Jack aspira, et la boisson remonta le long de la paille jaune transparente, pour se déverser en un jet petit et concentré sur sa langue, lui faisant goûter les joies du martini blanc. Son visage ne se dérida pas vraiment, pour la simple et bonne raison qu’il ne se déridait jamais, le sourire ne lui étant connu qu’à travers la bouche des autres, mais une étincelle brilla dans ses yeux, qui indiquait le plaisir qu’il prenait à tester ce nouvel alcool. C’était le troisième verre différent qu’il buvait, et en face de lui, Pierre le regardait, son sourire aux lèvres, l’air satisfait. C’est lui qui avait entraîné Jack à la terrasse de ce bar. Les serveurs n’avaient pas demandé la moindre carte d’identité, ils les avaient servi sans poser de question, amenant verre après verre, imparfaits automates au service de la consommation.
La nuit commençait à tomber, doucement, autour d’eux. Les passants, banals, anonymes, sans importance, défilaient dans un ballet de plus en plus discontinu. Parfois quelques animaux passaient, en trottinant ou en courant. Il y avait quelques autres personnes assises sur la terrasse. Un homme qui lisait un journal, une pipe à la bouche, un béret sur la tête, un bock de bière devant lui ; le stéréotype en force. Un couple, plus loin, d’une quarantaine d’années lorsqu’on additionnait leurs deux âges, qui se regardait timidement en se tenant la main, sans parler, sachant que c’était superflu. Ils avaient chacun un petit verre de vodka violette pas encore entamé. Autour encore, d’autres gens se parlaient. Deux jeunes hommes l’un en face de l’autre, à priori des amis, parlaient fort, comme si ce qu’ils disaient pouvait intéresser ceux qui ne participaient pas à leur discussion. Un gros homme d’une cinquantaine d’année regardait Jack d’un air réprobateur, fixant la paille avec un mépris non dissimulé.
« Le dernier film t’a plu ? »
Ils auraient sans doute pu rester en silence pendant une bonne heure sans profiter moins de l’ambiance, mais Pierre avait eu envie de parler, pour voir où en était son ami. Ce dernier resta un instant sans répondre. Il savourait le moment, il savourait son martini. Il but encore un peu, en regardant autour de lui, réellement heureux, au final, d’être ici. Une dernière gorgée, le bruit d’aspiration de la paille au fond du verre vide.
« Il était superbe. »
Ce n’est pas Jack qui a répondu, c’est Pierre qui a simplement continué, sachant que sa question n’appelait même pas de réponse, puisque celle-ci était claire. Sans pouvoir l’expliquer, Jack savait que Pierre ressentait plus ou moins les mêmes choses que lui. Devant un film, devant un verre, leurs goûts se rejoignaient, ce qui plaisait à l’un plairait à l’autre.
Bon ben toujours aussi bien, meme si c´était un peu trop court a mon gout ![]()
On attend toujours d´en savoir plus ![]()
Merci ^^ La suite ce soir ![]()
L´histoire va bientôt accélerer ![]()
Au fait je t´avais dit que rencontre avec Joe Black valait pas le coup ![]()
Bien...faut qu´il fasse gaffe il va f´nir bourré^^. Heu...ben z´attnds la suite, en espérant qu´elle s´ra moins courte ![]()
La suite stp, et moins courte, bien sûr si c´est possible ![]()
Rien à dire puisque j´ai pas relevé de fautes et que je peux rien supposer. Vivement la suite, si ça doit s´accélérer.
Lol, azerty ^^
Sinon c´est bien, quoi qu´un peu court cette fois ci =)
Ze next now
Hbbit : Franchement, moi je m´invente une autre fin en gardant toue le début, et je le trouve super, Rencontre avec Joe Black
Azerty : Bah tiens
Attend donc ;)
Fy3rA : Je poste juste une partie après l´autre, comme elles sont déjà écrites, ben la longueur ne dépend pas de moi en l´instant présent ^^"
KaiM : Encore 5-6 parties et on arrive à la partie centrale du récit
Bah, allé, finalement, j´en remets une cet après-midi ^^" Enfin jvoudrais pas vous déborder aussi !
