merci, merci
Chapitre 2
Les quatre enfants marchaient le long de la rivière, guidés par un Eddie chantonnant joyeusement. Venait ensuite Lenny, son visage rêveur passant aléatoirement du paysage à un papillon, puis Timmy, qui marchait à côté de Carol, et qui cherchait désespéramment LA phrase à dire. Jusqu’ici, rien de bien original ne lui était venu. De son côté, Carol se demandait aussi quoi dire à ces trois garçons, tout en évitant d’être considérée comme « la fille du groupe », la gourde avec ses questions idiotes.
Bref, quatre enfants marchaient, en proie à des tourments typiquement préadolescents, en route vers un week-end qu’ils n’étaient pas prêts d’oublier.
-Qui a eu l’idée du camping ? demanda finalement mais timidement Carol.
Timmy, trop heureux de se voir offrir un prétexte, se retourna si vite qu’il manqua d’être entraîné au sol par le poids de son sac.
-Euh… balbutia-t-il, une fois son équilibre assuré, je… C’est Eddie. Son père et lui vont souvent chasser ensemble, et il connaît bien la forêt.
-Affirmatif, lança l’intéressé. Ce coin de la forêt, je le connais comme ma poche.
-Et on va où ? reprit Carol.
Le garçon jaugea la jeune fille comme pour s’assurer d’une part qu’elle était réellement intéressée, d’autre part qu’elle était digne de recevoir des informations. Son analyse dut se révéler satisfaisante, car il répondit :
-On va suivre la rivière pendant encore un kilomètre, jusqu’à arriver dans une petite clairière. Tu verras, un vrai coin de paradis ; un cercle d’herbe verte entouré d’arbres, avec la rivière qui glougloute à côté, c’est digne de figurer sur les dépliants de l’office du tourisme !
-Ouais, intervint Lenny, y’a au moins un truc digne d’intérêt dans le Trou du Cul du Maine !
Les deux autres garçons accueillirent d’un rire appréciateur cette plaisanterie, et, devant l’incompréhension peinte sur le visage de Carol, Timmy entreprit de lui raconter des histoires de trois gamins, inséparables mousquetaires de leur ville minable, qu’ils transformaient par leurs jeux en véritable Paris Antique. Cependant, il s’arrêta assez vite devant l’intérêt purement poli dont la jeune fille faisait preuve à l’égard de récits qui, par une invraisemblable mais indéniable réalité, la laissaient de marbre. C’est à ce moment précis que Timmy comprit et apprécia à sa juste valeur une des maximes favorites d’Eddie, celle qui disait « une fille restera toujours une fille ».
-Enfin voilà, conclut-il, et maintenant on est quatre, comme les mousquetaires !
Carol sourit et s’apprêta à répondre, quand Eddie leur lança :
-Allez les amoureux, c’est ici qu’on traverse !
-Qu’on traverse ? s’étonna Carol.
-Ouaip. J’avais pas précisé ? Ben voilà, faut traverser la rivière, et le prochain pont est trois kilomètres avant nous en fait. Donc le mieux c’est de sauter de rochers en rochers jusqu’à l’autre rive.
-Admire ! fit Lenny, s’approchant de la berge.
Il ajusta les lanières de son sac à dos, resta un bref instant immobile face au cours d’eau, puis sauta sur le premier rocher qui affleurait à la surface. Il se réceptionna aisément sur les cinquante centimètres carrés de pierre humide, leva le pouce gauche à leur intention, puis reprit sa traversée. Un rocher, encore un autre, et un autre… Carol en compta onze, séparés de plus ou moins un mètre. Pour certains, il suffisait de tendre suffisamment la jambe pour poser le pied sur la pierre suivante, mais un petit bond était néanmoins nécessaire pour les autres.
Lenny arriva finalement sans encombre de l’autre côté de la rivière, et leur adressa de grands signes. Eddie recula de quelques pas, s’agenouilla dans une position qui devait sûrement être celle d’un sprinteur dans les starting blocks, et leur adressa un sourire radieux.
-Le dernier arrivé fait la cuisine !
Puis il se redressa et courut jusqu’à la rivière, son sac lui battant les épaules. Arrivé au bord de l’eau, il sauta en hurlant « Geronimo! » et retomba pile au centre du deuxième rocher. Timmy le regarda parcourir la moitié du parcours, puis avança à son tour face au cours d’eau.
-Tu veux passer en première ?
-Euh… je… non, je…
Il la considéra d’un air surpris et indécis.
-Ca va aller ?
-Tu sais, c’était peut-être pas une bonne idée que je vienne avec vous. Je risque de déranger et tout.
-Mais qu’est-ce que tu racontes ? Sois pas idiote ! Allez viens.
Il lui posa une main sur l’avant-bras, mais elle se dégagea comme s’il l’avait brûlée.
