CONNEXION
  • RetourJeux
    • Sorties
    • Hit Parade
    • Les + populaires
    • Les + attendus
    • Soluces
    • Tous les Jeux
    • Gaming
  • RetourActu Gaming
    • News
    • Astuces
    • Tests
    • Previews
    • Toute l'actu gaming
  • RetourBons plans
    • Bons plans
    • Bons plans Smartphone
    • Bons plans Hardware
    • Bons plans Image et Son
    • Bons plans Amazon
    • Bons plans Cdiscount
    • Bons plans Decathlon
    • Bons plans Fnac
    • Tous les Bons plans
  • RetourJVTech
    • Actus High-Tech
    • Intelligence Artificielle
    • Smartphones
    • Mobilité urbaine
    • Hardware
    • Image et son
    • Tutoriels
    • Tests produits High-Tech
    • Guides d'achat High-Tech
    • JVTech
  • RetourCulture
    • Actus Culture
    • Culture
  • RetourVidéos
    • A la une
    • Gaming Live
    • Vidéos Tests
    • Vidéos Previews
    • Gameplay
    • Trailers
    • Chroniques
    • Replay Web TV
    • Toutes les vidéos
  • RetourForums
    • Hardware PC
    • PS5
    • Switch 2
    • Xbox Series
    • Switch
    • Pokemon pocket
    • FC 25 Ultimate Team
    • League of Legends
    • Tous les Forums
  • PC
  • PS5
  • Xbox Series
  • Switch 2
  • PS4
  • One
  • Switch
  • iOS
  • Android
  • MMO
  • RPG
  • FPS
En ce moment Genshin Impact Valhalla Breath of the wild Animal Crossing GTA 5 Red dead 2
Liste des sujets

Providence, version 2.

Soulblighter
Soulblighter
Niveau 10
11 juillet 2005 à 11:24:28

Providence

-Prologue-

La voiture la heurte au haut de la cuisse droite tout en faisant apparaître une trace de freinage d’un noir ébène sur le macadam. Au même moment, l’artère fémorale éclate sous le choc, provoquant une hémorragie interne dans sa cuisse. Le corps se retrouve éjecté hors de la route, et sa nuque heurte le pied d’un réverbère. J’entends les vertèbres cervicales craquées. Je l’observe. On dirait un pantin auquel on aurait subitement tranché les cordes qui le tenait. Son bras gauche est passé par-dessus sa tête et son bras droit est tendu vers le trottoir d’en face, son index désignant un vieux drugstore avec des produits pharmaceutiques en vitrine. Sa jambe droite avait voulu faire un grand écart mais la gauche n’avait pas suivi. Je me marre. Je viens de la voir se faire shooter par une bagnole et je me marre. Je viens d’entendre sa dernière expiration et je me marre. Soudain je me pose une question: Pourquoi est-ce que je ris?

Aucune réponse. C’est vrai que ce n’est pas drôle au fond. Même en hauteur se n’est pas drôle. Elle est morte et la dernière chose qu’elle a entendu c’est mon rire. Sardonique et acerbe. Pourquoi ai-je ris?

La fatigue?

Certes j’ai des insomnies depuis neuf nuits, mais lorsque j’en avais eu pendant deux semaines je ne m’étais pas mis à me marrer devant chaque mort. Et j’en avais vu des cadavres durant ces deux semaines. J’en avais vu des morts quand je travaillai comme embaumeur. Grâce à ce métier j’avais vu plein de forme de mort. La rupture d’un anévrisme de l’aorte entraîne la mort. Une balle de neuf millimètres logée dans l’hémisphère cérébral droit entraîne la mort. Le syndrome malin secondaire de Marfan entraîne la mort. Se trancher les veines de l’avant bras entraîne la mort. Se faire renverser par une voiture peut aussi entraîner la mort. Ça n’avait rien de drôle. Ce n’était vraiment pas drôle. Pourtant j’avais ri. L’éternelle question qui me hante: pourquoi?

La nervosité?

Je ne suis vraiment pas du genre nerveux. Je suis plutôt style Bouddha, vous comprenez? Je ne parle pas de la réincarnation. Je ne pense pas qu’après une vie pourrie on puisse avoir une seconde vie pourrie, ce serait injuste. Moi, je parle du zen, de faire le vide dans sa tête. Être le vide, n’être même plus quelqu’un qui ne pense à rien, être rien. Être mort tout en pouvant redevenir vivant. Contrairement à elle qui est morte sans pouvoir redevenir vivante. Cela n’a rien de drôle. Pourtant j’ai ris. Pourquoi?

Mon cerveau?

C’est ça, c’est de la faute de mon cerveau. Il a ordonné à mon corps de rire et mon corps à obéit. Quant à savoir pourquoi, seul mon cerveau le sait. Mon gros chou-fleur rosâtre détient la réponse. Pourquoi ai-je ris? Seul lui le sait.

J’ai ris, soit. Mais pendant ce temps, le chauffeur a accéléré, a grillé un feu rouge, a frôlé une vieille Admiral noire et s’est engagé dans la quarante-deuxième avenue. Il a disparu de mon champ de vision. Je n’ai même pas relever la plaque d’immatriculation. A quoi bon? Peut-être qu’une fois qu’il aura réparer l’avant de son pare-chocs, ce chauffeur s’achètera un journal et lira le nom de sa victime dans la rubrique nécrologique. Au bout de quatre jours d’insomnies à se repasser l’accident dans sa tête, il sera prit de remords et ira se dénoncer aux autorités. Peut-être. Ou peut-être pas.

