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La destinée du Prince Noir

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
03 mai 2006 à 13:59:42

messire, je vous prie d´excuser mon erreur, j´avais oublié votre post. Hélas, je ne peux donner mon avis la dessus, étant donné que j´ignore de grandes choses quant aux hébergeurs.

KaiM
KaiM
Niveau 11
03 mai 2006 à 14:39:22

Bon, ce truc mal foutu est à votre disposition à cette adresse. J´ai réussi à le télécharger, donc je pense que ça marche.

http://rapidshare.de/filefiles/19517169/Carte1.bmp.html

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
03 mai 2006 à 14:51:53

faut cliquer où? :)

KaiM
KaiM
Niveau 11
03 mai 2006 à 14:56:20

Descends en bas à droite de la page, clique sur "free", une nouvelle page s´ouvre. En bas de la page, il y a un tableau des offres, et juste au-dessus un code à trois lettres, en couleur. Entre ce code dans la fenêtre à sa droite et clique sur "Download from [nom du serveur]", juste à droite. Il te faudra peut-être attendre un peu (dans ce cas tu trouveras un compte à rebours quelque part sur la page), puis la fenêtre "Téléchargement de fichier" s´ouvrira. A partir de là, tu cliques sur "enregistrer", tu choisis un répertoire sur ton disque et tu valides.

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
03 mai 2006 à 15:05:47

complexe!

alors, j´essaie.

  • suit les indications de kaiM*

Oh, ca marche!

Oui, j´avoue c´est pas la gloire, mais ca va encore, je trouve. Thenetos de Vordal c´est l´empereur d´affoth? Pasque j´ai jamais compris qui c´était vaiment. Un puissantmagicien influent, mais il est un conseiller de l´emperuer ou c´est carrément lui?

Sinon, affoth est super grand! et si j´ai bien comprsi, l´échine du dragon c´est le truc à l´ouest de métaca.

Merci beaucoup, je pense que ça va beaucoup nous aider :)

KaiM
KaiM
Niveau 11
03 mai 2006 à 19:01:49

Et, au fait, un autre chap, toujours plus court.

