J´ai lu , toujours aussi bon ![]()
Pas de commentaires spécial a faire pour aujourd´hui ![]()
CHAPITRE XVIII
Seth paraissait figé. Son énorme torse boursouflé, à moitié recouvert de tentacules pourpres, avait cessé de palpiter.
- Rebecca.
- Seth !
L´enfant tourna la tête.
- A table ! annonça sa mère.
Seth soupira et lâcha sa manette.
A l´écran, la créature qu´il incarnait se remit à bouger.
Les yeux de Seth devinrent d´une blancheur éblouissante, les quelques nuances grisâtres subsistant dans cette neige animale avaient disparu.
- Il a perdu conscience ! rugit Wilde.
Il se baissa pour éviter un long tentacule. L´extrémité en pointe se planta dans le mur.
Ash tira trois coups de feu.
- Putain de monstre !
- Maman, mon personnage est en train de se faire tuer ! s´écria Seth.
- Je trouve ces jeux vidéos un peu violents, quand même.
- Sa barre de vie baisse !
Soudain, l´enfant ressentit une douleur à la poitrine.
- Aïe... qu´est- ce que... ? !
Il reporta son regard sur sa mère. Obèse mais gentille, elle souriait en lui servant ses pâtes.
La créature hurla.
Ash, pétrifié par ce cri d´enfant, lâcha son arme. Spike la rattrapa au vol.
- Comment faites-vous pour garder votre sang-froid, Williams ? demanda Wilde, qui tirait à ses côtés.
Spike Williams visa les yeux de Seth.
- Si je commence à m´énerver, je vais perdre le contrôle... et me transformer...
Détonation. L´un des globes oculaires blanchâtres devint noir, avant que le sang violacé de l´abomination qui avait été Seth ne submerge l´orbite.
Tout devint noir.
L´enfant ne voyait plus que d´un oeil.
- Seth, ton oeil ! s´écria sa mère.
" Est-ce la réalité ? La fiction ? Je ne comprends plus ! Je deviens fou, je le sens ! "
L´atrocité massive rugit et chargea Rebecca. Spike bondit et la poussa hors du chemin du monstrueux bolide. Il fut lui-même télescopé et projeté contre le mur.
La créature recula puis fonça à nouveau, de tout son poids, écrasant le jeune homme. La paroi fut aspergée de sang.
Spike gémit, sentant ses os se tordre. La souffrance l´envahit, et il ne fut plus capable de penser qu´à son ire, ce torrent de colère volcanique qui se déversait en son être comme de l´or fondu.
Ses vêtements se déchirèrent, sa bouche s´ouvrit sur des crocs argentés, effilés, qui ne demandaient qu´à déchiqueter la chair de son adversaire.
Seth le maintenait contre la paroi. Quatre tentacules filèrent, un à chaque poignet, un à chaque cheville. Spike était crucifié, ses membres s´allongeaient toujours. Le monstre prit du recul.
La mère de Seth se dissolvait. Le petit appartement crasseux n´était plus rien.
L´enfant volait dans le firmament. Il se vit grandir.
" Je ne suis plus un gosse ! "
La nuit se déchira, lui laissant apercevoir des éléments de son passé... et le présent, lui-même devenant une créature atroce qui combattait Ripper.
- Non !
Les griffes lacérèrent les appendices.
Ce n´était plus Spike Williams, mais Ripper, Ripper devenu aussi monstrueux que l´avait été son âme. La chose fit un bond de guépard et se plaqua au plafond. Seth gronda ; ses quatre tentacules tranchés fouettèrent l´air.
Il leva la gueule, son unique oeil blanc. Il circulait au plafond, son opposant, ses jambes et ses bras devenus trois fois plus longs, des pattes arachnéennes qui se déplaçaient avec agilité.
Ripper tomba, évitant de peu le tentacule qui venait de filer d´une patte de Seth. Wilde se plaqua au mur, voyant la chose toute en articulations et en griffes se relever, et plus loin, son adversaire enflé et répugnant avancer.
De l´autre côté, Rebecca et Ash assistaient au duel.
- On va tous mourir ! éclata Ash.
- Arrête d´être aussi défaitiste !
- Mais tu vois ça ! Ces deux trucs sont la mort ! La mort ! C´est notre destin personnifié par des mutants ! Nous aurions dû tuer Ripper pendant qu´il en était encore temps !
Elle lui administra un direct qui l´envoya dinguer contre la cloison.
- Arrête de glapir, grinça Rebecca. On s´en sortira tous vivants. Sauf toi, si tu continues à dire des trucs aussi immondes.
Seth se débattait dans l´obscurité. Il assistait au duel entre les deux monstres, impuissant.
- Je n´ai plus aucun contrôle sur moi !
" Peut-être parce que je ne le veux pas. Parce que je souhaite que Ripper meure. Qu´ils meurent tous."
" Non ! Je ne suis pas comme ça ! "
" Les vrais monstres sont parfois les monstres humains. Suis-je tellement meilleur que Nathaniel " No " Rodaring ou Spike " Ripper " Williams ? Eux, au moins, s´avouent leur folie."
- Quelle est ma démence ?
" Je ne sais plus rien, j´ai perdu le sens de la réalité. Voilà en quoi je suis fou. Assommer ce flic et tout ça... j´étais comme détaché de mes actions."
Non. Ce n´est pas possible.
- Comment tout cela a-t-il commencé ?
" Comment ai-je pu à ce point me séparer de ma propre existence ? "
1992.
Etats-Unis, Midwest.
Raccoon City.
Immeuble 382.
- Qui êtes-vous ? Que faites-vous chez moi ?
En entendant la voix de Maman, je relève la tête.
Des voix. Inconnues. Venant de l´entrée.
Je mets ma partie de " Metal Gear " en pause. Qu´est-ce qui se passe ?
J´avance à pas de loups. Les voix se font plus claires.
Hurlement.
Je cours. Maman, que se passe-t-il ?
Maman est aux prises avec un fou. Un ado, quatorze ans à peu près. Blond.
Mais qu´est-ce qu´ils foutent ?
Ils ne m´ont pas vu. J´étouffe mon hurlement. Je me prépare à bondir au secours de Maman, mais un autre homme est en travers du chemin. Il épluche une pomme.
- Je n´interviendrai pas, Ripper ! dit-il. C´est ton combat ! Si tu échoues, l´entraînement n´aura servi à rien !
Je pousse un cri silencieux en voyant Maman enfoncer un couteau dans le ventre du blond.