Il a filé, soit. Mais pendant ce temps, un piéton a eu la bonne idée de courir vers la cabine téléphonique au bout de la rue et d’appeler la police, une ambulance, et sa femme. Au bout de cinq minutes la femme du piéton était là. Une minute après, ce fut la police. Et en retard de trois minutes, l’ambulance.

Conclusion: si un jour vous êtes piqué par une bestiole vous injectant un venin mortel qui agit au bout de cinq minutes, appelez votre femme, elle est la seule à pouvoir vous sauver ou au pire de vous voir mourir. La rupture d’un anévrisme de l’aorte entraîne la mort. Un venin mortel entraîne également la mort, sauf si votre femme vous sauve.

Et moi, durant ce temps, je restai là. Sur le trottoir. A observer son corps se trouvant dans sa position morbide. Puis je décidai de rentrer chez moi. Indifférent. Elle était morte. Ça n’avait rien de drôle.

Ma maison. Mon refuge. Une modeste maison aux tuiles vertes. Je n’avais jamais vu de tuiles vertes avant d’emménager ici. C’est joli. Un peu de couleur parmi tous les entrepôts qui entourent mon refuge. Je rentre dans celui-ci. Une voix s’élève dès que les lattes du plancher se mettent à craquer sous mon poids.
_ Tu l’as?
Je glisse la main dans ma poche gauche et mes doigts rencontrent l’objet de la question.
_ Oui, je l’ai.
_ Très bien, sinon, tu vas bien?
_ ça baigne
Ce n’est pas tout à fait vrai, j’ai un peu mal au dos en fait.
_ Et elle?
_ Morte.
Ton neutre. Direct. Je me surprends à parler de ce style. J’étais gentil avant.

Avant quoi?

Avant tout ça. Avant que je me péte le dos. J’entends des bruits à l’étage, puis la tête appartenant à la voix apparaît.
_ Sérieux?
Je n’ai pas besoin de répondre. Il voit sur ma gueule d’insomniaque. Il lit dans mon regard cerclé de cernes. Oui, je suis sérieux.

Nuria est morte. Nuria voulait mourir. Elle a fait six tentatives de suicide et aucune n’avait marché. Pas de chance. Et là, alors qu’elle avait trouvé un but en nous rejoignant, elle meurt. Vraiment pas de chance.

Mourir faisait partie intégrante des risques que l’on pouvait encourir lorsque nous partions en mission. Deux d’entre nous était déjà tombé sous les balles des policiers. Nuria est la première à se faire renverser par une voiture. Il faut bien un début à tout. A quand la rupture d’un anévrisme de l’aorte qui entraîne la mort en plein mission?

Soulblighter
Soulblighter
Niveau 10
11 juillet 2005 à 11:27:30

-1-

Georges était le patron de Margareth qui était ma patronne. C’était il y a quatre mois. Je n’étais pas encore embaumeur. Je travaillai dans les bureaux d’une entreprise. Margareth avait cinquante ans. Un jour, elle vient dans mon bureau, s’assit sur une chaise en face de moi et se met à me parler de sa fille. Carla.

Pourquoi elle me parle d’elle? Je n’en sais guère.

Elle me dit que sa fille à vingt-trois ans. Qu’elle a les cheveux bruns, les yeux marrons. Qu’elle fait un mètre soixante et onze et qu’elle pèse cinquante-six kilos.

Je m’en contrefous. Voyant que je préfère regarder une fiche indiquant les pertes et les bénéfices de l’entreprise pour ce mois-ci, elle retourne à son poste. Je croyais ne plus l’entendre parler de sa fille. Je croyais que désormais elle allait m’adresser la parole juste pour m’ordonner de lui donner le dossier numéro machin ou la fiche de paye d’untel. D’aller lui chercher du café ou lui faire des photocopies. Les ordres ordinaires de patrons ordinaux. J’avais tort.

Le lendemain, elle revient dans mon bureau. Je suis en train de lire un discours que je suis censé prononcer durant une conférence cet après-midi. Elle me colle une photo sous les yeux. Cheveux bruns, yeux marrons, environ un mètre soixante-dix, je suis prêt à parier que c’est sa fille.
_ C’est Carla, dit elle.
J’aurais dû parier.

En fait, elle n’est pas si mal que ça. Elle est même plutôt mignonne en fait. Carla est en maillot de bain sur cette photo. Visage angélique, lèvre fine, petit nez fin également. Sa poitrine est le contraire de Pamela Anderson , mais je suis sur que ses seins sont biens fermes.
_ Alors, comment la trouves- tu?
Elle veut vraiment me caser avec sa fille. Je lui répond avec un brin d’hésitation. Je ne peux pas dire que je la trouve belle sinon ma patronne profitera de l’occasion pour organiser fiançailles, mariage, voyage de noces et toutes les autres choses qui suivent. Ma vie sera régie par ma patronne jusqu’à ma mort. A moins que ce soit elle qui meurt de vieillesse avant. Ce qui est fort probable. La rupture d’un anévrisme de l’aorte entraîne la mort. La vieillesse entraîne également la mort. La vieillesse est l’ultime recours utilisé par la mort pour vous happer. Je ne veux pas fonder un couple. Le sexe en lui-même ne m’intéresse pas. Je préfère être seul. Rester seul. La solitude n’entraîne pas la mort il me semble. Alors que lui répondre? Je ne peux pas lui dire qu’elle est moche, ça ne se fait pas.
_ Elle a du charme.
J’ai finalement répondu. Peut être de travers vu l’éclat qui a brillé dans les yeux de Margareth pendant un bref instant.

