Toujours au même niveaux que les chapitres précédent
J´adore^^
Elle n´a pas le succès mérité. ![]()
CHAPITRE IX
Je n´avais jamais trouvé agréable l´idée de me rendre dans un hôpital. L´odeur indéfinissable qui stagnait dans les couloirs de ce genre d´établissements m´avait toujours rebuté. Cette répugnance n´avait fait que se renforcer depuis que j´avais mis le pied dans le hall d´entrée de celui de Raccoon.
L´immeuble en question ressemblait plus à une boucherie qu´à un centre hospitalier. Chaque pièce que nous avions exploré n´était que chairs, boyaux et cadavres mutilés. Sans parler des litres de sang coagulé qui avaient repeint les murs et le sol, et qui s´agglutinaient sur la semelle de mes rangers comme un enfant s´accroche à son hochet. Pitoyable comparaison qui résumait bien l´état d´esprit dans lequel je me trouvais.
Nous étions deux à avoir pénétré dans cet enfer, moi, Ralph Dietrich, le spécialiste en armement et en explosifs de l´U.B.C.S. ( une congrégation de mercenaires employés par Umbrella), et une scientifique dénuée d´humour que je m´étais décidé à escorter.
Annette Birkin avait des cheveux blonds coupés au carré, de grands yeux clairs, des lèvres minces et une silhouette longiligne. Au prix d´un petit effort, j´aurais même pu la qualifier de " jolie " , mais je n´étais pas amateur de ce genre de femme froide et distante. De toute façon, l´anneau qui ornait son doigt m´interdisait toute tentative d´approche. Elle était mariée. C´était d´ailleurs pour cela que nous étions venus dans ce cloaque puant la mort, la donzelle recherchait son mari. Egalement un scientifique à ce que j´avais cru comprendre...
Après avoir fouillé les premiers étages, nous étions revenus dans le hall d´accueil du sixième niveau du " musée des horreurs " .
- Et maintenant, on fait quoi ?
J´avais posé cette question pour la forme et je savais très bien ce qu´elle allait me répondre. J´avais aussi dit cela pour tenter d´établir la conversation. Ma " co-équipière " n´avait pas décroché un seul mot depuis dix minutes, et cela m´agaçait.
- A votre avis ?
- On pourrait se commander quelques pizzas.
Ma blague ne fut pas bien accueillie, et elle me fusilla du regard avant de secouer la tête.
- Epargnez-moi votre humour à la con, Dietrich !
Ce type m´exaspérait au plus haut point et ses vannes de bas étages commençaient vraiment à me taper sur le système. De plus, il avait l´air d´un abruti avec le foulard qui lui enserrait la tête à la manière des flibustiers d´autrefois. Ce gadget combiné avec les deux énormes tatouages imprimés sur ses biceps complétait à merveille sa panoplie ridicule de gros macho prétentieux.
S´il ne trimballait pas tout un arsenal sur le dos, j´aurais pris mes jambes à mon cou depuis longtemps. Il avait beau être d´une compagnie déplaisante, ses arguments étaient de taille : outre le fusil d´assaut M4A1 qu´il ne quittait jamais et son gilet de combat qui débordait de munitions, le mercenaire possédait un pistolet Sigpro, un couteau de combat, mais aussi et surtout un impressionnant lance-mines A-320 en bandoulière.
Comparé à cet attirail, mon triste Beretta et mes deux chargeurs d´avance faisaient bien pâle figure. Ce n´était pas vraiment le moment de faire la fine bouche.
Les coups de feu que nous avions entendu dans les étages supérieurs laissaient à penser que nous n´étions pas les seuls survivants à nous être aventurés ici. Vu les circonstances, cet abruti était peut- être ma seule chance de mettre la main sur William. William. Rien que l´effet de penser à mon mari me requinqua.
Je devais le retrouver, coûte que coûte.
- Bordel !
Détonation.
- Jill, qu´est-ce que tu as ?
- Brad, désolée...
Jill relâcha son étreinte sur la crosse du fusil. Devant elle, toute une armoire remplie de médicaments qu´ils s´apprêtaient à récupérer était détruite. Les chevrotines avaient fracassé la vitrine et la moitié des sprays de premiers secours.
- Je suis juste nerveuse...
- Ca, on l´a vu !
Elle regarda les bras de Brad. Il avait la chair de poule. Pas étonnant.
- Quelle était cette chose qui a rugi deux fois ?
Jill se tourna vers le locuteur. Oscar Wilde.
