Non, je n´ai pas été banni. J´ai juste réalisé que si je postais mes messages courts sous un autre pseudos et seulement mes chapitres sous KaiM, ça ferait exploser mon compteur de caractères par posts. Par contre, ça ferait baisser mon nombre total de posts. Donc j´hésite encore.
Et accessoirement, j´ai créé ce second pseudo au cas où je serais banni un jour. Comme ça, mon pseudo de remplacement aura déjà de l´ancienneté.
"(c´est quoi un exeat ?) et pourquoi il me dit de réviser l´optique alors que j´en ai jamais fait. "
pour exeat je ne connaissais pas, mais apparement c´est un certificat qui prouve que tu as bien quitté ton lycée (c´est vraiment utile ça? ...)
http://parknewchoir.free.fr/SPIP/article.php3?id_article=21
pour l´optique, ben ils doivent considérer que tout le monde a fait spé maths et spé physique en même temps... mais t´en fais pas, j´ai fait spé physique et d´après mon expérience il suffit de connaitre 3 formules simples en optique et les règles de base sur les lentilles convergnetes pour être capable de résoudre tous les problèmes (après avoir tracé une fois les rayons lumineux, ça devient évident et il n´y a plus besoin de connaitre vraiment les règles)
à part ça ta "fic" est vraiment bonne. (je précise quand même que j´ai lu seulement depuis dümrist) L´univers et l´histoire sont en général prenants, il arrive d´être vraiment ( et agrèablement) surpris, on y trouve de bons rebondissements etc... je me suis même un peu attaché à certains persos; dont Alexandre qui est très réussi. Cependant il reste encore parfois des fautes d´ortho, des lourdeurs, par exemple dans certains combats, ou lors de passages humoristiques pas toujours réussis (certains sont quand même très bien) qui détruisent parfois l´ambiance particulière et le suspense d´une scène clé...
Bon, et bien, j´attends la suite ![]()
Merci des renseignements, merci d´avoir lu, merci du commenaire. OK, mon humour est parfois un peu lourd et certains combats trop longs.
Et, au fait, éclaire ma lanterne : membre depuis quatre jours, un seul message posté, jamais vu sur le forum, ça fait bizarre... D´où ma question : comment as-tu entendu parler de ma fic ?
eh bien disons que je traine sur plusieurs forums depuis quelques temps, dont celui-ci, sans jamais avoir encore posté sur certains d´entre eux (il y a un début à tout). C´est ici que j´ai entendu parler de ta fic.
Je suis membre depuis + de 4 jours, simplement je possède 3 ou 4 pseudos (qui n´ont jamais posté sur ce forum), dont le plus vieux a plus de 2 ans et 250 messages (wi, wi c´est pas énorme), et sur ton topic j´ai inauguré celui-ci...
Here was my life...
A part ça je me rends compte que j´y suis peut-être allé un peu fort et injustement sur les critiques négatives... désolé.
Sache qu´elles sont vraiment faibles par rapport aux positives, je les ai simplement mises en valeur au cas où tu aies envie un jour de corriger les quelques défauts de ta fic (publication ?) Et ton humour dans ce cycle est tout-à-fait bon, je ne le trouve pas lourd au contraire, seulement je trouve que lorsqu´il est placé dans certaines scènes à suspense, les + importantes, ça fout un peu "l´ambiance" en l´air...
Mais ça reste vraiment très bon dans l´ensemble.
Voila, j´attends toujours la suite ![]()
Moi au contraire j´aime bien l´humour décalé dans les scènes à suspense, forcément pas toutes bien sûr, mais de temps en temps, ça casse tout et c´est pas plus mal^^. D´ailleurs l´humour de ce genre est la plupart du temps amené par Frid. (remember la scène du salaire dans l´Arène
)
Oui cet humour décalé est sympa mais dans cette scène on ne peut pas vraiment parler de suspense, puisqu´on en connaissait à l´avance l´issue. (Namaric allait forcément gagner le combat pour que l´histoire reste cohérente).
bon ok j´arrete de polémiquer et j´attends la suite comme tout le monde...
T´oublies celle de la fausse note.
Par contre Iomyesse (au fait c´est un L minuscule ou un i majuscule la première lettre de ton pseudo ?) , je crois pas qu´Az´ et toi parliez de la même arène. On fait référence au duel entre Namâric et Menrik dans le topic l´Arène des duellistes, au cours duquel Namâric, suspendu dans le vide, demande l´aide de Frid, qui lui réclame alors une augmentation.
ah autant pour moi, je pensais qu´il s´agissait de l´arène où Namaric et les prisonniers combattaient les gladiateurs pour obtenir 1 audience...
sinon mon pseudo c´est Lomyesse, merci de ta remarque j´avais pas vu ça
Ah, au fait, si certains passages vous paraissent invraisemblables, impossibles, nimportequouesque ou autre, dites-vous qu´après 800 pages de fic je ne me prends plus tellement au sérieux. Et tant qu´à faire, si ça vous amuse, vous pouvez chercher les allusions à Ewilan, Artemis Fowl, Seven Swords, Star Wars, Rolland-Garros, Kill Bill, et j´en oublie.
Bonne lecture.
Chapitre 62 : Le retour du Zahr
Un plan peut échouer pour toutes sortes de raisons.
La première est une mauvaise préparation. En négligeant des éventualités, en se trompant dans un calcul, en sélectionnant du matériel de mauvaise qualité, on finit piégé en plein territoire hostile, cerné par des patrouilles dont on a mal évalué les horaires, sans moyen de s’échapper puisque cette situation n’était pas prévue.
La seconde est le relâchement. Dans la deuxième moitié des opérations, un malfaiteur a souvent tendance à se détendre, à se montrer moins vigilant, voire à engager la conversation avec ses otages. Et voilà comment on se retrouve soudain à plat ventre avec dix armes pointées sur la nuque, prêt à finir ses jours dans une geôle sombre et humide – ou sur-le-champ, selon l’humeur des forces d’intervention.
La troisième est le hasard.
Axtros avait traversé la citadelle avec une facilité qui ridiculisait ses ennemis. Parvenu à une des entrées de la forteresse, il avait volé une croix sur un râtelier garni d’épées qui devait servir aux hommes chargés des patrouilles. Il avait ensuite décroché toutes les armes pour les lancer sur des Migrodis surgissant dans la pièce un peu trop bruyamment. Il s’était jeté sur les deux rescapés, décapitant le premier d’un revers de son arme, puis contrant l’attaque du second avant le lui fracasser les côtes.
Il avait récupéré des provisions dans un entrepôt mal défendu, ouvert une porte de la citadelle et fait un pas au-dehors.
Puis il avait hésité.
Pour la première fois dans toute son existence.
Une curieuse sensation s’insinuait en lui. Il était un Zahr, il n’obéissait qu’à lui-même, et ne servait que ses intérêts. Défier les Migrodis puis Molloch ne lui apporterait strictement rien. Et pourtant…
Ce n’était pas normal. Il n’aurait pas dû…
Un Zahr n’aurait pas dû éprouver un tel sentiment. Ni même un sentiment tout court. C’était impossible. Par sa nature même.
La logique et la raison vacillaient. Axtros n’aurait su l’expliquer, mais…
Les émotions se succédaient en lui à une vitesse inconcevable. Culpabilité, loyauté, peur, honte, colère contre lui-même.
Incroyable. Quel événement avait pu déclencher une telle réaction ? Les Zahrs n’avaient pas de sentiments. C’était gravé dans leurs fibres. Alors quoi ?
