CONNEXION
  • RetourJeux
    • Sorties
    • Hit Parade
    • Les + populaires
    • Les + attendus
    • Soluces
    • Tous les Jeux
    • Gaming
  • RetourActu Gaming
    • News
    • Astuces
    • Tests
    • Previews
    • Toute l'actu gaming
  • RetourBons plans
    • Bons plans
    • Bons plans Smartphone
    • Bons plans Hardware
    • Bons plans Image et Son
    • Bons plans Amazon
    • Bons plans Cdiscount
    • Bons plans Decathlon
    • Bons plans Fnac
    • Tous les Bons plans
  • RetourJVTech
    • Actus High-Tech
    • Intelligence Artificielle
    • Smartphones
    • Mobilité urbaine
    • Hardware
    • Image et son
    • Tutoriels
    • Tests produits High-Tech
    • Guides d'achat High-Tech
    • JVTech
  • RetourCulture
    • Actus Culture
    • Culture
  • RetourVidéos
    • A la une
    • Gaming Live
    • Vidéos Tests
    • Vidéos Previews
    • Gameplay
    • Trailers
    • Chroniques
    • Replay Web TV
    • Toutes les vidéos
  • RetourForums
    • Hardware PC
    • PS5
    • Switch 2
    • Xbox Series
    • Switch
    • Pokemon pocket
    • FC 25 Ultimate Team
    • League of Legends
    • Tous les Forums
  • PC
  • PS5
  • Xbox Series
  • Switch 2
  • PS4
  • One
  • Switch
  • iOS
  • Android
  • MMO
  • RPG
  • FPS
En ce moment Genshin Impact Valhalla Breath of the wild Animal Crossing GTA 5 Red dead 2
Liste des sujets

L'été noir

Tama
Tama
Niveau 5
25 mai 2005 à 22:43:46

voici une nouvelle que j´ai écrite il y a... pfiou, il y a au moins 3 ans ! !! je la découpe en épisode, pour une meilleure digestion :-p lol

L´ETE NOIR

Et je me retrouvai dans cette chambre noire à crier comme si on m’égorgeait. Tout était si noir, si glauque, je sentis bien que quelque chose n’allait pas. Je ne reconnaissais pas la chaleur âcre de cet endroit. Alors l’angoisse me monta à la tête. Où, et pourquoi, et comment ? Prisonnière ? Engourdie au niveau de l’épaule, je touchai doucement ma clavicule, mais tout de suite je retirai la main. Une intense douleur, comme une profonde brûlure. J’appelai au hasard ma mère, Carine, Loriane, Shali, sans vraiment parvenir à poser des visages sur ces noms familiers. N’y avait-t-il personne qui puisse m’expliquer ce que je faisais ici, l’épaule traversée de part en part par une balle empoisonnée ? Et pourquoi j’étais occupée à me débattre dans un lit inconnu sans rien comprendre, trempée de sueur ?

Quelques minutes plus tard, j’entendis marcher dans le couloir et la porte de la chambre s’ouvrit. Dans la pénombre inquiétante, une forme noire se faufila près de mon lit. Un cauchemar encore ? Ou la réalité, quelqu’un d’inconnu qui se glissait dans l’obscurité ? Mais pour faire quoi… Il aurait été facile de m’achever, en lâche et en traître, alors que j’étais blessée. J’entendis une voix grave que je crus reconnaître et qui murmura :
« Elisa… C’est toi qui as appelé à l’instant ?
-Qui... soufflai-je en essayant de me relever à l’aide de mon bras valide.
-Chut, murmura-t-on, repose-toi plutôt que de parler. La balle t’a fait perdre tellement de sang que…
-Je suis où ? chuchotai-je.
-Tu es bien tranquille à la campagne, sans personne pour te tirer dessus. »

Puis le fantôme repartit. Un bruit de chaussures de ville, la porte qui se referme, emportant ce qui restait là de lumière éparse et à nouveau le silence noir de la petite pièce. A hésiter entre l’angoisse ou le cauchemar… Mais une chose était sûre pour moi : je ne voulais plus dormir.

Des heures plus tard, la porte se rouvrit, en coup de vent cette fois. Et une autre voix parla :
« Enfin une de vivante ! Dieu, mon travail aura finalement servi à quelque chose ! Elisa, tout vas bien ?
-Quelqu’un va-t-il enfin avoir le courage de me dire ce qui s’est passé ? criai-je en soulevant rageusement ma couverture d’un coup de genou, un peu fiévreuse sans doute.
-Calme-toi Elisa, je vais demander à ton ami de t’expliquer. »

Quel ami ? La voix et la lumière repartirent. Quelques minutes après, la porte s’ouvrit en grand.
« Tu voulais que je t’explique, souffla-t-on près de mon lit.
-Q... Qui ?
-Tu ne me reconnais pas ? demanda-on.
-Ta voix m’est familière, mais de là à y poser un nom… Désolée, faut pas me demander un effort comme celui-là pour le moment, j’ai déjà gardé ma tête intacte, mais le temps que tout y revienne.
-Shali.
-Mais oui, bien sûr ! »

Comment aurais-je pu oublier la voix de Shali ? Je la connaissais depuis toute petite. Il marcha jusqu’à la petite fenêtre, de l’autre côté, l’ouvrit, et bientôt la lumière dorée d’un beau matin de mai inonda la pièce d’une chaleur étrange et amère. Dehors les oisillons chantaient, je crois, à moins que ce ne fussent des corbeaux venu m’enlever pour me traîner dans de sombres pensées. Shali vint se rasseoir à côté de moi et commença son récit d’une voix à la fois tremblante et ferme, envoûtante et triste. Pendant plus d’une heure, j’écoutai son récit mais quand il s’arrêta, je dus résister pour ne pas lui rire au nez, tellement son histoire me paraissait ridicule, impossible, irréelle, tout droit sortie d’un best-seller. Un délire. Shali, tu délirais !

