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Liste des sujets

La destinée du Prince Noir

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
20 mai 2006 à 19:51:14

Je trouve le passage pseudo-comique un peu raté, mais bon. J´ai moins apprécié cette partie. Vivement la prochaine. :-)

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
21 mai 2006 à 01:37:25

Tada, après quelques chapitres de retard, voici mon Comstramus :

"Mais pourquoi diable le Prince revenait-il se venger au risque de périr pour rien ? Yorzal ne comprenait pas." Dans ce passage, c´est une phrase réthorique car Alexandre vient justement se venger. Mais passons, ce n´est qu´un détail.

"Après avoir franchi la porte, il s’immobilisa et contempla Keldras.
- Soldats, je suis fier de vous. Encore une fois, vous avez prouvé votre valeur. Cependant, il nous reste une tâche à accomplir." A quelques mots près, c´est précisement ce que disait César après avoir gagné une bataille. :rire:

"Quelle importance si, pour préserver des millions de vies, il devait en faucher quelques-unes ?" La doctrine fondamental de tout tyran, j´adoooore.

Alexandre est froid, sec et sans scrupule. Sa métamorphose est comp^lète, à côté, Dark Vador : c´est un chic type. :)

"Ca crève les yeux, fit Axtros." :rire2: Excellent ...

Je trouve que c´est une très bonne chose que de nbommer et numéroter les chapitres, comme ça on se rend mieux compte de l´avancé du récit mais on peut également mieux se reprérer dans l´histoire. De plus, sa structure le texte.

Le chapitre avec Thenetos est intéréssant car on apprend des choses sur le monde mais ça permet d´avoir un bon compte rendu des évênements passés.

Jorbas, l´hémostatique me laisse perplexe. On ne sait pas du tout d´où il vient ni qui il est véritablement car on n´a aucun indice sur sa personnalité. Néanmoins, cela ne m´étonnerait pas qu´il ait un rôle primordial par la suite.

"Sur le pont du navire qui s’éloignait, Pernox ne perdit pas de temps.
- Deux hommes à la mer ! hurla-t-il à son équipage. Jensen, vire à gauche ! Sparial, la voile ! Les autres, baissez les avirons !" Petite erreur, sur un navire c´est babord, pas la gauche.

Le truc de l´anguille n´apporte pas grand chose à l´histoire si ce n´est nous rabbacher une fois de plus l´invulnérablinvincibilité de Namâric.

Aaaah le super cliché avec les sables mouvants (passage avec l´orage dans les terres mortes et Alexandre qui coule). Les sables mouvants sont constitués de sables (évidement) mais surtout d´eau d´où leur facheuse tendance à engloutir. Seulement; je vous rappelle que le corps humain flotte dans l´eau, ainsi, quand une personne est dans un sable mouvant, elle ne peut s´y enfoncer plus qu´à l´abdomen. J´ai moi même testé cela au Mont Saint Michel. La dangerosité vient du fait qu´en littoral on peut se noyer par la marrée si on n´a pas le temps de s´en sortir, ou dans les forêts avec la fermentation des végétaux qui asphyxiaient les "engloutis".

Yagatar ressemble un peu à Venise. C´est une importante ville portuaire, un état à elle seule, elle est gouverné par une élite de sorcier comme dans la ville italienne où il y avait le conseil des 15 magistrats, et pour finir il y a le sommet avec le prince-sorcier à l´instat du Doge. La ressemblance est-elle fortuite ou non ? :)

24 357 livres en un mois ! NON ! C´est une des pires âneries que j´ai pu lire dans toutes fictions ! Tu te rends compte, c´est un moyenne d´une minute et demi par livre ! En temps normal, c´est le temps qu´il faut pour lire une page. C´est impossible ! Je suis disposais à accorder des dons de lecture phénoménale à Alexandre mais pas à ce point. Il mangeait quand ? Il dormait quand ? Non ! C´est totalement invraissemblable !

Je trouve qu´il retrouve un peu trop facilement la trace du prince dans la bibliothèque avec les livres et le mages. Je ne dis pas que c´est mal car si cela avait pris plus de temps, j´aurais sans doute raller pour la longueur, mais il aurait fallu trouver une méthode plus ingénieuse et plus crédible.

"- Voyons si vous avez compris, dit Axtros de sa voix grave. Calculez l’intégrale de zéro à pi de la fonction f définie sur l’ensemble des réels par : f de x est égal à l’exponentielle de x multipliée par le cosinus de deux x." Ce n´est pas un calcul très difficile, cela m´étonne que tu fasses tenir des propo si simplets à un Zhar. Tu aurais pu utiliser les factoril, les lois binomials ou encore les radians ...
Ah non c´était pour le prince ... Mais alors ! Pfffff, c´est dentesque que de calculer des intégrale de tête, surtout en utilisant Pi qui est un chiffre indéfinissable. Pour l´utiliser dans des calculs, il faut une calculatrice, sans quoi le résultats est erroné ou imparfait. Et puis pareil avec l´exponentielle. Je veux bien croire que le Prince est intelligent, mais il faut se dire qu´il a que 14 ans. C´est un peu trop tout ça.

L´intrigue prend forme et c´est toujours aussi bien écrit.