Le cerveau surdimensionné d’Axtros avait cherché une réponse. Et trouvé.
Il n’y avait qu’une seule explication. A force de côtoyer des humains, à force de parler avec Alexandre, à force de l’admirer pour ses qualités de chef et de combattant, il avait fini par s’humaniser.
Cela remettait en cause toutes les théories de ses ancêtres. L’influence du milieu avait son rôle dans la psychologie des Zahrs. Ils pouvaient ressentir des émotions.
A moins qu’Axtros ne fût une exception.
Mais il s’en moquait. Il n’avait qu’une seule certitude.
Il n’abandonnerait pas Alexandre.
Se guidant à ses souvenirs, il avait parcouru le chemin inverse à une vitesse fulgurante. Quand tous les Migrodis s’étaient effondrés, il n’avait pas renoncé. Il sentait que cette victoire n’était pas suffisante.
Il avait gravi la tour, traversé la Salle du Tigre, franchi la porte massive, débouché au milieu des machines, compris la situation, bondi dans l’escalier…
… et paré le coup de Namâric.
On l’a vu, la sensibilité auditive d’Axtros était plus ou moins l’inverse de son acuité visuelle. Certains scientifiques auraient prétendu la chose impossible, puisque l’inverse de zéro n’existe pas ou, à la rigueur, peut être assimilé à l’infini.
Et pourtant…
Le claquement des deux lames produisit une onde sonore qui se propagea dans la salle de contrôle et se répercuta contre les corps solides qui croisaient son chemin avant de revenir vers le Zahr et de faire vibrer ses tympans. Son cerveau surdimensionné analysa les données en trois centièmes de secondes pour lui offrir une représentation précise et quasi exacte de la pièce, des meubles et des différents protagonistes. Une chauve-souris n’aurait pas fait mieux.
Mais malheureusement, cette méthode ne lui apprit pas l’identité de l’agresseur ni la raison pour laquelle Alexandre gisait à terre sans se relever.
D’après ces informations fragmentaires, Axtros prit la décision la plus adaptée.
Riposter.
Il enchaîna trois coups si violents que son adversaire ne prit pas le risque de les parer. Il rompit d’un bon mètre puis, devant un puissant balayage, céda encore du terrain. Le Zahr tourna ses orbites vers Karen.
- Situation ?
Elle réagit avec vivacité, avant même que l’inconnu ne reparte à l’assaut.
- Olaf Namâric vivants ennemis Alexandre blessé dos pansé pas bouger Migrodis anéantis mais citadelle va exploser devons rejoindre colonne centrale pour enrayer.
Elle avait parlé très vite, sans reprendre son souffle, débitant les renseignements en quatre secondes à peine et pourtant sans bafouiller. Axtros frappa le sol, obtenant une nouvelle image de la pièce. Les deux Paladins lui faisaient face et ses amis se tenaient un peu plus loin.
Le Zahr ne s’étonna pas. Une légende prétendait que sa race ne connaissait jamais la surprise ; en fait, ils assimilaient les données à une telle vitesse que leur stupeur ne durait jamais plus d’une fraction de seconde.
Olaf et Namâric. Vivants et ennemis. Axtros savait de qui il s’agissait. Il connaissait leurs faits d’armes. Ce ne seraient pas des adversaires faciles.
Il repéra la hache de Nolkar, étendue à ses pieds. Considérant la situation, il ne tarda pas à échafauder un plan.
Qu’il mit aussitôt à exécution.
Alors que Namâric se précipitait vers lui, le Zahr tendit un pied griffu qui se referma sur la hache runique et la souleva sans mal. L’arme se dressa devant le Paladin et contra l’attaque de son épée. Axtros gagna ainsi une seconde qu’il mit à profit pour abattre sa lame.
Non pas sur Namâric, mais sur Alexandre.
L’acier cingla l’air en direction de son cou puis atteignit sa cible. Les pointes et les dents de métal, projetées avec une violence inouïe, mordirent le dantarium et sectionnèrent le collier dont les deux moitiés tombèrent en claquant sur le sol.
Les Bracelets d’Arzhan étaient libres.
Comme prévu, Alexandre recourut aussitôt à leur énergie, qui afflua dans son corps et plus particulièrement dans son dos. Des étincelles bleutées crépitèrent au niveau de sa plaie, et la blessure commença à se refermer.
- Huit minutes avant saturation, annonça une voix glaciale.
Le pied d’Axtros para une seconde attaque de Namâric, puis lança la hache d’un ample mouvement. Le Paladin se baissa pour éviter le jet qui lui aurait tranché la tête tandis que le Zahr se penchait sur Alexandre et l’empoignait de sa main libre.
D’un grand geste du bras, il le souleva de terre et le propulsa vers le couloir au fond de la pièce.
- Emmenez-le dans la colonne et neutralisez la bombe ! hurla Axtros. Je m’occupe de ces hommes !
D’un plongeon impressionnant, il s’élança vers Olaf et lui barra le passage. Deux sifflements l’avertirent des coups portés par son adversaire. Il les para en même temps, avec les deux extrémités de son arme. Des bruits de pas dans son dos lui signalèrent que Karen, Emmanuel, Evan, Casta et Sorelial obéissaient à ses instructions.
- Varlian ! Toi aussi ! clama Axtros d’une voix impérieuse.
Le Garde semblait hésiter. Pourquoi ?
Olaf plaça un coup d’estoc, paré comme les précédents. Axtros riposta ; sa lame dentelée fendit l’air et percuta la hache du Paladin. Malgré sa force supérieure à celle de la plupart des hommes, celui-ci vacilla. En matière de puissance, nul bras ne valait celui d’un Zahr.
Une épée siffla à sa gauche. Namâric ! Axtros le contra de justesse. Il ne l’avait pas entendu approcher. Incroyable. Solidement campé sur ses jambes, bien décidé à ne pas céder sous la pression, le Zahr bloqua toute une série d’attaques complexes et vicieuses. Les deux Paladins formaient un duo parfaitement synchronisé, essayant constamment de le prendre à contre-pied. Axtros parvint cependant à contenir leur assaut, les empêchant de le déborder pour poursuivre Alexandre.
Enfin Varlian se décida. Il s’élança vers la porte du fond et disparut dans le couloir qui menait à la colonne centrale. Rassuré, Axtros rompit le combat et s’engagea à sa suite, puis s’immobilisa et se planta face aux Paladins.
Bien que très haut, le couloir n’excédait pas un mètre et demi de large. Un espace réduit qui empêcherait les Paladins d’attaquer en même temps. Parfait.
Namâric avança dans le passage et s’arrêta à deux mètres du Zahr.
- Tu ne m’intéresses pas, déclara-t-il d’une voix posée, calme et apaisante. Je ne veux qu’Alexandre. Mais si tu me barres la route, je n’hésiterai pas à te tuer.
Une tradition ancestrale voulait que les combattants échangent des rodomontades pendant les duels à mort, et Namâric ne pouvait s’empêcher d’y sacrifier.
Axtros n’allait pas se laisser battre au petit jeu des répliques bravaches et convenues. Surtout si ça lui permettait de gagner du temps.
- Sache, misérable assassin, que jamais je n’abandonnerai le Prince. Je suis son dévoué serviteur, et peu importe ma mort si elle permet de préserver sa vie.
Sa voix se fit soudain plus grave.
- Regarde mon visage. Les miens m’ont crevé les yeux et banni de mon pays. Et sais-tu pourquoi ?
