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Liste des sujets

Insania

elwing10
elwing10
Niveau 10
08 septembre 2005 à 18:43:24

:up:

Migija
Migija
Niveau 10
10 septembre 2005 à 13:09:37

:up:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
11 septembre 2005 à 09:23:58

Bon, voilà la suite : juste un petit paragraphe de "raccord" entre deux des grandes parties déjà écrite d´Insania.

La deuxième partie arrivera progressivement dans les minutes et heures à venir pour ne pas noyer le topic. Elle sera sur mon site dans la semaine.

J´ai bossé toute la nuit pour mettre ça en forme, alors vous appréciez, un point c´est tout ! :lol:

CHAPITRE X : Trois prises de contrôle ;

La salle est en pleine ébullition. De toutes parts, les nobles fuient, poursuivis par les Exteriors déchaînés qui submergent la garde. Médusé, le prince, l´homme le plus noble d´Insania reste comme collé à son trône. Un des assaillants se dirige vers lui. Il est entièrement vêtu de noir, et marche d´un pas tranquille, comme s´il s´apprêtait à demander un simple renseignement à son souverain. Mais ce dernier ne s´y trompe pas, c´est sa mort qui l´approche. A sa droite, sa femme, à sa gauche ses deux enfants. Comme lui ils restent ici, incapables de fuir. Ils contemplent l´homme qui arrive maintenant à portée de voix.
- Prince, mes salutations.
Le nouveau venu s´incline avec déférence. Il jette ensuite un coup d´œil circulaire avant de reprendre :
- Vous l´aurez remarqué, il règne ici une certaine agitation. Je crains en être la cause. Comprenez, ces pauvres gens en avaient en quelque sorte assez d´être sans cesse opprimés, ce en quoi je ne puis les blâmer par ailleurs. J´ai peur de les avoir encouragé à passer à l´action. Je voudrais m´excuser de la gène occasionné. Voyez les choses du bon côté : il n´y a pas si longtemps, vous vous plaigniez d´avoir trop de ces courtisans. Voyez, leur nombre diminue vite.
- Que voulez-vous, interroge le Prince d´une voix qu´il tente de rendre sûre d´elle ?
- Malgré ce que vous laissez paraître, vous êtes loin d´être idiot, monseigneur.
Son interlocuteur ne relève pas l´insulte. Il n´est pas en position pour ce faire. Autour de cet étrange dialogue, les gardes affluents, ainsi que les Exteriors.
- C´est votre place que je veux.
- Misérable, tu…
Sa tête se détache soudain de son corps.
- Vous m´excuserez, madame, mais j´ai toujours détesté les flatteries.
Sur ce, le reste de la famille régnante subit le même sort.
Ecartant ce qui reste de l´ancien souverain, Melanos s´assied sur le trône. Il contemple le reste de la bataille.
Au soir, toute la part Nord-est d´Insania, la partie gouvernementale, est sous contrôle exterior. Dans le palais princier, Melanos y va de son discours.
- Braves soldats d´Insania. Les vrais ! Vous avez aujourd´hui, ici même, au cœur de leur organisation, remporté une brillante victoire face à ces chien d´usurpateurs. Plus d´un quart de la ville est à nous, en une seule journée. Mais le plus dur est à venir. Les combats ont cessés pour ce soir, mais l´ennemi est à présent sur ses gardes. Les prochaines semaines seront sanglantes, mais ayez confiance, nous vaincrons encore et encore !
Une nuée d´applaudissements accueillent ces paroles. Il donne ensuite quartier libre à tout le monde, tout en leur conseillant de se reposer pour le lendemain.
Les jours passent. Comme il l´avait prédit, le combat s´enlise. Plus rien ne bouge. Tout se résume à quelques escarmouches vite repoussées.
C´est aujourd´hui que le Maître doit arriver. Melanos l´a fait prévenir de son succès, et comme prévu il vient prendre la place de son élève. Incessamment. Pour une raison qu´il ignore, Melanos appréhende cet instant. Quelque chose l´effraie, mais il n´arrive pas à mettre le doigt dessus. Pourtant, il devrait se réjouir à l´idée de revoir enfin son Maître. Mais non. Au lieu de ça, il reste depuis des heures assis sur son nouveau trône, les mains serrées sur les accoudoirs, le regard dans le vague.
Enfin, il perçoit une agitation, du côté de l´entrée principale. Celle-ci n´est séparée de la salle du trône que par une unique antichambre. La porte en face de lui s´ouvre finalement, laissant entrer un vieillard rabougris, tassé sur lui-même. Les gardes l´escortent, immenses masses de métal comparés à l´homme qui approche. Malgré sa taille, personne ne s´y trompe, et tous s´agenouillent. Melanos se lève à la rencontre de son maître. Il le salue respectueusement.
- Voyons, Melanos, toi tu peux t´abstenir de ce genre de formalités. Tu es grand à présent. Vois ce que tu as fait, ton œuvre naissante.
- Elle est votre. C´est à vous que je dois d´être si bien formé. Ce trône vous revient.
- Et je t´en remercie. Comme promis, tu peux rester à mes côtés. Mais tu es libre. Libre de faire ce que tu veux.
- Je resterais avec plaisir. Mais prenez donc place. Dans quelques jours, votre sacre aura lieu, et vous gouvernerez Insania, et bientôt sur le reste du monde.
- Gouverner le monde… nous n’en connaissons pas la totalité. Je me contenterai des territoires répertoriés.
Il se tait un instant et observe la salle autour de lui. Il admire un court moment les tentures, les sculptures, et tout ce qui fit le luxe et la gloire de l’endroit il y a encore peu.
- Tu m’as l’air d’avoir fait du bon travail, ma foi, du très bon travail. J’aimerais discuter un peu avec ton état-major pour en savoir plus.
- Je suis seul à la tête de cette armée, maître.
- Audacieuse entreprise. Il faudra nommer des généraux dans peu de temps.
- Mais tous ces gens, ces soldats, les anciens Exteriors je vous le rappelle, n’ont aucune culture, pour eux la guerre qu’ils mènent n’est que batailles dans les rues. Aucun d’eux n’est capable de coordonner une attaque de l’envergure de celle que nous prévoyons de mener.
Le Seigneur des Hauteurs réfléchit un instant, puis interroge :
- Et personne ne s’est rendu lorsque tu as pris le palais ? Pas un seul noble ?
- Si, les prisons en sont pleines. Mais j’ai encore moins confiance en eux qu’en mes soldats. Ils nous regardent comme la peste, comme des monstres. Ils nous trahiront à la moindre occasion.
- Il n’y a nul besoin de loyauté lorsque que la terreur règne ou que l’agent coule. Propose leur les deux, ils te suivront bien vite.