Chapitre 11 : Premiers pas dans le désert

Pour une raison étrange, la question qui vous préoccupe le plus vient souvent après toutes les autres.
Evan s’en était rendu compte au matin, réalisant que pas une fois il n’avait interrogé Emmanuel au sujet la croix d’argent qu’Arlas avait essayé de revendre la veille. Mais, comme nombre des précédentes, cette question était restée sans réponse.
- J’ignore presque tout de cette croix, avait déclaré Emmanuel. Le Prince l’a récupérée il y a un mois, et il la garde soigneusement à l’abri. Mais vu la façon dont il a traqué ce voleur, elle doit avoir pour lui une certaine importance.
Evan n’avait pas insisté. D’ailleurs, au même moment, on avait réclamé son aide.
Le camp s’était réveillé à l’aube. Le soleil ne s’était pas encore levé quand les soldats de Karen avaient quitté leurs tentes pour s’habiller, prendre une collation, s’équiper de leurs armes et armures et commencer à démonter le campement. Pour la première fois, Evan avait pu observer la troupe complète en action et admirer sa parfaite organisation. Chacun connaissait sa tâche sur le bout des doigts, nul ne commettait la moindre maladresse ou négligence.
Lorsque les hommes de la Garde noire s’étaient exercés quelques instants avant d’endosser leurs armures, Evan avait eu l’occasion de voir pour la première fois leurs corps musculeux et taillés pour l’action. Même désarmés, il paraissaient terriblement dangereux.
Alexandre avait demandé à cinq hommes d’accompagner Evan en ville afin d’acquérir le matériel nécessaire à l’expédition. Au vu des légers troubles occasionnés par la Garde noire lors de la nuit précédente, c’étaient des soldats de Karen, inconnus à Keldras, qui avaient escorté le garçon.
Evan n’avait fait aucun commentaire en traversant la cité, même si le carnage orchestré par Alexandre le révoltait. Jelius et sa famille avaient brûlé dans leur maison, la « Chope Noire » était à moitié détruite, et personne n’osait s’approcher le la citadelle, silencieuse et jonchée de cadavres. Partout on murmurait, évoquant une malédiction, la venue d’un démon innommable et assoiffé de sang. Certains paraissaient presque heureux que cette oeuvre dévastatrice ne fût pas allée plus loin.
Evan, informé des ressources dont disposaient les Chevaliers Blancs, les avait complétées en vivres, cordages, couvertures et matériel de survie, s’approvisionnant auprès de commerçants qui, sans exception, avaient tremblé devant les soldats. Il avait également fait un crochet par sa maison pour récupérer quelques affaires et jeter un dernier regard sur la demeure qu’il ne reverrait pas avant au moins deux mois.
Les Chevaliers Blancs semblaient disposer de moyens illimités. A la surprise d’Evan, ils avaient payé sans sourciller ses nombreux achats ainsi que la location d’un chariot pour les ramener au camp. D’une certaine manière, cela avait rassuré le garçon. Il travaillait pour des gens à la morale douteuse, sans aucune chance de se dérober, mais il savait qu’il serait grassement rémunéré.
Les chevaux ne pouvant s’aventurer dans les Terres Mortes, et la probabilité de trouver un acquéreur pour soixante montures se trouvant quasiment nulle, Alexandre avait ordonné qu’on les relâche.
- De toute façon, avait-il commenté, ceux qui sont bien dressés survivront sans mal et nous reviendront à notre retour.
Devant le spectacle de dizaines de chevaux s’élançant des les plaines et vers la liberté, Evan n’avait pu retenir une larme.
Ensuite, les hommes s’étaient mis en route vers le nord. Après une heure de marche, ils se trouvaient à présent à la frontière des Terres Mortes, devant cette ligne curieuse qui séparait la plaine herbeuse de l’immensité aride et déserte.
- A toi de nous montrer le chemin, lança Karen à Evan.
Celui-ci jeta un regard aux soixante hommes qui l’accompagnaient. On avait réparti équitablement les charges, et chacun d’eux portait sur le dos un paquetage d’armes, de vivres et de matériel. Les regards durs et décidés, ils ne semblaient pas peiner sous la charge. Pour la première fois, Evan prit conscience qu’il allait être responsable de leur survie dans ce voyage. De lui dépendait toute l’expédition.
Tout allait trop vite. Jamais il n’avait pris de telles responsabilités.
- Allez, passe le premier, l’encouragea Emmanuel.
Evan déglutit péniblement. Son regard se posa sur Alexandre, droit comme un i, parfaitement immobile, puis sur Axtros et Varlian qui l’encadraient, et enfin sur Jobas, l’hémostatique, qui marchait à l’écart.
- Très bien. Allons-y.
Etreignant le couteau passé à sa ceinture, il observa l’horizon, se rappela une dernière fois de l’itinéraire à suivre pour gagner les montagnes de Sigornis, et choisit une direction. Il fit un pas en avant, enjambant la frontière, puis un second, un troisième...
Les Gardes noirs et les Vzad’orû’bausns s’engagèrent à sa suite. De nombreux hommes se mettaient à hurler dès leurs premiers pas dans ce désert malsain, mais les soldats de l’expédition semblaient tous échapper à la règle ; leurs âmes étaient trop bien trempées. Evan oublia peu à peu ses craintes et se concentra sur sa tâche.
Le voyage avait commencé.

:)

Le prochain sera long.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
03 mai 2006 à 19:11:06

"Le camp s’était réveillé à l’aube. Le soleil ne s’était pas encore levé quand les soldats de Karen"
==>Hummm...si je ne m´abuse, quand on parle d"aube" le soleil est déjà visible, non? M´enfin j´me goure sûrement, n´étant moi-même pas sûr de ce que j´avance. :-)

Sinon, s´ils sont tous aussi courts, j´exige qu´on en ait un par jour. :-) D´ailleurs pour nous rattraper des trois chap´s courts tu d´vrais nous poster le long dès demain. :-p

KaiM
KaiM
Niveau 11
03 mai 2006 à 19:17:17

Nan, t´as raison, je voulais mettre "aurore".

OK, le long demain, de toute façon j´ai maintenant une énorme avance.

T´as récupéré la carte au fait ?

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
03 mai 2006 à 19:32:08

Ouaouais, c´est moi ou on voit pas tout dessus? (les montagnes, etc). Mais sinon on voit que c´est basique, mais je dirai rien je ferais pas mieux. :-d

KaiM
KaiM
Niveau 11
03 mai 2006 à 19:35:11

Il n´y a que les éléments essentiels pour se situer dans l´histoire. Bon, d´accord il en manque. Mais ça doit quand même faciliter les choses, non ?

chris12
chris12
Niveau 9
04 mai 2006 à 12:00:20

y avait pas qq1 qui s´était proposé pour te faire une belle carte ?

Sinon, honte sur moi, tu peux me rappeler où ils doivent aller ?

On aura des chapitres annexes comme dans le siege et la chute ou tout sera concentré sur Alex et Evan ?

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
04 mai 2006 à 12:20:01

niak, j´m´abonne aux super commentaires à la xbq, sans réussir à l´égaler, évidemment.

