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Fiction : L'Elfe (qu'en pensez-vous ?)

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
09 décembre 2005 à 17:29:24

Alors, voili voilou ce p´tit bout de fiction. Je cherche pas la gloire, ni votre considération, juste des critiques, pour m´améliorer.
Je suis désolé si des fautes subsistent, j´ai relu, mais mal.
Enfin bon, merci de commenter, de critiquer, ou d´apprécier.

Bonne lecture..:

L’Elfe.

Chapitre 1 : « On ne récolte que ce que l’on sème. »

L’Aube. Le soleil se lève, il jette sur la place ses teintes ocres. Il apporte sa bien aimée chaleur, il réchauffe les cœurs. Petit à petit, avec lui, les gens se réveillent, s’agitent. On est en pleine saison des récoltes, il faut tout récupérer, et tout vendre ; ou tout manger. Le coq chante, son cri se perd dans le lointain, il en réveille quelques uns. Mais, la vie, elle ne se passe pas qu’avec cette étoile. Il y a aussi un satellite terrestre, qui peut être synonyme de vie. La Lune. Quand le crépuscule étire son long manteau sombre et opaque sur la vie. Quand les enfants se couchent et s’abandonnent à leurs cauchemars. Quand les parents s’assoient sur leurs fauteuils, qu’ils se racontent leur journée. Quand chacun se repose, d’autres s’agitent. Ils vivent de nuit, ils son rejetés, par la vie, par les autres. Ils sont différents. Et ils se vengent. Tels des ombres ils sortent de leurs trous. Tels des monstres il se vengent. Mais on ne récolte que ce que l’on sème. Aussi bien des fruits, des légumes, des céréales, la vie, ou la mort. Et aujourd’hui, on Lui a infligé la pire des sentences. Ou la meilleure, cela dépend.
Toujours est-il qu’il est mort, et que son corps gît sur le sol pavé de dalles jaunâtres et immondes. Et ces dalles, sur lesquelles des teintes blafardes jouent, sont souillés d’un sang innocent, ou non, cela dépend. En fait, tout dépend de tout, ou de rien. Même si, dans l’absolu, il n’y a pas de rien, car sinon on ne pourrait pas le qualifier. Eh oui, quand vous dites qu’il n’y a rien, en fait, il n’y a pas de tout, mais pas non plus de rien. Sinon, on pourrait dire que Tout est Rien, ou l’inverse.
Toujours est-il qu’il est mort, et qu’on pleurera sa dépouille. Sa femme, ses deux filles, elles pleureront… Enfin, il n’avait pas de garçon, pas d’héritier. Donc encore un nom qui va passer aux oubliettes, et encore un nom qui n’aura pas de descendants. Donc l’arbre généalogique n’aura pas de feuilles. Mais il y a le tronc, qui va mourir sans feuilles, sans vie.
Toujours est-il qu’il est mort, et qu’on vient de s’en rendre compte. Oh, bien sûr, cela reste tragique, ou pas, cela dépend. Cela dépend du point du vue, ou de la classe sociale. Après tout, qui dans tous ces pourris de bourgeois se soucient d’un de ces infâmes paysans. Qui ? Pas lui, pas vous, pas eux. Et pourtant, ni lui, ni vous, ni eux n’êtes des bourgeois. Enfin, peut-être, cela dépend. Mais lui, oui, lui. Lui celui qui a ôté la vie. Lui il n’est ni bourgeois, ni paysan. Il est exclu. C’est une ombre parmi les autres, qui forment un tout malsain et souvent morbide. Enfin, cela dépend. Si seulement on les acceptait… Mais non, après tout, ils sont différents. Ce ne sont pas des… humains ? C’est comme cela qu’ils s’appellent, ces paysans et ces bourgeois. Non, eux ils font partie des Elfes. Et pourtant, ce concept de race, bien maudit soit celui qui l’a proposé ; ce concept fait qu’aujourd’hui ils doivent se battre pour survivre, et qu’ils doivent tuer. Comme le soir précédent. L’Aube est cramoisie. Oui, en fait, elle n’est pas ocre. Elle est cramoisie, pourpre, ou sanguine. Comme si la Lune avait dit au soleil que le sang avait –encore – coulé.
Toujours est-il qu’une fois de plus on mettra cet acte sur le dos d’un elfe, sans aucunes preuves. Mais bon, après tout, il n’y a qu’eux qui tuent, enfin, cela dépend. Eux, ces elfes, ils tuent physiquement. Les humains, eux, tuent moralement. Cela se vaut, mais pourtant les paysans ne le conçoivent pas ainsi. Ils ne se rendent pas comptent qu’en rejetant, ils tuent. En fait, ils s’autodétruisent.
Tout est-il qu’il continue de marcher. Il va, comme à l’accoutumée, rentrer dans un bar, et boire. Il va se prélasser, dormir et pleurer. Pour changer…

