C´est facile le bac.
Oui. Ce qui l´est moins, c´est de supporter les parents qui stressent, et ce qui l´est moins, c´est d´obtenir la mention que l´on veut quand on est hyper flemmard. ![]()
Intéréssant mais long et rasoir par moment. ![]()
Je sais. J´avais bien précisé qu´on pouvait certainement raccourcir un grand nombre de passages.
Az´
Tu vises quelle mention ?
Je pense viser "bien" (ça correspond à 16 nan?), viser plus haut serait présomptueux de ma part je pense, à moins que je n´aie tout retenu de l´année et que j´aie trimé comme un malade mais, euh, comment dire...c´est encore plus improbable que la France championne du monde. ![]()
12-14 : assez bien.
14-16 : bien
16-20 : très bien
plus de 18 : très bien, avec les félicitations du jury.
Moi, je vise très bien, soit un peu plus de 16. On verra la semaine prochaine.
Vive Cate Archer !
Toujours aussi bien (je dit toujours étant donné que je suivait tes fics en invité ^^ )
Un petit bémol cependant : Depuis longtemps Namaric est invincible, il tue de n´importe quelle manière des anguilles, des soldats et des gladiateurs en pagaille et la tout d´un coup il trouve un de ses anciens coequipier qui est aussi fort que lui (Varlian qui pourtant il n´a rien fait de remarquable ) qui lui casse l´épaule et explose le genoux... Je trouve sa un peu dur a croire ^^
vala
Je te souhaite donc la mention très bien KaiM et toi aussi Az. ^^
C´est tout à fait ce que j´ai pensé, Snake. j´aurais préféré que ce soit Axtros qui lui mette une raclée. Et au lieu de ça... il est mort !
Pourquoi ne tenterais-tu pas MSN durant les vacances Kaim ?
ouf finit, magnifique encore des combats sublimes...
Pour le couteau, j´ai cru que t´allais nous faire le coup qu´il tombe sur olaf, mais non. Quoique maintenant il repars...
Envoie le dernier pavé, qu´on est le fin mot ^^
Ostra
Pour MSN, j´y songe mais :
- Mes parents refusent si j´ai pas Très Bien au bac.
- Je pars dans moins de deux semaines et, d´ici là, je dois me procurer les cours d´optique et de thermodynamique de spé physique en Terminale, apprendre à programmer ma calculatrice, lire l´intégrale de AspExplorer...
- Avant la rentrée, je suis censé réviser.
Mais si je règle ça, pourquoi pas ?
Tu vas en avoir pour un bon bout de temps à lire tout Asp, je puis t´assure que c´est TRES long, mais bon, quand la qualité est au rendez-vous ça peut aller.
Oui, je sais que c´est long, mais je pense me limiter aux aventures de Kalon.
Moi j´ai justement tout lu sauf Kalon. ![]()
![]()
Au fait :
Ostramus Posté le 29 juin 2006 à 01:04:47
Vive Cate Archer !
Tu voulais dire quoi par là ? C´est l´héroïne de NOLF, d´accord, mais quel rapport avec le topic ? J´ai pas saisi...
La fureur du combat fit trembler les montagnes,
Et les veuves nombreuses pleurèrent leurs époux,
Disparus à la guerre, gisant on ne sait où,
En bref, pour tout dire, il y eut de la castagne.
AspExplorer.
Ce quatrain n´a aucun intérêt ici, c´est juste que je l´aime bien, et que je voulais le mettre avant la fin de la bataille.
Voilà les 4 derniers chapitres, ou comment se termine cette longue bataille finale :
Chapitre 67 : La mort d’un héros
Namâric n’avait aucune chance de s’en sortir.
Varlian, d’une impitoyable pression du pied droit, le plaquait contre le sol sans lui laisser la moindre chance de se dégager. Tirant sur ses bras, il serrait la chaîne enroulée sur le cou du Paladin, relevant sa tête et meurtrissant sa gorge. S’il ne parvenait pas à lui briser les vertèbres, l’asphyxie se chargerait de l’achever.