"Mais vu la façon dont il a traqué ce voleur, elle doit avoir pour lui une certaine importance. " "mais" sert d´habitude pour contester ce qui a été dit précédemment, non? or, dans le texte, c´te phrase ne fait qu´approuver les précédentes, donc le mais ne tient pas la route. De plus, même si c´était un bijou de pas trop grande importance, alexandre aurait sans doute aussi traqué celui qui s´était d´une certaine manière opposé à lui. L´efficacité de cette phrase me semble douteuse.

"D’ailleurs, au même moment, on avait réclamé son aide. Le camp s’était réveillé à l’aube. Le soleil ne s’était pas encore levé quand les soldats de" j´aime pas le d´ailleurs. Et même remarque qu´azerty.

dans le passage qui suit, avec les corps musculeux et tout, je trouve que le mot Evan est répété trop souvent.

"Devant le spectacle de dizaines de chevaux s’élançant des les plaines et vers la liberté, Evan n’avait pu retenir une larme. " non, pas réaliste. C´est chou, mais bon... s´élancant DANS les plaines, non?

"leurs âmes étaient trop bien trempées" je ne saisi pas exactement le sens de cette phrase, d´autan tplus qu´il me semble que c´est les caractères qui peuvent être trempés, mais j´suis plus sure de l´expression.

voilà, moins de trucs que d´habitude, pas mal, l´histoire avance pas mal :)

KaiM
KaiM
Niveau 11
04 mai 2006 à 17:37:17

Le "mais" réfère au fait qu´Emmanuel ne sait rien de cette croix : il ignore tout MAIS il peut imaginer qu´elle a beaucoup d´importance.

Bah, pourquoi qu´ils relâcheraient pô leurs chevaux, hein ? Ont-ils vraiment un autre choix ? Et la remarque concerne Evan, ben c´est juste qu´il est d´une naïveté affolante

Quant aux âmes bien trempées, c´est une référence à Lanfeust de Troy, tome 8, et c´est juste une expression pour dire qu´ils ont des nerfs d´acier, une volonté de fer, bref ce genre de comparaisons métallurgiques.

"voilà, moins de trucs que d´habitude, pas mal, l´histoire avance pas mal " Répétition de "pas mal"

Allez, la suite :

