La mienne est grande, celle d´Azerty l´est beaucoup moins.
T´as commencé à lire ma fic?
oui...non...oui, je sais pas trop, puisqu´il y en a un peu de tous les côtés, en tout cas, j´ai au moins lu assez de passages pour apprecier ton style. Comme, promis, tu es en priorité sur ma liste des lectures, mais...j´ai trop de taf. Peut etre pour les vacances ?
Allez, un chtit chapitre pour vous, tout frais sortit de mes doigts...
Amusez vous bien.
CHAPITRE XVII : L’étranger ;
Mont Gallore est général. Général des armés libre, deux fois Vainqueur, défenseur de la colline de Maw. Depuis maintenant un peu plus nd’un an, il combat le lèpre impériale, comme on l’appelle. Ce n’est pas tâche aisée que de se battre contre ces monstres surpuissants. En à peine un mois, ils ont soumis toutes les cités et pays adverses, les uns après les autres.
La résistance n’avait pas tardé à se former, mais il ne s’agissait que d’escarmouches presque ridicules de par leur faiblesse. Si elle n’avait pas encore disparue, c’est uniquement grâce à sa dispersion qui la rend inlocalisable, ainsi que quelque chose de plus que personne n’arrive à définir.
On dirait que l’Empereur oublie leur existence de temps à autres. Aucun n’a deviné qu’il s’agit des prémices de sa folie qui s’annonce, de plus en plus fréquemment.
Tout cela leur reste caché, dissimulé. Leur réseau d’information est paralysé. Impossible de corrompre ces créatures sans âmes propre. Les rares personne à s’en être approché ne sont plus là pour en témoigner.
La seule manière efficace pour s’en débarrasser semble l’emploi des flèches de Teert, enflammées selon une antique préparation. Devant ce feu, la corne fond rapidement, laissant de larges plaies vives. Quand au combat rapproché, mieux vaut l’éviter. Il faut souvent les efforts conjugués de quatre braves soldats pour une seule de ces abominations.
Il prend la parole :
- aujourd’hui, nous allons détruire cet avant poste.
Il désigna une carte sur un vaste parchemin.
- D’après ce que nous en savons, il n’est que très peu gardé, car l’Empire ne nous sait pas ici. Il s’agit en fait d’une exploitation forestière, effectuée par des civils. On en peut pas les laisser couper leur bois sous notre nez, ni les emmener avec nous, ni malheureusement les laisser repartir. Il nous faudra les tuer. Tous. Il ne savent rien, ce ne sont que des ouvriers. Nous ferons ça proprement. Des questions ?
Aucune. Ils partent, petit détachement d’une dizaine de soldats. Leur marche est assouplie par les mois de vie en forêt. Leur avancée est presque indécelable, sinon par les bêtes, tant ils sont silencieux.
Ils continuent droit à travers les arbres, d’un pas vif, toute lma matinée, ne déjeunant que d’un frugal repas de pain de fougère et de viande séchée.
Deux heures plus tard, ils arrivent à destination. Une vaste clairière au milieu de laquelle s’entasse une pile de troncs. Quelques tentes rudimentaires sont plantées autour des restes fumants d’un grand feu. Il y a cinq « gardes »
- Il faut les abattre du premier coup. Le vent est avec nous, mais ces démons seront alertés dès que les flèches seront allumées. Il faut à tout prix éviter le corps à corps. Choisissez votre cible, deux sur chaque. Nous nous occuperons des civils plus tard.
Ils obéissent en silence. Tous sortent leurs arcs. Mont Gallore leur adresse un signal. Ils enflamment les flèches, visent rapidement et tirent. Un monstre est touché en pleine face, un autre deux fois au ventre. Les trois derniers roulent sur le côté par un prodigieux réflexe. Déjà ils on trouvé leur cible, et fonce vers elle en s’accrochant aux arbres.
- Lâchez les arcs ! Tirez vos lames !
Une grande confusion suit. Les soldats tombent les uns après les autres, sans pouvoir se défendre. Les civils s’enfuient.
Le général se trouve face à l’une de ces bêtes. Il plonge, évitant de justesse un bras griffu, et dans le même mouvement lance son couteau. Il va se planter dans la cuisse de son adversaire qui hurle. Un rapide coup d’œil lui apprend qu’il est désormais seul face aux trois abominations. Les deux qui ne s’occupaient pas de lui se rapproche, mais celle qu’il a blessé les retient. Il est sa proie, il l’a touché. Elle lui empoigne le bras gauche, plantant ses griffes dans ses muscles.
Un ultime sursaut d’orgueil empêche le soldat de crier. Il sent une traction, puis entend un craquement. Son tortionnaire vient de l’amputer sommairement. La douleur devient vite insupportable. Il tombe à genoux, puis à terre, la tête dans l’humus frais, et laisse échapper sa souffrance.
Un long cri suraigu lui répond. Il vient de derrière lui, mais il ne peut pas se tourner. Les monstres regardent fixement dans cette direction. Un d’eux s’élance d’un grand saut. Mont entend juste le bruit rapide de l’acier sur la corne, puis un son sourd de chute suivi de légers gargouillements. Les deux gardes restants le lâchent et se dirigent elle aussi vers le nouvel arrivant. Elles semblent subir le même sort. Une main griffue atterrit devant Mont.
