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Fic : Une erreur primitive (SF)

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
17 février 2007 à 02:28:12

6. Où tout s’accélère

Ulrick descendit du train. L’été touchait à sa fin met la chaleur persistait. L’espace d’un instant, il se demanda si les Etrangers n’en étaient pas la cause avant de chasser cette idée de la tête. Un spectacle, presque comique, se jouait devant lui avec quantité de gens qui chaussaient d’épaisses lunettes, portaient des appareils auditifs, sans compter les cannes d’aveugle qui fendaient l’air comme dans une compétition d’escrimes, et les individus à demi nus, ne pouvant plus supporter aucun contact physique tant leurs sensations s’était accrue. Bien que reconnaissant de son état, il n’appréciait pas d’être normal et craignait que cela ne lui pose quelques problèmes à l’avenir.
Ulrick quitta de la gare et chercha du regard un taxi. Sortis de nulle part, deux hommes taillés comme des armoires l’emmenèrent dans une énorme berline noire. Avant qu’il n’ait le temps de se rendre compte ce qui lui arrivait, une voix qu’il connaissait intervint.
— J’ai pris la liberté de passer vous prendre. Vous n’y voyait pas d’inconvénients j’espère.
Hans Ingleman. Le chancelier en personne se tenait là, confortablement assis sur la banquette, un épais dossier ouvert sur ses genoux. En dépit des récents événements et des troubles qui secouaient le monde, et particulièrement la capitale allemande, l’homme paraissait extraordinairement serein. De plus, il n’était équipé d’aucun matériel pour contrer un éventuel handicap, laissant l’imagination d’Ulrick deviner quelle forme la punition avait pu prendre chez lui.
— En fait, répondit-il tandis que la voiture démarrait, je m’y attendais. Dans la mesure où je dois être la seule personne qui est vainement tentée de raisonner tout le monde, à présent je dois faire l’objet de toutes les attentions.
Le chancelier le dévisagea et referma d’un geste sec le dossier pour le jeter négligemment à côté de lui. Visiblement, sa mine calme se révélait contradictoire à ses pensées.
— Ne prenez pas ce ton condescendant avec moi monsieur Wohllon. Nous savons vous et moi que la situation politique et économique de notre monde ne permettait pas d’accomplir ce qu’exigeaient, et exigent, ces extraterrestres.
La voiture s’arrêta et une femme entra. Il émanait d’elle une aura glaciale tant dans sa silhouette géométrique que son visage sans expression, surmonté d’un chignon impeccable. Ulrick regarda alternativement la femme et le chancelier en attendant qu’elle se présente ou que Ingleman le fasse mais ce dernier ne le fit, son regard dehors.
— La bourse Euronext à Bruxelles vient de m’avertir que le Deutch35 et en chute libre, annonça-t-il évasivement. Le CAC40 semble bien résister, Wall Street aussi. Mais c’est un désastre au proche orient et en Asie qui doit face à de l’inflation.
— Où allons-nous ? demanda Ulrick sans prêter attention aux lamentations du chancelier.
— Monsieur Wohllon, intervint la femme d’une voix fluide et mécanique, la commission extraordinaire d’études aux relations interstellaires a été dissoute durant votre absence. Connaissez-vous les motifs ?
Ulrick se sentit piégé. Il se souvenait vaguement d’un article dans un journal qu’il avait lu dans le train. Une organisation mondiale dirigée par l’ONU avait semble-t-il repris les choses en main. Il préféra se taire.
— Evidement que non, répliqua la femme en croisant ses bras. La vérité est que nous avons été évincés. Beaucoup de pays pensent que l’Allemagne est à l’origine de tout ça. Fort heureusement, nous pouvons nous appuyer sur la France et quelques-uns de nos alliés pour nous tenir informés de ce qui se passe dans notre dos. Malheureusement, les nouvelles ne sont pas bonnes.

L’attention d’Ulrick monta d’un cran, ses inquiétudes également. Il avait supposé que la commission continuerait à tergiverser et à gagner du temps en négociations et discussions sans intérêt. Apparemment, la situation se révélait tout autre. Si certains pays soupçonnaient l’Allemagne, c’est que la paranoïa était à son comble. Le pire était à craindre.
— C’est grotesque, s’exclama-t-il. Nous n’aurions jamais pu créer un tel phénomène !
— Je suis bien placé pour le savoir, rétorqua Ingleman. Toutefois, les Etrangers sont venus à Berlin. Pourquoi ? Je n’en sais. Ce dont je suis sûr, c’est qu’officieusement nous avons le couteau sous la gorge.
La voiture prit un virage et passa un barrage de contrôle à un carrefour. La loi martiale restait de mise. La femme tira une enveloppe de son tailleur et la tendit à Ulrick. A l’intérieur, il y trouva un rapport top secret montrant la transcription d’une discussion radio. En parcourant quelques lignes, il fut horrifié d’apprendre que les Américains coordonnaient leurs forces avec la Russie et le Royaume-Uni autour de l’Allemagne.
— Nos options sont très limitées, dit la femme. Soit nous trouvons un moyen d’enrayer les effets néfastes de la punition. Soit nous intervenons nous même pour se débarrasser du vaisseau. Dans tous les cas, les devons agir de manière à prouver que nous ne sommes les instigateurs du phénomène.
— Chose très pratique, souligna le chancelier en refermant son poing sous la colère. En nous accusant, les autres nations délèguent la résolution du problème et nous transforment en bouc émissaire.
Ulrick relut la transcription. Les choses allaient beaucoup trop vites.
— A l’évidence, l’idée de donner aux Etrangers ce qu’ils veulent n’a effleuré l’esprit de personne …
— Réfléchissez Wohllon ! Si les autres pensent que nous avons tout préparé, ils croient que c’est nous qui demandons ces tonnes de platine. Personne ne veut payer.
— Mais pourquoi vous me dites tout ça monsieur Ingleman ? Je ne suis pas une personne importante dans cette affaire.
Le chancelier reprit son calme et soupira.
- Comme vous l’avez dit vous-même, vous êtes le seul à avoir flairé quelque chose avant que tout démarre. Nos avis divergent, cependant j’ai de l’estime pour vous car vous être bien plus intelligent et lucides que la majorité des gens qui m’entourent.
Ulrick voulut intervenir mais Ingleman le stoppa d’un geste de la main.
- Ce n’est pas tout, fit-il avec gravité. Le colonel Nierolch est en train de mobiliser l’armée et étudie des stratégies d’attaque. D’ici quelque temps, je n’aurais plus d’autres choix que de donner l’assaut. Toutefois, je suis contre ça et j’aimerais que la situation ne dégénère pas plus et c’est pourquoi je vous ai investi d’une mission.
— Quelle mission ?
— Vous allez vite le savoir.
Ulrick se souvint du militaire froid et calculateur qui l’avait accompagné lors de la rencontre avec l’entité. Il regretta alors un instant de ne pas être resté à Düsseldorf avec Anna et Ludwig pour déchiffrer le message.

