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Liste des sujets

Les larmes de la stupidité

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
28 mai 2005 à 13:27:42

Je me suis trompé dans le titre du chapitre, en fait c´est : " III. Suggestion et appréhension".

:rouge:

Bonne lecture.

redsissi
redsissi
Niveau 10
28 mai 2005 à 16:49:21

je vois que mes appréhensions étaient fondées... ce petit est très brillant mais ne va certainement pas les aider comme ils veulent bien le croire... ils ont oubliés un détail... il va faire ce qu´il a envie de faire puisqu´il peut tout contrôler à sa guise et modifier le cours de ce qu´il veut comme il veut. De plus, tout le monde semble en avoir peur du fait qu´il est plus brillant que la moyenne et extrapole tout...

Continue Ostra c´est excellent!

-FFrules
-FFrules
Niveau 5
28 mai 2005 à 16:55:03

Red a tout à fait raison. Cette fic est géniale, le scénario, à base de reflexion sur temps ce que j´aime beaucoup, est brillant. Et surtout, surtout, peu de fautes !
Champagne pour Ostramus. :rire:

Continue, c´est super. Bien que je lui mettrais deux tornioles au gamin.

redsissi
redsissi
Niveau 10
28 mai 2005 à 16:58:06

:lol: FFrules!! des tornioles c´est des baffes?

ClarenceSeedorf
ClarenceSeedorf
Niveau 10
28 mai 2005 à 17:00:58

LOOOl énorme, j´ai pas pu m´empêcher de sourire lors des explication du gamin. Ca parait solide, les explications du petit ne sont pas bêtes ( j´ai du relire plusieurs fois pour comprendre ) , des efforts pour l´orthographe et le style est fluide et simple.
Well OStra :)

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
28 mai 2005 à 17:02:03

Je suis ravi ue ca vous plaise. La suite demain.
Pour les fautes, je suis trop content, enfin j´arrive à me limiter . .. :)

redsissi
redsissi
Niveau 10
28 mai 2005 à 17:08:57

Lol Ostra!

tu sais que tu es né l´année où je me suis mariée... ça a fait 18 ans le 16 de ce mois...

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
28 mai 2005 à 17:13:19

Moi je suis né le 6 Juillet, ça me fait penser que mon anniversaire approche à grand pas . ..

:rire:

redsissi
redsissi
Niveau 10
28 mai 2005 à 17:16:11

un cancer! ça aime rester secret les cancers...

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
29 mai 2005 à 14:10:03

IV. Peur et complot

Folmer emmena donc William Massner au Texas. Ils arrivèrent à l´aéroport de San Antonio, d´où un avion de l´armée les emmena à un peu moins de 200 km au nord-ouest, jusqu´au laboratoire gouvernemental souterrain où un grand nombre de savants essayaient de ne pas penser à l´usage que serait fait de leurs travaux. C´étaient des hommes intelligents et sensibles, parmi les meilleurs que le monde civilisé eut produits, mais ils faisaient oeuvre de mort, et l´odeur de la tombe planait sur leurs lèvres. Et ils essayaient de ne pas penser. Mais il était impossible de penser aux conséquences. De penser à ce qu´ils étaient en train de faire. De penser à ces températures inconcevables, à la silhouette grotesque d´un homme calciné dans l´asphalte fondu d´Hiroshima . ..
William se vit attribuer un appartement privé, avec deux auxiliaires féminines de l´armée, triées sur le volet, pour le servir.
Les deux jeunes filles avaient un peu peur de ce petit garçon. Elles avaient peur de lui parce qu´il consacrait quotidiennement une heure entière à faire des bizarres exercices physique de son invention. Et surtout parce qu´il passait le restant de ses journées assit sur une chaise, les yeux mi-clos, face à un mur aveugle. Comme s´il voyait quelque chose sur ce mur blanc et nu.
Folmer, lui, ne trouvait plus le sommeil, et c´était à peine s´il mangeait. Il n´avait parlé à personne de sa conversation avec William à l´hôtel de New York. Ce qu´il avait appris le rongeait. Les joues creuses, le teint jaunâtre, le corps affaissé, il était hanté par une peur qui creusait son regard.

