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Liste des sujets

Fic : Moux

Grhyllou
Grhyllou
Niveau 3
11 septembre 2005 à 19:23:15

Merci ^^

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
11 septembre 2005 à 19:41:10

´vrai qu´c´est zarb´, surtout qu´on est repassé à la troisième personne...m´enfin je préfère la troisième honnêtement^^. Sinon, bah rien à redire, pas rel´vé les fautes non plus, et le mystère s´épaissit encore. N´empêche c´t´une bonne nouvelle pour lui, il vient de se faire un ami^^.

miss_allsunday
miss_allsunday
Niveau 7
11 septembre 2005 à 19:45:46

que vas t´il se passer!!!!le suspence est intense... :fou:

missgenie
missgenie
Niveau 3
11 septembre 2005 à 22:13:31

Comme d´hab, du suspens chez mister Grhyll...
Comme d´hab, un texte étrange avec une atmosphère un peu oppressante, des personnages bizarres ! Ce n´est pas la première foi que je te lis en kit, mais la fois précédente (Gabrielle) c´était volontaire et par manque de temps... Le suspens ici est très bien géré, et j’attends la suite !

xbq_
xbq_
Niveau 9
12 septembre 2005 à 16:58:36

"Grhyllou Posté le 09 septembre 2005 à 21:22:28
Mmh si le héros est mou"

Doit-on comprendre que le "moux" est censé être le pluriel de "mou" ?
Mon Dieu, et j´ai mis 3 jours pour repérer une faute aussi ignoble ?

  • se pend*

(si, si, je lirai, bordel ! )

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
12 septembre 2005 à 19:53:32

Mwahahaha, ne t´inquiète pas, je n´ai jamais prétendu que c´est le contraire, et la preuve en est qu´il n´y a qu´un seul personnage de mou :) C´est juste un... "ami" à moi, que moi et mes amis appelont "Moux" parce qu´il est tout... moux... (prononcer Mouxe et pas mou)

Désolé Azerty, pour la personne, ça va osciller tout le long du récit ^^" Et merci les miss :p)

(xbq : j´attends ton avis avec impatience :p))

« Alors, qu’est-ce que tu veux faire ? »
Jack regarde l’autre.
« J’aimerais connaître ton prénom, répond, pragmatique, sa bouche.
-Pierre. » Il sourit. « Pierre Jeanpignon. »
Jack se dit que c’est un étrange nom. Un vague souvenir remonte à sa mémoire, qui est aussitôt énergiquement chassé par l’instant présent.
« Tu veux faire quoi, donc ? »
Jack a presque un sourire, puis une chape de pi… de béton tombe sur son visage. Qu’est-ce qu’il veut faire. Mince. Ca, c’est une question vraiment trop dérangeante… Bon sang, c’est la première fois qu’il lui vient à l’esprit qu’il pourrait décider de quelque chose, et cela l’effraie au plus haut point. Cela doit se voir dans ses yeux, parce que Pierre fronce encore les sourcils, comme tout le monde n’arrête pas de le faire dans cette ville. Jack est perdu. Un gouffre s’est ouvert pour lui, un vide immense qui l’attire inexorablement, et qui l’entraîne vers une chute mentale assurée. La tête lui tourne, il voit les lumières danser autour de lui. Ses mains sentent probablement son trouble, car elles se crispent sur la barrière où il s’appuie. Ses pieds transmettent aux jambes l’ordre de flageller un peu pour compléter le tableau. La bouche enfin est bien trop proche du cerveau pour être indemne, et elle contemple elle aussi le gouffre béant, ce qui s’observe à sa façon de s’ouvrir et de se fermer sans autre raison apparente, si ce n’est peut-être qu’elle désire parler poisson. Pierre en doute toutefois, et il passe au froncement de sourcils niveau 2.
« Jack ? »
Jack est rejeté sur les rivages de la réalité. Ses yeux papillonnent quelques secondes, sa bouche ralentit son mouvement, et le termine en position fermée. Ses jointures blanches de main se détendent quelque peu et reprennent une teinte normale. Il regarde autour de lui, étonné. Il lui semble voir les couleurs pour la première fois, comme s’il avait jusque là vécu dans un monde en noir et blanc. Cette question est… surprenante.
« Je… je ne sais pas, je ne peux pas répondre… »
Pierre secoue la tête de droite à gauche, visiblement consterné.
« C’est encore pire que ce que je pensais… Allé, viens, on va… t’as de l’argent ? »
Jack se concentre. Sa bouche fait une grève momentanée de la réflexion, elle attend qu’il lui fournisse la réponse. Il remonte le fil de ses souvenirs, avec difficulté. Son portefeuille. Il a un portefeuille dans la poche droite, qui contient de l’argent que lui a donné sa mère, au cas où il en aurait besoin…
« Oui. »
L’autre a un grand sourire, comme s’il avait cessé de sourire quelques secondes et qu’il se rappelait soudainement qu’il ne devait jamais cesser.
« Ca te tente, un cinéma ? »
Encore une question. Jack voudrait tout à coup être ailleurs, deux questions aussi personnelles en si peu de temps, c’est une véritable torture. Heureusement pour lui, ses pieds ont décidé qu’il était temps de lui venir en aide, et pourquoi pas après tout ? Ils ont déjà décidé de le faire aller ici, c’est maintenant leur faute s’il est dans le pétrin jusqu’au cou. Ils ordonnent dans l’instant à la bouche de dire oui. Celle-ci tente de résister, toujours dans sa volonté de grève, et y parvient presque ; seulement, c’est la tête qui prend tout et se voit contrainte d’acquiescer. Jack, lui, ne répond plus de rien. Il s’est placé, en quelques sortes, en position d’observateur zen. Toute émotion l’a abandonné, il attend avec résignation la folie qui va forcément arriver. Résigné ; c’est le mot parfait pour le décrire. Qu’il explose dans l’instant ou qu’il aille au ciné, c’est du pareil au même, pour lui.
Pierre, lui, est content. Il y a une étincelle au fond de ses yeux, une lueur qui se veut encourageante, comme pour dire : « Allé, c’est pas toi qui l’as fait, mais c’est le bon choix. » Et puis il se retourne et se met à marcher.
Jack est toujours l’observateur zen. Ses pieds avancent, suivant la piste de l’autre. Même le sourire de pierre ne semble pas pouvoir troubler la zénitude toute puissante qui a pris possession de l’esprit de Jack.