Il se lève et s’éloigne. Je me lève aussi pour le suivre. Il avance, il décide de là où on va, de ce qu’on fait, et moi je l’imite, parce que je sais qu’il sait ce qu’il y a de bon pour moi. On a à peine fait quelques pas qu’un serveur déboule en criant qu’on n’a pas payé. Pierre m’adresse un sourire et me glisse de courir aussi vite que je peux, avant de se mettre lui-même à partir, les jambes à son cou. J’hésite quelques dixièmes de seconde à peine. Le vol m’avait toujours paru intolérable, mais Pierre me dit de le faire. Je fais ce qu’il me dit de faire. Je ne me pose pas de question, j’obéis, parce que c’est ce qu’il veut, et ce qu’il veut est bon pour moi. Je cours, moi aussi. Derrière, le serveur nous balance quelques insultes mais abandonne rapidement, conscient qu’une telle poursuite serait complètement inutile. Pierre et moi, on court encore un peu, pour la forme, c’est bon pour le cœur de courir, et ce qui est bon pour le cœur nous fait vivre plus longtemps. Et si on vit plus longtemps, ben on a plus de plaisir. C’est ce qu’il m’a raconté, un concentré de ses discours, dans la file du cinéma quand on a pas pu gruger, ou pendant que je buvais. J’ai confiance en lui.
On finit quand même par s’arrêter. On est toujours dans une grande rue, et il s’appuie à un mur, les mains sur le haut de ses genoux, respirant bruyamment, et je l’imite, puisque je suis moi aussi fatigué. On a pas couru longtemps, mais il fait vraiment chaud, et je sens de petites rigoles de sueur couler dans mon dos, mouillant mon t-shirt blanc uni. Pierre est habillé en noir. Il fait 25° à l’ombre, et Pierre a un polo noir, un pantalon noir parsemé de multiples poches, des chaussures noires épaisses. J’en arrive presque à le plaindre, mais il sait sans doute aucun ce qu’il fait. La preuve, il ne sue pas.
Il rigole et me met une claque dans le dos. Je ne m’y attendais pas du tout, et je suis crevé, aussi je manque de m’étaler sur le bitume. Je me rattrape de justesse au mur opposé, et lui jette un regard surpris. Lui, toujours hilare, se tient le ventre en voyant mon expression, tant il est inhabituel de voir une expression habiter mon visage. Sans que je ne puisse me l’expliquer, son rire m’énerve, et je fais une petite moue de mécontentement. Bien sûr, ses éclats redoublent encore en me voyant ainsi.
« C’est bon, ta gueule. »
C’est la première fois que je suis grossier comme ça. Il s’arrête, devient silencieux, m’observe avec un visage vraiment étrange. Je me demande quelques instants ce qu’il mijote, puis je comprends lorsqu’il se met à rire encore plus fort, qu’il ne faisait que se retenir. Il est obligé de se tenir une caisse qui traîne contre le mur.
« Ta gueule ! »
Comme il ne s’arrête pas, je n’y tiens plus, je lui balance mon poing dans l’estomac. Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça. Peut-être parce que je l’ai vu dans les films. A peine ai-je repris une position normale que je sens que je suis au bord des larmes. Mon poing me brûle, mes yeux me brûle, j’ai l’impression que j’ai fait la chose la plus nulle de ma vie, je m’en veux affreusement. Non pas pour Pierre, je sais que je n’ai pas tapé assez fort pour vraiment lui faire mal. Mais me laisser aller, ainsi… je comprends que c’est à cause de la blessure que j’ai ressenti, la première fois que je ressens une blessure qui, je le savais depuis le début, irait de pair avec mes plaisirs. Il m’a vexé, à rire, et jamais encore je n’avais été vexé, parce que tous les autres peuvent dire les pires immondices à mon propos sans me faire sourciller. Mais Pierre… je n’ai pas supporté qu’il se moque de moi. N’importe qui aurait pu se moquer, mais lui m’a blessé.
Je le vois qui se redresse. Il tend la main devant lui, comme pour me rassurer, en murmurant « t’inquiète », et lance à son tour son poing dans mon ventre. Mon souffle se coupe, et je m’écroule au sol. Le sport, c’est pour les autres, moi je n’en ai jamais fait que dans le cadre scolaire. J’allais dire que je ne m’en porte pas plus mal, mais en l’occurrence, c’est faux. Avoir déjà fait du sport m’aurait sans doute aidé à supporter ce choc qui me plie en deux. Je siffle un peu lorsque j’arrive à avaler de l’air à nouveau. Pierre est penché vers moi, et il sourit, comme toujours, et ça me rassure. Je ne lui en veux pas, il m’a rendu mon coup.