Et je fuis.
C´est lâche, mais je n´ai que onze ans ! Je ne veux pas mourir !
Je recule en silence, en silence.
Un quartier de pomme vole vers moi.
Instinctivement, je l´attrape.
Je vois le grand type, pas le blond, l´autre, qui tourne la tête vers moi, pendant que Maman et le méchant avec le couteau dans le ventre continuent à se battre. Il a les cheveux bouclés et une oreille en moins.
Il m´avait remarqué depuis tout à l´heure ! Mais je n´avais fait aucun bruit !
Il me sourit. Un grand sourire.
- Sale pétasse ! crie l´autre, aux prises avec Maman.
Je cours. Dans ma chambre. Je ferme la porte.
Pourquoi ne vient-il pas ? C´est un méchant, je le sais, comme dans les films.
- Allons, tu es mou, tu es mou !
S´adresse-t-il à moi ? Ou à l´autre blond ?
Je pleure.
D´autres cris derrière la porte.
Maman est morte. Je le sais.
J´ai été méchant. Je n´ai pas pu la sauver.
Je plante la lame une fois, deux fois, je laboure ce gros visage débile, le couteau tranche dans les chairs, trois fois, quatre fois, ça y est.
La victime ne réagit plus, je ne m´arrête pas, je me laisse emporter dans une symphonie écarlate, le fluide cramoisi jaillit à torrents des blessures, elle halète, elle est encore vivante. Je donne des coups de pieds, elle tombe sur le dos, je la démolis, je ressors le couteau resté dans son épaule, je me remets à labourer, jets de sang, qu´elle crève, la chair est couverte de sillons sombres, c´est un champ, je fais de sa peau un champ cultivé, où bientôt les asticots grouilleront comme des cultures démoniaques, le jardin du Diable, au paroxysme de la colère et de l´extase, je frappe, dernier coup, ultime attaque, de toutes mes forces.
Carotide tranchée. Les yeux révulsés, la femme ne laisse plus échapper de râles, elle est morte.
Elle est toute rouge, je suis tout rouge, c´est un bain de sang.
Rodaring termine sa pomme. Le dernier quartier a reçu plusieurs gouttes de sang. Il le croque, mâche, avale. Puis il me sourit.
- Elle a un enfant.
J´écarquille les yeux. Tout le plaisir du dénouement du meurtre m´est gâché par cette nouvelle.
- Quoi !
- Il nous a vus faire, poursuit Rodaring.
Il se délecte de ma stupeur, se tapote le ventre, satisfait de son petit en-cas.
- Arrête avec cet air apitoyé... Ripper.
- Je m´appelle Spike.
Rodaring cesse de sourire. Son visage est presque aussitôt convulsé par un rictus rageur.
- Tu t´appelles Ripper. Cesse d´avoir tant de sentiments. Un tueur n´a pas à s´apitoyer sur ses proies.
Il secoue la tête.
- Tu as encore beaucoup à apprendre, mon cher élève...
- Que fait-on pour le mioche ?
- Tue-le. Je n´en ai pas envie pour l´instant, j´ai égorgé une petite fille hier.
- Non, réponds-je.
- QUOI !
- Je ne le tuerai pas.
Je lève la tête, soutenant le regard de No.
" C´est ça qui m´a tant traumatisé ? "
Seth revint à la réalité.
Il était un monstre, il tenait Rebecca tandis que Ripper, devenu une créature arachnéenne, s´acharnait sur lui...
Il allait briser la nuque de Rebecca.
- Non ! Non !
Seth essaya de reprendre le contrôle. Il ne voulait pas la tuer, il voulait l´aimer, Rebecca, Rebecca...
- Crève !
Il vit Ash, lui jetant quelque chose à la tête. L´objet arriva au niveau de son oeil unique.
Son esprit accablé trouva le terme qui définissait cette sphère métallique.
" Grenade."
L´explosion rejeta Ripper contre le mur. Inconscient, il commença à émettre des craquements. En quelques instants, il avait repris forme humaine.
Ash se précipita au secours de Rebecca.
- On l´a eu, lui dit Wilde.
- Pas sûr.
L´abominable masse hérissée de tentacules et de divers appendices était décapitée.
La cavité rouge à la base du cou bouillonna...
Une nouvelle tête émergea. Tout à fait humaine. Le visage de Seth.
Les yeux fermés, ce faciès ouvrit la bouche pour pousser un gémissement. L´énorme bête se retourna et sortit hors de la pièce, titubante, ahanante.
Et non loin de là, Rodaring et Annette l´entendirent arriver.
Aujourd´hui, bien que n´étant pas fan de Resident Evil, j´ai lu votre Fanfic´ d´une traite. Eh, que dire ? Cette fic´ est superbe, le style est excellent, le scénario prenant...
Félicitations pour ce beau travail...j´espère avoir bientôt la suite à me mettre sous la dent ![]()
Et si tu me permets une remarque, DragonNoir, vote texte est sûrement peu lu à cause de sa longueur...je rencontre le même problème avec le mien ![]()
Hélas, je ne saurais que m´incliner devant ce raisonnement. Plus de deux pages, ça épuise... les ovins.
tututut... ils lisent des pavés dans le genre d´Harry Potter ! Peu lu parce que univers pas apprécié ou méconnu ( aller savoir pourquoi, Resident Evil, ça rebute...)
Dans le genre d´univers procrits des lecteurs, y´a aussi Dino Crisis... Mis à part X1 et moi, je connais pas vraiment d´amateurs pour ce genre de fics...
CHAPITRE XIX
- Tiens... si ce n´est pas ce cher petit qui fuyait tout à l´heure...
Rodaring fit craquer ses muscles.
Annette mit en joue la créature qui titubait, énorme et apathique.
- Ces altérations ne sont pas dues au Précursor, au T ou au G, remarqua-t-elle.
- Je crois que nous venons de trouver notre voleur.
Rodaring arracha le pistolet des mains d´Annette.
- Vous permettez ?
Il chargea. Annette eut le temps de voir le tentacule qui passa là où était le dos de Rodaring quelques instants auparavant.
Face au psychopathe qui courait, la bête s´était redressée.
" C´est un ennemi, un ennemi.
- Je ne veux tuer personne !
Ah oui ? Il faut te battre. Et gagner.
Il ne te fera pas de cadeau."