La voiture s’arrêta dans le parking du Reichstag. Une nuée de gardes du corps se précipita autour d’Ingleman et de la femme énigmatique pour les conduire dans l’imposant bâtiment. Ulrick suivit le cortège jusqu’à l’intérieur. L’atmosphère était délétère.
Un fonctionnaire se présenta à lui et l’amena dans des bureaux provisoirement réaménagés en laboratoire. L’équipement semblait extrêmement sophistiqué. Une dizaine de savants s’affairaient dans la grande pièce, tous paraissaient frustrés, la mine aux traits tirés. Ici encore, des cannes et des lunettes. Il s’avança jusqu’à la fenêtre pour regarder dans les airs le cube. Etincelant, imperturbable, menaçant.
Ulrick eut un frisson. Et si les Etrangers voulaient provoquer l’autodestruction de l’humanité ? Et si le message, toujours indéchiffrable malgré l’abécédaire que Ludwig tentait d’exploiter, s’avérait être une mise en garde ? Non. S’ils avaient voulu détruire l’humanité, se serait déjà chose faite. Il y avait autre chose. Toutefois, les événements prenaient une mauvaise tournure et il n’aurait probablement pas assez de temps pour tout découvrir.
— Bienvenue en enfer, souffla une voix rauque dans son dos.
Il se retourna pour découvrir un grand homme, très gras et très nerveux qui tendait une main moite. Ulrick la serra en lâchant un « bonjour » hésitant.
— Je suis Rob Schulz.
Schulz ! Prix Nobel de physique. Médaille et autres récompenses. Notoriété mondiale. Ulrick resserra sa poigne et répéta sa salutation avec un ton admiratif.
— C’est un honneur.
— Allons allons, fit Schulz en faisant un geste de la main comme pour écarter l’éloge. Les félicitations n’ont pas cours ici. Nous sommes au point mort.
Ulrick détailla à nouveau la salle et l’équipement. Il comprit alors l’état d’abattement général. Mais pourquoi d’ailleurs ? Rob l’invita à prendre place dans un petit bureau. Complètement dépouillée de meubles et de décorations, la pièce avait des allures de cellules de prison.
— Nous travaillons actuellement sur le moyen de contrer les effets de la punition, à savoir la modification de nos sens. Après un nombre incalculable d’analyses, nous n’avons rien trouvé dans le corps humain.
Il tapota sur le clavier d’un ordinateur pour ouvrir un fichier qu’il consulta brièvement. Schulz détailla un instant Ulrick, probablement afin de juger le degré de confidentialité qu’il pouvait garder. Visiblement satisfait, il lit l’écran.
— Les résultats sont unanimes. Il n’y aucun changement d’ordre physiologique sur les quelques centaines de sujets examinés. Encéphalogramme correct, santé bonne, réactions hormonales et chimiques standards, psychologie inchangée. Rien.
Autre manipulation sur l’ordinateur. Autre examen du regard.
- Nous avions pensé à un agent bactériologique disséminé par les Etrangers ; mais nous n’avons trouvé aucun élément artificiel ou pathogène chez les patients et cette thèse est infirmée par le fait que ni la flore ni la faune planétaire ne semblent touchées. Impulsion magnétique : le cube est aussi neutre électriquement qu’un bout de plastique. Virus génétique : pas de changement dans la structure de l’ADN, d’ailleurs nous n’avons pas relevé de cancer ni leucémie qui caractérisent généralement ce procédé. Enfin bref, je ne vais pas tous les faire sans quoi nous y serions jusqu’à la nuit. Tout ça pour dire que nous ignorons comment les Etrangers ont fait. Peut-être par magie.
Il claqua des doigts.
— D’où votre incapacité à élaborer un moyen efficace à contrer ce phénomène, conclut Ulrick.
Schulz opina mollement.
— On a eut quelques espoirs avec des champs de force ou des influx de plasmas sphériques mais rien de biens concrets. On réfléchit à présent sur des moyens parapsychologiques. C’est vous dire si nous sommes avancés.
Voir un des plus éminents savants du monde faire preuve d’une telle résignation était déprimant. Les Etrangers bénéficiaient d’une toute-puissance presque divine et Ulrick en vint à s’étonner que personne n’eut encore utilisé le terme « fléau » plutôt que punition. De toute façon, songea-t-il, ils ne veulent pas de l’or ou de la platine, ce qu’ils veulent nous dépasse.
— Et quel est mon rôle dans tout ça ? s’enquit-il.