-Euh… je peux porter ton sac, si tu veux, proposa-t-il, ne comprenant pas le comportement de Carol. Décidément, les filles étaient de bien étranges créatures…
-C’est pas ça… Tu… tu me promets de le répéter à personne ?
Le garçon regarda ses deux amis qui les attendaient de l’autre côté de la rivière, puis répondit :
-Promis juré.
Carol baissa les yeux et tritura la fermeture éclaire de son blouson tandis que ses pieds remuaient nerveusement. Elle finit néanmoins par lâcher du bout des lèvres :
-jspannjer.
-Que… J’ai pas compris.
-Je sais pas nager, articula-t-elle.
-Ah.
Il resta un instant à regarder, penaud, Carol fixer obstinément ses tennis. De l’autre côté, Eddie les appela.
-Bon, reprit-il, c’est pas trop grave que tu saches pas nager, vu que le principe, c’est justement de pas aller dans l’eau. Je vais passer devant toi, et je t’aiderai à traverser. Ca va aller.
Il posa à nouveau sa main sur l’avant bras de la fille, qui cette fois se laissa faire. Ils avancèrent jusqu’au passage de rochers, et Timmy sauta sur le premier, puis sur le deuxième.
-Allez, viens ! N’aie pas peur !
Carol hésita un bref instant, puis ses lèvres remuèrent silencieusement, et elle sauta sur le premier rocher, les yeux mi-clos. Lorsqu’elle l’eut atteint, elle resta parfaitement immobile un bref instant, puis s’écria :
-J’ai réussi ! Timmy, j’ai réussi !
-Je te l’avais dit, répondit le garçon en souriant. Tout le reste est aussi facile que ça. Tu me suis ?
La voyant acquiescer, il continua lentement son parcours, lançant de fréquents coups d’œil en arrière. Carol suivait, les bras bien écartés pour s’assurer un bon équilibre, souriant de toutes ses dents. Il sauta face à Lenny et Eddie, et, avant même que ceux-ci aient ouvert la bouche, il leur murmura :
-Pas de remarques, pas de questions. Vos gueules.
Carol sauta à son tour sur la berge, et se mit à rire.
-Pfou ! conclut-elle. C’était facile. On continue ?
-On continue, acquiesça Timmy en fixant Eddie. Après toi, Eddie.
Celui-ci hocha les épaules, et se remit en route.
-Au fait Carol, lâcha-t-il au bout d’un moment.
Timmy se raidit, attendant l’inévitable vanne.
-C’est toi qui fais la cuisine ce soir.
-Et voila ! Pas mal, hein ? dit Lenny en embrassant d’un vaste geste du bras la clairière.
C’était exactement comme l’avait décrit Eddie ; une belle clairière d’herbe parfaitement propre, entourée d’une armée de hauts arbres, et située à quelques mètres seulement de la rivière. Au centre, un cercle de terre marron délimité par une série de pierres indiquait la récente présence d’un feu de camp.
-Ca doit être mon père qui l’a fait la semaine dernière en allant chasser. On va faire le notre par-dessus. Timmy, tu viens chercher du bois avec moi ?
-Ouais ! Vous deux, euh… vous avez qu’à monter la tente.
-Qu’est-ce qui s’est passé avec Carol tout à l’heure ? demanda Eddie une fois qu’ils furent tous les deux à l’écart.
-Elle a juste eu un peu peur, c’est tout.
Timmy se pencha pour attraper une nouvelle branche, qu’il posa sur celles déjà empilées dans les bras de son ami.
-Tu l’aimes bien ? continua celui-ci.
-Bien sûr.
-Tu l’aimes ?
-Je crois qu’on a assez de bois pour ce soir.
Eddie rit, mais d’un rire sans commune mesure avec son habituel ricanement moqueur. Il était étrangement sérieux en cette fin d’après-midi, presque solennel.
-C’est une fille bien, continua-t-il. Quand t’auras mon expérience de la vie, tu sauras les reconnaître.
-T’as qu’un an de plus que moi, idiot, répliqua Timmy en souriant. Il eut soudain l’impression d’avoir plus souri au cours de cette journée que du mois passé.
-Monsieur fait le malin ? Monsieur devrait écouter ses aînés, car l’aîné en présence de monsieur à bien l’impression que madame en pince aussi pour monsieur. C’est p’têt une bonne chose qu’elle soit venue, finalement.
Et il reprit le chemin de leur camp, laissant sur place un Timmy étonné, en proie à un étrange mélange de sentiment. De l’excitation, mais aussi de la peur, et une drôle de boule dans le bas de son estomac. Lorsqu’il l’eut finalement rejoint en courant, Eddie ajouta :
-Puis c’est elle qui fait la cuisine.
Niarf, un prêté pour un rendu : vas donc lire Insania, je l´ai finit depuis longtemps et il n´y a plus personne.