Des pas se rapprochent, écrasants sans soucis de discrétion les feuilles mortes. L’étranger s’adresse à lui dans un étrange dialecte exotique et chantant dont il ne saisit rien.
- Je ne…comprends pas…ce que vous dites…
- Je parle aussi cette langue. Je vous demandais si vous aviez quelque part où aller.
- Mon camp…un peu moins d’une journée…marche normale.
- Vous avez là une vilaine blessure. Vous ne pouvez pas parcourir une telle distance dans cet état, et nous ne pouvons pas rester ici. Tenez, accrochez-vous.
Il lui tend sa main. Mont s’y agrippe comme il peut, puis s’appuie un peu sur l’épaule de l’étranger.
- Il nous faut un endroit convenable où soigner ça. Nous allons marcher sur quelque distance et établir un camp de nuit. Demain nous aviserons.
- Attendez…qui êtes vous ? Que faites vous…là ?
- Plus tard.
Décidément, j´aime vraiment pas écrire chez les gentils, ya rien à faire...
D´accord avec toi, c´est moins fun que chez l´Epire. Le massacre aurait pu être un peu plus gore pour compenser. Mais ça reste de qualité.
Qui est cet étranger? Nous le saurons dans le prochain chapitre de Insania! Ou peut-être pas...
je suis pas un
alors je te dis que oui quand même KaiM ![]()
Humm...ca commence en se transformer en récit de guerre HF, ce n´est pas mauvais mais je préfère qu´on voie l´Empereur, mais bon, peu importe.
En tout cas, vivement la suite, qu´on sache si ce "général" est un pion ou est appelé à devenir un personnage relativement important ![]()
Avez vous été sage, les enfants ? Méritez vous un deuxième chapitre tout de suite ?
Bon, je vais manger, peut etre après
Bon, allez, je vous aime bien, donc :
CHAPITRE XVIII : Marche et champignons ;
L´aube se lève. Les nuages bas semblent éclairés de rouge par en dessous. Un vent léger les pousse à l´ouest, tel un troupeau d´énormes moutons ensanglantés. La forêt se réveille, ou s´endort, peu à peu. Les nocturnes rentrent dans leurs terriers, dans leurs nids. Ceux qui suivent le soleil en sortent, tiraillés par la faim. Dès le matin, la loi de la forêt reprend ses droits. Aucun répit. Juste la chasse. Manger ou être mangé.
Au pied d´un grand arbre, probablement centenaire, une légère fumée s´élève encore des restes d´un feu. Une silhouette est assise en tailleur, recouverte d´une cape vert sombre. Un étrange sabre dans un fourreau décoré de rubans est couché sur ses genoux. Son maître monte la garde.
Une autre est allongée, et semble dormir d´un sommeil douloureux. Sa blessure à l´épaule dont il ne reste qu´un moignon, paraît grave. Le pansement qui la recouvre est imbibé de sang frais. Une rosée fraîche recouvre son visage mangé d´une barbe naissante.
Un craquement dans les bois proches le réveille en sursaut, réprimant immédiatement un gémissement de souffrance.
- Déjà le jour ? Nous devons continuer.
- Dans cet état ? Vous n´irez pas bien loin. Reposez vous encore un peu.
- Ils vont nous tomber dessus, ils auraient dû le faire cette nuit.
- Plusieurs sont passés dans votre sommeil.
- Pourquoi n´ont-ils pas attaqué ? Nous ont-ils dépassés sans nous voire ? Vous avez pourtant fait du feu… je commence à croire que vous possédez des pouvoirs peu communs.
- Je me suis débarrassé d´eux, c´est tout. Vous l´avez vu hier, ils ne peuvent pas grand-chose contre moi.
- Vos techniques sont révolutionnaires ! Vous devez être un maître là d´où vous venez.
- Si j´y suis effectivement craint au combat, on m´y juge plutôt comme un traditionaliste qui s´attarde sur les anciens rites. Il y a quelque temps, bien que cela ai diminué au point de disparaître, le simple fait de porter ce genre d´arme inspirait la crainte, pour peu que l´on possède les titres équivalents. Malheureusement, depuis peu, de nouvelles armes se multiplient. Elles sont impures à mes yeux, mais tuent vite et loin en crachant le feu. Elles n´ont pas d´âme comme ce sabre-ci.
Il tapote presque amoureusement le fourreau décoré.
- Cette lame, c´est ma vie et mon avenir. Je suis parti à cause de l´intolérance de ceux qui se disent mon peuple. En fait, si ça ne vous dérange pas, j´aimerais autant éviter ce sujet.
- Comme vous voulez.
- Bien, s´écrit il en se levant et étirant ses membres ankylosés. Le temps sera clair aujourd´hui. Agréable. Avant de partir, il faut changer votre pansement.
Il s´accroupit devant Mont Gallore et dénoue le tissu enroulé. Il tombe à terre avec un bruit humide. L´Etranger laisse échapper un sifflement d´entre ses dents.
- Au mieux, ce n´est pas beau à voir. Au pire… Est-ce qu´elle vous fait mal ?
- Oui, assez.
Une lourde pointe d´ironie perce dans ses paroles devant l´inutilité apparente de la question.
- Tant mieux. Je ne connais pas ces terres, mais chez moi, il existe une fièvre maligne qui stoppe la douleur. Elle tue sans crier gare, et n´a aucun remède.