Il avance donc dans les rues pavées de dalles jaunâtres et un peu moins sales que lors du crépuscule. Normal, il fait jour. Et le jour, la saleté s’envole, du moins en partie. Donc il avance, il regarde les bâtisses en bois qui l’encadrent. Des planches faîtes de végétaux que l’on a tués. Et après, on dit que les humains ne sont pas des criminels. Mais les arbres, eux, ne pleurent pas. Alors on les tue. Pour faire des maisons, du feu... Mais bon, il faut avouer que l’art humain, celui de créer, de bâtir, d’inventer… Cet art est beau. Du moins, il ne laisse pas l’elfe indifférent. Ses yeux s’ouvrent, son regard se rend plus attentif, plus examinateur. Il serait fier de pouvoir avoir Sa propre maison. Son chez lui. Mais il ne tuera pas pour si peu. La fierté, l’orgueil. Toutes ces choses qui font souvent perdre les bonnes considérations. Non, il doit vivre comme il le faut. Du moins, comme il pense qu’il faille.
Toujours est-il qu’il arrive devant un autre de ces bâtiments criminels. Un bout de bois se balance au gré du vent, relié à deux morceaux de métal. Et sur ce bout de bois, des choses sont dessinées, des lettres. Il ne sait pas lire, sinon il aurait vu que sur l’enseigne il y avait marqué : « Au bar Elfique ». Donc, en sachant lire, il aurait pu comprendre que ce bar n’était réservé qu’aux elfes, ou, au personnes découlant de leur race, des malfrats, des voleurs. Enfin, c’était ainsi que l’on pensait, dans cette époque lointaine, voir même oubliée de vous, vous qui lisez. Oui, les Elfes, parce qu’ils se vengeaient, accueillirent dans leur race les voyous, en tous genres. Pourtant, il n’y avait presque aucune différence. Mais bon, il en était ainsi, et pas autrement, et, de toutes manières, qui cela pouvait-il bien déranger, que les Elfes soient persécutés et souffrants. Même eux, ils y sont habitués…
Toujours est-il qu’il entra. Il poussa la porte en bois – matériau de base de l’époque – dont la poignée était faite d’un bout de métal courbé. Les gonds ne grincèrent pas, mais offrirent une légère résistance, qui obligea l’elfe à forcer plus que prévu. Et il entra. Le soleil filtrait maintenant au travers des fenêtres, offrant de la lumière au bar. Les tables, au nombre de huit, étaient disposées de façon très anarchique, laissant croire à un sacré bordel. Pourtant, le patron s’y retrouvait. Mais bon, qui voudrait donc s’occuper d’un bar d’Elfes ?
