Je ne voudrais pas enfoncer le couteau dans la plaie (regarde le trou béhant fumant avec des morceaux de chairs gangrainés qui débordent) mais quand est-ce que nous aurons la carte du mone ?
Mais j´y pense ! Puisque tu as eu la mention très bien et que c´est enfin les vanaces tout ça ... tu peux ENFIN utiliser MSN ! ![]()
Mais oui KaiMounet ! Msn, toi et moi complètement seul. Tu sais ce que j´entends par là. Olala
^^
Ostra, tu vas rire. Enfin, pas t´esclaffer bruyamment, quoi, plutôt un petit rire. Ou un sourire. Ou un ricanement grinçant. Ou un petit sourire pincé. En fait, non, tu vas pas rire.
Pour la carte du monde, j´avais fait un espèce de schéma Paint à deux balles mal foutu pas à l´échelle incomplet et lamentable mais un schéma quand même. Je l´avais mis en ligne mais il a été effacé. Donc je te l´envoie par mail.
Pour MSN... Aïe.
Il se trouve que Père (avec une majuscule attention, on rigole pas, c´est un centralien doublé d´un italien), Père, donc, a décrété que non, pas de MSN, parce que mes frères se sont plantés à leurs examens de musiques. Décision sans appel, aussi tranchante et définitive que la lame de la guillotine. Je sais, c´est pénible, mais bon, c´est mon Père. Par ailleurs, hier soir vers une heure du matin, alors qu´on finissait les bouteilles, un ami pas très cher mais un ami quand même m´a fortement déconseillé d´installer MSN. "C´est une drogue, si tu as quelques contacts c´est plus possible de bosser, pour toi qui vas en prépa c´est une très mauvaise idée."
Donc voilà.
Bon, et puis Az´, pour le détail des notes :
Epreuves anticipées :
- Français écrit : 13
- Français oral : 20
Epreuves 2006 :
- Maths : 20
- Physique-Chimie : 19
- SVT : 19
- Histoire-Géo : 18
- Allemand LV1 : 18
- Anglais LV2 : 17
- Philosophie : 15
- EPS : 13
- Bonus TPE : 18
Moyenne sur 20 : 18,5
![]()
Je passe sur ce 20 en math si je ne veux pas froler l´attaque cardiaque ![]()
Bravo pour tes résultats ^^ Un beau palmarès . Champagne !
Et une petite suite ? (bouhhh le vilain profiteur)
Chapeau l´ami. Mwarf, moi si j´ai 16 (voire même 15
) je serai déjà hyper content^^.
20 en maths, 19 en Physique-Chimie... ![]()
Si tu continues comme ça, tu devrais faire Polytechnique.
![]()
Si j´ai 20 en math je ne l´ai pas obtenu d´une façon honnete
Idem pour toutes les matieres scientifiques ![]()
Encore bravo
´scusez, j´ai fait une erreur, au français oral j´ai eu 19 et pas 20.
Bravo tout ça congratulation et cetera ...
Sachant que tu as la suite déjà fin prête, tu ne pourrais pas tout nous poster enfin ?
Et sinon je n´ai pas reçu ton schéma.
P***** moi en 4eme je suis content d´avoir 17,5 en Math... Tu dégoutes, KaiM
Bon c´est aujourd´hui le demain d´hier donc tu peux poster la suite.
Ostra
Ton adresse, c´est bien celle qu´on trouve sur ta cdv, non ? Ou alors il y a un problème avec ma messagerie.
Az´, tu pourrais envoyer la carte à Ostra ?
Bon, en attendant, vlà la suite :
Chapitre 73 : Rapport de mission
La créature à la peau noire se coula avec aisance entre les immenses tours du palais. Le vent sifflant à ses oreilles et fouettant ses yeux rouges, elle longea une muraille de pierre grise ornée de statues avant de remonter en flèche vers une tourelle évasée. En quelques battements d’ailes gracieux et mesurés, elle se posa en douceur sur une plate-forme d’acier et se pencha pour laisser descendre son cavalier.
Celui-ci, un Ork robuste et impressionnant, à la forte mâchoire et à la peau d’un vert sombre, mit pied à terre et héla un serviteur.
- Occupe-toi de ma monture ! Je dois parler au maître !
Le petit homme blond et replet accourut vers la bête ailée tandis que l’Ork se dirigeait vers un escalier, son armure de fer poli étincelant au soleil.
