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Liste des sujets

La destinée du Prince Noir

Dylfos
Dylfos
Niveau 5
12 juin 2006 à 16:06:32

Pas mal. Je n´en dirais pas plus sur l´histoire vu que personne n´a lu, mais par contre, c´est un peu court.

chris12
chris12
Niveau 9
12 juin 2006 à 18:25:47

cool !! !!!!!!! Super avancé, magnifique ! finis ton bac, accelere le temps, etc. Je veux la suite ^^

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
12 juin 2006 à 19:54:29

Excellent.

Tu m´as confirmé des choses que je soupçonnais depuis quelque temps ...

J´attends la suite. :)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
12 juin 2006 à 20:48:36

La suite! La suite! La suite! La suite! La suite!

  • complètement fanatisé*

Tu aurais quand même pu nous poster un gros pavé pour nous faire attendre jusqu´à Samedi, hein... :nah:

La suite! :-)

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
15 juin 2006 à 20:46:33

bon, après un moment d´absence, je reviens lire mon immense retard.

Je vais lire le chap 27. Beauc oup de reproches a faire.
Niveau scénario, ca me décoit de plus en plus.
on en est réduit à un prince traversant le desert et un guerrier sur sa trace. Certes il y a des rebondissements, mais c´est lent, et ca n´avance. D´autant plus que les rebondissements ne valent pas forcément el détour. L´histoire de la bibliothèque, je trouve ca vraiment bidon. Et comme la dit ostra, les 24 milles livres... Je vais répéter tout ce qu´a dit ostra dans son com, mais tant pis.
Le combat contre l´anguiille fait pitié. Pas très palpitant, nul. Je commence à m´emmêler entre les différents perso, mais ca c´est une bonne chose, ca veut dire que toute l´histoire est dense. Le combat dans l´arène, je le trouve vraiment bof. Comme on te dit souvent que nâmaric est invincible, tu as décidé de baisser le niveau. Ok, mais là, c´est plus trop réaliste. Et ca me fait vraiment penser à gladiator. l´histoire de l´araignée géante, bof également. Dans ton scénar, t´as inventé des créatures. Ok, c´est cool. Les wolks, dyrlans, tout ca, je trouve ca excellent. Mais franchement, l´araignée géante, c´est vraiment mais alors vraiment moyen. Bien que tu l´ai garnie de quelques armes supplémentaires, on ne voit plus l´originalité qui m´avait tant séduit dans la cathédrale de kridath ou le siège. Ca se borne à l´araignée du seigneur des anneaux ou d´harry potter (enfin, ca me fait penser à ca).

Voilà vraiment le point faible. L´originalité. Certes l´heroic fantasy est toujours un peu pareil, mes chaque oeuvre se démarque un peu. Toi, là, tu deviens quelque chose de vraiment stéréotypé. Je ne parle pas trop au niveau du scénario (un tout petit peu, peut être), mais surtout de l´univers, des petits détours de l´histoire. on se croit dans un jeu vidéo. Le combat dans l´arène, un boss moyennement dur. L´ariagnée? Un big boss à battre vers le milieu du jeu. C´est dommage.

Ensuite, le point d´humour que les commentaires ont cité moyen:

"je vous maudis! tous vos enfants seront stériles jusqu´à la neuvième génératiuon"
J´ai trouvé ca excellent. Le problème, c´est que tu appuie dessus, comme si le lecteur n´était pas capable de co:prendre la blague seule.

Outre le point sur l´originalité, il reste également le point de la répétition, lié intimement avec le scénario qui rtaine en longueur. On finit par s´ennuyer, on attend tous que le voyage d´alex arrive à son terme, et que namaric le retrouve.
Voilà les principâux points que je reproche. J´ai repris la lectureet j´ai été extremement décue.
Mais le point d´écriture reste honorable :)

j´espère n´avoir pas fait trop de fautes de frappe. :)

KaiM
KaiM
Niveau 11
17 juin 2006 à 12:43:29

Oui, si tu en es au chapitre 27, je comprends ton comm´. Ostramus me l´avait déjà signalé, cette partie de l´histoire a tendance à traîner, à moins de s´intéresser aux descriptions de villes et autres. D´après l´avis général, l´histoire reprend vraiment à partir du moment où Alexandre atteint les monts de Sigornis.

En ce qui concerne l´arène et l´araignée, il est vrai que ce sont des clichés. Je voulais vraiment les placer à un moment, alors je l´ai fait.

Et à part ça, j´ai fini mon bac. V´là la suite :

Chapitre 44 : Le pécheur repenti

Le double vantail de chêne bardé d’acier s’ouvrit devant Nolkar. De son pas martial et décidé, le chef des Migrodis pénétra dans la salle des sondeurs.
Aux pieds de quatre murs décorés de bas-reliefs s’étendait un tapis de coussins moelleux, offrant aux mages assez de confort pour rendre supportable les heures interminables qu’ils employaient à scruter les Terres Mortes.
Nolkar contempla ses vingt sentinelles à l’œuvre tout en réfléchissant au problème d’Alexandre. Il devait au plus vite contacter ses agents en Affoth afin qu’ils découvrent ce que savaient vraiment Haydarn et Thenetos. Par ailleurs, il lui fallait une solution pour neutraliser la menace que représentaient le Prince et ses hommes. Les garder prisonniers ne suffirait pas. Elena avait raison : il devait choisir de les abattre ou de les introniser. Et aucune de ces deux idées ne lui plaisait.
Il se dirigeait vers l’un des mages assis au fond de la pièce quand un autre sursauta.
- Oui, Arne ? fit Nolkar. Tu as trouvé la trace des derniers hommes d’Alexandre ?
Le mage secoua la tête.
- Non, maître. Plus inquiétant.
Le cœur de Nolkar se serra.
- Oui ?
- Je sens deux hommes, expliqua Arne. Deux hommes au sud-ouest, qui viennent droit vers nous.
- Pas si inquiétant que ça, lâcha Nolkar, soulagé.
Un autre mage intervint.
- Arne a raison. Il y a de quoi s’étonner. Je ressens aussi la présence de ses hommes. Et ils vont trop vite pour être à pied.
- Hein ?
- Trois petits esprits les accompagnent. Deux sont de très faibles conscience, la troisième est si irritante qu’elle en devient presque douloureuse. Ces hommes sont à cheval.
Nolkar inspira à fond en essayant de se rassurer.
- Ecoutez-moi ! clama-t-il.
Les mages sortirent de leur transe avec plus ou moins de difficulté.
- Deux hommes se dirigent vers nous, à cheval d’après Jilsah. Concentrez-vous sur eux ! Je veux un maximum d’informations dans les plus brefs délais. Non, pas toi, Kleï. J’ai un message à envoyer.
Les larges épaules de Nolkar se crispèrent. Il avait utilisé sa seule araignée contre Alexandre, et ne possédait plus aucun moyen de contrer ces nouveaux voyageurs. Un frisson glacé parcourut son échine quand il comprit que des millénaires de tranquillité touchaient désormais à leur fin. A lui revenait le lourd fardeau de gérer la première crise de l’ordre des Migrodis.