Elle part, me laissant seul. Pas exactement seul puisque j’ai mon discours et la photo en face de moi. La photo, le discours. Le discours, la photo. Il faut faire un choix. Facile. Je choisis le discours. La conférence est dans quarante minutes. J’ai déjà assez perdu de temps.

Quarante minutes plus tard, je me retrouve donc dans la salle de conférence en train de lire mon discours à Georges et ses lieutenants. Quatre-vingt-dix minutes s’écoulent avant la fin de la conférence. Je sors de la salle avec une migraine épouvantable. La rupture d’un anévrisme de l’aorte en traîne la mort. Le syndrome malin secondaire de Marfan entraîne la mort. Une conférence d’une heure et demi n’entraîne pas la mort mais vous donne envie de la provoquer pour vous débarrasser des rangées de chiffres qui se sont placées dans votre cerveau. Le même cerveau qui m’a fait rire alors que ce n’était pas drôle. Je déteste les conférences.

Heureusement, après celle-ci, j’ai l’autorisation de retourner chez moi malgré le fait qu’il me reste normalement plus d’une heure de travail. Je rejoins mes tuiles vertes. Le trajet est court. Premier quartier, deuxième quartier, chez moi. Je passe dans le premier quartier. Il y a une boîte de nuit, vide à l’heure qu’il est. Les boîtes de nuit sont des endroits où des personnes vont pour en rencontrer d’autre. La plupart pense y trouver leur âme sœur. Foutaise. Il y a déjà les agences matrimoniales pour ça. Je déteste les boîtes de nuit. Deuxième quartier, rien à signaler, la routine quotidienne c’est installée dans les rues de ce quartier.

Puis mon refuge aux tuiles vertes et là, en face de moi. A l’époque j’étais encore seul chez moi. J’allume la télé. On ne me l’avait pas encore explosé contre le mur à l’époque. Je tombe sur des publicités du genre: comment pouvez-vous vivre alors que vous avez trois grammes de trop pour ressembler à notre mannequin à la poitrine siliconée, les fesses fermes et autre détails de sa physionomie tout aussi parfait. Bref, un corps de rêve. Mais heureusement la crème unetelle vous permettra de perdre vos trois grammes pour la modique somme de 50€. Autre pub. Machin, star ultra connue du football mange Danone. Unetelle, actrice ultra connue par le grand public mange Danone. Vous aussi devenez ultra connue en mangeant Danone. Les médias nourrissent leur moutons et proposent même du rab. Oh! Ma machine à laver est en panne! C’est normal, vous n’utilisez pas la lessive X. Grâce à la lessive X, votre machine ne tombera jamais en panne et votre lessive sera toujours propre. Le géant capitaliste a les médias pour fer de lance. Soudain, pub pour Interflora. Alors qu’il vient de se fâcher avec sa femme, il décide de lui envoyer un bouquet de fleurs de chez Interflora pour se réconcilier. Il téléphone et une seconde après, le bouquet arrive. Deux secondes après, le couple est réuni avec un sourire niais sur le visage.

Et si je lui achetai des fleurs? Qu’est ce que je raconte. Achetez des fleurs à qui? A Carla tiens. Pourquoi? Comme ça ta patronne ne te fera plus chier. Bonne réponse. J’ai toujours les bonnes solutions.

J’ai encore le numéro prononcé en chœur par le couple Interflora qui résonne dans ma tête. Je prends le téléphone et compose le numéro. A l’époque on avait pas encore tenté de m’étrangler avec le cordon de celui-ci. Une sonnerie. Musique d’attente. Six minutes après, j’ai enfin une standardiste.
_ Interflora bonjour, vous désirez envoyer un bouquet à quelqu’un qui vous est cher?
C’est le but de mon appel, sauf que je désire envoyer un bouquet de fleur à quelqu’un qui m’est inconnue.
_ Oui.
_ Quel type de fleurs?
Être standardiste c’est un peu comme travailler à la chaîne. Toujours les mêmes paroles. Presque toujours les mêmes réponses. Quel type de fleurs? Des roses? Oui, des roses. Déjà parce que c’est la seule fleur que je connaisse et qu’en plus ça me fait penser à un terme médical. L’hydrophobique de Rose. Un tétanos provoqué par une plaie de la face et qui peut entraîner une paralysie faciale.
_ Des roses.
_ Très bien, puis-je avoir votre nom, prénom et numéro de carte bleue ainsi que l’adresse de la personne à qui vous désirez envoyer vos fleurs de chez Interflora?
Je m’acquitte de ces formalités. Ne connaissant pas l’adresse de Carla, je décide d’envoyer le bouquet à ma patronne.
_ Vous désirez ajouter un petit mot avec?
Décidément elle ne sait parler qu’en question.
_ Oui, si vous pouviez marquer: transmettez à votre fille.
_ Très bien, votre commande a bien été effectué, nous vous remercions d’avoir appeler Interflora.
Je raccroche avant qu’elle ne puisse prononcer au revoir. Elle n’a dit que trois fois Interflora dans la discussion. Peut beaucoup mieux faire.