Fort de ces explications, Mont comprend mieux les propos de son interlocuteur. Il perçoit aussi qu´il n´est pas quelqu´un que l´on prend facilement en défaut.
L´Etranger reste ainsi un long moment à observer le général allongé, visiblement plongé dans ses pensées.
- Vous sentez vous en état de marcher ?
- Je…je crois, grommelle le soldat.
Il tente vainement de se relever seul avant que l´Etranger n´intervienne.
- Nous devrons marcher lentement. A combien est votre camp ?
- En prenant en compte le trajet d´hier, il nous reste une bonne journée de marche, si l´on ne s´arrête pas en route.
- Dans votre état, nous serons obligés de faire des pauses. De longues pauses. Cela nous rallonge le trajet de moitié.
- Pourquoi faîtes vous tout ça pour moi ? Nous nous connaissons à peine.
- Avant (il était évidant qu´il parlait de son ancienne vie), j´appartenais à un…ordre dont le code d´honneur était plus que stricte. abandonner un homme visiblement juste et blessé en danger me semble inconcevable. De plus, je n´ai nulle part où aller, et j´espérais que les vôtres m´accueilleraient volontiers. Je crois avoir prouvé mon utilité.
- Largement, je vous l´assure. Soyez sûr que vous serez bien reçu. Vous avez tout de même sauvé un général.
- Pas encore, sans vouloir être pessimiste. Nous ne sommes pas arrivés. Faisons trêve de perspectives et avançons.
Mont s´appuie lourdement sur l´épaule de son compagnon de fortune, et tous deux entreprennent leur lente marche vers le camp de résistants.
Les feuilles mortes craquent régulièrement sous leurs pas pesants. Dans leur sillage et à leur approche, les animaux forestiers s´enfuient bruyamment.
Malgré sa position plus que précaire, malgré la plaie béante qui s´ouvre dans son épaule mutilée, Mont Gallore ne peut s´empêcher de se sentir bien. La nature lui semble belle au-delà de toute description. Les grands arbres jaunissants recouverts de mousse paraissent le protéger de leurs longues branches feuillues. Les oiseaux qui s´égaillent dans ces dernières, colorés ou ternes, forment un grand concert de piaillements les plus hétéroclites.
- J´admire ces bêtes, murmure-t-il à l´adresse de l´Etranger. Je les admire et les envies. Ils sont libres de nos préoccupations de par leur simplicité. Eux, aucun Empire ne les menace.
- Mais pourriez vous, à leur place, passer votre courte vie sur vos gardes ? Même en temps de guerre, vous avez des moments de repos tranquilles. Pourriez vous ne vous réveiller le matin que pour chasser, pour assurer votre subsistance ?
Un silence de réflexion s´installe entre eux, durant lequel chacun apprécie sa place tout en marchant. Les paroles de l´Etranger paraissent longuement mûries, bien qu´elles soient spontanées. Cette sagesse impressionne Mont qui, en simple soldat, ne prend que rarement le temps de penser à de telles choses. Lui possède un esprit pratique, exempt de tout ce qu´il considérait jusqu´ici comme futile. C´est une nouvelle facette de l´esprit qu´il découvre ici. Il se promet de l´explorer dès qu´il le pourra.
Durant encore de nombreux kilomètres, le général continue à s´emplir des merveilles alentour, des superbes créations de la Mère Nature. Et pourtant, il sent la fatigue le gagner. La faiblesse ramollit ses muscles. Le sang perdu lui fait tourner la tête. Des vertiges le prennent, à tel point qu´il s´affale dans l´humus en tentant de s´y allonger. En gémissant, il déclare :
- Faisons…une pause. Ici. Je n´en peux plus. Cette marche est éreintante.
- Vous avez tenu plus longtemps que je ne l´aurais cru. Le second soleil est à son zénith, nous allons nous arrêter là pour déjeuner. Vous avez perdu beaucoup de sang, il vous faut de la nourriture pour vous reconstituer. Je vais chercher de quoi nous restaurer.
L´Etranger s´éloigne d´un pas souple, presque silencieusement malgré les feuilles sèches et friables. Mont Gallore détend ses muscles, s´abandonnant à la gravité.
Il entrevoit le ciel, taches bleues entre les multiples branches au dessus de lui. De rares nuages y passent, insouciants des basses préoccupations humaines. Eux ne pensent pas. Ils ne sont que matière inerte soumise aux courants aériens. Ou peut-être sont ils des divinités? Mont a toujours été très croyant, superstitieux, comme beaucoup de combattants. C´est l´une des raisons qui l´ont poussé à se révolter contre l´Empire, outre son devoir. La Nouvelle Religion, imposée, détruit tous ces mythes qui ont bâtis sa vie. Jamais il n´acceptera le fait que seule la Mort puisse diriger le monde. Son monde. Les pratiques liées au Culte de Vérité l´effrayent plus que les anciennes légendes que lui comptaient sa mère.
Des pas feutrés annoncent le retour de l´Etranger. Il porte quelque chose dans sa cape dont il se sert comme d´un panier. Il dépose le tout à côté de Mont.
- Je ne sais pas ce qui se passe, le gibier se terre. Heureusement, j´ai trouvé beaucoup de champignons très revigorants.