Axtros n’aurait jamais révélé ce secret à un de ses compagnons. Mais à un ennemi, pourquoi pas ? S’il tombait dans ce combat, au moins quelqu’un saurait pourquoi on l’avait aveuglé…
- Parce que j’ai trahi mon seigneur. Je l’ai laissé mourir dans un piège ignoble au lieu de lui porter secours. Je croyais que permettre à ses ennemis de le vaincre servirait mes intérêts. Quelle erreur ! J’ai fait main basse, comme prévu, sur une partie de ses biens, mais d’autres plus malins que moi on découvert mon crime. J’ai été puni pour une faute que je ne compte pas commettre de nouveau en ce jour !
Voilà, c’était dit. Curieusement, Axtros se sentit soulagé. Se confier lui avait fait du bien.
Soulagé ?
Comment pouvait-il éprouver du soulagement ? C’était son deuxième sentiment en moins de vingt minutes. Que lui arrivait-il ?
Il s’en occuperait plus tard. Pour l’instant, il devait retarder Namâric.
Le Paladin comprit cependant le but de la manœuvre et, sans un mot, passa à l’attaque.
Axtros savait à quoi s’en tenir. Namâric avait déjà éliminé un Zahr. Un Zahr doté de ses deux yeux. Pour ne pas répéter l’échec de Raxos, il faudrait une stratégie. Imparable, de préférence.
L’épée du Paladin s’abattit sur sa tête. A ses précédents mouvements, Axtros avait défini son style de combat. Il avait déjà anticipé son schéma d’attaque.
L’arme dentelée s’interposa, le métal glissa sur le métal dans une pluie d’étincelles. Axtros répliqua d’un coup vertical, le seul qu’il puisse porter dans cet espace réduit. Sachant pertinemment qu’il ne pouvait contrer un assaut aussi violent, Namâric recula pour esquiver, puis tenta de bondir par-dessus la tête du Zahr. Celui-ci releva sa lame, les armes se rencontrèrent et le Paladin retomba, sa tentative contrée.
Deux épées fendirent l’air juste au-dessus de ses épaules. Axtros dévia avec adresse les armes lancées par Olaf, puis bloqua une botte ingénieuse qui aurait dû lui transpercer l’estomac. Le couteau de Namâric fusa vers la tête du Zahr. Ce dernier releva son arme, heurtant le brassard de karalite, et écartant le poignard juste avant qu’il ne s’engouffre dans son orbite. Le Paladin dégagea son épée puis plaça un coup d’estoc. Axtros se plaqua contre le mur pour éviter la lame d’acier. Son arme, propulsée à une vitesse sidérante, fondit vers la tête de Namâric. Il se baissa pour lui échapper avant de diriger sa lame vers la gorge du Zahr. Axtros détendit ses petites jambes, se projetant au-dessus de l’épée, et amorça une descente en abattant son arme.
Namâric bondit en arrière. La lame changea de direction avant de toucher le sol et poursuivit le Paladin dans sa retraite. Il para le coup et riposta par une rafale d’estocades. Même Axtros, pourtant peu porté sur l’art, trouva sa grâce envoûtante.
Il bloqua toutes les attaques, son arme volant d’une parade à l’autre avec une ahurissante rapidité. Puis il frappa à son tour, visant la tête, alors que Namâric poursuivait son enchaînement. Nullement surpris par cette contre-attaque, le Paladin interrompit aisément son assaut et bloqua l’arme du Zahr, glissant sa lame entre deux pointes. Axtros récidiva. Les lames s’entrechoquèrent.
Namâric pivota. Son talon fouetta l’air, fusa vers la tête de son ennemi. La main droite du Zahr lâcha son arme pour intercepter la jambe du Paladin. Ses doigts puissants faillirent se refermer sur la cheville de son adversaire ; mais Namâric, d’une incroyable impulsion, s’éleva dans les airs pour se dérober à la prise. Son corps s’arqua en un mouvement fluide, son bras se détendit et son couteau siffla. Axtros estima préférable de rompre d’un pas pour échapper à la lame. Il avait encore de la marge avant de sortir du couloir.
Namâric toucha terre en position de combat. Ayant étudié les techniques du Paladin, le Zahr savait ce qui allait venir ensuite. Balayage vertical, feinte sur la gauche, coup d’estoc, poussée en avant, attaque au poignard puis au genou, direct du gauche dans le visage. Axtros contint cette offensive et bloqua dans sa paume le dernier coup de poing. Ses doigts écrasèrent la main de Namâric qui tenait le couteau. Le Paladin libéra son épée, essaya de trancher le bras du Zahr. Axtros esquissa une parade avec son arme, qu’il maniait d’une seule main sans la moindre difficulté. Namâric modifia son attaque.
Même pour un expert comme Axtros, son geste fut fulgurant. Sa lame s’abaissa à une vitesse stupéfiante, se faufila sous celle du Zahr et fondit vers son poignet. Le capitaine de la Garde noire n’eut d’autre choix que de bondir en arrière ; et malgré cette esquive, l’acier entailla le bout de ses doigts.
Hallucinant.
Axtros songea un instant qu’il avait trouvé son maître. Puis il se ressaisit. Il n’avait qu’à mieux se concentrer. Namâric frappa de nouveau, la pointe de son épée filant droit vers sa tête. Le Zahr la dévia d’un mouvement vertical, puis contre-attaqua en repoussant son adversaire.
Ce fut au tour du Paladin d’être impressionné par la fureur de l’assaut. Il céda du terrain devant une volée de coups. Puis sa lame intercepta l’arme d’Axtros et l’amena contre le sol tandis que son poignard frappait d’estoc.
Mettant à profit sa force prodigieuse, le Zahr releva son arme avec une telle violence que Namâric fut projeté vers le haut en même temps que son épée. Soulevé par la puissance du mouvement, il s’envola vers le plafond, amorça un saut périlleux arrière pour se rattraper…
Et céda la place à Olaf qui accourait derrière lui. Le vieux Paladin porta un revers de son sabre, qu’Axtros bloqua avant de riposter. L’acier de son arme brilla dans le sombre couloir et se heurta à la hache ennemie. Le Zahr poussa de toutes ses forces pour faire reculer Olaf.
Un sifflement au-dessus de sa tête le prit totalement au dépourvu. Il eut à peine le temps de décaler sa lame avant qu’un claquement ne retentisse et qu’un choc ne l’ébranle. Un coup d’épée.
La seule explication possible, bien que peu vraisemblable, émergea dans le cerveau du Zahr. Namâric n’était pas retombé derrière Olaf. Il avait écarté les jambes, se bloquant entre les murs à deux mètres du sol. Une véritable prouesse acrobatique.
Des raclements indiquèrent à Axtros que Namâric s’élevait plus haut encore. Il comptait passer juste au-dessous du plafond et traverser le couloir ! Pas question de le laisser faire.
S’il avait eu cette idée plus tôt, le Paladin ne se serait pas privé de la mettre en application. Ce qui signifiait qu’il venait juste d’y penser. Ou qu’il n’aimait ce genre de numéro d’équilibriste. Dans le deuxième cas, il était peut-être possible de le déstabiliser.
Imitant son adversaire, Axtros coinça son arme entre les murs alors que les lames d’Olaf s’abattaient sur lui. Pendant qu’elles percutaient l’acier dentelé, le Zahr se balança sous son arme d’un mouvement simiesque. Ses pieds griffus frappèrent le masque d’Olaf, le rejetant en arrière. Puis Axtros, profitant de son élan, bondit vers le plafond.