Un long moment de silence s’écoula entre Alexandre et Livanius.
Un très long moment.
Un très très long moment.
Un moment si interminable qu’on aurait pu s’amuser à l’enregistrer pour le fractionner en intervalles répétitifs en fonction des bruits extérieurs, avant de calculer sa période propre, de déterminer l’équation des oscillations sonores, d’estimer leur amortissement et de pester contre l’abus de termes scientifiques inappropriés dans cette phrase.
Bref, les deux protagonistes se turent pendant assez longtemps, leurs regards rivés l’un dans l’autre. Puis Alexandre parla, posant une question particulièrement subtile.
- Qu’est-ce que vous voulez dire ?
Livanius eut un petit haussement d’épaules.
- Je ne pense pas me vanter en déclarant que je suis un homme intelligent. C’est peut-être dû au fait que mon intronisation fut spéciale, comme celle de tous les chefs de notre communauté. L’intronisation est une cérémonie que tous les Migrodis subissent à l’âge de dix ans. A cette occasion, ils reçoivent leur tatouage, leurs cheveux virent au blanc, leur peau au livide, leurs yeux au gris. C’est à ce moment qu’ils perdent toute volonté et tout libre-arbitre. Ils deviennent des machines incapables de penser par elles-mêmes.
« Les chefs sont donc les rares à pouvoir réfléchir. Au départ, un seul élément m’intriguait : d’où venaient cette forêt et cette citadelle nichées au cœur des Terres Mortes ? Nos ancêtres l’avaient-ils créée eux-mêmes, ou découverte et utilisée ? Aucune explication n’existe à ce sujet. J’ai donc supposé que les premiers Migrodis voulaient cacher des choses aux générations suivantes. Après avoir cédé ma place à Nolkar, j’ai longuement médité sur notre mission, pour parvenir à la même conclusion que vous : s’il renaît, Arkos détruira le monde sans laisser de survivants. Pire : les fondateurs de cette communauté nous ont probablement manipulés pour que nous ayons l’impression, des millénaires plus tard, d’agir pour la bonne cause. Je rejoins votre avis, Altesse. Nous sommes dans l’erreur.
Alexandre croyait à peine à sa chance. Un Migrodi, un fanatique cherchant à détruire le monde entier, lui avouait que sa secte s’était trompée ! Il n’était plus seul, désormais. Il avait peut-être un allié dans les rangs de l’ennemi ! Maîtrisant son excitation, le Prince envisagea rapidement les implications de tels aveux.
- Vous voulez que j’intervienne, conclut-il.
Livanius hocha la tête.
- Ca me fait de la peine de dire ça, mais… notre ordre est bâti sur un terrible objectif. Il faut à tout prix arrêter cette mission. J’ai depuis longtemps compris que pour empêcher la résurrection d’Arkos, il était nécessaire d’anéantir les Migrodis jusqu’au dernier.
Sa voix se brisa, une larme roula sur sa joue. Alexandre attendit patiemment qu’il reprenne la parole.
- Dix mille ans de labeur, de secret et d’ingéniosité. Voilà ce que je veux abattre. Vous comprendrez, Altesse, que fut une décision très difficile à prendre. Il est vrai que cette société ne me plaît pas. Aucune émotion, aucune joie, rien. Croyez-vous que nos enfants naissent de l’amour d’un couple ? Balivernes ! Ici, la procréation est purement fonctionnelle. La mentalité de notre communauté me révolte, donc. Mais tout de même… Détruire cent siècles d’efforts, c’est une tâche écrasante.
- Et vous ne pouvez en parler à personne, réalisa Alexandre. Vous avez donc besoin de mon aide.
Le Prince s’exprimait d’une voix posée, mes ses entrailles bouillonnaient. Si désespérée que fût sa situation, il tenait un moyen de la renverser ! Triomphalement !
- Cela dit, poursuivit-il, mes hommes ne suffiront pas à éliminer autant d’adversaires. Je suppose que vous avez un plan ?
Livanius opina tristement.
- Une fois que je vous en aurai parlé, il sera trop tard pour reculer. Laissez-moi un instant pour me recueillir.
Il ferma les yeux, ses lèvres s’agitèrent en une prière muette. Alexandre patienta, s’efforçant de contrôler les battements effrénés de son cœur.
Une liane se balança, un oiseau chanta dans les arbres. Livanius rouvrit les yeux.
- Très bien. Avant toute chose, cachez que vos appartements sont surveillés. Ne parlez pas de cette conversation à vos compagnons, sinon nous sommes perdus.
- D’accord. Et le plan ?
Livanius prit une grande inspiration, son visage ridé retrouvant quelques forces.
- Il y a toujours eu parmi nous des éléments incontrôlables, ou simplement indésirables, sur qui l’intronisation ne produisait pas tous les effets escomptés. A l’exception de l’un d’eux, Arcenus, qui s’est libéré et dont vous avez retrouvé la trace, ils sont tous morts. Morts, parce que le chef de l’ordre a la possibilité de tuer n’importe lequel d’entre nous.
« Dans la colonne centrale se trouve une salle de contrôle, installée par les fondateurs. Elle était mienne autrefois, mais désormais elle appartient à Nolkar et à Elena. Nul autre n’y a accès. La vie de chacun des Migrodis intronisés est contrôlée par cette pièce. Nolkar peut supprimer l’un des nôtres par sa seule volonté.
« J’ai été le chef de l’ordre, j’en suis donc capable aussi. Voilà ce que je vous propose : vous allez m’aider à m’introduire dans la salle de contrôle. De là, je… je… (Sa voix hésitante reprit soudain une fermeté inébranlable.) J’anéantirai tous les Migrodis. Je ne vous demanderai qu’une seule chose : laissez vivre les enfants.
Il avait terminé abruptement. Alexandre réfléchit à ce plan, pesa les risques.
- Pourquoi avez-vous besoin de mon aide pour accéder à la salle ? Et comment comptez-vous faire ?
- Je vous en reparlerai plus tard, promit Livanius. Je veux savoir si vous êtes prêt à tenter l’aventure. Pour le salut du monde.
Alexandre, brûlant d’une formidable énergie, tendit une main au vieil homme.
- C’est entendu. Une telle occasion ne se refuse pas. Ensemble, nous exterminerons la menace des Migrodis.
Livanius, les larmes aux yeux, se leva pour lui serrer la main.
- Merci, Altesse.