- Si vous le dites, maître. Après tout, c’est vous qui choisissez, maintenant.
- Ne te fais pas d’illusions, Melanos, je ne suis plus là pour longtemps. Je suis bien vieux, figure-toi. Mon temps est compté, mes filtres n’ont plus d’effet. Et tu es mon successeur.
- Ne parlez pas de telles choses, maître. Vous n’êtes pas encore sur votre lit de mort.
- Tu as raison, pas encore.
Il changea radicalement de ton, comme s’il s’égayait d’un coup :
- N’en parlons donc plus ! Je dois te dire que le voyage à pied jusqu’ici m’a un peu fatigué, et je souhaiterai souper avant de me retirer pour la nuit. Ayant déjà goûté de la cuisine exteriore, je te conseille vivement de sortir de vrais cuisiniers de leur cellule. Fais-les surveiller pour qu’ils ne nous empoisonnent pas, c’est tout.
- Bien, maître. Un mince sourire se forme sur son visage anxieux. Je donne tout de suite les ordres.
Il apostrophe un serviteur passant par là et lui explique.
Plus tard dans la soirée, après un repas assez consistant, le Seigneur des Hauteurs s’est retiré dans sa chambre. Quelque chose le tourmente. Il tourne en rond, ruminant. Tous les gens qu’il avait connus l’avaient toujours considéré comme quelqu´un de très intelligent, capable de trouver des solutions à presque n’importe quel problème. Et aujourd’hui, il n’en voyait pas l’ombre d’une. En désespoir de cause, il appela un des gardes en faction devant sa porte. Les soldats pouilleux avaient repris les armures de leurs ennemis, mais leurs têtes sales et barbues contrastaient avec le brillant des leurs cuirasses. Le maître demanda à voir Melanos.
Il se présenta deux minutes plus tard.
- Maître ?
- Melanos, mon élève. Mon fils. Je t’ai fait quérir pour eux choses. La première est que je te donne ceci.
Il se dirigea vers un coffre dont il sortit un lourd manteau noir où tintaient de nombreuses amulettes d’or.
- Un vieux sage m’en a fait cadeau à sa mort.
Il ne précisa pas que c’était lui qui l’avait tué avant de lui arracher le vêtement.
- Il contient nombre de talismans magique, le porter décuple presque la puissance du mage. Il m’a été utile à de nombreuses reprises, mais maintenant…
Melanos s’incline.
- Merci, maître, c’est trop d’honneur.
Il essaya le manteau, qui était étonnamment lourd. Il ressentit en lui comme un calme intérieur, une clarification de tout ce qu’il connaissait de la Gewree.
- La deuxième raison de ta présence est une révélation. Je…je ne sais pas trop comment te l’annoncer. Voilà : lors de ta première mission, j’ai…je me suis aperçu que tu aimais Hyprya. J’en ai parlé aux autres, et ils ont…et nous avons décidé que cela était dangereux pour notre but. Celui qui t’a manipulé pour assassiner celle que tu aimais, c’est moi. J’en suis désolé, pour autant que le dire soit d’une quelconque utilité…
Il se tu. Son élève le regardait, ahuri.
- Melanos ?
Oui, il entendait, il entendait celui qu’il considérait comme son père lui annoncer son passé détruit par une simple volonté de ne pas échouer de leur part. la brèche de son esprit, qui durant un temps s’était comblée, explosa à nouveau, comme le barrage cède sous l’assaut des eaux. Il suffoqua, sa vision fut remplacée par un voile noir. Il sentit son corps bouger, se déplacer, il entendit son maître l’interroger, mais lorsque la vision lui revint, il l’avait purement et simplement égorgé. Il était debout devant le cadavre, la dague rougie à la main.
Il tombe à genoux et pleure, pleure durant de longues minutes. Il dirige sa lame vers lui, la pointe contre son cœur, mais renonce. Pourquoi ? Il n’arrive pas à le savoir. Qu’est ce qui le retient ici ?
Il passe toute la nuit dans un mutisme quasi cataleptique. Au petit jour, la folie l’a définitivement vaincu.
- Mort ! Une fois encore tu me retires une des rares personnes que j’apprécie, et cette fois ta prise est de taille. Revient, revient te battre, mais cette fois achève moi si je perds. Ne me laisse pas ici tout seul !
Une fois encore, il est comme transporté dans une petite salle illuminée de vert pâle.
Une fois encore, une silhouette se forme devant lui, toujours enrobée de brume.
Il se redresse.
- Petit humain, tu commence à me contrarier. On ne me défie pas impunément. La dernière leçon ne t’a donc pas suffit ?
- Pour un temps si. Et ce temps est révolu. J’ai changé.
Il est étonnamment calme. Dans sa main, un simple sort de lame s’est formé, invisible. La Mort l’a vu, mais ne le prend pas au sérieux :
- Que comptes-tu faire, petit humain ? il te faudrait une puissance incroyable pour m’atteindre.
- C’est ce que nous verrons.
Il projette son sort, lame d’énergie tourbillonnante. Il déchire sans difficulté le voile de brume enveloppant la Mort, laquelle est expulsée en arrière. Elle pousse un long cri de souffrance et tombe au sol. Melanos s’en approche, un nouveau sort prêt. Mais la Mort supplie :
- Ne me détruit pas ! Tu n’imagines pas ce que cela entraînerai ! Je serai à ton service, mais ne me détruit pas !
- La Mort, la grande, au service d’un petit humain ?
Le nuage autour de la déesse se dissipe, révélant un corps de jeune fille d’une pâleur mortelle.
- Pense un peu aux avantages que mon contrôle t’apportera ! Je t’obéirai au doigt et à l’œil. Je te donnerai la connaissance de chose dont tu ignores même l’existence.
- Et qui me dit que tu ne me trahiras pas ?
- Je n’ai qu’une parole, une parole de Déesse. De plus, tu es capable de me ridiculiser avec le plus simple de tes sorts.
Il réfléchit un instant, puis déclare avec un sourire :
- Marché conclu ! Une dernière précision, je n’ai confiance en personne, en toi moins qu’en quiconque. Au moindre doute à ton égard, tu disparais dans les limbes du temps.
Elle acquiesce.
- Je reviendrais souvent pour te demander des informations, alors ne t’éloigne pas trop.
- Je peux difficilement quitter cet endroit.
- Sur ce, je te souhaite une bonne journée.
Il est de retour dans la chambre, au pied de son maître décédé. Il ne ressent plus rien pour le corps froid et blanc qui s’étend sous ses yeux. Il est joyeux. Il a un empire à organiser.
Il ira effectivement assez régulièrement puiser des connaissances chez la divinité vaincue, jusqu’à en savoir beaucoup, beaucoup plus que n’importe qui.