Ses bras s’appuyèrent sur les murs, l’immobilisant au-dessus du sol. Au bruit, il jugea que Namâric le surmontait d’un mètre. Il s’éleva vers lui d’un puissant élan, et le son d’une lame fendant l’air parvint à ses tympans. La main d’Axtros se referma sur le poignet du Paladin tandis que son pied la remplaçait contre le mur. Namâric se laissa tomber en avant et plaça un coup de couteau. Le Zahr dévia l’attaque avec son dernier membre libre, c’est-à-dire son pied droit. Puis il lâcha le bras du Paladin et tenta de lui saisir la cheville. Namâric esquiva.
Au niveau du sol, Olaf s’élançait dans la voie libérée. Axtros lâcha prise, retomba sur son arme et, d’un coup de pied, la débloqua pour la projeter sur le vieux Paladin. Ce dernier para l’attaque avec sa hache, la lame dentelée rebondit vers Axtros. Le Zahr la récupéra au vol et lui fit décrire un arc de cercle vers l’entrejambe de Namâric. Celui-ci l’arrêta avec précision, de la pointe de son épée. Axtros pivota sur un axe formé par sa jambe gauche et son bras droit, calés entre les murs, puis abattit son arme sur la tête de son adversaire. Namâric la contra sans que ses jambes ne cèdent. Il resta suspendu au-dessus du couloir.
Le combat se poursuivit. Axtros et Namâric, s’appuyant sur les parois sans perdre l’équilibre, échangeaient des coups impressionnants à deux mètres du sol. Ils rivalisaient d’adresse et de courage, enchaînant des figures virtuoses empreintes de grâce et de puissance. Incapable d’égaler leurs exploits, Olaf se joignait à la lutte, accablant le Zahr de ses attaques sauvages. Seul contre deux, Axtros donnait le meilleur de lui-même, virevoltant de haut en bas à une vitesse hallucinante, sa lame tourbillonnant devant lui comme une girouette dans une tempête. Une girouette hérissée de pointes, longue de deux mètres et lourde de vingt kilos.
Namâric s’appuya sur ses mains, se balança, porta un coup des deux pieds qui faillit toucher Axtros au menton. Le Zahr contra cependant l’attaque d’un revers de son bras avant de placer une botte violente de son arme. Le Paladin lâcha prise, laissant passer la lame à un millimètre de sa tête. Il se rétablit quelques centimètres plus bas et frappa de son épée. Axtros se propulsa jusqu’au plafond pour esquiver l’attaque, puis retomba sur Olaf pour lui interdire le passage. Son arme heurta le sol juste devant le Paladin avant de remonter pour bloquer celle de Namâric.
Olaf vit une occasion de frapper. Risquée, mais le jeu en valait la chandelle. Il bondit, s’élevant à la verticale, et se glissa entre les adversaire en abattant son sabre. Axtros ferraillait avec Namâric, il ne pouvait ramener son arme afin de contrer l’assaut. Le coup allait lui ouvrir le ventre.
Mais le Zahr avait quelques atouts en réserve.
Il poussa violemment sur sa main droite, se plaquant un instant contre le mur. Le sabre fendit l’air à un centimètre de son ventre. Juste avant de chuter, Axtros remit sa main en place puis, de la gauche, projeta son arme vers un Olaf déséquilibré. Le Paladin leva sa hache pour parer…
Vingt kilos d’acier le frappèrent avec la force d’un rocher. Un effroyable craquement retentit. Olaf fut projeté en arrière et s’effondra dans le couloir alors que les morceaux de sa hache s’éparpillaient autour de lui. Cette arme à la glorieuse histoire venait de trouver sa fin.
Namâric ne vit qu’une légère déformation sur le plastron d’Olaf. Il s’en sortirait.
Reportant son attention sur Axtros, il poussa une botte à son torse. Le Zahr para le coup, riposta. Namâric dévia le balayage et se laissa tomber dans le couloir. Axtros le rejoignit, touchant terre à trois mètres de lui.
Ils se figèrent.
Sentant que la fin approchait. Ca ne pouvait plus durer. Plusieurs minutes s’étaient déjà écoulées. Le compte à rebours tournait.
- Un seul coup, souffla Namâric.
Axtros hocha la tête.
Ils s’élancèrent.
Rapides comme deux panthères noires, ils franchirent en un éclair la distance qui les séparait. L’épée de Namâric étincela. Un coup d’estoc fulgurant. Fluide, précis, invisible. Parfait.
Mais le Paladin avait commis une erreur. Laissé une infime ouverture. Presque imperceptible.
Axtros attendit le dernier moment pour baisser la tête. L’épée déchira le vide au ras de son crâne chauve. Pareil à une anguille, il se faufila sous la garde du Paladin à une vitesse époustouflante. Et frappa.
Du poing, d’abord.
Puis de son arme.
Les deux attaques portèrent, dévastatrices. Le poing du Zahr plaqua Namâric contre le mur, puis son arme le faucha au niveau de l’abdomen. Seule l’armure de karalite empêcha la lame dentelée de le couper en deux. Les deux métaux s’entrechoquèrent dans un fracas assourdissant qui vrilla les oreilles d’Axtros. Ses tympans encore bourdonnants, il redevenait aveugle. Aucune importance. Il savait où placer son dernier assaut.
Le souffle coupé, Namâric ne réagit pas quand l’arme destructrice s’éleva au-dessus de sa tête, prête à s’abattre pour l’écraser. L’acier scintilla une dernière fois…
… et ne frappa pas.
Axtros s’était figé, ses bras levés, son arme suspendue en plein milieu de son attaque.
Le manche argenté d’un poignard dépassait de son crâne.
Pendant la fraction de seconde que mit l’acier glacial à le tuer, Axtros chercha une explication. Le sang inondait ses neurones, les neutralisant les uns après les autres. Juste avant de mourir, il comprit.
Namâric avait tout calculé.
Axtros avait attaqué en sachant que son adversaire ne pourrait riposter, ni de son épée tendue, ni de son poignard beaucoup trop éloigné. Mais au moment du choc, à l’instant précis où il avait reçu le coup, Namâric avait lancé son couteau vers le haut. Le bruit de l’impact avait couvert son mouvement. L’arme avait ensuite ricoché contre les murs et le plafond avant de revenir se planter dans la tête du Zahr.
Une attaque audacieuse. Admirable.
L’onde de douleur qui traversait son crâne submergea ses dernières cellules cérébrales. Le dernier sentiment d’Axtros fut un profond respect pour Namâric.
Puis son cerveau cessa toute activité, et le Zahr s’effondra lourdement sur le sol.
Le capitaine de la Garde noire avait rendu son dernier souffle.
Namâric reprit sa respiration, récupéra son couteau et l’essuya. Il avait mal dans tous ses membres, et notamment au niveau du ventre. Mais il ne s’en soucia pas. Il aida Olaf encore sonné à se redresser et lui tendit son sabre.
Tous deux se tournèrent vers le bout du couloir.
- Cinq minutes avant saturation, annonça la voix.
Chapitre 64 : Duels sur les ponts
L’épée d’Emmanuel déchira le revêtement du câble et trancha plusieurs des fils de cuivre qui le composaient. Un éclair bleu jaillit de la brèche et crépita sur la lame. Sans ses gants de cuir, le lieutenant aurait péri sur-le-champ, foudroyé.
- C’est bon ! lança-t-il. Prenez chacun le vôtre !