Submergé par la folie de la bataille, Rodaring sentait sa vitesse s´accroître. Il ne prenait pas garde aux calories qu´il dépensait alors qu´il esquivait les coups à un rythme surhumain.
Son adversaire avait un défaut, sa masse. Ses bras bougeaient vite ; pas assez. Il était également gêné par ses blessures et ses hésitations. Rodaring filait autour de lui, virevoltait, tirait des coups de feu comme on pique un taureau dans l´arène.
- Tu m´as volé mon rêve, le but d´une existence.
La dernière rafale de tirs fit exploser l´un des tuyaux qui couraient sur le torse du monstre.
- Ce n´est pas la première fois que ça m´arrive, tu sais. Ces temps-ci, j´accumule les bourdes.
Le pistolet vide chut en un tintement.
Seth tenta de saisir Rodaring, il ne fit que brasser de l´air de ses pattes griffues. L´ennemi était déjà derrière lui, tailladant son dos au scalpel, mettant sa chair en charpie.
- J´ai même laissé fuir la petite brune. C´est fini, pour de bon.
Seth hurla, ne comprenant pas comment le combat pouvait tourner aussi vite à son désavantage. Rodaring semblait être partout à la fois, démultiplié. Son sourire carnassier l´entourait.
- Quand tu auras goûté à l´amertume du trépas, c´est Rebecca que j´irai tuer. Mes proies n´ont pas à m´échapper.
" Rebecca."
Le bras de Rodaring recula pour une finition magistrale, un mouvement qui sectionnerait ce qui tenait lieu de carotides à l´abomination...
La patte de Seth fusa, envoyant le tueur droit dans les bras d´Annette.
- Rebecca. Rebecca.
- Bien, cracha Rodaring, une ligne écarlate sur le menton. Tu te bats enfin pour de bon.
Annette le lâcha et s´enfuit, Seth se précipitant sur Rodaring, une bave verdâtre à la bouche, bouche qui devenait gueule tandis que son visage se distendait, se transformait.
Rodaring n´était plus là. Mais à ses côtés.
Seth para une attaque horizontale, le scalpel destiné à une artère ne fit que labourer son avant-bras. Il riposta, le tueur bloqua son coup en envoyant son pied...
Gémissement.
Les regards des opposants se tournèrent vers le nouvel arrivant, qui venait d´envoyer Annette Birkin contre une paroi.
Silhouette boursouflée, sanglée dans les restes d´une blouse de laboratoire, dont la peau pustuleuse luisait tandis que le colosse avançait.
Quatre bras rouges, deux tentacules, une tête serpentine dans le prolongement de la colonne vertébrale.
- Un nouvel invité, fit Rodaring. Bienvenue... vous avez enfin réglé cette querelle de ménage, mon cher William ?
L´énorme créature sanguinolente, feu William Birkin, s´approcha dangereusement de Rodaring et de Seth affaibli par son combat contre le scientifique fou. Un des bras dorsaux du monstre tenta de rayer No de la surface du globe mais échoua, l´agilité de la cible lui ayant permis d´éviter ce coup.
- Je crois que vous avez des choses à vous dire, messieurs les mutants ! Puissions-nous nous revoir sous des cieux plus favorables.
Rodaring s´esquiva.
Le titan rouge grogna.
Seth ne bougeait plus. Il n´en avait plus la volonté, ni la force, pas même l´instinct de survie. Il voulait mourir. Il était devenu un monstre, que Rebecca ne voulait pas. Plus aucune raison de vivre, pensait-il. Il resta là, planté sur les deux troncs d´arbres qui lui servaient de jambes, attendant la Faucheuse qui allait l´emmener en Enfer.
Le quadripode qu´était Birkin s´approcha à pas lourds de sa victime, lui décocha un formidable coup de griffe qui le fit valdinguer à l´autre bout de la pièce.
" Le prochain m´achèvera..."
Le voeu de Seth ne fut pas exaucé. William lui prit la tête, mais au lieu de la fracasser contre la paroi ou encore lui briser la nuque, lui enfonça une larve dans la gorge. L´abomination avait compris que Seth était compatible avec son code génétique et tentait de se perpétuer à travers lui.
Il sentit la chose glisser dans son thorax comme un crabe dépourvu de carapace, accompagnée d´une substance infecte. Il tenta de vomir, sans succès.
La larve déploya ses griffes et Seth sentit mille épingles fouetter ses entrailles.
Le titan rouge, lui, recula. Le globe oculaire énorme qui avait surgi sur son épaule cilla. De l´autre côté de son être s´ouvrit un autre oeil semblable.
Puis il partit.
Mais un évènement que ni le géniteur ni l´infecté n´avait prévu arriva.
Sous l´effet de la toxine du virus-G que la larve produisait pour coloniser l´organisme hôte, le virus expérimental de No, qui avait transformé le jeune homme en bête de guerre, se détruisit de lui-même. Le mal battu par un autre mal avait finalement réussi à détruire les deux virus.
Et alors que Birkin s´en allait traquer une autre victime, Seth perdit un a un ses tentacules. Ses muscles parurent se rétracter.
J´ouvre les yeux.
Je me sens... vidé.
Ma respiration est bien bruyante. Ma perception des choses s´est modifiée... les bribes de souvenirs que je tentais vainement de retenir me reviennent d´eux-mêmes.
Quelques lambeaux de mes anciens vêtements pendent sur ma peau. Elle a un teint normal.
Que m´arrive-t-il ? Je suis... comme avant ?
Je me relève et je m´examine sous tous les angles. Je suis identique à l´ado que j´étais avant ce cauchemar.
Quelque chose me brûle la gorge. Je recrache... c´est une saleté de crabe !
J´écrase l´horreur palpitante.
C´est... une deuxième chance qui s´offre à moi. Il ne faut pas que je la gâche. Rebecca.
Alors que je songe à ce fruit autrefois défendu, la femme en blouse blanche tousse :
- Aaah... aidez-moi...
Je m´approche d´elle. Une ligne de sang coule sur sa tempe et ses cheveux blonds se mêlent d´un noir rougeoyant. J´espère qu´elle n´a rien de... pas le crâne fracassé ou...
- Vous allez bien ?
Je la soutiens et je palpe sa tête. Pas de grosse brèche. C´est déjà ça.
- . .. ne sais pas, fait-elle.
- Qui êtes-vous ?
- Je suis... Annette... Birkin. Annette Birkin, oui, c´est ça. Mais d´où venez-vous ? Je ne vous avais pas vu avant que mon... mari...
