Lol, mici hobbitounet^^!
Comme promis, la suite^^.
Chapitre quatrième
Après quelques minutes en voitures durant lesquelles la radio n’a cessé de diffuser des chansons que j’adore – de « Californication » des Red Hot Chili Peppers à « I feel fine » des Beatles, en passant par « Come as you are » de Nirvana – j’arrive près de la plage. Mon regard est alors immédiatement attiré par l’immensité de l’océan et je reste plusieurs minutes dans la voiture après m’être garé à regarder, sans bouger, sans mot dire, les vagues qui déferlent, l’écume que celles-ci déposent sur les rochers, et comme je ne peux plus attendre, je descends de la voiture et me dirige rapidement vers la plage.
Je descends les escaliers qui mènent à l’immense étendue de sable et alors que je jette un coup d’œil derrière moi, ayant eu l’impression d’entendre mon prénom, je percute une jeune fille qui s’apprêtait à s’en aller. Il ne me faut pas plus d’une demie seconde pour me souvenir d’elle. Ses yeux profonds, ses lèvres charnues, ses traits dessinés me reviennent immédiatement à l’esprit : c’est Ailee Ward, ma cavalière pour le bal de fin d’année au lycée. Elle était l’une des filles les plus populaires du coin, et je me demande encore aujourd’hui pourquoi elle avait bien pu accepter de m’accompagner à cette soirée. Mais alors que je l’ai reconnue en une fraction de seconde, mon visage ne semble rien lui rappeler, et si elle me sourit pour me dire que tout va bien quand je m’excuse de lui être rentré dedans, c’est uniquement par politesse. Comme si je n’avais jamais existé pour elle. Comme si après cette soirée passé ensemble (mais pas terminée, puisqu’elle était partie en larmes en plein milieu du bal sans que je ne sache jamais pourquoi), elle m’avait à jamais effacé de son esprit.
Alors que je m’apprête à lui rappeler qui je suis, je sens le souffle chaud du vent caresser ma peau, et je n’ai alors plus aucune envie de savoir pourquoi elle m’avait planté là-bas. Parce que ça n’a plus aucune espèce d’importance.
Mes pieds nus touchent enfin le sable brûlant. Je fais quelques pas, marchant à tâtons, comme en terrain inconnu, alors que cette plage est la mienne, celle que j’ai parcouru avec mes amis étant jeune, celle où j’ai fait des dizaines de séances photos, celle où j’ai dit à Evelyn que je l’aimais.
Je m’arrête finalement, étend ma serviette et m’installe dessus. Je laisse mon regard se porter sur tout ce qui l’entoure : le soleil éblouissant, la mer déchaînée, les parasols bariolés, les gens qui se baignent,… Vagabondant sur ce paysage quasi idyllique, mes yeux se posent soudain sur un groupe de jeunes femmes, étendues les unes à côtés des autres sur le sable, leur peau couverte d’huile solaire brillant au contact des rayons de l’astre. Je les observe quelques minutes, toujours immobile, quand l’une d’elle se met à discuter avec sa voisine. Je comprends que je suis le sujet de la conversation quand une des jeunes femmes se tourne vers moi et me jette un sourire, auquel je réponds aussitôt. Visiblement intéressée, celle-ci s’assoit et se met à me regarder fixement avec une lueur lubrique dans le regard. Je me lève alors, et tandis que je m’approche d’elle, je la détaille toujours : blonde, bronzée, visiblement bien foutue, exactement le type de femme que j’apprécie.
Je ne suis plus qu’à quelques mètres d’elle quand je décide de cacher mon excitation en détournant mon regard de son corps. Mes yeux rencontrent alors ceux d’un jeune garçon, jouant au bord de l’eau. Vêtu d’un caleçon de bain bleu marine, un ballon de beach-volley coincé sous le bras, il me dévisage. Je m’arrête alors et me met aussi à le regarder fixement. Sans pouvoir dire qui, il me rappelle quelqu’un. Il me faut plusieurs longues secondes durant lesquelles nous ne nous lâchons pas du regard pour me rendre compte que c’est moi-même qu’il me rappelle. Moi quand j’avais son âge, moi quand j’étais encore chez mes parents, quand j’avais encore une famille. Nous clignons des yeux ensembles, et, le soleil m’éblouissant, je dois détourner le regard. Puis je porte ma main à mon front pour me protéger et je tente de le retrouver, mais il a disparu. Il s’est envolé, comme celui que j’étais plus jeune, comme se sont envolés le bonheur et l’insouciance dans lesquels je nageais pendant ces années. Troublé, je me mets alors à courir vers l’océan, sans me retourner vers la fille, sans me préoccuper de savoir si elle était vraiment mignonne, et une fois arrivé au bord de l’eau, je tombe au sol, à genoux, et je me mets à pleurer.