J´attends donc la suite. :ok:

chris12
chris12
Niveau 9
21 mai 2006 à 11:14:46

pas mal d´action, par contre l´humour plus ou moins bien...

KaiM
KaiM
Niveau 11
21 mai 2006 à 14:32:59

OK pour le nombre de livres, je vais réduire ça à des proportions plus raisonnables, de l´ordre du millier.

Quant au calcul de cette intégrale.. Ben je suis capable de le faire sans calculatrice et d´exprimer le résultat en fonction de pi, ce que fait Alexandre ici. D´accord, il me faut plusieurs minutes pour le faire de tête, mais a priori le Prince est plus doué que moi.

Je sais qu´ils retrouvent facilement la trace d´Alexandre, mais je me suis trouvé à cours d´idées, comme pour la survie de Namâric. J´y réfléchis toujours...

Et le passage de l´anguille est aussi une référence à "Princess Bride", le film de Rob Reiner tiré du roman de William Goldman. Tout comme Jobas est une référence aux hémostatiques de "Sinouhé l´Egyptien".

Je ne pensais pas à Venise en créant Yagatâr, mais c´est vrai qu´avec du recul la ressemblance est frappante.

Voilà. Merci pour le Comstramus très intéressant comme à ton habitude.

Sunshadow
Sunshadow
Niveau 7
21 mai 2006 à 17:49:53

:D

Disons que j´ai pas la même capacité à critiquer certains, donc je vais rien dire. Ouais c´est vrai que c´est strange autant de livre en un mois, mais bon...

KaiM
KaiM
Niveau 11
22 mai 2006 à 20:16:36

Bon, voilà la suite :