Après une minute de silence, je lui expliquai le plus gentiment possible que je ne me rappelais rien de tout ce qu’il m’avait raconté et que j’avais beaucoup de mal à le croire. Mais la réalité court plus vite que le délire et à la ligne d’arrivée, c’est elle qui gagne, me semble-t-il. J’eus brusquement un doute horrible, regardai Shali qui baissa la tête, crus revoir des rafales d’images et percevoir des sifflements en guise de son.
« Laisse-moi, va-t’en ! S’il te plaît… » fis-je tout d’un coup, à la limite de la supplication, sans comprendre pourquoi je parlais comme ça.

Shali partit presque immédiatement, obéissant comme il le faisait avec tout le monde. La chambre était baignée par un soleil ondoyant, les oiseaux chantaient et la brise était parfumée. C’était d’un pathétique incroyable. Le calme dehors, et moi dans ma chambre et dans ma tête, des souvenirs plus affreux les uns que les autres qui remontaient sournoisement à la surface, comme des bulles chaudes au beau milieu des sables mouvants qui éclatent dans un flop mat.

SkySoft
SkySoft
Niveau 10
26 mai 2005 à 11:24:17

Pfiou... C´est du très bon travail!
Même si on ne sait pas grand chose d el´histoire ou des persos, on est déjà envoûté par l´athmosphère que tu imprimes au récit.
Du vocabulaire, un style très très agréable, des tournures de phrase très propres...
Vraiment très très bon, manque juste... euh, bah la suite!!!^^

Tama
Tama
Niveau 5
26 mai 2005 à 12:07:39

eh bé, merci skysoft ! :-o
effectivement, je ne distille les infos qu´au fur et à mesure :-p ( bah quoi c´est pas drole sinon mdr ! ) voici la suite ; -) oui, pour une meilleure compréhension, il y a des passages en italique qui correspondent aux souvenirs d´elisa ! ça commence à partir de maintenant ! et là, le texte est au présent, j´espère que ça ne vous choquera pas trop, bonne lecture ; -)

« Ne rentre pas trop tard, chérie, dit ma mère sur le pas de la porte, terrifiée par tout comme d’habitude.
-C’est même pas une manif, maman, un défilé, une protestation, rien de plus, tu vas pas me dire qu’il faut avoir peur ! »

Et décidée, je me mets à marcher vers l’arrêt de bus, quand j’aperçois mon voisin et ami Shali me dire bonjour puis se diriger vers ma mère pour discuter. Toujours le même, toujours le dévoué serviteur de ma mère, il ne changera jamais.

Il y a du monde sur la Concorde, une vraie masse de fourmis. Je rejoins Carine et Loriane près du Chien Hurlant, le café qui nous servait depuis toujours de point de rendez-vous. On se dit « salut ! » comme d’habitude. Sur la place, tout semble aller si bien. Et le beau soleil qui nous accompagne promet de faire de cette journée une très belle journée ; quelque chose d’inoubliable. Le rêve, quoi ! Le rêve…

Une demi-heure plus tard, le cortège se met en route. Soudain, quelqu’un me tape sur l’épaule. Je me retourne. C’est Shali.
« Qu’est-ce que tu fais là ? demandé-je plutôt gentiment. Tu viens à la manif ? Enfin, tu te réveilles ! C’est génial ! Et s’ils ne nous promettent rien pour la liberté, au moins, on aura essayé… et le monde saura. Enfin... saura… ils le savent déjà, mais ils ne font rien !
-Ce n’est pas pour ça que je suis venu, fit-il plutôt piteusement.
-Ah ? Si ce n’est pas pour manifester, tu fais quoi, là ? rétorquai-je, déçue je crois.
-Je bosse juste à côté. Ta mère, murmure-t-il, hésitant, m’a demandé de te ramener chez toi ou t’amener à mon boulot…
-De quoi elle se mêle ! Je suis majeure ! Enfin presque. Elle est de leur côté de toute façon, c’est normal qu’elle ne veuille pas me voir traîner ici ! Va travailler, Shali, je t’aurais cru moins obéissant. Tu n’es pas le chien de garde de ma mère. Depuis toute petite, elle te demande toujours de me surveiller. Je suis grande et je t’assure que tu ne feras pas ma loi. La liberté d’expression, c’est maintenant ou jamais ! »