Les efforts de Namâric restaient vains. La douleur dans son épaule et son genou était atroce, mais sans comparaison avec la souffrance infligée par l’acier qui comprimait sa trachée. Impossible de se libérer. Impossible de se relever.
Impossible de survivre.
Lentement, à mesure que son esprit éliminait ses idées de fuite, il prit conscience qu’il allait mourir. Là. Sur ce pont. A quatre mètres d’Alexandre. Etranglé par un vieil ami.
Varlian, concentré sur sa tâche, donna une puissance traction. La chaîne étira à l’extrême le cou de Namâric et écrasa totalement ses artères, stoppant l’afflux de sang dans sa tête. Le Paladin n’arrivait plus du tout à respirer. Sa vision diminuait.
Varlian essayait de ne voir en Namâric qu’un redoutable adversaire. Il devait le tuer. Sans faiblir. La plus petite hésitation lui coûterait la vie. Il appuya plus fortement sur son pied et serra la chaîne au maximum. Comme Olaf le lui avait appris.
C’était gagné.
Le Garde songea soudain qu’il avait terrassé un guerrier qu’au sein de l’Ordre on prétendait invincible. Un intense sentiment de victoire monta dans sa poitrine. Lui, Varlian, avait triomphé du légendaire Namâric. Il s’était hissé au sommet.
Il réfréna son bonheur et se concentra sur la mise à mort. Ne pas faiblir. Mener la lutte à son terme avec une opiniâtreté extrême. Sans merci.
La vue de Namâric se brouilla jusqu’à ne plus être qu’un voile lumineux et scintillant. Il connaissait ce symptôme. Il n’allait pas tarder à perdre connaissance pour ne plus jamais se réveiller.
La douleur même semblait s’atténuer. Les sons qui lui parvenaient semblaient lointains, comme de vagues échos d’un autre lieu. Les piliers qui explosaient, les éclairs qui se fracassaient sur les murs, ne faisaient pas plus de bruit que des vagues sur la plage. Tout s’apaisait. Et, très doucement, Namâric se laissait emporter par cette tranquillité…
Il était sur le point de couper les dernières attaches qui le retenaient à ce monde lorsqu’un son incroyablement distant se fraya un chemin dans son oreille jusqu’à son cerveau.
Un son étrange.
Un cri.
- Les aigles arrivent !
Namâric aurait volontiers pensé qu’il délirait, que d’ultimes hallucinations venaient le tourmenter, que ce cri appartenait à une autre histoire, à une autre époque, à un autre univers…
… si la voix ne lui avait été aussi familière.
Stridente et nasillarde.
Frid percuta Varlian en plein milieu du front. Le Garde chancela sous la violence de l’impact, tandis que des coups de bec vicieux s’abattaient en cascade sur ses mains. Il résista, Frid changea de cible et s’acharna sur son visage. Trois plaies s’ouvrirent sous ses serres avant que Varlian ne lâche prise et bondisse en arrière.
Frid voletait à hauteur de ses yeux, une flamme furieuse brûlant dans son regard.
- En garde, misérable renégat !
Une menace d’autant plus impressionnante que le minuscule oiseau l’avait proférée d’une voix de stentor qui avait couvert le fracas des explosions. Une voix que n’aurait pas reniée le croisement d’un commentateur sportif et d’un éléphant adulte.
- En garde ! répéta-t-il, ses ailes brunes battant si vite qu’elles en devenaient invisibles. C’est pas que j’approuve pas ton choix, mais il ne sera pas dit que Frid a abandonné son incapable de maître ! Alors défends-toi !
Il inclina les ailes et fondit comme une flèche sur Varlian. Le Garde plaça un coup de poing que l’oiseau évita de justesse, se baissa pour éviter un bec acéré, puis pivota en portant une manchette. Frid esquiva, s’éloigna en trois coups d’ailes et revint en piqué. Varlian balaya l’air d’un geste fulgurant et manqua sa cible.