Chapitre 12 : Le Premier Sorcier d’Affoth

« L’organisation du royaume de Dümra est plutôt anarchique.
« Comme dans tous les pays d’Aropa, le pays est dirigé par un roi, institué par filiation et rarement renversé. Son pouvoir se base sur une solide tradition monarchique, et il contrôle sans mal l’essentiel du pays - si l’on fait abstraction du règne d’Alexandre VII, une tache dans l’histoire dümréenne.
« Les choses se corsent au niveau des statuts des provinces. La gestion des terres qui appartiennent à la couronne revient à un gouverneur désigné par le roi, comme ce fut le cas à Kridath avant la destruction de la ville. Les domaines seigneuriaux, eux, font preuve d’une grande diversité dans leurs politiques. Dans les Marches du Nord, les barons gouvernent directement leurs terres. Au contraire, dans le Sud de Dümra, les comtes délèguent souvent leur pouvoir à un administrateur, au clergé ou aux guildes de commerçants.
« Cette mosaïque complexe rend particulièrement difficiles les réactions d’ensemble en cas de crise, mais on reconnaîtra aux monarques dümréens de grandes qualités diplomatiques qui leur ont toujours permis de contrôler le royaume dans sa quasi-totalité.
« L’empereur d’Affoth, lui, ne contrôle strictement rien.
« Pour expliquer ce phénomène, il convient de remonter à la naissance de l’Empire. Il y a quatorze siècles, les multiples principautés qui composaient le centre de l’Aropa décidèrent de s’unifier sous un unique commandement pour faire face à leurs voisins de plus en plus puissants. Il fut décidé de fonder un empire, gouverné tour à tour par un membre de la famille dirigeante de chaque province. Si cet accord permit de créer le plus puissant Etat du continent, il laissa cependant une grande autonomie aux régions. En conséquence de quoi, les nobles purent le plus souvent faire la loi dans leurs domaines sans rendre aucun compte à l’empereur. Son autorité s’effrita au cours du temps, encore fragilisée par l’alternance des familles qui fournissaient les nouveaux souverains : dès qu’un empereur arrive au pouvoir, il s’efforce d’assurer un maximum d’avantages à sa contrée d’origine, en prévision du règne de son successeur.
« On pourrait croire que la capitale de l’empire, Sarkhan, répond pour sa part aux ordres de la couronne. Mais ce n’est même pas le cas. Quand il s’intéresse aux affaires de la cité, l’empereur est sans cesse contrecarré par ses ministres, lesquels se trouvent piégés par de complexes histoires de chantage, initiées par de riches crapules qui s’affrontent continuellement dans le but illusoire de contrôler Sarkhan. En résumé, on dira que les pouvoirs de l’empereur d’Affoth s’arrêtent aux portes de ses appartements - de sa chambre, selon certains.
« En conclusion, Affoth est une union mal conçue qui manque singulièrement d’unité.
« La principale question qui se pose à moi est alors la suivante : quel intérêt représente le fait d’être le Premier Sorcier d’un empire qui n’existe pas ? »
Thenetos de Vordal leva les yeux de son parchemin, reposa sa plume dans son encrier et se leva de sa chaise. Les plis de son manteau blanc ondulèrent lorsqu’il fit lentement le tour de son luxueux bureau. Son regard erra sur les statues dorées qui garnissaient les étagères, sur les meubles de bronze et de plomb qui renfermaient ses grimoires et ses trésors les plus dangereux, sur les fenêtres qui s’ouvraient sur l’architecture à la fois harmonieuse et hétéroclite de son palais - un assortiment de murailles crénelées, de coupoles élégantes, de flèches audacieuses, de passerelles arachnéennes, de fortins austères et de quartiers luxueux, le tout flanqué de quatre tours en verre. Les yeux de Thenetos allèrent même jusqu’à se poser sur la cité de Vordal, dressée de part et d’autre des eux miroitantes du fleuve Krill ; mais son esprit était ailleurs.
Thenetos s’était toujours targué de savoir faire les bons choix. Au cours de la prodigieuse carrière qui l’avait porté, lui, le dernier descendant d’une famille de sorciers sur le déclin, jusqu’au sommet de la guilde des mages d’Affoth, jamais il n’avait commis la moindre faute. Ces derniers temps, pourtant, il ne cessait d’accumuler les erreurs.
Tout avait commencé quand il avait repéré un pouvoir magique particulièrement puissant dans le royaume de Dümra. Il avait toujours eu le don incroyable de sentir la moindre manifestation de magie dans un rayon de plusieurs milliers de kilomètres, ce qui lui avait souvent permis de dénicher de jeunes talents et de les former à sa propre école. Au début du dernier printemps, cette faculté lui avait indiqué Adrien Heinkel, un jeune paysan dümréen. Thenetos avait aussitôt dépêché Andorion, son meilleur serviteur, pour récupérer Adrien. Puis les choses avaient mal tourné.
Le malheur avait voulu qu’Adrien Heinkel se trouvât à Kridath, une ville en passe d’être attaquée par les Elfes du roi Itraïr. Pressé par le temps, Andorion s’était montré trop brusque, et n’avait réussi qu’à convaincre Adrien de ne jamais, jamais accepter de servir Thenetos. Le garçon s’était enfui en compagnie d’un Mage de Combat dümréen, Thenetos avait retrouvé sa trace et envoyé de ses éléments les plus prometteurs, Strelian Falar et Juvorn Arpas. Aucun n’était revenu.
Adrien Heinkel vivait aujourd’hui à Dümrist, où il aurait dû suivre une formation à la magie si de tragiques événements ne l’avaient poussé à abandonner cette voie. Seubal Artus, l’homme qui l’avait initié aux arts des magiciens, avait trouvé la mort dans un terrible combat. Aux dires des espions de Thenetos, Adrien avait renoncé à continuer ses études, persuadé que tout était de sa faute.
