Trop bien géré, rien a dire ! C´est génial...
miss_allsunday => C´est vrai, c´est pas bien long :/ Enfin c´est la longueur la plus courante de mes "parties", puisqu´il n´y a pas de chapitres.
Pau => Merci ^__^
![]()
^^
Hop la suite, relativement longue par rapport à ce que je mets habituellement
« Hey, où tu vas comme ça ? »
Pierre trottina pour parvenir au niveau de Jack. Ce dernier fut si surpris qu’il pila presque net, manquant de provoquer une collision entre leurs deux corps. Il se regardèrent un instant, sans sourciller, puis Jack détourna le regard, presque gêné par ce moment de silence.
« Ben… au lycée… »
Pierre, étonnement, sourit. La pensée fugitive traversa l’esprit de l’autre, que ce sourire n’avait jamais disparu, mais que son possesseur avait la capacité de le faire oublier ou de le faire revenir au premier plan suivant ses intentions, pour mieux manipuler son interlocuteur. Ce sourire, allié à ces yeux, pouvait faire passer n’importe quel message, autant que Jack pouvait en juger.
« Laisse tomber le lycée, c’est un piège à cons, ça veut te faire croire que tu vas apprendre quelque chose, mais t’en as rien à battre, tu gâches ta jeunesse dans des salles de cours !
-Mais… mais non… »
Jack était perdu.
« C’est obligatoire, et puis… il faut que j’apprenne un métier…
-T’es un pigeon ! Obligatoire, mon cul, de quel droit ils t’obligent à faire quoi que ce soit ? Tu es un être humain, t’es né libre, ils le disent eux-mêmes !
-Même si c’est pas obligatoire, il faut bien que j’y aille, pour gagner ma vie plus tard. »
Jack avait repris sa marche, bouleversé par le flot de paroles qui s’abat sur lui. Non que les concepts énoncés par Pierre le choquaient particulièrement ; simplement, il était loin, à des milliers de kilomètres, d’avoir l’habitude de soutenir un rythme de paroles aussi élevées. Et sa bouche ne l’aidait qu’à peine.
C’était comme ça depuis le matin. Jack se lève, et se rend compte qu’il ne bouge pas. Il attend quelques minutes, immobile, stupide, abasourdi par cette absence totale de mouvements. Sa mère finit par passer la tête par la porte, et voit son fils, debout au milieu de sa chambre, les épaules un peu voûtées, les yeux dans le vague, attendant visiblement le déluge.
« Chéri… Qu’est-ce que tu fais encore là ? D’habitude, tu es dans la cuisine à 7 heures douze… »
Il attend quelques secondes, puis, presque énervé contre son corps, tourne la tête vers elle, et la hoche, lentement, de haut en bas. Sa mère ne s’inquiète pas de cette lenteur, qu’elle connaît bien, et qui caractérise son fils la plupart du temps. Elle se contente d’imiter le mouvement de crâne de l’autre, de faire un pas en arrière et de fermer la porte sans actionner la poignée. Jack attend quelques secondes encore, finit par se décider à s’habiller. Il dirige ses mains, effectue les gestes qu’il les a vu faire des milliers de fois, sans jamais y prendre part. Il est un peu maladroit, mais il parvient à se retrouver avec son pantalon, son slip, un t-shirt et un sweat bleu foncé orné d’une inscription sur le cœur, « zero-zero-one ». Il jette un coup d’œil à son réveil et se rend compte qu’il est trop tard pour prendre une douche. Il descends donc et part ainsi, sans petit-déjeuner. Il ne petit déjeune jamais, mais ce matin, son ventre le tiraille, sans doute à cause du fait qu’il a sauté son dîner de la veille. Ce qui ne change rien à ses habitudes ; il ne songe en fait même pas à petit-déjeuner, il n’envisage pas que cette possibilité existe.
« Mais tu t’en bats les couilles ! Regarde cette société, elle est tellement merdique qu’elle permet à des résidus comme moi de vivre sans rien foutre ! Mais en attendant, je profite plus de la vie que n’importe quel autre péquenaud qui trime comme un dingue pour espérer pouvoir s’acheter, un jour, la voiture de cette pub, ou avoir la femme de ce magazine. Toi aussi tu veux cette lampe pourrie ?
