena dans un bâtiment de trois étages qui semblait être un petit hôtel de campagne. Alex le suivit à l’intérieur comme si de rien n’était, alors que Laure hésita l’espace d’une seconde, pour finalement s’engouffrer dans la gorge de l’auberge.
Il était plein, et il n’y avait pas n’importe qui : il y avait des gens totalement ordinaires venus de tous les horizons, mais aussi beaucoup de personne qui portait le même kimono blanc qu’Alex. Laure regarda la jeune fille faire un grand sourire à tout le monde, et d’un coup, toutes les conversations cessèrent, et tous les regards se tournèrent vers Alex.
_ On a failli attendre, ricana un jeune homme blond, lui aussi habillé d’un kimono.
_ Désolé, j’avais à faire, répondit Alex d’une voix neutre. Il faut continuer cette nuit, et j’ai peur que cela ne soit pas de trop…
Laure fixa son ami en se demandant ce qu’elle voulait dire par « continuer ». Personne ne dit rien, et ceux qui n’avaient pas de costumes d’anges se regardèrent sans comprendre. Puis les conversations reprirent, mais avec un soupçon de peur dans les voix et sur les visages…
_ Désolé Laure, il va falloir que je te laisse ici, annonça Alex après un silence.
_ Quoi ? Où vas-tu encore ?
_ Je dois continuer à voyager dans le monde pour sauver le plus d’âme possible, mais toi tu as besoin de repos. Tu vas rester ici, on prendra soin de toi, ne t’en fait pas.
_ Mais je veux venir avec toi !
_ Non, tu es morte de fatigue, et je ne veux pas qu’il t’arrive malheur !
_ Ah non ! Tu ne vas pas me faire le coup du « c’est trop dangereux Laure » ! Mais j’ai l’impression que de toute façon tu as déjà pris ta décision, et que je n’ai pas le droit de discuter, déclara Laure, une once de reproche dans la voix. Tu pars quand ?
_ Le plus tôt sera le mieux, maintenant si possible…
Laure ne dit pas un mot, elle lui en voulait. C’était la première fois depuis le début de l’aventure qu’Alex allait la laisser seule. Et cela, même si elle ne voulait pas se l’avouer, lui faisait peur…
_ Alexandra, dit l’homme qui les avaient guidées avec son accent africain, il faut que nous parlions…
_ Très bien, Kory, j’arrive dans une minute répondit celle-ci, puis en se tournant vers son amie elle ajouta : La femme avec le kimono prés de la commode se nomme Tina, cette auberge lui appartient, ou plutôt lui appartenait de son vivant. Elle va s’occuper de toi. Tu vas manger un peu, te reposer, et ensuite je reviendrais te chercher dans quelques heures. Ne t’inquiètes pas, elle sait tout, et si tu as des questions, elle sera ravie de t’aider : elle parle notre langue, comme tout les autres anges d’ailleurs. Mais c’est aussi la seule qui ne partira pas ce soir, tous les autres ont des choses à faire. Elle s’occupera des « mortels », tout est déjà prévu.
Alex regarda dans la direction de la femme du nom de Tina et leurs regards se croisèrent l’espace d’un instant, puis la jeune femme s’approcha. Elle semblait n’avoir qu’une trentaine d’année, mais ses yeux brûlaient d’un éclat étrange, un peu comme ceux d’Alex. Ses cheveux noirs tombaient de manière désordonnée sur ses épaules, elle avait presque l’air négligée. Seul son regard semblait étrange, ainsi posé sur son visage.
_ Bon, je te laisse Laure, lui dit Alex. Tout ce passera bien, ajouta-t-elle en lui ébouriffant les cheveux.
De cela, Laure en était moins sure, mais elle se retint d’en faire la remarque.