KaiM
KaiM
Niveau 11
17 juin 2006 à 12:43:47

Chapitre 45 : Complications

Emmanuel et Varlian se faisaient face.
Leurs yeux ne reflétaient qu’une intense concentration sur l’affrontement qui se jouait. Leurs visages, durs et crispés, ne trahissaient pas la moindre panique. Mais ouvertes, phalanges raidies, ils semblaient attendre un grand bouleversement. Varlian esquissa un geste, se ravisa. Emmanuel resta impassible, le regard rivé sur ses armes.
C’est alors qu’Axtros décida d’intervenir.
- Cavalier en C2, Varlian. Et tu lui fais échec et mat.
Le Garde parut surpris. Il observa le plateau de bois pendant quelques secondes, et son visage s’éclaira.
- Bon sang, mais c’est bien sûr !
Il souleva une figurine de bois noir représentant une tête de cheval et la déplaça d’un geste sûr. Puis, dans le même mouvement, il renversa la pièce blanche couronnée d’une croix.
- Echec et mat, c’est vrai. Une autre partie ?
Emmanuel poussa un long soupir.
- Onze à quinze. Si j’en gagne cinq d’affilée, je reprends l’avantage. Allons-y.
- Statistiquement, tu n’y parviendras pas, affirma Axtros.
- J’ai le droit d’essayer, quand même ! protesta le lieutenant.
Karen, assise un peu plus loin, reposa sur la table de chêne une petite cuillère qu’elle avait examinée durant vingt bonnes minutes.
- Bravo pour cette victoire, Varlian. Mais vous n’avez pas l’impression qu’on s’ennuie un peu ?
Les douze hommes installés autour de la grande table levèrent les yeux de leurs échiquiers.
- Hé ! fit l’un d’eux. C’est déjà bien qu’on ait trouvé de quoi s’occuper !
Karen se rejeta tristement contre le dossier de sa chaise.
- Oui, d’accord, mais…
Emmanuel comprenait son sentiment. En tant qu’Elfe, Karen détestait l’idée de rester enfermée. Lui, ça ne le gênait pas. Il préférait patienter dans cette prison dorée – enfin, blanche – plutôt que d’aller se faire massacrer par les Migrodis. De toute façon, l’affrontement était inévitable. Alors autant prolonger au maximum la fin de son existence.
Quoique… A la réflexion, attendre tranquillement l’heure de son trépas en jouant aux échecs avait quelque chose de déprimant. Emmanuel finit son cocktail de fruits, reposa son verre sur la table puis s’excusa auprès de son adversaire et se leva pour aller contempler la forêt.
Au même moment, Evan déboucha dans la pièce et aperçut Varlian, seul face à son échiquier.
- Une partie ? proposa le garçon.
Le soldat eut un sourire et l’invita à prendre place à la table. Evan s’installa, un peu intimidé. Même s’il avait perdu son épée au cours de la dernière bataille et laissé son armure dans sa chambre, Varlian restait un homme impressionnant.
- Tu connais les règles ?
Evan s’apprêtait à répliquer à ce qu’il considérait comme une outrageante provocation quand la grille du couloir se souleva sans un bruit. Poussé par une troupe de Migrodis, Alexandre pénétra dans la pièce ovale.
Avisant les échiquiers, il eut un petit sourire.
- Où avez-vous déniché ça ?
Les gardes se retirèrent, la herse se rabattit, et Karen répondit :
- Dans un placard. Dix jeux d’échecs empilés dans une boîte. Mais il manquait quelques pions.
- Je vois… Axtros, une partie ?
- Avec plaisir. Mais d’abord, si vous nous racontiez ce que vous avez appris ?
Alexandre fit semblant de prendre soudain conscience des regards braqués sur lui. Il s’assit dans un fauteuil, saisit un verre d’eau sur un plateau en argent et relata son entretien avec Livanius.
Il confia à ses compagnons tout ce qui concernait Arkos, mais ne leur souffla évidemment pas un mot des manigances du vieux Migrodi.
Un silence méditatif succéda à son récit. Chacun songea aux conséquences que pourrait avoir le retour du Tigre Noir.
- Ca fait peur, conclut Evan.
- Je sais, répondit le Prince. Après ce constat sidérant s’originalité, quelqu’un a-t-il autre chose à dire ?
- Et les armes runiques ? lança Karen.
La question fit l’effet d’une douche froide sur Alexandre. Il réalisa qu’il avait complètement oublié d’aborder ce sujet avec Livanius.
Il trouva cependant un moyen de se tirer de ce mauvais pas.
- Nous sommes espionnés, Karen. Les Migrodis écoutent nos conversations.
Il se tut, et l’Elfe n’insista pas.
Un long silence s’établit.
- Quelqu’un approche, annonça Axtros.
En effet, des pas ne tardèrent pas à retentir dans le couloir. Les hommes regardèrent la herse s’ouvrir avec une certaine lassitude. Suivie d’une vingtaine de Migrodis, Elena apparut dans la pièce. Ses immenses yeux bleus parcoururent la tablée avec une froideur inquiétante.
- Vous voulez nous dire quelque chose ? s’enquit Alexandre.
- Nolkar a prit sa décision quant à votre sort, répondit-elle. Dans deux jours, vous serez intronisés. Vous allez devenir des Migrodis.
- Quoi ?!
Karen s’était levée d’un bond. Les deux femmes s’affrontèrent un instant du regard, et Evan se demanda laquelle dégageait le plus de force.
- Il en sera ainsi, martela Elena. Une fois que vous ferez partie de notre communauté, vous ne poserez plus de difficultés. Nolkar aurait dû choisir cette solution dès le début, mais il a hésité à intégrer des étrangers dans nos rangs.
Le visage harmonieux de Karen se tordit en une grimace presque ironique.
- Je ne pourrai jamais supporter d’avoir des cheveux aussi hideux !
Elena ne répondit pas. Ses yeux se fichèrent au plus profond de ceux de Karen, et elle articula un mot. Aussitôt, la jeune Elfe se plia en deux avec un effroyable hurlement de souffrance. Elle s’écroula sur le sol, d’atroces convulsions l’agitèrent, ses yeux se révulsèrent et son visage ne fut plus qu’un masque de torture. Elena contemplait sa victime, se délectant de cette torture. Nul n’osait intervenir. Alexandre, lui, demeurait impassible.
Karen se tordait à terre. Ses cris déchirants retentirent une bonne minute avant qu’Elena ne s’en lasse. Ses yeux bleus étincelants redevinrent normaux, et Karen cessa de hurler. Elle se redressa sur les mains, tremblante et haletante.
- Ne me provoque plus jamais, cracha Elena.
Elle se détourna et fit mine de quitter la salle. Avant de partir, elle lança un étrange regard à Alexandre.
- Il va vous falloir choisir votre camp, Altesse.
La herse se referma dans son dos.
Un brouhaha impressionnant emplit instantanément la pièce. Comme libérés d’une horrible tension, les Chevaliers Blancs échangeaient des commentaires sur ce qui venait de se dérouler devant eux. Evan s’approcher de Karen pour la réconforter. Elle le repoussa.
- Laisse-moi tranquille ! lança-t-elle sèchement.
Le garçon s’éloigna prudemment.
Les soldats parlaient de l’intronisation, envisageaient des moyens de s’échapper, se divisaient entre ceux qui voulaient combattre et ceux qui préféraient se soumettre.
Alexandre, lui, jeta un coup d’œil à Axtros qui lui répondit d’un hochement de tête. Ils étaient d’accord.
La dernière phrase d’Elena collait mal avec le reste de son discours. Elle avait voulu sous-entendre quelque chose.
Quelque chose d’intéressant et d’inquiétant.