Il veut ajouter quelque chose de visiblement important, mais je le coupe net et lui dis sèchement :
« Tu ne peux plus partir de là, tous les accès ont été fermés. Il va falloir que tu patientes. Mets-toi sagement sur le trottoir et regardes, admire ce que toi tu ne feras jamais ! Le courage décidément, c’est vraiment pas ton truc !
-Sans doute, sans doute. Mais soit prudente quand même.
-Shali, c’est d’eux dont tu dois te méfier. Ils sont dangereux, crié-je à cause du bruit de la foule de plus en plus déterminée. La semaine dernière, ils ont exécuté un jeune de vingt ans qui avait osé demander à voir sa mère au camp de la Veille, à St Germain. C’est si simple une balle dans la tête. Il était seul, nous, on est tellement plus nombreux; nombreuses ! Tu crois que j’ai envie d’aller dans leurs camps quand j’aurai mes dix-huit ans ? Toi, tu ne peux pas comprendre, tu es un homme et tu n’iras jamais. Pas ma faute si ma mère est une des rares de leur côté et qu’elle te remplit le cerveau d’idées fausses ! Elle a rempli son quota depuis longtemps et maintenant elle est trop vieille : elle est libre, elle. Et elle les admire, je ne sais pas pourquoi ! »

Shali veut encore ajouter quelque chose, mais je n’écoute plus ce qu’il veut me dire. Loriane m’attrape par le bras et je suis entraînée dans une foule de gens habillés de jaune, symbole de notre marche. Le point noir du pull de Shali disparaît derrière des tas de points d’exclamation jaune. Et si j’avais écouté ne serait-ce qu’un instant ce qu’il avait à me dire ? Ca aurait changé quoi ?

Après une heure de l’après-midi, notre marée humaine se trouve stoppée par le barrage des molosses noirs de l’État. Le chef de la manif, un grand et solide brun, un certain Erik je crois, veut s’avancer vers le commandant de la Milice mais cette ordure n’écoute rien. Il menace même de nous tirer dessus si on ne se disperse pas immédiatement. Notre chef nous ordonne d’avancer à son signal, d’écraser les sept cents casqués face à nous. D’un regard sur lui, je suis brusquement persuadée que c’est un fou. Il nous envoie droit à la morgue au nom de ses sacro-saintes convictions. Sûrement que lui, il n’a pas peur de mourir. Et malgré ça, la plupart des gens veulent y aller, foncer, Carine et Loriane les premières. Nous sommes dans les premières rangées. Et moi, quand je vois les énormes fusils que tiennent les policiers, tout luisants sous le soleil, au lieu de m’avancer comme tout le monde, je recule. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûre que les armes seront employées sans condition préalable. Et puis la façon dont le chef nous a « ordonné » d’avancer, ça ne me plaît pas du tout : manipulation de foule déterminée, belles paroles, moutons menés par le bout du nez pour finir tout droit à l’équarrissage. Moi je ne veux pas être un de ses pions, même si c’est pour la bonne cause ; une morte anonyme. Je dévoile mes craintes à Loriane qui se met à rire. Deux ou trois scarabées contre une colonie de fourmis, non vraiment, ça ne fait pas le poids !

Tama
Tama
Niveau 5
26 mai 2005 à 22:40:21

bon je suis pas là ce WE donc je mets du rab ! !! :-p et bon WE à tous !

Je rebrousse de plus en plus chemin, regagne lentement le trottoir d’où quelques badauds observent la scène. Quelques autres trouillards font comme moi, mais tellement peu… Quand on est aveuglé par ses idées, certes nobles et justes, sa vie, on pense forcément qu’elle va servir à quelque chose, même si on doit mourir pour cela. Je crois que je n’étais pas assez courageuse pour ça. Et puis mon cadavre, je ne vois pas en quoi il aurait pu être rentable. Les cadavres ne font pas avancer les choses, elles donnent raison aux forts, du moins je le croyais.

Les manifestants me huent, le grand brun crie dans un haut-parleur que tous les trouillards comme moi sont des lâches et des traîtres. Je le fixe droit dans les yeux l’espace d’un instant et frémis. Le grand brun a beau être séduisant, il est surtout fou. Il me transperce du regard et m’adresse vaguement un sourire narquois. Mais bientôt ils se détournent tous de moi et au signal de leur leader, ils crient, avancent sans réfléchir, comme des chiens affamés sautant sur leur nourriture. Je suis bousculée dans tous les sens. Et je crois bien apercevoir le brave et solide grand brun qui leur sert de chef s’écartant sur le côté pour les encourager, mais sans se mouiller vraiment. Fallait s’en douter.

Des gaz lacrymogènes, quelques sommations pour la forme, histoire de faire un peu démocratique, et puis on entend des bouchons de champagne sauter, pour célébrer en force cette mémorable journée.

Les balles fusent dans tous les sens, comme un feu d’artifice meurtrier, sans les éclairs multicolores, juste avec un subtil dégradé de rouge. Carmin, magenta, pourpre.

Il n’y a pas trop de cris, je pense. Pas le temps, pas la force. Je cherche des yeux Carine et Loriane, mais n’aperçois personne de connu ; et puis mes yeux pleurent au point que je me sens vidée de toute mon eau et ma gorge est tellement arrachée par les gaz que je renonce bien vite à contempler les détails. Oh, juste des détails d’une banalité déconcertante : des visages en sang, des filles piétinées, des gens à terre flottant sur des disques pourpre, et j’en passe… Et tout ça sur un fond sonore de coups de feu encore plus vrais que nature. Courir pour seul mot d’ordre.

Dans l’autre camp, les miliciens restent impassibles. Des robots tirant sur la foule. Et dans un haut-parleur, la voix du chef des terroristes, terrible et grave comme celle un ogre, annonce la sentence finale. Compte à rebours implacable et stupide. « Si on retrouve un seul d’entre vous vivant, on le tue sur-le-champ, on vous connaît, les journalistes ont tout filmé et les caméras de surveillance sont braquées sur vous ! » Hécatombe pour seul mot d’ordre.