Have a good reading :coeur:

miss_allsunday
miss_allsunday
Niveau 7
11 septembre 2005 à 10:53:07

:ok:
dsl pas le temps d´en dire plus :fou: !! !!

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
11 septembre 2005 à 11:11:02

Deux chapitres suivants :

CHAPITRE XI : Plongé dans les souterrains ;

Un long souterrain, tortueux. D’en bas montent des sons, étranges. Peu de gens pourraient les identifier. Ils proviennent en fait d’un subtil mélange entre magie et chimie, l’Alchemia, du nom d’une ancienne science proche. Un laboratoire secret, loin dans les entrailles de la terre, à l’échelle humaine. Jours et nuits, des chercheurs y travaillent sous les ordres du grand mage. Parfois la présence du Maître vient troubler les hommes, silencieuse, glaciale. Sombre promesse de mort. Il ne fait pas bon lui tourner le dos.
Pourtant, c’est lui qui, à son avènement, a fondé leur ordre, en même temps que la nouvelle religion d’ailleurs. Les rares contestataires n’ont pas fait long feu, et la plupart des scientifiques présents se sont ralliés au nouveau pouvoir. Ils se sont fait emporter par la vague plutôt que de la laisser les submerger.
Des pas résonnent dans le couloir. Feutrés. Discrets. C’est lui. Il vient inspecter l’avancée des travaux. La lourde porte blindée coulisse lentement tandis qu’un silence respectueux et terrorisé envahit le labo. Les magiciens portant la lourde tenue de leur Ordre s’aplatissent au sol en un salut apeuré.
Je franchis le pas de la porte et pénètre dans la salle elle-même. Un signe de ma part, ils retournent à leurs expériences. Le grand mage m’approche. Sa peur se lit dans ses yeux. Il me rend compte.
- Seigneur, c’est prêt. Il est dans cette fiole.
- Si peu ?
- En se diluant, il se multiplie. Si vous en versez dans une masse d’eau, quelle que soit sa taille, elle sera contaminée.
- La Mer elle-même le serait ?
- Non…nous rencontrons quelques difficultés par rapport au sel. Rien de très conséquent, une affaire d’heures tout au plus…
- Bien. Soyez sûrs que vous serez récompensés à votre juste valeur.
Il s’incline face à ces paroles. Il se montre affable, content de ces nouvelles, mais en lui couve la révolte.
- nous attendons nos instructions quant aux futures recherches à effectuer. Soyez conscient que la science que nous pratiquons prend beaucoup de temps.
- Il n’y en aura plus avant longtemps. Je pense d’ailleurs dissoudre l’Ordre quelque temps. Vous aurez durant cette période accès à tout ce dont vous aurez besoin, pour service rendu à l’Empire.
- Merci, Seigneur.
- Terminez ce qui doit l’être, et informez moi-en. Respectez juste les délais, tant pis pour ce petit problème avec le sel. Que la Mort vous soit propice.
- Que la Mort vous soit propice à vous, Seigneur.
Tous s’inclinent pour moi. Ils sont pathétiques. On dirait qu’ils ignorent tout de ce qui les attend. Le grand mage m’avait pourtant l’air moins aveugle que les autres. Quelque chose ne va pas chez lui, il dissimule un secret. S’il me trahit ouvertement, j’en ferai un exemple. Il sera du meilleur effet sur la Place Impériale.
Bah !q ue m’importe leur vies.