Toujours est-il qu’il se mit à une table, et qu’il se perdit dans ses pensées. Décidément, l’art humain était vraiment plaisant, quand on savait voir la beauté là où elle se trouvait, et pas là où on voudrait qu’elle se trouve. Car, malgré tous ces végétaux morts, de leurs dépouilles naissaient des édifices resplendissants, quand entretenus. Il posa ensuite son regard sur le bar. Des verres, un nombre assez conséquent, étaient entreposés, de manières variées, aux côtés de tasses, de chopes, d’assiettes et de couverts. Rangés avec une certaine harmonie, toute cette vaisselle était propre, reluisante sous les rayons du soleil, semblant être happés par le blanc de ces ustensiles. L’homme au comptoir essuyait une assiette, à l’aide d’un chiffon en bien piteux état. Mais, qui se souciait de l’hygiène des elfes ?
Toujours est-il qu’il était assis, et que le patron, après avoir reposé son assiette, s’avança vers lui.
- Comme d’habitude, je suppose ? Demanda-t-il de sa voix rauque et traînante.
- Non.
Les mots avaient fusés, secs et clairs. Le patron savait qu’avec lui, il ne fallait pas insister. Et lui, savait que le patron n’insisterait pas. Il ne voulait plus boire ce liquide frelaté et malsain. C’était mauvais pour son organisme, et cela le rendait terrifiant. Et quand il était dans cette sorte de transe, il faisait tout, et n’importe quoi. Enfin, cela dépendait.
Toujours est-il qu’il ne but pas. Rien. Pas même de l’eau. Il se contenta de sortir l’arme du crime. Enfin, ce n’était pas vraiment un crime, juste un écrou de plus dans cette machine infernale créée par les races. Et cette arme, c’était une dague. Un manche en fer, noir, une lame incurvée en acier, gris, saupoudré de rouge, mais pas de rouille, plutôt de sang. Oui, ce n’était pas la première fois qu’il s’en servait, de sa dague. Et en fait, il ne sortait jamais sans. C’était son deuxième cœur, et il l’avait baptisée « Traeh », ce qui signifiait « Cœur » dans son langage natal. Traeh dans une main, la deuxième sur la table, il pleura. Il versa des larmes. Ou des moins les larmes se versèrent. Elles coulèrent d’elles-mêmes, envoûtées par l’injustice et l’exclusion. Elles coulèrent pour faire savoir à la terre qu’elle abritait des monstres. Des monstres sans cœurs, qui se croyaient victimes alors qu’ils étaient les premiers coupables.
On ne récolte que ce que l’on sème. Oui, seulement cela, mais des fois on en récolte plus. Lui, il recevait la mort, l’exclusion et le dégoût, mais il n’avait pas le choix. C’était sa vie, elle était dessinée ainsi, et elle ne pourrait changer. Mais, il ne le savait pas. Elle changerait. En bien. Ou en mal. Cela dépendra de ses choix. Oui, cela dépend…
Toujours est-il qu’il s’endormit. Il était fatigué, d’avoir vécu la nuit et pleuré le jour. Ses yeux réclamaient repos, les larmes se stoppèrent, il le fallait. Il boirait, à son réveil. Il pleurerait de nouveau. Mais cela, oui, cela. Cela dépendait. Encore une fois, je le conçois, mais cela dépendra…
De lui, de vous, d’eux. De tous, de Tout, de Rien. De ses choix, de ses paroles, de ses actes ou des autres. De la vie peut-être. Ou de la mort. Cela dépendra…