Tama
Tama
Niveau 5
29 mai 2005 à 22:15:30

:-(

Tama
Tama
Niveau 5
17 juillet 2005 à 03:27:29

Bon bah up et la suite, ça fait d´une piere 2 coups :lol:

Après cela, je ne me souviens pas de grand-chose. Simplement d’un éclair et d’une détonation, plus proche que toutes les autres, d’une douleur si atroce dans l’épaule qu’elle me coupe le souffle et que je suis incapable de crier. Que je tombe derrière une benne à ordure. Que je vois tous les gens en jaune affolés qui glapissent, des spectres noirs qui les poursuivent, mais il y a de moins en moins de personnes qui courent car tout le monde est à terre, occupés à gémir. Soudain, j’aperçois entre mes paupières de plus en plus lourdes une masse informe et noire qui se penche au-dessus de moi. Je sais très bien qu’il s’agit d’un policier et qu’il va m’achever. Alors, je barricade complètement mes yeux chargés de larmes, avançant ainsi un peu l’heure de ma mort certaine, une fois encore plus lâche que tous les autres braves qui sont morts au front dans leur courage. Mais à ma grande surprise, la détonation imminente, le coup fatal n’est jamais venu. Au lieu de ça, je crois entendre une voix qui m’appelle par mon prénom. Mais je décroche de plus en plus. Du brouillard pour vision. Des sifflements pour son. Et le liquide abondant, amer et visqueux qui coule le long de mon dos me rappelle si bien que la balle est dans mon corps, qu’elle a transpercé mes vêtements et ma peau, qu’elle gît désormais à côté d’un os, qu’elle a presque atteint son but, qu’elle a bien failli m’achever…

Je sens une main se glisser sous ma taille, une autre sous mes genoux, puis je suis soulevée et transportée rapidement dans un dédale interminable de rues. A côté de moi, neuf ou dix voix – peut-être plus – parlent, essoufflées :
« Puisque je vous dis qu’ils sont tous morts ! »
« Taisez-vous ! Celle-là respire encore ! »
« Avec une balle dans la tête ! Vous voulez rire ! Dans une heure, elle sera morte, morte comme tous les autres ! »
« Elle, non ! »

Et je crois reconnaître la voix de Shali. Je veux rouvrir les yeux mais mes paupières sont comme soudées par les larmes et le supplice de la balle. Ne rien voir. Ne rien entendre. Des murmures sourds ont remplacé les balles. Mais comme j’aimerai ne plus rien sentir, comme j’aimerai pouvoir parler, crier, trépigner, hurler que j’ai eu la peur de ma vie ou même me mettre à pleurer sans les gaz lacrymogènes pour m’y aider...

Vil-e-Coyote
Vil-e-Coyote
Niveau 10
17 juillet 2005 à 04:30:23

Bon je n´ai lu que le premier chapitre mais j´adore vraiment ton style, sobre, élégant et efficace. A ça tu rajoutes un bon découpage de la trame et une excellente atmosphère qui transpire du récit et des fautes inexsistantes, bref chapeau.

Au fait tu as abandonnée ton histoire sur l´ange ?

Tama
Tama
Niveau 5
17 juillet 2005 à 04:38:52

pas abandonné, disons... différé :lol: disons que j´ai l´idée globale, mais que je ne sais pas trop comment m´y prendre, je " n´ose" pas :-(

Vil-e-Coyote
Vil-e-Coyote
Niveau 10
17 juillet 2005 à 04:40:40

Mouarf c´est con j´aime beaucoup le thème des anges et j´ai envie de voir ce que ça va donner :p)

redsissi
redsissi
Niveau 10
17 juillet 2005 à 13:14:25

j´aime pas trop les histoires à caractère féministe mais celle-là je la trouve bien. Le senti des émotions est très réaliste et ton style est fluide et dans un très bon français comme l´on dit les autres avant moi... j´avais déjà lu mais sans commenter faut croire...

très intéressant

shyzo
shyzo
Niveau 10
17 juillet 2005 à 13:41:55

Très bon récit je trouve.

Style fluide, vocabulaire bien choisit, très bonne ambiance. :)
La suite!!!

Tama
Tama
Niveau 5
17 juillet 2005 à 13:55:17

merci merci :-p voici la suite, là, je savais pas trop où découper par contre :lol:

Je regarde sur le côté. J’aperçois Carine, ballottée dans des bras inconnus, la tête si rouge et les yeux si écarquillés, si immobiles, si absents, vidés… Effrayée, je regarde au-dessus de moi. Shali court droit devant lui, en suivant d’autres personnes. De l’autre côté, Loriane est également transportée par un vieil homme. Mais soudain le vieux déclare en apercevant un garçon qui remue encore, couché le long d’une vieille ruelle sale, le ventre en sang, et quelques plaies à la tête :
« Celui-là vit encore alors que celle-là est morte, je vais… »

Je crois comprendre ce qu’il va faire et je murmure, comme en espérant naïvement pouvoir l’arrêter :
« Lolo… »

Mais Shali m’a entendue et tout en me portant et en marchant aussi vite que possible, il s’arrange pour que je ne vois plus ce que l’homme va faire d’elle, quel sort il lui réserve. Puis je m’endors, tout en ressentant de violents décharges à l’épaule chaque fois qu’il me secoue un peu trop fort. Pendant au moins une heure, je ne sais plus rien ; mais le temps paraît interminable quand on est blessé, quand on a mal. J’ai l’impression qu’un abîme d’éternité s’est ouvert devant moi, que je n’ai plus qu’à m’y engouffrer toute entière.