Rob laissa un rictus scinder son visage. Il sortit sans rien dire et referma la porte derrière lui. Ulrick perçut quelques discussions étouffées, peut être même une dispute mais rien de discernable. Quelques minutes de silence s’écoulèrent avant le retour de Schulz. Il pénétra dans la pièce une mallette à la main. Il la déposa sur la table avec une précaution presque théâtrale, puis s’assit.
Rob se tordit les mains et se pinça les lèvres avant de se décider à ouvrir la mallette. Ulrick vit alors un minuscule rectangle blanc. Lisse, pâle, d’une blancheur presque irréelle. Il avait déjà vu cet éclat si particulier.
— Cela vous rappelle quelque chose peut-être, fit Schulz, d’une voix presque sournoise.
Cette géométrie, cette perfection.
— Vous avez réussi à prélever un fragment du cube ? demanda-t-il stupéfait.
— Bien sûr que non, nous n’avons fait que reproduire la texture et l’apparence. A l’intérieur se trouve une multitude d’appareils très sensibles.
— Vous savez bien qu’aucun appareil électronique ne marche dans le cube, rétorqua Ulrick sans cesser d’observer le petit objet.
— Nous sommes effectivement au courant mais ne vous posez pas questions quant à son fonctionnement. Vous l’emmènerez afin que nous puissions faire des relevés de l’intérieur du cube.
Ulrick releva soudainement la tète. Il crut mal comprendre un premier temps mais l’air grave de Schulz le contredit.
— Vous voulez que je retourne là-dedans, s’exclama-t-il en pointant le doigt vers le haut.
— En effet, l’Intermédiaire veut vous revoir, vous et les deux autres. Le rendez-vous est prévu vendredi prochain.
— Le jour de la fin de l’ultimatum, marmonna Ulrick en s’écroulant dans son siège.
Les questions se bousculèrent dans sa tête à toute vitesse. Pourquoi les Etrangers prenaient-ils l’initiative d’une rencontre ? Que lui arriverait-il une fois là haut ? Tout cela ne collait pas avec l’image qu’il s’était forgé des extraterrestres. Décidément, il ne comprenait vraiment plus rien.

PommePoire
PommePoire
Niveau 9
18 février 2007 à 16:18:15

Quelques phrases étranges par-ci par-là mais dans l´ensemble la lecture est agréable.

"Je n’en sais."

"Dans tous les cas, les devons agir de manière à prouver que nous ne sommes les instigateurs du phénomène." :fou:

Sinon je ne sais pas si c´est moi mais je trouve les dialogues dans la voiture un peu confus. J´étais peut-être tout simplement pas assez concentré. :(

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
18 février 2007 à 19:35:45

Merci d´avori lu et commenté. :)

J´avoue que le dialogue dans la voiture n´est pas tip top, un ami à moi m´a fait la même remarque. J´ai remodifié le chapitre pour le rendre plus fluide.

La suite est en route et devrait venir ce soir très probablement, demain matin tout au plus.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
18 février 2007 à 21:39:05

7. Seuls les actes comptent

Quelques nuages survolaient paresseusement le ciel de la capitale allemande, cachant par intermittence le cube des Etrangers, objet des craintes et des haines. Ulrick se serait perdu dans la contemplation de la voûte céruléenne si l’ultimatum ne prenait pas à sa fin aujourd’hui même. Il descendit le long de la rampe du dôme du Reichstag en tentant d’imaginer quelle pourrait être la punition cette fois-ci. Car elle est inévitable. Plus aucun gouvernement ne cautionnait les exigences des extraterrestres. Les conséquences risquaient d’être désastreuses à cause de cette inconnue et de la pression constante sur le pays.
Ulrick déboucha sur un grand hall où déambulaient quelques fonctionnaires, telles des ombres anonymes. Le bruit sourd des pas feutrés sur la moquette des couloirs se mêlait aux murmures inquiets résonnant faiblement, produisant une atmosphère de tension presque insoutenable. Le laboratoire n’échappait pas à cette ambiance fiévreuse. Personne ne salua Ulrick lorsqu’il pénétra dans la pièce. Schulz lui fit signe de la main.
— Tenez, dit-il en tendant le petit objet rectangulaire. Vous le collerez sous la table une fois que vous serez dans le cube.
— Vous êtes certains que cela va marcher ?
La question d’Ulrick n’était pas anodine car tout appareil électrique ne fonctionnait pas dans le vaisseau des Etrangers. Le physicien lui répondit la même chose qu’il y a quelques jours.
- Amenez ce capteur, c’est tout. Le reste importe peu. Bonne chance.
Ils se serrèrent la main.