Chapitre 22 : Escrime au sommet

La troupe marcha cinq jours dans les Terres Mortes sans incident notoire. Deux autres tremblements de terre vinrent ralentir sa progression mais, après la surprise du premier, les hommes avaient appris à protéger leurs paquetages et leurs vies.
Il leur fallut traverser une rivière opaque au courant particulièrement fort. Evan connaissait un gué qui leur permit de la franchir sans que l’eau ne dépasse leurs genoux. Un soldat toutefois perdit l’équilibre et tomba dans la rivière. Il passa la soirée à vomir ce qu’il avait avalé, et la journée du lendemain à purger son corps des poisons qui circulaient dans le cours d’eau. Pour la marche, deux de ses compagnons durent le soutenir.
En chemin, Evan tentait de démêler les aspects contradictoires de la personnalité d’Alexandre. D’un côté, il n’hésitait pas à tuer, le faisait même – Evan n’en doutait pas – avec un certain plaisir. Mais d’autre part, il se montrait très attentionné avec tous les hommes de sa troupe ; il les encourageait dans les passages difficiles, les réconfortait après les harassantes journées de marche, veillait au confort de tous quand on installait le camp. En outre, lors du premier séisme, il avait risqué sa vie pour sauver Emmanuel. Sans l’ombre d’une peur.
Quel genre d’homme était-il vraiment ?
« Homme ? » Evan sourit à cette pensée. Même si Alexandre était plus jeune que lui, il paraissait beaucoup plus adulte. Son sang-froid, sa façon de donner les ordres, ses décisions en cas de danger, les responsabilités qu’il prenait, donnaient de lui l’image d’un homme mûr et non d’un gamin sans expérience. Il était impressionnant.
Le cinquième jour au soir, ils atteignirent une mare nichée dans un creux du terrain. Evan pensait qu’elle leur permettrait de renouveler leurs provisions d’eau, mais au premier coup d’œil, il comprit qu’un problème allait se poser.
- Oh non… murmura-t-il.
- Quoi ? s’inquiéta Karen.
Evan désigna la mare, profonde de deux centimètres à peine.
- Elle est presque à sec.
- Quoi ? fit Alexandre et les rejoignant.
- C’est une des raisons pour lesquelles personne ne s’est jamais établi dans les Terres Mortes. Les rares points d’eau sont lents à se reconstituer. Un groupe de prospecteurs a dû passer ici il y a quelques jours, et remplir ses tonneaux. Depuis, la mare n’a pas eu le temps de se remplir.
Si Alexandre était contrarié, il n’en laissa rien montrer.
- Axtros ? lança-t-il.
Le Zahr arrivait derrière lui, suivi du reste de la troupe.
- J’ai entendu. Nos réserves tiendront encore un jour. La question est de savoir si cela nous permettra d’atteindre une autre source.
- C’est faisable, confirma Evan. Il nous faudra cependant faire un détour et prier pour que, cette fois, elle ne soit pas asséchée.
Alexandre acquiesça de la tête.
- Nous ferons ainsi.
Les hommes dressèrent le camp, préparèrent et consommèrent le dîner tandis que le soleil disparaissait à l’horizon. Après le repas, les soldats s’entraînèrent au combat. Au terme d’une heure d’exercice avec Evan , Karen lança son épée de xetwaÿ à Varlian, qui alla la ranger.
- Tu progresses vite, nota-t-elle.
Evan sourit béatement à ce compliment.
- Tu as un bon potentiel. Si nous avions l’occasion de te former véritablement, tu pourrais devenir un excellent bretteur.
Evan considéra cette idée. Pour lui, il était clair depuis le début qu’il mènerait cette expédition à Sigornis, l’en ramènerait et n’aurait plus jamais affaire à Alexandre ou aux Chevaliers Blancs. D’ailleurs, il détestait l’armée et, plus généralement, toute forme d’autorité. Mais à présent… Intégrer les Vzad’orû’bausns ne serait peut-être pas si mal, après tout…
Evan réfléchissait encore quand Karen se tourna vers Alexandre, qui observait ses hommes à l’entraînement.
- En garde ? lança-t-elle.
Tous les duels cessèrent. Emmanuel abaissa son épée, recula d’un pas, tout comme les autres soldats. Tout d’abord, les Gardes noirs ne bougèrent pas puis, sur un signe du Prince, ils s’écartèrent eux aussi.
- Si vous voulez…
Alexandre s’avança, tira d’un geste souple le glaive fixé entre ses épaules. Karen dégaina sa longue épée, écarta les jambes, se plaça en position de combat.
Un cercle se forma autour d’eux.
Une tension oppressante s’installa dans le camp. Alexandre et Karen se faisaient face, lames brandies, muscles bandés, leurs regards ne reflétant qu’une totale concentration. Evan sentit son cœur battre plus fort.
Une minute passa…
Deux…
Karen bondit.
Son épée fouetta l’air à une vitesse sidérante, décrivit une courbe fulgurante vers l’épaule d’Alexandre. Le Prince modifia ses appuis, décala son arme pour parer le coup de taille. Les lames s’entrechoquèrent dans une pluie d’étincelles.
Karen pivota avec grâce, frappa une seconde fois en visant la jambe du Prince. Celui-ci contra de nouveau l’attaque, repoussa l’épée de l’Elfe, et riposta d’un coup de pied vertical. Karen esquiva d’un bond, glissa sur le côté, porta une estocade au ventre d’Alexandre. Il la dévia aisément, d’un mouvement tournant de sa lame, avant de déchaîner son glaive en une rafale de coups. L’Elfe recula sous les assauts, les parant les uns après les autres, puis se propulsa au-dessus de la tête du Prince en abattant son épée. Il plongea sur le côté, se rétablit avec agilité, et assena à Karen un terrible coup de pied dans la hanche. Elle s’étala sur le sol. Il s’élança, lame en avant. Elle roula de côté, se releva d’un coup de reins, para une nouvelle attaque. Les lames se croisèrent. Encore et encore.
Leur chorégraphie, éblouissante de puissance et de virtuosité, fascina Evan jusqu’au plus profond de son être. Les deux combattants tourbillonnaient à une vitesse folle, enchaînant les figures complexes, attaquant tour à tour avec une maestria époustouflante. Les soldats, eux aussi impressionnés, contemplaient le duel avec admiration.
Puis Evan comprit que quelque chose ne tournait pas rond.
- Ils n’en font pas un peu trop ? souffla-t-il à Emmanuel.
- Si. C’est beaucoup trop violent. Au premier faux mouvement, ils risquent de se tuer.
- Mais pourquoi ?
Le lieutenant soupira.
- Le problème, avec cette expédition, c’est qu’on n’a jamais vraiment su qui en était le chef. Alexandre ou Karen ? Le premier conçoit les plans, et dispose de sa Garde noire. La seconde nous commande depuis des années. Alors ? En cas de crise, qui devons-nous suivre ?
- Et quel rapport avec ce duel ?
Varlian, qui s’était approché en silence, choisit cet instant pour intervenir.
- C’est évident. Ils sont comme deux loups se disputant la meute. C’est une question d’honneur. Ils se battent au maximum de leurs possibilités, car le vainqueur gagnera le respect de la troupe.
Evan jeta au Garde un coup d’œil chargé de malveillance.
- Karen va l’emporter, c’est évident.
- Nous verrons bien, répondit Varlian.
Alexandre s’accroupit pour esquiver un puissant balayage horizontal, bondit dans les airs pour échapper à un second, bloqua le troisième d’un revers de son glaive. Il avança vers Karen, cherchant le contact pour l’empêcher d’utiliser son épée. Un coup de poing frôla le visage de la guerrière, un autre la percuta au front avant qu’elle ne parvienne à se dégager. Alexandre se fendit. L’Elfe bloqua sa botte, tenta d’enrober sa lame. Le Prince s’échappa de justesse, parvint à conserver son arme, para un coup de taille. Il recula d’un mètre, se pencha en arrière pour éviter un coup d’estoc, lança son pied dans la mâchoire de Karen. Elle ne l’esquiva qu’en sautant vers la droite.
Sabrant l’air à plusieurs reprises, Alexandre lui fit céder du terrain. Plutôt que de résister, l’Elfe recula davantage, prit son élan et bondit. Le Prince l’imita.
Ils effectuèrent un prodigieux vol plané suivi d’un magnifique saut périlleux, se rencontrèrent dans les airs, frappèrent en même temps. Une série de claquements retentit. Un crissement.
Alexandre et Karen retombèrent. Une éraflure barrait le pectoral de l’Elfe, tandis qu’une rayure blanche courait sur l’armure en cuir du Prince, à hauteur de son épaule.
- Superbe échange, lança-t-il. Je pense que cela suffira pour ce soir.
Gardes noirs et Chevaliers Blancs applaudirent. Evan, lui, respira plus librement. Certes, ç’avait été de l’escrime à un niveau qu’il n’aurait jamais imaginé. Mais si ce genre de moment pouvait éviter de se répéter, ce ne serait pas plus mal…

:)

Sunshadow
Sunshadow
Niveau 7
22 mai 2006 à 20:37:02

Je vois pas trop l´interêt de ce genre de chapitre, à part nous montrer qu´Alexandre est incroyablement fort. Tu peux pas en poster un autre ?

