Bah tant qu´à y être...
Tu me files ce t1 de chapitre 9 ou quoi faut que je te limprimes ac un arc-en-ciel en arrière plan ? ?
Bon comment sur le texte now pasque ca va pas de pas donner son avis en faisant genre c´est trop bô.
Clair quand il m´a demandé ( grand mot) de corriger son machin là, je sais plus comment ca s´appelle, je pensais à une ptite histoire d´école enfantine, happy end et tout le tsoin qui va avec. En temps que " camarade de classe" ( me dis plus jamais ca ok?) ca peut se faire avec un esprit coopératif, mébon j´avais plutôt pris ca en rigolade genre fôte de style ( CF philippe) Mais bon omme il avait l´air sérieux de me filer ces 4 bouts de papier, j´ai fait ca de plein euh cerveau ( ?) et pis bon ça c´est enchaîné. L´histoire est bien ficelée, manque quelques aphérèse et deux trois anadiploses mais le contenu stylisque est pas à réfuter. L´histoire est assez prenante c´est pas faux même si on y retrouve quelques copyright, que tu les ai pris ou créés, genre le mont su SotR
mais bon te manque comme déjà dis un petit lexique contenant les trucs genre 6.022 ca pourrait servir pasque les personnes ne pratiquant pas la chimie, les veinards, ne comprendront pas la finesse du langage. Enfin... Un truc con, le genre de coupure au retour ckicluilà? ( le gars qui grimpe, qu´on retrouve x chapitres après)
Bon là je fais un paragraphe pour aérer
voilà je continue...
En fait j´ai plus rien à dire o_O à ce sale phénomène.
Juste que s´il veut se faire des amis un peu plus irl, ya un bon truc . .. va poster ca sur le forum du collège étant donné qu´il reste bcoup de membres tu va avoir un de ces succès ( genre krol qui te félicite :o ) :p je me comprends cpa grave, une ou deux ci présentes personnes on déjà remarqué que je n´étais pas normalement constitué, sutrtout du point de vue neuronal et cérébral, ca va devenir une évidence now.
En plus je signe . .. ouais non en fait.
Après une bonne heure de lecteure voila ce que j´ai retebue éssentiellement de ta fiction :
- Des le débtu de ta fic on as une assez imetion dans ton monde ´´les lunes´´ et le noms des lieux.
- Le truc c´est que tu parles de Newton donc ca fait tache vu que c´est un autre monde que le notre
- Les noms ne sont pas compliqués et sont souvent duosyllabiques donc ça ne heurte pas.
- Bonne description du monde encore avec la géographe et de certain détail comme les signes de commnication.
- ´´pour être précis exactement´´ : pléonasme.
- Tu dis qu´il faut de bon espoin pour entretenir le royaume alors que c´est un empereur qui règne. Soi c´est un roi ou un empire mais pas un mélange des deux.
- La description des personnages est très sommaires, on peut pas se faire une bonne idée de quoi ils ressemblent.
- Il y a quelques touches d´humour ici et là ce qui détend dans cette atmosphère très sérieuse.
- Les astérisques permettent bien de marquer une bonne séparation entre les points de vue et les personnages. Cette bonne présentation est un détail qui compte beaucoup dans la présentation de ton texte.
- La conotation des noms et des titres ( vizirs) suscite un monde axé sur le Moyen-Orient médiéval. Ca change des pays nordiques, elfiques ou autres nations européennes.
- Un bonne intrigue politique. Et j´aime bien quand ça parle de complots et autres strétégies géopolitiques.
- Comem je l´ai dis c´est une ambiance médiaval mais l´enquête qui est menée suit une procédure américiane comptenporaine. Je trouve que cela déconnecte d´atmosphère.
- A propos d´atmosphère, les complots, les coups d´état, les meurtres change de l´ordinaire et le scénario semble extrèmement solide. On sent que tout a été prévu à l´avance qui démontre un travail poussé. Un travail qui s´accompagne d´un style constant, plat mais captivant. Tout cela utilisé avec un vocabulaire très poussé qui donne au texte un sèrieux incomparable.
- J´ai bien aimé l´allusion au Mordor.
Pour finir je dosi dire que cette fiction est d´une incroyavle qualité, ce qui change de la plupart des auteurs du forum. Je n´aime pas trop la HF en génaral mais là je dois avoier que tu m´as quasiment réconcilié avec ce genre que je considérais conne un genre à scénarion peu original. Ici, tu prévalois l´aspect politique dans un monde fantastique ce qui rend original ton récit. Il n´y a pas de quête ou de grandes aventures et c´est ce que j´honore chez toi.
Bref ! Tu es vraiment un bon écrivain et je regrette presque de ne pas avoir lu plus tôt ce véritable petit chef d´oeuvre. Chef d´oeuvre que je m´engage à lire la suite sitôt que tu la publieras.
Au plaisir de lire !
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Genre... chef d´oeuvre a qui tu as quand meme fait une vingtaine de critiques XD
Mebon
Le temps que le phenomene la publie, cette suite, le troll aura eu le temps d´aller s´acheter un cerveau ou il se rend compte que c´est pas si difficile de faire un copier coller, pasque les chapitres suivants on en a eu droit nous... ; )
Genre now tu te buges les gens on pas que ca a foutre de chercher les pleonasmes de ton texte, les connecteurs logiques, les fautes de stzle et j´en passe...
a jamais
Non free, la suite n´est pas encore écrite. La version que je t´ai filée est loin d´être achevée, et j´ai deux ou trois relectures à finir avant d´oser la poster ici.