- J´étais le monstre contre qui se battait ce psychopathe aux cheveux bouclés. Seth.
- Co... comment ? Mais...
- Je n´en sais pas plus que vous. Venez, vous avez besoin d´aide et de repos. Il y a une salle de soin.
- Non. Pas la salle 003.
Je secoue la tête. Pourquoi ne veut-elle pas aller dans cette pièce ? Mais peut-être que si l´idée m´est si facilement venue à l´esprit, c´est parce que c´est là que j´ai embrassé Rebecca.
- La pharmacie de l´hôpital, alors, dis-je.
Je soutiens Annette comme une alcoolique et nous nous mettons à cheminer. Pas de traces de No ni de Birkin. L´endroit semble désert.
Je m´allongeai sur la table d´examen pendant que Seth cherchait des bandages et des antalgiques pour mon front.
Je l´observai. Tout innocent, garçon modèle qui venait en aide à une femme en détresse. Alors qu´il n´y avait qu´un instant, c´était un véritable monstre, qui aurait pu démembrer un à un les appendices de William.
Mon esprit analytique reprit le dessus. Comment avait-il pu retourner à l´état humain ? Etait-ce parce qu´il s´était battu avec William ? Je n´en savais pas plus, étant étourdie au moment des faits.
Il fallait que je le lui demande.
- Dites-moi, Seth, que s´est-il passé pour que vous changiez ?
Le jeune homme cessa de fouiller et sortit un bandage qu´il me lança.
- Vous voulez dire... comment je suis redevenu normal ?
- Oui.
- Eh bien, pour être honnête, je ne voulais plus vivre, je pensais que cette créature arriverait à me tuer sans problème. Mais à la place, elle m´a fait avaler quelque chose, un truc indépendant.
Je me redressai. Les effets prévus du Virus-G. William perpétuait ce qui lui tenait lieu d´espèce.
- Comme une sorte de parasite ? demandai-je.
- Mouais, on peut dire ça comme ça. Je l´ai recraché quand je me suis retrouvé sous cette forme... forme humaine...
Seth haussa les épaules et repartit fouiller dans les placards de la pharmacie.
J´avais commencé les supputations à la vitesse d´un accélérateur de particules. C´était tout simple. Le Virus-T et le Virus-G étaient prévus pour associer leurs effets. De fait, ils étaient très proches. Le Virus-G n´était qu´une version améliorée - avec entre autres un potentiel d´infection qui passait de 70% à 98% et une dégradation cellulaire inversée pour aboutir à une régénération de l´organisme contaminé - de son prédécesseur. Mais le Virus-NO ? Qui connaissait la structure de cette merveille ? Il devait être très éloigné du Virus-G, n´y étant associé que par la souche Precursor mise au point à partir des sangsues de Marcus.
Les deux virus s´entre-dévoraient.
J´avais de quoi sauver William avec ma nouvelle découverte.
Je fus tirée de mes pensées par des bruits de pas se rapprochant de la porte.
- Hé, y´a quelqu´un qui se ramène, observa Seth.
Je sortis mon Beretta. Je le gardais toujours sur moi pour les cas extrêmes.
- Il faut nous protéger, dis-je. Vite, prenez ça !
Je lançai l´arme à l´adolescent. Il l´attrapa au vol et pointa le canon vers la porte.
- Seth, on n´a qu´un chargeur.
L´être s´arrêta devant la pharmacie. J´eus des sueurs froides en entendant la poignée grincer.
Un homme entra dans la pénombre. Il ne nous remarqua pas du premier coup et ferma la porte. Quand il se retourna, il eut la frousse de sa vie.
- Aaaah ! Qui êtes-v...
Il stoppa net sa phrase en me fixant.
- Madame Birkin ?
Surprise, je m´avançai pour mieux dévisager le nouvel arrivant.
- Je te connais, toi ! s´écria Seth.
En prenant connaissance de l´identité de cet individu, j´ouvris de grands yeux.
- Vous êtes toujours en vie, Dietrich ?
- Je suis un soldat d´élite, m...
Ralph Dietrich n´eut pas le temps de finir son éloge et s´écroula à terre. Le poing de Seth resta dressé.
- Ca, c´est pour m´avoir tiré dessus ! lança l´adolescent.
DragonNoir Posté le 19 juin 2005 à 19:31:10
Hélas, je ne saurais que m´incliner devant ce raisonnement. Plus de deux pages, ça épuise... les ovins.
~> Ce n´est pas un raisonnement que j´approuve, c´est un fait
Compare donc les fics courtes ( nouvelles) et longues, dans la plupart des cas, pour des fics d´un bon niveau, la courte aura plus de lecteurs...Ce qui n´empêche pas la longue de pouvoir être meilleure...
el_gladiator Posté le 19 juin 2005 à 19:32:48
tututut... ils lisent des pavés dans le genre d´Harry Potter ! Peu lu parce que univers pas apprécié ou méconnu ( aller savoir pourquoi, Resident Evil, ça rebute...)
~> Peu de lecteurs, pour mes énormes pavés HP ![]()
Peut-être devrai-je les republier sous forme de feuilleton ? Mais là, c´est HS par rapport au topic...
Pvt_Rammstein Posté le 19 juin 2005 à 20:00:52
Dans le genre d´univers procrits des lecteurs, y´a aussi Dino Crisis... Mis à part X1 et moi, je connais pas vraiment d´amateurs pour ce genre de fics...
~> J´avoue que je ne connais pas du tout Dino Crisis...
Sinon, j´en oubliais de commenter la suite : toujours prenant à lire
Je me demande comment tout ça va finir...
Au fait, vous avez déjà tout écrit, ou vous écrivez encore ?
Le récit est achevé, et la publication en a déjà été complète sur d´autres forums. Il trouve une seconde jeunesse avec cette sortie sur JEUXVIDEO.com assortie d´une correction.
Pvt_Rammstein
Posté le 19 juin 2005 à 20:00:52 Avertir un administrateur à propos de ce message !
Dans le genre d´univers procrits des lecteurs, y´a aussi Dino Crisis... Mis à part X1 et moi, je connais pas vraiment d´amateurs pour ce genre de fics...
*lève le doigt*
DragonNoir ~> Ok ![]()
Bon, eh bien, j´attends la suite avec impatience ![]()
En vous souhaitant une plus grande affluence de lecteurs... ^^
CHAPITRE XX
Le coup de fusil à pompe acheva le mastodonte. Il s´effondra, emplissant le corridor de sa masse putride. Ses appendices se crispèrent.