- On ne va pas rester ici pour le savoir.
Les trois agents de police se saisirent de tous les sprays intacts.
- Avec ça, on va pouvoir soigner Rodaring, fit Jill.
- Jill.
- Mmmmh ?
- Je me souviens à présent où j´ai vu ce nom, poursuivit Wilde.
Jill cilla.
- Nathaniel Rodaring, dit " No Rodaring " , est un cadre d´Umbrella Corporation.
Jill inséra de nouvelles cartouches dans son fusil à pompe et fit claquer la culasse.
Brad secoua la tête.
- On avait bien besoin de ça.
- Abstenons-nous de porter un jugement, déclara Jill. On ne sait pas quel poste il occupait. Peut-être s´occupait-il d´affaires commerciales ou de comptabilité. Il n´a probablement rien à voir avec l´incident du manoir Spencer. Ni avec celui-ci.
- Il a été éduqué par Marcus, reprit Wilde.
- L´un des fondateurs d´Umbrella ? Oh, merde...
Jill ouvrit la porte. Ils sortirent du réduit, armes au poing. Le sous-sol de l´hôpital était désert. Les deux créatures vertes aux cris aigus qu´ils avaient tué en arrivant reposaient dans des flaques de sang qui commençaient à virer au noir.
Brad se mit à trembler.
- C´est trop calme.
- Arrête de nous faire stresser, répliqua Wilde.
Jill tiqua.
- C´est ça. Continuez à gaspiller votre salive et on mourra encore plus vite.
Ils retournèrent avec prudence aux ascenseurs, les canons de leurs armes dirigés vers le sol. Certains policiers inexpérimentés avançaient en levant leurs revolvers au ciel, ce qui était extrêmement dangereux. Mais ils étaient des S.T.A.R.S.
Les portes de l´ascenseur s´ouvrirent. Deux hommes mutilés.
BAM !
- Non, arrêtez !
Les cibles s´étaient baissées et hurlaient, persuadées d´avoir été abattues.
- Merde ! dit Vickers. Vous êtes vivants !
- Bien sûr qu´on est vivants, abruti !
- Désolé. On a tous la gâchette facile ces temps-ci.
Alex Krimp et Ash Tumber se relevèrent et sortirent de l´ascenseur.
- Qui vous a mis dans cet état ? s´enquit Jill en désignant leurs plaies et leurs oripeaux.
- C´est Barry.
- BARRY ?
Ash secoua la tête.
- On avait retrouvé Rebecca quand il a pété un plomb. Ripper s´est opposé à lui et Barry a voulu l´abattre. Il a dit que les psychopathes étaient une chienlit dont il fallait se débarrasser.
- Mais putain de merde ! cracha Jill. Il suffit que je vous laisse seuls deux minutes pour que vous sombriez dans la folie ?
Alex ferma les yeux.
- Ripper s´en est tiré. Mais pas indemne. Ce qui a mis en fuite Barry, c´est un monstre rouge et gris que nous avions déjà rencontré dans l´ascenseur. Un machin à quatre...
- Il a fait quoi ? le coupa Wilde. Il a donné un coup de griffes à Ripper ?
- Non, je ne sais pas... j´ai entendu comme un bruit de déglutition, et j´ai vu une espèce de tentacule qui disparaissait dans la bouche de Ripper. On se serait cru dans " Alien " .
- Ripper s´est évanoui, compléta Ash. Et j´aurais fait pareil à sa place.
- Que faisiez-vous pendant ce temps-là ? demanda Jill, les dents serrées. Un petit poker ?
- C´est Barry qui nous a amochés à ce point, expliqua Alex. Avant que le gros monstre n´arrive, il nous a tiré dessus. Je te l´ai dit, Jill, il est cinglé ! Et je crois que...
- Dites, quelle est cette chose au bout du couloir ?
Tous se retournèrent. A l´angle du corridor du sous-sol, une paroi se fendillait.
- A tous les coups, c´est une nouvelle bête, annonça Jill.
Elle braqua son fusil sur le mur à cinq mètres de là.
Il s´avéra que Jill Valentine était bel et bien douée du sens de la précognition. Le ciment et le plâtre explosèrent. Dans les nuages de poussière, ils virent une gueule qui rugissait. L´écart entre les mâchoires devait bien être de trois mètres.
Tous tirèrent. Les coups de feu firent autant de mal à la chose qu´un mousquet à un éléphant.