Les chercheurs firent davantage de progrès au cours du premier mois de réunions qu’ils n´en avaient fait de toute l’année écoulée. Les plus jeunes avaient du mal à contrôler leur enthousiasme. Les vieux, eux, semblaient plus que jamais plongés dans des pensées insondables. Grâce aux réponses lente et précise que William Massner avait donné à leurs questions complexes, de grands projets de recherche avaient été tout simplement abandonnés, tandis que plusieurs autres avaient fait des progrès stupéfiants. Folmer ne pouvait oublier l´attaque dont William avait fait mention, ni le fait qu’il savait quand elle allait se produire. Tandis que son corps tendu cherchait en vain le sommeil durant les longues heures de la nuit, Folmer avait l´impression que d´immense fusées argentées fendaient la stratosphère en hurlant puis s´inclinaient et tombaient dans sa direction, pour éparpiller toutes les molécules de son corps dans une blancheur incandescente.

Le 23 octobre, alors qu´ils étaient au centre de recherche depuis sept semaines, Folmer, après s´être donné du courage avec plusieurs whiskies bien tassés, alla voir Burton Janks, chef des services de sécurité. Ils se rendirent dans une petite pièce parfaitement insonorisée, et refermèrent soigneusement la porte derrière eux. Janks, un home mince et bronzé, aux yeux d´un bleu très pâle et aux mains musclées, écoutait l´histoire de Folmer avec une expression imperturbable.
Lorsqu´il eut fini, il lui dit simplement :
- Je vais demander au psychiatre Robertson de vous examiner.
- Ne soyez pas stupide, Burt ! Donnez-moi au moins une chance de prouver ce que j´avance !
- Comment pourriez-vous prouver ces idioties ?
- Si je vous prouve qu´une partie de ce que j´ai dit est vrai, admettrez-vous que le reste l´est aussi ?
- D´ accord, dit Janks en haussant les épaules.
- Je vous demanderai seulement de faire ceci. D´ici une dizaine de minutes, le gosse va sortir de la conférence. Il suivra le grand couloir, et prendra l´ascenseur jusqu´à son appartement. Allez à sa rencontre dans le couloir, et menaces-le, comme si vous alliez le frapper. Vos gardes ne vous en empêcherons pas. Vous êtes le seul ici qui puisse tenter une chose pareille en ayant une chance de s´en tirer.
Janks s´étira paresseusement :
- Cela me ferez bien plaisir de boxer les oreilles de ce gamin. Je n´aurai pas besoin de me forcer.
Dix minutes plus tard, Janks et Folmer attendaient, appuyés contre le mur du couloir. Enfin, la porte de la salle de conférences s´ouvrit et William sortit, suivi des deux jeunes gardes qui ne le quittaient jamais. Il marchait d´un pas lent et régulier, sans la moindre expression dans son visage de petit garçon, sans la moindre lueur dans son regard vieux de siècles d´expérience.
- C´est le moment, dit Janks en s´avançant à sa rencontre.
Il salua les gardes de la tête, puis leva le bras comme pour frapper le jeune garçon. Il resta un moment figer sur place, puis recula d´un pas lourd et automatique. Son dos heurta le mur si fort qu´il faillit s´écrouler. William lui jetait un regard dénué d´expression avant de continuer son chemin. Les deux gardes regardaient Janks bouche bée, puis, se souvenant de leur devoir, se hâtèrent de rattraper l’enfant.
Très pâle, Janks regarda le jeune prodige s´éloigner ; lorsqu´il eut disparu de l’ascenseur, il dit à Folmer :
- Venez, allons mettre W. W Gates au courant.

Gates était un homme bien malheureux. Physicien assez compétent, il avait de plus une personnalité charmante et le don de l´administration. On l´avait donc soustrait à ses recherches, pour le nommer " chef de la recherche", en fait, il servait d´intermédiaire entre les savants et militaires, et passait le plus clair de son temps à remplir des formulaires en quatre exemplaires et à calmer les nerfs des chercheurs, fréquemment soumis à rude épreuve. En fait, Gates adorait son métier, et ne cessait de répéter qu´il le servait mieux en ne l´exerçant pas. Mais ces tentatives de rationalisation n´étaient guère efficaces. Physiquement, Gates était presque chauve, et parlait d´une voix aiguë et plaintive.
Il écouta attentivement Folmer lui raconter tout ce qui s´était passé, et Janks le lui confirmer. Malgré l´air conditionné, des gouttelettes de sueur perlaient au-dessus de ses lèvres.
- Si je n´avais jamais assisté aux conférences, finit-il par dire, je ne vous croirais pas. La science estime que l´avenir est le résultat d´une suite infinie de possibilité et de probabilité, avec un important facteur aléatoire. Si vous n´avez pas déformé ce qu´il a dit, Folmer, ce rythme temporel dont il par le semble indiquer que ce que nous nommons le hasard suit en fait un modèle préétabli ; si l´on parvient à isoler toutes les possibilités et les probabilités, et à déterminer le rythme passé, on peut extrapoler à partir de ce modèle. En fait, c´est une sorte d´approche statistique de la métaphysique, qui va bien au-delà de nos connaissances actuelles. J´aurais préféré que vous ne m´en parliez pas.
- J´ai une idée, dit Folmer.
Les deux autres se retournèrent vers lui et l’écoutèrent avec attention.
- Cela fait longtemps que j´observe le gosse. Il prévoit l´avenir, d´accord, mais ça ne marche pour les choses importantes, pas pour les petits détails. Une fois, il a trébuché sur une marche ; à une autre occasion, un des hommes lui a marché sur le pied, en lui faisant mal...
- Et alors ? demanda Janks.
- Et alors, cela signifie qu´il peut prévoir des événements importants et agir en conséquence, mais pas des incidents mineurs. Ca ne peut pas continuer comme ça. La balle est dans notre camp, et c´est à nous de jouer. L´avenir est enfermé dans l´esprit de ce gosse, n´est-ce pas ? Voilà ce que nous allons faire...