« Bien que je m’efforce de n’en rien laisser paraître, je vois très clair dans le jeu de notre maître. Nous ne nous en tirerons pas vivants. Je le sais depuis le début. Pourquoi avoir accepté dans ce cas, pourquoi ne pas avoir dit « non » ? Ca n’aurait servi à rien. C’était trop tard, à l’instant même où il me l’a proposé. Si j’avais fui, il m’aurait rattrapé. Il n’est pas le genre d’ennemi à qui l’on échappe en se cachant. Il a autre chose que ses yeux pour chercher. A présent, j’ai le choix :
Obéir bien sagement et mourir en fin de compte, ce qui reviendrait à avoir dit non au début ;
Profiter de ce travail pour saborder cet Empire naissant ;
Je tomberais, et il tombera avec moi. Tout rentrera dans l’ordre. Cet ordre a été perturbé par son sacre, et ne pourra être rétablit qu’avec sa destruction. Je suis personnellement persuadé que c’est une épreuve envoyée par les dieux pour nous tester, les dieux qu’il a osé nier !
Je suis mon destin, quel qu’il soit, où qu’il me mène. Je ne le troublerais pas, je ne contrarierais pas la volonté des dieux. »

Journal du grand mage, trouvé peu après sa mort dans ses affaires.

CHAPITRE XII : Le test et la Folie ;

Mon plan est en marche. Demain. Demain, tout pourra finir, tout pourra commencer. Si ce misérable Mage s’imagine qu’il peut me doubler, tant pis pour lui.
Il est le seul a avoir en partie compris, mais pas entièrement. Ca lui sera fatal, tout comme de m’avoir mésestimé. Je dois régler son cas au plus vite. Mais d’abord, le Plan doit être achevé. Maintenant.
Voici mon général qui entre. Il est dans la confidence. Il représente le modèle du soldat parfait : lent d’esprit, efficace, emmerdeur…
Je ne compte pas m’en débarrasser. Pas tant qu’il ne pose pas de questions.
- Entre. Qu’y a-t-il ?
- Je suis paré, Seigneur. A vos ordres.
- Je t’ai avertit que je n’aurai besoin de toi que demain. Que viens-tu faire ici ?
- Mais, vous m’avez fait convoquer, Seigneur. Y’a à peine dix minutes. Un messager m’a remis ce papier…
- Il n’est pas de moi. Quelqu’un essaie de nous piéger. Il y a probablement un traître dans les parages.
- Je pars sur le champ mener mon enquête !
Il se dirige déjà vers la porte qu’il vient de refermer.
- Surtout pas ! reste ici.
- S’il s’agit d’une embuscade, qui sait ce qui peut t’attendre dehors ?
- Vous avez raison, Seigneur. Mais nous allons probablement subir l’assaut ici.
- Crois-tu réellement que seuls ces murs protègent cette pièce ? Bien sur que non, ma magie l’imprègne. Et il n’est personne dans cette ville qui ne puisse entamer seulement ces barrières. Ici, nous ne courrons aucun risque.
- Mais nous ne pouvons pas y passer le reste de notre vie.
- C’est en effet inenvisageable. Je vais sortir le premier.
- Seigneur ! Vous ne pouvez vous exposer ainsi !
- Ne soit pas stupide. Je suis assez grand pour me défendre seul. Vous en revanche, pour peu que l’attaque ne soit pas d’ordre physique…
- Comme vous voulez.
Il est mortifié de s’être fait remis à sa place. Pourtant, il ne pensait qu’à assurer mieux encore ma protection. Stupide orgueil humain ! Toujours se croire au dessus de ses moyens, ne jamais réfléchir un tant soit peu avant de se jeter tête baisser dans n’importe quel piège. Toutefois, il a réussi le test de fidélité. Il est capable de se sacrifier pour moi. C’est lui qu’il me faut. Le bon vieux soldat. Ce général va avoir des surprises. Je doute qu’elles lui déplaisent totalement.
- C’est bon, il n’y a personne. Peut-être n’étais-ce destiné qu’a nous éloigner. Restez néanmoins sur vos gardes, menez l’enquête.
- Bien, Seigneur.
Il salut.
- Bonsoir, Seigneur. Que la mort vous soit propice.
- C’est cela, qu’Elle vous soit propice.
Enfin il est partit. On va pouvoir commencer. Plus rien ne fait obstacle. Dormir. A présent, il me faut me reposer. Je La sens. Elle rampe en moi, me consume, corrode mon esprit, l’effrite. Bientôt, dans quelques années à peine, je ne me contrôlerai plus du tout. Plus tard. Il me faut encore tenir un peu. Dormir. Le sommeil me sauve.
A l’extérieur, la nuit tombe. Un serviteur vient coucher son Maître. Correctement.
Ses mains tremblent de peur. Il faut dire que tout ce que l’on raconte sur lui n’est pas flatteur. Il a encore perdu connaissance. C’est de plus en plus présent, ces temps-ci. Des bruits courent sur une soi-disant maladie, sans aucune preuve tangible. Des racontars, des commérages. Sans fondement. Ils ont beau dire, aucun n’a deviné que c’est en fait la folie qui ronge le nouvel empereur. Une folie irrémédiable, et qui va croissante. Lui-même en est conscient. Un immense serpent qui resserre ses annaux autour de son mental, qui le comprime.
Il démantèle peu à peu toutes mes idées, laissant une bouillie de sensations, de pensées, d’impressions, d’envies floue. Plus rien ne me paraît plus rationnel, comme plus rien ne me semble irrationnel. Jamais encore je n’avais ressentis cela. Il faut, paraît-il un début à tout. Mais c’est la fin. Ma fin. Elle est si proche que je crois pouvoir la toucher de la main. Pourtant, j’ai toujours un rôle à jouer ici. Cet Empire doit être stabilisé, terminé, parachevé. Il doit pouvoir supporter les épreuves qui l’attendent. Peu importe ma survie, seule la sienne compte. J’ai vu. La Mort m’a montré. Des visions du futur. Il faut que j’y arrive. Pour l’humanité.
Quelle dérision, un Empire fondé sur la terreur, le massacre, le culte de la Mort, dirigé par un Empereur fou à lier, destiné à sauver une partie de l’humanité ? Si l’esprit humain était plus…souple. Si les hommes n’étaient pas si orgueilleux, stupides, attaché à leurs biens, cet Empire n’aurait pas lieu d’être. Tout se serait déroulé dans le calme. Mais il n’en est pas ainsi. S’il on veut faire bouger les choses, la force est nécessaire.
Pourquoi est-moi qui essaie une humanité qui, somme toute, ne m’a pas apporté grand-chose ? Pourquoi ai-je décidé de le faire, moi qui pensais plutôt la détruire ? Attachement à ma terre ? J’ignore la signification de cette phrase.
La réponse, le vraie, est probablement quelque part dans mon esprit en miettes. Qui saurai déchiffrer les pensées d’un dément ? Personne.
Personne de sain d’esprit, du moins. Peut-être mon amie et confidente, la Mort ? Ses pouvoirs de divination sont incroyables, non moins que ses aptitudes au combat. Et pourtant, j’ai réussi à la vaincre en combat singulier. Maintenant, même la mort ne peut plus sauver mes ennemis.
Ces derniers croient se battre contre l’adversaire du bonheur et des libertés.
A court terme, ils ont raison. Dans le futur lointain, quoi que pas tellement, j’en suis en fait le garant.
Je dois les vaincre maintenant pour assurer la paix par la suite. La partie supérieure Nord-est d’Insania. Je dois les en déloger. Ils sont encerclés. La Bordure extérieure m’est totalement acquise, ainsi que les hauteurs. Ma nouvelle arme est terminée. La fin de la résistance est proche. Tout n’est plus qu’une question de mise en forme. Demain.