Il frappa une seconde fois, entamant le câble jusqu’à son premier tiers. La déchirure vomit une gerbe d’étincelles brûlantes qui n’empêchèrent pas le Chevalier de renouveler son attaque. D’autres fils cédèrent.
Casta s’approcha d’un autre de ces tubes et leva son épée de sa main valide. L’acier mordit la gaine du câble alors que Sorelial ajustait ses gants pour en attaquer un troisième. Ne disposant d’aucune protection, Evan attendit.
- Cherche un moyen de pénétrer dans la coupole ! l’enjoignit Emmanuel avant d’assener un nouveau coup. Ce n’est qu’à l’intérieur que nous pourrons couper le lien avec le plier central.
Le garçon obéit, contournant le dôme à la recherche d’une entrée tandis qu’une voix grave résonnait dans la salle.
- Trois minutes avant saturation.
Affolé par cette annonce, Evan s’empressa de gagner l’autre côté de la coupole…
… et trouva une porte.
C’était un battant de métal dont la seule vue laisser présager une épaisseur colossale. Trois verrous le fermaient, commandés par des leviers de fer qui ne devaient plus avoir l’habitude de bouger.
Cette impression se confirma lorsque Evan tenta de manœuvrer le plus gros. A première vue, impossible de le faire pivoter. Le garçon appuya pourtant de toutes ses forces, poussé par l’instinct de survie. Ses bras se couvrirent de sueur, ses paumes s’ensanglantèrent sur la rugueuse barre de métal. Accablé par l’effort et la douleur, Evan faillit abandonner.
Puis, dans un horrible grincement, le levier se déplaça légèrement. Encouragé, le garçon continua de pousser. C’était plus facile, à présent.
Emmanuel avait sectionné son premier câble et s’attaquait à un autre. Les fils tranchés crachaient des étincelles, des ondes d’énergie s’accumulaient dans les piliers encore intacts, et le levier tournait.
Il restait un espoir.
Varlian et Namâric se faisaient face.
Immobiles.
Le Garde tenait sa lame au-dessus de sa tête, la pointe braquée sur son adversaire, son autre bras tendu en avant. Le Paladin, en garde basse, guettait la moindre tentative d’attaque.
Alexandre gisait derrière Varlian, ses Bracelets refermant peu à peu sa blessure. Namâric comprit qu’il devait se débarrasser de l’obstacle dans les plus brefs délais.
Et une solution semblait s’imposer.
Sans quitter le Garde des yeux, Namâric rengaina son couteau.
- Tu veux vraiment te battre, Varlian ? Tu es prêt à me tuer ?
Le regard de Varlian ne reflétait rien d’autre qu’une concentration froide et absolue. Sa voix, lorsqu’il parla, fut plus tranchante que le fil de son arme.
- Tu étais mon modèle, Namâric. Un exemple pour tous, une véritable légende. Je t’admirais comme j’admirais Olaf. Si vous étiez venus me retrouver il y a trois mois, je vous aurais rejoint sans hésiter. Mais plus maintenant.
- Tiens donc. Et pourquoi ?
Un éclair de menace passa dans le regard de Varlian.
- J’ai fait mon choix. Je n’ai plus l’intention de vivre dans votre ombre. Alexandre m’a donné l’occasion de me devenir moi-même.
- Il t’a conditionné. Tu ne sais pas ce que tu dis.
- Silence, grinça Varlian. Tu as tort. Je suis parfaitement ce que mes paroles impliquent. Je ne suis plus un Paladin de seconde zone qui s’inspire de ses héros. Je suis un Garde noir. C’est ma vocation. J’ai fait serment de protéger le Prince, et je vais honorer ce serment. Peu m’importe le prix.
Namâric lui jeta un coup d’œil méprisant.
- Tu es donc prêt à trahir tes amis ?
- Amis d’autrefois. Et toi, n’as-tu pas trahi la mémoire de ton père en t’alliant à Olaf ?
Ce fut au tour du Paladin de justifier ses actes.
- J’ai réfléchi. Olaf n’était pas directement impliqué dans le complot. Il était simplement informé, et n’a pas eu le courage de dénoncer les plans de son supérieur direct. Il a manqué d’honneur, certes, mais il ne mérite pas que je le tue comme les autres.
Varlian avança légèrement.
- Dans ce cas… Puisque chacun de nous peut expliquer sa position, il semble que nous n’ayons plus rien à nous dire.
- Je te domine en tous points, Varlian. Tu le sais. Je suis un Karalor, un commandant de section, alors que tu n’as jamais acquis le moindre grade. Il y a un an, tu n’avais pas l’ombre d’une chance contre moi. Et ce n’est pas ton entraînement de Garde noir qui va changer cela. Si tu choisis de combattre, je serai sans pitié. Tu mourras.
- Nous allons bien voir.
Namâric renonça à discuter. Il avait déjà perdu trop de temps.
Son épée se leva imperceptiblement. Des éclairs jaillirent de plusieurs pylônes, illuminant la scène. Les deux guerriers se tenaient en position de combat, leurs regards glacés rivés l’un dans l’autre. De taille et de carrure équivalentes, armés d’épées presque identiques, la même férocité brillant dans leurs yeux, ils semblaient à égalité. Leurs armures noires étincelèrent quand une intense lumière remonta les piliers et qu’une secousse ébranler le tube central.
Ils s’élancèrent.
Plus vifs que des serpents, plus silencieux que des ombres.
Ils portèrent la même attaque. Un coup d’estoc à la gorge qu’ils évitèrent en se décalant sur la gauche. Varlian corrigea sa frappe pour suivre le mouvement de Namâric. Celui-ci s’accroupit à la dernière seconde, laissant passer la lame à un millimètre de ses cheveux, et mua son estocade en un revers cinglant. Le Garde se baissa à son tour, les épées fendirent l’air sans atteindre de cible. Namâric pivota, plaçant un coup de pied retourné à la mâchoire de son ennemi. Varlian le contra du bras gauche, se redressa d’une impulsion qu’il transforma en un bond prodigieux, et retomba derrière le Paladin en abattant son épée. Faisant passer la sienne par-dessus son épaule, Namâric para le coup. Il se releva en pivotant, écart a d’une poussée la lame de Varlian et frappa du poing. Son bras frôla le cou du Garde, qui dégagea son arme et lâcha un revers flamboyant.
Namâric contra l’attaque puis recula, profitant de la situation pour se rapprocher d’Alexandre. L’épée de Varlian décrivit une série d’arcs de cercle que le Paladin intercepta sans mal en continuant de céder du terrain. Le Garde feinta à trois reprises, visa la tête de Namâric puis finalement plongea sa lame vers le ventre du Paladin. Celui-ci s’écarta d’un pas vif, et Varlian se rua de l’autre côté pour revenir vers le Prince. Namâric le poursuivit puis frappa de taille. Les lames s’entrechoquèrent avec un claquement qui fit vaciller les deux adversaires.
Tous deux avaient progressé depuis leur dernière rencontre. Et l’un plus que l’autre, apparemment. Varlian semblait avoir comblé son retard sur Namâric. Leurs lames tourbillonnaient avec la même audace éblouissante, la même vitesse fulgurante. Leurs corps, poussés à leurs extrêmes limites, se livraient à une danse de mort aussi belle que terrible, tandis que les pylônes jetaient leurs éclairs sur le duel.