Laure fit la connaissance de Tina. C’était sa fille qui tenait l’auberge dans laquelle elle allait dormir ce soir-là. Elle se nommait Jessica mais tout le monde l’appelait Jessy. Elle ressemblait beaucoup à sa mère d’un point de vu physique. La communication n’était pas simple car la jeune femme qui devait avoir une vingtaine d’années ne parlait que l’Espagnole, une langue que Laure ne maîtrisait pas. Au fil de la conversation qu’elle partageait avec la mère et la fille, Laure comprit qu’elle se trouvait en Argentine, dans une petite ville à une centaine de kilomètre de Buenos Aires. Tina avait débarqué de nulle part il y avait environ vingt quatre heures et sa fille avait eu quelques difficultés à croire que cette femme sortie de nulle part était sa défunte mère. En réalité, Tina était morte il y avait plus de dix ans maintenant, et sa disparition avait beaucoup affectée sa fille, qui se retrouvait seule pour la première fois. Jessy avait vécu chez une vielle tante, qui mourut quelques années plus tard. Depuis, elle avait repris l’auberge de sa mère et tentait de gagner sa vie. Les affaires étaient difficiles, surtout parce qu’elle s’occupait pratiquement de tout toute seule, mais elle survivait, et même appréciait sa vie… Il était étrange de voir la mère et la fille ensemble, l’une légèrement plus âgée que l’autre.
Laure prit une douche, elle mangea un peu, et Tina lui montra une chambre confortable où se reposer. Elle n’était pas seule : une autre personne dormait déjà silencieusement dans le canapé. Son hôte lui avait expliqué que l’auberge était pleine et que personne ne pouvait plus avoir le luxe d’être seul dans une chambre. Elle laissa donc Laure se reposer.
La jeune fille examina la silhouette enfouie sous les couvertures et ne vit pas son visage. Elle se demanda s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme, mais en y repensant, ce n’était pas si important. Elle s’installa dans le lit, l’inconnu ayant pris le canapé, et elle se roula dans ses couvertures, puis s’endormit aussitôt.
_ Si tu savais comme ça m’énerve, moi aussi ! Mais bon, il faut nous comprendre, c’est notre mission ! Nous ne le ferions pas si ce n’était pas important !
Laure voulait dormir. Ces chuchotements tapaient sur sa tête comme un marteau. De plus, au fond d’elle-même, une petite voix lui ordonnait de se réveiller, et elle hurlait dans son crâne que la discussion qui avait lieu était d’une importance cruciale.
_ Kory n’aurait pas du te dire ça ! Il va avoir affaire à moi ! Nous n’avons pas le droit de vous communiquer ce genre d’informations, parce que ça peut être fatale à notre mission ! Laure, légèrement sortie de sa torpeur, écoutait maintenant les murmures avec intérêt. Elle reconnut la voix de Tina, qui vraisemblablement parlait avec l’inconnu qui dormait dans sa chambre. Elle fit attention à ne pas bouger, même si écouter une conversation comme cela la mettait un peu mal à l’aise, elle sentait qu’il ne fallait pas les déranger. De plus, elle était certaine qu’ils discutaient d’un sujet grave.
_ Je sais, mais pourquoi vous faites un truc pareil ? demanda la deuxième voix avec un léger accent Africain, une voix de jeune homme. Nous si on y reste on va au paradis ! Mais vous…
_ Nous on connaît les risques ! Coupa la voix de Tina. Si on est descendu, et désolé de te dire ça, c’est pour ne plus remonter ! Et puis chut ! On va finir par réveiller la petite. C’est la protégée de la patronne, et à mon avis, Laure ne doit pas être au courant…
_ Et je suis sure que ça ne va pas lui faire plaisir de savoir que son amie lui à mentie !
_ Oh, ce n’est pas mentir !