mcstl
mcstl
Niveau 3
29 mai 2005 à 14:21:25

c´ est pas mal. continue comme ça.

vierax-fan-ff
vierax-fan-ff
Niveau 10
29 mai 2005 à 14:29:53

Et bien, lavenir se révèle bien sombre pour un gamin qui est juste né avec un don... particulier dirais-je.

Sinon ben c´est de toi donc quelques fautes, erreurs de syntaxe que nous répétons à chaque fois et dont nous connaison la cause...

Coté scénario et ben... Chapeau, très bien ficélè, original et inovant, les rélfexions du gosses sont recherchyè simple et donc génial pour un crétion comme moi qui n´y comprend rien :-d

Des question se pose donc c´est du tout bon...

Allez continue!!

mcstl
mcstl
Niveau 3
29 mai 2005 à 14:36:05

C´ est pour quand la suite ? Tu l´ envoies aujourd´ hui ?

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
29 mai 2005 à 14:40:27

Je poste la suite demain.

Un chapitre par jour; mais dis moi mcstl, qu´es-ce que tu as aimé particulièrement dans mon texte que je sache un peu si je dois modofier des trucs ou améliorer ? ... :)

mcstl
mcstl
Niveau 3
29 mai 2005 à 14:49:23

J´ aime bien l´ idée de révolte du gamin, Il possède une grande assurance. il est le centre de l´ histoire et ne veut pas leur dire l´ avenir ce qui donne un grand suspens. Et puis personne ne semble connaitre l´ étendue de ses pouvoirs donc il est mystérieux. Ce serai bien que tu nous précises dans les prochaines suites d´ ou lui vient ce don et ce qu´ il compte en faire.
kiss

mcstl
mcstl
Niveau 3
29 mai 2005 à 15:06:18

j´ espère que ça pourra t´ aider. Pour l´ instant je ne pense pas qu´il y ait grand chose à modifier à part quelques fautes comme : home - homme
continue comme ça c´ est super !

redsissi
redsissi
Niveau 10
29 mai 2005 à 16:33:34

Tout d´accord avec mcstl...

De plus en plus intriguant... que va-t-il arriver avec le gosse et vont-ils pouvoir arrêter cette menace à temps? puisque le gosse ne veut pas parler...

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
29 mai 2005 à 16:38:54

Le gosse ne représente aucune menace. Le danger vient des connaissances qu´il détient et de la manière sont les scientifiques les utilisent.

Concernant l´attaque qu´il sait, ce n´est pas lui qui va la provoquer. Il sait juste des choses . ..

Red´, j´ai répondu à ta questio ou . ..?

al-sim
al-sim
Niveau 1
30 mai 2005 à 11:37:55

Enfin j´ai pu le lire et c´est du grand Ostramus !

Comme je te l´avais dit lorsque tu m´en avais parlé, le scénario me fait un peu penser à la Stratégie Ender ( d´Orson Scott Card), mais vraiment un peu, hein . ..