L´adversaire se dégagea des vestiges du mur. Gros, massif. Une sorte de rhinocéros reptilien. C´était l´une des créatures vertes aux sauts redoutables qu´ils avaient déjà vu, mais de bien plus forte carrure.
Elle ne portait aucune trace de leurs tirs.
- C´est trop grand ! On ne peut pas le tuer !
Jill se jeta dans l´ascenseur. Tous l´imitèrent. Ils entendirent le bruit de la cavalcade de la bête.
Alex appuya sur le bouton du dernier étage.
La bête galopait dans le couloir, ils percevaient le son de son dos écailleux raclant le plafond.
Les portes de l´ascenseur se refermaient sur les cinq policiers.
Ils se mirent à marteler l´interrupteur.
- Mais tu vas monter !
La gueule monumentale de l´ennemi apparut devant eux. Jill crut défaillir en décelant le tatouage sous l´un des yeux cruels : HUNTERMASTER99.
Les deux battants métalliques se rejoignirent.
L´ascenseur monta.
Il s´écoula un long, très long moment avant que Jill et ses compagnons ne puissent reprendre leur respiration.
- Alors, Doc, qu´est-ce qu´on fait ?
Annette regarda d´un air sombre Dietrich avant de déclarer dans un souffle :
- On continue les recherches, patate !
Offensé par ces dernières paroles, le mercenaire s´apprêta à répliquer quelque chose lorsqu´un choc ébranla le bâtiment. Un vase tomba de son piédestal pour s´écraser sur le sol. Cela venait des étages inférieurs. On aurait dit qu´un dinosaure gambadait joyeusement quelque part en dessous d´eux.
- Mais qu´est-ce qu´il y a dans cet hosto ? King Kong ?
La scientifique ne laissa pas paraître son trouble. Si un tel monstre se baladait en liberté dans le bâtiment, cela ne pouvait signifier qu´une seule chose : William avait atteint le dernier stade de sa mutation. Si tel était le cas, même l´anti-virus qui se trouvait dans la poche de sa blouse ne servirait pas à lui ramener son mari. Elle chassa cette idée de sa tête et se força à croire que ces pas de géant provenaient d´une autre créature issue de l´imagination des chercheurs d´Umbrella.
L´hôpital vibra.
Le titan interrompit sa marche une seconde fois. Il se passait quelque chose. Il le sentait et s´en réjouissait, ce qui restait d´humain en lui, du moins. Le reste de son mental bestial ne ressentait qu´une chaude satisfaction animale.
Il se tourna dans la direction où avait disparu la lueur du dernier hôte qu´il avait choisi pour ses rejetons. Perçant les murs, ses sens mystérieux avaient perçu... quelque chose.
- Plus de balles !
Jurant, Barry envoya un coup de pied dans la paroi. Il n´y gagna que souffrance. Il massa l´extrémité de sa chaussure.
En relevant la tête, il vit son reflet dans le miroir des toilettes. Barbe trempée de sueur, gestes fébriles, yeux fiévreux.
Il sortit de la pièce. Cette fois, il devait retrouver des munitions. Il avait escompté conserver les deux dernières balles en cas d´infection, pour mourir avant de devenir l´une de ces choses. Cependant, un zombie lui avait barré la route ; par réflexe, il avait tiré deux fois.
Barry franchit plusieurs portes avant de se retrouver dans le fatidique couloir en L. Il avait redouté de devoir y passer. Mais il n´avait pas le choix.
Il n´y avait aucune dépouille. Il les avait tous ratés. Ces deux hommes... et le psychopathe.
Il franchit prudemment le détour. Et son oeil aperçut un corps.
A cet instant, une secousse ébranla tout le bâtiment. Barry tituba jusqu´au cadavre, tentant de repousser dans les confins de son âme l´idée que ce n´était pas un séisme, mais l´une de ces créatures qui avait ébranlé les fondations, peut-être dans les sous-sols de l´hôpital.
Son esprit fut distrait par sa découverte.
- Ripper.
Le corps du tueur était étendu là. Jeune homme assez séduisant, aux cheveux blonds et aux sourcils noirs - Barry ne s´était jamais posé la question de son vivant, mais il avait sans doute décoloré sa chevelure. Dans la lumière blanche des néons, il était plus livide que tout autre cadavre, une pâleur d´albâtre qui rehaussait son statut de gisant.
Il n´y avait aucune trace de la manière dont Ripper avait été tué, mis à part l´angle bizarre de sa tête ; la créature ( ou l´homme, songea Barry en frissonnant) qui l´avait occis avait pris soin de disposer le cadavre sur le dos, les mains jointes sur le ventre, tel les gisants ornant les tombes des rois de jadis.