KaiM
KaiM
Niveau 11
12 septembre 2005 à 19:57:55

Tout ça pour deux questions, mdr...

Je suis définitivement accro.

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
12 septembre 2005 à 20:09:42

Merci :D

missgenie
missgenie
Niveau 3
12 septembre 2005 à 21:31:50

Moi z´aussi !! !!
C´est clair que les petites pointes d´humour aigaient le texte de temps ezn temps, j´adore !

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
12 septembre 2005 à 21:38:50

Clair que réussir à faire tout un texte sur deux questions...simples, qui plus est, félicitations.

Rien à redire, mais arrête d´être moux et ponds-nous vite une autre suite. :o))

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
12 septembre 2005 à 21:42:39

Les ptites pointes d´humour, c´est vrai qu´il y en a pas mal dans ce paragraphe, mais sinon elles sont assez rares... sinon j´ai déjà écrit beaucoup, beaucoup de cette histoire, mais je préfère en mettre juste une par soir pour être sûr de ne pas surbooker les lecteurs :) Mais là j´en suis à la 23° page sous word, et je n´en ai posté que... 5 :) Donc j´ai une ptite marge ^^ Et tant qu´à faire j´aimerais la conserver aussi longtemps que possible, j´écris tous les jours mais pas forcément autant que je l´aimerais :)

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
12 septembre 2005 à 21:43:56

Nan mais c´était juste une tentative d´humour débile...cherche pas :o))

Grhyllou
Grhyllou
Niveau 3
13 septembre 2005 à 19:20:54

Ok d´ac ^^"

Bon beh la suite :) Sans doute le plus gros morceau jusque là...