Et de toute façon, même si c´était écrit, il faudrait déjà que j´aie accès à mon vrai ordi pour pouvoir la publier donc bon...
Ostra, merci d´avoir pris le temps de lire et merci pour le comm, on en a déjà reparlé sur msn donc je vais pas m´éterniser^^
Chapitre 4
La ville de Shaztarath se démarquait par sa forte concentration d’habitants au kilomètre carré. Les maisons s’entassaient les unes par-dessus les autres depuis des éons – car c’était bien au fond des âges qu’on devait chercher trace de la création des antiques premiers constructions, baptisées alors Nakth-tarath, « la cité des puissants ».
La vieille ville s’agglutinait au pied d’un mont de basse altitude, au nom imprécis et quelconque, sur le sommet duquel avait été bâti le grand temple de Bazârhad et son célèbre catafalque, sur lequel tous les empereurs ayant gouverné à un moment où à un autre finissaient fatidiquement, pâlis par la mort, dans un silence religieux avant la descente vers le Cimetière des Rois. Ce dernier occupait la majeure partie du versant nord de la montagne, au-dessus d’un gouffre spacieux qui délimitait pour ainsi dire la limite septentrionale de la ville. Des légendes terrifiantes existaient bien sûr à son sujet, on racontait par exemple que le Grand Ver en sortirait et viendrait dévorer la ville lorsqu’elle sombrerait dans la déchéance impie et l’oubli de la religion. Mais nul fondement ne venait étayer ces divagations, car la déchéance, quant à elle, était devenue quasi exotérique depuis l’intronisation des cours d’histoire.
Une petite sente naturelle menait au cimetière, et si on la suivait en sens inverse, l’affrontement avec les hautes tours de l’enceinte intérieure était inévitable. Des petits groupes de maisons aux toits de pailles se pressaient à leurs pieds, appartenant aux quelques débrouillards qui, à défaut de se trouver un logement dans leurs moyens, s’étaient résolus à en édifier d’autres au dehors. Enfin édifier, ce n’était assurément pas l’Arc de Triomphe non plus, mais il n’y avait rien de pire que la rue. Donc voilà.
Les murailles s’agrémentaient de moult chemins de rondes & meurtrières & mâchicoulis, dégoulinants de gardes en uniforme noir, qui présentaient l’amusant point commun d’être tous complètement absorbés dans leur tâche, s’en acquittant avec une conscience professionnelle peu commune. Pour comprendre ce phénomène, il fallait avoir pris connaissance du salaire accordé au garde moyen et de la longue file qui se massait, en attente de la moindre erreur d’un d’entre eux pour s’octroyer sa place. Puis venait la ville, la vraie ville de Shaztarath, presque à l’opposé des ruines de son illustre ancêtre. Et au nord-est de cette ville, il y avait le palais.
Les nombreux godrons présents sur les murs lui donnaient d’abord un aspect monastique, mais c’était bien le seul point commun qu’on pouvait lui trouver avec la chasteté. Le palais, bâti un bon mètre au-dessus des autres édifices dans le but d’être illuminé par l’astre de jour le plus longtemps possible, écrasait de son blanc éburnéen le reste de la ville, la rendant fade et humble par sa nonchalante magnificence. Ses tours fines, en albâtre, glissaient vers le ciel, semblant ne jamais vouloir s’arrêter, et la quasi-absence de toits entre elles aurait immédiatement suggéré aux cinéastes inventifs un très beau travelling pour le présenter en image, s’iceux avaient daigné exister.
Voilà donc l’écrin de tant de trahisons, Shaztarath la blanche, Shaztarath l’immaculée, Shaztarath, ville du tyran. Note pour plus tard : éviter d’imaginer trop de villes comme celle-ci, de sorte que la place que ça prend à décrire ne soit pas si indécente.
°°
Mais délaissons donc un instant l’édifice royal, afin de s’intéresser à la populace, vaquant à ses occupations. Les rues quadrillaient la cité sans ordre notoire, « avec sens de l’économie » était un euphémisme correspondant assez bien à leur niveau d’entretien déplorable, et il se délimitait géométriquement trois quartiers principaux, auxquels on donnait affectueusement les originaux sobriquets de « Quartier du Nord, Quartier de l’Ouest, Quartier du Sud ». Plongeons à présent dans le quartier du sud, sans nous arrêter sur la place du marché, noire de monde : elle ne conviendrait certes pas à l’entretien que nous allons suivre. Cherchons plutôt un quartier plus discret, plus près des remparts, et trouvons-y Nephgûl. Enfin, trouvons-y la guilde des voleurs au grand complet, en vérité. L’occulté n’avait pas traîné ; il ne lui avait pas fallu cinq jours pour réunir tous ses comparses dans la taverne du Triton Noir, une entreprise en façade, mais qu’il gérait par le biais d’un artifice dans les registres. Le tenancier, un de ses vieux amis du nom d’Anhémi, s’était éclipsé le temps de la réunion.
Le chef de guilde se savait dans l’épicentre du tremblement de terre qui allait ravager la ville, et en concevait une grande satisfaction. Shazaraad aurait mieux fait de réfléchir à deux fois avant d’afficher son mépris envers la guilde, et il espérait que Zulkhin ne suivrait pas la même voie – sans quoi il devrait s’en débarrasser également. Le noble lui fournissait des moyens financiers, ainsi qu’une raison officielle d’atteindre son adversaire, ce dont il n’allait pas manquer de profiter. Calmement, il exposa son plan à ses principaux subordonnés, qui se chargeraient plus tard de répandre la nouvelle à la masse de voleurs de la ville. La révolution commencerait dès que la mort de l’empereur serait confirmée de l’intérieur du palais.