:)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
17 juin 2006 à 13:48:45

La suiteeeeeeeeeeeeeeeeeee! Deux chapitres c´est pas assez, surtout au vu du temps qu´on a attendu! :nah:

:o))

hipop_danseuse
hipop_danseuse
Niveau 10
17 juin 2006 à 16:50:48

voili voilou, j´ai tout lu.

Tout d´abord, je tiens à m´excuser pour mon précédent message. J´ai pus paraître légèrement agressive.

Voilà. Je n´ai pas beaucoup de choses à dire, le niveau du scénario remonte complétement, c´est fantastique. ´fin voilà quoi, que dire d´autre pour rallonger ce mess?

Le dessin d´ostramus est vraiment bien :)

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
18 juin 2006 à 01:38:25

C´est un peu facile la manière apparante dont ils prévoient de se débarasser des Migrodis même si on se doute qu´il y aura beaucoup d´embuches.

C´est pas pour dire mais le coup du "on-peut-tuer-qui-on-veut-à-distance", c´est de la même sauce que le déus ex machina de Molloch qui peut sauver qui il veut ou l´invulnéravincibilié de Namâric qui tape sérieusement sur le système. Alors, soit c´est une faiblesse d´auteur car tu n´as pas su trouver une solution plus originale, soit Livanius est un agent double.

En tout cas, c´est étonnant de voir qu´une société tant préparée et cloisonnée depuis 10 000 ans puisse pondre un type comme lui, contre les idéaux, et de surcroit au moment de l´éxécution des plans des Migrodis. C´est louche, en plus du fait que ce type a pu être le maître basolu sans que personne ne se doute de rien.

Axtros n´a aucune émotion pourtant :
- Je vois… Axtros, une partie ?
- Avec plaisir. Mais d’abord, si vous nous racontiez ce que vous avez appris ?
Donc c´est légèrement incohérent.

Pour la fin, soit Elena est de mêche avec Livanius, soit non mais elle est au courant du complot.

Des chapitres intéréssants, mais une baisse de la qualité scénaristique. Tu aurais dû nous placer depuis longtemps des chapitres avec Namâric car aussi solide soit-il, il doit quand même bien en baver dans les Terres Mortes et puis on ne sait pas du tout où il se situe même si tu en fais mention avec les gars qui surveillent, d´ailleurs on se demande comment ils font sachant que la magie est impossible.
A ce propos ! Elena dit que si l´on se concentre, on peut faire utiser certains pouvoirs, mais alors pourquoi le prince n´utilise pas ces bracelets sachant qu´ils renferment tout de même une puissance phénoménale et qu´apparavant il avait réussi avec à briser le sort d´Onorius (celui de stupéfaction dans la grotte de Dumrist, lui même un Migrodi) ?! Ensuite, bien que la pseudotraitrise de Livanius est intéréssante, ça ne satisfait pas. On n´apprend rien d´intéréssant sur la cité, Arkos, les Migrodis.

Bref, tout pleins de choses qui s´accumulent en faisant de ce tome un récit moyen par rapport aux autres et qui semble de plus en finir ni de trouver des solutions éfficaces. Cela n´enlève rien au fait que c´est toujours bien écrit mais hélas, c´est un peu décevant et on est bien loin de la richesse et de la magnifiscence du scénario et des rebondissement de la Cathédrale de Kridath. Dans tes tomes précédents, les rebondissements étaient tout de même de taille comme le fait que le prince est empoisonné le roi et qu´il n´est pas sont fils. Car là, ça se suit, sans surprise, avec un mystère à demi haletant et des fins de chapitres qui se veulent accrocheuses mais qui à force tendent à être anecdotiques.

chaoz
chaoz
Niveau 10
18 juin 2006 à 14:54:05

il y a un truc que je n´ai pas trop compris, va falloir m´expliquer lol :p)

"- Nous pouvons sentir les êtres vivants qui arpentent le désert, expliqua Livanius, mais pas déterminer leur nombre. En outre, cette perception est perturbée dans les montagnes, qui abritent beaucoup trop de vie. C’est pourquoi vous devez absolument nous dire où se trouvent vos autres soldats. "

"Je sens deux hommes, expliqua Arne. Deux hommes au sud-ouest, qui viennent droit vers nous.
- Pas si inquiétant que ça, lâcha Nolkar, soulagé.
Un autre mage intervint.
- Arne a raison. Il y a de quoi s’étonner. Je ressens aussi la présence de ses hommes. Et ils vont trop vite pour être à pied.
- Hein ?
- Trois petits esprits les accompagnent. Deux sont de très faibles conscience, la troisième est si irritante qu’elle en devient presque douloureuse. Ces hommes sont à cheval.
Nolkar inspira à fond en essayant de se rassurer. "

c´est pas un peu contradictoire ? :)

lupeleloup
lupeleloup
Niveau 6
18 juin 2006 à 22:53:07

j´au les trois tomes anterieurs et fini avec ce que tu as posté jusqu´ici. C´est un travail magnifique! Il y a bien sûr quelques petits details à peaufiner, des erreurs banales qui s´ameliorent lors d´une relecture et correction mais de toutes facons j´avoue être admirée par ton travail! Continue ainsi et surtout ne nous prive pas pour longtemps de longues suites! Au fait...ca a bien marché au Bac?J´espère que tu auras reussi à avoir la mention excellent, si tu es aussi bon étudiant qu´écrivain ca ne m´étonnerait pas du tout! :up:

chris12
chris12
Niveau 9
18 juin 2006 à 22:59:01

"Avant toute chose, cachez que vos appartements sont surveillés" Sachez que vos ...