- Merci, Jill, fit Brad, essoufflé.
- Pas de quoi. Allez. On doit rejoindre les autres.
Jill Valentine se mit à courir.
- Brad, il faut mieux décamper avant que ce machin rouge ne se réveille une fois de plus.
Ils s´éloignèrent de la créature. Elle ne méritait plus qu´on se souvienne qu´elle ait un jour porté le nom de William Birkin.
- Alex.
Ash Tumber se tourna vers Oscar Wilde.
- Tu penses encore à Krimp ?
- Ash... Alex est tombé dans les flammes de cet Enfer.
Wilde secoua la tête.
- Bon sang, dit-il. Qu´allons-nous devenir ?
Ash désigna Rebecca qui tentait de réveiller Spike.
- Les choses semblent s´arranger, Wilde, non ? On en sortira.
" J´espère juste que Ripper est clamsé", ajouta-t-il en son for intérieur.
- Quand je pense à tous ceux qui sont morts en chemin, murmura Wilde. David Shown, Chloé Marco. Joseph Angel. Teddy Jerricho, oh, mon Dieu, Teddy. Barry. Ce bon vieux Barry Burton. Barry est mort pour de bon. Et... Alex...
Ash le prit par l´épaule.
- Penser aux morts ne changera rien. On doit éviter de partager leur sort.
- Spike ! Spike !
J´ouvre les yeux. Rebecca. Pourquoi elle pleure ? J´suis vivant.
Je me rappelle que je me suis changé en monstre. Quel con.
- Je t´ai fait peur ? lui demande-je.
- Ca va, dit-elle. Je suis heureuse.
Je m´assieds, songeant un instant qu´on est en train de produire un mauvais sitcom et qu´y manque que la musique des " Feux de l´Amour " , puis je relègue ces considérations très loin de mes préoccupations, parce que j´en ai rien à foutre. Je cesse de réfléchir et je fais ce qu´il faut faire. Je prends Rebecca dans mes bras.
On frappe à la porte.
Putain.
Je tourne la tête. Wilde est déjà allé ouvrir. Mes muscles se crispent.
- On est humains ! On est humains ! hurle quelqu´un.
Ils entrent.
Dietrich et Annette s´engouffrèrent dans la pièce.
- Les brebis égarées reviennent, dirait-on ! lança Wilde, sarcastique.
Puis il aperçut Seth. Alors qu´il vacillait, bientôt imité par ses compagnons, l´adolescent détourna le regard.
- Pardon pour tout ce que j´ai fait... souffla-t-il. J´ai été libéré du virus, je ne sais comment.
- On va se trimballer un autre berserker, dit Ash. Manquait plus que ça.
- Toi aussi, tu te transformes quand tu es en colère ? s´enquit Wilde.
Seth secoua la tête.
- Pas que je sache. Et je ne veux plus jamais revivre ça.
Ash tourna nonchalamment les yeux vers le fond de la pièce et son regard s´enflamma. A son tour, Seth vit Spike et Rebecca enlacés.
Rebecca ressentit une impression de perte. Un instant, elle aperçut l´éclat blanc des dents serrées de Seth, le rictus d´Ash. Puis le premier abaissa les épaules et le second ouvrit les mains.
- Becky, écarte-toi de Ripper, fit Ash. Il est dangereux. Très dangereux.
- Tu préférerais qu´elle se jette dans tes bras à toi, hein ? répliqua Spike.
- Toi, le mutant, la ferme !
Sur ce, la porte claqua à nouveau. C´était Jill et Brad. Ils assistèrent à l´échange de politesses, médusés.
- Ta gueule !
- Becky n´a rien à foutre avec toi !
Seth restait coi tandis qu´Ash et Spike se déchaînaient, sans doute pour évacuer tout le stress accumulé ces derniers temps.
- Tu t´imagines qu´un minet de New York peut lui amener quoi que ce soit ? Retourne au lycée, crétin !
- Je vaux mieux qu´un monstre sanguinaire déguisé en humain !
Jill cligna des yeux à l´intention de Wilde et flanqua une grande claque en pleine face de Spike, tandis que l´autre policier se chargeait de baffer Ash.
- Quand vous aurez fini votre combat de coqs, vous daignerez peut-être vous préoccuper de l´élue de votre coeur ? siffla Seth, désignant Rebecca qui avait fermé les yeux et se bouchait les oreilles.
- Assez ! cria Jill, à bout de nerfs.
Elle leva le canon de son fusil à pompe.
- Soit vous cessez de vous engueuler, soit je vous abats tous. Toutes les saletés du coin vont rappliquer en vous entendant. De plus, on a autre chose à faire. Nous avons consacré bien assez de temps à notre survie. C´est l´heure de la retraite.
- Ah ? fit Dietrich. Que suggérez-vous ? Qu´on monte dans le tram direct pour les Enfers ?
- En cherchant Brad, j´ai trouvé un plan de l´hôpital.
Jill tira l´objet de sa poche. Elle étala la carte sur le bureau.
- Ici, la pièce où nous sommes - tiens, c´était une salle de réunion ? Elle ressemble à tout sauf à ça... bref, là, le corridor où j´ai réussi à débusquer Vickers. La chose rouge...
- William Birkin, coupa Annette.
- D´accord, ce William... il est apparu là. Il semble rôder partout, défoncer les plafonds, les murs et les planchers en quête de nouvelles victimes. On a beau le buter, il revient à chaque fois. Sur mon chemin, j´ai aussi constaté que les conduits d´aération sont envahis par des espèces de plantes carnivores anthropoïdes. Inutile de songer à s´en aller par là, on n´aura pas assez de munitions pour descendre toutes les fleurs. Je tiens aussi à dire que j´ai trucidé William dans le coin...
Jill sortit un stylo et barra le secteur de la carte.
- S´il s´est réveillé, nous devons contourner toute cette partie du troisième étage - l´étage entier serait l´idéal, mais on passera forcément sur le troisième palier des escaliers en descendant vers le sous-sol - afin d´éviter une mort longue et douloureuse.
- Question, dit Spike. Pourquoi on doit aller en bas ?
- J´allais y venir, fit Jill. C´est notre objectif et notre porte de sortie. Les canalisations là-bas sont assez grandes pour que des gens puissent les emprunter. Nous allons rejoindre les égouts. Ca ne peut pas être pire qu´ici.
Seth secoua la tête.