Non, sinon je l´ai lu ton second chap, mais je n´avais pas commenté
La tout de suite? alors que j´ai cours demain? tu veux ma mort jeune impertinent ![]()
Mais bon t´inquiete, je fais un tour du forum et t´es sur ma liste en quelques sorte, faut d´abord que je finisse la fic d´Ostra ![]()
Diable de moi ! Que mon nom soit éternellement damné ! Je te dis que j´ai lu sans commenter, et je me barre... sans commenter. Alors cette fois ci, je commente, et après je vais me pendre...
Alors une fois de plus, et bien c´est égal à toi-même, à savoir superbe. Toujours une incroyable profondeur qui nous entraîne inmanquablement avec l´histoire. les sentiments si bien rendus que l´on s´y croirait. J´attends bien sûr la suite avec impatience, et si toi tu attendais un commentaire constructif de ma part, et bien tu es assez mal tombé^^. Désolé, je ne sais pas critiquer comme les Az´, Ostra, Zlink j´enpasseetdesmeilleurs. Alors je te dis juste que j´ai aimé ![]()
Merci ca fait plaisir crois moi, ton commentaire est sincere et il en vaut bien un autre ![]()
Mais je t´en prie, ne vas pas te pendre ![]()
J´vais pas faire très constructif non plus.
Juste que j´ai bien aimé, que les personnages sont réalistes et que tu retranscris bien les émotions et tout, bref du grand hobbit joufflu (
) et on aimerait la suite. ![]()
Non, de toute façon, doué comme je suis, je risquerais de me rater. En fait, les différentes parties de mon esprit ainsi que moi-même avons décidé que si suicide il doit y avoir (ce qui est ma foi fort probable
), ce sera les veines ouvertes, dans un bain chaud. A la romaine^^.
Sinon, excuse moi, mais j´oublie perpetuellement que tu es plus vieux que moi et donc que tu n´es pas en vacances. Peut-être est-ce dû à ton pseudo pour le moins... rajeunissant^^
ben moi non plus , là il est trop tard pour que je fasse des com´ constructifs (en plus généralement j´ai pas énormément de choses à te reprocher
). Par contre j´ai lu en entier et comme d´hab´ j´ai aimé .
Je n´aurais qu´une seule chose a dire... trop court!!! ![]()
tout le monde
Az
il serait temps de mettre un terme a cette croyance populaire fort répandue mais peu vraie qui prétend que tous les hobbits sont joufflus. C´est un sujet sensibles chez nous, cré´vin dieux!
Ash
Ben y´en a de mon age qui sont en vacances, alors que nous autres étudiants sommes exploités par le systeme ![]()
Zlink
merci ![]()
sheena
j´tavais dit ![]()
T´es pas joufflu?!
Mais c´est une catastrophe? Le ciel me tombe sur la tête? Que dis-je, tout le monde s´effondre? Tu as brisé toutes mes certitudes, je ne puis vivre désormais que je sais que les hobbits ne sont pas joufflus! ![]()
(vite et loin, très loin et très vite même.
)
Non mais les hobbits c´est comme tout le monde, y´en a des joufflus, des petits, des pas grands, et des tres beaux qui allient un physique de dieu grec (standard hobbit, 1m25) à une modestie a toute épreuve.
La nature m´a doté des caractéristiques de cette derniere catégorie.
(j´arrive
)
Eh bien au moins j´aurai apris quelque chose ajourd´hui sur les hobbits. Je vais en faire une thèse tiens. o))
(encore plus loin que tout à l´heure, t´arriveras même pas à me rattraper
)
Ah non, la these sur les hobbits, c´est l´oeuvre de ma vie, mon encyclopedia universalis
(va se coucher, essaye meme pas de te ratrapper)
Ben je ferai une thèse sur la vie des hobbits joufflus parmi les hommes.
(après avoir tant couru j´vais également aller m´coucher
)
J´aime beaucoup ^^ Les personnages sont réalistes comme tout
, de plus les émotions sont bien euh retranscrites (?) C´est un peu court
mais bon! La suite ![]()
Juste petite retouche totalement inutile : encyclopAEdia universalis
A +
rôôô^!!!!
les hobbits se sont pas joufflus!!! j´y crois pas! ^^
en sinon ma-gni-fi-que, tout simplement. Mis a part cela, le seul truc c´est "je sais pas nager" pasd très réaliste, même si ca existe...enfin, ché pas, enfin bon, enfin bref, enfin voilà, enfin quoi, enfin la suite, enfin FIN ![]()
Bon ben c´est toujours terrible
La romance est ptête un peu rapide, et je trouve que tu insistes presque trop sur la traversée de la rivière, mais ça reste acceptable ![]()
Angel==>Dans mon bled paumé avant j´avais un pote qui savait pas nager car il avait eu des problèmes d´oreille plus jeune, donc jamais appris, donc à 15 ans savait pas nager.
Donc c´est tout ce qu´il y a de plus réaliste