"Après ce constat sidérant s’originalité," D´originalité

Le niveau remonte, ca redevient interressant. Envoie la sauce !

KaiM
KaiM
Niveau 11
19 juin 2006 à 09:08:24

Je l´avais déjà dit, j´avais moins d´idées pour ce tome et, surtout, plus beaucoup de cartouches à brûler concernant Arkos, Molloch and Co. Donc, après une longue et dernière bataille, je placerai quand même une série d´explications mais, c´est vrai, je sèche un peu. Je réalise que, dans ce tome, j´ai brodé avec ce que je n´avais pas eu le temps de placer dans le Siège.

A part ça :

- Pour Axtros, c´est corrigé.
- Pour Livanius, c´est vrai que c´est bizarre, mais il en fallait bien un qui s´aperçoive que les Migrodis se trompaient.
- Pour Elena, tu verras.
- Les mages suivent Namâric parce que, dans la citadelle, on peut utiliser la magie. Alexandre, lui, est incapable de le faire car les Migrodis lui ont mis un collier de dantarium au cou. Peut-être n´ai-je pas assez insisté sur ce dernier point.
- Pour le fait qu´ils aient distingué les cinq esprits, c´est vrai que c´est contradictoire. J´ai corrigé en expliquant que ce n´est que si le groupe est important (plus de vingt personnes) qu´ils ne peuvent plus compter avec précision.
lupeleloup :d) Oui, j´ai plutôt réussi mon bac, je pense avoir une mention bien ou très bien. Et merci d´avoir lu ces fics. Moi qui pensais que plus personne ne s´attaquerait à un tel pavé...

Bon, je crois que j´ai tout dit.

KaiM
KaiM
Niveau 11
19 juin 2006 à 09:17:17

Ah, et voilà la suite.

Chapitre 46 : Stratégies

La journée du lendemain fut tout sauf paisible et joyeuse.
Dix minutes après le petit-déjeuner, une bagarre éclata entre deux soldats. A l’origine, un désaccord sur la conduite à suivre. Varlian les sépara et rejoignit Alexandre qui avait réuni sa Garde noire. Ils échangèrent leurs avis sur la cérémonie de l’intronisation, pour conclure que la situation leur échappait complètement.
Les soldats qui n’avaient pas suivi l’intervention d’Elena avait été mis au courant, et une certaine anxiété s’était installée dans la troupe. L’idée de devenir l’un de ces hommes au teint blafard et aux yeux vides était toute simplement désespérante.
Karen ne se montrait plus. Sa défaite contre Elena l’avait poussée à s’enfermer dans sa chambre d’où elle n’était pas ressortie de la nuit. Evan, très inquiet, rongeait son frein.
Les Gardes noirs s’entraînèrent au combat mais sans vraiment de conviction. Alexandre et Axtros disputèrent une partie d’échecs qui finit par s’éterniser.
Deux heures après le lever du soleil, ils jouaient encore. Les Chevaliers Blancs se reposaient tandis qu’Okiel et Casta vérifiaient leurs armures. Varlian et Emmanuel, pour leur part, discutaient sur un balcon grillagé.
- A ton avis, fit le lieutenant, comment ça va se passer ?
Varlian eut un sourire sinistre.
- J’imagine un autel de pierre au milieu d’une immense salle noire. Ils t’attachent dessus et te rasent complètement. Puis une sorte de prêtre vient avec un couteau tracer les grandes lignes du tatouage. Ensuite, le chef des Migrodis fait un discours, prononce une incantation… Ses sbires t’ouvrent les veines et utilisent ton sang pour dessiner les détails du tatouage. Après quoi ils te soignent et bandent tes plaies. On t’impose de réciter une prière avant de continuer. Là, le prêtre du début demande à ses charmantes assistantes de danser nues autour de l’autel, c’est la dernière vision agréable de ta vie. Un mage tombe du plafond en se suspendant à un fil d’araignée, il te pose une énigme et, sans attendre, te donne une mauvaise réponse. C’est le rituel. Le mage serre la main de Nolkar, chasse les assistantes du prêtre et hurle à la mort. Ton sang pénètre dans ton torse, devient noir et forme le tatouage. La brûlure est telle que tu cries comme un possédé. Des feux d’artifice explosent dans tous les coins et une voix d’outre-tombe te lance : « Maintenant, tu m’appartiens ». Et voilà, tu es un Migrodi. Quand tes cheveux repousseront, ils seront blancs. Et tu as perdu toutes tes facultés intellectuelles.
- Et tu crois vraiment qu’il vont faire ça à quarante hommes d’affilée ?
- C’est vrai que j’ai peut-être un peu forcé sur les effets pyrotechniques. Mais dans l’ensemble, garde l’idée d’un rite barbare empreint de magie noire et de décadence.
- Réjouissant…
Les yeux d’Emmanuel se perdirent dans la forêt puis dans les creux des montagnes.
- Tu vois, je n’aurais jamais imaginé que je finirais ma vie comme ça… Mourir au combat, d’accord. Vivre vieux, me marier et avoir beaucoup d’enfants, passe encore. Mais devenir le serviteur d’une secte pareille…
- Je sais, soupira Varlian. Moi aussi, ça me désole. Mais je ne perdrai pas espoir avant la fin.
Emmanuel lui lança un regard étonné.
- Parce que tu as encore de l’espoir.
- Je ne vois pas d’issue, ce qui ne signifie pas qu’il n’y en ait aucune. Je ferai confiance au Prince Alexandre jusqu’à mon dernier souffle.
Emmanuel se força à sourire.
- Il est impressionnant, certes. Il m’a sauvé la vie, et je le respecte. Mais j’ai de sérieux doutes quant à ses capacités à renverser la situation.
Ils se turent, contemplant le magnifique paysage qui s’étendait sous leurs yeux.
- Tout se jouera demain, murmura Emmanuel.

Alexandre et Axtros s’acharnaient depuis trois heures sur leur malheureuse partie d’échecs lorsque Livanius, appuyé sur sa canne, pénétra dans la salle commune sous la protection d’une solide escorte.
- Nolkar m’a demandé de vous rencontrer une dernière fois avant votre intronisation, Altesse.
Le Prince se leva, abandonnant sans regret l’interminable duel. Au même moment, un soldat poussa un cri de rage et se jeta sur les Migrodis.
Ils réagirent comme s’ils s’étaient attendus depuis le début à une réaction de ce genre. L’acier étincela quand leurs lances se pointèrent vers le Chevalier. Celui-ci, au désespoir, ne ralentit pourtant pas.
- Alten, non ! hurla Alexandre.
Il s’élança à une vitesse prodigieuse, glissa sur les dalles comme sur de la glace, bondit à la dernière seconde.
Son pied gauche percuta Alten sous le menton tandis que le droit repoussait les pointes des lances. Le Prince s’accroupit en touchant le sol, et les armes se braquèrent sur lui. Sans s’occuper d’elles, il se tourna vers le soldat.
- Garde ton calme. Te battre maintenant ne servirait à rien.
Alexandre se releva en écartant de la main les lances qui le menaçaient. Ses yeux se posèrent sur Livanius, qui lui adressa un imperceptible sourire.
- Je vous suis, dit simplement le Prince.