La première aube se lève, claire, pure. Sous cette lumière, qui devinerait ce qui se trame ici ? Sept personnes ont conscience du Plan, dont deux en connaissent les détails. Une seule en perçoit toute l’étendue.
Devant l’ancien palais gouvernemental, aujourd’hui Palais Impérial, une large foule est assemblée pour assister au discours de l’Empereur. Il se tient sur un balcon. Les acclamations s’élèvent haut dans l’air matinal.
- Peuple d’Insania, citoyens du nouvel Empire. Jour après jour, nous gagnons du terrain. Leurs soldats n’ont pas été formés au combat de rue, alors que vous l’avez en quelque sorte pratiqué toute votre vie. Nous vainquons petit à petit ! J’ai malgré cela une mauvaise nouvelle : l’ennemi, de dépit, a souillé notre principale rivière, en l’empoisonnant. Il ne faut plus en consommer l’eau. Nous ne savons pas encore pour combien de temps. Mais j’ai résolu ce problème. Les civils peuvent s’abreuver aux cours d’eau qui parsème la montagne. Pour les militaires, nous avons récemment découvert un lac souterrain non souillé. Nous en apportons l’eau dans une citerne à leur disposition.
Un tonnerre d’applaudissements accueil mes paroles. Ils sont tous convaincus que je les sauve. Excellent. Tout se passe comme prévu.
Il salut. Une simple courbette. il commence à se retirer. Un mouvement accroche son regard. Une pierre, aiguë, vole vers lui. Il l’évite aisément. En bas un homme s’enfuit, écartant les autres a tour de bras. Melanos recouvre vite son calme. Invocation silencieuse. Le fuyard semble trébucher en se tordant de douleur. Sa peau rougie rapidement. Se couvre de cloques. C’est comme si son sang bouillait. C’est sans doute ce qui se passe, d’ailleurs. De la vapeur sort de sa bouche, de son nez. L’épiderme se racornit comme une feuille sèche dans le feu. Il est mort.
- Vois, peuple ! Notre Ennemi ose venir frapper jusqu’ici, jusqu’à cette place en plein centre de notre capitale ! Cette insolence doit être punie. Dans deux jours, nous lancerons un vaste raid de représailles. Ils connaîtront notre courroux, le courroux des vrais habitants d’Insania ! a mort !
Pauvre inconscient. Que croyait-il pouvoir me faire ? Il pensait me tuer pour déstabiliser mon organisation, mais il a resserré les liens qui m’unissent à eux. Finalement, tout me sert, jusqu’à mes propres ennemis. Néanmoins, quelque chose me trouble en lui, dans son comportement. Il avait probablement perdu l’esprit.
C’est un sentiment assez étrange que de croire quelqu´un fou lorsqu’on l’est soi-même. Son corps restera là, comme exemple. Tout va bien. Belle journée.
- Général ?
- Seigneur ?
- Faites immédiatement exécuter tous les gardes responsables de la sécurité de la place. Tout est-il prêt ?
- Bien sur, Seigneur.
- Alors autorisez l’accès à la citerne.
- Je pars sur-le-champ, Seigneur. Vos deux ordres seront accomplis. Que la Mort vous soit propice.
- Qu’elle vous soit propice.
Bon petit soldat.

bonne lecture !! :oui: :ok:

_Azerty777
_Azerty777
Niveau 10
11 septembre 2005 à 12:27:33

Eh bien...tout ceci prend une tournure assez inattendue je dois dire, pour moi c´était le Seigneur qui allait faire exécuter Melanos, et par principe je ne m´attends pas à ce que quelqu´un puisse vaincre la Mort^^. Bon, peu de fautes mais quand même quelques oublis de mots, ce qui gêne légèrement mais rien de bien grave.