Thenetos n’avait plus envie de sacrifier des hommes pour cet étrange garçon. Il laissait pour le moment l’affaire en suspens et espérait qu’en grandissant, Adrien se tournerait vers lui de sa propre initiative. Après tout, Thenetos n’était-il pas l’un des plus célèbres mages du continent, le meilleur professeur qu’on puisse désirer ?
Autre échec cinglant, l’affaire Hustouk. Thenetos s’intéressait depuis longtemps aux recherches d’un certain Tarwadis Garnéulor, un enchanteur de renom qui, jusqu’à sa mort, avait travaillé sur l’invocation de démons. Ces créatures, habitant une autre dimension, pouvaient être conjurées par des sorciers, mais jamais très longtemps. Tarwadis, lui, imaginait qu’en leur donnant un corps vivant à hanter, il pourrait maintenir éternellement les démons à son service. L’unique spécimen qu’il avait laissé derrière lui était un Ork, Hustouk, possédé par un esprit particulièrement violent qui pouvait décupler ses forces dans une bataille. Thenetos avait chargé deux hommes de capturer cet Hustouk. Il les avait tués. Thenetos avait perdu sa piste.
Et pour finir, le Prince Alexandre.
Dans sa quête d’objets magiques, Thenetos avait entendu parler des Bracelets d’Arzhan, puissantes reliques âgées de plusieurs millénaires, et détenues par la famille royale de Dümra. Cependant, il était impossible de voler ces Bracelets à leur propriétaire : lui seul pouvait défaire le sort qui les liait à ses poignets, et sa mort entraînait la disparition totale des pouvoirs enfermés dans les deux bijoux. De plus, manier les Bracelets demandait un savoir qui, probablement, s’était perdu depuis longtemps, même pour un érudit comme Thenetos. Pour ces raisons, le Premier Sorcier d’Affoth n’avait pas tenté de s’en emparer.
Jusqu’à ce qu’il ressente, l’hiver précédent, que quelqu’un utilisait ces bijoux. De plus amples recherches lui avaient appris que le Prince Alexandre, héritier du trône de Dümra, maîtrisait en partie les Bracelets d’Arzhan. Thenetos avait alors voulu capturer le Prince, ce qui s’était soldé lors du fiasco de Kridath par une défaite monumentale d’Andorion et la disparition de ses lieutenants, Anamïn et Ektaïn.
Alexandre, évanoui dans la nature, avait ensuite regagné Dümrist pour succéder à son père. L’apprenant, Thenetos avait changé de tactique. Plutôt que de combattre Alexandre pour lui arracher les Bracelets, il avait tenté de le séduire pour s’en faire un allié. Ce qui n’était finalement pas nécessaire, puisque le Prince, en quête de puissants compagnons, recherchait lui aussi cette association.
Thenetos avait aidé Alexandre à se débarrasser de ses ennemis à l’intérieur de la capitale. Suite à quoi il avait frôlé la mort dans une confrontation explosive avec Tanaril de Ganor, le commandant des Mages de Combat, qui cherchait à assassiner le Prince. Atrocement blessé, Thenetos avait dû regagner son palais, à Vordal. Il n’avait toujours pas récupéré, et s’occupait comme il pouvait en rédigeant un ouvrage définitif sur la géographie mondiale.
« Tout va mal, en ce moment. La vieillesse émousse peut-être mes réflexes, mes pouvoirs et mon intelligence. »
Assurément, il était âgé. Sa barbe et ses cheveux avaient pris depuis bien longtemps la même couleur de neige que son manteau. Les rides creusaient son visage, et ses yeux perdaient au fil des ans leur éclat énergique d’autrefois. Il serait bientôt temps de passer la main, d’introduire du sang neuf à la tête de la guilde des mages.
Mais pas tout de suite. Et peut-être même jamais.
Les petits tracas de Thenetos ne représentaient rien à côté du véritable problème qui l’occupait. La pire crise qu’il ait jamais connue.
Une terrible menace qui pesait sur le monde entier.
En envoyant ses hommes à Kridath, il avait piétiné un nid de serpents. Car si le Prince Alexandre se trouvait dans cette ville, c’était parce qu’un mage influent, Onorius de Finglä, lui avait demandé de s’y rendre, prétextant que les souterrains de la cité dissimulait un objet magique dont les Elfes ne devaient en aucun cas s’emparer. D’une certaine manière, il avait dit la vérité.
Dans une crypte reposait en effet une étrange émeraude ovale appelée « l’œil de Kashnir ». Elle refermait bien une grande quantité d’énergie, mais nul ne pouvait la libérer, pour la simple et bonne raison que l’œil n’était pas une arme ou une réserve de pouvoir.
Il s’agissait d’un réceptacle, dans lequel dormait l’âme d’un antique démon, Kashnir, fils d’Arkos. Ce dernier, aussi nommé le Tigre Noir, avait failli détruire le monde dix mille ans auparavant. La légende prétendait qu’Arkos et ses douze fils avaient anéanti toute civilisation avant d’être vaincus par un homme-Zahr, Hermos. Par ailleurs, un vieux grimoire découvert à Dümrist avait révélé au Prince que les yeux des treize tigres, abritant leurs âmes, pourraient les faire revenir à la vie.
Cette révélation avait permis à Thenetos d’éclaircir une autre énigme : les Migrodis. Une organisation secrète, dissimulée dans le monde, aux objectifs flous, dont aucun membre n’avait jamais été capturé vivant. Alexandre avait découvert qu’Onorius de Finglä appartenait à cette secte, et qu’il avait chargé des hommes de protéger le Prince à Kridath, afin qu’il puisse découvrir l’œil de Kashnir. De là, il était aisé de conclure, comme Onorius l’avait confirmé avant de mourir, que les Migrodis cherchaient à tirer Arkos et ses fils du monde des morts.