***
En premier lieu, Pazeb avait laissé couler deux jours avant de contacter la mairie, qui elle-même en avait pris un de plus pour en référer au subordonné. Et deux jours après, ce dernier était enfin parvenu à « se libérer » pour un rendez-vous.
L’homme entre deux âges, les mains posées sur son ventre rebondi, présentait toutes les caractéristiques qu’on aurait pu attendre de lui : bonhomme, jovial mais peu enclin à se laisser influencer, un regard larmoyant qui dissimulait une vive intelligence, bien qu’axée essentiellement sur la concupiscence.
- Entrez donc, mon ami, dit-il d’une voix mielleuse, sans se lever pour autant. Quel méfait peut bien amener la police dans mon humble bureau ?
Pazeb avait rarement vu des humbles bureaux avec balcon, véranda et double bibliothèque dont les incunables s’ornaient de gravures, mais il se garda de le faire remarquer.
- Et bien, vous n’êtes pas sans avoir appris la malheureuse affaire qui s’est déroulée au début de la semaine, dans une de vos salles d’eau, entama-t-il d’une voix posée et claire.
- Hélas, oui, fit le fonctionnaire. C’est bien triste, mais comment puis-je apporter ma contribution à la résolution de ce sordide assassinat ?
Un instant, Pazeb crut que le personnage avait lu le dossier qu’un zélé subalterne avait forcément dû lui remettre ; un instant seulement.
- Or donc, il se trouve que nous n’avons pas mis la main sur le garde de la salle d’eau, poursuivit le policier. Selon la loi en vigueur, ce vigile est tenu de lister les baigneurs en contrôlant leur prix d’entrée.
- Assurément, mais je l’avais renvoyé, comme il l’était stipulé sur la lettre.
- Une lettre ? Mais à quoi faites-vous allusion ?
- Vous n’êtes pas au courant ? lui demanda le fonctionnaire, d’un air surpris. J’ai reçu une lettre du sultan Uzekhat III lui-même, qui m’enjoignait de fermer ce bâtiment et de retirer le garde. Pour réfection.
- Pourquoi l’empereur se préoccuperait-il de si basses besognes ? Serait-il si oisif qu’il en vienne à s’intéresser à la restauration d’une simple salle d’eau ? questionna Pazeb, un petit sourire incrédule sur les lèvres. Montrez-moi ce document, s’il vous plaît.
Par quelque miracle de la physique, le gros homme parvint à se lever. Il gratta un instant sa tête chauve, puis se dirigea vers une pile de documents racornis entassés dans un coin du bureau. Il fouilla en grommelant, tandis que, de son siège, le policier regardait la ville d’un air las.
- Le voilà, hurla triomphalement le fonctionnaire après quelques minutes, comme si la balance de l’univers venait subitement de pencher en sa faveur.
Pazeb se saisit de la feuille, et constata d’entrée que ce n’était pas le sceau d’Uzekhat III. Quand bien même, les trois marques en octaèdre, présentes sous la signature, semblaient indiquer un personnage très important, tel qu’un vizir ou un ministre. Pazeb se décida dès lors quant à la classification de l’affaire, en conclusion de quoi l’abandon des investigations lui apparut comme l’action la plus profitable.
Une brise légère soufflait sur la forêt. Il s’agissait d’un vent doux, presque poétique, qui se perdait entre les conifères, glissait sur les helvelles et autres mycètes, soulevait les feuilles mortes en tourbillons ocres qui semblaient luire au contact distrait des rayons du soleil. Une faune grouillante se pressait sur le sol, dans les arbres, et sur les jambes de Kathnog et de Zéphyrius, qui n’y prêtaient guère attention.
Voilà quatre jours, le diplomate avait repris conscience chez son hôte, avec lequel la conversation s’était avérée peu aisée. Le barbare aurait peut-être fait un parfait sujet dans le cadre d’une étude de myologie, mais pour ce qui était de l’intelligence, il avait fallu en recourir au Sage, un vieillard voûté, chancelant et un peu goitreux qui, par bonheur, connaissait les rudiments de sa langue. Au soir du deuxième jour, le Sage avait expliqué la situation à Kathnog et de ces palabres avait découlé que les trois hommes partiraient pour Kadathal, la capitale du pays Sen, dès le lendemain matin.
Malheureusement, le vieillard n’avait plus la condition physique nécessaire au voyage et un infarctus l’avait terrassé au cours du jour précédent. Examinant sommairement son cadavre, Zéphyrius ne s’en étonna que modérément ; Il était même surprenant que le vieillard fût toujours vivant le matin où, les jambes molles et chancelantes, le diplomate s’était réveillé au village.
Par langage des signes plus ou moins élaboré, il parvint à faire comprendre à Kathnog qu’ils devaient continuer au plus tôt. Ils creusèrent donc un vague tombeau et y ensevelirent l’ancêtre, dans un silence cérémonieux. Puis ils repartirent.
Zéphyrius guettait des signes de la présence de ses poursuivants, mais ils semblaient avoir abandonné ; sans doute l’armée s’était-elle mobilisée pour attaquer Shaztarath. Il devait se dépêcher.