Et voilà...
Alors, vous trouvez comment ?
Pourri ? Moyen ? A retravailler ? A chier ? Bon ? (même si je compte pas trop sur le dernier truc)

Au fait, si jamais quelques fous lisaient, dites-moi si vous voulez une suite... ^__^
Et merci, si vous avez lu ^^

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
09 décembre 2005 à 18:19:19

Bon est le mot. je suis définitivement accro à tes descrptions, en particulier aux couleurs qui ont dans tes textes un je-ne-sais-quoi de... magique qui je dois dire me trouble (en bien :) )

Et le texte lui même, son esprit, est bien, la discrimination. L´histoire de l´alcool frelaté distribué aux Elfes, leur séparation des humains me font penser a l´histoire desd Indiens d´Amérique ou à celle des esclaves Africains...

En résumé, c´est du bon^^

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
09 décembre 2005 à 18:20:49

Merciii ^___^
C´ets sympa d´avoir lu. Et chuis content que cela t´aie plu.
Bon bah, j´pense que j´ai plus qu´à continuer ^^
Et pour l´autre fic, laisse-la tomber ^^
Elle est finie, t´aurais trop de truc à lire... :ok:

Merci :coeur:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
09 décembre 2005 à 18:26:45

De rien, ce n´est que la vérité^^

Donc, je laisse béton l´autre fic... tant pis :)

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
09 décembre 2005 à 18:30:25

Je vois que t´as pas beaucoup de temps, mais si tu veux voir comment j´ai évolué, rien ne t´empêche d ejeter un coup d´oeil.
Mais disons que c´est long, et pas excellent, m´enfin, si tu veux vraiment lire, le lien est posté, t´auras qu´à y aller. Je disais juste ça pour pas que tu te sentes forcé de lire, ce que je veux pas :ok:
Merci quand même ^__^

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
10 décembre 2005 à 12:11:09

Petit "up" en quête de lecteurs ^^

miss_allsunday
miss_allsunday
Niveau 7
10 décembre 2005 à 14:44:58

c´est super bien ton texte!!!
j´ai relevé quelqueq fautes mais encore une fois je les retrouve plus :fou: :fou:
désolé mais je doit aller aider ma mèer alors je peux pas en dire plus
:ange:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
10 décembre 2005 à 14:53:00

J´ai l´impression que le brillant intellect de la Miss est en train de s´effriter :fou: Est-ce ma faute :fou: ?

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
10 décembre 2005 à 16:53:36

J´ai seulement survolé, et tout de suite, ça m´a sauté aux yeux: tu abuses de l´expression "toujours est-il que..."
D´un coup d´oeil, je l´ai vu 6 ou 7 fois au début des paragraphes. Fais attention à ne pas utiliser certaines expressions "passe-partout", comme celle-là, au niveau du style. :-)

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
10 décembre 2005 à 17:24:46

Seskoisa :d) C´était voulu, c´est une figure de réthorique ^^
Après, j´l´utilise plus ^^

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
10 décembre 2005 à 17:35:43

Ah ok, je trouvais ça étrange. À vrai dire, je trouve toujours ça étrange, mais bon... ^^

Deathstone
Deathstone
Niveau 9
10 décembre 2005 à 17:39:20

Tu nous postes la suite ?? ? :fou:

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
10 décembre 2005 à 18:20:06

Seskoisa :d) Bah, si t´aimes pas, t´as l´droit, mais j´voulais créer cette ambiance bizarre en fait ^^

Death :d) C´ets qui ? Ash ?
Sinon la suite arrivera Mardi je pense, désolé ^^

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
10 décembre 2005 à 18:34:10

En fait, j´ai la version non-relue de faite, mais j´aime pas quand y a pleins de fautes...
Alors la relecture pourra être opérationnelle qu´à partir de Mardi, je pense ^^

Sinon, bah le prochain chap sera bien bizarre, et j´espère que vous aimerez le côté sadique... ^___^
Mais j´en dis pas plus :ok:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
10 décembre 2005 à 18:44:48

´Fectivement, je suis aussi Deathstone, et d´autres encore^^

miss_allsunday
miss_allsunday
Niveau 7
11 décembre 2005 à 12:48:01

mwarf ash, je pense pas que ce soit de ta faute, disons que je suis dans la lune depuis un bon moment :-)
:ange:

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
11 décembre 2005 à 14:03:47

Chapitre 2 : La victime de l’Injustice.

