Chose promise, chose due
déjà le 5è chapitre. sûrement l´avant dernier.
Yop!
Chapitre 5 :
Hudson était épuisé. Il marchait depuis une bonne heure et s’était forcé à ne pas boire ni manger, pour économiser ses vivres. Tous ses membres étaient engourdis par la chaleur écrasante provoquée par ce satané soleil. Ses bottes en caoutchouc étaient recouvertes par le sable brûlant. Il manqua plusieurs fois de s’écrouler de fatigue.
Je dois tenir, se disait-il, je dois tenir.
Inlassablement et à voix haute, il se répétait cette phrase encourageante. Joignant le geste à la parole, il se relevait lorsqu’il trébuchait, accélérait lorsqu’il réduisait sa vitesse et se redonnait du courage quand l’envie n’y était plus. Or, ses pas se faisaient plus lourds à chaque instant et n’arrivait pas à retrouver son rythme de marche qu’il avait emprunté au début de sa marche.
Le paysage, lui, ne changeait pas au fur et à mesure qu’Hudson progressait à travers ce territoire aride. Les dunes orangées se succédaient. Il commençait à s’en lasser.
Après environ deux heures de marche, il s’autorisa enfin à déballer un sandwich du papier alu qui le protégeait. Il mangea voracement, savourant cependant le goût du beurre et du jambon, tous deux mêlés à la salade et aux tomates.
Il termina rapidement son repas et se leva pour se remettre en marche le plus rapidement possible. Il avait assez perdu de temps, songea-t-il. Il chassa d’un revers de sa manche le sable qui l’assaillait.
Cette fois ci, il dû marcher moins longtemps. En effet, quelques minutes plus tard, alors qu’il descendait une pente abrupte, il aperçut une structure métallique qui semblait être un grand complexe scientifique.
Bizarre, se dit Hudson. C’est peut-être une nouvelle piste…
*
- Ils sont donc arrivés jusque-là… Moi qui croyais que ça avait marché… Qu’ont-ils fait à la ville ? L’ont-ils détruit ?
Le vieil homme scrutait l’horizon avec des jumelles un peu dépassées. Il était dans un bâtiment abandonné, en plein milieu du désert et observait attentivement le petit point noir qui dévalait à toute allure la dune.
- Ils vont venir… Je dois me défendre, en emporter le plus possible dans ma tombe.
L’homme se dirigea hâtivement vers une grande salle éclairée et sortit d’un tiroir un petit pistolet noir. Il chercha plus attentivement, fouillant le tiroir duquel il venait d’extraire l’arme. Il ne trouvait pas le silencieux. Tant pis, se dit-il. La discrétion ne sera pas de mise au moment de ma mort prochaine.
Une goutte de sueur apparut presque timidement sur son crâne dégarni et commença à dégouliner le long de son vieux visage. Il était angoissé, et cela se voyait facilement. Il allait sûrement mourir et s’apprêtait à tuer – chose qu’il n’avait jamais faite. Bien que ceux qu’il comptait exterminer était d’une autre espèce, la vue du sang – qu’importe la couleur – le répugnait. Il entendit un bruit provenant de l’entrée.
*
Hudson entra dans l’immense bâtiment, provoquant un vacarme assourdissant en défonçant la porte. Il tendit l’oreille, attentif au moindre bruit. Il n’entendit rien et commença à se déplacer à travers les débris de la construction chancelante.
Soudain, une détonation retentit dans le silence pesant. Par réflexe, Hudson se décala sur le côté. La balle rebondit contre le mur et retomba au sol. Il entendit une voix bourrue mais un peu usée énoncer des paroles incompréhensibles. La voix maugréa ensuite :
- Pas Vénusien, ni dialecte d’Alpha Centaure. Qui êtes vous ?!
Hudson sortit à son tour son pistolet et s’écria :
- Arrêtez tout de suite ! Police !
- Menteur ! Dites-moi d’où vous venez ! Hurla le vieil homme.
Le flic était exaspéré. Sa marche l’avait épuisé et il voulait se reposer tranquillement. Il ordonna :
- Arrêtez ! Je viens de New York ! Ne soyez pas stupide !
Un nouveau coup de feu partit de l’arme de l’homme. Cette fois, Hudson répliqua, sortant de sa cachette et tirant trois balles dans la direction de la voix. Il entendit un gémissement étouffé. Le vieil homme était touché, il se calma.
Hudson s’élança dans le couloir et le trouva écroulé sur le sol, la jambe ensanglantée. Il s’était évanoui à la vue de son sang. Hudson le traîna jusqu’à la première salle suffisamment grande et lui tapota doucement la joue pour le réanimer.
Lorsque le vieil homme se réveilla, il prit peur en voyant Hudson et tenta de s’enfuir. Richard Hudson le retint fermement.
- Pourquoi m’avez-vous tiré dessus ? Répondez ! Vous êtes fou ?
Il ne répondit pas. Hudson le brutalisa un petit peu.
- C-Comment ? Vous… Vous êtes Terrien ?
- Bien sûr, répondit Hudson, exaspéré. Qu’est ce que vous croyez ?
- Je… Ils n’ont pas envahi la ville ? demanda-t-il.
- Qui, Ils ? De quoi voulez-vous parler ?
- Des extraterrestres, bien sûr.