C’est pas tout ça, mais j’ai faim moi. Ouverture du frigo. D’un côté tout les aliments à réchauffer, de l’autre, toutes les bières mises au frais. Escalope de dinde et patates déjà cuites au menu. Il me suffit de mettre tout ça une minute au micro-onde et je pourrai me substanter avant d’aller me coucher. Belle invention le micro-onde.

Marrant, ce soir j’ai rêvé que je retournais au collège et que tout mes anciens profs me gueulaient dessus. Pourquoi? Encore une réponse que détient mon cerveau. Je m’étais juste réveillé en sursaut et le lendemain matin j’avais tout oublié. J’avais rêvé? Je ne sais pas, peut être oui.

    • *

Il faut une révolution, il faut qu’une nouvelle ère commence.
_Révoltons nous camarades!
Je me tenais debout au milieu du salon, j’avais la vision d’un fauteuil en piteux état, de deux canapés trois places se délabrant , une tapisserie à fleur tâchée de saleté et d’un sol recouvert par des canettes de bières vides. Est-ce moi qui ai parlé, je ne reconnais pas le timbre de ma voix? Oh. Suis-je réellement moi?
_Camarades? Tu as sombré dans le marxisme?
Je tourne la tête vers la voix. Un homme à la crête verte devant se remarquer à trois kilomètres à la ronde lorsqu’il avance parmis la foule. C’est pourtant pas le type de mec que je vois se balader au milieu d’une foule, au contraire.
_T’inquiète pas mec, je suis toujours partisan du drapeau noir.
_Tu nous rassures.
Cette fois, c’est une fille qui parle. Elle me dit ceci tout en me lançant une nouvelle canette de bière. Elle était blonde, un visage assez mince et des yeux verts amandes dans lesquels se reflétaient mon image. Je me paraissais immense en me contemplant dans ce miroir humain, une solide carrure avec des épaules bien larges et une courte chevelure blonde. Je suis blond? Qui suis-je?

Les autres personnes présentes dans le squat sont au nombre de sept, mais leurs noms me sont inconnus. L’homme à la crête verte s’approcha de moi. Son haleine empestait la bière, il avait dû en ingurgiter pas mal, mais certainement pas assez pour le bourrer complètement.
_Alors, quels sont nos projets?
_On va pas changer d’habitude, de la propagande, je présume.
C’est la blonde qui a rétorqué cela. Pourtant elle avait tort, je savais qu’il se tramait autre chose qu’une simple propagande. Je vidai ma bière et la balançai avec les autres au sol. Oh. De l’alcool, je n’y touche jamais.
_Ecoutez, autant être franc et direct, je n’ai pas mis au point un nouveau projet car je m’en vais.
La surprise se peignit sur les visages, et après un lourd silence, des exclamations fusèrent dans la pièce.
_J’ai des soucis avec ma famille, je dois absolument la rejoindre.
La femme aux yeux miroirs qui était alors assise dans le fauteuil, se leva.
_Et tu ne peux pas les envoyer chier comme tout le reste!
Je ne pris pas la peine de lui répondre. Je sortis hors du squat, les autres me suivant du regard jusqu’à la sortie. Dehors, une main se posa sur mon épaule. Cette crête verte, encore et toujours. Mon regard reste accroché dessus comme une mouche sur un papier destiné à la tuer.
_Attends vieux, tu vas pas nous laisser en plan comme ça?
Il était inquiet. Pourquoi? Qui étais-je à ses yeux?
_Si.
Il n’opposa pas de résistance, sachant pertinemment que cela ne servirait à rien.
_Whitness…
Oh. Je m’appelle Whitness? Je suis Whitness… C’est faux. Mensonge, je ne suis pas cet homme. Je ne suis pas cette sorte de punk à la con se terrant dans un squat pourri et ingurgitant des paquets de bières.
_Merci pour tout. Je ne sais pas ce que je serai devenu sans toi.
Je suis un meneur d’homme? Je me retournai vers lui et j’aperçus des larmes qui coulaient sur son visage rugueux. Je l’étreignis, le visage collé contre lui, sentant sa transpiration et les relents de bière.
_Je te promets de revenir.
Puis je partis, sans me retourner, la page était tournée. Enfin, pas tout à fait, car, alors que j’allais à ma vieille guimbarde, une fille m‘arrêta. Pas une fille. Une déesse. J’étais amoureux. Je ne sais pas du tout ce que veut dire ce terme, amoureux, mais dans un récit, c’est à ce moment qu’il est utilisé je crois. C’est une magnifique rousse d’une beauté indescriptible. J’ai peine à vous expliquer ce que je pouvais ressentir en la voyant. Était-ce mes yeux?
_Je viens avec toi.
Avant même que je ne puisse répondre, d‘ailleurs, ce n‘était pas moi qui répondait mais le propriétaire de ce corps, ce Whitness, elle était déjà installé dans la vieille voiture assisse à la place du passager. « La place du mort » comme on dit. Je m’assis à côté d’elle, je savais que je ne pourrais la convaincre de changer d’avis. Elle avait décidé de venir, rien ne pourra l’en empêcher.