Il descendit une série de marches, déboucha dans un long couloir aux murs garnis de verre bleu, et s’aperçut qu’il avait oublié de demander où se trouvait son maître. Il consulta un autre serviteur, enchaîna deux escaliers de marbre, traversa une allée bordée de rosiers, sortit sur un chemin de ronde, revint en arrière, pénétra dans une pièce garnie de jets d’eau, en ressortit, tâtonna dans le labyrinthe du palais, se perdit, retrouva son chemin, faillit tomber dans les oubliettes, découvrit un passage secret et finalement atteignit le grand bureau.
Deux battants de chêne lui faisaient face, surveillés par une dizaine de gardes portant des cottes de mailles et des casques à cimier.
- Kalfash ! lança l’un d’entre eux. Tu es de retour ? Où est Stralk ?
- Avec le reste de l’équipe. Je l’ai devancé. J’ai des informations urgentes pour le maître.
Un vieil homme en manteau vert sembla surgir de nulle part et se tourna vers l’Ork.
- Tu peux entrer. Ouvrez les portes !
- A vos ordres, seigneur Ovarif, firent les gardes à l’unisson.
Les deux panneaux de chêne coulissèrent puis se refermèrent aussitôt après que Kalfash eut franchi la porte.
Le bureau l’avait toujours intimidé. Spacieux, lumineux, richement décoré, il était le symbole même de la puissance du maître. Ce dernier, justement, se trouvait au fond de la pièce, son visage creusé de rides n’exprimant qu’une terrible angoisse. Lorsque Kalfash avança vers lui, ses yeux s’éclairèrent et il repoussa son fauteuil.
Les plis du manteau blanc ondulèrent comme de l’eau alors que Thenetos de Vordal se levait de son siège.
- Quelles nouvelles ? lança-t-il sans plus attendre.
Kalfash mit un genou à terre.
- Je vous salue, ô mon maître. J’ai mené ma mission selon vos ordres et…
- Oublie les formules de politesse et viens-en au fait !
L’Ork se redressa.
- Vous aviez raison, maître. Les chauves-souris n’ont pas rechigné à pénétrer dans les Terres Mortes, d’ailleurs la magie y semble à nouveau possible. Nous avons gagné les monts de Sigornis et découvert des choses stupéfiantes…
- Quoi ?
Kalfash songea que son maître, s’ordinaire si posé, paraissait surexcité. Il décida d’accélérer le rythme :
- Une forêt. Rassemblant toutes les espèces animales et végétales connues. Une citadelle blanche, apparemment cachée là depuis des millénaires. C’était bien là que se terraient les Migrodis.
- Tu les as rencontrés ?
- Seulement des enfants. Tous les adultes avaient péri. Apparemment, ils avaient capturé Alexandre et son escorte, mais le Prince a repris le dessus. Les enfants disent qu’une terrible bataille a eu lieu. Deux hommes en noir sont ressortis et leur ont dit de reprendre une vie normale.
- Olaf et Namâric ?
- Tout juste. Ils étaient restés une semaine, mais avaient quitté les lieux depuis deux jours quand nous sommes arrivés.
Thenetos soupira.
- Alors les Migrodis sont morts ?
- Tous les adultes. Et les enfants ne connaissaient rien de leurs plans.
- Qu’as-tu fait d’eux ?
- Ils ne présentent pas de danger : ils vénéraient Arkos sans vraiment savoir de qui il s’agissait. Alors je les ai laissé dans leur ville. Une certaine Aleriane a pris leur tête. Ils pourraient devenir des alliés solides.
- Peut-être…
La voix de Thenetos se fit plus pressante.
- Et nos hommes ? Alexandre ? Karen ? Les Gardes noirs ?
Kalfash se sentit très mal à l’aise.
- Stralk et les autres ramènent Karen et Emmanuel. Ils n’ont toujours pas repris conscience, mais je pense qu’ils vivront. Tous les autres sont…
- Morts ?
- Oui.
Thenetos abattit son poing sur la surface en marbre de son bureau.
- Tu es sûr ?!
- On a compté et identifié les cadavres. Tout l’escadron de Karen y est passé.
- Je sens que les Chevaliers Blancs ne vont plus m’aider pendant un certain temps…
- Axtros, Varlian, tous les Gardes, ont péri.
- Et Alexandre ?
Kalfash prit une grande inspiration.