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
22 mai 2006 à 21:03:38

Pareil, trop court et y s´passe rien. :-)

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
22 mai 2006 à 22:41:42

Il aurait été préférable de montrer davantage l´avancée dans les Terres Mortes et la difficulté de la progression. TU aurais pu nous éclairer sur la géographie, leur direction, le climat, et surtout : des descriptions pardi. Ce lieu est fantastique mais on n´a rien pour s´imaginer comment il est fait, et c´est dommage.

Ce chapitre est raté car ça nous rabbache qu´Alexandre est fort, comme avec Namâric, et ça n´apporte RIEN à l´histoire.

KaiM
KaiM
Niveau 11
23 mai 2006 à 18:59:35

Pour la description des Terres Mortes, je crois avoir tout dit la première fois : un désert de boue pratiquement plat, sans végétation ni point de repère. Complètement vide. Pour l´instant.
Quant à la direction de l´expédition, elle n´a pas changé : tout droit vers les montagnes de Sigornis, avec quelques détours pour passer par les points d´eau. Keldras et Sigornis étant indiqués sur la carte, il est facile de se faire une idée.
J´avoue que je n´ai pas beaucoup détaillé le climat ni insisté lourdement sur les difficultés, mis à part lors des scènes du séisme et de l´orage.

Bon, OK, le chapitre précédent ne servait à rien sinon à illustrer encore une fois les rapports entre les membres du groupe. Donc voilà un chapitre dans lequel l´histoire avance un tantinet. Et qui inclut un peu de description, aussi. Bonne lecture.