- C´est ça, votre plan, Jill ? Aller nous terrer dans les souterrains ? En admettant qu´ils ne soient pas devenus le refuge principal des monstres, ça ne nous fera pas échapper à l´attaque nucléaire que le gouvernement déclenchera tôt ou tard pour protéger les Etats-Unis de la chienlit putréfiée de Raccoon City.
- On n´y restera pas. Ca ne se voit pas sur le plan, mais après quelques kilomètres, ces égouts débouchent loin de la ville, dans Rodent River. Nous n´avons qu´à nous laisser emporter au gré de l´eau.
Elle croisa les bras.
- Très bien. Quelqu´un n´est-il pas d´accord avec ce plan ?
- Je marche, annonça Wilde.
- C´est sombre, mais on a pas le choix, soupira Brad.
- Aucun problème, dit Spike en opinant.
- Tout gaze, se permit Dietrich.
- On s´en sortira, après tout, murmura Ash.
- En route pour les égouts, lâcha Rebecca.
- Pourquoi pas... fit Seth.
- Je refuse.
La dernière phrase était du fait d´Annette Birkin.
- Mon mari erre encore dans cet hôpital. J´ai une chance de le sauver.
- A l´heure qu´il est, votre époux doit être mort, répondit Jill.
- Non. Je suis Annette Birkin... et la chose que vous avez terrassée tout à l´heure est mon époux, William Birkin.
Elle déglutit.
- C´est à cause d´Umbrella. Cette fichue multinationale. Ils ont essayé de lui voler son travail, car il voulait le leur vendre - il avait monté une combine avec le commissaire Irons pour acquérir une certaine indépendance. En définitive, William s´est injecté le Virus-G. Et voilà ce qu´il est devenu.
- Votre époux doit être mort, répéta Jill. Ces créatures perdent tout sentiment humain.
- Je sais ! rétorqua Annette. Je sais ! Mais William peut revivre.
Elle désigna Seth.
- Et c´est lui qui en est la preuve. Il a repris forme humaine, me rendant un peu d´espoir.
- La nature polyvalente de ces virus doit permettre un retour à l´état d´origine, dit Spike. C´est ce qui m´est arrivé.
- Je n´avais pas remarqué que les zombies pouvaient guérir, railla Wilde.
- C´est un état peu enviable, confirma Annette. Les zombies, victimes du Virus-T, sont précipités dans un état de dégradation par l´absence de régénération de leur corps et une grave hémophilie. Leurs tissus cérébraux atteints, ils succombent aux bas instincts et leur perte de calories les pousse à chercher de la nourriture n´importe où. Mais quelqu´un atteint par le Virus-G ne deviendra pas ainsi. Il rend la vie aux cellules mortes. Le corps se répare et... évolue. De manière anarchique. En tentant d´infecter les autres organismes. C´est la plus parfaite des armes biologiques. Impossible de l´anéantir, le Virus-G ne cessant de régénérer les tissus détruits.
Spike secoua la tête.
- Et alors, prof ? Qu´est-ce que ça change à notre problème ?
- Le Virus-T et le Virus-G proviennent de la même source, bien que leurs effets soient radicalement différents. Cependant... alors que les dégâts produits par le Virus-T sont irréversibles, ceux du Virus-G... je pensais qu´ils étaient définitifs. Je le pensais.
Les yeux d´Annette se mirent à briller.
- Tout ce que j´ai à faire, c´est de retrouver la salle de soin 003. Tout le matériel de Rodaring est là-bas. Il doit y avoir des bases proches de la phase de maturation qui aboutit au Virus-NO !
- Et si Rodaring est là ? fit Dietrich. En train de travailler sur l´une des surprises dont il a le secret ?
- Dans ce cas, je le tuerai. On abat bien les chiens féroces. Vous croyez qu´il est assez rapide pour éviter la chevrotine ?
Jill fit claquer la crosse de son fusil à pompe et le braqua sur Annette.
- Suggestion refusée, madame Birkin. Votre projet n´est pas hasardeux, mais suicidaire. On vous sauvera, que vous le vouliez ou non.
La scientifique sortit son arme. Mais Spike fut plus rapide. D´un coup de poing en plein visage, il envoya le crâne à la blonde coiffure rebondir contre une cloison. Annette s´affaissa, yeux fermés.
- C´est ton jour, ma jolie, constata Seth.
Tout ce gâchis va être réparé. La salle de soin 003 pouvait encore servir. Ô mon laboratoire adoré, tu as pu m´être utile une dernière fois avant ta destruction. Mais quand les missiles s´abattront pour te réduire à moins que des cendres, je serai loin. Grâce à toi.
Je sors l´éprouvette de la centrifugeuse. Avec un plaisir non dissimulé, j´y appose l´étiquette " NO " .
Je dois quitter cette pièce. Trop vulnérable. Les odeurs d´Annette, de Seth, de Rebecca et de Ripper y flottent. J´ai laissé Annette à la merci de Seth et de William, assommée contre un mur - ses chances de survie sont proches du néant. Mais les trois autres visiteurs de mon jardin secret son encore en vie et ils pourraient survenir n´importe quand. J´ai déjà pris de grands risques pour produire cette nouvelle dose, après avoir corrigé les dernières lacunes du Virus-NO - je croyais ne pas parvenir à éliminer les tares de la version précédente, telles que l´influence sur le mental du sujet, avant un mois, mais j´y suis arrivé en trois heures, preuve que le danger stimule - , je ne resterai pas davantage.
Je range le Virus-NO et une seringue dans une boîte qui tient de l´étui à lunettes métallique et d´une longueur anormale. Facile à dissimuler sous mes vêtements.
Je ne peux me l´injecter tout de suite. La solution n´est pas arrivée à maturité. Et pour les raisons précédemment énoncées, je ne peux pas rester là.
Je place la boîte dans une poche de ma chemise, j´ôte le verrou et je repars dans ce vaste et labyrinthique hôpital. J´ai une petite envie de chasse à l´homme, mais William Birkin rôde dans la zone. Mieux vaudrait m´assagir temporairement plutôt que de parcourir les moindres recoins du bâtiment.
First !
Une fic sur RE me donnait pas trop envie au départ mais finalement c´est vachement réussit
Bah je me doute bien que t´attend pas de conseil donc je vais me contenter de te donner mon avis : super ! Personellement les longues fics ne me rébute pas, c´est même un plaisir, tant que c´est bien écrit ![]()
Second !