- Dans la colonne centrale de la citadelle, on a découvert les ruines d’une énorme machine. C’était probablement elle qui bloquait la magie dans les Terres Mortes. Alexandre était là. Les bras coupés, le cœur transpercé. Il n’y avait plus rien à faire…
Thenetos sentit la colère monter dans ses entrailles. Ainsi Namâric avait vaincu son allié le plus prometteur !
- Très bien, Kalfash. Tu peux disposer. Et qu’on ne me dérange pas.
L’Ork se retira, soulagé. Les portes de bois claquèrent derrière lui, et Thenetos fut à nouveau seul.
Dans le calme de son bureau, il récapitula les derniers événements. Dix jours plus tôt, il avait ressenti un immense choc dans son esprit, comme si le champ d’énergie tout entier venait d’être perturbé. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour découvrir que l’anomalie venait des Terres Mortes, que la magie revenait lentement dans ce désert stérile. Comme si un sort de blocage s’était dissipé.
Thenetos n’avait pas pu croire à cette explication. Lui-même, l’un des plus puissants sorciers au monde, parvenait tout juste à chasser la magie d’une grande salle. Neutraliser une étendue telle que les Terres Mortes était inconcevable. Aucun sorcier n’en était capable.
Mais bon, admettons… Il avait aussitôt profité de l’occasion pour envoyer une équipe de secours à l’aide de ses chauves-souris géantes. Une équipe réduite, qui avait pour mission d’éviter le combat et de constater ce qui s’était passé.
Et maintenant, il savait.
Thenetos s’en voulait de n’être pas parvenu à supprimer Namâric. A Sarkhan, il n’avait pas encore retrouvé toutes ses forces. Et il ne disposait pas non plus des mêmes moyens militaires qu’à Vordal. Il avait dû faire confiance à Haydarn, qui avait misérablement échoué. Comme si l’empereur n’avait pas vraiment voulu tuer les deux Paladins…
Le temps que Thenetos regagne son palais et arme une équipe d’intervention, il était déjà trop tard : Namâric s’était engagé dans les Terres Mortes, et nul ne pouvait le rattraper. Résultat, il avait tué Alexandre.
La gorge de Thenetos se noua. Il avait perdu le Prince. Le garçon qui aurait pu devenir son meilleur élève, voire son successeur, était mort.
Alexandre avait décidément tout perdu : son rang, son trône, l’estime de son père, et la vie. Penser qu’un garçon aussi combatif s’était effondré ainsi avait quelque chose de déprimant.
Thenetos se sentait seul.
Bien sûr, il y avait une consolation : les Migrodis avaient péri. La menace d’Arkos était écartée. Pour le moment.
Cette bonne nouvelle ne soulageait pas le mage. Il sentait que quelque chose clochait. Son instinct lui hurlait de poursuivre ses investigations. Il fallait qu’il en apprenne davantage.
Thenetos marcha vers le fond de son bureau et fit face à un miroir ovale, au cadre doré incrusté de joyaux.
- Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle…
Un visage noir apparut au cœur de la glace.
- Mot de passe correct, connexion au réseau acceptée. Vous désirez ?
- As-tu avancé dans tes recherches concernant les Terre Mortes ?
Le visage esquissa un sourire.
- Oui. Le sort se dissipe lentement. Je rassemble des bribes d’un passé qui m’était masqué.
- Peux-tu me montrer ce qui s’est déroulé dans la citadelle des Migrodis, il y a dix jours ?
Le visage s’évanouit un instant, puis réapparut.
- Ces données sont archivées. Mais je vous préviens, ça va vous surprendre.
Satisfait, Thenetos se cala dans son fauteuil et plongea son regard dans le miroir.
- Je préfère que ça me surprenne. Montre-moi.
Le visage disparut à nouveau, remplacé par un décor sinistre, une immense tour emplie de passerelles et d’éclairs.
Et Thenetos vit…
Chapitre 74 : Le secret de la citadelle
Alexandre tombait.
Les passerelles métalliques défilaient à ses côtés, si rapides qu’il ne parvenait pas à les distinguer. Le vent sifflait à ses oreilles, la douleur irradiait dans ses bras, des lumières brillaient autour de lui…
… et le sol se rapprochait.
Encore une fois, un levier bascula dans l’esprit du Prince. La certitude que tout était perdu fut aussitôt supplantée par l’instinct de survie, qui lui hurla de trouver un échappatoire. Ce qui fut promptement fait.