Barry sentit que ses yeux le piquaient. C´était dément. Il disjonctait. Après avoir tenté de pratiquer l´exécution sommaire de Ripper, voilà qu´il pleurait sa mort. Il se sentit perdre pied.
Ripper bougea.
Barry fit un bond en arrière ; sa tête alla heurter le mur. Il grimaça, mais ce n´était rien.
La main de Ripper vibra à nouveau.
Barry tira sur sa ceinture, saisit son coutelas de combat.
Revient-il d´entre les morts pour moi ?
Absurde. Ripper avait été contaminé, voilà tout. Ca ne faisait qu´un zombie à démolir. Ces saletés étaient ardues à vaincre au couteau, mais un costaud comme lui ne pouvait tomber devant une telle vermine.
Ripper explosa. Ses vêtements se déchirèrent, et en dessous, les chairs bougeaient à vive allure. Barry vit qu´en réalité, il n´avait fait que bondir en s´étirant. Le dos de l´être craqua, une rangée de piques apparut sur la moelle épinière.
Barry regarda son coutelas inutile et le jeta.
L´abomination se révélait vite. Barry comprit que sous l´enveloppe de la dépouille, les changements internes avaient été importants, que les nouveaux muscles formés par l´évolution de l´ADN s´étaient tassés et enroulés tels des ressorts, en prévision de cette mutation.
L´être leva un bras long, décharné ; il heurta le néon au plafond. Des éclairs envahirent le couloir.
Dans les décharges d´électricité, Barry s´enfuit. Derrière lui, ce qui avait été Ripper grandissait toujours, devenant une chose mince, véloce, affamée. Chacune des griffes était plus longue que le poignard dont Barry s´était équipé.
Il ne voulait pas voir en détail ce qui le suivait. Il courait. Cette porte, cette porte au fond du couloir.
Son coeur battait, machine biologique emballée, au rythme des pas de son poursuivant. Ses sourcils brûlés par les étincelles de l´explosion du néon étaient haussés, laissant le champ libre à ses yeux exorbités, ne fixant que la poignée de porte, seule promesse d´un destin autre que la Faucheuse.
Barry parvint à la porte et saisit la poignée, tandis que le grand être, toujours plus rapide, semblait se changer en projectile squelettique, à un mètre de lui.
La porte ne s´ouvrit pas.
Il n´eut pas le temps de comprendre que la clé était dans la serrure. Les bras maigres le saisirent, le manipulèrent, le plaquèrent contre le mur. Il n´était qu´un jouet entre les griffes de cette atrocité aux articulations arachnéennes. Même dans ses pires cauchemars, il n´aurait pu imaginer pareille situation. Il allait se réveiller, ce n´était pas possible.
Il ne se réveilla pas.
C´était possible.
Je ne vais pas mourir, je ne peux pas...
Sa dernière vision, limpide comme l´eau d´une source glaciaire, fut ces mâchoires terribles. Crocs argentés, noirceur avide.
Il eut un ultime hurlement.
Puis la souffrance débuta.
Personnages intéressants, histoire fouillée qui tient en haleine, style travaillé...
A part le ´BAM´ qui ne me plaît pas vraiment, rien à dire. ![]()
CHAPITRE X
Une odeur de chair pourrie désormais familière me chatouilla les narines. Un zombie venait d´apparaître dans l´encadrement d´une porte, derrière Annette. La doc ne le vit pas s´approcher de son dos.
J´agrippai le couteau de combat fixé à ma ceinture. D´un geste précis, maintes fois répété à l´entraînement, je le fis pivoter dans ma main et le lançai sur le mort-vivant qui n´était plus qu´à quelques centimètres de sa proie.
L´arme blanche vint se planter entre les deux yeux de l´immonde créature qui tomba à la renverse sur le sol.
- On dirait que je ne suis pas trop rouillé au lancer de couteau, déclarai-je en récupérant mon bien sur le cadavre.
La scientifique, fidèle à elle-même, se contenta de jeter sur moi un regard las.
En me redressant, un détail attira mon attention. Un voyant clignotait sur le bouton d´appel de l´ascenseur qui me faisait face. La cabine venant des étages inférieurs allait s´arrêter à notre niveau. De toute évidence, nous n´allions pas tarder à avoir de la visite.
- Merde, qu´est-ce que c´est, encore ?