- Raté ! fit l’oiseau d’une voix criarde. Ra-té, ra-té, ra-té !
Et il frappa à nouveau de ses serres.
Varlian se protégea de la pluie de coups puis riposta, lâchant directs et crochets en essayant de toucher Frid…
… qui prenait un malin plaisir à l’esquiver, parfois d’un cheveu. Agaçant et insaisissable.
Varlian ramenait son bras en arrière pour une nouvelle attaque lorsque, soudain, il comprit.
Quel imbécile !
Se détournant de Frid et de ses commentaires provocateurs, il fit volte-face et…
Les éclairs se reflétant sur sa lame incurvée, le couteau tombait.
Décisif.
Explosion de douleur.
Atroce et aveuglante.
Olaf perdit tout contact avec la réalité à l’instant même où son propre sabre pénétrait dans son orbite. Une vague de souffrance irradia dans son œil et fulgura dans son corps tout entier. Si violente qu’il faillit perdre conscience. Rien d’autre n’existait plus que ce mal abominable qui menaçait de l’emporter.
Tout autre que lui serait mort à la seconde suivante, le crâne transpercé par l’acier implacable. Mais Olaf devait sa survie et sa réputation à ses réflexes plus affûtés que n’importe quelle arme. Au sein de l’Ordre, la rapidité avec laquelle il réagissait en cas de danger extrême était depuis longtemps légendaire.
Et les années ne l’avaient pas émoussée. Dans une situation aussi désespérée, les moyens de sa jeunesse lui revenaient sans faillir. Il les retrouva aussitôt à sa disposition, intacts et salvateurs.
Il bondit en arrière.
Son corps eût-il été propulsé par une catapulte qu’il n’aurait pas filé plus vite. Il s’éloigna de Karen à une allure foudroyante, plus rapide que la lame qui s’enfonçait dans son œil. Et quand, incapable de suivre l’élan du Paladin, l’acier ressortit de son orbite, il n’avait pas atteint le cerveau.
Olaf toucha terre sur le dos et ne se releva pas. Ses réflexes lui avaient accordé quelques secondes de répit, mais il ne pouvaient effacer la douleur qui brûlait dans son crâne. D’un geste à peine réfléchi, il inclina la tête sur le côté pour que le sang s’écoule en-dehors.
Rien ne pourrait sauver son œil. Il resterait borgne pour le reste de sa vie. Soit moins de dix secondes, puisque Karen allait l’achever. Son esquive avait fini de l’épuiser, il n’avait plus la force de continuer. La gravité de son état avait activé son masque, qui lui offrait de son énergie et ses perceptions. Mais ces dons se heurtaient à la barrière de souffrance, brûlante et insupportable. Olaf ne voyait rien, n’entendait rien, pensait à peine.
Sa ténacité le poussa néanmoins à résister jusqu’au bout. Le peu de raisonnement qui lui restait se mua en une rage bestiale. Il ne tenta pas de surmonter l’épouvantable douleur, mais l’accepta comme si elle avait fait partie de lui. Il leva le coude, prit appui sur le sol. Se redressa. Mit un genou en terre.
Le sang ruisselait de son œil crevé. Il sut que Karen s’approchait de lui, sabre au poing, prête à mettre un terme au combat. Il entendit claquer ses bottes juste en face de lui. Il eut conscience de la lame qui se levait au-dessus de sa tête…
Il sentit le choc sur son poignet.
Un choc. Tiens donc.
Un petit objet. Allongé. Qui venait de le percuter violemment et de rebondir sur son bras.
A travers l’écran de larmes et de lumière qui voilait son œil droit, Olaf reconnut le couteau de Namâric.
Une décharge d’adrénaline explosa dans son corps.
Le sabre de Karen descendait vers sa nuque. Il était déjà à mi-hauteur lorsque les doigts d’Olaf cueillirent le poignard au vol. Ils se refermèrent sur le manche orné d’un serpent, le plaquant fermement contre sa paume. Le Paladin se rua en avant ; le sabre fendit l’air dans son dos et ne l’atteignit pas.