Pourquoi tu as fait ES et pas L ? Ta voie, c´est écrivain ; )

~o AlSim o~

Ostramus
Ostramus
Niveau 32
30 mai 2005 à 18:34:48

V. L’enfant pleure

Le caporal Alice Dentro était appréhensive. Elle savait qu´elle devait oublier ses craintes et exécuter les ordres, un ordre était un ordre, non ? Et elle était à l´armée, n´est-ce pas ? Après tout, ses supérieurs devaient savoir ce qu´ils faisaient.
Elle époussetait vaguement le mobilier tout en jetant des regards furtifs vers la chaise où William Massner était installé, regardant fixement le mur blanc qui lui faisait face. Alice Dentro avait les lèvres serrées, et des filets de sueur glaciale coulaient sur son corps. Elle se rapprochait de plus en plus du jeune garçon. Arrivé à deux pas, elle sortit la seringue de sa poche, et ôta prestement l´étui en plastique. Avec des gestes rapides et sûrs, elle la leva vers la lumière et fit sortir une goutte de liquide transparent au bout de l´aiguille.
Elle s´avança jusqu´à pouvoir le toucher. Elle posa une main sur son épaule. Il ne réagit pas. La seringue élevée, elle hésita un bref instant, puis enfonça rapidement l´aiguille dans son bras, à travers le tissu de sa chemise. Très vite, elle injecta le liquide avant qu´il ne se dégage. Elle fit quelques pas en arrière, laissant tomber la seringue brillante sur l´épais tapis. Elle se mit dos à la porte. William essaya de se lever, mais retomba. Quelques instants plus tard, sa tête s´inclina sur son épaule et il se mit à ronfler.
Elle consulta sa montre, et ouvrit la porte d´une main tremblante. Gates, Janks et Folmer entrèrent sans un bruit. Le docteur Badloe les accompagnait, portant une petite serviette noire. Janks fit signe à Alice Dentro, qui s´en alla rapidement, les épaules très droites. Derrière elle, la porte se referma.

Dès que les effets du somnifère se furent atténués, on administra à William de petite dose d´un dérivé de la scopolamine. On l´avait installé dans un fauteuil et desserré ses vêtements. Une seule lampe était allumée, et la lumière tombait sur son visage. Assis à côté de lui, le docteur Badloe lui prenait le pouls. Janks, Gates et Folmer se tenaient derrière la lampe.
- Il est prêt, dit le docteur Badloe. Un seul d´entre vous pose les questions.
Janks et Folmer regardèrent Gates, qui fit un signe d´assentiment. De sa voix frêle et aiguë, il demanda :
- Est-ce vrai que tu sais lire dans l´avenir, Will ?
Les petites lèvres frémirent, puis William répondit d´une voix somnolente :
- Oui. Pas tous les aspects de l´avenir. Seuls les segments qui me concerne ou m´intéresse. Il subsiste une marge d´erreur fixe.
- Peux-tu expliquer cette marge d´erreur ?
- Oui. Un segment de l´avenir concerne mes relations avec cette organisation. Mon étude de l´avenir indiquait que Folmer, qui me savait capable de lire l´avenir, ferait en collaboration avec d´autres personnes intéressées une tentative réussie pour m´empêcher de garder pour moi ce que je sais.
Les trois hommes se regardèrent, stupéfait. D´une voix mal assurée, Gates demanda :
- Tu savais donc que nous allions... Faire ceci ?
- Oui.
- Pourquoi n´as-tu rien fait pour l´empêcher ?
- Agir ainsi aurait modifié l´avenir, répondit la voix somnolente.
- Es-tu une mutation causée par l´irradiation nucléaire ?
- Non.
- Qu´es-tu alors ? ?
- Un produit de l´évolution. Il y eu des précédents dans l´histoire. Ne serait-ce que l´homme qui a inventé l´arc et la flèche. Il était nécessaire à l´humanité, parce qu´autrement, celle-ci n´aurait pas survécu. Il était plus capable que ses contemporains.
La voie machinale s´interrompit.
- Devons-nous en conclure que ton existence est nécessaire à la survie de l´humanité ? Lui demanda Gates.
- Oui. Le facteur qui manque à l´esprit humain est la capacité de prévoir l´avenir. Cela exige un esprit plus lucide que celui de l´homme actuel. L´utilisation de l´énergie atomique fait que cette connaissance de l´avenir est nécessaire à la survie. Ainsi, l´évolution a donné à l´humanité une nouvelle espèce d´homme, capable de prévoir les résultats de ses propres actes.
- Allons-nous être attaqués ?
- Bien sûr. Et vous allez contre attaquer à plusieurs reprises. Vous pensez qu´à cause de cette machination, vous pourrez attaquer les premiers, mais se ne sera pas le cas car l´armée se refusera à croire que je sais prévoir l´avenir.
- Quand serons-nous attaqués ? Insista Gates.
-Dans pas moins de quarante et pas plus de cinquante-deux jours, à compter d´aujourd´hui. Des variables mineures dont l´estimation est impossible expliquent cette importante marge d´erreur.
- Qui sera le vainqueur ?
- Le vainqueur ? Il n’y aura pas de victoire. C´est le point essentiel. Dans le passé, les guerres entre des villes-États ont cessé parce que ces villes étaient devenues des unités sociales trop petite dans un monde qui se rétrécissait. Aujourd´hui, nos pays aussi sont des unités sociales trop petites. Cette guerre mettra le point final aux guerres entre pays, de même qu’elle supprimera toutes les barrières économiques, religieuses et les linguistiques.
- Quelle sera la population de la terre lorsque cette guerre se terminera ?
- Entre 50 et 150 millions. Et elle diminuera encore de 50 % à cause de maladie, avant de remonter de nouveaux.