Pendant un instant, je songeai à m´emparer du lance-mine. Quelle chose pouvait bien se cacher dans l´ascenseur ? Finalement, je renonçai à cette idée. Je mis le sélecteur de mon M4A1 sur le mode " tir automatique " tout en attendant de pied ferme la suite des événements.
Derrière moi, Annette Birkin semblait encore plus pâle que d´habitude. Un tintement électronique retentit à l´instant même où les portes de l´ascenseur s´entrouvraient.
Le vent froid me souffle au visage. Rebecca continue de sangloter en me tenant le bras, pour garder son équilibre sur ce toit délabré et glissant.
Elle m´énerve.
- Où... Où va-t-on ?
- Bonne question, j´en ai aucune idée. On inspectera la première fenêtre venue et on regardera si y´a pas de bestioles dedans. Sinon, on se réfugiera à l´intérieur, dis-je d´une voix froide.
- Seth, que ferons-nous après?
Exaspéré, je lui crache :
- Ferme-la, sinon je te laisse tomber en bas...
Elle serra plus fort mon bras, ce qui me fit sourire, et ferma effectivement sa bouche.
Une pluie fine s´abat sur la ville. Elle n´est pas assez forte pour éteindre les incendies qui ravagent les rues, cette pluie est là pour signifier que le destin nous nargue, mouillant nos vêtements et nous glaçant jusqu´aux os afin d´éteindre à jamais tout espoir d´en sortir vivant.
Mais ma volonté n´a pas de limites et ce froid perçant ne me touche pas.
Sans doute grâce à cette mutation...
Un silence de mort nous accompagne à chacun de nos pas.
J´aperçois une trappe. Contrairement aux autres, elle n´est pas incendiée et ne laisse pas échapper des gémissements de zombies.
Je brise le silence d´une voix calme :
- Rebecca, descends d´abord, je te suis. Fais gaffe de pas glisser.
- Très bien... Aide-moi, s´il te plaît.
J´ouvre d´un coup sec la trappe, dévoilant le gouffre où brille une échelle, et j´essaie d´escorter du mieux que je puisse faire la fliquette.
Alors qu´elle pose un pied sur le premier barreau, un cri rauque m´interpelle. Ca vient du toit, mais la nuit et la pluie réduisent mon champ de vision.
- Vite, dépêche-toi !
- Qu´est-ce qu´il y a ? demande la brunette.
- J´entends des ennemis.
- Hum, tu serais pas devenu parano ?
- Si je ne me retenais pas, je...
Un coup violent m´empêche de finir ma phrase. Un coup qui fait mal, à l´épaule. Je m´écrase sur les tuiles dans un fracas pas possible. Une douleur sourde accompagne désormais le coup. Je saigne.
- Merde. Rebecca, ferme cette trappe et ne m´attends pas !
- Mais...
- Casse-toi !
Elle referme la trappe. Je parviens à me relever en tenant mon épaule et retire de ma ceinture ma batte, mon Bébé.
- Viens, enfoiré, montre-toi !
Je ne vois toujours pas le truc qui m´a touché, mais ça doit être équipé de griffes tranchantes, une plaie fine m´a entaillé le muscle.
Un instant s´écoule, sans que rien ne se passe.
Puis soudain, j´entends un bruit d´envol, et, d´instinct, je me baisse.
Bonne idée, car une créature humanoïde vient de me frôler, à quelques centimètres au-dessus de ma tête.
Les portes de l´ascenseur s´ouvrirent ; Annette Birkin et Ralph Dietrich virent avec stupeur les policiers courir vers eux, affolés, puis les dépasser.
Dietrich, baissant son fusil mitrailleur, se retourna à temps pour remarquer un S.T.A.R.S. hurlant disparaître dans les escaliers.
Il décocha un regard interrogateur à Annette.
- Eh bien ? dit celle-ci avec humeur. Quelque chose dans le sous-sol les a effrayés !
- Ca doit être énorme. Et horrible.
Annette monta dans l´ascenseur.
- Je dois trouver William au plus vite. Si c´est lui, en bas, ma quête est vaine.
Dietrich la rejoignit.
- Alors, on monte dans les étages ?
- C´est mon dernier espoir, confirma la scientifique.
La main burinée du guerrier alla frapper un bouton.
En dessous d´eux, Hunter Master poussa un cri.
Cette fois-ci, je le distingue. Il hurle et me fait face. Son cerveau à vif et sa bouche garnie de dents tranchantes n´incitent pas au baiser.