La lame gravée d’une feuille de hêtre scintilla comme l’argent le plus pur…
Et se ficha dans le flanc de Karen.
Cri de surprise. Ou de douleur. Aucune importance.
Olaf sentait sa volonté s’éteindre. Pas encore. Il devait en finir.
Sa lame déchira la peau de l’Elfe, faisant jaillir une fontaine de sang. Au même instant, son pied s’envola une dernière fois, décrivit une courbe gracieuse et magistrale avant de s’écraser dans le visage de Karen.
Le coup final.
Elle fut projetée en arrière, s’affaissa lourdement sur le sol et cessa de bouger, un flot écarlate s’écoulant de sa blessure.
Olaf retomba comme une masse, la douleur revenant à l’assaut plus terrible que jamais. Il jeta un dernier coup d’œil au couteau serré dans son poing.
- Alkion, je te remercie, murmura-t-il.
Et il perdit conscience. Pour de bon, cette fois.
Un homme se relève avec peine, ignorant ses blessures lancinantes. Ses yeux se braquent vers son ennemi et s’emplissent de violence.
Son pied frôle le sol, fauche la garde de son épée. Remonte. L’arme quitte la passerelle et s’élève à la verticale, jetant de froids éclairs dans toutes les directions. Telle les eaux glaciales d’un torrent qui miroite sous le pâle soleil de l’hiver.
Une main gantée d’argent se referme sur la poignée. Lui donne un élan précis et fulgurant. La relâche.
La lame fend l’air, porteuse de mort. Droit vers sa cible.
Le second homme se retourne, réalise ce qui lui arrive. Trop tard.
L’épée étincelante se plante dans sa gorge. Traverse son cou. S’enfonce jusqu’à la garde et ressort par sa nuque.
C’est terminé.
Varlian contempla stupidement Namâric dressé face à lui, bras tendu en avant.
Blessé mais encore debout. Epuisé mais toujours mortel.
Le Paladin s’appuyait sur sa jambe valide, réduisant au maximum la pression sur son genou cassé. Son bras droit pendait le long de son corps tandis que le gauche, braqué vers le Garde, semblait le condamner.
Frid n’avait été qu’une diversion.
Varlian baissa les yeux. Son regard se posa sur le manche d’une épée, juste sous son menton. Un manche magnifique.
Il ne sentait même pas la douleur dans son cou. La surprise suffisait à occuper son esprit.
Ses yeux se plantèrent dans ceux de Namâric et y lurent un sentiment étrange. Un respect profond teinté d’une grande amertume.
Puis, doucement, Varlian bascula en arrière.
Tomba du pont.
Disparut dans le vide.
Namâric poussa un long soupir. Enfin il était venu à bout de Varlian. Et jamais il n’y serait arrivé seul. Comme quoi le Paladin déserteur avait fait d’énormes progrès.
Frid voletait joyeusement devant lui, piaillant comme à son habitude.
- Et merde, il a embarqué l’épée, l’abruti. ‘fin bon, c’est de bonne guerre. Au fait, patron, j’espère que vous notez la bonne action désintéressée. J’aurais vraiment eu intérêt à vous laisser crever.
Namâric flageola sur ses jambes, puis reprit contenance. Ignorer la douleur, c’était la clé.
- Il me coûte de te dire ça, Frid, mais… merci. Je pensais vraiment que tu nous laisserai tomber.
- J’aurais pu. J’ai déguerpi quand Olaf a perdu l’appeau, au pied de la tour. Mais bon, les remords, la conscience, tout ça…
Le Paladin allait répliquer lorsqu’une voix sèche et glaciale retentit dans son dos.
- Très émouvant. Mais je dois mettre un terme à ces réjouissances.
Lentement, Namâric se retourna.
Vers cette voix qu’il connaissait si bien.