Ulrick quitta le laboratoire, puis le Reichstag vers le parc. Un petit bataillon de soldats encerclait l’édifice, soutenu par une dizaine de chars et plusieurs avions fendant l’air. On se croirait en état de siège songea-t-il lugubrement. Si un tel déploiement de force avait vu le jour peu après la venue des Etrangers pour prévenir une attaque extraterrestre, cette fois-ci, c’était pour protéger la ville contre la menace que représentaient les partisans de la thèse conspiratrice. Anna se tenait à côté de Heinrich. Tous deux gardaient le silence.
La journaliste s’était d’une grande utilité les jours précédents en mobilisant les médias et convaincre l’opinion publique que l’Allemagne n’était pas responsable. En vain. Les autres pays, ne menaçaient pas directement mais, préféraient déléguer le problème à la nation et entretenaient cette paranoïa dangereuse.
L´appréhension habitait trop Ulrick et Anna pour qu´ils puissent se parler, leurs regards n’osaient pas se croiser. Quant au colonel Nielroch, il paraissait serein avec une légère pointe de suffisance. Il avait refusé d´avouer qu’il avait également été épargné, sans doute avait-il peur de perdre ses fonctions si cela venait à se savoir. Ulrick soupçonnait même le militaire de considérer sa normalité comme de la supériorité. Mais qu’est-ce qui était normal ; le souvenir d’un passé sans handicap ou un présent où tout le monde était infirme ?
L´hélicoptère se posa sur la pelouse devant le Reichstag au milieu des chars, puis redécolla la minute d´après une fois tout le monde à bord.
Ulrick regarda la ville rétrécir progressivement à mesure que l´appareil gagnait de l´altitude. Berlin se réduit vite à un vaste patchwork, griffé par les rues innombrables. L´ascension dura plus de temps que la première fois. En fait, le cube se trouvait bien plus élevé depuis que les Etrangers avaient donné leur punition. Nul ne pouvait affirmé s’il s’agissait d’une manœuvre de protection ou si cela constituait une part du processus qui permettait de propager la sanction dans le monde entier.
Le vaisseau flottait parmi les nuages qui erraient tranquillement. La perfection géométrique créait un contraste saisissant avec les formes déliées et aléatoires des volutes vaporeuses. Anna n´était vraisemblablement pas indifférente vu la quantité de photo qu´elle prenait. Ulrick aurait probablement ri de voir la journaliste s´affairait comme à son habitude si le mystérieux capteur de Schulz ne pesait pas dans sa poche. Outil salvateur ou annonciateur de complication.
L´hélicoptère glissa légèrement sur le cube avant de s´y poser. L´engin repartit dans la minute, se noyant dans la vapeur d´eau.
A cette hauteur, le vent se révélait relativement fort. Ulrick, Anna et Heinrich rencontrèrent quelques difficultés à rester en place à cause de l’absence d’objet auquel se tenir, et de la surface complètement lisse du vaisseau. Ils se rapprochèrent du centre pour éviter qu’une bourrasque ne les fasse chuter, et Comme lors de leur première venue, un escalier se creusa lentement dans le sol. Les trois individus redécouvrirent ne bas la salle cubique avec son mobilier géométrique. Quatre sièges entouraient une table carrée, illuminée d’une clarté blanche et crue. L´entité était assise sur un des tabourets, le regard insondable.
- Bonjour, fit-elle dès qu´Ulrick prit place. Je suis satisfait que vous ayez accepté mon invitation.
Il détailla un instant les trois personnes et joignit les mains.
- Comme vous l´avez remarqué, nous avons affligé votre monde d´une punition car vous avez refusé de ...
- Inutile d´énoncer des évidences, interrompit Ulrick. Nous nous doutons bien que vos créateurs ont largement les moyens de produire de l´or ou de se le procurer de force. Alors, au lieu de nous jouer cette comédie, nous préférerions qu´ils nous exposent leurs véritables volontés.
Ulrick n’appréciait pas toujours le militaire, mais il dut admettre qu’à cet instant ils partageaient le même avis. Heinrich remonta même dans son estime. Ulrick avait toujours imaginé le militaire comme un homme brut et sans lucidité, et il fut ainsi étonné de voir que le colonel avait tiré les mêmes conclusions que lui.
Le visage pourtant si neutre de l´entité se laissa pourtant humaniser par un faible sourire.
- Chose que nous faisons depuis notre arrivée, répondit-elle sur un ton doucereux.
Ce n´est pas vrai pensa Ulrick, ils cachent quelque chose. Il refit rapidement de l´ordre dans ses idées. Une race extraterrestre, pouvant obtenir tout ce qu´elle désire par des moyens variés, s´entête pourtant à exiger que les humains agissent. L´ombre d´une solution émergea sans sa tête.
- Pourquoi n´avons pas été atteint par la punition ? demanda Anna.
- Mes créateurs avaient anticipé le désir de votre race à les rencontrer. Ils savaient que pour vous, cette confrontation revêtirait une importance capitale et que les humains enverraient des personnes importantes dans la hiérarchie. Ils m´ont créé pour ce faire, de manière à communiquer avec ces personnes : vous. Ce fut le cas puisque vous représentez respectivement la science, la communication et l´ordre.
- Mais pas la politique, intervint Ulrick dont la main tremblotante déposait délicatement le capteur sous la table.
- La science est le savoir, qui engendre le pouvoir, qui est assuré par l´ordre, transmis et pérennisé par la communication. La politique n´est qu´une façade coordonnant le tout. Sur votre monde, il y a aussi l´économie qui tient un rôle important et c´est d´ailleurs l´aspect de votre civilisation qui nous intéresse le plus.
- Ce qui vous intéresse réellement, éructa Heinrich, c´est de détruire cette économie.
Ulrick avait perçu une légère inflexion du ton chez l´entité lorsqu´elle avait parlé de l´économie, comme une sorte d´ironie. Il fronça les sourcils sous le coup de la frustration ; à chaque fois qu´il parvenait à comprendre quelque chose ou à échafauder une théorie correcte, un élément nouveau venait toujours changer la donne. De plus, Ulrick se demandait si par « sur votre monde », l’intermédiaire parlait de la Terre comme une planète unique ou comme un monde parmi d’autres. Après tout, si les Etrangers pouvaient voyager dans l’espace, il se pouvait très bien que ces derniers aient déjà rencontré la vie sur leur route.
L´entité demeura totalement indifférente de la remarque du militaire. Elle poursuivit.
- Mes créateurs vous ont épargné pour faire de vous une garantie. Comme vous n´êtes pas affecté par la punition, mes créateurs prévoyaient que vous mettriez tout en mesure pour répondre à nos exigences, par peur d´être à terme également touché.
- Les Etrangers se sont trompés sur ce point, dit Anna. Nous ne sommes pas aussi influents et nous n´avons pas tenté d’amener tout le monde à agir.
- Erreur, coassa l´entité. Monsieur Wohllon a essayé de convaincre bons nombres de vos politiciens, vous même avez contacté plusieurs agences de presses dans le monde afin de pousser l´opinion publique a accepté de donner l´or et monsieur Nielroch a semé le doute et la peur dans les esprits avec ses troupes de manière à faire valoir auprès des humains la cession de l´or comme une nécessité. Nous désirions en effet qu’un subtil mélange de peur, de bon sens, et de volonté propre pour que la Terre fasse ce que nous voulions, chaque élément seul, n’aurait suffi. Ainsi, nous avons agi, et prévu vos réactions, de manière à ce que vous nous donniez de gré votre or, et à présent cinq cents tonnes de platines.

Le plan était d´une logique implacable. Non seulement les Etrangers semblaient avoir une grande connaissance de l´humanité, mais il l´avait manipulé depuis le début et anticipé les moindres conséquences. Ulrick se sentait à la fois terrifié et incroyablement impressionné.
Le doute s’insinua toutefois en lui. Si les Etrangers avaient tout prévu, comme se faisait-il que leur plan ne fonctionnât pas ? L’entité leur mentait peut-être ; voyant que l’humanité résistait, elle les aurait invités pour leur dire ce joli discours.
- Si vos créateurs ont tout prévu, peuvent tout planifier, ils savaient que l´humanité refuserait, dit-il pour voir comment l’intermédiaire allait réagir.
- D´où les punitions, rétorqua l´entité d´un air dégagé. Elles ont pour rôle de vous forcer un peu. Vous devinez que je ne révélerai pas en quoi consistera la prochaine, mais je peux vous affirmer qu’elle sera plus … forte que la première. D’ailleurs, mes créateurs les ont conçus pour marquer une gradation.
- Ce que vous exigez réside en fait dans nos actes, notre façon d´agir.
- Oui, ce que nous exigeons est ce que nous demandons depuis notre arrivée.
Ulrick voulut répondre mais Heinrich le prit de cour.
- Cessons un moment ce dialogue de sourds et muets, je vous prie. Vous n´obtiendrez rien de la Terre. Vous avez dit que vous n´attaqueriez pas mais le monde est s´en dessus dessous à cause de votre misérable punition. A mon tour de faire un ultimatum : si d´ici la semaine prochaine vous n´avez pas cessé la sanction, nous serons contraints d´utiliser des moyens coercitifs pour nous en débarrasser.
L´intermédiaire ne fut nullement surpris par les propos agressifs du colonel. Une forme de regret transparaissait pourtant sur son visage.
- Dans votre intérêt, agissez de la bonne manière, faites ce que nous vous demandons.
Anna ouvrit la bouche pour intervenir à son tour mais l´intermédiaire s´était levé. L´entretien venait de se terminer. Il n´y aurait plus rien à en tirer.