Il allume un feu à l´aide de son briquet à silex, et bientôt la flamme s´élève haute et claire. S´asseyant en tailleur à bonne distance, il affûte de longues et fines branchettes tout en sifflotant un air à la fois joyeux et nostalgique dont les notes exotiques respirent sa terre natale. Il empale les champignons sur ces piques en de longues brochettes aux teintes livides, et les présentent au foyer qui, avide de matière, semble les lécher goulûment. Une bonne odeur s´en élève rapidement, mettant au supplice l´estomac vide de Mont.
Elle lui rappelle les plats que lui préparait sa grand-mère, une vieille folle qui avait élue domicile au beau milieu des marais les plus putrides et infectes du coin. Il était de notoriété publique qu´elle pratiquait la magie noire, mais elle n´avait pas son pareil pour accommoder n´importe quelle plante, et ne tarissait pas d´éloge sur son petit-fils. Elle avait commencé à lui inculquer les rudiments d´herbologie, mais son grand age doublé d´une maladie bénigne l´avaient emporté trop tôt.
Les champignons cuits lui sont tendus, encore brûlants et fumants. Il tente tant bien que mal de surélever sa tête en s´appuyant sur son paquetage. Une fois confortablement calé, il entame à pleines dents les précieux aliments, savourant leur goût épicé. Il en éprouve un étrange sentiment de plaisir totalement démesuré par rapport au simple fait de manger. Ces plantes, alliées au souvenir vivace de son ancêtre, le régénèrent, renouvellent l´énergie qui le désertait. L´estomac rassasié, il sent venir une légère torpeur ensommeillée. Repus, il s´endort sous la garde vigilante de l´Etranger.
Good night !
Un ton plus poétique? Pas mal du tout. Il ne se passe pas grand-chose dans ce chapitre, mais on apprécie le moment de calme. Quand même, vivement que l´action reprenne!
Mwa z´ai bien aimé ce chap´. Rien à dire de plus à part que j´ai hâte à la suite, que j´espère voir demain. (je n´espère plus pour aujourd´hui, 2 en une journée c´est déjà très bien^^)
Bon, je veins de lire les derniers chapitres, très très bien! Je suis très impatienet de connaître la suite!
Et vraiment bravo, j´aime ton style d´écriture, et je préfère aussi quand tu parles de l´Empereur, mais la partie des gentils n´est aps mal du tout et le supense est très présent!
sinon, je n´avais aps encore vu ton commentaire sur mon blog, oui je veux bien,
! Mais je n´ai pas de bannière ![]()
Lecteurs de sept heures, bonjour
Encore un ? Oui ? Non ?
Non.
Mais si ^^
CHAPITRE XIX : Le géant en quête ;
Son réveil est pour le moins brutal : un lugubre et terrible hurlement le tire de son sommeil. Aigu, traînant. Il sent ses cheveux se hérisser sur son crâne. Déjà son compagnon est debout, sabre à nu, et fouille les alentours du regard. A nouveau, le cri se fait entendre, nettement plus proche.
- Je n´ai jamais rien entendu de tel, déclare-t-il. Savez vous de quoi il s´agit?
- Aucune idée, mais ça ne m´inspire pas confiance. Repartons vite.
Il se lève douloureusement, s´aidant d´un bâton. Il constate au passage que cette nourriture lui a fait le plus grand bien, et reprend la route, suivi par l´Etranger qui jette fréquemment des coups d´œil en arrière.
- Ca se rapproche trop vite. Est-ce votre "Empire" qui nous recherche?
- Lui ou une bête sauvage, qu´importe. Si ça nous trouve, le résultat sera sensiblement le même. Mieux vaut nous cacher.
Il désigne un large buisson dans lequel ils s´empressent de se dissimuler. Les épines acérées leur lacèrent finement le visage. Ils encore un temps qui leur paraît infini avant que l´auteur de ce vacarme ne surgisse d´entre les arbres.
Il s´agit en fait d´une créature monstrueuse, dont les cinq pattes la rapproche de l´araignée, bien que ce fut leur seul point commun. Ces membres mesurent bien deux mètres de haut pour l´épaisseur d´un gros bras d´adulte. Ils soutiennent un corps cylindrique hérissé de piques suintants. Ils sont reliés entre eux jusqu´à mi-hauteur par une membrane grisâtre translucide. Un long tube écailleux d´où jaillissent parfois des crocs acérés et brillants de bave collante. Le monstre se retourne soudain dans sa course qui le dirigeait à quelques mètres du général et de l´étranger. Dans un rugissement de combat accompagné de bruits métalliques, une espèce de géant surgit à son tour dans le sillage de la bête. Il est couvert des pieds à la tête d´une lourde armure, et tient dans ses gantelets une impressionnante hache de bataille. Il bondit en avant, frappant verticalement. Son monstrueux adversaire évite de justesse, et riposte si vite que le chevalier n´a pas le temps de se protéger. La patte griffue résonne contre son plastron, projetant son occupant quelques mètres en arrière. Il s´étale de tout son long, repoussant sommairement les attaques incessantes. Un coup de son arme sectionne un membre chitineux, répandant sur lui et alentours un sang sombre. La créature recule devant la douleur, laissant le temps au chevalier de se relever et de renouveler son assaut. Face à une tentative de morsure, il frappe de toutes ses forces du plat de sa lame et étourdit du coup le monstre qui ploie. L´humain, lâchant sa lourde hache, enserre de toutes ses forces le chef hideux et le taillade de son couteau de chasse. Bientôt, dans un long gargouillis, la bête rend l´âme. Son gigantesque corps retombe lourdement. Son vainqueur la laisse choir, et s´agenouille silencieusement. Il retire son casque, laissant apparaître un visage bourru, aux cheveux mi-longs et à la barbe fournie. Il y murmure quelque chose. Une prière. Après un bon moment de recueillement durant lequel ses observateurs n´ont pas bougé, il se relève en ramassant sa hache, et semble décider de la direction à prendre. C´est ce moment que l´Etranger choisit pour se découvrir. A sa vue, le chevalier se redresse, en position de combat.