-Quelle lampe pourrie ?
-Aucune lampe pourrie, c’est juste un exemple de la futilité de cette société de consommation…
-…
-Tu comptes travailler dur pour habiter dans un bel appartement avec de beaux meubles, une belle voiture et une belle femme ?
-Ben… ouais… pourquoi pas… »
Pierre resta un instant interdit. Pour la première fois, le sourire avait déserté son visage. Il avait même l’air en colère. Jack ne savait pas pourquoi, mais un peur panique était soudain née en lui, devant cette légère moue de mécontentement qui, il le devinait, trahissait chez son ami une très forte contrariété. Une angoisse profonde lui nouait les entrailles, et il attendait, non pas avec résignation comme toujours jusque là, mais avec crainte, la réponse qui allait lui parvenir, cinglante sûrement. Il avait d’autant plus peur que la peur lui était encore si peu connue… ce déferlement renversait sans la moindre difficulté toutes les maigres barrières érigées par son esprit naissant. Enfin, il avait peur parce qu’il ne savait pas de quoi il avait peur. Il n’aurait pas dû s’inquiéter pour une petite colère de Pierre, et pourtant, il avait l’impression que tout était sa faute, qu’il venait de lancer une ogive nucléaire sur la ville, que l’univers s’apprêtait à imploser à cause de ses derniers mots. Il aurait pu tenter de se rattraper, dire rapidement « Mais pas forcément, ça ne me dérange pas d’être pauvre… », mais il sentait qu’une telle phrase n’aurait fait qu’empirer la situation. Aussi il se tu, accélérant inconsciemment le pas, espérant sans doute, sans même s’en rendre compte, échapper aux vagues négatives qui jaillissaient de son ami, envoyant balader les certitudes de Jack.
Il se rendit même compte qu’il régressait ; ses pieds reprenaient le contrôle, il ne voulait plus rien que s’enfermer dans sa citadelle de silence, il ne voulait plus rien diriger, il ne voulait plus connaître le plaisir, la douleur ou la peur. Il voulait à nouveau que ses mains l’habillent d’elles-mêmes, que sa bouche s’ouvre sans qu’il ne lui demande rien, et, surtout, il voulait à nouveau se retrouver seul, perdu certes, mais sans émotion, vide. L’envie, si petite fut-elle, qu’il avait connu grâce à Pierre, de vivre, avait été pour lui un enthousiasme dévorant, brûlant, qui avait consumé en quelques heures toutes ses non-ambitions, avant de s’éteindre totalement. C’en était fini. Il souhaita que Pierre cesse de marcher, qu’il arrive au lycée sans être accompagné, et que sa journée, et la suivante, et sa vie, se passent ainsi que les précédentes.
Contrairement à ses attentes, c’est une réponse très calme qui lui arrive.
« Pauvre Jack… commence à courir après ces pièges à con, et jamais tu ne t’en sortira. T’es qu’un gars quelconque, tu voudras toujours cette nouvelle chose, et tu n’auras jamais assez d’argent pour t’acheter la suivante. Tu ne seras jamais une star, malgré ce que tout veut te faire croire, tu finiras dans un appartement minable en ayant toute ta vie claqué ton fric pour te meubler, sans jamais penser à ton véritable bonheur… »
Jack était troublé. Pierre s’était trompé ; jamais Jack n’avait cru devenir une star. Il avait vu juste par contre sur l’absence de recherche du véritable bonheur. Il aurait même pu dire du bonheur tout court, ça n’aurait pas été moins vrai. Jack hésita à répondre. Il se dit que, s’il ne répondait pas, qu’il baissait la tête et marchait vers le lycée, Pierre ne dirait rien et le laisserait s’en aller. Ca valait la peine d’essayer. Il baissa la tête, puis tourna les pieds. Essaya de tourner les pieds serait plus juste. Ses pieds ne bougèrent pas d’un pouce. Bougez, pieds, et en vitesse, j’ai un cours. Rien à faire. Il avait perdu la maîtrise sur son corps, mais celui-ci avait visiblement pour but de le pousser à la reprendre en le forçant à fréquenter Pierre. Raisonnement tordu s’il en est.
