Chapitre IV: La puissance du Feu
Keit resta pétrifié devant le cadavre de son oncle. Son souffle se coupa et il eut l’impression d’être submergé par une vague d’eau glacée. Le jeune homme ferma les yeux. Des larmes coulèrent doucement sur ses joues.
Une brusque secousse qui le fit tomber par terre le tira de sa rêverie. Son corps entier chuta et il roula sur le sol, dévalant une pente assez forte pour se retrouver finalement à même le sol. Il pouvait sentir l’herbe humide sur sa joue. Filiàn se tenait près de lui, le regard fermé. Les deux hommes n’échangèrent pas un mot.
Puis ils virent la forêt s’illuminer. La scène s’éclaira soudain. De longues flammes orangées léchaient les cimes des arbres un peu plus loin, donnant à la forêt un air inquiétant.
Keit aperçut des archers plus loin tirer une nouvelle salve de flèches enflammées qui carbonisa petit à petit un arbre qui se situait à moins de dix mètres de lui.
-Ils nous encerclent…, murmura Filiàn.
Keit ne répondit pas et pris sa tête dans ses mains.
Filiàn respecta le silence et la tristesse de son ami quelques secondes, puis il fut contraint à le faire relever.
-Ecoute, je sais que c’est difficile. Mais c’est n’est pas une raison pour se laisser capturer par eux et tu ne…
-Mais c’est de ta faute tout ça ! Si tu n’étais pas venu avec nous, rien de tout cela ne serait arrivé ! C’est toi qu’ils recherchent !
Keit avait finalement dit ce qu’il avait sur le cœur. Il ne lança pas un regard à l’elfe.
Filiàn resta un moment perdu dans ses pensées avant qu’une nouvelle salve de flèches enflammées le réveille.
-Je suis désolé Keit, mais nous n’avons pas le temps… Nous discuterons une autre fois, ce n’est vraiment pas le moment.
Filiàn saisit le bras de Keit et lui murmura de le suivre en silence.
Ils coururent ainsi pendant longtemps, un peu trop selon Keit.
Il avait mal aux pieds et son corps était frigorifié. Ils s’arrêtèrent quand ils surprirent trois gardes venir ver eux dans l’autre sens. Filiàn poussa Keit derrière un tronc d’arbre en vitesse. Tous les sens en alerte, Keit guetta quelque bruit suspect qui le renseignerait sur la distance qui le séparait des gardes. Le temps parut extrêmement long, et Keit eut soudain une envie d’éternuer. Son corps entier se crispa pour lutter mais c’était déjà trop tard. Keit serra les dents quand il aperçut les gardes s’approcher. Filiàn serrait déjà le pommeau de son sabre qui était toujours rangé dans son fourreau. Filiàn leva un doigt vers Keit. Le jeune homme dégaina lentement sa dague. Puis l’elfe leva un deuxième. Une seconde plus tard, les deux compagnons bondirent hors de leurs cachettes, l’arme au poing.
Filiàn sauta et déposa un pied sur un tronc d’arbre, se servant de cet appui pour se propulser sur un des hommes.
L’effet de surprise était réussit. D’un ample mouvement, il abattit avec force et grâce son sabre dans les côtes d’un garde. Celui-ci tombât par terre mais Filiàn dut se replier et parer les coups de lances que lui donnaient ses adversaires. Il fallait agir vite avant qu’il n’en arrive d’autres. Keit attrapa sa dague et marcha maladroitement vers un garde l’arme brandie vers le haut. D’un violent coup de hallebarde, le garde lui enleva sa dague de son poing, ce qui lui fit perdre l’équilibre. Il eut le temps de voir une lance foncer sur sa gorge quand la lame de Filiàn bloqua le coup d’un mouvement circulaire. Filiàn frappa alors horizontalement de toutes ses forces sur la tempe de l’homme qui tombât immédiatement à la renverse, mort.
Puis, plusieurs soldats surgirent des buissons. Une dizaine les entourait à présent.
Filiàn avait froid, très froid… Il pensa au feu, à la chaleur, aux braises, à l’astre rougeoyant et réconfortant…
Il mit rapidement sa main sur son front et la leva en l’air, un disque de feu apparut dans l’air lourd de la forêt juste au dessus de la tête de l’elfe. Le disque se mit soudain à tourner sur lui-même, répandant des couleurs qui allaient du jaune au rouge, pour finalement envoyer un rayon de flamme de la forme d’un cercle. Les flammes foncèrent sur les soldats qui n’eurent même pas le temps de hurler de surprise tellement la manœuvre avait été rapide. Les corps brûlèrent encore quelques secondes avant de n’être plus que cendres. Keit détourna le regard de ce spectacle peut ragoûtant.
Il resta abasourdit par les talents magiques de Filiàn mais il se mit tout de même à le suivre, même si un flot de questions bouillonnât dans sa tête.
L’elfe l’emmena à travers nombre de détours et de sentiers longtemps oubliés.
Les heures se succédèrent, sans qu’ils puissent apercevoir le moindre signe de gardes aux alentours. Pourtant, Cela n’empêcha pas Filiàn d’avancer à une allure rapide et de ne pas répondre aux quelques question de Keit.
Keit était trop fatigué et déboussolé pour réfléchir à ce qui venait de se produire.
Il ne réalisait toujours pas, mais continuait de suivre l’elfe dans la nuit noire.
-Où allons nous ? , lança finalement Keit
L’elfe ne répondit pas tout de suite, lui laissant quelques secondes de réflexion et se demanda s’il devait tout lui dire.
-Je cherche à rejoindre Vanirel, mais d’abord nous passerons par Ar-Nith
-Ar-Nith ? , mais c’est une citée impériale, tu es recherché là bas et...
-Vanirel et Ar-Nith ont longtemps collaboré. J’ai parlé à mon père et m’a assurer qu’Ar-Nith était un lieu sur pour l’instant. Si je ne peux pas avoir confiance en mon père, je n’aurai confiance en personne d’autre.
Keit ne répondit rien à cela. Bientôt l’air se réchauffa légèrement. En même temps que les arbres devenaient plus rares, le soleil se montrât derrière les montagnes, loin derrière eux. L’astre lumineux lança ses premiers rayons sur l’Empire, éclairant aussi un tout petit peu le cœur sombre de Keit.
Ils déboulèrent enfin sur une prairie appelée « Le vallon », lui renseigna Filiàn.