La Forêt des Ombres n’exhalait pas particulièrement une malévolence ou une fuliginosité insigne, on avait bêtement traduit son nom du langage Sen. Sachant que leur territoire ne comprenait qu’une seule forêt, il est facile d’imaginer que, impressionnés par la puissante barrière d’arbres, ces gens simples aient quelque peu exagéré la réalité. Les deux compères progressaient à une allure modérée, entravés par le tapis de lichens et l’inégalité du terrain.
Le territoire sen s’étendait sur une surface relativement importante, mais présentait l’avantage de ne pas être difficile à délimiter ; au nord, des lacs baptisés avec imagination « les Lacs » ( c’est d’ailleurs ici qu’eut lieu la célèbre bataille évoquée au chapitre 2, entre les troupes de la pentarchie et l’armée barbare, qui se termina par le massacre de ces derniers). En descendant, on rencontrait rapidement Kadathal, la capitale, si l’on disposait d’assez d’ironie pour donner un tel qualificatif à un village pouilleux. Passé ce point, on se retrouvait sur les collines de Tentalie, mornes étendues verdâtres et vides à l’exception de quelques créatures sauvages. A l’est, les collines se couvraient progressivement d’arbres pour former la Forêt des Ombres. Suivaient ensuite les monts du Penjaj, appartenant à la tribu des traqueurs des neiges. Au nord-ouest se trouvait bien sûr Garadhras, le pays aux milles cascades et aux cinq rois. Toute cette gigantesque péninsule était encerclée par la Mer des Mondes, comme, au demeurant, tous les territoires connus jusqu’alors.
Le diplomate avait bien sûr eu le temps de récupérer depuis sa longue fuite dans les montagnes, mais il n’en demeurait pas moins éprouvé, et peinait de plus en plus à aligner ses pas l’un devant l’autre. Sa marche n’était pas facilitée par sa taille – il était plus grand que la moyenne –, de façon que nombre de branches avoisinantes le forçaient à se courber pour éviter leur coup de fouet ; ses joues en portaient les marques.
Les deux hommes entamèrent l’ascension d’une petite hauteur, et se retrouvèrent nez à nez avec la chose. C’était noir, trapu et velu. De ses naseaux grotesques sortait comme une vapeur d’enfer, et il raclait le sol de ses sabots de jais. Il se retourna, jeta un œil plein de haine sur nos héros et chargea. Mais la créature ignorait certaine vérités de ce monde, telles que, par exemple, sa comestibilité. Kathnog bloqua sans peine l’assaut du sanglier nain et lui brisa la nuque avec le geste précis du chasseur. Au moins, ils auraient de quoi se restaurer à la prochaine pause, d’autant que le soleil déclinait maintenant avec entrain.
***
Cela avait commencé en douceur. Un crétin, chétif et boutonneux, avait sciemment provoqué une dispute sous les yeux de sentinelles, qui l’emmenèrent sans méfiance au poste de garde le plus proche. Là, il s’en débarrassa avec la technique rodée du « backstab », puis donna le signal à quelques complices qui mirent le feu au bâtiment. Puis, une embuscade avait conduit la patrouille du soir dans une ruelle sombre, où les attendait impatiemment leur trépas. Les uniformes récupérés avaient ensuite servi à s’introduire dans le commissariat du quartier des artisans afin d’y perpétrer un carnage ; seuls trois voleurs avaient péri dans la totalité de la manœuvre.
Ainsi, la guilde était contre eux. Le tyran regardait la fumée s’élever de plusieurs foyers distincts, au sein même de sa ville. Il pouvait apercevoir, de son perchoir, les gardes et les voleurs qui se livraient au jeu cruel des duellistes. Baarg avait aussitôt fait intervenir l’armée, qui s’était regroupée dans le quartier sud. Plusieurs fauteurs de troubles, dont le boutonneux précurseur, avaient été définitivement réduits au silence. Mais cela s’annonçait mal. L’armée, certes plus nombreuse, était désavantagée par l’exiguïté du terrain sur lequel elle devait se déployer. En outre, les voleurs agissaient individuellement, ne comptant que sur eux-mêmes pour survivre ; la plupart des soldats espéraient s’appuyer sur leur nombre, ou sur un voisin un peu plus héroïque qu’eux.
Baarg ne tiendrait pas.
Ada avait-elle eu le temps de parfaire le plan ? Il devait s’en assurer aussitôt. Il héla un des deux esclaves qui se trouvaient dans la pièce et l’envoya quérir l’espionne. Le second, un homme triste au visage quelconque, resta prostré dans son coin. Bakou. Ainsi se nommait-il. Et cela importait beaucoup plus qu’il n’y paraissait, désormais.
- Ada, enfin ! l’accueillit-il à son entrée.
Après une brève génuflexion, Ada attendit.
- Je crains que ce ne soit pour ce soir. As-tu terminé ?
- Presque. Mais tous les préparatifs urgents ont été pris.
Ada glissa un bref regard à l’esclave. Celui-ci connaissait son intérêt et faisait semblant de ne pas s’intéresser à la conversation, et elle sembla soulagée.
- Il faut presser le pas. L’ennemi est plus puissant que nous ne l’imaginions s’il a pu ainsi s’assurer du soutien de la guilde.
- À ce propos…
L’empereur se retourna.
- Qu’y a-t-il ?
- Il est probable qu’un dénommé Zulkhin soit à l’origine de l’implication des voleurs.
- Zulkhin… Je crois connaître ce nom.
Ada resta muette. Ce n’était apparemment pas son cas.