Ni le scénario, ni le style ne se dégradent au fil des suites. Je suis toujours impatient d´avoir la prochaine ![]()
Je crois avoir épuisé ma source de critiques positives ![]()
Vivement la suite ![]()
On s´y croirait, et c´est bien là l´énorme avantage de cette fic. Cependant, le fait que les héros ne flippent jamais devant les zombis nous empêche nous aussi de flipper [hormis le passage ou William fout la larve dans la bouche de sa femme : erk! bien gore, bien flippant]. C´est surement le but des auteurs, mais je ne sais pas si ça va bien avec l´univers de RE… J´ai jamais joué au jeu, donc je peut pas trop juger.
Au début, ils avaient peur : je te renvoie notamment au passage précédant l´hôpital, où c´est la terreur et la panique, et où les policiers se font copieusement décimer avant que Ripper n´interviennent.
Les jeux " Resident Evil" suivent sensiblement la même logique de progression : à l´issue d´une aventure, quel joueur se soucie encore des morts-vivants qui traînent ? Quelques balles ou une grenade et adieu les macchabées.
D´ailleurs, un passage du dernier chapitre est une référence directe à cette " professionnalisation" des protagonistes :
" - Rien de plus coriace ? ricana Jill. On voit bien qu´on approche de la fin, c´est tout juste si ces machins font preuve d´un semblant de résistance !
-Vous vous améliorez au tir et vous pissez pas dans vos frocs, c´est tout, répliqua Spike. Confiance en vous et précision. Ne soyez pas trop présomptueux ou vous perdrez la tête, au sens propre."
Merci pour tous les commentaires, ils nous font chaud au coeur.
Toujours aussi bien, j´ai particulièrement bien aimé le dernier chapitre, beaucoup d´action, l´humour ironique des protagonistes aussi ^^, le tout toujours aussi bien décrit, ca fait plaisir a lire
Bon allez, 1h30, 2h c´est en général l´heure des nouveaux chapitres ![]()
Ils font quoi ? ^^
CHAPITRE XXII
- Elle n´est pas en forme.
Oscar Wilde envoya une grande claque à Annette ; elle resta inerte.
- Rien à faire. Peut-être dans le coma.
Il se tourna vers Jill. Penchée sur l´eau, elle fixait les profondeurs polluées avec insistance.
- Combien de temps avant la sortie ?
La jeune femme s´éloigna du bord du radeau.
- Demande à notre Charon.
Oscar aborda Spike Williams.
- T´as entendu ma question, fit-il.
- On a passé le périmètre de Raccoon City, Wilde.
Comme pour appuyer le propos de Spike, l´obscurité fit place au bleu marine. Leur radeau de fortune, constitué d´un assemblage de canalisations légères et obstruées pour retenir de l´air, sortait du tunnel des égouts. Disparition des ténèbres nauséabondes au profit de la voûte céleste.
Après un soubresaut, l´embarcation se rétablit. Elle fila le long du fleuve.
- Laissons-nous entraîner par le courant, préconisa Brad. Cet affluent de Rodent River nous éloigne de Raccoon.
Rebecca et Seth rejoignirent Spike. Le jeune homme scrutait à l´aide d´une lampe torche les moindres détails de la carte.
- On a bientôt une occasion de débarquer, leur révéla Spike. Une station d´épuration de l´eau.
- Celle qui est contiguë au parc de Raccoon ? s´enquit Rebecca.
- Oui. C´est en bordure de Raccoon City. On n´y sera pas à l´abri. On va devoir aller vite. Sortir de l´usine, mais pas du côté urbain. Ensuite, on est près de l´orée de Raccoon Forest, mais pas trop - et surtout loin des sauvages monts Arklay. Trouvons un véhicule, ou au pire, marchons.
Le radeau portant les huit rescapés rejoignit l´ombre d´un barrage. Fixant avec appréhension les rives herbeuses du fleuve, l´équipe fit dériver l´esquif vers une échelle métallique.
- Partout. Ils sont partout.
Dietrich gratta la peinture du symbole circulaire. Le parasol rouge et blanc d´Umbrella Corporation apparaissait sur les plaques de fer verdâtre qui recouvraient les parois.
- Jill ! Je n´y crois pas... votre ville était entièrement dominée par cette multinationale ?
Dietrich secoua la tête, reprit :
- Et vous ne vous inquiétiez pas ?
- Pots de vins, corruption, propagande publicitaire, répondit Brad. Que pouvait-on faire ? Les conglomérats ont tout pouvoir de nos jours, Dietrich.
- Estimons-nous heureux que les monstres n´aient pas envahi cette usine, fit Seth. Allons. Nous devons trouver la sortie.
Un grand bruit les fit sursauter.
Ils se mirent à courir vers son origine.
La plate-forme métallique était établie au sommet de l´usine. Une série de câbles partait d´un pylône au centre de ce support. Elle avait manifestement amené le téléphérique à présent encastré dans un renfoncement de la plate-forme.
Spike changea l´une de ses mains en patte griffue en approchant du véhicule.
- Qui est là ?
Il bondit sur la porte du téléphérique, puis secoua la tête. Il avait escompté quelque sordide surprise. Or l´habitacle était vide.
- C´était trop calme depuis un moment, grogna Wilde. Ca sent l´embrouille.
- Quoi que soit l´humain ou la chose qui est arrivée avec ce téléphérique... elle est allée plus vite que nous, dit Jill. Je pense que nous avons presque croisé l´intrus en question. Si nous avions rejoint cette plate-forme plus vite, nous l´aurions rencontré dans l´une des pièces que nous venons de traverser.
- Mais il s´est perdu dans l´usine de traitement de déchets, conclut Wilde. Prudence, donc.
Jill écarta Spike et s´engagea dans le téléphérique. Des fenêtres de l´engin, elle voyait un pont artisanal en cordes et en branches en contrebas. Il conduisait au parc de Raccoon.
C´était donc la direction de la ville. Quelque chose venait de les rejoindre de Raccoon City. Peut-être une créature qu´ils avaient déjà croisé.
- On a un délégué de l´Enfer...
Brad la rejoignit. Il opina sans mot dire et désigna les câbles du téléphérique qui disparaissaient entre les immeubles au loin.
L´habitacle vibra. Jill jura et se dirigea vers la sortie. Le téléphérique se dégagea de la plate-forme et se balança en l´air.
Elle sauta.