- Du calme, qui que vous soyez. Nous sommes de votre bord.
- Vous combattez l´Empire, demande l´homme en armure?
- Mon compagnon est général dans la résistance. Pour ma part, ce nouveau gouvernement me semble injuste. Et vous?
- J´lui fais pas la guerre ouverte, mais ils ont pas intérêt à me tomber sous la main. Vous allez où comme ça?
- A mon camp, déclare le général. Si vous n´avez pas de poste fixe, votre force nous y serait d´une grande aide.
- J´viens d´finir ma quête. J´suis libre et j´vous suis.
- Fort bien. Il nous reste une grosse demi-journée de marche dans cette direction.
Le chevalier se rapproche d´eux et leur emboîte le pas, dans un grincement de métal. Sur son armure se voient encore de nombreuses traces d´impacts et de griffes.
- Pendant que nous marchons, nous pourrions faire les présentations, suggère Mont?
- Je m´appelle Ulto Vereor.
- Je suis Mont Gallore, général de la résistance à l´Empire, et voici…
- Dayamonoo. Leiji Dayamonoo. Voyageur.
- Pas d´ici, hein?
- Je viens de loin en effet. Mais vous-même avez mentionné une…quête. Quelle était elle?
- Mon père s´est fait tuer par une de ces saloperies d´asperal, et j´ai juré de tuer tous ceux que je rencontre. Celui-ci était un jeune, un petit. J´en ai vu des plus gros et plus coriaces. J´dois en avoir tué une bonne dizaine, et j´considère mon père comme vengé.
- Impressionnant! Les avez-vous tous tué de cette manière? Je veux dire au corps à corps, précisa Mont?
- Ouais. Ces créatures d´enfer ont un problème avec les flèches, elles évitent tout. Et puis, l´honneur ne vient pas sans risque.
- C´est donc pour lui que vous vous battez?
- L´honneur et l´argent. On ne paye pas à boire avec l´honneur. Je serai heureux de me battre dans les rangs de la résistance, j´ai jamais pu sentir leur soldat modifiés. Des abominations qui n´ont pas leur place sur ce sol. Ils contrarient les Dieux.
Ulto se signe à Leur évocation. Il est visiblement encore plus croyant que Mont.
- C´est eux qui vous ont fait ça, demande-t-il?
- Pas plus tard qu´hier. Nous avions lancé un petit raid contre une exploitation forestière, mais elle a mal tourné. Leiji est intervenu juste à temps.
- Sale blessure que celle-ci! Vous devriez la soigner avant qu´une saloperie ne s´y foute. J´ai un onguent que me préparait mon grand-père. Il cicatrise vite, mais il picote un peu.
- Tant pis, sortez le toujours.
Le chevalier pose son paquetage à terre et y fouille quelques instants. Il en ressort un petit pot de corne dont il dévisse soigneusement le couvercle. A l´intérieur, une épaisse pâte jaunâtre aux relents acides.
- Allongez-vous, demande-t-il au général.
Ce dernier s´exécute. On lui retire son bandage. Ulto retire l´un de ses gantelets et plonge ses doigts dénudés dans le baume. Il l´applique ensuite directement sur la chair à vif. Le contact des mains sur celle-ci arrache un gémissement à Mont, bientôt suivie par un hurlement. Lorsque l´onguent est en contact avec la blessure, une fumée sombre s´en échappe dans un grésillement. Le général se tord de douleur.
- Bordel de dieux, jure Ulto! Eh, l´étranger, aide moi à le tenir en place!
Tous deux appuient de tout leur poids sur le blessé qui se débat. Au bout de quelques minutes, il se détend brusquement. Ses yeux se renversent et il plonge dans l´inconscience.
- Et voilà ! Dans une heure tout au plus, il sera sur pied.
- Votre traitement m´a l´air très efficace.
- Tu l´as dit, l’Étranger. Mon grand-père, que son âme trouve le Chemin, a tenté de forcer la dose. Il s´en ai appliqué sur une minuscule coupure, et il en est mort!
Leiji ouvre de grands yeux à ces mots.
- Fait pas cette tête, l’Étranger! J´plaisantais!
Il lui envoie une grande claque dans le dos.
De longues minutes passent, durant lesquelles ils échangent leurs souvenirs, jusqu´à ce que Mont n´ouvre les yeux.
- Alors, général, ça va mieux, interroge Ulto de sa voix tonitruante?
- Je crois. Votre médicament est brutal, mais rapide.
Il observe l´emplacement de sa blessure, mais n´y voit qu´une peau neuve, légèrement plus rose que la normale.
- Je suis en état de reprendre la route. Partons maintenant et nous y seront au coucher du second soleil.
- J´espère qu´ils ont de quoi manger sérieusement, chez vous! J´ai une faim d´asperal!