_ Par omission ! Rien que le fait de ne pas avouer que les jours des soi-disant anges sont comptés est un mensonge ! Et je remercie mon père de m’en avoir parler, quand il devra partir je saurais au moins où il ira, même si j’ai peur pour lui et même si j’ai des doutes sur l’importance capitale de cette mission…
_ Kory n’est qu’un abrutit ! Il n’aurait jamais du t’en parler ! Et puis imagine que ça se répande ! Les anges sont venus pour libérer la Terre, et toi tu voudrais qu’ils ne le fassent pas ? Tu n’imagines pas le nombre de morts qui iront en enfer si nous échouons ! Non seulement la race humaine risque de s’éteindre mais une grande majorité des enfants qui naîtrons dans les quelques années à venir ne deviendront jamais des anges à cause de l’augmentation des mauvaises actions orchestrées par les démons ! J’ai connu le paradis, et c’est un endroit merveilleux, mais je sais aussi que ce n’est pas un avenir que d’aller en enfer et d’y brûler pour l’éternité !
_ Alors pourquoi vous allez sacrifier votre éternité pour aller en enfer dans quelques heures ?
_ Parce que j’aimerais que mes petits enfants n’aillent jamais dans cet endroit à cause de moi et de mes peurs…
Un long silence accueillit cette déclaration. Laure n’en crut pas ses oreilles : Alex allait sacrifier son éternité pour la sauver ! Ou plutôt pour sauver l’humanité !
_ Il est temps de dormir Cédric, murmuraTina. Demain est un long jour. Je sais que tu nous en veux, mais je sais aussi que d’une certaine manière tu nous comprends. Ton père espère uniquement que tu auras une bien meilleure vie que la sienne.
_ Et une éternité plus joyeuse que celle qui l’attend en enfer, répliqua son interlocuteur…
Tina ne répondit rien et sortit de la chambre silencieusement. Laure entendit le jeune homme se rallonger, mais elle avait le sentiment que lui non plus ne dormirait plus cette nuit.
Laure passa et repassa dans sa tête chaque parole de la conversation qu’elle avait écoutée, et cela lui semblait clair : Alex allait sacrifier plus que quelques heures loin du paradis en venant accomplir cette mission, elle n’y retournerait plus jamais, elle sera condamnée à rester en enfer pour l’éternité ! Et dire qu’Alex se comportait avec Laure comme une vraie mère poule, alors qu’elle-même risquait bien plus dans l’aventure que son amie encore vivante… Laure sentit un profond sentiment de désespoir l’envahir, et des larmes chaudes lui montèrent aux yeux. Elle allait la perdre une deuxième fois, et cette foi-ci, elle n’aura plus la conviction que son amie partira pour un monde meilleur…
Kikou clofinette! (je sens que tu vas me tuer pour t´avoir appellée comme ca...) Ben...ton histoire est vraiment géniale, t´as du talent! Et perso...j´attends la suite avec impatience! Je vois pas vraiment de défauts...Décris un peu plus les lieux, c´est tout. Allez, a plus...
![]()
Clofinette ? Comment as-tu osé ? Attend que je t´attrappe ! ![]()
Sinon, merci pour le commentaire, et bienvenu sur le forum eivilys !
10
Laure et Alex marchaient le long des falaises en Honduras, leur prochaine étape. Toutes les deux restèrent silencieuses, en regardant attentivement le sol pour éviter de tomber, et surtout, pour éviter le regard de l’autre.
Laure avait très mal dormi la nuit passée. Elle n’avait cessé de penser à la discussion qu’elle avait entendue sans réellement le vouloir. Les mots résonnaient dans sa tête comme un cœur qui bat. Elle ne pouvait se résoudre à en parler à Alex. Elle ne pouvait pas lui avouer qu’elle savait que sa meilleure amie allait sacrifier son éternité pour le bien de l’humanité. Mais elle comprenait pourquoi Alex ne lui en avait pas parlé, elle qui hier encore voulait se jeter du haut d’un pont. Oui, c’était sans doute pour cela qu’elle ne lui avait rien dit, par peur que sa vivante amie soit encore plus désespérée qu’avant. Mais Laure avait mûri pendant ces quelques heures, et même si la perdre à nouveau la faisait frémir, elle savait qu’Alex en avait conscience, et qu’elle serait prête à tout pour mener à bien sa mission, qu’elles qu’en soit les conséquences…
Alex n’avait pas prononcé plus de quelques mots depuis son retour à l’auberge en Argentine. Elle semblait fatiguée, épuisée, elle qui depuis le début de l’aventure était si passionnée et sûr d’elle. Laure ne savait pas ce qui rongeait ainsi l’ange, mais elle comprenait que son silence était de mauvais augure…
Laure s’arrêta pour regarder le paysage. Le pays était ravagé, les arbres avaient été déracinés, les maisons n’étaient plus que des ruines pourrissant au soleil. C’est pour cela qu’Alex avait amener Laure dans ce pays : il avait été dévasté il y a quelques semaines par un puissant ouragan qui avait tout détruit sur son passage et fait de nombreuses victimes. Les maisons se reconstruisaient petit à petit, les visages souriaient parfois, mais on sentait dans cet étrange paysage que quelque chose n’allait pas, que les familles pensaient constamment à la prochaine saison des pluies, où il faudrait de nouveau tout recommencer.