Alexandre entra en mouvement. Déjà une partie de son être avait formé l’idée de renverser la situation, et le passage de l’intention à l’acte se fit sans l’intervention de la pensée.
Son bras gauche se leva. Des lignes de force jaillirent par dizaines du Bracelet qui lui restait, s’enroulèrent autour des ponts qui l’entouraient, se tendirent…
Le choc fut si violent qu’il lui démit l’épaule, mais il s’en moquait. Ignorant la douleur, se balançant au bout de la toile magique qu’il tissait derrière lui, Alexandre évita plusieurs rampes sur lesquelles il aurait pu s’écraser et poursuivit sa descente.
Il ralentissait.
La coupole au fond de la tour approchait à une vitesse hallucinante. D’autres cordes d’énergie fusèrent et se fixèrent sur les passerelles, freinant sa chute mortelle.
Puis Alexandre lâcha tout.
Il tomba comme une pierre vers l’immense dôme noir. Son corps s’arqua, décrivit une courbe parfaite pour se tendre vers le bas et se préparer à l’impact. A l’instant où il atteignait la cloche, les pierres rouges du Bracelet s’illuminèrent.
Un globe de lumière bleue naquit devant son poignet mutilé et percuta la surface noire de la coupole. L’explosion ouvrit un trou béant dans la structure tandis que l’onde de choc annulait la vitesse du Prince. Il s’engouffra dans la brèche, traversa la seconde cloche dissimulée dans la première, chuta sur quelques mètres. Rebondit contre un objet de métal. Toucha terre. Roula mollement contre le sol. Ne bougea plus.
Epuisé.
Lentement, il reprit conscience. Son Bracelet faisait de son mieux pour atténuer la douleur dans son épaule et ses poignets mais, privé de son jumeau, il perdait beaucoup de sa puissance. Alexandre esquissa un geste, grimaça, tourna la tête, essaya de discerner son environnement.
Un bourdonnement. Tout autour de lui. Entrecoupé, à intervalles régulier, d’un long ronflement qui s’accompagnait d’une vive lumière et d’une vague de chaleur.
Le générateur d’énergie !
Le cœur du système qui alimentait la citadelle se trouvait là, juste à côté de lui. Si la forteresse n’avait pas encore explosé, c’est qu’Emmanuel était parvenu à couper le lien entre ce générateur et les sept pylônes de stockage. Mais la machine continuait de tourner.
Une horrible pensée traversa l’esprit d’Alexandre : et si l’appareil sautait juste devant lui ? Après tout, il poursuivait sa production d’énergie sans aucun moyen de l’évacuer. Il allait céder !
Le Prince fit un énorme effort pour se relever. Les jambes tremblantes, il observa la salle. Des machines étranges, blocs de métal fixés aux murs ou jaillissant du sol, épais tuyaux courants sur les parois et reliant les engins, ronronnaient autour de lui ; certaines vibraient légèrement. Leur surface était brûlante, et Alexandre s’en tint le plus éloigné possible.
Les machines lui cachaient le centre de la pièce, là d’où provenaient les grondements réguliers. Prudemment, le Prince se fraya un chemin entre les appareils et se dirigea vers le milieu de la salle, vers la source de toute la puissance.
Soudain, le cœur du dôme apparut.
De longs tuyaux d’épaisseur inégale connectaient toutes les machines à un énorme cylindre noir fixé au centre du plafond. Celui-ci, tel une gueule béante, avalait voracement les flammes qui, toutes les dix secondes, semblaient jaillir du sol.
Alexandre baissa les yeux et chercha à distinguer l’engin qui produisait ces impressionnantes gerbes de feu.
Ce qu’il découvrit lui coupa le souffle.
Les colonnes de flammes fusaient d’une ouverture garnie de pointes blanches et acérées sur laquelle brillaient deux immenses points rouges. Après chaque tir, cette ouverture se refermait et deux trous situés à son extrémité aspiraient une phénoménale quantité d’air, qui ressortait, enflammée, quelques instants plus tard.
Alexandre s’approchait de cette machine pour tenter d’en déterminer la nature lorsqu’un pan de cuir noir se referma sur chacune des deux lueurs rouges. Quand celui de droite s’écarta, le Prince eut l’impression d’être observé par un œil chargé d’âge et de sagesse. Et il comprit.