Pendant que l´hélicoptère les ramenait au sol, Ulrick se détendit. En plus du débat tendu, il avait constamment eu peur que l´entité ne découvre qu´il avait laissé un petit objet dans la salle. Il espérait à présent que celui-ci fonctionne et puisse aider Rob Schulz.
Ils atterrirent et s´avancèrent vers le palais du Reichstag. Ulrick se rapprocha d´Anna et parla faiblement pour ne pas que Heinrich puisse les entendre.
- Vous avez remarqué le changement ? s´enquit-elle comme si elle avait lu les pensées d´Ulrick.
- Oui, ils se fichent de l´or, ce qui les intéresse c´est notre soumission à leur demande. Je me dis qu´ils attendent que nous réagissions de la sorte mais si ça se trouve c´est un test, et il nous force pour voir notre résistance.
- Vous avez toujours été partisan de leur obéissance pourtant, rétorqua Anna en gravissant les marches de l´escalier menant au bâtiment.
Ulrick s´aperçut qu´elle avait raison. Ses doutes lui empoisonnaient les idées.
- Je réfléchis trop, se contenta-t-il de répondre.
Le téléphone sonna. Ulrick décrocha et s’isola pour mieux entendre.
- Oui ?
- C’est Ludwig, fit une voix peroxydée. Nous devons impérativement nous voir.
- Pourquoi ?
- J’ai déchiffré une partie du signal. Je préfère t’en parler en personne.
- Je ne peux pas partir, viens plutôt à Berlin. Tu n’auras qu’à m’appeler une fois que tu seras en ville pour que je te fasse passer le contrôle de sécurité.
- C’est entendu.
Il referma le clapet de son téléphone et vit Anna se précipiter vers lui. Un étrange rictus, de la frayeur peut-être, déchirait son doux visage. Sans rien dire, elle le tira à l’intérieur d’un bureau où une dizaine de personnes étaient attroupées devant une télévision.
Les informations passaient un flash spécial : la seconde punition venait à l’instant de tomber.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
22 février 2007 à 02:47:07

8. De l’orage dans l’air

Une chaleur écrasante régnait dans la gare de Berlin. L’air était lourd, un orage éclaterait sans doute en fin d’après-midi. Ulrick épongea la sueur qui gouttait sur son visage. Les soldats tout autour de lui demeuraient stoïques et parfaitement immobiles, si bien qu’il se demanda comment il faisait pour résister si facilement à la chaleur. Ulrick se remémora aigrement son service militaire ; leur formation devait être bien pire.
Un grincement sourd parvint à ses oreilles ; au loin un énorme train de marchandises s’avançait. La capitale avait sans cesse besoin d’être approvisionnée en vivre et matériel pour subvenir aux besoins de l’armée. Cela fait presque un mois que Berlin avait été évacué pour être investi par l’armée et les ministres commençaient à voir d’un mauvais œil le fait de payer une armée à rien faire. En effet, l’économie se portait mal avec le gouvernement supportait seul le coût des opérations, ce qui représentait des sommes colossales, et les milliards de pertes et de manques à gagner en raison des entreprises qui ne marchaient plus et de la bourse dont les cours ne cessaient de dégringoler. Face à cette crise et à la non-agressivité des Etrangers, plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient été habilitées à retourner en ville pour remettre progressivement le pays en marche.
Les freins crissèrent et le train ralentit lentement pour s’arrêter à quai. Les portes s’ouvrirent automatiquement et des dizaines de soldats se précipitèrent vers les wagons pour récupérer la marchandise et vérifier l’accréditation des arrivants. Ulrick attendit quelques minutes au milieu de ce ballet puis aperçut son ami Ludwig qui semblait avoir quelques démêlés avec un jeune soldat.
— Puisque je vous dis que je viens sous la demande de monsieur Wohllon.
— Je suis navré monsieur, sans autorisation personne n’entre en ville. Veuillez retourner dans le train et attendre son prochain départ.
L’homme avait récité ses paroles comme une machine bien programmée : S-A modèle 3704-T8, soldat de l’armée standard, batterie au lithium-ion comprises. Se fait en kaki seulement.
Ulrick soupira et tira de son portefeuille son passe signé du chancelier. L’officier l’examina le document, à l’affût de la moindre contrefaçon, puis fit signe à Ludwig de passer. Ce dernier serra la main d’Ulrick.
— Entre les barrages, les vérifications et l’armée, j’ai bien cru que jamais je ne pourrais venir. Je trouve ces mesures disproportionnées.
— Je suis entièrement d’accord avec toi mais ce n’est qu’à titre préventif.