« Pourquoi tu fais ça pour moi ?
-Chaipas… sans doute parce que tu en as bien besoin… »
La tête de Jack, mue par une sorte de ressort, se releva afin que ce dernier puisse fixer cet ami tombé du ciel dans les yeux. Sa bouche, que le film avait rendue plus docile, poursuivit dans la même voie qui, par chance, correspondait à celle de la pensée de son propriétaire.
« Ouais… mais pourquoi moi ?
-T’es pas content ? Tu veux que j’aille faire la nounou avec un autre ?
-Non, non, bien sûr… »
Jack se figea. Il venait de répondre quasiment sans hésitation à une question qui nécessitait la mise en route de son cerveau et de ses envies propres. Il se surprit à frissonner, presque inquiet des changements qu’il sentait se produire en lui. En quelques heures, ses idées sur la vie, son fatalisme patiemment érigé au cours des années passées, tout ce qui l’avait conduit à accepter la vie comme la mort, s’effondraient consciencieusement, avec une lenteur désespérante, sans doute due à l’habitude qu’il avait de tout faire lentement. Bientôt, se disait-il, il n’aurait plus de raison de ne pas faire les choses rapidement, si tout se poursuivait de la sorte. Il aurait bien voulu que cette séance de cinéma n’ait jamais existé, et se réveiller dans son lit, mou, morne, mort. Une terrible frayeur du bonheur s’insinuait insidieusement dans les fibres qui constituent Jack.
Un souvenir à la fois effroyable et délicieux.
Ses mains qui sortent son portefeuille de sa poche, pour la première fois en extérieur. C’est simplement la première fois qu’il se paie un loisir. Derrière, Pierre l’encourage d’un sourire, et étonnamment, ces dents dévoilées aident effectivement Jack, dont les doigts tremblent un peu. Devant, la caissière a une expression d’ennui profond, derrière sa paroi de protection. Ses soupirs passent avec langueur par les trous pratiqués dans la surface transparente. Derrière, les clients suivants parlent entre eux, ou bien jettent des regards excédés vers les affiches placardées aux murs, tout ça pour tenter de ne pas voir le triste spectacle de ce spectateur qui ne sait pas se servir de… son portefeuille. Finalement, les pièces sont enfin extraites de leur poche. Elles tintent sur le support qui les accueille joyeusement, et quelques discrètes manifestations de soulagement se signalent derrière par divers bruits ou gestes. La caissière n’en garde pas moins ses yeux de poisson, sans effectuer le moindre mouvement. Pierre jette un regard rapide à la scène et s’avance d’un pas, pour pousser les pièces dans le creux, où l’employée pourra les saisir. Il a un petit sourire d’excuse. Les pièces sont ramassées par une main aussi moite qu’experte, et là, le pauvre, pauvre Jack manque de faire une crise cardiaque.
« Il manque soixante centimes. »
La voix est tombée comme un couperet, comme un couperet mou et gluant. La victime déglutit avec difficulté, devient toute blanche. Cet instant semble se suspendre dans le temps, un bullet-time personnel. Derrière, les discussions sont tellement ralenties qu’elles ressemblent à de longs et graves gémissements, un bourdonnement sourd qui résonne dans le crâne bouillant de Jack, qui croit qu’il va exploser, jusqu’à ce qu’un nouveau bruit attire son attention. Pierre a posé deux pièces. L’une d’elle tourne encore sur la tanche, à une vitesse qui semble avoisiner le tour/heure, en captant tous les reflets possibles pour éblouir le plus grand nombre de fois possible notre nouveau Moïse. Ce dernier, justement, gèle. Sa bouche décide qu’il est temps de commander un sourire timide, qu’elle esquisse donc, tandis que les regards des deux ados se rencontrent. Pierre a l’air désolé et gêné, mais garde son sourire, et se gratte la nuque avec la main gauche en riant doucement. La caissière, de son air perpétuellement blasé, tend son ticket, que le sauveur récupère pour son protégé, et tire ce dernier par la manche pour éviter qu’il ne reste bloqué devant la caisse. Les pieds suivent, eux n’ont pas été bloqués pendant tout ce temps. Ils se sont même plutôt ennuyés, et ils sont heureux qu’il y ait quelqu’un pour prendre des initiatives. Jack ne les a jamais emmené au cinéma, ils ne savent pas ce qu’il faut y faire, et se retrouvent incapable de guider correctement leur possesseur ; c’est un véritable soulagement pour eux de n’être pas seul à décider de la marche à suivre.
Leur propriétaire, quant à lui, se remet de ses émotions. Ses membres ont cessé pour un temps de lui transmettre les informations habituelles, il dispose seulement de la vue, de l’ouïe et de l’odorat, et encore, de manière si atténuée qu’il aurait bien pu être totalement coupé du monde extérieur. Il est prisonnier dans sa tête, ligoté dans sa surprise, assommé par le déferlement de nouveau. Il essaie avec un maximum de calme d’oublier ces évènements extraordinaires. Il se concentre sur des phrases simples et inutiles, provenant de ses cours. « f est une fonction périodique de période T si pour tout x f(x+T)=f(x). » La caissière. « Si f´(x)=0 au point d´abscisse a, alors f(a) est un extremum de la fonction (minimum ou maximum). » Ses yeux de poisson. « Soit f dérivable en a, la tangente à Cf en a est la droite d´équation:
Y=(x-a)f´(a)+f(a). » Le noir. Il est calmé. Pas pour longtemps.
La deuxième paire de doubles portes protégeant la salle vient de lui laisser le passage. Ses mains retiennent machinalement le battant de droite pour la personne suivante, bien qu’elles se fichent royalement, au fond, du sort de cette personne suivante. Jack recouvre peu à peu ses sens. Il ne croit pas à l’image floue que lui transmettent ses yeux. Il ne peut pas y croire. Des centaines de fauteuils alignés, sur une vingtaine de niveaux, installés en face d’une gigantesque estrade. Sa bouche déglutit, elle est aussi mal à l’aise que lui. Enfin, elle l’est évidement moins, puisque personne ne peut l’être autant que lui, mais elle atteint tout de même un manque d’aise niveau 3. Jack a crevé le niveau 10. C’est reparti pour cinq minutes de folie.
Heureusement, Pierre veille encore sur lui, et lui reprend la manche, qu’il avait lâché alors que tout présageait un rétablissement chez le sujet. Il l’attire vers le centre de la salle, au septième rang, à la douzième place en partant de la droite, l’entrée de la salle étant située à gauche de celle-ci pour un observateur faisant face à l’écran. Les sièges sont couverts de velours rouge couturé de fil noir apparaissant par endroit. Le sol est tapissé d’une moquette noire aux poils drus et frisés, et des sortes de plinthes en plastique noir protègent le coin des marches de l’escalier permettant d’accéder aux places du bas. Des lumières sont incrustées dans la façade verticale de ces marches, éclairant efficacement le passage. Les murs également sont noirs, semés à intervalles réguliers d’enceintes. En bref, une salle de cinéma parfaitement banale. Une comme Jack n’en a jamais vu.
Un qui plonge Jack dans des affres de terreur absolument incommensurables. La preuve, il lui revient des formules qu’il pensait ne même pas connaître. Ec= ½Mv². Ep=mgh. DEc = Ec(B) - Ec(A) = SWA-->B. Il n’avait jamais remarqué à quel point les formules mathématiques pouvaient servir d’anti-stress. C’était même plutôt le contraire d’après ses camarades, qui s’infligeaient inutilement le stress, pour se donner l’impression d’avoir du pouvoir sur leur vie. Jack se calme. Il ouvre les yeux. Il se rend compte qu’il est assis, dans un siège confortable. Il tourne la tête, hésitant, effrayé à l’idée de rencontrer de nouvelles causes de choc. Il croise le regard de Pierre, encore une fois. Ce dernier a un sourire qu’il veut encourageant, mais qui fait encore plus peur à Jack. Jack a peur.
Et il se calme, encore une fois. C’est lent, cela met plusieurs minutes, pendant lesquelles il se concentre sur l’écran blanc. Il se calme. Sa tension redevient normale.
Et les présentations démarrent.