« On a pas assez de temps pour se permettre de courir après l’illusoire ! Profite de ta vie, tu vis dans une société assez conne pour permettre que des parasites puissent s’amuser sur son dos. Qu’est-ce que tu en as à faire, de pas avoir le plus beau canapé ? Tu vis et tu t’amuses, ce sont les deux seules choses qui comptent. Tu toucheras l’allocation chômage, t’auras pas énormément d’argent, pas la meilleure bouffe, mais t’auras tout le temps libre que tu voudras pour faire tout ce qui te passera par la tête. Alors arrête d’aller au lycée.
-Et si plus tard mon envie c’est de travailler ? »
Pierre a un regard chargé d’un tel mépris que Jack en a le souffle coupé et fait un pas en arrière.
« Ben vas-y. Va t’emmerder en cours. »
Jack ne pose pas de question, il ne répond pas, il tourne sur lui-même et reprend sa marche, piteux, la tête baissée.
Eh bien, pauvre Jack... (juste à un moment tu dis "un peur" au lieu de "une peur", faute de frappe^^)
Ah, et euh la suite!^^
Bon ben je mets une suite très courte vu que tu es le seul à avoir commenté, Az ^^"
(Mmh j´avoue, c´est une excuse bidon parce que la partie qui suit est courte, mais ça tombe plutôt bien au final ^^)
J´en remettrai sans doute un bout ce soir
Ma vie reprend plus ou moins son cours. Plus, parce que j’ai à nouveau cédé le contrôle de mon corps, parce que je ne prends plus de décision, que les choses se font comme dans le temps ; moins, parce que Pierre me hante. Son image et ses paroles, qu’il les ait prononcé ou que je les imagine, tournoient dans mon esprit sans jamais me laisser le moindre instant de répit. Trois jours se passent, et mes membres ont reprit leur ballet habituel, et mon cerveau se triture seul les méninges, sans raison valable, juste pour m’embêter.
Personne n’a rien remarqué. Mes professeurs continuent de m’ignorer, grâce à l’accord tacite qu’a passé ma bouche avec eux, à savoir ne pas plus s’ouvrir pour donner les réponses que pour faire du bruit inutile ; mes parents continuent de me saluer quand je rentre le soir, sans détourner le regard de l’activité qu’ils ont en cours ; … ce sont finalement les seules personnes qui ont une excuse pour faire attention à moi. J’entends Pierre, moqueur, qui me dit que je ne suis qu’un pauvre gars qui ne fait rien de sa vie et dont tout le monde se fout parce qu’il n’en fera jamais rien. Pierre qui ne veut pas se taire alors même qu’il n’est pas là.
Le temps passe.
trop trop bien!!!!! ![]()
Il régresse. Cela dit, la façon de penser de Pierre a aussi quelque chose d´inquiétant. Que va devenir Jack?
Ouaip, vu qu´il y a que deux personnages principaux, ils ont interêt à être un minimum consistants ^^" Alors je vais pas les laisser faire les choses à moitié
Ca va y aller !
Et merci ^^
J´l´aime bien Pierre mwa lol
Suite? =)
Je viens de tout lire, et franchement, j´aime bien! même beaucoup mais bon ^^
Je me demande juste ce que va devenir Jack, Il régresse c´est vrai, mais en fréquentant pierre, que va-t-il devenir? ...
Enfin, je verrais bien avec le temps ^^
Suite ![]()
Eh bien, tu as du courage d´avoir tout lu en un coup, Fy3rA, même si ce n´est pas encore si long ^^ Je t´en remercie d´ailleurs
Et merci à tous ceux qui suivent, commentent et critiquent ^^
Jack était allongé dans son lit, les mains derrière la tête, comme toujours lorsqu’il était chez lui sans rien à faire. Dans ces instants, il se vidait purement et simplement la tête, faisait tout son possible pour que son mental devienne aussi inactif que son corps. Sans guère de réussite. Toujours, Pierre revenait. Il parlait moins, mais les souvenirs des quelques instants passés étaient encore là.