Long de plusieurs dizaines de mètres, profondément enfoncé dans le sol, la gueule maintenue à la verticale par une cage en acier, son corps couvert d’écailles noires prisonnier de la terre, ses yeux couleur de sang braqués sur Alexandre, le générateur était un dragon !
Thenetos ne parvenait pas à y croire. Les dragons n’étaient que des légendes. Ils n’avaient jamais existé, ou alors ils étaient tous morts. Nul homme ne pouvait espérer en croiser un. C’était absurde.
Et pourtant, le fait était là. La citadelle tirait son énergie, non pas d’une machine hautement sophistiquée, mais d’une de ses bestioles qu’on aurait crues cantonnées aux contes pour enfants. Incroyable.
Thenetos essaya de comprendre comment l’engin fonctionnait. Le dragon, à en croire les légendes, était immortel. Un dispositif devait lui fournir à manger. Prisonnier du sol, incapable de s’échapper, il n’avait pas d’autre choix pour survivre que de cracher des flammes à longueur de journée. Une machine devait se charger de lui apporter de l’air tandis qu’une autre, la principale, convertissait cette chaleur en énergie. Cette puissance était ensuite envoyée vers les sept piliers de la colonne, qui alimentaient toute la citadelle.
Le vieux mage se sentait un peu déçu. Il s’était attendu à découvrir un engin formidable, une source d’énergie nouvelle et absolument géniale, qu’il aurait pu exploiter à l’infini. Au lieu de quoi il apparaissait que les Migrodis tiraient leur puissance d’une créature magique, rien d’autre. Dommage.
D’un autre côté, l’excitation le gagnait. Un dragon ! Une de ces bêtes ailées qui peuplaient les histoires, et qu’aucun homme n’avait jamais rencontré. Il en avait un sous les yeux ! Et même cloué au sol, ses ailes probablement plaquées contre son corps, ce géant de légende avait quelque chose de… majestueux.
Thenetos maîtrisa son excitation et se concentra sur le miroir. Il voulait connaître la suite.
Alexandre resta immobile plusieurs secondes, contemplant l’immense créature enfermée dans la citadelle, qui le fixait de ses yeux intenses et écarlates. Un sentiment de surprise mêlé de respect montait en lui à la vue de cette bête millénaire qu’il savait infiniment supérieure à lui. Il aurait pu demeurer ainsi pendant des heures, à regarder cet être issu de temps immémoriaux.
C’est alors qu’un lien s’établit entre le dragon et lui, un lien puissant et chargé de magie, qui permit à une voix profonde de retentir dans la tête du Prince.
« Bonjour. »
Alexandre songea qu’il se serait attendu à une formule plus pompeuse de la part d’une telle créature.
« A ta guise, reprit le dragon. Sois le bienvenu en ces lieux, mortel. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas contemplé l’un de tes semblables. Et il apparaît qu’en dix mille ans, vous avez considérablement évolué. La technique doit avoir bien progressé pour que vous puissiez vous passer de mains. »
Tout en émettant ces pensées, le dragon continuait de cracher ses gerbes de flammes en direction du cylindre, l’alimentant en puissance.
- En fait, fit Alexandre avec une grimace de douleur, c’est…
« Pense ce que tu veux me dire. Il y a trop de bruit ici, je n’entends rien. »
« Très bien. Je disais que, pour mes mains, c’est un accident. Un combat qui a mal fini. »
« Vu ton état, je m’en doutais un peu. »
Une nouvelle colonne enflammée quitta la gueule du dragon, filant entre ses crocs pour s’engouffrer dans le cylindre.
« Vous devriez arrêter, lui conseilla Alexandre. Tout risque d’exploser. »
Le lien qui s’était construit entre la créature et lui semblait prendre de l’épaisseur. Le Prince eut soudain l’impression que le dragon accédait à son âme, insinuant son esprit au plus profond de lui.
« Je vois tout ce qui s’est passé. Ne t’inquiète pas. Si les câbles sont coupés, la chaleur ne fait que se dissiper dans les isolants de la coupole. Je travaille pour rien, mais je ne peux malheureusement pas m’interrompre. »
« Mais vous lisez dans mes pensées ! Arrêtez ça tout de suite ! »
« Comme tu voudras. »
Le dragon se retira de l’esprit d’Alexandre, qui se sentit un peu plus libre.