Dans l´air, elle pensa à son existence. La brièveté de sa vie l´effara. Naissance, enfance passée à chaparder des bibelots. Disparition de sa mère qu´elle avait peu connu. Puis son père, voleur au casier judiciaire bien rempli, s´éloignait lui aussi d´elle. Après quelques pérégrinations, la jeune fille entrait dans l´unité paramilitaire de la police de Raccoon City : les S.T.A.R.S.
Jill Valentine sentait le vent l´envelopper. Le gouffre défilait sous ses pieds.
Elle retomba sur la plate-forme.
Le bond lui avait paru durer une éternité.
Elle avait réussi.
Jill s´écarta de son point de chute et se retourna vers le téléphérique.
- Brad ! Sors ! Cet engin repart ! Brad !
- Je le déclare... condamné.
La voix sardonique la fit sursauter. Elle la connaissait bien. Trop bien.
Jill rejoignit Seth, Spike, Wilde, Rebecca et Dietrich, ce dernier portant Annette, toujours inconsciente, sur son dos.
Nathaniel " No " Rodaring était là, perché sur le pylône d´où partaient les câbles du téléphérique. Ses longues jambes étaient plantées sur le support de l´une des poulies. Les lambeaux de son costume flottaient autour de lui.
- Te voilà, dit Spike. Je savais. Je savais que c´était toi.
- Proche de la renaissance, enfin devant vous tous.
Rodaring brandit une tronçonneuse.
- Il est l´heure pour votre ami de plonger dans le Styx.
Sans quitter son perchoir, il abaissa son arme sur les câbles. Dans un bouquet d´étincelles, métal, plastique et fibres se rompirent. Rodaring lança sa tronçonneuse endommagée dans le vent, droit vers nulle part. Les câbles se détendirent, fouettèrent l´air et disparurent dans le gouffre qui cernait l´usine.
Ils n´avaient pas besoin de se retourner pour savoir ce que signifiaient les sons atroces derrière eux. Toute l´équipe baissa la tête.
- Comme il était imprudent d´emprunter un téléphérique aussi instable... susurra Rodaring. Hélas, hélas... Brad Vickers vient de quitter la scène.
Rebecca leva son pistolet et tira. Entre ses larmes, elle vit que sa cible avait sauté, anticipant le coup de feu.
Rodaring retomba sur la plate-forme. Spike se jeta sur lui. Il évita un coup de pied.
- L´élève ne peut surpasser le maître ! lança Rodaring.
- Il est grand temps d´essayer, No.
Ils se lancèrent dans un échange de frappes effrénées.
- Belle reconnaissance que celle dont tu fais preuve !
- Eprouver de la gratitude envers toi ? rugit Spike.
- Et pourquoi pas, Ripper ? J´ai cherché à te débarrasser des inhibitions implantées en toi par la société dès ton plus jeune âge. J´aurais dû savoir que l´endoctrinement du monde actuel reprendrait le dessus.
- Ta gueule !
Spike enchaîna trois crochets qui frappèrent juste.
- Je la connais, ta philo ! La vie est pas comme ça !
Rodaring passa un quatrième coup, soufflant :
- Si tu étais passé par autant d´épreuves que moi...
- T´as lu Descartes, de Spinoza, Pascal, Heidegger, Kant, Nietzsche, Sartre...
Chaque nom était accompagné d´un direct.
- . .. mais ça ne t´a servi à rien, No ! Tu restes campé sur des bases négatives !
Rodaring recula jusqu´à la porte.
- Que sais-tu de moi, Ripper ? Que sais-tu de ce que j´ai traversé ? Je ne t´ai raconté que l´histoire de Trinh ! Mais c´est l´aboutissement d´un chemin de croix qui m´a porté à croire que...
Spike " Ripper " Williams s´avança, mais ce qu´il vit le pétrifia. Son regard avait été happé par un élément insolite dans les pupilles de son ancien père spirituel. Un reflet de frayeur.
Rodaring s´immobilisa.
Seth, Jill, Wilde, Rebecca, Annette et Dietrich se figèrent, réduits au rang de spectateurs.
Spike écarquilla les yeux sans rompre le lien visuel avec Rodaring. Il avait l´impression que deux tunnels à l´ouverture jusque-là ténébreuse et opaque se creusaient dans les iris en face de lui. Il perçut l´affliction et la détresse de No, et celui-ci sut qu´il l´avait compris. Rodaring appréhenda enfin l´aspect horrible de sa condition, sa psychose assumée, portée en étendard, transfigurée en véritable mode de vie. Il accepta son erreur, son échec et sa damnation.
- No. Tu es une victime. Tu te prenais pour le prédateur ultime, mais tu n´as jamais cessé d´être une victime. De toi-même, avant tout.
Des larmes coulèrent des yeux de No. Ce ne fut que lorsqu´elles zébrèrent ses joues que Spike remarqua les peintures de guerre dont le visage maigre était maculé. Un maquillage indien.
Les lèvres aux commissures peinturlurées s´écartèrent.
- Merci, Ripper.
La posture de No s´affermit.
- Je ne peux plus reculer, ajouta-t-il.
Il se baissa avec souplesse. Les policiers tirèrent ; aucune balle n´atteignit son but. La porte claqua.
Jill serra les dents.
- S´il y a une sortie, c´est par là qu´il file. C´est un cadre d´Umbrella, il doit connaître cet endroit. Rodaring ne nous échappera plus !
Ils sont à ma poursuite.
C´est moi le traqué. Elle est bien bonne.
Has-kay-bay-nau-ntayl, être chassé ?
En chemin, je déchire les restes de mon costume. Il ne me reste plus qu´une sorte de pagne fait de mon slip et de lambeaux noirs retenus par ma ceinture.
Une bête immonde me barre le chemin. Drain Deimos.
Elle frappe...
Bien tenté, je fend ce qui lui tient lieu de flanc du tranchant de la main.
Je reprends ma course. Je perçois mon environnement comme une jungle de flammes vertes. Une fournaise émeraude où je m´abîme. Mes pieds martèlent le sol en mouvement et mon sens de la vue lui superpose un plancher métallique. Tous mes moyens de perception se confondent en un tout surnaturel, une fusion psychique avec ce qui m´entoure.
Je n´aime pas cette usine. Trop carrée, cubique. On distingue la main de l´homme cherchant à plier la nature selon des schémas angulaires. Pourtant, plus ils épurent, plus ils arrondissent, se rapprochant de quelque chose d´organique. Un jour, ils comprendront que la nature est la perfection.
J´arrive à la sortie.