- Mais oui, c’est ce noble qui s’était opposé au cour… à mon couronnement, se souvint enfin le tyran. Il n’avait pourtant pas fait trop de vagues à l’époque.
- Vous ne m’aviez pas encore engagée à cette époque, s’expliqua Ada, presque sur un ton d’excuse. Mais il y a sans doute corrélation.
- Malheureusement, je suppose que vous ne le retrouverez plus à présent.
Il se détourna derechef vers son balcon. Le soleil teintait déjà l’horizon des lueurs rougeâtres qu’il aimait tant à contempler.
- Il y a une autre chose que vous devez savoir à propos de Zulkhin, poursuivit Ada, d’une voix étrangement douce.
- Je t’écoute, murmura l’empereur sans se retourner.
Un froissement. Mais imperceptible.
- Il paie nettement mieux que vous.
Et simultanément, Ada planta sa dague dans la nuque de son employeur, qui émit une sorte de gargouillis de surprise. Son corps tomba en avant, avant que l’espionne ne le précipite par-dessus la balustrade ; il rebondit deux fois avant de s’écraser, disloqué, dans la cour du palais, causant une vive agitation.
Encore une fic dont on dit du bien, et que logiquement je me dois de lire... J´en sortirai jamais...
Il ya une allusion à l´arc de triomphe : si c´est un monde différent, il n´y pas allusion au notre. C’est un détail qui fait tâche dans le texte. De même pour l’allusion aussi au cinéma : ça gâche un peu l’histoire. « En conclusion de quoi » est également en autre détail qui rebute légèrement. Mais comme je l’ai dis, se ne sont que des détails.
Parfois, il y a trop de descriptions : ça fait un univers riche mais le récit en ressort alourdi. C´est remarquablement bien écrit mais le récit traîne un peu car il ne se passe pas grand chose. La majeure partie du temps se sont des explications et autres descriptions. A ce propos, je serais curieux de voir une carte du monde car les références géographiques sont aussi variées que fréquentes.
« backstab « ? Il faudra préciser : ça fait un peu anglicisme.
Le scénario avance assez lentement, mais cette lenteur est sciemment calculée car on est absorbé par cette univers fantastique et tout à fait prenant.
Un autre chapitre fabuleux d’un monde merveilleux d’un auteur exceptionnel.
Et alors, on se relache?! J´ai lu le chapitre 5 de l´ancienne version, soit tu nous finis cui-la, soit je lis l´autre et je le upperai en donnant mon avis et en exhorant les autres à le lire. (en leur disant qu´il y a une autre version ici, mais que la suite est là-bas).
Bien bien !! !
J´aime ton stile et les allusions au seigneur des anneaux
(Tien on retrouve tjs les mêmes critiqueurs
)
Il doit pas y avoir beaucoup de monde par ici en ce moment, donc...
Ah oui c´est vrai j´avais dit que je lirais cette fic. Bon je vais m´y mettre...
Mais avant cela, finir les aventures de Kalon, de Asp Explorer, conseillé par xbq.
Tu ne le regretteras pas. Malgré la taille j´ai accroché l´ancienne version, et celle-ci est sensée être mieux...
"KaiM Posté le 01 septembre 2005 à 18:58:00
Mais avant cela, finir les aventures de Kalon, de Asp Explorer, conseillé par xbq."
C´est nettement plus important. Je te souhaite un bon moment sur le site du maître
Sinon, pour la suite, j´ai pas mal avancé et elle devrait tomber ces prochains jours. Merci pour le up^^
Ha, je craignais que le projet ne soit abandonné, tu m´en vois tout rassuré
(comme quoi, faut pas être rebuté par la longueur^^)
Finalement, j´ai commencé à lire et j´ai pas pu m´arrêter tellement j´ai accroché. Rien à ajouter à ce qui précède, j´attends la suite avec... patience.
Chapitre 5
Pazeb entra dans le commissariat, sans hâte excessive, puis se dirigea vers son bureau. Il était ordonné, petit et modeste. Son bureau. Enfin lui aussi, mais ça n’a que peu d’incidence. D’ailleurs la taille de son bureau non plus. Bon, reprenons.
Notre homme s’assit donc, jetant un œil distrait aux piles de feuillets sagement entassés sur le côté, noircis de sa fine écriture. Il en saisit un au hasard et s’appuya sur le dossier de sa banale chaise de fonction, dans une attitude qui simulait une intense concentration.
Comme il le prévoyait, Aenin entra.
- Alors ? entama le jeune homme, sans préavis.
- Gni ? répliqua-t-il, imitant à s’y méprendre l’incompréhension.
- Qu’as-tu appris en allant voir le responsable ?
- Ah…, soupira Pazeb, laissant passer quelques secondes, comme par désintérêt. Fort peu de choses en vérité. Il m’a l’air tout à fait honnête.
- Mais que t’a-t-il dit à propos du garde ?
- Le garde ? Il n’y en avait pas.
Le regard du policier revint fixer son dossier, espérant clore la conversation.
- Mais pour quelle raison ? insista Aenin.
- Et bien parce qu’un ministre le lui a enjoint par le biais d’un édit, décréta Pazeb, comme irrité par cette question pourtant légitime. T’attendais-tu à ce qu’il désobéisse ?
- Holà, un édit ? Parle-moi de ce nouvel élément.
Pazeb sortit la feuille incriminée de sa poche et la lui brandit sous le nez. Se penchant vers son collègue, il lui murmura l’essentiel de son argumentation.