Mal dormi. Il avait mal dormi. Cauchemar, tristesse, souvenir. Telle avait été sa nuit. Et il se réveillait endolori, et un goût amer dans la bouche.
Il avait soif. Mais pas que ça. Il avait soif d’eau… et de liberté. Il en avait marre. Marre de cette Injustice, morale physique et douloureuse. Ras-le-bol de ces pourritures d’humains qu’il tuait pour se venger. Marre de vivre. Ras-le-bol d’être ce qu’il était.
- Tu n’as pas le choix… Tirisfal, ricana une voix.
- Qui est-ce ? demanda l’elfe.
- Je suis moi. Tu es toi. Et nous sommes ce que nous devons être. Nous n’avons pas le choix. Enfin si, mais, toi, tu ne sais pas l’exploiter.
Tirisfal regardait en tous sens, et il comprit finalement que l’homme qui lui parlait était assis à sa table. Il ne l’avait pas vu. Pas senti. Il aurait pu être mort, à l’heure qu’il est.
- Comment savez-vous mes craintes et ressentis ? questionna l’elfe.
- Il suffit de voir la mine que tu tires. Tu ne supportes pas le poids du monde, juste celui de ta race. Tu peux changer ton destin. Même si, dans l’absolu, le destin est ton futur. Découvre-le, apprends à le reconnaître, pars, vis, découvre, apprends, deviens.
- Qu’est-ce qui vous fait croire que je vais vous écouter ? Pauvre fou, vous croyez donc que je vais suivre les conseils du vieux Idirias ?
- Tu ne suis que ton chemin, je ne fais que te porter conseil. Fais-en ce que bon te semble, cela m’est égal.
Oui. Idirias. Le vieux fou, qu’on l’avait surnommé. Pourtant, il était sage. Mais son point du vue, ses opinions, ses choix ; ils étaient si inconcevables pour tous, que chacun le croyait fou.
Pourtant, Tirisfal ne trouvait pas ses paroles dénuées d’intérêt. Mais, si tout le monde le considérait comme fou, il devait bien l’être… Non ?
Le doute s’empara de l’elfe. Non, il ne devait pas suivre les stéréotypes des autres. Il devait se forger son point de vue, ses opinions, son caractère. Il ne devait pas suivre le troupeau comme un des fameux moutons de Panurge. Il ne devait pas…
- Je verrais, et réfléchirai à tes paroles, Idirias. Maintenant, je dois y aller. La nuit m’appelle. Ma lame a soif…
Il n’eut pas de réponse. Il n’en attendait pas. Il avait soif. Il fallait qu’il boive. Qu’il mange aussi. C’était capital pour qu’il continue à faire payer ces pourritures humaines.
Ainsi, il appela le patron, de sa voix d’elfe, sèche, et commanda une soupe avec une carafe d’eau.
On le servit peu après. Il avait faim. Il paya, la somme due : la bourse de sa dernière victime contenait plus d’argent que prévu. Mais pas question de le gaspiller. Et il commença. Prenant sa cuillère et un bout de pain, il avala une longue lampée de soupe, qui le réchauffa. Il se servit ensuite à boire, et vit son reflet dans le verre. Il en fut surpris. Pour la première fois de sa vie, il ne se trouvât pas repoussant. Non pas qu’il se trouva beau, mais c’était comme si son visage venait de s’illuminer d’une lumière nouvelle et magique, qui le faisait être lui-même. Ses cheveux, longs, châtains, tirant sur le brun. Ses yeux, verts, deux émeraudes luisantes de vie et d’envie. Mais ces deux joyaux étaient ternis par l’Injustice, cet acte criminel, innommable et pourtant si fréquent. Lassant. Oui, la lassitude baignait dans son regard, terni, flou. Et ce regard donnait un charme à cette face, aux traits aquilins et ondulés ; aux oreilles se terminant en une pointe gracieuse qui faisait la seule différence entre Elfes et Humains.
Il contemplait son visage, mais ne l’appréciait guère. Petit, il avait voulu se couper les oreilles, ce qui lui laissa une longue cicatrice lézardant sa tempe gauche. Il l’avait, comme pour qu’il n’oublie jamais sa différence. Mais ses cheveux la recouvraient, en partie. Ses longs cheveux brillants sur lesquels les derniers rayons du soleil dardaient.
Il avala la gorgée d’eau, qui l’apaisa. Puis il continua sa soupe, à température convenable. Il l’avala en un rien de temps. Il n’avait pas de temps à perdre : le Crépuscule naissait à l’horizon.
Il ramena ses couverts au patron, c’était le moins qu’il pouvait faire pour aider cet homme qui ne le rejetait pas. Il lui avait même proposé, le patron, un boulot de serveur. Mais la nuit ne pouvait pas servir à aider les Elfes et voyous, il fallait se venger, tuer, assassiner…
Pas un mot. Il ne prononça pas un mot pendant plus d’une heure. Il se préparait. La mort lui donnait ses derniers conseils, tandis que la Lune étendait son croissant argenté sur le sol.
Vêtu de sa cape noire, Tirisfal s’encapuchonna, pour que ses cheveux ne le trahissent pas. Puis il partit. Il faisait nuit maintenant. Il n’y avait plus de bruit. Les gens étaient rentrés, lui sortait.
Ses yeux, habitués à l’obscurité, n’avait pas de mal à discerner les bâtisses avoisinantes qui l’encadraient. Il n’était pas nyctalope, mais presque. Et il continuait de marcher. Sa cible, il ne la connaîtrait que lorsqu’il la verrait. En attendant, il marchait.
Les étoiles brillaient, pas de nuages. La Lune dessinait un croissant reluisant dans cette obscurité, tranchant les ténèbres. Combien de mythes tournaient autour de ce corps céleste, silencieux et innocent ?