Alex était revenue avec des vivres, des jeux de toute sortes pour les enfants, mais aussi avec des clous, des marteaux, des scies et même avec un sac de ciment qu’elle portait maintenant sur son dos. Au début, Laure n’avait pas compris pourquoi elle était revenue avec ce matériel, puis, quand les deux jeunes filles arrivèrent en Honduras, Laure cru que son cœur allait lâcher : voir toute cette souffrance dans les yeux, ces bâtiments détruits, cela lui avait fait une drôle d’impression de savoir que ce genre de spectacle existait ailleurs que dans un poste de télévision… Finalement, l’unique sac de ciment qu’Alex avait acheté ne serait pas de trop, mais un seul sac pour tout un pays paraissait inutile…
Alex avait emmené Laure dans les hauteurs sans lui expliquer pourquoi. Son silence commençait à peser sur l’ambiance du duo autrefois si bavard et gai. Puis, après réflexion, Laure décida de briser la glace.
_ On va où comme ça ? demanda la jeune fille.
_ J’ai repéré un groupe de familles un peu plus loin qui aurait bien besoin d’un coup de main, répondit son amie sans même lui accorder un regard.
_ Ah ? Et il n’y a personne pour les aider à part nous ? Je n’ai rien vu qui ressemble de prés ou de loin à une association, ou même à un renfort militaire.
_ C’est tout simplement parce qu’il n’y en a pas ! Ces gens habitent trop profondément dans les terres, leurs villages sont si petits que personne ne vient les aider.
_ Je comprends un peu mieux pourquoi on est là…
Les deux jeunes filles aperçurent un village non loin de là. Effectivement, il était particulièrement mal placé : il était entouré de collines et on ne pouvait y accéder que par le petit sentier par lequel les jeunes filles étaient venues. Les maisons que les villageois rebâtissaient commençaient à sortir de terre, mais les constructions semblaient encore frêles et au moindre coup de vent, tout serait à refaire…
Un homme d’un certain âge s’approcha des deux jeunes femmes et parla à Alex en Espagnol, qui lui répondit dans la même langue. Puis le vieil homme se retourna vers les quelques villageois présent et leur annoncèrent ce qui semblait être l’arrivée de leurs hôtes. Alex et Laure furent accueillis dans une chaleur incroyable, tout le monde s’était approché d’elles et tentait de les emmener dans le village en criant des phrases incompréhensibles pour Laure, qui ne comprenait pas un mot de cette cacophonie.
_ Ils ont l’air heureux de nous voir ! Dit celle-ci à Alex.
_ En effet, et je pense même que « heureux » soit un doux euphémisme !
Pour la première fois depuis le début de la journée, Alex souriait et riait gaiement. Laure la comprenait : « comment peut-on rester de marbre devant un accueil si chaleureux ? » se demanda t-elle.
Arrivées sur la place du village, Alex réuni autour d’elle tous les hommes et les femmes capables de travailler à la reconstruction du village et commença à discuter avec eux. Laure, quant à elle, fut désignée pour distribuer les jeux et pour s’occuper des plus jeunes avec les femmes âgées.