- Ecoute, si un ministre a demandé l’éloignement d’un garde, ce n’est sûrement pas pour rien. Ce meurtre a été prémédité chez les puissants, il vaut mieux éviter de trop s’en mêler.
- En effet.
Pazeb crut qu’il avait mal entendu.
- En effet, reprit Aenin, qui était absorbé dans l’étude du parchemin, cette contrefaçon est très habile ; seul un véritable artiste a pu la réaliser. L’implication de la guilde des voleurs me semble à envisager.
- Tu ne t’es pas dit que l’habileté de la contrefaçon pouvait s’expliquer facilement si ce n’en était pas une ?
- Mais voyons, réfléchis, jamais l’administration n’enverrait un ordre aussi incongru ! s’insurgea le jeune homme.
- Un de ces jours, il faudra que tu comprennes comment fonctionne la vie à Xioshun, proposa Pazeb, sans humour, en secouant la tête. Enfin…
- Nous devrions contacter nos agents parmi la guilde.
- Ah oui, bonne idée, acquiesça sarcastiquement Pazeb, se figurant qu’en fin de compte, tant qu’on fouillait ailleurs que dans les affaires publiques, ça ne pouvait incommoder personne. Peux-tu t’occuper des préparatifs ? Le dossier que je traite présentement ne peut souffrir d’un délai.
Aenin hocha la tête, pensif, puis quitta la pièce en refermant la porte.
***
L’esclave courait. Et dieu sait qu’il avait souvent dû courir, pour atteindre l’une de ses fins, mais il n’avait jamais détalé de la sorte. Non pas que la mort du tyran l’ait affecté d’une façon particulière, il doutait simplement qu’Ada cherche un témoin à sa trahison.
Ce sujet rendait d’ailleurs Bakou perplexe. Pourquoi Zulkhin se procurait-il un assassin de sa trempe, le stipendiait-il conséquemment, lui octroyant même une agréable avance, ne plaçait-il même pas derrière lui un autre sbire pour le tuer dès sa mission accomplie (il s’en était assuré), le tout en disposant d’un agent aussi bien infiltré ? Diffuse, la sensation d’arnaque lui laissait un arrière-goût amer. Il n’avait trouvé qu’une seule explication, et sa plausibilité ne le satisfaisait pas : pourquoi aurait-on tenté de lui faire porter le chapeau ?
Il quitta le palais par une sortie dérobée, dissimulée derrière quelque végétal, qui donnait sur une impasse à l’aspect insalubre, dont l’odeur allait de pair. A son extrémité se trouvaient les cadavres de deux voleurs, faces contre pavés. Débouchant sur une place de taille moyenne, Bakou découvrit pêle-mêle un tas de gardes et de malfrats éparpillés, livrés en un ou plusieurs morceaux, uniformes et armes dans le pack supplément six pièces de cuivre, contactez votre représentant Shaztarath Loisirs en vue de plus amples informations.
Évitant les blessés rampants et les corps inertes, il se fraya un chemin à travers le chaos. Rien que dans la rue qu’il emprunta, quatre foyers d’incendies s’étaient déclarés. Prudemment, l’assassin s’empara d’une lance et d’un bouclier circulaire, ayant appartenus à un soldat effondré contre une charrette de tonneaux, dont le contenu se répandait au sol. (Il est à noter que cette précision peut s’appliquer au tonneau comme au soldat. Etonnant, non ? Je vous laisse choisir la version qui vous comblera.)
Trois hommes, deux gardes et un voleur, se mesuraient au carrefour suivant. Le voleur les aurait surpassés sans conteste, s’il n’y avait sa blessure à l’épaule, qui égalisait les chances. Bakou préféra s’écarter et traversa une cour désertée, contournant la rixe. Il déboucha sur une impasse inoccupée, dont le fond s’ornait d’une fontaine un peu spéciale ; l’embout qui délivrait le liquide, travaillé par un tailleur de pierres des plus compétents, évoquait plus une gargouille figée dans la pierre qu’une statue inanimée.
Ne lui accordant qu’un regard, Bakou pressa l’aile droite de la sculpture, déclenchant ainsi un engrenage ; une trappe s’ouvrit à ses pieds, dans un coulissement silencieux. Après un ultime coup d’œil alentours, l’assassin se laissa choir dans un caveau, où toute une famille de nobles de l’ancien temps reposait en paix. Montant sur un tombeau de marbre, il referma la trappe au moyen d’un mécanisme analogue, puis sauta à bas de son perchoir. Dans l’obscurité, il se laissa guider par un mince rayon de lumière qui filtrait à travers une dalle descellée, au sol. Après l’avoir repoussée sur le côté, il accéda enfin à un boyau éclairé de torches.
Un coude vers le nord, et il atteignit une salle similaire à celle dans laquelle Zulkhin avait obtenu l’alliance qu’il convoitait. En lieu et place de l’autel, cependant, se trouvait une statue guerrière : un paladin brandissant victorieusement un lourd glaive. Cyniquement, le temps avait à moitié détruit l’œuvre, rendant des plus désuètes l’attitude pompeuse du soldat, vaincu par cet adversaire inconsistant. Bakou déplaça précautionneusement l’objet et colla ses lèvres contre l’œil-de-bœuf qu’il masquait.
- Fu naeja yurkor, dit-il simplement.