KaiM
KaiM
Niveau 11
04 mai 2006 à 17:38:01

Une perspective terrifiante. Une fois de retour, le Tigre Noir reprendrait certainement son oeuvre de destruction, à moins ne les Migrodis ne veuillent sa résurrection dans le but de le contrôler, ce qui ne vaudrait guère mieux. A chaque fois qu’il y songeait, Thenetos sentait sa gorge se nouer.
Bien sûr, il restait encore des questions sans réponses. Qu’étaient ces armes d’or et d’argent, découvertes dans la crypte, qui indiquaient comment libérer l’œil de Kashnir ? Pourquoi cette pierre maléfique n’avait-elle pas été détruite ou enfouie au fond d’un océan, plutôt que cachée dans un abri certes protégé par des malédictions, mais absolument pas inviolable ? Où se trouvaient les autres yeux ? Les Migrodis avaient-ils un quartier général ? Pourquoi avaient-ils manipulé Alexandre au lieu d’aller chercher eux-mêmes l’œil de Kashnir ? L’explication d’Onorius à ce sujet laissait à désirer : les Migrodis seraient incapables de s’approcher des pierres qui renfermaient les âmes des tigres, et peu désireux de payer des mercenaires pour ce faire. Obscur et illogique.
C’était pour éclaircir ces mystères que Thenetos avait autorisé Alexandre à mener des recherches comme il l’entendait. Le Prince, après l’échec de son complot contre son père, venait tout juste d’échapper à la pendaison grâce à l’aide du mage et des Vzad’orû’bausns. Renié par le roi Alexandre VII, privé de ressources, il n’avait plus que Thenetos pour allié et dépendait entièrement de lui. Il s’était lancé dans l’examen des archives de Vordal avec un zèle inimaginable, dévorant des dizaines de livres par jour, aussi avide de dénicher et de neutraliser les Migrodis que si sa vie en dépendait. Après avoir fouillé en vain dans les grimoires de Thenetos, le Prince avait décidé de se lancer dans de plus amples investigations, incluant en premier lieu la grande bibliothèque de Yagatâr, capitale des sciences et de la magie.
Les préparatifs avaient duré plusieurs mois. Peu désireux d’exposer son armée privée au danger, Thenetos avait fait appel aux Vzad’orû’bausns, qui l’avaient déjà aidé à soutenir Alexandre lors de son bref règne à Dümrist. Tout à fait conscients de la menace que représentaient les Migrodis, les Chevaliers Blancs avaient accepté sans difficulté de confier au Prince l’escadron du commandant Karen, un de leurs meilleurs officiers.
Thenetos avait choisi les Vzad’orû’bausns pour de nombreuses raisons. D’abord, il n’existait que deux organisations capables d’agir rapidement n’importe où dans le monde : les Chevaliers Blancs et les Paladins Noirs. Si Thenetos avait eu quelques heurts avec les premiers, les seconds, eux, lui vouaient une haine mortelle en raison des maints conflits qui les avaient opposés. De plus, les Paladins Noirs projetaient d’assassiner Alexandre, ce qui n’aurait pas simplifié les relations dans le cercle d’alliés du mage. En outre, contrairement à l’empereur d’Affoth, un des proches amis de Thenetos, les Vzad’orû’bausns ne risquaient pas d’ébruiter l’affaire et d’affoler les populations. Par ailleurs, ils faisaient partie des rares organismes à n’avoir jamais comploté contre le maître de la guilde des mages affotites.
Alexandre et les Chevaliers Blancs s’étaient déjà affrontés pour les Bracelets d’Arzhan, mais ils avaient su faire preuve de sagesse en oubliant les querelles passées. Thenetos en était presque surpris.
Il avait proposé à Alexandre de se déplacer au moyen de ses serviteurs les plus pratiques, des chauves-souris géantes capables d’avaler les distances à une vitesse sidérante. Le Prince avait décliné l’offre, expliquant que cette solution ne lui permettrait pas d’emmener l’importante escorte qu’il désirait. De plus, il n’était pas pressé.
Thenetos aurait bien voulu se joindre à l’expédition, mais son état l’empêchait encore de quitter le Palais. Quant à ses hommes... Il avait perdu les meilleurs au cours des derniers mois, et Alexandre avait débauché ses derniers combattants d’élite pour constituer sa Garde noire.
Thenetos n’approuvait qu’à moitié cette initiative. Il tenait Alexandre à sa merci, et n’appréciait pas de le voir se renforcer. Mais il n’avait pas trouvé d’argument solide à opposer à la formation de la Garde.
Les préparatifs avaient pris un mois. Un mois pendant lequel Alexandre avait entraîné les hommes, établi son trajet, envisagé des dizaines d’éventualités. Au palais de Vordal, on amassait des vivres, on s’équipait pour combattre, on se familiarisait avec les montures. L’expédition fut rapidement sur pied et, la veille de son départ, Alexandre rencontra une dernière fois Thenetos.
Il pénétra dans le bureau sans omettre de frapper, salua poliment le mage puis lança sans autre préambule :
- Montrez-moi encore notre ennemi.
Thenetos hocha la tête, se tourna vers un mur et claqua des doigts. Une tenture pendue au plafond se déroula devant eux. Elle représentait un immense tigre noir, aux muscles puissants, aux crocs et aux griffes aussi longs que des sabres. Ses yeux rouges, particulièrement bien exécutés, brûlaient de haine et de violence. Se détachant sur un fond de cendres et de ruines, la créature toute entière dégageait une impression malsaine qui pénétrait le spectateur jusqu’aux os.