C’est ainsi que les travaux débutèrent avec l’aide d’Alex. Elle avait amené des plans compliqués avec elle et semblait connaître tout ce qu’il faut savoir pour construire une maison solide. Encore une chose qu’elle avait appris au paradis auprès d’architectes et de maçons apparemment. Mais bientôt, Laure en eu assez de regarder Alex s’amuser avec un marteau et voulut elle aussi donner un coup de main aux travailleurs. Etrangement, Alex ne fit aucunes objections et lui demanda d’enfoncer des clous là où elle le lui indiquait.
La matinée se déroulait doucement, et à midi, tous les villageois se rassemblèrent autour des deux jeunes femmes qui distribuaient une impressionnante quantité de sandwichs et de boissons de toute sortes.
_ Alex, je sais… souffla Laure qui n’avait pas faim, quand elles furent enfin seules.
_ Et tu sais quoi ? Demanda son amie en regardant ailleurs.
_ Ce que tu sacrifies en nous aidant…
Comme si de rien était, elle se tourna vers Laure et dit :
_ Ah ? Je m’en doutais un peu … Qu’est ce que tu comptes faire maintenant que tu sais tout ça ?
_ Mais que ce que tu veux que je fasse ? Demanda Laure, une once de colère et de reproche dans la voix. Je ne vais pas m’enfuir pour que ta mission échoue, ni te faire la morale ! Tu as passé l’âge ! C’est juste… que je ne pouvais pas garder ça pour moi tu comprends, j’avais besoin d’en parler à quelqu’un…
_ Et comme visiblement je suis la seule personne qui parle Français dans ce pays…
Laure lui donna un violent coup de poing dans l’épaule.
_ Arrête ! Ce n’est pas marrant ! Pourquoi tu te crois toujours obliger de sortir une blague pourrie quand on parle d’un sujet sérieux ?
_ Parce que ça détend l’atmosphère. Et puis j’en profite, pour une fois que je ne sens pas la douleur ! Ce n’est pas pour être méchante, mais quand tu frappes quelqu’un, il le sent tu sais ? Crois-moi ! Je parle en toute connaissance de cause !
Elles rirent sans retenues, essayant de ne pas terrifier l’autre en parlant de leurs peurs respectives sur l’avenir incertain qui se profilait au loin, et qui se rapprochait inexorablement…
_ Je suis désolée de ne pas t’en avoir parlé, avoua Alex après que le silence se fit sentir. Je ne savais pas comment tu allais réagir, enfin, comment vous, les vivants, vous alliez réagir, alors on s’est dit qu’il valait mieux pour vous que vous ne sachiez rien. Et tu n’aurais rien su si Cédric, le fils de Kory n’en avait pas parlé.
_ Tu étais au courant… Je te jure que je ne voulais pas écouter !
_ Tina m’a tout raconté, et elle avait peur que tu te sois réveillée. Je sais que ce n’est pas ta faute, et ce n’est pas non plus celle de Kory. Tu sais, il ne voulait pas mentir à son fils, il voulait ressembler à un bon père pour une fois, alors il à craquer et lui a tout avoué. Cédric a mal réagis au début, puis il s’est fait à l’idée que son père n’irait plus au paradis… Et il avait envie de parler à quelqu’un ce soir-là, et dans un sens, je suis contente que tu le prennes comme ça.
_ Je pense que si tu me l’avais avoué le soir de notre rencontre, j’aurais sûrement refusé de t’accompagner, mais là, quand je regarde ce que nous avons fait pour rendre les plus démunis heureux, je sais que ce que nous faisons est juste, et même si le prix à payer est lourd de conséquence… Mais, au fait, pourquoi tu ne peux pas retourner au paradis ?
_ Pour une raison très simple : « tu ne tueras point », même pas un démon.
_ Attends, tu ne m’as jamais parlé de ça ! Tu ne devais pas tuer de démons au départ ! Tu m’as dit que lors du grand rassemblement vous attendrez une réponse ou quelque chose comme ça !