KaiM
KaiM
Niveau 11
13 septembre 2005 à 19:29:34

C´est pas des mathématiques, c´est de la physique.

A part ça, le suspense est à son comble. Quels tourments les présentations vont-elles causer à Jack?

Là, on sent que je suis rentré dans l´ambiance. La suite! Ah non demain c´est vrai...

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
13 septembre 2005 à 19:35:49

Franchement excellent. C´est vrai que c´est beaucoup plus long que d´habitude, et ça n´en est que mieux! C´est extrêmement intéressant, tu rends bien les idées/impressions de Jack, nan bravo et vivement la suite!

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
13 septembre 2005 à 20:39:40

C´est vrai, sur la fin c´est de la physique ^^" Gageons qu´il emploie le terme "formules mathématiques" pour des formules tout courts :P (Bon ok je change ça dans la version vraie ^^")

Jvoudrais pas gâcher la surprise, mais le "Et les présentations démarrent" marquent en fait le début d´une ellipse ^^" C´est un texte très elliptique (d´ailleurs j´en utilise pratiquement dans tous mes textes, en assez grande quantité, mais celui-là bat quand même quelque reccord), il laisse quelques trucs à imaginer en dehors de ce qui est écrit :)

Merci aussi Azerty ^^ Les suivantes sont un peu moins longues, un peu moins d´une page word...

missgenie
missgenie
Niveau 3
13 septembre 2005 à 21:31:27

Mais qu´il est pointilleux ce KaiM ! Physique, maths... Pffff...
C´est toujours aussi bien ! Nan, c´est de mieux en mieux !