Bref, poste-moi vite les autres chap´ que j´sais qu´t´as en réserve :-)))

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
11 septembre 2005 à 12:57:27

Bon, ben, la suite, même si ya pas grand monde pour la lire

Merci, Azerty

CHAPITRE XIII : Transformations nocturnes ;

Un jour plus tard, les trois lunes se trouvent simultanément à leur zénith. Leur rythme de rotation est tel qu’aucune carte n’a jamais pu les prendre en compte. Elles sont complètement aléatoires. Ce soir, elles forment une ligne brillante dans le ciel.
Un homme, un soldat, dort, seul, dans un parc ravagé. Il ronfle bruyamment. Subitement, sa peau semble se couvrir de corne. Lisse, elle forme des plaques articulées. Une véritable armure. Elle masque les traits, déforme les visages. Les cheveux tombent. Les dents se soudent pour former un bec, semblable à celui des lointains oiseaux orientaux. Ses viscères s’élastifient, se simplifient. Là s’arrête à peu près les transformations physiques. Mais mentalement, elles le changent en bête, totalement assujettie à son unique maître. C’est l’eau de la citerne qui leur fait ça, combinée aux effets des lunes. Une véritable armée.
La pluie se met à tomber, comme les larmes d’Insania. Melanos est à l’extérieur, en haut d’une tour découverte. Le vent le fouette, sa cape trempée claque derrière lui. Il est à genoux, comme soumis aux éléments. Il pleure.
Etrange sentiment que celui-ci, ne trouve-tu pas ? Et à qui parle-tu ? La folie t’emporte, Melanos. Pourquoi pleure-tu, pourquoi est-tu triste ?
Peut-être pense-tu à tous ces gens dont tu vient de détruire l’intelligence, la vie ? Non, ce n’est pas ton genre. Depuis quand te soucierais-tu de telle peccadilles ? La cause est plus profonde. C’est ton passé qui t’attriste ainsi, ou alors ton avenir…
Non, tu n’as pas d’avenir. Ton seul but est de sauver l’humanité, n’est-ce pas ? Tu racontes vraiment n’importe quoi. Tu penses n’importe quoi. Mais c’est ça ton lot. Pour le reste de ta vie, à présent. Elle pourrait arriver plus vite que tu ne le penses.
Tu ne le veux pas, et pourtant, ça t’arrangerai bien. Ne plus sentir cet énorme animal en toi. Ne plus revoir nuit après nuit le passé.
Pour l’instant, il profite de la pluie à peine froide qui tombe, lui ruisselle dans le cou.
Il l’aime, cette pluie. Elle n’a d’autre maître que l’attraction. Indestructible. Elle semble traduire la tristesse des choses face aux évènements terrestres, face aux actes des hommes, petites fourmis affairées. Comment pourraient-ils comprendre les éléments tels que les montagnes, les rivières, la roche, la terre…
Ils ne voient qu’eux, que leur petite vie égoïste. C’est pour ça qu’il y a des guerres. Ils sont incapables d’être à l’écoute de l’extérieur, même pour ceux de leur propre espèce.
On dirait que leur vision est limitée à la distance de leur nez.
Melanos voit tout en liquide. Tout se dissout en une mare saumâtre. Lui-même commence à s’y intégrer. Tout est finit. Il ne fait plus qu’un avec Insania, avec la planète. Les étoiles tournent dans l’obscurité du firmament. Diamants blancs dans un champ de charbon, à la fois fondamentalement semblables et on ne peux plus différent d’apparence.
Il a encore perdu le contrôle de son corps. Il est allongé sur le dos. L’eau lui emplie les yeux, troublant finalement sa vision. La flaque sous lui s’élargit. Le temps ne semble pas enclin à cesser ses pleurs.
Peut-être qu’il va continuer à pleuvoir pour toujours. Impossible. Physiquement impossible.
Même si cette idée te plait, tente de penser aux conséquences que cela entraînerai. Toute cette eau. Elle finira bien par se tarir.
Demain, tu pourras prendre en main ta nouvelle armée, et porter un coup fatal à cette caricature de résistance. Non seulement ces « soldats » ont des capacités de combat bien supérieures aux humains, mais leur aspect est plutôt…repoussant, ne trouves-tu pas ? Les premières lignes ennemies tomberont probablement à leur simple vue. Quand ils se ressaisiront, il sera trop tard.
Mais n’est il pas déjà trop tard pour eux ?
Même leur mort me servira au-delà de ce qu’ils croient. Une armée revenue d’entre les morts.
Il faut que je me relève. Je ne peux pas rester là dans cette humidité.
Il se lève. Regagne ses appartements d’un pas hésitant.

miss_allsunday
miss_allsunday
Niveau 7
11 septembre 2005 à 13:23:31

j´aime bien mais le passage de la 3e a la première personne est un peu dur a suivre. :ok:

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
11 septembre 2005 à 13:33:56

C´est parce qu´il est :fou: , comme moi :fou:

KaiM
KaiM
Niveau 11
11 septembre 2005 à 13:55:58

J´ai pas lu le début, mais je comprends quand même, et j´adore, malgré les quelques fautes et oublis. Comment tout cela va-t-il se terminer?