- Très bien, dit Livanius, la situation tourne à notre avantage.
Alexandre considéra longuement son unique allié dans les rangs des Migrodis. Cette fois encore, ils s’étaient enfermés dans le bureau du vieil homme après avoir laissé les gardes à l’entrée. Leur conversation resterait secrète.
Considérant l’ampleur et les dangers de leur plan, ce n’était pas une mauvaise chose.
Alexandre avait encore un peu de mal à accepter la situation. Affaibli, emprisonné, en permanence affublé d’un collier de dantarium, il était sur le point de renverser le cours des événements grâce à l’aide d’un vieillard perclus de rhumatismes mais surtout de remords.
Le Prince doutait toujours de la fiabilité de cet allié. Livanius s’apprêtait à renverser une organisation dix fois millénaire à laquelle il avait voué toute son existence. Comment s’assurer qu’il ne flancherait pas au dernier moment ? Cette pensée rongeait Alexandre et l’empêchait de profiter pleinement de l’espoir qui était né en lui.
- Je vous laisse m’expliquer comment vous voyez les choses, répondit-il.
Une lueur de tristesse traversa les yeux de Livanius. Il poussa un long soupir, puis parla d’une voix posée où pointait toutefois un soupçon d’inquiétude.
- L’intronisation se déroule dans la Salle du Tigre, la seule pièce noire de toute la citadelle…
- Varlian avait donc raison…
- Quoi ?
Alexandre eut un petit geste de la main.
- Rien. Continuez.
Livanius n’insista pas.
- La Salle du Tigre, donc, est directement reliée à la salle de contrôle. Celle-ci dispose d’un système de protection qui a toujours existé, par tradition, sans jamais servir une seule fois. Trente gardes surveillent l’unique porte, défendue en outre par de nombreux verrous. Vous serez le premier à être intronisé ; vos hommes attendront derrière. C’est moi qui suis censé conduire le rituel. Je vous libèrerai et vous rendrai votre glaive. Les armes de vos compagnons seront cachées à portée de main. Si nous agissons rapidement, vous pourrez supprimer les gardes. Après quoi je débloquerai les verrous de la porte et… abattrai les Migrodis.
Sa voix avait faibli. Alexandre lui lança un sourire encourageant, puis enchaîna :
- Vous êtes sûr que vous arriverez à ouvrir la porte ?
- Certain. Cette porte, comme vous le verrez, est une énorme masse de métal, absolument indestructible. Mais Nolkar n’en a pas changé les codes d’accès depuis mon départ. Si seulement j’avais su profiter de mon règne pour mener ma mission à bien…
Encore des regrets. Alexandre sentit l’agacement pointer.
- Allons, ne vous lamentez pas ! Vous allez pouvoir réparer cette erreur. Une remarque cependant : qu’entendez-vous par « codes d’accès » ?
Livanius lui jeta un regard amusé.
- Cette citadelle date de l’ancien monde, ne l’oubliez pas. Pour ouvrir la porte, il faut composer plusieurs codes au moyen d’un ensemble de touches fixées dans un panneau. J’anticipe votre prochaine question : et si je mourais dans la confusion de notre intervention ?
- Oui, c’est vrai. Que ferions-nous ?
- Vous auriez du mal à comprendre comment exterminer les Migrodis. Toutefois, je peux toujours vous donner les codes. Au moins entrerez-vous dans la salle de contrôle. Ce sont des séries de chiffres et de caractères : 1423, A, 9527, AB, 35674, CA, 468219735, CAC 40, 36489, BAC 2006. Je répète ?
- Pas la peine, j’ai retenu.
Livanius afficha un air impressionné.
- Remarquable mémoire.
Puis il se tut. Alexandre comprit qu’il pensait à nouveau au terrible crime qu’il s’apprêtait à commettre.
- Il reste quand même un énorme risque.
- Oui ? fit le Prince.
- L’intronisation se déroule devant toute la communauté. Nous devrons agir en présence des Migrodis au grand complet, soit deux mille individus. Je m’arrangerai pour créer une petite diversion, mais nous devrons vraiment miser sur l’effet de surprise et une action rapide. Moins d’une minute.
Alexandre pesa longuement cette nouvelle donnée. D’après les informations dont il disposait, il s’estimait capable d’ouvrir la porte en trente secondes. Ca lui laissait une marge de manœuvre.
- Très bien. Demain sera un grand jour.
Le silence retomba, pesant, étouffant. Alexandre trouva l’occasion d’aborder le sujet qui le préoccupait.
- Nous n’avons pas parlé des armes runiques.
L’ombre de la peur passa sur le visage de Livanius.
- J’espérais que vous oublieriez cette question. Mieux vaut d’ailleurs ne pas en discuter.
Ce qui ne fit qu’attiser la curiosité du Prince.
- C’est vraiment important. Dites-moi de quoi il s’agit.
Comme à son habitude, Livanius soupira.
- J’en sais très peu, lâcha-t-il. Le rapport d’Onorius nous a poussé à mener une enquête sur ces objets. Si pour l’instant nous n’en avons pas découverts d’autres, il semble que le sabre et le bouclier que vous avez trouvés à Kridath fassent partie d’un puzzle.
- Un puzzle ?
- La combinaison de ces deux armes indiquaient l’emplacement de l’œil de Kashnir, n’est-ce pas ? Il est probable qu’il existe d’autres armes dans ce genre, qui toutes ensembles permettraient de rassembler les yeux. Celui qui les posséderait gagnerait un temps précieux.
Alexandre était parvenu à la même conclusion des mois auparavant. Et visiblement, les Migrodis n’avaient rien à lui apprendre. Dommage… Il songea néanmoins que pour empêcher le retour d’Arkos, il faudrait non seulement anéantir les Migrodis mais aussi retrouver et isoler les armes runiques.
Alexandre se leva.
- Eh bien, dans ce cas, je vais rejoindre mes hommes.
- Je ne vous raccompagne pas, les gardes s’en chargeront. Marcher me fait souffrir…
Le Prince s’inclina poliment et quitta la pièce. Les gardes l’attendaient à l’extérieur. Sans un mot, ils l’encadrèrent et se dirigèrent vers la prison de ses compagnons.