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
13 septembre 2005 à 21:34:18

Rien que ça ^^´´

Merci Pau :D

Grhyll
Grhyll
Niveau 7
14 septembre 2005 à 17:35:15

Ehh bien la suite :)

Jack revint sur terre. Première vision, guère étonnante : Pierre, qui sourit d’un air perplexe. Ils étaient dans la rue, à quelques dizaines de mètres du cinéma, dont l’enseigne lumineuse éclairait la rue plongée dans la semi obscurité précédant la nuit.
« Tu m’as entendu ? »
Jack cligna des yeux pour chasser les dernières réminiscences. Il oscilla un instant entre un retour dans la folie et une émergence totale devant la nouvelle question qui lui était posée, mais sa bouche choisit pour lui, décidant qu’une question comme ça ne requérait pas beaucoup d’intelligence et n’avait que peu de rapport avec l’aléatoire d’une question ouverte. Elle s’ouvrit par conséquent :
« Non. Je… Je pensais à autre chose.
-Ca fait dix minutes que tu pensais à autre chose, ça va ? »
Aïe. Déjà plus compliqué, nettement plus compliqué. Jack réfléchit intensément ; va-t-il bien. A première vue, non. Il est complètement secoué par tout ce qu’il vient de vivre. Il a été bouleversé dans tous les sens ; d’abord choqué par les épreuves à traverser pour accéder au film, puis, une fois la paralysie due au son et à l’image, hypnotisé par le film. Le film lui avait vraiment plu. Pour une première expérience, le film en lui-même avait été une réussite totale, un premier pas vers le plaisir de vivre. Jack était un très bon spectateur. Il vivait en même temps que les acteurs ; il criait quand on acteur criait, il fronçait les sourcils quand un acteur le faisait. Heureusement que le film n’était pas érotique.
Mais malgré cela, il avait peur de cette impression jubilatoire qui l’avait emporté pendant la durée de la séance. Il n’avait plus eu conscience du temps, de son corps, de la salle, il avait simplement été dans l’action, partie intégrante du décor, observateur attentif. Il avait vécu quelque chose, à travers le film certes, mais par lui-même. Il avait pris de l’intérêt aux choses, lui qui se targuait de se foutre de tout. Et il était loin d’être certain de vouloir changer. Jusqu’à ce jour, il n’avait jamais pris une décision importante de lui-même, et s’en était toujours bien sorti ainsi Et comme tout un chacun, il craignait par-dessus tout que ce tranquille quotidien prenne fin. Certes, il n’avait jamais de plaisirs, mais jamais de peine non plus ; la peine est réservée au fautif, et lui n’avait pas la possibilité de faire de fautes. S’il commençait à prendre du plaisir à certaines choses, alors inévitablement, d’autres allaient le blesser. Être dénué d’émotion était loin d’être un désavantage, du moins de son point de vue, et, étonnement lucide, il était conscient qu’il ne pourrait revenir en arrière s’il commençait à prendre goût au plaisir.
Il avait conscience que sa réplique allait impliquer tout son avenir ; que les mots qu’il allait prononcer pour répondre à Pierre signifieraient son choix final. Sa bouche était silencieuse. Elle ne daignait remuer, elle savait que c’était à lui de prendre une décision. Jack était Jack, il était, pour la première fois, son propre maître, et allait devoir parler de lui-même, sacrifiant peut-être par là même tout son passé, tous ses efforts pour nier son existence. Il ferma les yeux, les ouvrit à nouveau. En face, encore une fois, Pierre saisit visiblement le débat intérieur qui secouait son interlocuteur, puisqu’il ne parla pas et le regarda avec patience, l’air de dire « Vas-y, Jack, je sais que c’est pas facile, mais il faut que tu franchisses ce pas, et ça ira mieux. Courage mon bonhomme. » Jack prit une décision.
« Oui, oui, ça va… »
Pierre sourit.

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
14 septembre 2005 à 17:38:03

Ah...il se décoince enfin un peu :) Humm...que dire, ah oui : vivement la suite :) (c´est dingue y´a pas une action dans c´te fic et j´accroche quand même^^)

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