« - Je te déteste.
- Parle plus fort, je ne t’entends pas.
- Je te déteste.
- Et bien alors, que t’arrive-t-il ? Tu n’arrives même plus à t’exprimer ?
- Je te déteste.
- Pourtant, quand il s’agit de pleurer, tu sais te faire entendre.
- Je te déteste.
- J’arrive même à distinguer des paroles dans tes sanglots, quand tu t’isoles pour pleurer, seul.
- Je te déteste !
- Tu crois vraiment qu’elle va revenir ? Elle est morte maintenant, et tout ça à cause de toi !
- JE TE DETESTE !! ! »
Je le regarde avec haine. J’ai envie de lui sauter à la gorge. De lui faire regretter ses paroles, de le faire souffrir, de le faire hurler. J’ai tellement envie de me venger. Tout est de sa faute.
« - Tu vois quand tu veux, tu arrives à te faire entendre. Pauvre homme.
- Tais-toi !
- Tu ne vas quand même pas te remettre à pleurer. Tu vas te vider de toute ton eau si tu continues ainsi. Tu ne fais que pleurer. Tu ne sais faire que ça.
- Je t’ai dit de te taire ! Assez…
- Tu vois, tu te remets à pleurer. Pas étonnant qu’elle soit morte à cause de toi, tu es tellement faible. Tellement méprisable.
- Tais-toi, s’il te plaît.
- Tu te mets à me supplier maintenant ? Tu n’es même pas digne de baiser mes pieds, idiot. »
Je veux le faire taire. J’en ai assez de l’entendre. J’éprouve tellement d’aversion à son égard. Il me répugne, il me rebute. Il ne devrait même pas exister. Même pas.
« - Pauvre bête, tu n’es qu’un moins que rien. Tu es la raclure de l’humanité.
- Par pitié, arrête…
- Supplie-moi autant que tu veux. Je te méprise, tu ne vaux rien.
- Si tu continues….
- Si je continue ? Finis ta phrase. Aies le cran t’assumer tes paroles, au moins.
- Si tu continues… tu vas voir…
- Je vais voir quoi ? Laisse-moi rire, tu n’auras jamais le courage de faire quoique ce soit contre moi. Tu ne le peux pas, tu es trop faible.
- Arrête je t’ai dit.
- C’est ça, pleure. Pleure encore. Tu n’es bon qu’à ça. Te lamenter. »
Il faut que ça cesse. Assez de me laisser faire. Assez de me laisser traîner dans la boue ainsi. Il n’est rien. Je suis tout. Il faut qu’il le comprenne. Il faut qu’il sache qu’il ne vaut rien. Si seulement il pouvait arrêter de parler.
« - Alors, tu comptes faire quoi maintenant ? T’as pas assez de force pour faire quoi que ce soit. Tu es trop faible.
- J’en ai assez.
- Assez de quoi ? Tu en as assez d’être stupide et frêle ? Tu seras ainsi pour toujours, tu ne seras jamais libre.
- Si, je serai libre.
- Et comment tu veux te libérer ? Tu ne peux pas te libérer. On est indissociables !
- Si je peux. Si je le peux… Je vais aller la rejoindre. »
Il se tapa violemment la tête contre la glace, se brisant le crâne. Du sang coula alors sur les débris de verre. Le reflet était brisé. Son autre lui évanoui. Ils ne formaient à nouveau plus qu’un. Unis dans la mort.