Chapitre 68 : Le Prince et le Paladin
Alexandre s’appuyait sur son coude gauche, se redressant avec difficulté. La blessure dans son dos n’était pas encore totalement guérie ; un filet vermeil suintait du pansement, se mêlant au sang coagulé qui maculait son dos nu. Les lambeaux de son armure de cuir, déchirée par Casta pour constituer le bandage, pendaient à sa taille, inutiles. Lui-même était en piteux état, livide et tremblant. Les Bracelets d’Arzhan avaient agi sur sa blessure en surface, sans la refermer complètement, ni soigner les dommages internes. Il leur faudrait des jours pour y parvenir.
Mais, malgré son aspect misérable, Alexandre restait impressionnant. Une aura écrasante et mortelle se dégageait de lui, tandis qu’au fond de ses yeux brillait une froide colère mêlée d’une totale concentration.
Le visage de Namâric se durcit. Une dernière épreuve l’attendait.
Alexandre se releva péniblement, puis se dressa sur des jambes chancelantes. Les combats de la journée, mais aussi le coup de poignard dans le dos, l’avaient épuisé. Vidé.
D’un autre côté, Namâric ne valait pas beaucoup mieux.
Il se toisèrent une bonne dizaine de secondes, prenant peu à peu de l’assurance. Sentant que la fin approchait, leurs corps se donnaient les moyens de livrer un ultime duel.
Qui déciderait du sort de toute la bataille.
L’homme et le garçon se faisaient face, comme à Dümrist sept mois plus tôt. Mais cette fois-ci, rien ne viendrait les déranger.
Namâric jaugeait son adversaire. Il avait aimé Alexandre comme un frère. Ils avaient combattu côte à côte, menant les mêmes batailles pour les mêmes idéaux. En regardant le Prince, le Paladin se reconnaissait, tel qu’il avait été dans sa jeunesse. Ou tel qu’il aurait voulu être. Leur ressemblance était frappante.
Alexandre observait d’un œil implacable l’assassin chargé de le tuer. Lui aussi avait apprécié Namâric au temps de leur amitié. Après Dario, c’était peut-être l’homme dont il s’était senti le plus proche. Et maintenant, il allait devoir l’abattre.
Par deux fois, ils s’étaient affrontés. Par deux fois, Namâric avait renoncé à la victoire. Aujourd’hui, il serait sans pitié. Pour la troisième manche, ils allaient jeter tous leurs moyens dans la bataille.
Finalement, Alexandre activa les Bracelets d’Arzhan. Les pierres qui ornaient les bijoux s’illuminèrent de rouge, et son plastron de cuir lacéré tomba en poussière, révélant son torse anormalement musclé.
Ses yeux se détachèrent un instant de Namâric pour plonger dans le gouffre.
- Les dix minutes sont écoulées, et nous n’avons pas encore explosé. J’en déduis que mes hommes ont réussi.
Un des piliers se craquela et une pluie d’étincelles en jaillit, inondant les ponts d’acier. L’énergie accumulée avait surchargé les pylônes, mais pas tout à fait assez pour atteindre le point de rupture. Tandis que la puissance finissait de s’échapper par d’innombrables lézardes, les détonations se faisaient moins nombreuses, le calme revenant dans la colonne centrale.
Un silence pesant s’établissait.
- Varlian est mort en héros, poursuivit Alexandre. C’était vraiment un grand combattant. Meilleur que vous, Namâric.
Il jeta à nouveau un regard dans les profondeurs de la tour.
- Quant à savoir qui l’emporterait entre Karen et Olaf, je ne saurais le dire. Mais leur duel est peut-être déjà terminé. Si le vainqueur revient par ici, il décidera probablement du sort de notre conflit…
Namâric fit un pas en avant et se mit en garde, plutôt adroitement compte tenu de ses blessures.
- Olaf va l’emporter, ça ne fait aucun doute. Mais je n’ai pas besoin d’aide pour vous vaincre. J’ai déjà tué six Elfes avec les os réduits en miettes. Même dans mon état, vous éliminer sera une partie de plaisir.