Nous partîmes donc, tout deux. En route, Whitness lui expliqua ce qu‘il voulait faire. Moi, si je me retrouve avec cette fille à mes côtés, je doute pouvoir articuler le moindre mot.
_J’en ai un peu marre de toujours rester cloîtré dans le squat, arpenter les mêmes lieux, voir les mêmes têtes. J’avais besoin de changement, tu me comprends?
La déesse hocha la tête. Elle me comprenait. Elle le comprenait.
_J’ai envie de tout recommencer à zéro.
Elle l’écouta parler durant tout le trajet, ne se lassant pas de ses paroles. Moi si, je m’ennuyais tellement que je me demandais quand est-ce que j’allais m’endormir. Si je ne dors pas déjà. Finalement, nous arrivâmes sur le parking d’un bâtiment. C’était une chambre funéraire.

Le patron vint m’accueillir. Il me dit qu’il n’y a pas de problème pour le logement, que son grenier est à ma disposition. La beauté rousse s’y installait déjà. Je devais de nouveau partir. Non, je voulais rester avec cette fille, l’avoir constamment dans mon champ de vision. C’était la huitième merveille du monde, que l’on me laisse l’admirer. Mais mon corps, enfin, son corps ne m’obéit pas. Je monte dans la voiture et je reprends la route. Cinq kilomètre plus loin, un panneau m’indique que nous sommes en direction de Providence, dans le Rhode Island.

Swhite
Swhite
Niveau 10
11 juillet 2005 à 11:30:44

Super ! :ok:

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
11 juillet 2005 à 17:36:44

Je m´apprêtais à lire quand j´ai vu ce topic... Faut que je lise celui-là ou l´ancien?

chris12
chris12
Niveau 9
13 juillet 2005 à 11:41:29

ouais le titre prend une nouvelle ampleur

Soulblighter
Soulblighter
Niveau 10
13 juillet 2005 à 13:14:08

Seskoisa, bah les deux évidemment. :-)
mais je pense que ce serait bien d´avoir un nouveau lecteur de ton genre qui puisse commenter chapitre par chapitre sans avoir à tout lire d´un bloc.

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
13 juillet 2005 à 19:05:33

:) Mais quelle est la différence entre cette version et la première? Celle-ci est retravaillée? Parce que à première vue ça semble être la même chose.
Je commence à lire celle-là, en attendant ta réponse :-)

Soulblighter
Soulblighter
Niveau 10
13 juillet 2005 à 22:10:13

Et bien, la première version contient deux parties. Celle-ci contiendra les deux parties en une seule et unique histoire.

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
13 juillet 2005 à 22:28:43

Ok ok. Je laisserai un commentaire d´ici demain. :)

Loky64
Loky64
Niveau 10
14 juillet 2005 à 18:50:07

vive le renouveau :)

Soulblighter
Soulblighter
Niveau 10
14 juillet 2005 à 19:51:19

-2-

Le lendemain je retourne au bureau. Tiens, ma patronne n’est pas à son poste. Par contre un collègue m’attend à mon bureau.
_ Georges veut te voir immédiatement.
Ah? J’ai été si nul que ça lors de la conférence?

J’obéis et je vais donc dans le bureau du patron de ma patronne. Margareth et Georges m’y attendent. C’est Georges qui parle le premier.
_ Mme Laurier ici présente a porté plainte à votre sujet concernant un harcèlement sexuel.
Pourquoi Margareth a t-elle porter plainte contre moi?
_ Je ne suis pas au courant, de quoi voulez-vous parler?
Margareth me répond avec une voix d’hystérique que je ne lui connaissais pas.
_ Ne faîte pas votre innocent, vous savez très bien de quoi je parle, espèce de… de… i… i…
Elle bafouille et perd ses mots. Ça devait être une insulte. Commençant par i. Voyons, Ingrat? Idiot? Imbécile? Si elle s’y connaît en médecine elle pourrait m’insulter d’ichor. Du pus de mauvaise nature, sanguinolent et fétide.
_ … Ignoble personnage!
Ah? J’y avais pas pensé à celui-là. Georges étant mon seul interlocuteur ayant un comportement normal, je préfère lui adresser la parole plutôt qu’à Margareth.
_ De quoi voulez-vous parler au juste?
_ Hier soir, Mme Laurier a reçu chez elle un bouquet de roses.
Normal, c’est moi qui le lui ai envoyé.
_ Celui-ci contenait un message à caractère sexuel, voir sado-masochiste.
Transmettez à votre fille. Message sado-masochiste?
_ Je ne comprends pas…
_ C’est bien vous qui avez envoyé ces fleurs?
_ Oui, mais…
L’hystérique reprend du service.
_ Vous voyez, il avoue!
_ Mme Laurier souhaite que vous démissionnez de cette entreprise, sous peine de poursuite judiciaire.
_ Mais…
Margareth ne me laisse vraiment pas le temps d’en placer une.
_ Je vous conseille de quitter cette entreprise si vous ne voulez pas vous retrouver sur la paille.
La discussion dure encore deux minutes avant que je cède et pose ma démission. Pas d’indemnité de licenciement en plus.

Avec toutes mes affaires entassées dans un petit carton que je porte sous le bras, j’ai l’impression d’être Fox Mulder quittant son bureau au sous-sol du FBI. Il ne me manque que le poster « I want to believe » pour parachever ma ressemblance.