Soudain une odeur infernale me tiraille les narines. Je sursaute. La course contre la montre de cette dizaine de personnes qui tentent vainement de nous sauver, elle dure, elle s’éternise. Et j’agonise pendant cette descente aux Enfers parce que j’ai l’impression inextricable que la balle est empoisonnée, et qu’à petit feu elle me ronge de l’intérieur. Il faut croire que ce n’est pas mon jour, même si je ne suis pas encore morte comme beaucoup d’autres.

Nous sommes dans les égouts cette fois. Et le moindre son résonne pour moi comme dans une caverne de géant. Ca me fait tellement mal aux oreilles que je gémis. Ces vibrations me stressent, mes muscles se crispent, j’angoisse comme le rat dans sa petite cage en verre qui attend qu’on vienne le saisir par la queue pour lui injecter un sérum empoisonné, et ce, pour le bien de toute l’humanité.
« Bien les gars, on s’arrête deux minutes pour souffler ! » crie le vieil homme.

Il ne porte plus Loriane mais le jeune homme de tout à l’heure. « Qu’a-t-il fait d’elle ? » me demandé-je en tremblant alors que je connais parfaitement la réponse. Mon amie est sur un côté de rue, peut-être bien traînée dans un caniveau. Ou même les miliciens l’ont déjà rattrapée et ils l’achèvent à leur façon si elle n’est pas déjà morte. A la digne façon des militaires, tellement héroïques avec leurs armes en carton qui ne tirent jamais pour tuer. Et comme j’aperçois Carine que deux ombres tentent vainement de soigner, je murmure à Shali un faible « On est où ? » ; sans me rendre compte de la bêtise de la question. Bien sûr qu’on est dans les égouts, bien sûr qu’il fait noir comme dans l’antre d’un diable et que ça sent odieusement la pourriture, les déjections et même le sang vicié. Et bien évidemment que jamais on ne s’en sortira parce qu’il ne peut y avoir aucun survivant dans ce genre d’histoire. C’est bon pour les héros, les invincibles, les immortels. Alors que moi j’ai horriblement peur, terriblement froid et que la faim me broie l’estomac comme un étau, mais qu’à la seule idée d’avaler quelque chose, une affreuse envie de vomir me transperce le ventre de part en part.
« On repart les gars ! crie le vieil homme. Et faites attention où vous mettez les pieds ! »

shyzo
shyzo
Niveau 10
17 juillet 2005 à 14:03:19

Toujours aussi bon. Seul bémol, on a envi de comprendre, et on ne peut qu´émettre des suppositions...

Tama
Tama
Niveau 5
17 juillet 2005 à 14:16:16

des suppositions quant à quoi ? :lol: pourquoi ils fuient, pourquoi ils manifestaient, . .. ?

Il ne porte plus Loriane mais le jeune homme de tout à l’heure. « Qu’a-t-il fait d’elle ? » me demandé-je en tremblant alors que je connais parfaitement la réponse. Mon amie est sur un côté de rue, peut-être bien traînée dans un caniveau. Ou même les miliciens l’ont déjà rattrapée et ils l’achèvent à leur façon si elle n’est pas déjà morte. A la digne façon des militaires, tellement héroïques avec leurs armes en carton qui ne tirent jamais pour tuer. Et comme j’aperçois Carine que deux ombres tentent vainement de soigner, je murmure à Shali un faible « On est où ? » ; sans me rendre compte de la bêtise de la question. Bien sûr qu’on est dans les égouts, bien sûr qu’il fait noir comme dans l’antre d’un diable et que ça sent odieusement la pourriture, les déjections et même le sang vicié. Et bien évidemment que jamais on ne s’en sortira parce qu’il ne peut y avoir aucun survivant dans ce genre d’histoire. C’est bon pour les héros, les invincibles, les immortels. Alors que moi j’ai horriblement peur, terriblement froid et que la faim me broie l’estomac comme un étau, mais qu’à la seule idée d’avaler quelque chose, une affreuse envie de vomir me transperce le ventre de part en part.
« On repart les gars ! crie le vieil homme. Et faites attention où vous mettez les pieds ! »

Mais avant que Shali ne me reprenne dans ses bras, j’aperçois à côté de moi un jeune homme allongé à même le sol. Celui qui doit le porter hésite. J’entrevois une petite boule de poil couinante se glisser le long de son cou pourpre. Un rat.
« Dis, toi ! hèle le vieux. Qu’est-ce que tu attends pour le prendre, ils vont arriver ! Je te rappelle qu’il faut qu’on les sème avant la nuit, mais qu’on doit les mener sur une fausse piste. Faire des détours va être très long, mon ami !
-Je... Je crois bien qu’il est mort, balbutie l’homme.
-Fais voir, dit le vieux en se rapprochant et en prenant le pouls de l’homme. Effectivement. »

Il ferme les yeux exorbités du mort et en se relevant, aperçoit à quelques mètres de lui un quadragénaire qui peine à porter à lui tout seul un solide gaillard de trente ans et dont un bras, une jambe et la tête sont en sang.
« Va l’aider. Et tout le monde en route, allez ! »