Varlian abattit son épée. Aussi fluide que de l’eau, celle de Namâric se coula en-dessous et la releva souplement, tandis que le pied du Paladin s’envolait vers la hanche de son ennemi. Le Garde se déroba d’une contorsion que son armure n’aurait pas laissé imaginer ; déjà l’épée de Namâric revenait, presque invisible mais néanmoins mortelle. Varlian évita le coup qui lui aurait tranché la gorge, saisit la main de son adversaire et tenta de lui tordre le poignet. Il n’avait pas encore verrouillé sa prise quand Namâric plaça une manchette. Le tranchant de sa main frappa le Garde sur le côté du cou. Il tituba. Le Paladin se dégagea et porta un balayage.
Varlian bondit.
Un saut impressionnant.
Calculé au millimètre près.
Mortel.
Karen tomba sur Olaf en abattant son épée. Il para le coup, glissa sur sa droite et riposta. L’Elfe dévia l’attaque avec son brassard de métal, recula brusquement sous le choc, contra un assaut qui visait sa gorge nue. Le Paladin plaça un coup d’estoc ; son sabre fut détourné. Il se pencha pour éviter un balayage, puis avança en frappant de son poing. Karen le bloqua juste avant qu’il n’atteigne son visage, recula afin de dégager son épée. Déjà la lame d’Olaf descendait vers sa tête. Elle plongea de côté, quittant le pont de métal. Le Paladin l’accompagna d’un bond majestueux, les lames s’entrechoquèrent en une passe aérienne avant que les combattants ne se réceptionnent sur une autre passerelle où l’affrontement reprit de plus belle.
Ils s’enfonçaient dans les profondeurs de la tour sans cesser de ferrailler, plongeant et rebondissant en une succession d’acrobaties, tandis que leurs lames tissaient entre leurs corps une toile d’acier scintillante et mortelle. Echangeant des coups violents et ingénieux, ils sautaient de ponts en plate-formes à une telle vitesse que leur descente n’était qu’une chute à peine contrôlée.
Le bas de la tour approchait. Olaf pouvait distinguer la coupole noire et les quatre hommes qui s’acharnaient sur les câbles. Il comprit alors la stratégie de Karen : elle ne comptait pas sauver Alexandre, mais rejoindre des renforts.
Le Paladin acheva un bond époustouflant par l’esquive d’un balayage, et porta un coup qui frôla la joue de Karen. L’Elfe se laissa tomber sur une autre passerelle, puis gagna le dernier anneau de métal, qui surplombait de cinq mètres le sol de la colonne. Olaf la rejoignit et engagea le fer avant qu’elle ne puisse chercher secours auprès de ses hommes.
Le vieux Paladin assena des deux mains un coup de taille dévastateur. Karen, d’une détente, se projeta en arrière avant de ricocher contre le mur et de revenir à l’attaque. Olaf para une estocade, se décala sur le côté pour tenter un croche-pied que son ennemie évita souplement. Il plaça une série de bottes sauvages qui la firent reculer jusqu’au bord de l’anneau. Karen s’efforça de contenir l’assaut. Cinq mètres la séparaient du sol. Elle pourrait sans doute survivre à la chute, mais préférait toutefois ne pas tenter l’expérience.
En bas, ses hommes ne l’avaient pas encore aperçue. Ils frappaient les câbles avec toute leur énergie tandis qu’Evan essayait d’ouvrir la cloche noire, nul ne levant les yeux vers les deux combattants. Quant au bruit de leur duel, il était couvert par le grondement sourd qui s’échappait du dôme.
Karen détendit le bras. Son épée fouetta l’air avec fureur. Olaf para l’attaque, rompit d’un pas. Son sabre fusa vers le ventre de l’Elfe, visant le point faible à la jonction de son baudrier et de son pectoral. Elle pivota, laissant l’acier riper contre son armure, puis sabra l’air devant elle pour éloigner son adversaire. Après quoi elle risqua un assaut particulièrement audacieux.
Sa lame s’enroula autour de celle d’Olaf avec un sifflement serpentin. Un coup vicieux et précis, destiné à lui arracher son arme ou même à le transpercer. Une botte sournoise et redoutable apprise auprès de Kandrill.
Le Paladin, cependant, ne se laissa pas désarmer aussi facilement. Il fit un mouvement de torsion ; la garde de son sabre toucha la pointe de l’épée elfique, la déviant juste assez pour que Karen en perde le contrôle. En une fraction de seconde, la lame d’Olaf glissa sur celle de l’Elfe et fila vers sa tête.
Sidérée par ce renversement de situation, Karen parvint in extremis à éviter le sabre meurtrier. Olaf avança et enchaîna avec un coup de poing au visage. Gênée par le contact de son adversaire, l’Elfe préféra lâcher son épée pour plus de mobilité. Elle bloqua au dernier moment le poing du Paladin, et riposta d’un puissant direct du gauche qui toucha Olaf sous l’aisselle.
Il ne s’attendait pas à une réaction si rapide. Il avait pensé déstabiliser Karen puis reculer pour libérer son sabre, mais cette contre-attaque ruinait sa tactique. Une droite le cueillit à la joue. Le Paladin comprit qu’à cette distance sa lame ne lui servait à rien et que s’il cédait du terrain, l’Elfe le poursuivrait. Il abandonna donc son arme et contra un crochet qui visait sa mâchoire. Karen évita une violente riposte et frappa des deux poings. Les bras d’Olaf se croisèrent devant son visage pour le protéger.
Mais l’attaque de l’Elfe n’était qu’une feinte. La trajectoire de ses poings s’incurva, et les tranchants de ses mains s’abattirent de chaque côté du cou d’Olaf – l’une des seules failles de sa cuirasse.
Le Paladin ne perdit pas son sang-froid. Au lieu de parer – ce qui n’aurait eu d’autre effet que de permettre une nouvelle attaque –, il prit le temps d’abaisser ses mains pour les rapprocher de son centre de gravité, avant de les relever à l’aide de tout son poids. Ses poignets percutèrent les bras de Karen, les rejetant au loin. Puis ses mains s’ouvrirent et fusèrent comme deux dagues vers la gorge de l’Elfe. Elle les esquiva d’un cheveu, aperçut la jambe du Paladin qui quittait le sol. Trop tard.
Olaf déplia brusquement le genou. Son pied frappa Karen à l’abdomen avec une violence inouïe. L’impact la propulsa en arrière.
Elle tomba dans le vide.
Emmanuel abattit une dernière fois son épée. L’acier faucha les minces fils de cuivre, tranchant le dernier des six câbles. Les deux bouts sectionnés tressautèrent un moment sur le sol avant de s’immobiliser, crachant leurs ultimes étincelles.
Le lieutenant se retourna vers ses camarades. Sorelial et Casta reprenaient leur souffle après avoir achevé leur ouvrage tandis qu’Evan s’escrimait sur le troisième des leviers qui bloquaient la porte de la coupole.
Un claquement assourdissant retentit dans son dos. Surpris, Emmanuel fit volte-face.
Un des pylônes venait de se fendre sur une longueur de trois mètres. Des éclairs bleutés jaillissaient en crépitant de la faille béante, tandis que d’autres fissures apparaissaient sur les six piliers.
Le lieutenant comprit aussitôt la situation. Ils avaient interrompu l’arrivée d’énergie dans les piliers, mais ceux-ci avaient déjà accumulé trop de puissance. La pression sur leurs parois était trop forte : elles allaient se fendiller pour permettre aux pylônes de se décharger.
Se fendiller mais pas exploser. Un phénomène dangereux, mais pas mortel.
Restait à neutraliser le pilier central.