« Tu sais, j’ai lu un bouquin où des gens se battaient simplement pour se connaître. J’ai toujours eu envie de me battre, depuis, qu’est-ce que t’en dis. »
J’essaie de répondre mais je ne fais que gémir. Il fronce les sourcils, aussi je me concentre au maximum.
« J’en dis que tu m’as tué avec un seul coup de poing… »
Ma voix se brise sur le dernier mot, et il rigole encore un peu. Ca ne me fait plus rien, parce que ce n’est pas méchant. Je finis même par rire aussi. Je ris.
Lol, moi avec un pote on se bat sans arret pour s´eclater ^^
Dans l´atrium du lycée (lan dernier) on s´echangeait, a toutes les recrées, des coups de poing, pieds, coudes, genou, bref on delirait bien et on se faisaient bien remarqeur aussi ^^
Sinon, ben bonne partie quoi ^^
Ouais, ça bouge, ça avance... Il tourne mal le petit Jack, à partir sans payer...
Moi aussi, j´aime bien me "battre", juste par amitié, même si je ne peux pas dire m´être vraiment battue jusque là... le livre dont il est question est FiGht Club, soit dit en passant ;)
Et oui, il tourne mal
trèès mal ![]()
Rhooo le voyou!!! Finalement, c´est peut-être pas une si bonne idée d´avoir rencontré ce Pierre...ralala vivement la suite! ![]()
Zarb la nouvelle version d´etajv ça change !
J´ai lu les 3-4 derniere partie en rentrant de week end : c´est vrai qu´ il commence a y avoir de l´action...
C´est super.
(Il est bof ce nouveau design... enfin il sert à rien, quoi...)
Merci ^^
j´aime pas du tout ce design!!!le site a perdu sa chaleur!!!!
j´aime bien la suite!!!
il a enfin rit pour la première fois de sa vie!!!!
![]()
Heu juste pour signaler que moi aussi je hais ce design^^.
Moi je ne dis pas que je le hais, ou même que je ne l´aime pas, simplement parce que je me dis qu´il est possible qu´il me déplaise pour le moment parce qu´il est nouveau, et que je m´y ferai et qu´il me plaira. (Même si j´en doute.)
Bon sinon la suite, juste avant que je file devant le poste
Je marche dans l’ombre de l’immeuble attenant, en évitant de mes pieds les ronds colorés des chewing-gums collés sur le goudron. Une nouvelle journée de cours vient de s’achever, une journée banale. Je ne suis différent qu’avec Pierre. Avec lui seulement je parle. Le reste du temps, je confie le commandement à mes membres. Je pars m’isoler dans la cellule de mon cerveau, et je tourne parfois la tête vers la réalité pour voir où tout cela en est.
Trois paires de pieds interrompent le chemin de la mienne. Mon corps s’immobilise, dans l’impossibilité de poursuivre tout droit. Ma tête se relève. Une alerte retentit dans mon crâne me disant que la situation est inhabituelle, et que je vais sans doute devoir intervenir. Des ados, trois, donc, se tiennent devant moi, les bras croisés sur la poitrine, l’air vaguement menaçants. Ca va sûrement être un mauvais moment. J’essaie de rentrer à nouveau dans mon coin d’esprit, mais j’en suis rejeté vers le devant de la scène. Voilà que je vais être obligé de faire des choix… pourtant Pierre n’est pas là, ça ne me plaît pas.
Celui du milieu s’avance d’un pas. Il va parler, ça se voit avec une clarté époustouflante. Je peux lire sur lui. Depuis que j’ai remis le fonctionnement de ma vie à mes membres, j’ai pu observer, ou du moins mes yeux l’ont pu, et alors même que ça ne m’intéressait pas, à force de rester silencieux, j’ai appris à discerner les comportements. A juger d’un seul coup d’œil. A prévoir les situations. Jusque là, peu de personnes peuvent se targuer de m’avoir trompé dans mon analyse. Pierre en fait évidement parti, et c’est en partie de là que lui vient l’emprise qu’il a sur moi. Il ne sait seulement sans doute pas que j’en suis conscient. L’ado en face de moi va donc parler. Il est habillé comme un jeune de la rue, baggy, baskets, t-shirt blanc, veste en jeans, casquette retournée. Il va délivrer un message plutôt agressif. Il n’a pas l’air sincère, il le fait peut-être pour impressionner ses deux camarades. Toujours est-il que ce n’est vraisemblablement pas lui qui a choisi d’être ici à la base.