Je suis à nouveau soulevée, et nous marchons tous en procession dans les couloirs des égouts comme un troupeau de souris en quête d’une sortie, alors qu’elles risquent la noyade à tout instant. Mais il n’y a décidément aucune issue avant des milliers de kilomètres dans ce satané labyrinthe. On périra tous dans ce trou à rat, je le sens bien. Shali, ça ne sert à rien que tu t’échines à me porter. Sauve ta peau et laisse-moi là, de toute façon, c’est pas grave, je vais mourir. De n’importe quoi, de toute façon, c’est rien, c’est misérable. Dans quelques mois, je serai dans les camps et là, de n’importe quelle manière j’en sortirai. Même par la dernière chose possible et imaginable s’il le faut parce que je ne supporterai pas d’être enfermée et de devoir procréer contre ma volonté. Alors ne gâche pas ta vie pour une fille qui ne veut plus de la sienne. Je t’en prie…

Je délire vraiment, de plus en plus, comme si c’est le signe prémonitoire de ma fin imminente. Puis je retombe dans le brouillard pendant une éternité. La dernière éternité peut-être car le jour se dessine devant moi. Je verrais presque des anges, à moins que ce ne soit des oiseaux qui me caressent de leurs ailes. La lumière est tamisée et je sens une odeur d’humus me faisant penser que nous sommes dans une forêt. Effectivement, des oiseaux gazouillent tout là-haut dans les cimes des arbres. La nature est paisible. Et moi, ça m’affole encore plus. Il y a forcément quelque chose qui ne va pas autour de nous. Ils sont tapis derrière un chêne, ils guettent le meilleur moment pour bondir sur nous. Je crois entendre des balles, des cris. Je nage en pleine hallucination avec au moins quarante de fièvre.

redsissi
redsissi
Niveau 10
17 juillet 2005 à 18:54:50

toujours aussi prenante cette histoire... :)

Tama
Tama
Niveau 5
17 juillet 2005 à 23:47:23

Je veux bouger mais c’est impossible. Un bandage a remplacé mes vêtements, recouvre quasiment toute ma poitrine et maintient mon épaule en place. Je suis adossée contre un arbre mort. Tout à coup, une odeur de viande amère me crève les narines. Le pauvre animal a fait une mauvaise rencontre. Mais soudain je doute. Et si ce n’est pas le sang d’un animal que je sens mais celui d’un être humain ? Humain...

Alors j’ouvre péniblement les yeux et là, je suis prise d’un terrible fou rire qui me fait atrocement mal à l’épaule, mais je ne peux décidément pas m’arrêter. Trois hommes sont en train de dépecer un cerf et distribuent des parts à chacun. Je vois tout en noir en ce moment.

Mais manger de la viande crue à cette belle heure, je ne pourrais jamais. Tellement l’odeur est âcre, ça me soulève le cœur. Le vieil homme m’aperçoit en train de rire et m’en apporte un morceau.
« Je n’ai pas vraiment faim, vous savez… murmuré-je alors que mon ventre vocifère et peste le contraire.
-Faut manger pour être belle, fait le vieux d’un ton plutôt sympathique tout en recoiffant sa petite moustache grisonnante. Moi c’est Victor et toi ?
-Elisa. Non, vraiment, rien que l’odeur, ça me retourne l’estomac et j’ai pas la force de vomir, là.
-On ne peut pas la faire griller, le feu ça montrerait notre position, tu comprends ? »

J’acquiesce en silence, regarde à nouveau le morceau de viande mais l’émanation est vraiment trop insupportable pour que je me résigne à manger rien qu’un peu.
« Et vous avez tué ce pauvre animal tout seul ?
-Il était déjà mort quand on est arrivé, mais il était encore chaud, alors tu peux manger sans crainte.
-Mort de quoi ? Si on l’a tué, vous ne croyez pas que le tireur peut revenir ?
-C’est le risque, jeune fille. Mais tout le monde est épuisé. Un tireur contre quinze solides gaillards ne fera jamais le poids. Surtout qu’on doit être deux ou trois à ne jamais se promener sans garanti sur nous si tu vois ce que je veux dire.
-Et si c’était des miliciens ?
-C’est le risque, ma belle.
-Que savez-vous du risque ? soupiré-je. Vous avez tout pour vous. Vous êtes vieux, vous êtes un homme et puis vous ne m’avez pas l’air pauvre… Et le jeune garçon que vous avez ramassé, il est vivant au moins ?
-Oui, il va s’en tirer. Pourquoi ? Tu le connais ?
-La fille d’avant, vous en avez fait quoi ? »