Emmanuel se précipita vers Evan. Les dents serrées, le visage écarlate, ce dernier tournait lentement le levier de fer, qui résistait avec une agaçante opiniâtreté. Emmanuel s’apprêtait à prendre le relais lorsqu’un mouvement sur sa droite attira son attention. Une masse de métal étincelant jaillit du pont qui le surmontait et amorça une descente.
Une seconde plus tard, Karen s’écrasait aux pieds de Sorelial.
Chapitre 65 : La dernière minute
Varlian s’éleva dans les airs. Son pied fondit vers la tête de Namâric, qui le dévia d’un revers de la main et porta une estocade. Le Garde la contra en plein vol, profita du choc pour repartir en arrière, roula en touchant le sol puis se releva d’un mouvement fluide et rapide. L’épée du Paladin décrivit une fulgurante parabole. Varlian ploya en arrière, tel un roseau dans la brise ; l’acier siffla au ras de son visage. Pivotant pour se redresser, le Garde plaça un coup de pied retourné. Namâric le para sans mal, abattit son épée. Les lames claquèrent en s’entrechoquant. Mais cette fois-ci elles ne se quittèrent pas, restant croisées devant les visages des deux hommes. Chacun poussait sur les deux épées, cherchant à les incliner vers la tête de son adversaire. Une simple épreuve de force, mais qui pouvait se révéler autrement plus décisive qu’un défilé de techniques.
Namâric prit le dessus. Il fit un pas en avant, puis deux. Trois. Varlian se ressaisit et, s’appuyant fermement sur le sol, bloqua la progression de son ennemi. Le Paladin tenta de le déborder par la gauche. Le Garde résista. Namâric dut rompre d’un pas. Les épées s’approchèrent de ses yeux. Il céda encore du terrain.
Pour chacun d’eux, s’échapper d’un bond en arrière était hors de question. Non pas que l’idée d’une dérobade eût meurtri leur honneur, mais simplement parce qu’une retraite trop rapide laisserait à l’adversaire une superbe occasion de frapper.
La confrontation eût duré longtemps sans l’éclair qui jaillit d’un pilier entaillé et fulgura vers les deux hommes. Ils s’écartèrent d’un même élan, esquivant la décharge mortelle qui alla foudroyer un pont un peu plus loin.
Une lame chuinta au sortir du fourreau. Le couteau de Namâric quitta ses doigts et fila vers Varlian. Celui-ci, d’un coup d’épée, renvoya le projectile au lanceur. Le Paladin pivota. Sa lame cingla l’air, cueillit le poignard au vol et le retourna à Varlian. Le Garde riposta par un smash de revers croisé qui projeta l’arme vers la tête de Namâric. Ce dernier plaça son épée dans la trajectoire et, d’un coup droit, fit ricocher le couteau. L’arme rebondit contre le sol et remonta en un arc mortel vers le visage du Garde.
Varlian sut ce qu’il avait à faire. Il recula, levant son épée aussi haut que possible, et frappa en un lob audacieux. La balle passa au-dessus de la tête de Namâric et retomba pile sur la ligne de fond de court.
Des hurlement hystériques explosèrent dans les gradins. L’arbitre se dressa de toute sa hauteur et lança dans le tumulte :
- Jeu, set et match !
Les cris redoublèrent dans la foule en délire qui s’était levée d’un seul bond pour acclamer son héros. Varlian brandit sa raquette vers le ciel et lança :
- Merci, merci !
Son heure de gloire était venue. Il avait remporté le tournoi de ses rêves.
Il remarqua alors que Namâric, très loin de l’image du bon perdant, le regardait avec des yeux ronds.
- Tu joues à quoi, au juste ?
Filet, arbitre, gradin et public s’évanouirent pour laisser place à un enchevêtrement de passerelles au milieu desquelles fusaient des éclairs destructeurs. L’un d’eux frappa le pont, le faisant trembler. Le couteau de Namâric avait disparu dans le vide sans que son possesseur ne puisse le récupérer
- Désolé, fit Varlian. J’ai laissé mon imagination m’emporter.
Namâric hocha la tête, l’air consterné.
- Je vois. Et… tu as fini ?
- On peut reprendre.
- Parfait.
Ils se ruèrent l’un sur l’autre alors qu’un éclair se fracassait à moins d’un mètre d’Alexandre. Les lames se heurtèrent, s’échappèrent, se retrouvèrent. Namâric porta une série de coups puissants qui forcèrent Varlian à reculer. Le Garde para un revers flamboyant et trouva l’occasion de répliquer. Son pied décrivit un arc de cercle vers les tibias de Namâric tandis que son épée fondait vers sa gorge. Le Paladin contra les deux attaques, mais céda du terrain. Et comprit trop tard son erreur.
Varlian profita de son avantage pour pousser vers la droite et acculer Namâric au bord de la passerelle, tout en l’empêchant de plonger vers Alexandre. Puis son épée fendit l’air en un balayage mortel. Namâric savait qu’il ne pouvait le parer sans tomber du pont. Aussi prit-il la décision qui s’imposait.
Il bondit de lui-même.
Son corps parut un instant suspendu dans les airs, puis amorça une descente fatale… qui ne dura pas.
L’épée de Namâric s’abattit, tranchant une des fines chaînes qui soutenaient les passerelles. Il l’attrapa de sa main libre, se balança avec adresse, et revint vers Varlian en une courbe rapide.
Le Garde se prépara au choc.
Karen rebondit devant Sorelial, roula mollement sur le sol avant de s’immobiliser. Cinq mètres plus haut, Olaf se ruait sur un escalier qui descendait vers eux, longeant le mur de la tour au milieu des éclairs.
Evan se précipita, affolé, mais Emmanuel le retint.
- Ouvre la porte ! Sorelial s’occupe d’elle !
Le garçon l’ignora superbement, se dégageant pour courir vers Karen. Emmanuel poussa un soupir et saisit le dernier levier.
Sorelial se pencha sur l’Elfe et l’examina attentivement tandis qu’Evan s’agenouillait auprès d’eux, ne sachant que faire.
- Ca va, grogna-t-elle.
Elle tenta de se relever, mais n’y parvint pas. Sorelial remarqua ses pièces d’armure déformées par la chute, à commencer par son plastron enfoncé, qui lui comprimait la poitrine. Ses jambières s’étaient pliées et coincées sous le choc, l’empêchant de se remettre sur pied.
Sorelial posait ses mains sur les liens de cuir qui retenaient les pièces d’acier quand Olaf surgit dans la salle, sabre au poing. Emmanuel se retourna, Casta brandit son épée.
Le Paladin jeta un regard circulaire autour de lui, ses yeux s’arrêtant successivement sur les pylônes crépitants, la coupole bourdonnante et Karen entendue à terre.
- Si nous nous battons, nous allons tous mourir, déclara-t-il en fixant Emmanuel. Je propose une trêve, le temps d’éteindre cette machine.
Le lieutenant s’apprêtait à acquiescer lorsque Karen prit la parole.
- Hors de question ! Tuez-le !
Elle écarta brusquement la main de Sorelial.
- Va au combat ! Je m’occupe de mon armure. (Elle remarqua Emmanuel toujours immobile.) Lieutenant ! Je vous ai donné un ordre !
Sorelial se redressa et ramassa son épée. Emmanuel ne savait que faire. Il restait moins de deux minutes avant l’explosion du pilier central, et Karen voulait qu’il se lance à l’assaut d’Olaf ! Avait-elle perdu la raison ?