Le silence retomba dans la pièce assombrie. Le jeune garçon resta immobile, comme s´il attendait la question suivante. Badloe ne lui tenait plus le poignet, et s´était pris le visage entre les mains.
- Je ne comprends pas, dit Gates lentement. Il ressort de ce que tu dis que ton type d´individu est apparu dans le monde car c´était la réponse d´évolution face au péril atomique. Mais si c´est cette guerre a réellement lieu, dans quel sens auras-tu sauvé l´humanité ?
- Actuellement, mon influence est absolument nulle, répondit froidement William. Mais lorsque la guerre sera terminée, je serai prêt. J´y survivrai, car je pourrais prévoir les précautions qu´il faudra prendre. Ensuite, la capacité de lire l’avenir empêchera l’humanité de tomber dans une répétition du militarisme et de la peur. Je ne joue aucun rôle dans ce conflit.
- Mais tu as amélioré nos techniques ! protesta Gates.
- J´ai amélioré votre capacité à détruire, rectifiait William. Si je l´augmentais encore davantage, vous auriez le pouvoir de rendre la terre complètement inhabitable.
- Ta tâche est donc terminée ?
- C’est évident. La drogue que vous m’avez administrée aura pou effet de diminuer mes capacités mentales. On ne me gardera pas ici. Mais mes facultés reviendront à temps pour me permettre de survivre.
La voix de Gates devint un murmure.
- Existe-t-il d’autres … personnes semblables à toi ?
- J’estime qu’il y en a une vingtaine actuellement. Nombre d’entre eux ont de toute évidence réussi à cacher leurs dons. Le plus âgé ne devrait pas avoir plus de neuf ans. Ils sont dispersés d’un bout à l’autre de la Terre. Tous ont une excellente chance de survie. D’ici trente ans, nous serons plus de mille.

Gates leva les yeux sur Janks ; il vit sa peur, et la question muette qu’il posait Folmer avait exactement la même expression. D’une voix où pesaient des accents de folie, Gates posa la question :
- Quel est l’avenir de ceux qui se trouvent dans cette pièce ? Survivrons-nous ?
- Je n’ai pas exploré les probabilités relatives à ce sujet. Je savais dès New York qu’il était nécessaire que Folmer survive le temps de m’amener ici et de vous parler de mes facultés. Mais cela peut se calculer.
- Maintenant ?
- Donnez-moi trente secondes.
De nouveau, la pièce devint silencieuse. Badloe avait levé le visage, les yeux agrandis par la peur. Janks dansait nerveusement d’un pied sur l’autre. Figé dans l’immobilité, Folmer osait à peine respirer. Gates se tordait machinalement les mains. Les secondes s’écoulèrent une à une, tandis que les quatre hommes attendaient le verdict.
William Massner humecta ses lèvres.
- Dans trois mois, aucun d’entre vous ne sera encore en vie.
Il avait parlé sur un ton calme et indifférent. Badloe fit entendre un grognement.
- Il est fou ! ricana Janks.
Ils auraient voulu suivre Janks. Mais ils étaient bien obligés de croire ce que disait le jeune William.
- Et … comment allons-nous mourir ? marmonna Gates.
Ils regardèrent le visage enfantin du petit garçon. Lentement, son impassibilité s’évanouit, et les yeux gris s’ouvrirent. Mais ce n’était plus le regard mort et sans âge auquel ils étaient accoutumés. C’étaient des yeux craintifs d’enfant. Et le petit visage aussi, tout pâle, exprimait al peur et l’indécision.
Sa voix avait perdu son calme imperturbable :
- Qui êtes-vous ? demanda le petit garçon, au bord des larmes. Que me voulez-vous ? Pourquoi me faites-vous ça ? Je veux rentrer chez moi !

Dans la pièce obscure, quatre hommes silencieux regardèrent un enfant pleurer. Un enfant pleurer versant des larmes d’ignorance vides de toute logique. L’enfant pleurait des larmes de stupidité.

FIN

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