_ Vous allez tout de même pas me brûler pour ça ?
La foule s’avança encore, ne portant pas attention à sa question.
_ Putain... Bande d’enfoirés de communistes...
Elle tenta de s’échapper, mais des mains l’enchevêtrèrent, se refermant sur son corps, aussi implacable que les ronces s’enroulent autour de vous lorsque vous vous enfoncez trop profondément dans la forêt, aussi durement que la petite pince qui vous permet d’agripper des babioles à la fête foraine.
Son chemisier lui fut arraché, dévoilante son exquise et opulente poitrine, porteuse de savoureux plaisir. Un instant, la foule fut immobilisée. La contemplant. Contemplant ce souvenir. Ce qui désormais n’existe plus pour eux… Une poitrine...
Chaque individus de cette foutue planète étaient dépourvus d’organes reproducteurs, et leurs torses n’arboraient plus aucun mamelon, que ce soit chez les hommes ou les femmes. La peau était lisse, semblable à celle des extraterrestres asexués qui hantent les récits de sciences-fiction.
Un enfant s’avança et palpa son sein d’une manière timide au début. Puis l’assurance naquit en lui, et il coinça le téton entre son pouce et son index. Il tira doucement.
Un frisson de plaisir la parcouru, faisant évanouir cette peur qui lui avait tachée le pantalon. Alors que chaque parcelle de son corps commençait à se soulever sous l’émotion, l’image de son mari lui vint brusquement en tête.
Il s’était réveillé à six heures, et avait doucement fait jouer ses mains sur son corps. La veille, il avait baisé tellement fort, et elle avait éprouvé tellement de plaisir que cela ne l’étonnait plus que l’on nommait l’orgasme comme étant la petite mort. C’est d’ailleurs à ce stade que commence mon aventure. Moi, petit spermatozoïde faisant un raid dans la cavité vaginale, enfonçant les parois ouvertes pour m’enfoncer au plus profond avec une escouade tellement nombreuse que cela ressemble d’avantage à une épreuve cycliste qu’à une véritable descente. Ou alors une quête pour décrocher le St Graal...
Elle, elle avait glissé sa main entre les jambes de son mari, espérant trouver ce fier membre qui l’avait fait jouir durant une bonne partie de la nuit sans ramollir pour autant.
_ Il manque pas un truc là ?
Lui, il avait cessé de titiller le clitoris de sa compagne, et il la regardait avec une expression d’étonnement.
_ Quoi ?
Et il retira brusquement le drap. Et il cria. Et il s’évanouit. A cette même minute, des tas d’autres personnes se mirent à crier également. Des tas d’autres personnes se mirent à s’évanouir. Des tas d’autres personnes éteignirent leur réveil d’un crochet du droit et se rendormirent également.
Elle en vint à se poser des questions. Vous savez, le truc du style, « Qu’est ce qui s’est passé ? Pourquoi c’est arrivé à mon mari ? Pourquoi pas à moi ? » Blablabla... Un monologue intérieur dont on s’en fout complètement.
Le plus important étant le fait qu’elle soit sorti dehors. Pourquoi ? Et bien, pourquoi pas !
Un peu d’air ne peut pas faire de mal après ce qui vient de se passer.
Elle marcha. Encore, et encore.
Traversant les rues de son quartier.
Traversant les artères de sa ville.
Commençant à gambader sur les routes de son département.
Peu à peu, des gens sortirent à leur tour. Tous avec cette expression de désespoir absolu.
D’habitude, les hommes ne s’attardent pas trop à regarder les courbes de la femme, mais aujourd’hui, les regards étaient posés sur elle. Comme si elle venait d’un autre monde...
C’est ainsi qu’au fur et à mesure de ses pas, une foule compacte se composa et s’assembla autour d’elle. Elle sentait la jalousie, et leur hostilité était tellement puissante que sa vessie lâcha son jet d’urine, mouillant son pantalon, dégoulinant le long de sa jambe. Elle pria pour que son sphincter ne se relâche pas également. C’est beau de rêver.
Bien vite, alors que tous affluaient sur elle, certains munis de torches, elle n’avait plus aucun doute. Ils allaient commettre un autodafé de cette créature à la poitrine saillante et aux lèvres ouvertes...