Chapitre 23 : Les tours de Sarkhan

Lorsqu’il unifièrent leurs provinces en un seul empire, les princes d’Affoth convinrent de la nécessité absolue d’une capitale où pourrait siéger le souverain. Afin de ne favoriser aucune des états qui allaient constituer l’empire, ils décidèrent tout simplement de créer une nouvelle région, au centre du territoire, pour y ériger la ville.
C’est ainsi que naquit Sarkhan.
Quelques princes cédèrent des terres aux frontières de leurs domaines afin d’établir la province de Sarkhe. Puis, réunissant les meilleurs architectes et des milliers d’ouvriers, ils firent bâtir la capitale de part et d’autre du fleuve Askal.
Sarkhan la Magnifique était un monstre de pierre, une cité fortifiée aux défenses infranchissables. Elle couvrait une surface de douze kilomètres carrés, s’étendant sur cinq hautes collines et dans leurs environs. Trois enceintes successives, assorties de douves profondes alimentées par l’Askal, protégeaient le cœur de la cité en rivalisant de masse et de puissance. Des tours pointaient partout, ne laissant aucun angle mort par lequel un improbable attaquant puisse s’approcher sans mal. La taille des immeubles allait en s’accentuant vers le centre de la ville, permettant à des archers de se poster sur leurs toits plats, et empêchant l’ennemi d’occuper une position dominante s’il parvenait à investir la cité. Des petites forteresses, réparties dans la ville, offraient des abris sûrs et pouvant résister des jours. Les rues, courtes et savamment entrecroisées, multipliaient les possibilités de dresser des barricades. D’innombrables terrasses, aménagées sur et derrière les murailles, s’ornaient de catapultes et de balistes lourdes capables d’écraser n’importe quelle armée. Les portes de la ville, étroites et solidement gardées, pouvaient être barrées en quelques instants par des herses d’acier et des pont-levis prêts à se relever. Le passage par le fleuve, seule faille dans les remparts, était défendu par une flotte de guerre stationnée dans le port, et des écluses capables de se refermer en moins d’une heure.
Quant au Palais impérial, énorme bloc de pierre dressé au centre de Sarkhan, il arborait tous les dispositifs de protection qu’on puisse imaginer : murs lisses, meurtrières, mâchicoulis, artillerie, grilles, portes en tunnels, plusieurs niveaux de remparts crénelés. Son donjon, ultime rempart en cas d’attaque, n’était accessible que par une série d’escaliers très faciles à défendre.
Sarkhan avait été construite comme une citadelle imprenable, sans accorder la moindre place à l’esthétique. Aussi, dans les premiers temps, fut-il difficile de convaincre les Affotites de venir s’y installer. Avec le temps, toutefois, les constructions s’égayèrent, les habitants décorèrent leurs demeures de peintures et de statues, des immeubles furent abattus pour ériger des monuments culturels, de plus en plus d’ateliers s’ouvrirent, le port de commerce fut élargi, et de généreux avantages fiscaux furent offerts à ceux qui acceptaient de s’établir à Sarkhan. En outre, pour offrir à leurs sujets des loisirs dignes de ce nom, les empereurs d’Affoth finirent par faire construire, sur le modèle de celles qui existaient en Orient, une gigantesque arène.
C’était un édifice immense, constitué de milliers de blocs de granit, qui dessinaient un ovale au cœur tapissé de sable. Les gradins, à l’air libre ou protégés de la pluie, pouvaient accueillir la majeure partie des quatre-vingt dix mille habitants de la cité. Chaque mois, l’empereur y faisait donner pendant trois jours des jeux sanglants et excitants, combats de gladiateurs, courses de chars, exécution de condamnés…
L’actuel empereur se nommait Haydarn. Descendant de la famille qui gouvernait la province de Kerenas, il siégeait sur le trône depuis vingt ans et avait renoncé, après la première moitié de son règne, à étendre son pouvoir au-delà de la capitale. La guerre en Métaca ne l’intéressait guère, et on racontait qu’une profonde lassitude s’emparait peu à peu de lui.
Olaf et Namâric arrivèrent sur ces entrefaites.
Ils avaient chevauché six jours depuis Kanzurg, pressés de rencontrer l’homme qui, d’après Simorn, détenait la pièce suivante du puzzle menant à Alexandre. Conscients du peu de chances qu’ils avaient d’obtenir une audience auprès de l’empereur, ils avaient réfléchi à une demi-douzaine de plans sans en trouver un seul satisfaisant.
Quand ils furent en vue de Sarkhan, le contraste entre la sobriété d’origine de la ville, et l’animation bruyante et colorée qui y régnait, les frappa aussitôt. Après leur inspection habituelle de la ville, les deux Paladins rejoignirent une route et s’engagèrent tranquillement à la suite d’un convoi de marchands.
Ils atteignirent Sarkhan en une vingtaine de minutes, notant en cours de route l’agriculture peu développée des environs de la cité. La plupart des terres restaient sauvages, couvertes d’herbes folles ; la capitale importait probablement l’essentiel de sa nourriture.
Les marchands devant eux durent payer des taxes pour entrer en ville. Namâric et Olaf ne transportant rien de bien précieux, les gardes colossaux qui surveillaient les portes les laissèrent passer sans difficulté.
Ils étaient dans la place.
L’économie de Sarkhan reposait visiblement sur son industrie. Ils virent des forges, des fouloirs, des ateliers de tissage. En passant sur le port, ils constatèrent que des dizaines de bateaux défilaient sur le fleuve, chargeant et déchargeant des cargaisons diverses. Une foule bruyante et agitée emplissait les rues, encadrée par une milice apparemment nerveuse. Boucheries, épiceries, boulangeries, se trouvaient à tous les coins de rues. Des marchands installaient leurs étals dans les avenues, vantant à grands cris les mérites de leurs produits.
Les deux Paladins décidèrent finalement de se renseigner auprès des autorités compétentes. Ils arrêtèrent leurs chevaux devant l’entrée du palais impérial et mirent pied à terre. Namâric se dirigea vers un poste de garde, un pavé de pierre grise et triste aux fenêtres à barreaux. Un soldat en uniforme vert surmonté d’une cotte de mailles se tenait devant la porte, en grande discussion avec un homme aux vêtements usés qui semblait avoir un problème particulièrement compliqué.
Namâric attendit poliment que le garde envoie promener son interlocuteur, puis s’approcha d’un pas calme.
- Bonjour, commença-t-il de sa voix froide.
Il avait décidé d’impressionner le soldat.
- Oui ? Que voulez-vous ? fit celui-ci.
C’était un homme de taille moyenne, aux cheveux bruns et au visage carré pourvu d’un double menton. Sa lance reposait contre le mur de la guérite tandis que son épée pendait à sa ceinture.
- Je souhaite rencontrer l’empereur.
L’homme montra tous les signes d’une surprise légitime.
- Pour quelle raison ?
- Confidentiel.
Namâric espérait que le garde, devant une telle assurance, ne ferait aucune difficulté. Ce ne fut pas le cas.
- Vous ne m’avez pas l’air net, vous. A mon avis, personne ne vous laissera voir l’empereur.
C’était bien ce que Namâric craignait. Il n’avait aucun motif valable pour obtenir une audience avec Haydarn. Il ne voyait pas vraiment pourquoi on le laisserait passer. Même s’il parvenait à faire envoyer un messager à l’empereur, ce dernier déciderait à coup sûr de faire chasser le fou qui sollicitait un entretien.
Namâric jeta un coup d’œil au palais. Escalader le mur, s’introduire dans la chambre du souverain et lui poser ses questions ? Pas évident. Et ressortir de là ne serait guère aisé non plus.
Non, il fallait une autre solution.
- Des gens comme vous, j’en vois tous les jours, affirma le garde. Ils veulent voir l’empereur, vite, pour une raison secrète. On les renvoie à tours de bras. Alors, à moins de prouver que vous avez quelque chose de très important à transmettre à Haydarn, vous feriez mieux de partir. Le seul moyen pour vous de le rencontrer, ce serait de combattre dans l’arène.
L’intérêt de Namâric s’alluma.
- Expliquez.
Le garde désigna la massive arène à l’ouest du palais.
- Tous les mois, l’empereur organise des jeux. Celui qui remporte une épreuve, ou qui s’illustre par ses talents, gagne un entretien avec Haydarn, qui lui offre même une récompense de son choix, tant qu’elle reste raisonnable.
« Le sud de l’empire est en guerre, et l’empereur préfère offrir des spectacles que se rendre sur le front, songea Namâric. Lamentable… »
Le Paladin garda cependant ces pensées pour lui et poursuivit son interrogatoire sur un ton innocent :
- Comment pourrais-je participer ?
Le soldat haussa les épaules.
- Pour ce mois-ci, c’est trop tard. Les jeux commencent dans deux jours. Les cohortes sont déjà inscrites, les candidatures validées.
Il eut un sourire.
- Si vous voulez vraiment y aller, ça ne pourrait être que comme condamné à mort.
- C’est-à-dire ?
- C’est un moyen pratique d’animer les jeux tout en simplifiant les exécutions. Tous ceux qui ont été condamnés au cours du mois sont lâchés dans l’arène, jetés en pâture aux gladiateurs. Ca se termine invariablement en massacre.
- Je vois…
Namâric s’éloigna du soldat rejoignit Olaf.
- Ton avis ?
- C’est trop dangereux, Namâric. Je ne doute pas de ta capacité à remporter une épreuve de combat, mais l’Ordre a des Paladins dans cette ville. Si tu te donnes en spectacle dans l’arène, nous serons repérés et tout s’effondrera.
- Pas si sûr. Tu peux te charger d’eux.
Stupéfait, Olaf écarquilla les yeux sous son masque.
- Tu voudrais que je tue des Paladins Noirs ? Namâric, une telle idée ne te ressemble pas…
- Je ne te demande pas de les tuer, juste de les faire taire. Tu pourrais les convaincre de se taire…
Une file de cavaliers en tenues rouges traversa la rue et pénétra dans le palais.
- Je pourrais les trouver, dit Olaf. Ensuite, je ne garantis rien…
- Très bien.
Namâric revint vers le garde.
- Dites-moi si j’ai bien compris. Si, maintenant, je commets un crime et me fais prendre, je serai exécuté lors des jeux d’après-demain ? Sans procès ?
Le soldat crut qu’il plaisantait.
- Ouais ! La justice est expéditive, ici ! Ca décourage bien des tueurs !
- Mais si je tue tous les gladiateurs chargés de m’abattre, j’ai une audience avec l’empereur ?
- En théorie oui, mais ça n’arrive jamais.
- Parfait.
Sans rien ajouter, Namâric empoigna le garde par le cou, dégaina son poignard. Puis, d’un même mouvement, il lui leva la tête et trancha froidement sa gorge, avant de le laisser choir au sol.
- Voilà, c’est fait. Olaf !
Namâric déboucla son ceinturon, lança son épée, son couteau, son arc et son carquois. Olaf les attrapa au vol alors que d’autres gardes, qui avaient assisté à la scène, se précipitaient vers eux.
- Prends-en soin !
Olaf acquiesça et talonna Belanar. Sur un signe de son maître, Norzac le suivit dans les rues.
Cinq lances se pointèrent sur le torse de Namâric. Il fit semblant de tenter une fuite, renonça, afficha un air furieux et leva les mains.
- Je me rends, fit-il d’un ton féroce. Mais sachez que cet homme m’avait insulté. Il méritait ce qui vient de lui arriver.
Comme prévu, il reçut un coup de hampe à la nuque puis, étourdi, se laissa emmener par les gardes.