Je pars, sans dire un mot. Je retourne chez moi. A pied. Avec mon carton sous le bras. Message sado-masochiste? Qu’est ce que c’est que ces conneries? En fait, Interflora avait inversé mon message avec un autre. Apparemment un pervers.

Je passe devant la boîte de nuit. Je déteste les boîtes de nuit. Je déteste Interflora aussi. Je crois que c’est à partir de ce moment là que ma vie s’assombrit. A partir de cette journée de merde.

Je sombre. Désespoir. Détresse. Douleur. Comment dire les sensations que j’éprouve sans utiliser ces trois D? Immersion. La suite de ma vie n’est que souffrances et ténèbres. Jusqu’au jour où je rencontre la lumière.

    • *

Je me retrouve devant un mec. Une tête de plus que moi, le teint légèrement basané et un costume noir, entièrement noir. Probablement une sorte de mafieux, avec la classe italienne en moins… Il me demanda d’accomplir une mission pour lui. Une mission valant beaucoup d’argent: 150 000$. C‘était une somme non négligeable, moi perso j‘aurais accepté directement. L’autre moi, lui, a hésité quelque temps, laissant un blanc s’installer. Il accepta finalement, peut être poussé par mon envie d’avoir aussi cette argent, même si je sais pertinemment que je n’en verrais jamais la couleur, sauf peut être dans ce genre de rêve. S’agit-il vraiment d’un rêve? Il me donna un plan. Je n’en crus pas mes yeux. Comment pourrais-je faire exploser ce truc? Exploser? Je sais faire des explosifs désormais?
_Il me faut composer une équipe.
L‘homme ne broncha pas, m‘accordant une totale confiance.
_Je te donne quatre mois, et un délai si nécessaire.
_De combien de temps ce délai?
_Tu me contacteras si nécessaire.
Il me tendit une carte.
_Voici le téléphone et l’adresse d’un ami. En plus d’être l’homme à qui tu dois t’adresser pour me contacter, il est aussi policier. Donc si tu as besoin de lui, n’hésite pas à le joindre.
Je pris la carte et la mis précieusement dans ma poche. Dans quoi te fourres-tu mon Whitness chimérique, c’est risqué, et tu dois le savoir…
_Tu sais ce qu’il te reste à faire.
J’acquiesçai. Il s’en alla. Un bref coup d‘œil sur le plan me montra à nouveau la difficulté de cette mission. Tu n’y arriveras jamais, c’est trop gros pour un mec de ton espèce. Mais Whitness semblait motivé, prêt à accomplir son acte terroriste pour toucher l’argent. J’espère que je ne resterais pas en lui lorsqu’il va croupir pour le reste de sa vie dans une prison…

Je me rends à l‘adresse indiqué sur la carte donné par le pseudo mafioso. Le flic en question se nomme Max. Après les salutations d’usage, il me donne un Beretta. Je le pris et vidai le chargeur sous ses yeux.
_Sans les balles, tu au auras du mal à tuer quelqu’un.
Je ne veux tuer personne, je ne veux pas que du sang coule. Cette arme ne servira qu’à intimider, pas à tuer. Le fait d’avoir le canon d’un flingue collé contre la tempe fait parler beaucoup de monde. Et puis, sans s’en rendre contre, un pistolet est un objet réconfortant quand on le porte sur soi ou qu’il est à notre portée. Un revolver, c’est beau. Le seul problème, c’est que n’importe quel idiot peut en avoir un et assassiner des gens avec. Dans ce cas, un flingue, c’est moche. La beauté de l’arme varie selon son utilisateur. Il y a une différence entre un jeune prépubaire se prenant pour un caïd et un fidèle homme de main en chemise blanche et veste noire. Ce contraste déteint sur l’arme. Cette pensée n’est pas de moi… Ainsi je peux aussi savoir ce que désire ce Whitness, réellement.
_Ce n’est pas mon but.
_Tu comptes vraiment accomplir ta mission sans tuer personne?
_Ouais.
Je sais qu’il ne désire que des dégâts matériel. Aucune perte humaine si possible, tel est son but.
_Bonne chance.
La chance, c’est pour les minables. Ceux qui pensent pouvoir réussir que si ce facteur compte. Oh. Ma carrière entière est basée sur la chance, j’ai eu mon job parce que mon père avait la chance de connaître la mère de ma patronne, enfin ex-patronne et qu’il a dû coucher avec parce que cette mère avait parlé à de nombreuses reprises de ma famille et que son père avait rendu de nombreuses visites à son domicile. Et dix ans plus tard, deux ans après la mort de mon père, je suis dans le métro et il y a la mère qui me fixe intensément. Finalement elle s’approche de moi et me demande si je connais ce qui est mon père. Ouais, j’suis son fils. Et c’est ainsi que je me retrouve à boire le thé chez elle, et c’est ainsi que sa fille va ensuite m’embaucher dans son entreprise certainement influencé par la mère. Si ça c’est pas une veine extraordinaire…
_La chance n’a rien à voir là-dedans. Seul le professionnalisme compte.
Le policier semblait d’accord. Moi, non mais je ne pouvais pas parler et imposer mon opinion. Je comprends un peu ce que doit ressentir un muet face au monde l’entourant. Je remonte dans la voiture. Je vois que cette fois nous faisons le trajet inverse. Nous retournons à la chambre funéraire.