Il ne savait pas trop où il en était. Dans la précédente demi-heure, il avait reçu un coup de poignard, perdu tous ses hommes, puis ses bras, et sa fierté. Il avait dégringolé à travers une tour colossale, traversé deux cloches blindées. Et voilà qu’il se retrouvait à discuter posément avec un dragon, alors qu’il avait toujours cru que ces bêtes n’existaient que dans les légendes.
Il y avait quelque chose d’étonnamment rapide dans tout ceci.
Seule sa vivacité d’esprit l’empêchait pour l’instant de fixer le dragon avec des yeux ronds et stupides. Il n’avait pas de temps à perdre.
« Vous dites que vous ne pouvez pas vous interrompre. Pourquoi ? »
Le dragon émit ce qui ressemblait à un soupir.
« Je suis ici depuis plus de dix mille ans. Autrefois, les hommes et surtout les Zahrs maîtrisaient des sources d’énergie phénoménales, mais épuisables. Ceux qui ont bâti cette citadelle voulaient apparemment des ressources infinies… »
« Vous savez qui a construit cet endroit ? »
« Non. J’ignore qui l’a fait, et dans quel but. Je sais simplement qu’il s’agit d’une cachette. Les Terres Mortes ont été rendues désertes pour empêcher quiconque de s’y aventurer. Ces montagnes ont été conçues de telle sorte que nul ne puisse trouver la forêt. Et la forêt elle-même fut créée pour servir de refuge à toutes les espèces vivantes, végétales et animales. »
« Vous voulez que tout est artificiel ? Le désert, les montagnes, la forêt, tout ? Qui aurait pu créer un tel lieu ? Comment peut-on détenir un tel pouvoir ? »
« Je te l’ai dit, je ne sais pas. J’ai été capturé par traîtrise, et enfermé ici pour l’éternité. Tu ne peux voir que ma tête, mais sache que mon corps est bloqué sous la terre si fermement que je ne peux m’échapper. En ce moment, des centaines d’aiguilles transpercent ma peau en se glissant sous mes écailles. Elle me fournissent de la nourriture directement dans mes veines ; mais si j’arrête de lancer des flammes, elles m’injectent une substance qui me plonge dans d’atroces douleurs. Je suis immortel, et ma magie infinie. Contrairement à un objet ensorcelé, je ne peux m’affaiblir avec l’âge. Me voilà condamné à servir de générateur jusqu’à la fin des temps. »
« Un bien triste destin. »
Le dragon hocha la tête autant que le lui permettait la cage en métal. Une larme perla au coin de son œil.
« Pour en revenir à celui qui a construit cette citadelle, j’imagine qu’il s’agissait d’un puissant mage qui souhaitait préserver la vie en attendant la mort d’Arkos. N’oublions pas que cette ville fut créée en plein milieu de l’Âge de Mort. »
Un déclic se fit dans l’esprit du Prince.
« Vous avez connu l’Âge de Mort ? Affronté Arkos ? »
« Oui pour la première question, non pour la seconde. J’ai évité autant que possible de me mesurer à Arkos. Une fois au cours de la guerre, j’ai combattu un de ses fils. J’ai failli en mourir. »
« J’ose à peine imaginer la puissance des Tigres… »
« Elle est au-delà de tout ce que tu pourrais concevoir. »
« Hermos a pourtant réussi à les vaincre. »
« J’ignore comment il s’y est pris. De toute façon, ça n’a aucune importance. Je suis coincé ici, et je ne risque pas d’en bouger. Merci d’être venu. »
Le dragon se tut et poursuivit sa tâche.
« Un instant ! » fit Alexandre.
« Oui ? »
Le ton du dragon était plus rusé, à présent. De toute évidence, il avait tout prévu.
« Et si je vous libérais ? »
« En serais-tu capable ? »
Alexandre se rappela soudain qu’il ne possédait plus de mains et qu’il avait perdu l’un de ses Bracelets. Un terrible sentiment d’impuissance s’abattit sur lui. Il était devenu tout ce qu’il détestait : un faible, un incapable.
D’un autre côté, il ne sentait plus beaucoup la douleur. Son épaule semblait s’être remise en place, preuve que son dernier Bracelet n’avait pas encore brûlé toutes ses réserves.