KaiM
KaiM
Niveau 11
19 juin 2006 à 09:18:00

Chapitre 47 : Le calme avant la tempête

Le soleil se couchait quand Karen sortit enfin de sa chambre.
La journée s’était écoulée entre les disputes et les ultimes parties d’échecs. Alexandre était rentré hagard de son entretien avec Livanius, et avait mis quelques minutes à rassembler ses esprits. Emmanuel et une dizaine de Chevaliers s’étaient entraînés à la lutte à mains nues tandis que les autres hommes veillaient sur les blessés encore mal rétablis. Les Gardes noirs avaient longuement parlé avec leur capitaine et leur maître, puis Alexandre et Axtros s’étaient lancés dans un dernier cours de mathématiques portant sur les congruences et les exponentielles de base a. Varlian, lui, s’était découvert une véritable passion pour la divination, notamment la lecture des lignes de la main ou des entrailles des pastèques. Evan avait passé la journée à ce morfondre jusqu’à la réapparition de Karen.
Il sentit son cœur accélérer quand la serrure de sa chambre cliqueta pour laisser pivoter la porte de bois blanc. Alors que le coucher du soleil embrasait l’horizon, la jeune Elfe apparut.
Elle paraissait en pleine forme. Rayonnante, pleine de vie, elle semblait avoir fait une croix sur sa défaite face à Elena. D’un gracieux mouvement de tête, elle rejeta ses cheveux en arrière, les faisant miroiter comme de l’or dans les lumières du crépuscule. Jamais elle n’avait été aussi belle.
Evan pensait qu’elle allait venir lui parler, mais elle se dirigea aussitôt vers la table de la grande salle, où Alexandre et Axtros débattaient au sujet d’une suite de points définie par une similitude indirecte.
- Des nouvelles ? demanda-t-elle.
Alexandre ne sembla pas surpris de son retour.
- Tout s’achève demain, répondit-il d’un ton étrange.
Evan trouva la phrase sinistre, et sa gorge se serra. Karen, elle, eut un sourire carnassier, et une flamme farouche s’alluma dans ses yeux verts. Evan comprit qu’un sous-entendu lui avait échappé ; Alexandre devait préparer quelque chose.
Axtros avait dû le remarquer lui aussi, car il pianota des six doigts de sa main gauche. Un signe de connivence, à n’en point douter.
Varlian déchiffrait les lignes sur la paume d’Emmanuel et lui prédisait un terrible destin. Karen arracha au Prince quelques petits détails sur la journée, puis remarqua Evan près de la fenêtre et s’approcha de lui.
Encore vexé qu’elle ne lui ait pas adressé plus tôt la parole, il sentit pourtant fondre toute sa frustration devant les yeux en amande de la jeune Elfe. Sans un mot, il s’accoudèrent au rebord de la fenêtre et contemplèrent le crépuscule à travers les barreaux.
Le soleil avait presque disparu derrière les montagnes. Ne restait d’une gerbe de feu pourpre qui scintillait au-dessus des pics dentelés. La forêt s’endormait, les chants des oiseaux s’éteignant peu à peu tandis que les animaux regagnaient leurs terriers. Un faible vent bruissait dans les feuilles et soulevait les branchages. Tout était calme, paisible.
Epaule contre épaule, Evan et Karen contemplèrent longtemps le spectacle. Le garçon n’avait toujours pas pu se résigner à accepter son sort. Il en voulait à Alexandre de l’avoir entraîné dans un tel piège. Jusque-là, il avait farouchement refusé l’idée de devenir un Migrodi, d’être écrasé par un adversaire qu’il n’avait rencontré que par un terrible malheur.
Pourtant, alors qu’il admirait les ultimes lueurs de ce jour, à côté de la plus belle femme qu’il ait jamais aimée, une étrange pensée lui vint.
Si son parcours d’homme libre devait s’achever sur ce souvenir, ce serait suffisant. La vie ne pouvait rien lui offrir de mieux.

La soirée se déroula dans une ambiance mouvementée. Les hommes burent et mangèrent tout leur soûl, profitant de leur dernier festin. Les parties de dés se succédèrent, puis chacun raconta son histoire, narra des anecdotes amusantes, revint sur ses meilleurs souvenirs.
L’humeur était à la fête. Malgré l’absence de vin, les hommes paraissaient ivres. Ils débouchèrent par dizaines les bouteilles de jus de fruit, rirent grassement aux plaisanteries les plus douteuses, tournèrent de vieux événements en dérision. On dériva vers de la philosophie de comptoir avant de revenir sur les petits fours. La soirée s’acheva par des chansons à boire suivies de mélodies plus douces et apaisantes. Tous s’amusaient. On prétendit même qu’Alexandre avait souri.
Vers deux heures du matin, les hommes allèrent se coucher. Emmanuel s’effondra sur son lit et s’endormit aussitôt avec force ronflements. Karen et Evan disparurent aux yeux de tous. Varlian s’assit en tailleur et médita sur le conscient et l’inconscient. Axtros étendit sur la table les innombrables phalanges de ses doigts aussi puissants qu’agiles, et se plongea dans des réflexions connues de lui seul.
Debout sur le balcon, Alexandre restait tourné vers les étoiles. Il ne s’était jamais lassé de ces instants de contemplation. Il connaissait par cœur les trente-deux constellations célestes, depuis le Sorcier jusqu’à la Colombe. Sa préférée restait celle du Dragon. Elle scintillait cette nuit-là au voisinage de la lune, invisible pour des yeux ordinaires mais pas pour ceux du Prince. Il adorait regarder ces douze étoiles, dans lesquelles il reconnaissait sans peine la silhouette élancée d’une créature millénaire. Le Dragon lui avait toujours été familier. Quand il l’observait, il sentait descendre sur lui une paix mêlée de force à laquelle il avait toujours aspirée.
Ses pensées vagabondèrent de souvenirs en souvenirs jusqu’à tomber sur ses plans pour le lendemain. Il se demandait encore pourquoi il sentait comme un trou dans sa mémoire entre le moment où il avait quitté Livanius et son retour dans la salle ; mais à vrai dire, cela lui importait peu. Si tout se passait bien, il aurait vaincu les Migrodis dans les douze prochaines heures. Cette tâche par elle-même était immense et dangereuse, mais en rien comparable avec ce qui s’ensuivrait.
Il allait affronter Molloch. Si le Maître du Destin n’avait pas menti, il viendrait à sa rencontre dès la mort des Migrodis. Alexandre sentit le poids de cette confrontation peser sur ses épaules. Molloch était un dieu, et lui un simple humain. Il ne savait absolument pas ce qui pourrait se produire. Mais il combattrait. Coûte que coûte. Pour sa vengeance.
L’image d’Alice flotta dans son esprits, suivie de celle du trône de Dümrist, et enfin du royaume qu’il aurait voulu créer. A cause de Molloch, il avait tout perdu. A présent, il ne vivait que pour assouvir sa soif de revanche.
La colère était montée en lui. Il dirigea ses yeux vers la constellation du Dragon, et se calma aussitôt. Une froide détermination l’envahit.
Toute son existence allait se jouer dans les prochaines heures.
Et il était bien décidé à gagner.