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
14 juillet 2005 à 22:22:01

Je viens enfin de lire.
Pour le forme, le style est parfait. C´est naturel, fluide, original. Il y a quelque chose dans ta structure de phrases que je n´ai jamais vu et qui est excellent. J´arrive pas vraiment à discerner et à te dire concrètement ce que c´est. Par ailleurs, il y a peut-être une phrase ou deux par chapitre que j´ai moins aimées ( ex:"Le fait d’avoir le canon d’un flingue collé contre la tempe fait parler beaucoup de monde." :d) deux faits dans la même phrase je sais pas ça donne un sonorité moins bonne :) ) .
Ya aussi quelques fautes par-ci par là ( une bonne dizaine en fait :-) ) Notamment, je me souviens plus ou mais tu disais " cinq kilomètre" ( kiloimètre pas de S).
Ya aussi quelques discordances de temps, ou peut-être suis-je perdu au point de croire qu´il y en a alors que ce n´est pas le cas: " Le policier SEMBLAIT d’accord. Moi, non mais je ne POUVAIS pas parler et imposer mon opinion. Je comprends un peu ce que doit ressentir un muet face au monde l’entourant. Je ? remonte? dans la voiture. Je vois que cette fois nous ? faisons? le trajet inverse. Nous ? retournons? à la chambre funéraire."
Si ce n´est pas une discordance de temps, j´aurais besoin d´être éclairé^^
Pour le fond,

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
14 juillet 2005 à 22:25:36

merde!

Pour le fond, j´ai vraiment aimé la façon dont tu faisais avancer le récit, on est plongé dans ton monde glauque ( qui sûrement le devenir en fait). Néanmoins, le scénario n´est pas trop clair pour le moment avec le rêve et la vraie vie qui se chevauchent, mais j´imagine que ça va se clarifier par la suite. :-)
Vraiment très très bon, je me sens pas trop en sécurité pour le concours... :peur:

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
14 juillet 2005 à 22:29:13

Tu vas poster la suite sur ce topic ?

Soulblighter
Soulblighter
Niveau 10
14 juillet 2005 à 22:58:46

Oui, bien sur la suite sera postée sur ce topic. Les fautes c´est de ma faute ( c´est le cas de le dire) j´aurais dû les corriger dans cette version, mais j´ai eu la flemme, il y a eu des corrections apportées certes, mais pas grand chose. Le " rêve" comme tu dis est la nouveauté de cette version, et je suis content qu´il fonctionne correctement. Pour le temps je ne saurais dire, j´écris comme ça et je trouve cela correct pour ma part. De plus quand j´essaye de corriger j´y parviens pas trouvant que ça sonne moins bien. Et le " monde glauque" n´est que le présent ( proche?) vu par un esprit blasé, c´est un peu près le monde dans lequel nous vivons à l´heure actuelle.

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
14 juillet 2005 à 23:18:32

Ok je ne me poserai plus de questions pour le temps alors, je me demandais si je n´avais pas manqué quelque chose... Et elle est ou cette suite? :)

Soulblighter
Soulblighter
Niveau 10
15 juillet 2005 à 17:26:56

-3-

Il descend de son Audi d’un rouge vif et va en direction d’un homme qui se trouve de dos. Il lui pose la main sur l’épaule et l’inconnu se retourne. C’est ainsi qu’il le rencontre. Qu’il me rencontre.

    • *

Je suis assis devant un mahousse avachi sur un fauteuil en roulettes qui flanche sous son poids. Son métier c’est de trouver des métiers à des gens cherchant un métier. Je suis à l’agence nationale pour l’emploi. Je recherche n’importe quel métier. Tous, sauf chez Interflora.
_ Désolé, nous n’avons rien pour vous.
Même comme éboueur ils ne veulent pas de moi. Personne ne veut de moi. Je me contente donc d’être une ordure. Si vous me cherchez je suis tout en bas de l’échelle. La personne insignifiante à qui personne ne s’intéresse.

Je ressors dépité. Une main se pose sur mon épaule. Je me retourne. Un mec. Un peu plus d’un mètre quatre-vingt, yeux gris, cheveux blonds coupés en brosse.
_ Alors, tu cherches un emploi?
Quelle déduction. Quelqu’un qui ressort de l’agence avec une tête marquée par le désespoir. Forcement que je recherches du boulot.
_ En effet.
_ Si tu veux je peux te mettre en contact avec le patron d’une chambre funéraire. Il recherche un embaumeur. En plus tu as la gueule de l’emploi.
Il doit parler de mon visage effondré à cause de mes sept jours d’insomnie d’affilées sans doute.. Le comique de situation me dépasse.
_ Alors, ça t’intéresse?
Un peu que ça m’intéresse, ça faisait neuf jours que j’allais à l’agence nationale pour l’emploi sans rien trouver, et lui me propose un job alors que je ne le connais même pas. Il me dit de le suivre. Je suis docile et le suis. Il me dit de monter dans son Audi. J’obéis toujours.