« Peut-être puis-je vous délivrer. Que se passerait-il dans ce cas ? »
« Comment savoir ? Déjà, la citadelle serait privée d’énergie. Le sort qui bloque la magie dans les Terres Mortes se dissiperait en quelques jours. Ensuite, on peut envisager plusieurs options. Je pourrais m’enfuir sans demander mon reste. Je pourrais me révéler pire qu’Arkos et tout détruire sur mon passage. Je pourrais te dévorer. »
« Réjouissant. »
Le dragon lâcha ce qui ressemblait à un rire, sa formidable masse se secouant dans sa prison.
« L’hypothèse la plus probable est cependant la suivante : t’étant infiniment redevable, je me mettrai à ton service jusqu’à ta mort, après quoi je serai libre. »
« Vraiment ? »
Alexandre imaginait déjà ce qu’il pourrait accomplir avec l’aide d’un dragon. Ce serait pour lui une occasion de retrouver sa puissance, d’impressionner des peuples entiers, de lever des armées, de reprendre son trône.
« Mais puis-je vous faire confiance ? »
« A ton avis ? »
Le Prince réfléchit guère longtemps. La force qui le liait au dragon s’était intensifiée, il lui semblait déjà impossible que cette créature sage et puissante se retourne contre lui.
Il fit son choix.
« Très bien. Je vais tenter de vous libérer. »
« Tu peux me tutoyer, tu sais. »
« Merci. Et au fait, quel est ton nom ? Moi c’est… »
« Alexandre, je sais. Le mien est trop compliqué pour toi, peut-être imprononçable. Afin de simplifier nos relations, je te suggère de m’attribuer ce diminutif : Farik. »
« Entendu, Farik. Serre les dents… »
Le Prince leva son bras gauche, une vive lumière enroba le Bracelet d’Arzhan. Il songea un instant à ce qu’il s’apprêtait à faire : libérer une créature plus forte, plus légendaire, plus sensationnelle qu’il ne l’aurait jamais imaginé. Et faire de cette créature son serviteur.
L’excitation le gagna. Le Bracelet brilla de plus belle.
« C’est parti. »
Toute sa volonté de pouvoir, toute sa soif de vengeance, toute sa force d’âme, se ramassèrent dans l’énergie qui jaillit du Bracelet. Des éclair de force bleue bondirent en tous sens, ricochèrent contre les parois, encerclèrent les machines et le dragon. Un tourbillon de lumière emplit la coupole, des sphères de magie fusèrent de tous côtés et, les unes après les autres, pilonnèrent le sol autour du dragon dans un fracas d’apocalypse.
Le pouvoir du Bracelet se déversait à l’état brut, soutenu par l’inflexible volonté d’Alexandre. Les tirs s’intensifièrent, les globes d’énergie se fracassant sur les dalles à un rythme infernal. La tempête magique ravageait l’intérieur de la cloche. Une machine explosa, puis une autre. Des débris volèrent.
Farik poussait un effroyable hurlement, le feu jaillissant en continu de sa gorge. Le cylindre qui engloutissait les flammes céda soudain sous les assauts combinés du dragon et du Prince. Une pluie de débris incandescents se répandit dans la salle. D’autres engins sautèrent.
Enfin, alors que la tourmente se faisait plus violente encore, une fissure apparut dans le sol, au niveau du cou de Farik, et courut jusqu’à une paroi. La magie s’y engouffra, cherchant à l’élargir. La pression fut telle que des fragments du sol s’arrachèrent et s’envolèrent. Une seconde faille s’ouvrit, puis une troisième.
Alexandre se tenait au centre de la tempête, debout face aux éléments qu’il avait déchaînés, son bras mutilé dressé devant lui, ses dents serrées en un rictus effrayant. Jamais il ne s’était senti aussi fort. Aussi heureux.
Les fissures se multiplièrent et s’agrandirent. Les lignes de force se pressaient sur elles tandis que les sphères d’énergie continuaient d’exploser autour de Farik. Déjà sa cage avait commencé à fondre.
Le Bracelet n’avait pas la puissance du dragon. Il ne pourrait pas le libérer seul. Si ç’avait été le cas, Alexandre aurait utilisé ce pouvoir quelques minutes plus tôt pour réduire Namâric en cendres. Mais cela n’avait aucune importance. Il suffisait d’endommager suffisamment la prison de Farik pour qu’il puisse se délivrer lui-même.
Les fissures couraient partout sur le sol. Alors qu’une autre machine volait en éclats, le dragon se convulsa avec violence. Un sursaut, et les failles grandirent. Un autre, et deux mètres cubes de roc jaillirent brusquement du sol. Un troisième, et la terre s’éleva comme si un volcan naissait.