Je suis certaine que mes yeux doivent briller à cet instant comme deux yeux de tigre et ma voix doit trembler terriblement. Je baisse la tête. La pluie d’été est en avance cette année... Le vieux semble entendre que je gémis. Mais avant qu’il ait le temps de répondre, Shali m’aperçoit, s’approche et lui coupe la parole, l’air de rien :
« Elisa, ça va mieux ton épaule ?
-Elle m’a l’air en pleine forme, ajoute le vieux en souriant.
-Pleine forme... si on peut dire. En tout cas, tu as eu une chance incroyable ! Avec tout le sang que tu as perdu…
-De la chance ? Je serai morte, on n’en parlerait plus ! Et pendant combien de temps va-t-il falloir qu’on se cache maintenant ? Tu les as entendu comme moi, ils nous traqueront jusqu’à ce qu’ils nous trouvent. Vous, ils vous tueront et nous, ils nous parqueront ! Belle avancée, c’est vrai, c’est fou !
-J’ai une maison de campagne, fait Victor, à quelques kilomètres d’ici. Près de Paris, c’est assez rare. Tu te rends compte qu’avant c’était la pleine ville ici et que maintenant, tout ou presque a été rendu à la nature.
-La nature aurait bien fait d’engloutir Paris aussi…
-Le temps de ta convalescence, ça devrait aller. Après, il faudra bien que tu partes.
-Et pour aller où ?
-On verra bien le moment venu, tu pourrais peut-être retourner discrètement chez ta mère. Je pense qu’elle te couvrira et te trouvera sûrement une bonne cachette », dit Shali l’air très convaincu.

Je me retiens pour ne pas lui crier dessus en public. Je regarde alors Victor et lui dis sèchement, le plus désagréablement du monde, comme une sorte de vengeance à Loriane, une petite vengeance invisible :
« Vous pouvez partir maintenant. »

Tama
Tama
Niveau 5
18 juillet 2005 à 16:26:20

comme je n´ai pas accès à mon pc pour quelques jours, je mets la suite maintenant :lol:

Le vieux s’exécute, un peu surpris de ma réaction. Shali s’adosse contre un arbre et attend patiemment :
« Vas-y, je t’écoute. Etripe-moi, engueule-moi, vas-y, te gène surtout pas !
-Tu sais bien que toi et ma mère, vous vous entendez si bien que tu la vénères presque. Elle est parfaite pour toi ! Mais elle est de leur côté. Et pourtant, elle est passée par les camps aussi. Pourquoi ? Je suis sûre que tu as une idée et que tu te tais. Pour une fois qu’elle ne nous surveille pas, raconte-moi !
-Après tout, réfléchit-il, je peux bien te dire une partie de ce que je sais, tu es grande maintenant. Mais c’est assez délicat malgré tout…
-J’ai plus vraiment grand-chose à perdre ou à gagner.
-Bien. Alors accroche-toi. Ta mère a réalisé son quota bien plus vite que les autres parce qu’elle a eu une fois des triplés et deux fois des jumelles.
-Ca je le savais déjà.
-Enfin bon, pas qu’à cause de ça non plus… Dans le camp, elle a rencontré M. Ajar...
-Le Grand Directeur ?
-Oui. Et je crois bien que c’est grâce à lui que ta mère est rentrée plus tôt des camps. Je crois qu’ils étaient... très liés l’un à l’autre, et...
-C’est bon, pas besoin d’un dessin ! Alors, c’est à cause de ça qu’elle est pour le Pouvoir, rien que parce qu’elle est accroc à un de ses dirigeants ?
-Elle estime l’homme mais pour les idées, je ne sais pas, elle ne m’en a jamais vraiment parlé…
-Les idées de ce type sont infâmes ! Alors elle m’a sacrifiée moi pour ce type ! »

Mais avant que Shali ait le temps de poursuivre ses explications, Victor ordonne le départ. J’essaie de faire quelques pas toute seule. Autour de moi, il n’y a que les gémissements des blessés. Il y en a qui sont vraiment dans un sale état ; je n’avais jamais vu autant de sang couler avant ce jour. La procession se remet en route à travers la forêt, entre les chants d’oiseaux, les bruissements de feuilles, les rayons de soleil. En apparence tout va bien. Calme plat après la tempête. Ou est-ce avant, je ne sais plus…

Soudain on entend des tirs de carabine au loin. Des chasseurs... ou des policiers qui poursuivent un malheureux ? Nous les malheureux. Il faut se dépêcher, les valides se mettent à courir et entraînent les blessés, en portent carrément certains, s’y mettent parfois à deux. On dirait un nuage de papillons jaunes et rouges qui tentent vainement de semer une bande d’étourneaux invisibles, invincibles et affamés. La course doit bien durer un quart d’heure, on est obligé de faire des zigzags pour brouiller les pistes comme toujours. Rien de tel pour m’achever. Shali est à moitié obligé de me retenir par la taille pour que je ne tombe pas à chaque foulée, mais je ne veux plus qu’il me porte. Essayer de devenir courageuse. Repartir pour la bataille après seulement cinq minutes de repos.

Mais bientôt Victor ordonne de remarcher silencieusement ; et je peux enfin reprendre mon souffle entre deux violentes quintes de toux qui m’obligent à me courber, déplaçant méchamment mon épaule.

Puis nous marchons pendant plusieurs heures, traversant les champs, les bois, les routes. Et enfin, nous voyons la maison de campagne de Victor se dessiner devant nous. Un coin de verdure non loin du béton de la capitale, une oasis dans le désert, un petit coin de Paradis en Enfer. Le temps d’oublier les balles au calme. Et puis après ?

Mais « après » ce n’est pas maintenant, alors j’y penserai plus tard, le plus tard possible... Je ne veux plus me poser la moindre question, je veux juste guérir vite. Redevenir jeune avant que les camps ne me fassent irrémédiablement grandir.

redsissi
redsissi
Niveau 10
18 juillet 2005 à 23:29:56

Je suis accroc! je reviendrai pour la suite... LA SUITE!!!