- Quelle confiance ! railla Alexandre. Peut-être seriez-vous moins sûr de vos chances sans allié pour vous soutenir.
Il leva le bras et un rayon bleuté fusa de son Bracelet. Le trait d’énergie fendit l’air et manqua Frid d’un cheveu. Le petit oiseau, jusque-là silencieux, lança d’un ton indigné :
- Ca va pas, non ? T’as failli me tuer, gamin ! Je vais te…
Alexandre lâcha un second tir. Frid l’évita de justesse et s’éloigna prudemment.
- Mais tu recommences ! J’hallucine ! Tu peux pas me…
- Laisse-nous.
Namâric avait parlé d’une voix sans appel. Frid se tourna vers lui sans cesser de voleter.
- Quoi ?
- Laisse-nous, répéta le Paladin. Ton aide me serait précieuse, mais il t’abattra à la première occasion. Et je veux que tu t’en tires.
L’oiseau prit un air courroucé.
- Tu me demandes de dégager ?! Pourquoi donc ? Tu veux un duel honorable ? Un combat singulier entre le chasseur et sa proie ?!
- C’est le genre de détail dont je me souciais encore il y a quelque temps, admit Namâric. Aujourd’hui, je ne crains plus d’être déloyal. Mais je ne te permettrai pas de mourir bêtement ici. Va-t-en, soldat ! C’est un ordre !
Frid s’adoucit.
- Très bien, maître. Adieu.
- Au revoir.
L’oiseau se tourna vers Alexandre et lui lança un dernier regard, si violent et haineux qu’il aurait pu découper un plaque de métal. Puis il s’éleva et monta vers la verrière au sommet de la tour.
Alexandre tendit les bras.
- Ainsi, nous voilà seuls. Blessés, fatigués, désarmés. Heureusement que j’ai un avantage.
Les pierres des Bracelets scintillèrent et un jet de flammes fondit sur Namâric. Brûlant et dévastateur.
Le Paladin ne se laissa pas impressionner. Croisant les bras devant son visage, il se protégea derrière son armure. L’attaque se fracassa sur la karalite, la magie glissa sur la métal et se concentra dans le gant d’argent…
Un faisceau de lumière écarlate jaillit et fila vers Alexandre, qui le contra par un puissant bouclier magique. Les deux énergies se percutèrent avec une détonation qui ébranla le pont.
- Dommage, fit Namâric. A Dümrist, vous avez libéré une terrible puissance, que ma cuirasse n’a pu contrer. Mais apparemment, vous ne pouvez frapper aussi fort en temps normal.
Alexandre parut contrarié. Puis il se ressaisit : l’armure de karalite protégeait le corps du Paladin, mais il avait perdu son casque. Sa tête restait vulnérable. Et s’il pouvait la protéger contre les attaques à distances, rien ne disait qu’elle resterait intouchable dans un combat au corps à corps.
Le Prince se permit un sourire.
Puis il écarta les bras.
La magie des Bracelets entra de nouveau en action. Mais cette fois, ce ne fut pas pour une décharge spectaculaire et inutile. Des lignes de force jaillirent des Bracelets puis s’entrelacèrent pour dessiner deux longues structures bleutées. Ils s’accumulèrent, s’intensifièrent, se mêlèrent de plus en plus étroitement et, enfin, se figèrent.
Deux lames de pouvoir brut, faites d’une terrible énergie bleue, aussi tranchantes que de véritables épées, prolongeaient à présent les Bracelets du Prince. Longues d’un mètre et larges comme une main, elles se croisèrent en bourdonnant devant sa poitrine. Puis il se mit en garde.
Vigilant et sans merci.
Namâric comprit à quel genre de jeu voulait se livrer son ennemi. Si Alexandre s’approchait suffisamment de lui, il finirait par lui porter un coup fatal au visage. La karalite ne le défendrait pas. Pour faire face, il devait combattre son adversaire sur son propre terrain.