« Putain mec, il fait froid par ici. »
Je me tais. Je n’ai vraiment rien à dire. De toute ma vie, si j’avais eu le contrôle de mes paroles, je crois que je n’aurais que rarement eu moins de choses à dire que maintenant. Aussi, je ne bouge pas. Mon visage conserve cette expression que Pierre m’a décrite, une expression à priori blasée au plus haut point, totalement… inexpressive. Je lui ai rétorqué que c’était contradictoire, et il m’a sourit. Pierre est contradictoire, ai-je alors songé, et j’ai compris pourquoi il avait fait cette remarque. Il me pique, me pousse doucement, essaie sans arrêt d’obtenir des réactions de ma part. Il me choque, me force à réfléchir. Comme l’autre en face de moi.
« Si j’avais un peu plus de fric, je crois que je pourrais me payer des trucs plus chauds. »
Il fait chaud. J’hésite. Je me rappelle avoir déjà hésité de la sorte. Soit je lui sors quelque chose pour lui signifier qu’il fait chaud, et je fais semblant d’être un crétin total incapable de comprendre que je suis menacé, soit je continue de me taire. N’importe qui choisirais la deuxième solution si ces deux seules étaient proposées. Mais probablement personne d’autre que moi ne verrait que ces deux solutions. Finalement je me tais. Je ne vois pour l’instant pas l’intérêt de passer pour un crétin. Bien que mon silence ait probablement déjà donné cette image de moi.
En face, il a l’air désappointé. Ma totale absence de réaction le plonge dans le doute le plus intense, manifesté par la position étrange de ses sourcils. Celui qui est à sa droite s’avance un peu aussi, en prenant une petite inspiration pour pouvoir débiter ses menaces d’un ton plus agressif.
« Fais pas le malin ! File nous ton sweat et tire-toi ! »
Lui non plus n’a pas l’air franc. Comme si, au fond, il se fichait bien de mon sweat. J’hésite encore. Et pourtant, j’en ai franchement marre d’hésiter ; hésiter, c’est bon pour ceux qui décident de leur vie. Moi je m’en fiche de ma vie, alors je devrais pas avoir à hésiter. Est-ce que je leur donne ce sweat, puis je raconte à ma mère que je l’ai perdu, ou est-ce que je fais simplement demi-tour pour le garder ? Au final, moi aussi, je m’en fiche, de mon sweat. Un bout de tissu. Je dépose mon sac au sol, lentement, et j’entreprends de retirer mon sweat. Et je leurs tends, à bout de bras, sans plus d’expression que cinq minutes plus tôt. Ils me regardent d’un air presque atterré, comme si j’étais une sorte d’extraterrestre. Celui de droite, qui n’a pas encore bougé, colle sa main à l’oreille de celui du milieu, pour lui chuchoter quelque chose. Ce dernier acquiesce, puis avance vers moi. Je ne bouge pas d’un pouce. Il prend le vêtement, puis tout à coup s’élance en avant et me plante son point serré dans le ventre. Comme hier avec Pierre. J’ai le souffle coupé, mais je reste debout, je m’appuie tant bien que mal au mur. Et je me mets à rire, en me souvenant de la veille. L’autre, en face, est complètement déconcerté.
« Ta gueule ! »
Il lance son pied dans mes côtes, et je m’écroule contre la paroi de béton, et je ris encore.
« T’es dingue, mec. »
Et, d’un commun accord, ils s’en vont. Ils ont oublié mon sweat, qui traîne à côté de moi.
effectivement je crois que je réagirais également comme ces pauvres gens si j´avais une personne du même genre en face de moi. Le type qui rigole quand on le rackette et qu´on l´tabasse, ça fait quand même bien taré...
Pauvre Jack n´empêche, ´lui arrive qu´des emmerdes mdr.
Allez la suite!!!
excusez moi de la question peut etre un peu impertinente mais :
pourquoi faites vous tous une fixation sur les fautes d´orthographe ?
Pour moi un texte bourré de fautes tant qu´il est lisible et compréhensible n´est pas blasphématoire enfin voila je ne vois pas de problème et la remarque "je ne vois pas trop de fautes " est pour moi juste un moyen de meubler une critique