:)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
23 mai 2006 à 19:19:36

Ah...vivement la suite. :-) Même si on connaît l´issue du combat (ou au moins celui de Namâric :) )

chris12
chris12
Niveau 9
23 mai 2006 à 21:04:18

enfin une :
"- Quoi ? fit Alexandre et les rejoignant. " eN

Namaric devient attachant ^^, les chaps d´Alex sont défoulant mais par contre de plus en plus inutile

La suite, Baston !

Sunshadow
Sunshadow
Niveau 7
24 mai 2006 à 12:42:36

Ca annonce un chapitre sûrement plein d´émotion, d´autres préliminaires ou alors on va retourner à Alexandre...

Je trouve pas très naturel la façon dont le garde annonce à Namâric que le seul moyen de voir l´empereur est d´aller dans l´arène (en plus ça me fait penser à Fables :gni: )

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
24 mai 2006 à 19:07:02

Pourrais-tu m´envoyer cette fic´-ci par mail stp ? ^^ J´ai eu la flemme de me remettre à lire lorsqu´elle a commencé, et puis j´ai fini par oublié que tu l´avais postée. ^^"

the_alir@hotmail.com, c´est mon mail. :)

-Alir-
-Alir-
Niveau 8
24 mai 2006 à 19:08:00

Zut, la virgule s´est insérée. Je recommence donc : the_alir@hotmail.com .

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
24 mai 2006 à 19:31:34

Fallait-il vraiment que l´on voit Namâric tuer tout ces pauvres gladiateurs ... pour encore voir qu´il est super fort et super rapide ?

Franchement, cela aurait plus expéditif que de le faire s´introduire dans la chambre de l´empereur ou un truc de ce genre ...

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
24 mai 2006 à 19:36:07

Mais pas cohérent avec le reste du scénario. De plus, cela va obliger Olaf à de dangereux combats, et lui, il est vachement moins invincibles que Namâric...