Ses dernières journées se sont passées sans rien de remarquable. Son niveau scolaire a légèrement baissé. Ses réflexions ininterrompues sur Pierre ne facilitent visiblement pas l’assimilation des cours. Il lui arrive de se réveiller dans une salle de classe, sur sa chaise, parfaitement droit, et à priori attentif, après avoir passé plusieurs dizaines de minutes complètement ailleurs. Ses mains et ses pieds ont effectué ce qui était nécessaire, et lui n’en a même pas eu conscience, il était perdu dans ses pensées, au point de ne plus voir du tout le monde environnant.
« Alors, tu t’éclates ? »
Jack se redressa brutalement, mû par sa propre volonté, sachant avec une perfection extraordinaire ce qu’il allait voir en levant les yeux. Et cela ne manqua pas. Pierre, debout, la porte très légèrement entrouverte. Et le demi-sourire figé. Même s’il ne s’en était, étrangement, pas rendu compte, malgré les heures passées à y penser, Jack savait depuis plusieurs jours qu’il ne resterait pas longtemps seul. Pierre reviendrait, c’était inscrit en lettres de feu dans son destin, parce qu’il avait dit oui. S’il avait été abandonné, la vie n’aurait pas eu la moindre signification ; et si certes c’était ce qu’il pensait jusque là, Pierre lui avait démontré que le contraire pouvait être possible. Et avec le temps qui passait, la voie dirigeant vers une existence dénuée de sens s’effaçait avec une lenteur toute consciencieuse, dépavée pierre après pierre par les ingénieuses semailles de l’autre. Chacune de ses remarques, Jack s’en rendait compte, avait contribué à le conduire à ce début de soirée, à demi allongé dans son lit, à accepter cette visite et ce qu’elle allait signifier.
Il hésita ; comme chaque fois que l’autre était à proximité, une idée farfelue lui vint à l’esprit, en l’occurrence de répondre sarcastiquement qu’il s’éclatait effectivement. Ce n’aurait pas été vrai, ni vraiment faux, puisque le sens du verbe « s’éclater » échappait à la conception de la vie à laquelle il était revenu. Finalement, il resta fidèle à lui-même, et se contenta de garder un silence prudent, le regard rivé à celui de son ami. Un temps passa ainsi, sans la moindre parole échangée, seulement empli de leurs deux regards chargés de non-dits.
« Tu viens au cinéma ? »
Réminiscences… Jack se rappelle la première séance de cinéma. Son esprit hurle que c’est le genre de chose qui donne des émotions. Sa morgue le supplie de fermer les yeux et d’attendre que Pierre parte. Mais Jack est Jack, une nouvelle fois. Il acquiesce imperceptiblement et se lève. Il ne sait pas s’il a cédé ou s’il s’est repris.
(Oui, c´était assez court, et c´est pareil pour les quelques suivantes...)
Ouais j´ai du courage en quelques sortes ^^ et de rien
Et à présent, je repose la même question " Que vas devenir jack ? "
La suite ![]()
Pour dire que cç tue tjrs quoi!
Bien que ce soit très calme, cette histoire accroche vraiment.
Ce que va devenir Jack, ben c´est le but de l´histoire
Merci ^^ La suite demain matin
Ce soir je dois écrire ! (Et ptête regarder Rencontre avec Joe Black.)
Rencontre avec Joe Black vaut pas le coup, écris plutot la suite ![]()
Lol
Ben jvais lvoir quand même
Dtoutes façons je viens d´écrire
Même si ces trois derniers jours j´ai moins écrit que ce que j´aurais voulu... J´espère que ça va reprendre dès demain !
Ouaip, faut qu´ca r´prenne...
Hum, heu rien à redire à part : LA SUITE!!!
La suite dans une seconde
(Au fait, Joe Black, si on s´imagine une autre fin un peu moins... pas bien, c´est génial ![]()