- Je pense que nous aurons droit à un banquet. Nous avons aussi une excellente bière de l´année dernière.
- Magnifique! Par les Dieux, il y a bien deux mois que j´ai pas mangé correctement. Enfin, ce que j´appelle correctement.
- Alors allons-y maintenant, suggéra Leiji.
Allez, encore un chapitre avec le général, et on retourne chez les méchant ^^
Et
pour vos commentaire ^^, ca fait plaisir, pour une fois que je réussi quelque chose... lol
Bon, Elfindel, je mettrais un lien vers ton blog dans la journée, le temps de faire un petit résumé.
A +
Bon, j´imagine que vous êtes en cours... Je vais poster le derniers chapitre avec les gentils, comme ça ce sera fait (jusqu´à la prochaine fois ^^)
CHAPITRE XX : Déception ;
La petite troupe se met joyeusement en route. Une discussion légère s´installe entre eux, ponctuée des éclats de rire du géant barbu. Ils en oublient la guerre, l´Empire, les monstres, tout ce qui ne pousse pas à la joie. La perspective d´un banquet les rend heureux. Il sera bien temps de se soucier de l´ennemi plus tard.
Leur trajet se déroule sans incident, et lorsque Nitide, le second soleil, éclaire obliquement de ses derniers rayons la cime des arbres, une odeur de feu se fait sentir.
- Je sens déjà la viande grillée, soupire Ulto en se léchant les lèvres.
- Nous sommes tout près. Le camp est derrière une palissade, en haut de la prochaine colline. On voit déjà la fumée.
- Je n’entends aucun bruit d’activité, fait remarquer Leiji. Est-ce normal ?
- S’ils ont prévu un raid pour demain, ils se sont sans doutes couchés tôt. Je ne pense pas qu’il y ai lieu de s’inquiéter. Je vais me signaler.
Il met ses mains en porte-voix et pousse un cri d’oiseau. Rien ne lui répond.
- Ca devient suspect. Jamais les sentinelles ne quittent leur poste.
- Approchons discrètement, nous verrons bien de quoi il retourne.
Sur la pointe des pieds, façon de parler, ils se dirigent vers le mur de bois. La large porte est arrachée, les tentes réduites en cendres fumantes. Partout gisent des corps inertes, de nombreux résistants, mais aussi, plus rares, des monstres de l´Empire.
- Ils ont attaqué pendant votre absence. Si vous aviez été là a ce moment, vous seriez mort vous aussi.
- Je les ferais payer pour ça aussi. Pour l´instant, nous devons décider de la marche à suivre.
- Fouillons les ruines pour récupérer ce qui peut l´être. Nous devrions passer la nuit ici.
Chacun part de son côté, à la recherche de restes utiles.
Mont déambule lentement, les yeux dans le vague. Il connaissait la plupart des soldats de ce camp. Il les revoit les uns après les autres, tels qu´ils étaient auparavant. Il sent comme un grand vide en lui, comme si on lui avait arraché une partie de sa vie. C´est d´ailleurs ce qui vient de se passer. Il voit son existence prendre un nouveau tournant auquel il ne s´attendait pas. Il parcourt les débris du campement rêveusement, dans une espèce de cauchemar qu´il se refuse à accepter. Finalement, dégoûté de ce spectacle funèbre, il revient à son point de départ. Une forte envie de vomir le saisit, qu´il maîtrise à grand peine. Il s´assoit, la tête entre les genoux pour ne pas pleurer.
Plus loin, Leiji et Ulto devisent silencieusement.
- Il vaut mieux le laisser seul quelques temps. Nous reviendrons plus tard, quand il aura contenu sa peine.
- Bien d´accord, approuve Ulto d´une voix basse. Faisons comme si l´on fouillait.
- Je pense qu´il va décider de rejoindre un autre quartier de la résistance. Nous suivrez vous?
- Oui. Quelque chose me dit que vous aurez besoin de ma hache.
- Et de votre humour.
- Cela va sans dire, mon ami.
Une demi-heure après, il rejoignent Mont. Il a allumé un grand feu qu´il regarde fixement.
- Il n´y avait rien de récupérable.
- A part ces vivres.
Il ne répond pas. Il n´a même aucune réaction. Il scrute toujours les flammes comme s´il y lisait quelque chose.
Ulto et Leiji s´interrogent du regard. Mont prend la parole, d´une voix onirique.
- Ce feu, il est comme l´avenir : composé de branches insaisissables et indéchiffrables. Éphémères. Croyez vous que cette guerre cessera un jour?
- Rien n´est éternel, lui répond Leiji.
- Et nous finirons bien par avoir la peau de ces immondes porcs, renchérit Ulto !
Ils se taisent et s´accroupissent devant le chaud foyer. Sans perdre de vue son objectif, le grand chevalier sort de son sac un jambon fumé qu´il découpe en tranches à l´aide de son couteau de chasse. Les accrochant au bout de sa hache, il les approche des flammes. Le fumet qui s´en échappe sort Mont de sa torpeur. Il esquisse même un vague sourire lorsque Ulto lui en tend une belle pièce qu´il attaque à belles dents.
- C´est bien différent de ce que l´on prépare par chez moi, déclare Leiji, mais cette saveur est quasi-divine.
- Voilà l´étranger qui canonise un simple jambon fumé! Par les Dieux, vous devez avoir de drôles de coutumes dans votre pays. Et si vous nous le décriviez? Vous avez bien quelques légendes, là-bas.