Thenetos était fier de cette acquisition. Réalisée par un maître artisan d’Arobis, l’œuvre s’inspirait des légendes qui circulaient au sujet de l’Âge de Mort, et restituait fort bien l’aura de puissance et de terreur qui avait dû envelopper Arkos au cours de sa vie.
Le Prince et le mage contemplèrent la tenture, puis Alexandre demanda :
- Qu’arrivera-t-il si Arkos revient à la vie ?
- Je préfère ne pas l’imaginer. D’après les légendes, Arkos pouvait attaquer n’importe où, sans prévenir. Il a eu raison de l’ancien monde, infiniment supérieur au nôtre, en quelques décennies. J’imagine que nul ne pourrait lui faire face.
- Hermos y est bien parvenu...
- Cette partie de l’histoire reste singulièrement dans l’ombre, rappela Thenetos. Je ne pense pas que quiconque puisse renouveler l’exploit d’abattre une bête de ce genre, surtout si elle est accompagnée de ses fils. Non, crois-moi, Alexandre, si Arkos ressuscite, il n’y aura plus qu’à le supplier de nous laisser devenir ses esclaves.
Alexandre resta silencieux un long moment, observa le terrifiant portrait du Tigre Noir.
- Notre seule solution est donc d’abattre les Migrodis, lâcha-t-il. Trouver où ils se terrent, et les tuer jusqu’au dernier.
- Nous pourrions aussi tenter de détruire les yeux des tigres...
Thenetos venait de risquer une nouvelle tentative pour arracher ses secrets au Prince. En effet, celui-ci ne lui avait jamais révélé à quel endroit il avait dissimulé l’œil de Kashnir et le sabre runique. Le mage trouvait cette méfiance dérangeante et brûlait d’apprendre enfin où se trouvaient ces objets, mais Alexandre, encore une fois, ne mordit pas à l’hameçon.
- Je ne pense pas qu’on puisse les détruire. Hermos l’aurait fait, à l’époque. Dites-moi, maître...
Thenetos sentit le changement de ton, et cela l’alarma.
- Qu’est-ce que la marque d’un sorcier ?
Le mage se permit un sourire.
- Jouons cartes sur table, Alexandre.
- Quoi ?
- J’ai entendu le rapport d’Andorion après votre rencontre à Kridath, tu sais. J’ai appris ce qu’il avait découvert à ton sujet. Du sang zahr coule dans tes veines, et tu portes une marque magique.
Alexandre, mal à l’aise, s’impatienta.
- Et alors ? Qu’est-ce que ça signifie ?
- C’est très instructif. Il n’y a rien d’étonnant à ce que tu comptes un Zahr parmi tes ancêtres, et cela explique ta vigueur hors du commun. D’un autre côté, Hermos lui aussi était un homme-Zahr. Peut-on y voir une marque du destin ?
Conscient de s’aventurer en terrain glissant, Thenetos ne poussa pas plus loin, mais enchaîna :
- Quant à la marque d’un sorcier... Eh bien, n’as-tu jamais remarqué d’étranges facultés chez mes hommes ?
- Leur force supérieure à la moyenne, leur adresse au combat, leurs bonds vertigineux, leurs loyauté presque fanatique, ce genre de choses ?
- Tout à fait.
Thenetos s’amusait de voir le Prince s’exciter. Il se tut un instant pour le laisser mariner, puis poursuivit :
- Cela vient d’un enchantement complexe que seuls maîtrisent les mages les plus puissants. L’idée consiste à imprégner un enfant de magie, dans le ventre de sa mère, quelques jours à peine après sa conception. C’est ce que j’ai fait à certains bébés, qui sont devenus mes plus fidèles serviteurs. Il est difficile d’enchanter un homme, car son corps est trop grand. Mais un embryon, c’est minuscule. Avec assez de pouvoir, on peut déclencher en lui des transformations qui se consolideront durant sa croissance, et lui faire acquérir des facultés exceptionnelles.
- Je vois...
- Et cela reste décelable. La magie qui a nourri le bébé laisse une trace dans son corps, aisément reconnaissable. D’ici, je peux sentir la tienne, Alexandre. C’est cela qu’on appelle la marque d’un sorcier.
Un long moment de silence s’écoula.
- Et qu’est-ce que ça m’a fait ? demanda le Prince.
- Je ne puis te le dire. La marque est visible, mais ne permet pas d’identifier son effet. Je ne sais pas quelles facultés l’enchantement t’a conféré. Mais ce qui est sûr, c’est qu’un mage t’a enchanté dans le ventre de ta mère. Encore une énigme insoluble.
Alexandre resta silencieux, et Thenetos eut l’impression qu’il lui cachait une partie de la vérité. Il se jura de la découvrir un jour puis, pour dissiper le malaise qui s’installait entre eux, s’attaqua à un autre point.
- Si jamais tu découvres le quartier général des Migrodis.
Le regard d’Alexandre s’alluma.
- Oui ?
- Ne tente surtout pas de le prendre d’assaut avec tes soixante hommes. Trop risqué. Envoie-moi un message, et je contacterai les Chevaliers Blancs pour rassembler une véritable armée. Entendu ?
- Entendu, maître.
Le Prince salua puis quitta le bureau.
Cette scène s’était déroulée des mois auparavant, et depuis Thenetos avait suivi le parcours du Prince par le biais des messages qu’il lui faisait régulièrement parvenir au moyen d’un petit miroir magique. Avec jubilation, Thenetos avait vu peu à peu se dessiner une piste, admirant la perspicacité d’Alexandre.
Dans son dernier rapport, le Prince lui annonçait que la dernière pièce du puzzle s’était mise en place, qu’il se mettait en route pour une ultime étape. Thenetos avait voulu obtenir des détails mais, comme Alexandre approchait des Terres Mortes, le contact avait fini par se rompre. Même son miroir enchanté, si fidèle et complaisant, ne pouvait visualiser ce désert où la magie était bannie.
Le mage s’approcha d’une fenêtre, regarda au nord et soupira dans sa barbe.
- L’échiquier est en place. Et les pièces, elles, n’en font qu’à leur tête...