Le Paladin n’avait pas renvoyé toute sa magie à Alexandre. Rassemblant les résidus de pouvoir, il les concentra dans sa main gauche et, aussitôt, une lame rouge apparut dans le prolongement de son bras, jaillissant comme une flèche du gantelet d’argent. Elle vibra de puissance lorsqu’il la pointa sur Alexandre.
- Une lame contre deux, nota le Prince. J’ai l’avantage.
- Nous allons voir. L’escrime est un art truffé d’inattendu. Pour ma part, c’est la première fois que j’utilise une épée de magie pure.
- Pareil pour moi. Sur ce plan, nous sommes à égalité.
Ils se turent un instant, se préparant à une lutte sans pitié. La lame rouge de Namâric tremblait devant lui, comme impatiente de partir à l’assaut. Debout sur le pont d’acier, ses cheveux noirs cascadant dans son dos, ses yeux écarlates brûlant de détermination au centre de son pâle visage, il était effrayant. Face à lui, Alexandre avait les genoux fléchis, les muscles tendus, le torse luisant de sueur. Ses lames bleues, prêtes au combat, bourdonnaient au bout de ses bras.
Il allait bondir lorsqu’une idée lui vint.
- Namâric, pourquoi me pourchassez-vous ?
Le Paladin leva un fin sourcil.
- Quoi ?
- Vous voulez regagner la confiance de vos maîtres, d’accord, mais pourquoi prendre autant de risques ? et entraîner Olaf avec vous ? Officiellement, vous êtes morts tous les deux. Vous auriez pu terminer paisiblement vos jours.
- L’Ordre m’a confié une mission, et je l’accomplirai.
Alexandre prit un air agacé.
- Et si l’Ordre se trompait ? A la base, il m’a condamné parce que j’avais caché ma maîtrise des Bracelets d’Arzhan. Est-ce une raison suffisante pour me tuer ?
Il se tut cinq secondes, puis reprit :
- Vous avez vu ce que valaient les Migrodis. Vous savez ce qu’ils comptaient faire. Je les ai empêchés de détruire le monde, et c’est ainsi que vous me remerciez ? Ne pouvez-vous pas admettre que j’ai raison ? Ne pouvez-vous pas vous rallier à moi ? Ensemble, nous pourrions…
- Non.
La voix de Namâric était aussi tranchante qu’un sabre.
- Non, je ne peux pas m’associer à vous… Altesse. D’abord, parce que vous me faites cette proposition en désespoir de cause, après avoir épuisé tous vos moyens de me tuer. Et ensuite, parce que…
Son regard se fit accusateur.
- … j’ai vu ce que vous avez fait. Je sais quels complots vous avez ourdis contre votre père, quels massacres vous avez perpétrés pour arriver à vos fins. J’ai contemplé les marques de votre passage à Keldras. Près de cent victimes, dont beaucoup innocentes. Des ruines, des cendres, des familles effondrées, des enfants abattus. Bien sûr, vous vous dédouanerez en parlant de l’intérêt collectif, en disant que ces morts étaient nécessaires pour sauver le plus grand nombre. Tout comme votre accession au trône était nécessaire pour relever Dümra. Mais au fond, vous savez très bien que vous avez tort. La fin ne justifie pas tous les moyens, et surtout pas ceux que vous avez utilisés. Vous n’êtes plus le Prince de Dümra, protecteur du royaume et des plus faibles. Vous êtes un monstre. Plus maléfique encore que ces Migrodis que vous avez anéantis. Même si l’Ordre n’avait pas ordonné votre mort, je vous aurai traqué pour vous tuer. Je viens de le comprendre.
Alexandre avait blêmi tout au long de la tirade. Il accusa le coup, un tic agita son visage, puis ses yeux s’emplirent de mépris, et il passa à un tutoiement brutal, signe d’une profonde répulsion.
- Je vois… A t’écouter, tu es un petit saint. L’ange exterminateur, qui enlève le péché du monde, in nomine patris, et fili, et spiritu sanctu. Amen-toi.
Namâric s’élança.