- Elles sont même si nombreuses que je ne sais par où commencer. La création de mon peuple, peut-être?
- Allez-y!
- J´habitais sur une grande île, à l´est d´un vaste continent. On raconte que nos lointains ancêtres vinrent de ce continent sous forme d´une armée forte de soixante treize bataillons, chacun sous la férule d´un commandant. En débarquant, ils durent se battre contre les nombreuses créatures magiques qui peuplaient l´endroit. Il y en avait tant qu´ils ne progressaient pratiquement pas. Des deux côtés, les pertes étaient lourdes, si bien que les divinités principales de l´île descendirent à la rencontre des commandants et qu´un pacte fut conclu : les deux parties lâchaient les armes, et cohabitaient en paix. Les colons s´installèrent et chacun de bataillon donna naissance à un clan. Ils se répartirent sur l´île et furent respectueux de la nature, si bien que les créatures devinrent tout à fait communes et amicales. Au bout d´un an, les commandants repartirent vers leur ancienne patrie pour annoncer à leur roi les nouvelles de la "conquête". Mais entre temps, il y avait eu changement de souverain, et ce dernier ne voulut pas de partage avec les natifs. Il donna l´ordre de massacrer tous les indigènes. Les commandants de retour, ils annoncèrent les directives à leur peuple, tout en signalant qu´ils ne les acceptaient pas. Ils tinrent conseil avec les divinités principales, et il apparut que la paix ne pourrait durer ainsi. Les dieux en présence lancèrent alors un puissant sort d´invisibilité sur leurs sujets, et créèrent un barrage maritime entre l´île et le continent. Depuis, nos ancêtres ont vécu heureux, s´il n´y avait les guerres de territoire entre les seigneurs. Elles durent toujours, saignant les populations. C´est une des raisons pour lesquelles je suis parti.
Son récit achevé, Leiji semble s´abîmer dans une nostalgie poignante. Les deux autres tentent de s´imaginer cette histoire.
- Et bien mon ami, votre histoire m´a l´air mouvementée.
- Il ne s´agit probablement que de légendes, relativise le conteur.
- Il y a toujours un fond de vérité derrière un mythe.
- Par les Dieux, que j´aime ça! Une nuit autour d´un feu, quelques joyeux compagnons, à manger et des histoires fantastiques. La soirée de rêves. Si seulement il restait de cette bière que vous m´avez promise, mais ces fils de l´enfer ont éventré tous les tonneaux.
Après encore quelques mémorables histoires, la petite compagnie instaure un tour de garde. Ulto prend le premier, les deux autres s´endorment rapidement. Resté seul éveillé auprès du feu, le géant barbu adresse une prière silencieuse aux Dieux afin qu´ils leur soient favorable pour le reste du voyage.
Un léger brouillard tombe, nimbant de soie le camp massacré. Il fait froid dans le dos, surtout de nuit. On entend de petits rongeurs nécrophages entamer les dépouilles, mais un silence pesant, mortuaire, tend à s´installer.
A la moitié de la nuit, Ulto réveille discrètement Leiji, qui prend son tour sans enthousiasme. L´allure de l´obscurité avoisinante ne lui inspire pas confiance. Pour tout arranger, un vent léger se met à souffler, trop faible pour disperser la brume mais suffisant pour l´agiter de façon à la garder sans cesse en mouvement. Des formes éphémères se créent, attirant incessamment l´œil de Leiji. Lorsque enfin l´aube se lève, ce dernier s´empresse de réveiller les deux autres.
- Allons, nous devons décider pour la suite. La journée est à nous, à condition de savoir qu´en faire.
- Il est si tôt, gémit le général. Je suis encore faible.
- Laissez moi dormir!
Finalement, une fois réveillés, ils se retrouvent autour des restes agonisants du feu de la veille.
- Alors, général. C´est de loin vous qui connaissez le mieux ces terres. Vers où devons nous nous diriger?
- La résistance est très dispersée, c´est ce qui lui permet de subsister face aux assauts de l´Empire. Les différents campements changent régulièrement d´emplacement pour limiter les risques. L´un d´eux reste pourtant assez fixe, et si je ne m´y suis jamais rendu, je sais qu´il est à l´est d´ici, a moins de dix jours à pied.
- J´imagine que c´est encore le meilleur endroit où aller.
Et bien...content d´avoir eu deux chapitres, et j´aime bien le barbare^^. (si l´on peut l´appeler ainsi).
Bon, avant de poster la suite, je vais attendre que les autres passent (KaiM, Shinou, Elfindel, hiphop etc)
Je suis passé, j´aime bien les deux nouveaux personnages, mais j´ai hâte de retrouver l´empire.
Ah un détail quand même : "Ils #### encore un temps qui leur paraît infini avant que l´auteur de ce vacarme ne surgisse d´entre les arbres."
Il manque un mot là.
Ca doit être attendent, ou un truc similaire. et puis bon, tu veux de l´empire ? En voilà :
CHAPITRE XXI : Dangereux onirisme ;
Melanos rêve. Il y a longtemps que ça ne lui était pas arrivé. Il est sur le flanc de la montagne, le flanc d´Insania. Une ouverture béante s´y profile. Une entrée.
- Vas. Entre. Pénètre cet abysse. Au fond tu trouveras ce que tu cherches.