Les deux hommes sortirent de la gare. Ulrick vérifia que personne ne l’attendait comme lors de son entrevue avec le chancelier. Ca ne le dérangeait pas mais il préférait garder secret tout ce qui se rapportait au signal. Ils marchèrent quelques minutes dans la rue et montèrent dans une voiture prêtée par Schulz.
— Le chancelier devrait retirer l’armée, reprit Ludwig tandis qu’Ulrick manoeuvrait dans les rues désertes. Cela ne fait que nourrir la psychose du complot.
— Pardon ?
— Berlin est complètement isolée du reste du monde, et beaucoup de gens croient que c’est pour cacher au reste de la population la supercherie.
Ludwig avait malheureusement raison pensa Ulrick. Il crispa ses doigts sur le volant ; ce que les humains pouvaient être naïfs parfois. Il suffisait d’avoir un soupçon de bon sens pour se rendre compte que personne sur Terre ne possède de technologie pour altérer le sens des gens et les rendre insomniaques.
— Tu supportes bien le manque de sommeil ? demanda-t-il en pensant à la punition.
Ludwig regardait dehors la ville de Berlin défiler, sans la moindre agitation, baignant dans un silence complet.
— Je faisais moi-même un peu d’insomnie donc cela ne me dérange pas. Mais je ressens quand même la fatigue. Je suppose que de ton côté tu dois te cacher pour dormir ou te force à passer des nuits blanches.
Ulrick repensa aussitôt à toute la mise en scène qu’il avait dû escamoter pour ne pas se faire remarquer. Il hésita à acquiescer, ce qui aurait prouvé qu’il n’était toujours pas atteint. Il devinait bien que Ludwig l’enviait ou devait ressentir une légère forme de jalousie, bien qu’il ne s’en plaindrait jamais, c’est pourquoi Ulrick se demandait s’il ne valait pas mieux jouer la comédie en faisant croire à son ami qu’il était lui aussi affecté.
Il opina finalement de la tête. Il valait mieux dire la vérité car ces temps-ci, les mensonges avaient une fâcheuse tendance à exaspérer les gens.

Le Reichstag était en vue. Ulrick désirait bien évidemment connaître la teneur du message qu’il avait capté il y a des années mais il voulait voir Schulz avant, pour savoir ce qu’il avait pu tirer du capteur.
En pénétrant dans le bâtiment, il croisa des mines ravagées. Cernes, yeux enfoncés, traits tirés, et mâchoires tombantes constituaient un quotidien morbide. La seconde punition semblait faire plus de dégâts que la première. De plus, elle se cumulait à la première, ce qui éreintait les plus endurcis. Il salua quelques personnes sur son passage, gravit un escalier puis entra dans le laboratoire de Rob Schulz.
Les savants travaillaient plus que n´importe quelle autre personne du personnel ; leurs visages exprimaient à peine de l’humanité. Le physicien sortit de son bureau, et bailla longuement avant d’accueillir Ulrick et son ami, qu’il présenta. Schulz tira de sa blouse une boîte de comprimé, qu’il engloutit sans se soucier de la dose. Probablement des vitamines pour tenir le coup. Il les invita à prendre place et bailla une nouvelle fois à s’en décrocher la mâchoire.
— Je dois vous avouer quelque chose avant de continuer, débuta-t-il en appuyant sa tête sur ses mains. Le capteur n’en était pas un. C’était un lingot d’or blanc auquel nous avions rajouté un isotope radioactif.
Le sang d’Ulrick se glaça. Il tournait dans tout les sens le mot « radioactif », dont il connaissait les ravages que cela pouvait faire sur l’organisme.
— Oh ne vous inquiétez pas, fit Rob en voyant la mine inquiète d’Ulrick. La radioactivité était trop faible pour vous blesser, et de toute façon vous n’avez pas gardé l’objet suffisamment de temps pour que cela ne puisse provoquer des mutations.
Ulrick se rappela les légères brûlures sur ses mains. Il se doutait des paroles du physicien. Il comprit pourquoi le physicien ne lui avait pas dit la vérité, tout simplement parce qu’il n’aurait probablement pas accepté.
— Qu’avez-vous pu en tirer ? s’enquit-il sèchement, voulant saisir l’utilité de ce qu’il avait fait.
— Nous savions qu’aucun de nos appareils ne pourrait fonctionner dans le cube, chose que vous n’avez cessé d’appuyer. Comme nos mesures ne peuvent se faire que de l’extérieur, il fallait que nous introduisions un élément capable d’émettre des informations de l’intérieur du cube. Le lingot que vous avez laissé dans le vaisseau émettait une légère radioactivité, que nos capteurs ont pu suivre à la trace pendant que vous parliez avec l’entité intermédiaire. Ce que nous avons découvert et pour le moins surprenant.

