INTERLUDE : Le cratère
Quelle chute ! Heureusement, je m’étais facilement remis, contrairement au petit. Son attaque m’avait plus fait sourire qu’autre chose, mais ce n’étais pas passé si loin… Son corps gisait sur le sol sombre et brûlant, inerte, mais encore en vie. J’avais peut-être était un peu dur pour la ‘diversion’… Quoi qu’il en fût, j’étais arrivé à mon but et ses pensées furent rapidement soufflées par le spectacle qui s’offrait à moi. Je me tenais dans une immense fournaise au centre de laquelle s’élevait des crachats de lave. Je m’approchais de cette mare bouillante pour pouvoir admirer l’ampleur des lieux. Je m’aventurai sur une avancé de terre qui s’élevait au-dessus de la lave. Le cratère avait une taille assez imposante pour un simple gisement sous terrain : j’avais sous mes yeux une énorme quantité de liquide mortifère, une cinquantaine de mètres plus bas, et giclant jusqu’au plafond de la cavité, cinquante mètres plus haut. Une lumière rouge se répandant sur les murs ainsi que sur mon corps, qui d’ailleurs subissait les conséquences de la chaleur extrême. Mais j’avais traversé assez d’épreuves pour rester concentré malgré tous les efforts que déployait cet endroit contre moi. Mais je sentais quelque chose se mouvoir derrière moi et me retournai immédiatement. Elena était auprès du corps de Jelios et semblait affolée.
- Ne t’inquiètes donc pas pour lui, lui dit-je.
- Espèce de monstre ! Vous nous avez tous traillit !
Je crus distinguer des larmes dans ses yeux lorsqu’elle proféra ses paroles.
- Vidar vous fera payer…
Oui, il n’y avait plus de doute possible maintenant, elle pleurait, et tentait d’invoquer la magie blanche pour soigner Jelios. Pourquoi une telle femme s’intéressait à un gringalet comme lui ? Décidément, je ne les comprendrais jamais… Et puis, je ne les avais pas tant traillit que ça. Ils étaient là, tout comme moi, et c’est lui qui m’as sauté dessus pas l’inverse… Enfin, si on oublie la diversion bien sûr. Mais ça, c’était pour les besoins de la mission. Enfin, pourquoi se poser de telles questions de toute façon ? J’étais devant mon but et ce ne serait pas eux qui me gêneraient de toute façon. Je me retournai donc vers le cratère pour apercevoir enfin l’objet de tous les désirs. La lave remuait de plus bel, et un grondement puissant commençait à s’élever dans l’air étroit de la cavité, de plus en plus fort. Le sol lui aussi se mit à trembler à tel point qu’il devenait difficile de tenir debout. Soudain, une voix caverneuse incroyablement grave et puissante s’éleva dans les airs.
- Qui êtes-vous ?
Au milieu de ce vacarme, je pus distinguer derrière moi quelqu’un crier. Je le reconnu, bien que tous mes sens étaient brouillés. C’était Arlann, et il tenait sa rapière sous la gorge d’Elena.
- Alors comme ça, tu es le dernier ? ! criait-il. Tu ne l’emporteras pas !