*

Elle se le demandait. Elle savait juste que lorsque la nuit s’élevait de l’horizon, les Elfes sortaient de leurs tanières, et tuaient. Mais elle n’avait pas peur, car elle ne savait pas à qui elle pouvait avoir à faire. Se passant la main dans ses longs cheveux bruns, elle se leva, quittant l’herbe sur laquelle elle était assise. Elle quitta le parc, où elle avait passé la fin de son après-midi, puis décida de retourner chez elle. La nuit était écrasante, étouffante, elle ne savait pas ce qui lui prenait. Elle accéléra le pas…

*

Tirisfal n’avait trouvé personne. Mais il n’était pas encore tard, et les quelques poivrots qui passèrent le rebutèrent. Il voulait quelqu’un de vrai, d’entier, et pas dans cette transe qu’il avait déjà côtoyée.
La nuit était humide, lourde, couvercle étourdissant de plénitude ténébreuse. Et il la vit, au détour d’un arbre, alors qu’il approchait du lieu favori des amoureux. Oui, elle lui paraissait bien. Cette nuit, elle mourrait, il ne pouvait en être autrement. Mais il devait l’effrayer. Tel un bon chasseur il fallait qu’il la traque.
Il chercha un instant, puis trouva. Oui… Cela ferait l’affaire…
Alors il jeta la pierre recouverte de terre qui gisait dans sa main. Elle toucha sa cible, c´est-à-dire la tête de la proie. Et alors il se délecta de l’effroi qui naquit en elle. Il vit sa tête chercher en tous recoins, puis son pas se transformer en course. Ses lèvres se déformèrent en un rictus horrible. Il aimait ça… Tuer.
Il courut. Pour la rattraper, mais tout en restant à une distance convenable. La fille n’arrêtait pas de se retourner. Elle ne vit pas la racine qui sortait du sol. Elle trébucha. Son pouls s’accéléra, elle se sentit défaillir. Mais résista.
Lui, il était heureux. Il pourrait ajouter un écrou de plus à la machine de sa vengeance. Il entama alors un long virage. Ses pas, inaudibles, étaient mus d’une volonté unique, comme tout son être. La vengeance.
Il passa furtivement derrière la fille, qui se retourna en sursautant. Oui, elle avait peur, cela se voyait, elle tremblait.
Il repassa, elle re-sursauta. Il sourit, de plus belle. Le rictus se transforma en un vrai sourire, diabolique, sinistre.
Ses yeux… Ils pétillaient. Une lueur nouvelle brillait à l’intérieur, les inondant de clarté et les rendant malicieux, beaux.
Il devait en finir, maintenant, avant qu’elle ne s’évanouisse. Alors il s’avança, lentement, précautionneusement, furtivement, subtilement…
Il la sentait trembler, frémir, il pouvait presque la toucher, la caresser…
- Veux-tu rencontrer la mort ? chuchota-t-il.
Elle sursauta de plus belle, et il la contempla. Ses deux yeux bleus étaient magnifiques. Inondés d’horreur. Ses lèvres se tordaient, donnant des courbes voluptueuses et splendides : on y lisait l’effroi. Les rides de son visage étaient creusées, donnant de la profondeur à cette face. Les cheveux ondulaient sous les caresses de vent, ondulant, offrant au visage une nouvelle touche de terreur. Les yeux se voilaient sous les cheveux, tandis que Tirisfal continuait de tourner autour d’elle. Elle n’avait pas répondu, mais son regard avait parlé pour elle.
Alors il sortit la dague, lentement, se délectant de la tétanisation de la jeune femme, de sa proie. Dans ses yeux, il lisait l’imploration, cet air de cocker, cet air malheureux. Et, alors, il fit une grâce à sa victime.
Il retira sa capuche. Ses cheveux se déployèrent en une cascade dorée, ses yeux, brillants, de jade, plongèrent dans ceux de sa victime, qui se figea. Il vit la stupeur, la peur et l’admiration. Des yeux brillants, grands ouverts, pleins de larmes. Alors il en vit une, qui coula : perle brillante sur un visage merveilleux. Et dans un mouvement sec il trancha. La gorge s’ouvrit, le sang coula, il se retourna dédaigneusement. Il entendit un gargouillis horrible, le bruit du sang se répandant par terre, puis il attendit, réajustant sa capuche. Il rangea Traeh dans son fourreau accroché à une ceinture de cuir, puis il se retourna. Et il s’assit, devant la morte, devant la victime de son rejet.
Sa face était figée à tout jamais, dans une expression atroce. Et les deux yeux bleus, étaient devenus de la couleur du ciel d’été, tandis qu’une larme coulait et qu’il y vit un arc-en-ciel. Alors, par égoïsme, il les referma, ces deux yeux, puis sécha la larme. Il contempla encore un instant la fille, la pauvre inconnue subissant l’Injustice. Puis il repartit. Elle n’avait pas d’argent, tant pis. Elle l’avait rendu heureux, l’espace d’un instant…