Même s’il recherche à me kidnapper ou à me tuer, je m’en fous. Je n’ai plus rien à perdre. Lénine s’est appuyé sur les prolétaires pour faire sa révolution. Les prolétaires n’avaient rien à perdre. On a vu le résultat. Lorsque je dis cela à mon sauveur, sa réponse avait quelque chose de mystérieuse. J’emplois le mot sauveur car soit il me trouve un boulot qui me permettrai de remonter l’échelle de la société. Soit il me tue et me libère des trois D. Le désespoir, la détresse, la douleur. Tout cela disparaît avec une balle dans la tête. La délivrance.
_ Tu veux faire une révolution? Moi je suis partant.
Je ne réponds pas. Mon sauveur doit certainement être un révolutionnaire idéaliste anarchiste.

Le cœur expulse le sang à un kilomètre par heure dans l’aorte. Nous avancions soixante fois plus vite sur l’artère principale de la ville qui pour une fois n’était pas encombrée. Lorsque nous arrivons en zone de rurbanisation, mon interlocuteur prend la parole.
_ Si tu veux obtenir du napalm, mélange de l’essence et du jus de fruit surgelé à parts égales. Tu peux aussi mélanger l’essence à du Coca light ou de la litière à chat réduite en poussière dans l’essence de façon à obtenir une bouillie épaisse.
Je n’avais pas de chat, juste un chien, un chien du nom de Providence. Il pense m’impressionner en me disant comment faire du napalm, mais j’ai de quoi riposter.
_ Le syndrome malin secondaire de Marfan est un syndrome de la plus haute gravité survenant au décours d’une angine diphtérique. Il est caractérisé par la pâleur, l’asthénie, une paralysie du voile du palais, un collapsus cardio-vasculaire avec dilatation du cœur et hypertrophie du foie, une albuminurie avec azotémie. Il évolue vers la mort en une dizaine de jours.
Je connaissais le dictionnaire des termes médicaux par cœur, il ne pouvait pas me battre.
_ Prends de l’acide nitrique fumant concentré à quatre-vingt-dix-huit pour cent et ajoute trois fois sa dose d’acide sulfurique. Faut opérer dans un bain de glace. Ensuite tu ajoutes la glycérine goutte à goutte et tu obtiens de la nitroglycérine. Mélange ça à de la sciure ou de la paraffine pour avoir un petit explosif bien sympa.
Demandez lui n’importe quoi sur la fabrication d’explosifs artisanaux, il pourra vous répondre.
_ L’hétéresthésie est un trouble de la sensibilité provoqué par la commotion de la moelle cervicale. Il consiste dans la modification de la qualité des sensations perçues dans les segments radiculaires qui composent le territoire cutané sous-lésionnel.
Demandez moi n’importe quoi sur les maladies et les termes médicaux, je pourrais vous répondre.

Je viens de me rendre compte de l’ampleur de notre conversation. Nous sommes tout les deux fous. L’un connaît les explosifs, l’autre les termes de médecine. C’est incorrect de parler de ça, ça ne se fait pas. C’est pourtant ce que j’ai apprécié le plus lors de notre dialogue. Avec lui je pourrai parler de lobotomie, de plasmocytaire, de divers symptômes et de diverses névralgies. Et lui pourra me parler de l’utilisation d’une bombe de réfrigérant pour faire exploser les serrures.

La conversation est terminée. Nous sommes arrivés à la chambre funéraire. J’ai cependant une dernière question.
_ Comment t’appelles-tu?
J’ai l’impression qu’il ne va pas répondre, mais finalement il me dit:
_ Whitness.
Et il remonte l’allée pour rentrer dans le bâtiment. Il ne m’avait pas kidnapper. Il ne m’avait pas tuer. Il m’avait tiré des ténèbres.

Whiteness avec un e entre le t et le n signifie blancheur. Ce nom ne lui convenait pas car le blanc symbolise la pureté. Or, un être pur ne parle pas d’explosifs fait maison. Cependant, sa peau est aussi blanche qu’un de ces cachets que je prenais pour calmer mes maux de tête après une conférence. Sa peau ressemble un peu à la mienne, sauf que la mienne a de grosses cernes autour des yeux. Deuxièmement, Whitness est la tache blanche qui a glissé dans mes ténèbres pour s’agrandir en absorbant toute l’obscurité. Petite tache blanche deviendra un grand espace de lumière. Whitness est ma lumière. Whitness m’a permis de grimper les échelons de l’échelle et de ne plus être un personnage insignifiant.

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
16 juillet 2005 à 05:02:13

Toujours excellent. Encore quelques fautes.
Si je chipote beaucoup je pourrais dire que l´histoire avance un tantinet trop vite, mais c´est vraiment mineur. C´est peut-être parce qu´il est tard. Je relirai.
En tout cas, c´est vraiment très bon, style impeccable. On reconnait l´atmosphère de Fight Club avec les explosifs maisons ( tu te souviens du truc qui lui brûlait la main lorsque mélangé avec de l´eau et qui se neutralise avec du vinaigre. Ça m´avait marqué :) )

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
16 juillet 2005 à 05:03:30

Au fait, tu voudrais que je relève les fautes quand je les vois?

Soulblighter
Soulblighter
Niveau 10
16 juillet 2005 à 12:25:54

Oui, le baiser de Tyler à la soude caustique. Pas de problème pour les fautes, ça va me permettre de faire une troisième version! :rire:

Sous forums
  • Montage vidéo
  • Modélisation 3D
  • Arts Graphiques
  • Ecriture
  • Modélisme
La vidéo du moment