KaiM
KaiM
Niveau 11
24 mai 2006 à 20:44:48

Ca me donne surtout un prétexte pour justifier le retour d´un certain personnage qui m´est cher et que je tenais à replacer. Et à partir de maintenant, je renoue avec la tradition d´une longue partie de temps en temps. Bonne lecture.

Chapitre 24 : Prisons et marchés

Les geôles de la grande arène, situées dans le sous-sol du bâtiment, étaient sombres, sinistres et malodorantes. Sur l’ordre d’un officier qui l’aurait volontiers égorgé sur place mais qui avait pour obligation de suivre les consignes, Namâric y fut conduit sans ménagement.
La prison était un long couloir bordés de cellules grillagées dans lesquelles s’entassaient des hommes crasseux et mal nourris. Un rai de lumière filtrait par une fente en haut d’un mur, tandis que des plaintes désespérées s’élevaient de cachots fermés.
Namâric fut amené devant un géant à la peau mate, doté de bras puissants et d’une épaisse barbe noire. Un des gardes lui apprit rapidement quel crime avait commis le Paladin, et le colosse eut un sourire sinistre.
- Tu tombes bien. On manquait un peu de viande pour après-demain, et tu feras un morceau de choix.
Dans le couloir, Namâric aperçut un homme puissamment bâti, armé d’un sabre long, qui inspectait les prisonniers d’un œil calculateur.
Le géant suivit son regard.
- Stark t’intéresse ? C’est normal, après tout. C’est peut-être lui qui te tuera.
« Un de ces fameux gladiateurs », songea Namâric.
Il observa longuement le guerrier. Stark avait le front bas, les cheveux roux, la moustache courte. Malgré sa corpulence, il se déplaçait gracieusement, témoignant d’une certaine agilité au combat. Soudain, Namâric se demanda s’il n’avait pas agi un peu précipitamment en se jetant dans ce piège.
- Bon, assez discuté, grogna le géant. Enlève ton armure.
Namâric ne bougea pas. Le geôlier fit signe à un des gardes, qui tendit une main vers le Paladin.
- Je conserve mon armure. Le premier qui me touche est mort.
Le soldat hésita, interrompit son geste.
- Retire-lui sa cuirasse ! aboya le colosse.
La main du garde se posa sur l’épaule de Namâric.
Le Paladin passa à l’action avec une soudaineté effarante. Il pivota sur ses talons, le tranchant de sa main fouetta l’air et frappa le soldat à la gorge. Le souffle coupé net, l’homme s’écroula comme une masse avec un râle étouffé.
Un silence de mort tomba sur la scène. Figés de surprise, les quatre gardes et le geôlier contemplaient le corps inerte de leur camarade.
- Tous sur lui ! finit par hurler le géant.
Namâric saisit la pointe d’une lance, arracha l’arme des mains de son assaillant, le frappa à la tête avec la hampe avant de lui planter la lame dans la cuisse. Un autre garde l’attaqua par la droite. Namâric bondit à sa rencontre, plongea au sol, se redressa en lui assenant un féroce uppercut au menton. Alors que l’homme s’effondrait, Namâric empoigna l’épée à sa ceinture et la sortit du fourreau. C’était une arme simple, mais honnête et bien assez dangereuse pour l’occasion.
Le géant s’élança dans son dos. Namâric fit volte-face, s’éleva dans les airs d’une prodigieuse détente, décocha au colosse un formidable coup de pied au visage. Il s’abattit avec un bruit sourd. Namâric leva son épée, para un coup de taille, ouvrit un sillon sanglant dans l’épaule de son agresseur. Il évita souplement un balayage vertical, saisit d’une clef imparable le poignet de son adversaire. Un craquement sec, puis un cri de douleur.
D’autres gardes accouraient, leurs lances pointées en avant. Namâric s’apprêtait à les combattre, conscient que la situation lui échappait, lorsqu’un ordre retentit.
- Stop !
Les soldats s’arrêtèrent, encore furieux.
Stark, le gladiateur, s’avança vers Namâric.
- Ne le tuez pas maintenant. Vous me priveriez d’un grand plaisir. Je l’abattrai dans deux jours, sur le sable de l’arène.
Les gardes se concertèrent du regard et reculèrent prudemment.
- Rends-moi service, poursuivit Stark à l’adresse de Namâric. Pose cette épée, rentre dans une cellule et tiens-toi tranquille. Tu peux garder ton armure.
Namâric réalisa que son impétuosité avait failli faire échouer son plan. Il n’aurait jamais pu impressionner les gardes sans l’intervention de Stark. Il avait de la chance de n’en avoir tué aucun : s’il avait fait une seule victime, les soldats l’auraient mis en pièce. Il lâcha son arme et se laissa pousser derrière une grille qui se referma avec un grincement sinistre.
Trois personnes partageaient sa cellule : un grand homme à l’air farouche, un second, plus âgé et moins en forme, et un adolescent d’une quinzaine d’années, en haillons, peut-être condamné pour un vol.
Namâric n’essaya pas d’engager la conversation. Il s’assit sur un banc, croisa les bras et les jambes pour adopter une posture de méditation, et attendit.