Casta et Sorelial s’élancèrent. Emmanuel comprit qu’il n’avait plus le choix.
- Evan ! appela-t-il. Laisse-la et vient t’occuper de la porte.
Tandis que le garçon obtempérait, le lieutenant emboîta le pas à ses deux camarades. Olaf se mit en garde.
Sorelial arriva le premier et porta un coup d’estoc. Le Paladin esquiva d’un pas sur le côté, et assena un crochet du gauche au menton du Chevalier, qui perdit l’équilibre. Casta les rejoignit et frappa à son tour. Il aurait constitué un adversaire de taille pour Olaf s’il n’avait perdu l’usage de son bras droit. Tenant son arme de la main gauche, il plaça une attaque que le Paladin contra d’un battement de sa lame avant de frapper du poing. Le Garde se déroba d’un mouvement agile, bloqua une riposte violente et recula sous l’impact.
Emmanuel se jeta dans le combat à cet instant. Son épée étincela en décrivant une courbe qu’Olaf évita en se baissant. Le Paladin roula pour échapper à Sorelial, sauta sur ses pieds, pivota. Sa lame entailla la joue de Casta tandis que son talon fauchait les genoux de Sorelial. Emmanuel abattit son épée, Olaf para le coup. Les lames s’entrechoquèrent, puis le sabre d’Olaf s’écarta pour intercepter une attaque de Casta. Le Garde noir récidiva, visant l’épaule. Le Paladin dévia la lame mortelle et, dans le même mouvement, lança son coude dans la poitrine d’Emmanuel qui levait son arme. Sorelial attaqua par-derrière. Un coup de pied retourné le renvoya au tapis.
Cependant, Evan était retourné devant la porte et manœuvrait le dernier levier. Il lui avait déjà fait décrire deux tours. Encore quelques centimètres, et la porte s’ouvrirait.
- Une minute, annonça une voix sans âme.
Cerné par ses adversaires, Olaf para avec dextérité une série d’attaques qui auraient pu le couper en tranches. Il repoussa d’un balayage circulaire les lames de ses ennemis, puis planta la sienne dans un interstice entre deux dalles et bondit.
En équilibre sur la pointe de son sabre, il tournoya dans les airs en distribuant une volée de coups de pied. Casta fut touché à la tempe, Sorelial à la mâchoire. Le sang jaillit. Une dent.
Tous deux s’effondrèrent.
Olaf dégagea son arme et se rua sur Emmanuel. Le lieutenant céda du terrain sous les assauts de son adversaire, puis recula prestement pour prendre son élan, avant de charger de tout son poids, sa lame tendue devant lui.
Le Paladin esquiva, saisit Emmanuel au poignet tandis que sa jambe lui percutait les chevilles. Les pieds du lieutenant quittèrent le sol, il décrivit une courbe harmonieuse puis s’abattit lourdement sur les dalles.
Casta s’était relevé et fonçait sur Olaf. Le sabre du Paladin s’interposa dans une gerbe d’étincelles. Sorelial se précipita vers eux.
- Cinquante secondes.
Karen avait décroché son plastron et s’attaquait aux jambières. Evan avait presque déverrouillé la porte. Emmanuel se redressait avec difficulté, le souffle court.
L’épée de Casta s’abattit. Le sabre d’Olaf la cueillit à mi-course et la porta vers Sorelial, qui contra l’assaut de justesse. Le Paladin fit glisser sa lame sur celles de ses ennemis et leur imposa une torsion sauvage. Sorelial voulut retenir son arme ; elle s’échappa de ses mains.
Il n’avait pas reculé quand Olaf saisit l’épée au vol et frappa Casta au bras droit. Le Garde poussa un cri de douleur et baissa ses défenses.
Une seconde.
Deux lames brillèrent. Implacables.
Deux têtes tombèrent.
- Non !
Emmanuel contempla avec horreur les corps décapités de Casta et de Sorelial, qui s’affaissaient en répandant leur sang sur les dalles. Puis, fou de rage, le lieutenant s’élança.
Il ne fit pas le poids.
Epuisé, hors d’haleine, il fut submergé dès le premier assaut. Les coups d’Olaf pleuvaient sur lui à une vitesse incroyable, si violents que les claquements des lames faisaient s’entrechoquer ses dents. Une première blessure apparut sur sa main, une seconde s’ouvrit dans son épaule. Le sabre d’Olaf fusa vers sa tête. Mortel.
Emmanuel tenta de parer. Au dernier moment, le Paladin abaissa son arme selon une trajectoire improbable. Le fil acéré de la lame mordit la cuise du lieutenant et la lacéra jusqu’à l’os. Un flot écarlate jaillit.
Emmanuel tituba, lâcha son épée. S’écroula.
- Quarante secondes.
Sans se soucier du lieutenant qui comprimait sa blessure, Olaf fit volte-face. Bien lui en prit : Karen, libérée de son armure, simplement vêtue d’habits blancs et légers, se ruait vers lui. Il l’esquiva d’un brusque écart sur la droite, et lui assena un direct au creux de l’estomac. Aussi fatiguée que ses hommes, sérieusement affaiblie par sa chute, et surprise de voir le Paladin réagir aussi vite, elle ne parvint pas à l’éviter. Elle poussa un cri étouffé et tomba à genoux, le souffle coupé.
Désarmée et impuissante.
Evan acheva de faire tourner le levier.
Le dernier verrou qui retenait la porte se débloqua. Le battant coulissa avec un affreux grincement et s’ouvrit sur une pièce totalement noire d’où s’échappait un effroyable grondement.
Evan hésita, son épée se balançant au bout de sa main. Il savait ce qu’il avait à faire. Mais Karen était là, sans défense.
Elle leva vers lui des yeux suppliants tandis qu’Olaf brandissait son sabre pour lui trancher le cou.
Alors Evan se souvint de la bataille dans les couloirs. Karen l’aurait laissé mourir. Il savait qu’elle ne l’aimait pas, qu’elle l’avait manipulé depuis le début et qu’elle ne lui accordait aucune importance. Elle cherchait simplement à obtenir son assistance à chaque fois qu’elle en avait besoin.
Cette vipère ne méritait pas qu’on l’aide.
Evan pénétra dans la coupole.
Karen poussa un gémissement de désespoir.
Au terme d’une chute vertigineuse, le couteau de Namâric atteignit une plate-forme, scintilla furtivement en percutant le pont d’acier.
Rebondit.
![]()
A quel rythme ecris tu kaim? ![]()
Rassure-toi, j´ai écrit ça il y a longtemps, mais comme j´ai fini la fic et que la bataille est longue, je préfère la poster d´un bloc. Non, je n´ai pas écrit ça entre samedi dernier et aujourd´hui.
Et pour répondre à ta question, je tiens une moyenne de dix à quinze pages par semaine en période scolaire.
C´est tout de même impressionnant, d´arriver a ecrire autant en periode scolaire ![]()
Hum, bref, je laisse la place aux lecteurs ![]()
Toujours aussi génialissime, mdr le coup du tennis^^. Bref, vivement le prochain gros pavé.
Accessoirement, celui-ci fait combien de pages?
Ah, et au fait :
( comprendront ceux qui liront^^).
Celui-ci fait 28 pages, le précédent en faisait 32, le prochain 14.
Ah on arrive vraiment vers la fin alors.
Vivement dans deux ans, même si ça signifie que je viens de passer mon bac.^^ (ben oui, mes parents vont probablement me saouler pendant deux semaines au moins avant l´épreuve^^)