Tama
Tama
Niveau 5
23 juillet 2005 à 00:11:29

La maison de Victor est une sorte de grande ferme aménagée. Nous rentrons tous dans la grange et le vieil homme nous expose ses directives :
« Les blessés les plus sérieux, ceux qui ont perdu connaissance, il y a, je pense, assez de chambres pour les soigner, un par pièce, là-haut, à l’étage. Les autres vont devoir se contenter du salon. Et les valides, je peux leur proposer la grange et sa bonne paille ! ( Rires) Bien, maintenant chacun à son poste. »

Victor et Shali m’aident à monter dans une petite chambre aux volets clos. Le vieil homme va ouvrir la fenêtre. Pendant ce temps, je regarde Shali et m’aperçois que sa chemise noire est complètement devenue dure et légèrement pourprée au niveau de l’abdomen. Un instant, je frémis et crois qu’il est blessé, mais en réalité c’est mon sang qui a été absorbé par sa chemise pendant qu’il me portait à travers les égouts.

Puis je reste seule dans ma chambre et pendant plusieurs jours, c’est le flou quasi total, à errer entre la fièvre et les cauchemars. Par moments, je ne sais même plus où je suis et ce qu’il se passe autour de moi. A croire que le monde entier s’acharne sur Elisa, qu’il veut la punir pour sa lâcheté et son égoïsme. Ou peut-être que c’est à cause de l’histoire ? Oui, il faut toujours que l’apprenti héros soit très malade, au bord du gouffre, pour qu’ensuite il devienne un grand héros. Certains appellent ça de l’endurcissement, moi, j’appelle ça de la torture et je ne suis décidément pas prête à devenir une héroïne…

FIN DU FLASH BACK ; )

Tama
Tama
Niveau 5
23 juillet 2005 à 00:26:41

voila donc maintenant elle est à nouveau ds sa chambre :)

Le soleil brillait comme jamais dans le ciel. Mesquin, comme pour me narguer, parce qu’il savait bien que rien ne tournait rond sur la Terre qu’il protégeait. Mais non, il voulait se donner bonne conscience comme tout le monde. Non, je ne suis pas une rebelle. Simplement à cet instant, je maudissais celui qui avait inventé les balles, la guerre et la dictature parce que j’avais fait les frais de ces trois idioties humaines. Puis Shali ouvrit en coup de vent la porte :
« Elisa, vite, ils arrivent ! Tu as cinq minutes, ils sont sur la grande route du nord !
-Qui ça ? La cavalerie ? Déjà ? Oh non, pas aujourd’hui… Qu’ils reviennent plus tard, je dors. »

Je replongeai sous les couvertures. Bien sûr que je ne voulais pas être prise, pas maintenant. Profiter encore des quelques mois qu’il me restait avant que je ne rentre dans les camps. Pour le reste de ma vie. Mais en même temps, plus pessimiste que moi à cet instant, ça n’existait pas ! Forcément, j’allais être prise, alors un peu plus ou un peu moins… et puis j’étais encore à moitié plongée dans mon rêve. Un rêve charmant, je dois dire. J’étais dans un champ pailleté de coquelicots, il y avait des chevaux qui galopaient entre des rivières de fleurs multicolores, des coquillages dans le ciel azuré. Encore un peu, s’il te plaît.

Il fallut que Shali vienne soulever les draps et me secouer pour que je me décide à me lever et à m’habiller en deux temps trois mouvements d’une longue robe noire. Puis nous sortîmes de la maison de Victor et allâmes nous cacher dans la grange, entre deux bottes de pailles :
« Tu sais qu’ils nous trouveront quand même ici, rétorquai-je. C’est du suicide pur et simple !
-Victor m’a dit qu’il y avait une trappe sous laquelle on pouvait se cacher…
-Il a trop lu de romans épiques, voilà tout. Une cachette ! Il nous en aurait parlé depuis le temps, non ? En plus, t’es son chouchou. T’es le chouchou de tout le monde en fait…
-Chut, parle moins fort ! Il se méfiait. Il y a peut-être un traître parmi nous sinon comment on nous aurait trouvé aussi vite ? Laisse-moi chercher et ne fais pas de bruit, j’entends des voitures qui arrivent.
-Mais pourquoi ils ne viennent pas, les autres ?
-Tais-toi ! Il n’y a de la place que pour deux et encore, il paraît que c’est tellement bas... On sauve les meubles, là, alors ne dis plus rien !
-Alors ça veut dire que les autres, ils...
-Oui, murmura-t-il en baissant la tête.
-Pourquoi nous ? soufflai-je alors que je sentais bien que si j’entendais le moindre coup de feu, j’allais fondre en larmes puis m’écrouler pour de bon. Pourquoi moi ? Je n’ai rien mérité… »

Shali ne répondit plus. Il cherchait frénétiquement ce qui allait peut-être nous sauver la vie de justesse. Après avoir fouillé pendant une ou deux minutes, il dégagea la trappe en enlevant rapidement la paille qui la recouvrait, puis l’ouvrit, m’aida à descendre, me rejoignit, referma la trappe. Et nous n’avions plus rien d’autre à faire qu’observer la douce lueur du soleil filtrant entre les fentes du plancher et la paille qu’il avait remise par-dessus. Et écouter la scène finale en silence sans rien pouvoir faire d’héroïque.

Sous forums
  • Modélisation 3D
  • Montage vidéo
  • Arts Graphiques
  • Ecriture
  • Modélisme
La vidéo du moment