Sans un mot, de l’autre côté, un voleur abaissa un levier, et une poulie fit son office. Quand Bakou pénétra dans la salle suivante, il n’y trouva personne. Il remit le levier dans sa position initiale, avant de porter son attention à la pièce ; carrée et vide, elle donnait sur un vieil escalier aux marches fatiguées. Il monta, pour aboutir finalement dans l’arrière-salle de l’auberge du Triton Noir, où l’attendait Nephgûl.
- Enfin, te voici, s’exclama-t-il dès qu’il l’aperçut. Shazaraad est-il mort ?
- Oui…
- Bonne nouvelle.
- Mais il y a juste que…
- Quoi ? le pressa son commanditaire. Parle donc !
- Je m’apprêtais à l’occire, quand Ada a fait irruption. Et c’est elle qui s’est chargée de l’acte, expliqua l’assassin à contrecœur, un peu gêné d’avouer les réelles circonstances de l’événement.
- Comment ? laissa échapper le chef de guilde, réellement surpris.
- Avec un couteau, une gorge et un balcon, répondit Bakou, feignant de prendre au premier degré l’exclamation que Nephgûl n’avait pu contenir.
Ce dernier, qui se devait pourtant de tout prévoir dans sa profession, paraissait complètement dépassé.
- Ada ?! Si Zulkhin avait disposé d’un allié si puissant, pourquoi aurait-il eu tant besoin de faire appel à nous ?
- N’est-ce pas manifeste ? Il souhaitait sans doute ne pas dévoiler le rôle d’Ada, afin de pouvoir la réutiliser ultérieurement.
- Non, ça n’a aucun sens, répliqua son employeur. Dans ce cas pourquoi l’aurait-il faite intervenir après avoir tout planifié ? Quelque chose sonne faux.
- Oh, ce sont probablement les 3000 pièces d’or de ma récompense, qui ont conscience de ne plus être dans la bonne poche.
Nephgûl le regarda, comme frappé. Gonflé, le Bakou.
- Tu n’as pas tué l’empereur, tu n’as pas accompli ce que tu me devais, pour quel motif devrais-je te rétribuer ? Je crains que tu ne te fasses des illusions.
Et d’un geste, il héla un cerbère à la carrure imposante.
- Veuillez raccompagner ce jeune homme au dehors.
***
Les montagnes surprennent toujours par leur diversité ; on parvient à distinguer ça et là une crête, un col, quelque arête rocheuse en triangle, quelque hauteur ou corniche imposante, qui nous aidera ensuite à retrouver notre chemin. En théorie. Basfeth s’appliquait à ruminer le fait que cette constatation refusât obstinément de s’appliquer sur le terrain.
Au fait, que lui était-il arrivé, à ce bon Basfeth, depuis la dernière fois ?
En résumé, il avait patienté jusqu’à la fin des intempéries, quitté son refuge et marché droit devant lui, constamment, jusqu’au soir. Epuisé (car, mais doit-on le rappeler, il ne s’était pas assoupi une seconde depuis une trentaine d’heures), il finit par s’écrouler à même le sol, sur une pierre arrondie que son esprit éreinté prit pour une couche accueillante et confortable.
Eveillé quelques heures après par le lever du soleil, il avait continué sa route au gré des monts, contournant par ci, s’engageant par là, pour finir par atteindre des zones qu’ils n’avaient jamais explorées auparavant.
La faim le tenaillait à présent, fort logiquement au demeurant. Il se résolut donc à abandonner son stupide projet, et fit marche arrière vers le village. Seulement c’est long, deux jours de marche. Il avait eu le temps de s’éloigner bien plus qu’il ne l’aurait cru de la ligne droite qu’il s’était fixé comme point de repère. Et il allait en pâtir.
A bout de forces, assoiffé, il aurait sans doute trépassé au soir du troisième jour sans la cabane. Elle appartenait sans doute à quelque ermite, mais ça restait une habitation. Tel un phare, il se la tint pour objectif et, sans trop savoir comment, arriva à proximité de l’édifice.
En fait d’édifice, cette vieille cabane de bois, à moitié rongée par les termites, n’aurait pas détonné dans le jardin d’un vieux manoir abandonné. Mais elle était là. Et comme il la détaillait plus finement, sa condition physique le rattrapa et il chut sur le sol, évanoui.
Deux jours de plus s’étaient écoulés à son réveil. Il se trouvait à l’intérieur de la cabane, sur une paillasse d’aspect si déplorable qu’il en vint à se demander qui d’eux deux en avait le plus enduré. Il nota que puisque la faim l’avait quitté, quelqu’un avait dû le sustenter pendant son sommeil. Mais où se cachait le personnage en question ? Basfeth avait souvent entendu parler des ermites qui vivaient dans les montagnes, et peu de fois en bien. Pouvait-il vraiment faire confiance à cet anonyme individu ?
Il regretta ces pensées déplacées ; pourquoi quelqu’un de malintentionné l’aurait-il recueilli au-dehors, et soigné pendant un temps qui restait indéterminé pour lui ?
Alors, se rasseyant sur la paillasse, avec une moue indifférente, il attendit le retour de son hôte. Dans un endroit aussi désolé, il ne pouvait être allé bien loin.
17 gardes, 35 soldats et 2 cavaliers. Voilà tout ce que Baarg avait pu réunir autour de lui. Plus son porte-étendard, Kerudha, mais il ne comptait pas en bataille.
Le combat de rues avait totalement déstabilisé la belle armée de Shazaraad, aussi s’était-elle séparée, éparpillée, disloquée. Quelques factions armées, dépourvues de coordination, arrivaient encore à soutenir l’assaut en différents points plus ou moins stratégiques, mais leur nombre s’amenuisait à chaque minute.