Il le fait. Il n´a pas conscience de ses pas, il croit flotter juste au dessus du sol.
L´obscurité l´engloutit peu à peu. Il ne voit rien, à présent, mais il sent que le tunnel continu, en pente basse. Tout ce noir lui fait peur.
- Et bien? Craindrais-tu finalement ce que tu vas découvrir? Peut-être es-tu effrayé à l´idée de remettre tout ton monde en cause? Le choix t´appartient encore. Plus tard, tu ne pourras plus faire marche arrière.
Il avance toujours. A tâtons. Le son de la voix qu´il entend le guide, bien qu´il pressente qu´il ne s´agit que de sa propre pensée. Enfin, il aperçoit une lumière. Le sombre couloir débouche sur une salle circulaire de bonne taille. Des torches sont accrochées au mur, si proches que leurs flammes se mêlent en un grand anneau de feu. Il n´y a pas d´issue. Au centre de la salle, un long cristal de l´épaisseur d´un bras est sertit dans un socle qui l´élève de son métal fin à hauteur du visage. Trois boules de matière translucide gravitent autour, à une vitesse modérée, forment des arabesques compliquées.
Il se dirige vers cet étrange ensemble. Une lourde grille s´abat derrière lui avec bruit. Il ne se retourne même pas tant il s´y attendais.
Un corps se matérialise près du cristal. Il est enroulé dans un vaste linceul noir, et sa face est voilée. Une douce voix féminine en sort, elle ne lui est pas inconnue.
- Bienvenu, Melanos. Tu es sur le point de résoudre le mystère de la vie. De ta vie. Mais tout n´est pas si simple. Tu vois ces trois sphères? L´une d´entre elles t´apportera une partie de la vérité, mais te plongera dans la folie ; une autre te dévoilera toute la vérité et te conduira à la mort. La dernière enfin te donnera un rêve. Ce rêve, tu devras le réaliser, sans quoi ton âme sera irrémédiablement perdue. Si tu y arrives, tu en as les capacités, tu ne vivras pas vieux, mais la folie qui te ronge d´hors et déjà disparaîtra. Fait maintenant ton choix.
- Qui es-tu?
Elle retire son voile. Hyprya!
- Je suis ton avenir. Ne te fie pas aux apparences.
Comme une fumée chassée par un courant d´air, elle s´évapore, laissant Melanos dans un doute sans fond.
Laquelle prendre? Elles se ressemblent toutes. Aucun signe distinctif. D´ailleurs, aucun choix n´est possible dans de telles conditions. Il hésite. Sa main a moitié tendu tremble. Est-il obligé de choisir? Oui, sans cela il ne peut remonter. Sa décision sera la clé de la herse qui le retient. Plus il réfléchit, plus il s´embrouille.
Lentement, il approche sa main. Elle vacille, hésite entre deux possibilités. Il ferme les yeux. A l´aveuglette, il cherche. Un contact avec ses doigts qu´il s´empresse de resserrer. Un objet chaud, à la limite du brûlant.
Ses paupières se lèvent instinctivement. Il se redresse sur sa natte. Etrangement et bien qu´Empereur, il continu à dormir là-dessus. Son pouls est à son maximum. Ses pupilles contractées à l´extrême troublent sa vision. Il attend un instant qu´elles s´adaptent à la semi obscurité ambiante. Il se lève, passe un pantalon simple, des chaussures de cuir et une cape sombre sur son dos nu. Il sort. Le dernier soleil est à peine couché, et éclaire encore la partie du ciel où il vient de disparaître. Un léger vent frais agite les rares arbres alentours.
Il gravit la pente de plus en plus raide. Ce rêve était prémonitoire, il le sent. Il doit retrouver l´endroit, descendre et choisir. Qu´importe si sa vie doit s´achever aujourd´hui, cette idée lui tourne si vite dans la tête qu´il manque d´en perdre l´équilibre.
Il fait nuit noire lorsqu´il arrive à la portion de montagne qu´il a aperçu. La roche est à nu tant la végétation est clairsemée. Il commence à tourner. La circonférence de la montagne à cette altitude est encore assez considérable, représentant une bonne dizaine de kilomètres.
Soudain, il perçoit son erreur. Cette prémonition était cryptée. Tout n´y est que symboles. Il ne reste qu´à en comprendre la signification. Une partie de la vérité et la folie ; toute la vérité et la mort ; un rêve et une épreuve. Et Hyprya qui l´annonce. Qu´est ce que tout cela veut dire? Et comment effectuer son choix? Vu d´ici, c´était facile avec les boules…
Que de doutes pour un futur maître du Monde!
Alors, que vas-tu faire? Qui vas-tu interroger? Ton amie la Mort? Tu crois qu´elle n´en sait rien. Mais qui? Et cette ridicule histoire de prophétie. Ça n´a aucun sens. Tu arrives à te perdre dans ta propre vie. Tu perds le contrôle. Les milliers de morts dans les cités que tu attaque, ceux que tu continue à accumuler, sont ils bien nécessaire? Ne devais-tu pas sauver cette humanité que tu anéantis peu à peu ?
Quelque chose ne va pas. Il y a un problème. Le grand mage, peut-être, saura.
C´est assez court, mais c´est pour vous faire baver un peu pour la suite ![]()
Attention, passage spécial, accrochez vous à vos écrans !