Yop!
Chapitre 4 :
Hudson conduisait nerveusement, les yeux rivés sur la route et les bras raidis. Il était campé dans le fond de son fauteuil et ne faisait pas attention au bruit menaçant que le moteur émettait depuis une dizaine de minutes. Ce 4x4 n’était pas fait pour rouler à grande vitesse, or, Hudson avoisinait maintenant les deux cents kilomètres par heure. Le capot vibrait, près à se détacher au moindre choc. Hudson ne s’en souciait pas, il était concentré sur la conduite de l’animal.
Il roulait de plus en plus vite, se rapprochant du désert qu’il voulait atteindre avant la nuit. À cette vitesse, c’était plutôt bien partis.
La route continuait, inlassablement, et les aires d’autoroute se succédaient. Il ne s’arrêta pas pour se reposer. Il buvait de temps en temps, économisant l’eau pour la grande marche qui l’attendait.
Soudain, il entendit un claquement sourd et sa voiture partit sur le côté, incontrôlable. Il fit un tonneau et se retrouva la tête à l’envers, toujours retenu par sa ceinture de sécurité.
- Eh merde ! Qu’est-ce que c’est c’bordel ? Fait chier !
Il sortit tant bien que mal de l’épave fumante et constata que le pneu était crevé. Il donna un coup de pied rageur dans sa voiture.
- Comme par hasard, La voiture est foutue ! Pas moyen de changer ce putain de pneu !
Proférant un flot de jurons bien sentis qui aurait fait rougir un vieux singe, il retourna dans la carcasse délabrée.
- Où je l’ai mis ? Bordel de merde ! Ah le voilà.
Il dégagea son sac à dos des débris de métal. Il était un peu déchiré, mais ça irait. Il en sortit des gants jaunes et des bottes de la même couleur, tout en caoutchouc. Hudson les remit à leur place et installa son sac sur son dos. Le soleil amorçait sa folle descente, il ne serait jamais arrivé au désert avant la nuit. Heureusement que les provisions étaient, elles aussi, intactes. Alors, il commença sa longue marche plus tôt que prévu. Il fut rapidement fatigué et ses yeux rougis par la fatigue se fermaient contre sa volonté. Il se força donc à s’arrêter pour reprendre des forces et dormir un peu. Il s’assit sur le bord de la route et entama un sandwich au beurre qu’il avait pris le temps de préparer chez lui. Après avoir dévoré son frugal repas, il s’allongea sur le côté et s’endormit aussitôt.
Il dormit mal, d’un sommeil agité et sans rêves. Il se retournait sans cesse et se réveilla plusieurs fois, ayant de plus en plus de mal à se rendormir. « Le sommeil vient plus facilement qu’il ne revient ». Enfin, il se réveilla. Il faisait encore nuit et la lune éclairait la route de son reflet blafard.
Il se leva difficilement et rangea ses affaires dans son sac. Hudson, à moitié revigoré, se remit en route, d’un pas rapide qu’il se força à maintenir. Il devait être environ cinq heures du matin et il comptait atteindre le désert avant midi.
Toujours rien.
Toujours cette route qui continuait à perpétuité.
Toujours rien.
Toujours cette faim qui le tiraillait sans cesse.
Toujours cette soif.
Toujours rien.
Il marcha encore et encore. Il n’était pas encore midi et l’espoir n’avait pas quitté son cœur. Alors qu’il s’apprêtait à refaire une pause, il vit quelques grains de sables gagner du terrain sur cette foutue route. Il renonça à poser son sac, déterminé à atteindre le désert.
Le désert, il l’aperçut peu de temps après. La grande étendue de sable se profilait à l’horizon. Il poussa un cri de joie. Il y était arrivé. Maintenant, il fallait trouver la cause de l’Epidémie. Il se reposa donc un peu, mangeant quelques miettes de pain rassis avant de s’engager sur le sable brûlant. Le temps et les provisions lui étaient limités. Il ne savait pas combien de temps il pourrait tenir avec cette chaleur écrasante ni ce qu’il allait y trouver.
Plusieurs hypothèses peu crédibles se formaient dans son esprit, toutes plus incroyables les une que les autres.des extraterrestres ? Sûrement pas. Un vieux fou assoiffé de vengeance ? Improbable.
Il refusait de croire à une invasion martienne ou à une nouvelle guerre froide. Peut-être tout simplement une catastrophe naturelle ? Possible. Mais comment une tornade pouvait-elle mettre des gens dans cet état ? Bizarre. Hudson n’avait aucune connaissance en météorologie, mais il se doutait que cela n’était pas possible.
Il n’essaya pas de développer le sujet et terminer rapidement son repas. Il fallait économiser la nourriture le plus possible. Quand il eut fini, il sortit ses bottes et les enfila, ainsi que ses gants. Il s’équipa aussi d’un masque à oxygène. Je ne tiens pas à être contaminé, se dit-il.
Il se leva et commença à marcher.