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
11 septembre 2005 à 14:18:12

MAL

KaiM
KaiM
Niveau 11
11 septembre 2005 à 14:35:19

AINSI SOIT-IL.

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
11 septembre 2005 à 14:36:54

lol, je suis très négatif dans ce que j´écris, alors ne t´attends pas à ce que quiconque ne s´en sorte

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
11 septembre 2005 à 14:47:23

Mais tout le monde sera libre (voir ma carte de visite)

KaiM
KaiM
Niveau 11
11 septembre 2005 à 14:47:39

Non, mais c´est très bien si tout le monde meurt. Seulement, il faut pas le dire, histoire que le lecteur espère qu´il y en ait qui s´en sortent.

KaiM
KaiM
Niveau 11
11 septembre 2005 à 14:48:38

Ah oui, ta carte de visite...

De toutes façons avec un pseudo pareil, on devine la finalité...

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
11 septembre 2005 à 14:50:46

lol, la suite arrive ! A table !!

AShnRuins
AShnRuins
Niveau 10
11 septembre 2005 à 14:55:11

Ce serai surement mieux si je la postais vraiment, la suite :sarcastic:

alors la voilà

CHAPITRE XIV : Feinte contrée ;

Le Palais est bien plus calme que le jour, où tous les domestiques, serviteurs, esclaves s’affairent dans tous les sens. Son architecte et directeur des constructions se précipite vers lui.
- Bonsoir, Seigneur. Je vous cherchait partout, vos…prisons sont terminées. On les parachève à l’instant.
- Il n’était pas nécessaire de faire travailler vos ouvriers à cette heure, mais je vous suis reconnaissant d’avoir fait si vite.
Il sort un parchemin de sa poche et griffonne quelques lignes dessus.
- Apportez cela à la trésorerie centrale, on vous y remettra votre dû.
- Seigneur, vous êtes trop bon.
Il s’incline profondément.
- Bonne…fin de nuit, Seigneur. Ah !, au fait, le grand mage me fait dire qu’il vous attend au laboratoire. Ses travaux sont visiblement terminés. C’est aussi bien, je n’ai jamais réussi à la supporter. J’espère qu’il ne restera pas ici tant qu’il n’effectue plus de recherches.
- Je peux vous le garantir. Vous ne le verrez plus avant longtemps. Bonne nuit à vous.
Ils se saluent.
Alors comme ça, il a finit ? et il me fait descendre à cette heure. Étrange concours de circonstance… Prudence. Il est loin d’être clair ; je dois m’en méfier. Mais que peut il faire contre moi ? Ses talents sont largement insuffisants.
Il prend la direction des anciens cachots, un simple et étroit escalier de pierre qui plonge dans les entrailles de la Terre. Il est raide, humide et glissant. Exactement le genre d’endroit pour un accident. Mais ce n’est pas le genre du mage. Il est plus intellectuel que ça.
Son piège sera plus…malin que ça.
Il continue sur les quelques mètres restants à la fin des marches. Sa torche lèche le plafond bas. L’odeur de moisissure est très forte, à cette profondeur, se mêlant à celle des expériences qui se déroulent non loin. Des dizaines, centaines d’insectes grouillent au sol et sur les parois de roche brute. Il se méfie et observe un instant de concentration. Pour l’instant, il est lucide. Pourtant, il sent sa folie tapie dans un recoin de son mental, monstrueux animal de compagnie guettant sa moindre faiblesse.
Ce n’est pas le moment. A la lueur de mon flambeau, la lourde porte de métal plein corrodé lance des reflets rougeâtres. Elle s’ouvre à la simple demande de mon esprit. Il n’y a aucun bruit à l’intérieur. Suspect.
Il entre. Au sol, tous les chercheurs. On les croirait endormis, mais ce n’est pas le cas. Ils sont morts, empoisonnés ou tués psychiquement.
Sur le mur le plus éloigné de l’entrée, une silhouette en robe sombre l’attend, encadrée de deux torches posées sur un trépied. Elle retire lentement le capuchon de son habit. Il s’agit du grand mage. Il tient une longue dague effilée sur sa gorge. Il sourit triomphalement.
- Grand mage ! Je vous trouve enfin. Vous m’avez fait appeler, je crois.
- Votre arrogance ne sert plus de rien ici. Vous avez perdu.
- Plaît-il ?
- Depuis le début, je suis contre vos idées. Je les désapprouve toutes sans exception. Secrètement, évidemment, puisqu’on a plus le droit de penser à présent. J’ai toujours aimé Insania, ma ville natale, ses traditions, sa culture, son système politique. Tout ce que vous êtes en train de détruire. A partir du moment où vous êtes arrivé, lorsque vous avez prit le pouvoir, tout cet ordre qui régissait Insania a été perturbé, le rythme qui la faisait vivre a été cassé. Vous ne faîtes qu’offenser la volonté des Dieux !
- Les « Dieux » n’existent pas. Je suis bien placé pour le savoir. Même s’ils étaient, qui voudraient de divinités qui laissent vivre et mourir les trois quarts de ses croyants dans une misère effroyable ?
- C’est leur destin, ils sont impurs de naissance. Ils sont ce que leur nature leur dicte d’être.
- Ils sont ce que vous en faites ! C’est uniquement à cause de vous et de votre petit confort égoïste qu’ils vivent ça.
- C’est vous, l’Empereur qui a érigé son trône sur les milliers de cadavres de loyaux qui me donnez une leçon de morale ? J’ai peine à le croire…
- Vous ne savez rien de mes motivations profondes. Je suppose que vous m’avez livré un produit saboté ?
- Pas exactement, mais cela revient au même. Les monstres, qui je vous rappelle étaient les gens que vous venez de défendre, de sauver, ceux que vous avez perverti, ne vous serviront pas. Ils vous attaqueront à vue, vous et les autres humains qui vous aident. Vous ploierez sous le nombre, Empereur, tout puissant que vous soyez. Vous n’avez pas conscience de toute l’étendue de leurs capacités.
- Vous avez probablement la solution à cet…inconvénient ?
Il acquiesce.
- Tout comme ces chercheurs. Et je l’emporte comme eux dans ma tombe.
Sa lame décrit un large arc de cercle écarlate. Un coup précis. Il reste un instant encore debout, tandis que le sang inonde son gilet, puis il s’affaisse dans un dernier soupir. Une expression béate recouvre son visage.
- L’imbécile ! S’il savait…