N’ayant pas de chez-lui à proprement parler, il erra toute la nuit. Plus de crimes, un suffisait, car après, s’il en commettait trop d’un coup, les gardes arrivaient, et il devait rester caché. Non, un seul moment de soulagement, et puis, il était le seul à subir.
Il repassa devant la fille, puis se rassit, longtemps. Et il pleura. Pleura pour l’Injustice dont elle était victime, pleura pour avoir ôté la vie à une si jolie demoiselle. Mais il pleura pour ce qu’il était.
Un meurtrier, rien du plus. Un elfe, rien de moins. Lui, tout au plus. Assoiffé de vengeance, tout du moins…

Et voilou, avec de l´avance, qui engendrera du retard dans le prochain chapitre...
eh oui, c´est pas d´ma faute si mes profs me pondent 7 contrôles dans la semaine :-)

M´enfin, bonne lecture, en espérant que ça plaise :ok:

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
11 décembre 2005 à 14:17:31

Merde, y reste une faute -__-
Désolé :rouge:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
11 décembre 2005 à 17:58:39

Coool, la suite :)

Voyonvoyons...

"Mais pas que ça." :d) pour moi c´est passé assez mal...

"du vieux Idirias" :d) vieux + voyelle = du vieil Iridas

"quittant l’herbe sur laquelle elle était assise. Elle quitta" :d) p´tite répet´

Sinon, toujours bon texte, les émotions sont vach´t bien retransmises et tout et tout.

Envoi donc tes profs paître :fou: et ponds nous la suite :)

Nanaki7
Nanaki7
Niveau 10
12 décembre 2005 à 18:51:21

Ash :d) Merci d´avoir lu ^__^

Alors, maint´nant, bonne nouvelle, j´ai oins d econtrôles que prévu, donc cela me laisse plus de temps pour écrire...
Mauvaise nouvelle, j´ai un pote qui va ´tet me passer DMC3 :p)
Mais bon, je viendrais écrire, et si tout va bien, début d´semaine prochaine, chapitre :ok:

Sinon, merci de cette légère correction.
J´ai vérifié les fautes, pas la syntaxe... >__< Gromphf.

Et mes profs, j´les envoies d"jà paître même quand ils me filent pas de devoirs... :rire:

:fou: ^^

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