_ Et ça me fait un autre mensonge à mon palmarès, mais bon, au point où tu en es, tu as le droit de comprendre. Alors, pour commencer, je sais très bien comment ça va se dérouler : nous irons dans le Sahara, dans un coin de désert totalement reculé, où personne ne se rends jamais, saufs quelques nomades une fois l’an. Là, il va se passer une chose incroyable, comme une explosion à ce que j’ai compris, et ça va détruire soit les anges, soit les démons. Si nous perdons, nos âmes seront tout bonnement désintégrées. Et les démons survivront et pourront ainsi faire tout ce qu’ils leur chantent. Mais si nous gagnons, ce que j’espère bien, les démons seront rayés de l’univers, du moins, ceux qui seront présents. Mais nous, étant donné qu’on a mis fin à leurs jours, nous serons envoyés en enfer.
_ Mais ils ne sont pas réellement vivants !
_ C’est le genre de truc qui ne changent rien au problème : détruire et désintégrer ça ce rapproche quand même un peu du terme « tuer ». Tu sais, quand il a écrit « tu ne tueras point », Dieu n’a pas fait la différence entre les bons et les mauvais ! Du coup, les portes du paradis nous serons définitivement fermés, et nous serons obligés d’aller en enfer. D’ailleurs, j’en connais un qui sera content de nous voir…
_ Tu m’as dis qu’il n’y avait que les cas les plus désespérés qui allaient en enfer ! Pourquoi les portes seront fermées pour vous ?
_ Essaye de tuer trois cent personnes comme je m’apprête à détruire trois cents démons et on en reparle après. « Tuer », ça reste « tuer », que ce soit pour des démons ou pour des hommes.
_ Mais il ne peuvent pas faire une exception pour vous ?
_ La règle, c’est la règle. J’en ai déjà discuté avec le Grand Patron, et il ne veut rien savoir…
_ Mais comment peut-Il laisser faire une chose pareille ? Demanda Laure, les larmes aux yeux.
_ Il nous a quand même permis de descendre et d’essayer de changer quelque chose à la situation. Il faut comprendre que Dieu n’a pas le droit de se mêler des affaires des Hommes, c’est comme ça depuis le début.
Laure, les larmes coulant le long de son visage, se blottis dans les bras de son amie, recherchant une dernière fois le contact qui lui avait fait défaut depuis si longtemps. Et comme le premier soir, elle n’entendit pas le cœur de son amie battre.
_ J’ai besoin de toi Laure, lui murmura Alex au creux de l’oreille. Sans toi je n’aurais pas le courage d’y aller. Tu sais, j’ai peur moi aussi, mais je ne veux pas y penser. Je le ferais pour le monde entier, mais je le ferais surtout pour toi. Je veux que tu fasses quelque chose pour moi Laure, quand je serais partie, je veux que tu vives, que tu survives, et que tu fasses tout ton possible pour que plus jamais d’autres anges aient à se sacrifier pour ça, promet-le moi Laure, j’ai besoin de savoir que je n’aurais pas fait tout ça pour rien.
_ Je te le promets Alex, je te le promets ! Chuchota Laure entre deux sanglots.
_ Maintenant je peux vraiment partir en paix….
Alex la serra dans ses bras le plus longtemps qu’elle pu, gravant ainsi dans sa mémoire le souvenir de ce moment si doux, l’éternité allait être bien longue pour elle… Mais elle ne pouvait oublier la balance, cette maudite balance qui ne bougeait presque pas, et toutes les conséquences qu’entraînerait une défaite …
Laure profita le plus le plus longtemps possible de cette étreinte. Elle avait la sensation que c’était la dernière qu’elle partagerait avec son amie. Elle n’avait plus peur quand Alex était prés d’elle, elle se sentait calme dans ses bras, elle savait ce qu’il allait se produire, et pourtant elle n’était pas effrayée par la perspective de perdre une nouvelle fois son amie.
10 (la suite)