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
22 février 2007 à 02:47:28

Il pivota sur son siège et alluma un écran derrière lui à l’aide d’une télécommande. Ulrick et Ludwig virent un schéma complexe se dessiner. Une modélisation tridimensionnelle représentait le cube avait une sorte d’aura faiblissante.
— Comme vous le savez, tout corps radioactif possède une demi-vie qui équivaut à la vitesse à laquelle la matière perd de la radioactivité. Le lingot que vous avions préparé possédait une demi-vie d’un mois. C´est-à-dire qu’au bout d’un mois, il aurait perdu la moitié de sa radioactivité, et ainsi de suite jusqu’à devenir inerte. Nous espérions qu’en traversant les parois du cube, les radiations seraient modifiées, pour que nous puissions déterminer de quelle matière est fait le cube, du moins sa concentration moléculaire. Nous avons effectivement recueilli une montagne de données, mais pas celle que nous attendions.
Il pressa un bouton sur la télécommande et soudain l’aura disparut et le cube sembla se tordre sur lui-même. Ulrick chercha à comprendre ce que cela pouvait bien signifier, en vain.
— Ca me rappelle l’effondrement gravitationnel d’un trou noir, se hasarda Ludwig. Ce serait tout de même étrange.
— Vous n’avez pas tout à fait tort monsieur Schwartz, admit Schulz. En fait, la demi-vie du lingot est passée d’un mois à une minute. Nous avons songé à une distorsion temporelle mais cette hypothèse fut écartée car vous, mademoiselle Vonkrick et le colonel Nielroch n’avaient observé aucune modification. Nous en avons déduis que la matière de l’appareil n’en était pas. Je pense personnellement que c’est une sorte d’éther absorbant toute forme d’énergie, dont la radioactivité.
— C’est complètement fou ! s’exclama Ulrick.
Cette théorie ne lui paraissait pas folle comme ses dires le laissaient supposer. En fait, cela lui semblait incroyable, démesuré, pratiquement inconcevable. Visiblement, Schulz comprit sa surprise puisqu’il poursuivit sans se formaliser de la remarque.
— Seulement, beaucoup de mes collègues ne sont pas d’accord avec moi en raison des nombreux travaux qui ont infirmé l’existence de l’éther.
Il jeta un coup d’œil furtif aux autres savant qui végétaient non loin.
— Une sorte de matière noire en somme, dit Ulrick.
— Je ne pense pas non car la matière noire influe sur la gravité, or le vaisseau des Etrangers modifie le temps sans altération de la gravité, ce qui n’est pas compatible avec la théorie de la relativité. Mais je reste convaincu de l’éther : si le cube des Etrangers est composé de cette substance, cela expliquerait pourquoi aucun de nos instruments ne peut le détecter car selon les théories de l’éther, cette substance constitue le vide le plus pur.
Bien que lui-même astrophysicien, Ulrick dut bien reconnaître que ses propres connaissances n’égalaient en rien celles de Rob Schulz. Son prix Nobel de physique lui parut comme une récompense bien mérité.
Le silence gagna les trois hommes. Toutes ces informations d’un coup se bousculaient dans leurs têtes. Rob paraissait très satisfait de son effet.
— Dans ce cas, reprit Ludwig, si le cube est fait d’éther, les Etrangers possèdent un corps de pure énergie pour le manœuvrer sinon la matière ne pourrait pas voyager dans un tel appareil.
Schulz sourit.
— Exactement, et cela nous donne le moyen de les détruire sans aucune difficulté. Il suffirait juste de canaliser une grosse tension électrique autour du cube pour que l’éther disparaisse.
Ulrick se releva brutalement de son siège et dévisagea le physicien.
— Vous n’y pensez pas ! interrompit-il.
— Je suis fatigué monsieur Wohllon, rétorqua-t-il d’un ton las. Et puis de toute façon, j’ai déjà transmis mes conclusions au gouvernement et autres pays. Si nous n’intervenons pas, d’autres le feront.
- Vous ne vous rendez pas compte de …
- Monsieur Wohllon, coupa Schulz sans tomber dans la colère, je sais que vous être un fervent partisan du fait que les Etrangers sont pacifiques, mais je vous demande de bien vouloir considérer toutes les hypothèses. Ils sont peut-être très agressifs et nous n’en savons rien.
— S’il avait voulu nous détruire, ils …
— … l’aurait déjà fait depuis longtemps. Je sais. L’idée que les Etrangers aient comme projet de nous réduire en esclave ne vous a-t-elle pas effleuré l’esprit ?
Ulrick ouvrit la bouche pour la refermer aussitôt. Il n’avait songé pas à cette éventualité. Maintenant, elle paraissait tout aussi plausible que les autres, mais bien plus terrifiante. Ludwig ne parut pas surpris. Sans doute avait-il pensé à cela sans en parler à Ulrick à cause de leur amitié.
— Regardez autour de vous, poursuivit le physicien, le désordre qui règne partout. Les Etrangers attendent si ça se trouve que nous détruisions nous même notre civilisation et qu’ils puissent par la suite nous asservir une fois que nous n’aurons plus de moyen de nous défendre.
— Ils possèdent une technologie très avancée pourtant, dit Ludwig.
— Durant la guerre froide, les Etats-Unis et la Russie n’ont cessé de bluffer sur leur réel niveau technologique. Les Etrangers usent peut-être d’astuces qui nous échappent ou de procédé qui est pour eux un dernier recours. Tout ça pour dire que nous ne savons rien des Etrangers, leur intention et le mystère qui les entoure sont bien trop flous pour que nous permettions d’écarter une éventualité. Or, la solution la plus viable à présent, c’est leur départ, ou leur destruction.

Ulrick sortit du laboratoire sans dire au revoir à Schulz. Il était furieux. Furieux contre lui-même de ne pas avoir songé à tout cela et de ne rien savoir. Ludwig le rattrapa et tenta de le calmer.
— Ils viennent d’abattre leurs cartes, fit-il serein. A nous de jouer de nos atouts.
Il désigna du regard la mallette qu’il transportait.
Ulrick démarra la voiture et se dépêcha de retourner à son appartement provisoire. Le voyage se fit dans le silence et une fois arrivé, Ludwig vit Anna qui attendait au bas de l’immeuble.
— Ludwig m’a tenu au courant, déclara-t-elle, ça ne pose pas de problème.
Ulrick fit non de la tête. Elle s’était suffisamment montrée fiable pour qu’il puisse désormais lui faire confiance sans poser de question. Il lui raconta l’entretien avec Schulz en gravissant les marches de l’escalier. Elle fut tout aussi choquée d’apprendre qu’une attaque était à présent imminente.
Le mobilier de l’appartement était sommaire, la décoration inexistante. La chaleur accumulait se révéla étouffante. Ulrick aurait bien ouvert pour aérer, cependant il préférait faire prévaloir la discrétion. Ce qui allait suivre devait rester secret.

Ludwig posa sa mallette sur la table et l’ouvrit. Il alluma l’ordinateur qui se trouvait dedans et montra un court texte.
— Qu’est-ce que signifie ? demanda Ludwig.
Ulrick et Anna rirent ensemble.
— Cela veut dire que nous pourrons peut-être repousser l’attaque.

PommePoire
PommePoire
Niveau 9
22 février 2007 à 13:33:42

Waoh je lis ça bientôt. :rouge:

Noval
Noval
Niveau 8
24 février 2007 à 01:19:50

Excellent. Sûrement un des chapitres les plus intéressants. La suite! :)

Noval
Noval
Niveau 8
24 février 2007 à 21:16:30

Excellent chapitre encore une fois, quelques fautes, mais rien de grave. :)

La suite! :o))

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
25 février 2007 à 11:24:10

Merci d´avoir lu et commenté. :)

La suite ? Quelle suite ? :question:

La fiction est terminée, chose rare sur le forum ... :-)

Anonymous59
Anonymous59
Niveau 62
25 février 2007 à 12:31:59

Génial. Tout ce qu´il y a à dire. Mais je suis sûr que ça ne contentera pas Ostramus :-) ^^

Le suspense tient bon jusqu´au bout, il n´y a aucune longueur, la chute est fracassante...