Mais Baarg, à défaut de confiance, gardait un optimisme de circonstances ; ils avaient abattu un nombre conséquent de voleurs dans l’entreprise. Certes, un nombre inférieur de moitié à leurs propres pertes. Mais les statistiques ne désavantageaient pas trop le général, considérant l’infériorité numérique des ennemis. Il exhortait son groupe à rester mobile, arguant que trouver d’autres factions les renforcerait, et que s’enliser sur une seule position reviendrait à définir une cible de choix à leurs opposants.
Un groupe de ceux-ci venait, pour les commodités du récit, de déboucher innocemment en face d’eux. Baarg, enthousiaste, se précipita le premier et fendit le crâne d’un ennemi, avant même qu’il ne réalise que sortir son épée aurait pu avoir des conséquences bénéfiques. Les autres menèrent un semblant de résistance, qui fit illusion pendant les quelques instants qui les séparaient encore de leur mort. Sans même reprendre son souffle ou essuyer ses épées, le groupe continua son avance. La bataille n’était pas achevée, ailleurs, dans la cité.
Soudain, un des soldats tomba à genoux, percé d’une flèche. Chacun se glissa dans les ruelles adjacentes, sans venir en aide au malheureux, dont un deuxième projectile eut promptement raison. Mais ce tir trahit l’archer, dont Baarg, expérimenté, eut tôt fait de repérer la position. Il fit un large détour et se retrouva derrière la maison suspectée, défonça la porte sans préambules et passa le voleur par le fer.
- Suivant !
A petites foulées, le groupe déboucha sur une place carrée, au milieu de laquelle se trouvait un étal renversé, au milieu duquel gisait un soldat, au milieu duquel béait une blessure, dans laquelle trônait une lance de belle facture, gravée et diablement bien enfoncée (en plein milieu, en plus). Mais il n’y avait aucun adversaire alentours.
***
La ville de Shaztarath flamboyait dans le crépuscule, et une frêle fumée grisâtre s’échappait des différents foyers d’incendie de la ville. Une clameur insistante s’éleva des collines, au nord-est. L’armée de Jazareb, voyant que les choses se précipitaient, faisait les derniers préparatifs pour rentrer dans le conflit.
Le général en chef Thazzad était un homme confiant et capable, qui préférait la plupart du temps résoudre ses difficultés par les actes que par les palabres, se contentant de cette psychologie Valorienne (laissez tomber, private joke entre moi et moi). Aussi, après avoir sans peine estimé que le messager qu’il venait d’envoyer à Xioshun ne remplirait pas sa mission avant la fin des affrontements, il avait pris l’initiative de ranger l’armée en ligne de bataille, et de donner le signal d’assaut. Les fantassins déferlaient sur la prairie, avec une ardeur renforcée par les siècles de haine et d’attente qui avaient précédés le combat, houspillant leurs adversaires sans se préoccuper de questions triviales telles que la portée de voix. Les portes furent délogées de leurs gonds, les quidams des environs massacrés, les maisons pillées… Tout s’envenima. Une grande partie du nord de la ville fut ravagé, sans distinction entre le civil et le militaire.
Le capitaine Min tentait autant que possible d’oublier la cuisante humiliation causée par son inutile poursuite à travers les montagnes. Cette désastreuse aventure, qui s’était soldée par la mort d’un de ses hommes et la fuite de l’espion en compagnie d’un barbare, à travers la Forêt des Ombres, avait considérablement terni sa réputation. Dans l’optique de se racheter, il tailladait, étripait, massacrait avec entrain ce qui passait à sa portée. Et le porte-étendard qui se trouvait à présent devant lui, sur cette place, n’échappa pas à la règle.
Son escadron venait de rentrer en furieux pugilat contre une faction survivante de l’armée de Shazaraad, et la mort n’avait épargné aucun camp. Un adversaire, particulièrement – en qui Min aurait pu reconnaître aux deux lions enlacés qui se pavanaient sur sa cotte, s’il avait été instruit en ces choses, un chef assez haut placé –, se battait d’une manière qui n’aurait pas fait rougir un des vénérables félins qu’il arborait. Min faisait partie de ces gens qui avaient conscience de la notion d’honneur, sans toutefois voir un intérêt à prendre des risques pour la respecter. Aussi s’empara-t-il de la puissante lance qui traînait à l’intérieur d’un corps affalé sur un étal, et la lança dans le dos de l’ennemi, entre les côtes. La douleur lui fit abaisser son arme, laissant au capitaine une marge bien suffisante pour achever le travail.
C’est ainsi que, sans trop s’en rendre compte, Min tua le général en chef de l’armée du tyran, Baarg, ainsi que son porte-étendard. Cette faction pacifiée, le reste de la prise de Shaztarath ne représenta que formalité.
<***>
Et voilà, pas grand-chose d´autre à dire
Merci de m´avoir redonné la motivation.
La suite devrait être terminée dans moins longtemps que ce que m´a pris celui-ci.
Enjoy, si j´ose dire
Et les comms sont bienvenus.
Oui, oui, t´as raison de dire "enjoy", car on apprécie bcp ton texte en le lisant
J´espère donc que la suite arrivera bientôt, ce serait dommage de ne pas finir ce bô pavé ![]()
Sympa, drôle et rythmé. La fin approche-t-elle ou tout cela ne fait-il que commencer?