Le grand mage ouvre les yeux. Façon de parler. C’est son spectre qui le fait. Il est à présent légèrement translucide, comme fait d’une vapeur dense et multicolore. Il se relève. Autour de lui et à perte de vue s’étend un immense champ de poussière, de sable fin parsemé de petites pierres noires d’ébène. le tout est éclairé d’une lumière maladive, verdâtre et terne, qui ne semble pas venir de quelque part, mais émaner de toutes les choses présentes. Toutes sortes de créatures, mais aussi des humains errent visiblement sans but. Lorsqu’il essaie d’entrer en communication, on le regarde sans comprendre, ou bien il se heurte à un silence de marbre. Tout paraît irréel.
- C’est donc cela, la mort ?
- Oui.
La réponse a surgie de derrière lui, mais avant qu’il n’ai pu se retourner et dévisager son mystérieux interlocuteur, il est dans une pièce sombre. La même lueur qui régnait dehors baigne ici les murs lisses. Finissant son mouvement, il découvre Melanos, à quelques pas de lui. Mais il est réel, vivant, ce n’est pas un simple spectre. Ça se voit tout de suite.
- Mais ici, vous êtes dans ma salle d’interrogatoire.
- Que…que faîtes vous là ?
- Moi ? Je me promène sur mes terres. Et vous ? Vous êtes mort.
- Comment pouvez vous…venir ici ? Par quel artifice m’apparaissez vous ?
- Il s’agit d’une longue histoire. Peut-être vous la raconterais-je plus tard si vous vous montrez coopératif. Pour l’instant, disons simplement que je contrôle la mort. Ma faucheuse t’a envoyé ici des mon arrivée pour que nous puissions discuter tranquillement. Les morts que tu as côtoyé quelques instants peuvent se montrer agressif, dérangeants. Il se trouve qu’un certain nombre est ici de ma main, et que cela les a froissé.
- Je ne peux pas le croire ! Si vous aviez vaincu la Mort, les autres Dieux serraient intervenus.
- Encore une fois, il n’y a pas d’autre dieu. L’heure n’est toutefois pas à deviser de cela. Tu as beaucoup de choses à me dire. Vite.
- Je comprends votre empressement. Votre Empire est en danger, vous devez vous dépêcher. Je vais donc me taire, et attendre aussi longtemps qu’il le faudra. Je suis mort, vous n’avez plus aucun contrôle sur moi.
- Eclaircissons quelques points. Tant que je suis ici, le temps ne s’écoule pas là-bas. Ensuite, vous pouvez toujours ressentir la douleur. Une simple pensée de ma part et …
L’image du grand mage se plie en deux dans un hurlement.
- Comme vous le disiez si bien, vous ne pouvez plus mourir, c’est déjà fait. Je pourrais vous infliger cette souffrance des années durantes, et je vous assure que l’on ne s’y fait pas avec le temps. Combien de temps tiendrez vous ? vous n’êtes pas un soldat, vous n’avez jamais ressenti ça. Je vous donne trente secondes. Quarante au maximum.
Il regarde sa proie se tordre à ses pieds, gémissant. Elle halète.
- Mais peut-être êtes vous disposé au dialogue ?
- Je…dirais…tout. Arrêtez ça !
- C’est mieux. Alors, grand mage, comment dois-je faire pour empêcher mes guerriers de se rebeller ?
- Ce…ce qui les trouble est un petit émetteur d’ondes. Je l’ai…caché.
- Où donc ?
- Dans un petit cimetière de la Bordure extérieure. Le plus proche de la grande place.
- Je vois. Ensuite.
- Je l’ai enterré dans la tombe de…votre mère.
- Comment s’appelait elle ?
- Vous l’ignorez ? Vous voulez retrouver votre famille ?
- Je veux juste pouvoir reconnaître l’emplacement.
- Son nom était Selepoh. C’est celui-ci qui est inscrit là-bas.
- Merci. Ce sera tout.
- Que vais-je devenir ?
- Je pourrais t’envoyer au néant, et tu n’existerais tout simplement plus. Mais comme je n’ai aucune preuve de la véracité de tes dires, je vais encore te garder. Tu représentes une belle somme de connaissance. De plus, tu n’as pas encore payé pour ta trahison. Jusqu’à ce que j’aie vérifié tes indications, tu resteras ici. Sous douleur, bien sûr.
- Non, attendez !
Melanos repart au milieu de cris.

KaiM
KaiM
Niveau 11
11 septembre 2005 à 15:25:50

Très bonne idée, le coup du suicide qui sert à rien! :ok:

Deathstone
Deathstone
Niveau 9
11 septembre 2005 à 15:28:41

Comme d´habitude.
Arrêtez donc de faire que du positif, je rentre plus dans mes groles lol

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