  • se rend compte qu´il ne peut plus dire "La suite !" ^^*

________________________________
Anonymous59, tyran à temps partiel :o))

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
27 février 2007 à 22:27:27

Merci d´avoir lu et commenté. :-)

PommePoire
PommePoire
Niveau 9
28 février 2007 à 22:39:16

J´ai grandement apprécié cette fiction ; et je vais avoir du mal à développer un peu plus mon point de vue. :peur:
Malgré des erreurs dans la construction de certaines phrases, qui sont assez nombreuses, la lecture a été, comme je l´ai déjà dit, agréable. Je suis sûr qu´en te relisant tu pourrais corriger toutes ces petites erreurs qui font "taches". :-p
J´ai été parfois quelque peu embrouillé par les personnages (avec leurs noms allemands :fou: ) mais cela dit je pense que tous avaient leur importance dans le récit.
Bon je ne peux rien dire à cause du spoiler mais certains passages m´ont plu plus que d´autres.
Ah oui une remarque aussi, à chaque début de chapitre tu casses complètement avec la fin du précédent, ce qui en soit n´est pas forcément mauvais, mais j´ai trouvé ça parfois déstabilisant. Je veux dire que j´étais à fond dans le récit et puis d´un coup on se retrouve ailleurs sans trop comprendre. Bien sûr en approfondissant la lecture il n´y a aucun problème, mais moi qui n´aime pas débarquer dans un lieu, des jours plus tard, sans comprendre le pourquoi du comment... :fou:
J´espère que tu comprendras ce que j´ai voulu dire.

Voilà je ne sais pas quoi ajouter. J´ai trouvé cette histoire intéressante du début à la fin, et je te souhaite donc une bonne continuation. :ok:

Amir_
Amir_
Niveau 9
28 février 2007 à 22:41:01

Tiens t´as terminé cette fic OO
Je m´empresserai de la lire dès que je peux :coeur:

Amir_
Amir_
Niveau 9
01 mars 2007 à 21:38:08

Bon...
Je peux plus rester trop longtemps, donc je vais essayer de faire court.
Je me rends compte qu´au final, le style est fluide, mais simpliste. Ce n´est pas un défaut hein, mais ca entrave ton texte qui véhicule très peu d´émotions, excepté dans certains passages clefs, comme la scène finale.
On continue uniquement pour connaitre la clef du scénario, pas forcément pour le plaisir de l´histoire...
De plus, ce dénouement me laisse penser que cette nouvelle est plutot une partie d´un tout, pas une histoire a part entière... Comme si tu voulais l´intégrer à quelque chose de plus grand. Je m´attendais à quelque chose, n´importe de quoi, de plus original, de plus percutant, qui justifierait l´utilisation de la nouvelle...
Il y a comme un arrière gout de maladresse, d´inachevé. Dommage.
Sinon comme l´a dit pommepoire, les transitions entre les chapitres sont à revoir. Tu peux très bien laisser une ellipse, pour informer le lecteur au cours du chapitre, mais tel que tu l´as fait, c´est très déstabilisant. Je ne saurais te dire comment faire, je ne suis pas critique, mais il m´arrive fréquemment, dans mes lectures, de voir des auteurs utilisant l´ellipse ( quoique est ce le terme adapté? j´espère me faire comprendre )de manière plus agréable pour la lecture.

Finalement donc, un suspense captivant, et une idée finale tout de même plaisante, mais pas forcément utilisée de la meilleure manière... La nouvelle est un peu bancale je trouve, trop de détails superflus, pas d´ambiance propre. L´histoire pour l´histoire, si je puis dire...

Dommage.

Et, accessoirement, relis toi plus, il y a énormément de fautes et d´oublis de mots ( environs trois quatre par chapitres, ca ne parait pas mais une simple relecture les éliminerait ), quelques maladresses également.
Retravailler cette nouvelle un de ces jours permettrait de la parfaire comme il faut.

vivakon
vivakon
Niveau 10
25 mars 2007 à 21:44:59

sympathique cette sf :oui:

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
28 mars 2007 à 00:27:46

Avant toute chose j´aimerais remercier tous les lecteurs de ma fiction, notamment ceux qui l´ont lu dans sa totalité car l´écriture s´est étalé sur plus d´un an et c´est à la fois une joie indicible et une grande surprise que des gens me lisent.

Pommepoire
Comme l´écriture s´est étalé dans le temps, mon style a légèrement évolué c´est pourquoi le début peut être bancale à certains égards et le reste potable.
Les noms allemands peuvent paraître bizarres, pourtant j´ai pris soin d´en choisir des relativement courant et pas trop compliqués. Disons que je voulais donner une autre allure en évitant les noms français trop passepartout et les anglo-saxons lassants.
Pour ce qui est de casser le rythme, désolé si cela peut paraître brutale mais je voulais justement changer du schéma traditionnel et donner un autre rythme au récit. Et puis je trouve ça plus intéréssant car le lecteur voit sa curiosité accrue car il chercher à rassembler les morceaux du puzzle pour suivre l´histoire.

Amir
Je sais que dans mes récits, la psychologie des personnages n´est jamais très poussée en dépit de mes efforts. Pour ce qui est du style, j´ai tenté de faire simple car j´introduis des notions scientifiques assez délicates et je ne voulais pas peiner le lecteur avec des lourdeures inutiles.
Je cherche toujours des dénouements offrant des ouvertures à mes récits, ce afin de ne pas confiner l´histoire dans un début et une fin prédéterminé, c´est pourquoi ma nouvelle débute en cours des évènements et de termine à un point qui pourrait paraître charnière. En fait, je trouve cela plus enrichissant car l´immersion dans le récit est plus rapide, et l´imagination du lecteur se crée une suite à lui car il a forcément sa petite idée. Je mettrais l´inachevé sur le compte de la frustration de ne pas en savoir plus : de toute manière le récit n´a pas forcément à apporter toutes les réponses.
Pour les maladresses, je ne m´en défends pas car l´écriture fut longue et ponctuelle.
Pour les chapitres; il y a des ellipses, presque à chaque fois.

Vivakon, ce fut bref mais intense, merci à toi.

Un dernier truc, je suis en train de revoir complètement cette nouvelle pour corriger ce qui me dérange et les choses que vous avez soulevé. :)

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