Tout en arpentant à cheval les rues chargées de Sarkhan, Olaf maugréait intérieurement contre les idées saugrenues de Namâric. Ce plan était hasardeux, risqué, dangereux, voire stupide. D’un autre côté, c’était effectivement leur seule chance de rencontrer l’empereur.
Olaf mena ses chevaux à travers un dédale de ruelle, passa dans l’ombre d’une tour dentelée qui servait de siège à une corporation de tisserands, traversa une avenue encombrée de chariots sans cesser de réfléchir à son problème. Autant qu’il s’en souvienne, l’Ordre était en froid avec Affoth. Pas de garnison régulière dans la capitale, donc, mais peut-être un ou deux espions. Il fallait les trouver en une journée et les réduire au silence d’une manière ou d’une autre. Dans une ville de près de cent mille habitants, ça n’allait pas être simple.
Evidemment, il restait une solution…
L’idée s’insinua dans l’esprit d’Olaf. Il commença par la rejeter, puis la caressa de nouveau, pesa le pour et le contre. Se décida.
Il se renseigna auprès d’un passant, obliqua vers une rue en arc de cercle, passa sous une voûte décorée de drapeau, poursuivit sa route entre des immeubles serrés.
Il finit par déboucher dans la rue des magiciens.
Toute grande cité possédait une avenue de ce genre. Si la magie gardait un côté mystérieux qui inquiétait le commun des mortels, elle restait pourtant indispensable dans bon nombre de domaines. En conséquence, les dirigeants des villes avaient coutume de réserver une rue entière aux boutiques de magiciens. C’étaient dans ce genre d’endroit que les diplômés des académies venaient exercer leurs talents, déclinant les secrets de la magie sous des dizaines de formes.
Les échoppes s’alignaient aux premiers étages des immeubles, tantôt colorées, tantôt sombres. De nombreux clients y pénétraient, l’air craintif, et en ressortaient rassurés. Olaf vit un enchanteur capable de renforcer les graines, à qui on mentait des sacs entiers de semences ; à côté, un sorcier annonçait qu’il pouvait invoquer les âmes des défunts pour leurs familles ; plus loin, un envoûteur prétendait faire naître l’amour dans n’importe quel couple. Il y avait aussi un guérisseur, à qui on menait des hommes gravement blessés, voire à l’article de la mort, et même parfois déjà froids depuis longtemps ; sans oublier un sorcier spécialisé dans les malédictions, plongeant dans des affres de malchance les ennemis de ses clients ; et, juste à côté, un autre mage qui brisait ces mêmes malédictions. En remontant la rue, Olaf remarqua un herboriste, exposant toutes sortes de potions transformées par magie, et même un professeur chargé de tester les jeunes enfants possédant peut-être un potentiel pour la magie.
Enfin, le Paladin trouva ce qu’il cherchait.
La boutique étincelait d’or et d’argent, ses vitres soigneusement nettoyées laissant entrevoir une foule de petits objets aux formes curieuses. L’enseigne au-dessus de la porte annonçait : « Laokaïn, amulettes, talismans, artefacts en tous genres » et au-dessous : « si demande particulière, fabrication sur commande ».
Olaf descendit de cheval, attacha Norzac et Belanar à une barre fixée dans le mur, et pénétra dans la boutique. Deux clients étaient là. Le premier voulait un porte-bonheur en prévision d’un voyage vers le nord. Laokaïn, le propriétaire, un petit homme blond aux yeux rusés, vêtu d’un manteau bleu chargé de signes mystérieux, dénicha rapidement l’amulette la plus adaptée. Le second homme désirait un objet capable de l’éclairer dans le noir. Le mage lui proposa une petite boule de verre qui brillait quand on prononçait une courte incantation.
Puis ce fut le tour d’Olaf.
- Monsieur, que puis-je faire pour vous ? demanda le marchand en s’inclinant.
- J’ai besoin d’un objet bien précis. Je ne pense pas que vous l’ayez.
- Si vous savez à quoi il sert, je peux en concevoir un. Pour un prix honnête.
Olaf fit tinter sa bourse. Le marchand eut un sourire.
- Je connais toutes les particularités de l’objet en question, déclara le Paladin, et je peux vous donner toutes les instructions nécessaires pour sa réalisation. Il se trouve simplement que cet objet doit être enchanté, et que je suis incapable de le faire moi-même.
Laokaïn passa sa langue sur ses lèvres.
- Un petit défi ? J’aime ça. Je vous écoute, alors. Pour commencer, sous quelle forme cet artefact se présente-t-il ? Amulette, collier, anneau, croix ?
- Appeau.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
24 mai 2006 à 21:34:00

Ah...mais c´est qu´on va revoir le p´tit oiseau si mignon et insupportable? :hap: (et désolé pour le spoil mais bon faut l´faire quoi pour voir l´message en voyant les deux pavés^^. Quand y´a un p´tit message j´évite mais là... :-) )

Sinon, bonne idée les pavés, on aurait fini par croire que ce n´était plus toi. :o))

Bon eh bien vivement la suite. :-) Encore un chap´ pour l´annif´ du forum? :hap: :)

Dylfos
Dylfos
Niveau 5
25 mai 2006 à 12:25:04

:hello: , comme vous pouvez le constater, je suis nouveau (bien que je traine sur Ecriture depuis quelques mois). Je ne suis pas très doué pour les coms détaillés, mais je vais m´y mettre.
Bref, ce chapitre est toujours aussi bon que les autres, avec une petite scène de combat agréable (ça change des duels entre humains).

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