Et, enfin, dans une explosion de roche et de flammes, Farik fit sauter le carcan qui l’emprisonnait. Son cou interminable émergea du sol, ses ailes se déployèrent dans son dos, ses pattes griffues apparurent.
Le dragon s’éleva au milieu du maelström bleuté que générait le Bracelet. Alexandre sourit, et la tempête se calma. Le silence retomba.
N’ayant pas la place de se déployer totalement, Farik se laissa retomber dans le trou qui l’avait si longtemps retenu prisonnier. Il ficha ses yeux rouges dans ceux d’Alexandre, et le Prince sut qu’il n’avait pas menti.
« Je te remercie, Prince de Dümra. Et je tiendrai ma promesse. Je te servirai jusqu’à ta mort. »
Alexandre, vidé mais soulagé, mit un genou à terre.
« Ton aide me sera précieuse. »
C’est alors que, derrière lui, une voix caverneuse brisa le silence.
- J’espère bien. Après tout, c’est moi qui ai fait en sorte que vous vous rencontriez…
![]()
Ah non hein! Pas maintenant! Salaud!
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Je veux un pavééééééééééééééééééééééééééééé!
![]()
Molloch va faire son apparition. Il va intervertir l´esprit du corps d´Alexandre et d´Evan. Alexandre va ainsi connaître son père (du moins je l´espre) et partir avec le dragon.
Du vrai et du faux dans tes suppositions.
Alexandre va devenir le maître du monde avec son Dragon, il va massacrer Namârick et je serai son plus fidèle serviteur ! Mouhahaha !
Sérieusement, je suis content que mon maître vénéré ait survécu (Snake va être déçu
). La suite était un peu courte, mais étant aussi un fan des Dragons... Génial quoi.
Dylfos==>Soit c´est toi, soit c´est moi, mais l´un de nous deux n´a pas tout saisi : ce qu´est en train de voir Thenetos à travers son miroir, ça se déroule AVANT que Namâric ne vienne tuer le Prince. Mais à mon avis, il est toujours vivant...sous une forme ou une autre. ![]()
Kaim, j´ai trouvé une incohérence des plus gênante pour ton histoire. Laisse moi te montre un extrait du tome 1 : Les bracelets d´Arzhan.
" - Ces objets, expliqua Alexandre, sont appelés les Bracelets d’Arzhan, du nom du mage qui les créa il y a maintenant plusieurs millénaires. Nul ne sait aujourd’hui comment ils ont été conçus, mais la légende prétend qu’ils procurent des pouvoirs immenses à celui qui sait les manier. Malheureusement, personne n’a la moindre idée de la façon dont fonctionnent ces bracelets.
- Pourquoi les conserver, alors ? questionna Tarlaq.
- J’y viendrai. Il apparaît que le mage Arzhan, pour éviter que ses créations ne tombent en des mains ennemies, avait mis en place une protection. Comme vous pouvez le constater, ces bijoux ne possèdent aucun mécanisme de fermeture, et sont trop étroits pour passer autour de la main de leur porteur. Seul celui-ci peut, par sa volonté, faire varier la taille des Bracelets afin de les retirer. Ainsi Arzhan était sûr qu’on ne les lui déroberait pas dans son sommeil, mais qu’il pourrait cependant les ôter pour les transmettre à son successeur.
- Et si on lui avait coupé la main ? demanda Vladek.
- Impossible. La seconde partie de la protection est conçue de manière à RETIRER TOUS LES POUVOIRS aux Bracelets si d’aventure leur porteur est tué ou PERD UNE PARTIE DE SON BRAS. Arzhan s’assurait de cette façon que personne ne prendrait ses bijoux de force, ou qu’au moins s’il mourait sans les avoir transmis, personne ne pourrait jamais les utiliser.
- Et que font de tels objets aux mains du Prince du Dümra ? interrogea le baron.
- C’est une longue histoire que nous avons mis bien du temps à reconstituer dans le détail. "
Cependant, Alexandre perd les deux mains. Un bracelets reste sur un des bras mais comme une partie a été coupée, ledit objet aurait dpu perdre tous ses pouvoirs. Ainsi, Alexandre NE PEUT PAS les utiliser pour amortir sa chute dans la coupole noir et libérer le dragon.