Quelques heures avant l’aube, Nolkar se rendit dans la salle des sondeurs, partagé entre le soulagement et l’anxiété. Le soulagement parce que l’intronisation des prisonniers approchait, et que ce problème serait réglé dans quelques heures. L’anxiété parce que l’affaire des deux cavaliers dans les Terres Mortes le préoccupait encore.
- Alors ? lança-t-il à ses mages en guise de salutation.
Les vingt Migrodis se tournèrent vers lui. Jilsah prit la parole.
- Ce sont deux hommes, à cheval, accompagnés d’un petit oiseau. L’un d’eux est assez âgé, mais encore énergique. L’autre dégage une aura particulièrement effrayante. Quelque chose de mortellement dangereux.
- Et où sont-ils ?
Les mages se consultèrent du regard, puis Arne enchaîna :
- Nous les avons perdus. Ils ont pénétré dans les montagnes.
Nolkar laissa échapper un juron blasphématoire. Donner libre cours à sa colère lui permettait au moins de ne pas montrer sa peur.
- Très bien ! gronda-t-il. Inutile de vous occuper d’eux, maintenant. Je vais intensifier les patrouilles dans les montagnes, et tant pis pour la tradition ! Il y aura des absents à la cérémonie d’aujourd’hui.
Il jeta un regard furieux à ses sondeurs.
- Vous, préparez-vous ! Nous avons une intronisation à conduire !
Nolkar se détourna et partit à grands pas vers sa salle de contrôle, s’efforçant de faire transparaître un maximum d’aplomb dans sa démarche martiale.
Même si, en réalité, la peur lui glaçait le dos.

Alexandre avait trouvé une fenêtre à l’est pour contempler le lever du soleil.
Un peu avant l’aube, la teinte noire du ciel vira à un bleu foncé qui s’éclaircissait lentement. Quelques oiseaux s’éveillèrent, des chants montèrent de l’épais feuillage des arbres centenaires. De minces lueurs pointèrent à l’horizon, et l’éclat de la lune pâlit devant celui, naissant, de l’astre du jour. Le murmure des rivières se glissa jusqu’au balcon, se mêlant dans l’oreille du Prince au bruit du vent dans les tours. Quelque part dans la forêt, un cheval sauvage hennit.
Un dégradé de couleurs s’établit dans le ciel, partant d’un rouge orangé au niveau de l’horizon pour se muer en jaune puis en vert avant de rejoindre le sombre bleu de la voûte étoilée. Les étoiles, justement, semblaient s’éteindre les unes après les autres. Une odeur de bois s’éleva jusqu’au balcon d’Alexandre tandis que, derrière les montagnes, le disque flamboyant du soleil apparaissait.
Sa lumière perça une fine couche de nuages, leur donnant une teinte rosée, avant que le vent les disperse. Alors seulement, l’astre laissa exploser toute sa puissance. Les dernières étoiles disparurent avec la lune tandis que les rayons de chaleur et de lumière gommaient chaque ombre de la forêt. Alexandre ne plissa même pas les yeux.
Un soleil radieux venait de se lever dans un ciel sans nuages, globe de feu dans une mer d’azur.
Une lumière éclatante se déversait sur un jour qui s’annonçait magnifique.
Et où se déciderait la destinée du Prince Noir.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
19 juin 2006 à 11:30:53

Excellents ces deux chap´s. :-) On approche de la fin, vivement la suite alors qu´on connaisse le fin mot de c´t´histoire et...vivement dans deux ans. :p)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
19 juin 2006 à 12:21:23

Ah et puis au passage une petite incohérence :
L´alphabet de l´ancien monde et celui du monde d´Alexandre sont nécessairement différents. Ne serait-ce qu´avec la distance d´ailleurs, il est fort peu probable que Dümra ait le même alphabet que Keldras par exemple, mais ça à la limite on peut dire qu´un des alphabets a été "internationalisé" (comme le latin et l´anglais sur Terre). Par contre, il est totalement impossible que les gens aient gardé l´alphabet de l´ancien monde, qui a été complètement rasé. Que les Migrodis s´en souviennent O.K., mais quand Livanius lui dit les lettres, ce n´est pas possible, Alexandre ne peut PAS connaître l´alphabet de l´ancien monde, et comme tout a été rasé par Arkos inutile de dire qu´il l´a appris tout seul par des bouquins. On pourrait même aller plus loin en disant que le fait qu´ils utilisent toujours les mêmes chiffres est hautement improbable, c´est un peu comme si on parlait toujours avec des hiéroglyphes en Egypte par exemple : impensable, le monde a évolué.

V´là, c´tout c´que j´avais à dire j´crois. :-)

KaiM
KaiM
Niveau 11
19 juin 2006 à 12:46:46

Ben on a qu´à dire que les Migrodis ont changé les inscriptions sur les touches, pi voilà.

Mais en effet, ça cloche. Je ne suis pas un expert dans le domaine, et je n´ai pas fait attention à ce point.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
19 juin 2006 à 13:11:34

Merci pour tes précisions Kaim bien que tu ne répondes pas à tout, je verrai donc par la suite.

La remarque d´Azerty st pértinente mais je ne remuerais pas le couteau dans la plaie.

Cette est intéréssante, mais lassante.

Concernant Namâric, je me demande bien comment il va pouvoir pénêtrer dans l´encinte de la forêt. Il va peut être dérobe une clé sur un Migrodi mais j´ai tout de même des doutes car ils sont TRES forts.

Les pointes d´humour comme le code ou la description par Varlian de l´intronisation font plaisir et ça permet de contraster avec la tension qui règne.

A propos de tension, on la ressent mais pas assez. C´est comme avec le siège, la situation est épouvantable, pourtant la tristesse où l´angoisse ne se font pas trop sentir.
D´ailleurs, je veux bien croire qu´Alexandre est devenu implacable, zahrien ou darkvadorien dans sa tête mais il faut se dire qu´il à tout de même entre 14 et 15 ans, et à mon avis, il devrait ressentir une once de sentiment et douter un minimum quant à la marche à suivre du complot.

Bon, je voulais dire d´autres trucs mais j´ai oublié. :)

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