:)

Assez long comme chapitre, cette fois ?

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
04 mai 2006 à 18:13:09

Assez long dans l´absolu, mais comme il ne se passe strictement rien, au final, je demande un autre chapitre pour demain. XD

Sinon, t´as fait une faute de frappe à "des eux miroitante", et une autre que j´ai oubliée, c´est vers la fin je crois, un "ne" au lieu d´un "que". :-d

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
04 mai 2006 à 18:49:15

""voilà, moins de trucs que d´habitude, pas mal, l´histoire avance pas mal " Répétition de "pas mal"" :nah: pour la peine, j´te fais pas de big comment (puis t´facon j´ai la flemme)

Bon, chapitre qui résume un peu tout, pourquoi pas, on a au moins les points sur les i. Mais c´est vite lassant. Mais tu peux pas l´éviter. Donc, ben ché pas. Tous ces guillemets au début j´aime pas, une suffit tout au long de l´extrait du roman de thénétos, non?
enfin, voilà, j´ai bien aimé :)

chris12
chris12
Niveau 9
04 mai 2006 à 21:45:56

ouais un résumé bien fait. Pour les migrodis, pk il trouverait un terrier où ils sont tous rassemblés ? Je penserais plutot à une entité genre Molloch qui leur confit leur destin individuellement. Ca serait stupide qu´ils soient tous au meme endroit

azergatil
azergatil
Niveau 8
04 mai 2006 à 23:45:11

Un pti message d´encouragement à KaiM en passant :ok:

Je lis en ce moment la Cathédrale de Kridath (le Prince est dans la ville sous la ville ^^) et je suis complétement dedans, j´adore :coeur:

Donc bon courage, c´est dur d´écrire quand on a des lecteurs qui comptent sur nos textes je trouve :-)

Deathstone
Deathstone
Niveau 9
04 mai 2006 à 23:47:17

C´est dur d´écrire aussi quand personne ne lit... pas la même dureté, certes, mais peut-être est-elle pire ? Je ne sais pas, je ne connais pas la première :fou:

  • parti se coucher*
azergatil
azergatil
Niveau 8
05 mai 2006 à 16:57:20

C´est pire encore quand personne ne lit, j´imagine... Et à quoi sert ce forum sinon à présenter nos fics et en lire d´autres ? :-)

En fait, je me demandais... Dis, KaiM, pourqoi "KaiM" ? (j´entends par là que je voudrais bien connaître l´origine de ton pseud, au cas où ce ne serait pas clear enough :) )

Et pourquoi Namâric ? Tu expliques à la fin de la Cathédrale que tu es un adepte des noms simples voire carrément dérivés du français... ceci dit ça sonne très bien (pour preuve le forumeur qui a choisi ce nom comme pseudo^^) :p)

Merci d´avance :ok:

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