- T´es trop moche, toi ! Viens là, que je te fasse un peu de chirurgie.
Mais au lieu d´une attaque de cette créature, un nouveau coup sourd me déchire le dos. Une fois de plus, je me ramasse magistralement sur le sol.
- Raaah, putain, c´est pas possible !
Le deuxième coup vient d´une seconde créature qui s´empresse de sauter à côté de moi, pour pouvoir m´encercler avec son partenaire.
J´ai mal à mon dos, à mon épaule. Je pisse le sang... Merde, ça serait con de me faire crever ici par deux gueules d´amour.
Juste avant que la première ne m´achève, je fais un roulé-boulé pour éviter son coup et je me relève aussi vite que mes membres peuvent le faire. Elles sont devant moi, attendant le moment propice pour attaquer.
Alors que je pressens ma mort proche, un froid glacial m´envahit le corps.
Qu´est-ce qui se passe ?
En quelques secondes, la douleur a disparu. Je ne sens plus mes plaies couler.
Les monstres reculent de quelques pas. Je leur fais peur, maintenant ?
Encouragé par cet évènement aussi inattendu que bienfaiteur, je repars à l´assaut.
Soudain, je tombe à genoux, paralysé. Tous mes muscles se sont raidis. Je sens qu´ils cherchent à se donner une nouvelle forme. Je ne peux plus bouger, mais les saloperies sont toujours là !
Quelque chose pousse, plusieurs choses même, ça ne fait pas mal, mais mon coeur bat la chamade. J´ai peur de ce qui m´arrive.
Je me sens renaître !
Je grandis et grossis, d´énormes tubes poussent et retombent sur une autre partie de mon corps pour la coloniser.
Ce virus m´envahit, et je ne peux rien faire pour l´arrêter.
Au bout de quelques minutes de mutation active, je me relève. J´ai pris au moins trente centimètres, j´ai autant de muscles qu´un culturiste, l´huile en moins et les grosses veines violacées en plus.
Mais il n´y a pas que mon corps qui a changé. Mon esprit, déjà si dérangé, a un sentiment exacerbé : la destruction. Je lâche ma batte, je sens qu´elle ne m´est plus d´aucune utilité. Les énormes mains que je possède suffisent amplement à tuer ces deux misérables êtres.
Je m´élance à la vitesse de l´éclair, pendant qu´ils essaient de s´enfuir.
J´en chope un par la tête, il se débat, me griffant le ventre. Je ne sens plus rien, je le décapite d´un geste sec. Des flots de sang jaillissent de son cou et je laisse choir le cadavre sur le toit, le liquide écarlate s´écoulant le long des tuiles.
Le deuxième valdingue en l´air par mes soins. Il s´explose en contrebas sur une voiture du parking, émettant un bruit de vitre et de capot brisé.
Je me sens soulagé. Soulagé d´avoir tué.
Tuer.
Rebecca ! Il faut que je la retrouve !
Tuer, tuer.
Je me précipite vers l´entrée du toit où la p´tite brune s´est enfuie.
Mais au moment où je vais ouvrir la trappe, une question me traverse l´esprit.
Que fais-je ?
Je dois la retrouver... Pour la... Pour la protéger. Ne pas lui faire de mal, la tuer. Non, rester calme. L´aider.
Tout est confus dans ma tête, quelque chose de fort veut que je la tue, mais ce qui reste de Seth ne veut pas lui faire de mal.
Peu importe.
Je verrai quand je serai devant elle.
J´arrache la trappe, je saute dans l´obscurité.
Toujours aussi bien.
Le style est très soigné, sur tous les plans.
Je n´aime pas trop lorsque Seth est transformé.
Evidemment, il est plus facile de montrer ce qu´il pense à la première personne.
Mais une fois transformé, je trouve qu´il est plus difficile de se mettre à sa place...
![]()
Nous avons mieux géré Ripper que Seth, j´en ai bien peur. Si j´ai bon souvenir, Darky n´a pas eu l´occasion d´exploiter la totalité de ses idées concernant son personnage.
Cela n´empêche que son personnage est très intéressant.
Mais je trouve que dans ce chapitre, l´emploi de la première personne avec un Seth transformé ne va pas.
Il reste trop humain, enfin, c´est l´impression ressentie.
![]()
Je pense que dans un sens, ça rend bien la dualité du personnage entre sa monstruosité nouvelle et sa part d´humanité qui subsiste... mais c´est vrai que c´est maladroit...
Voui.
Bon, je remonte ce topic, mais je doute fort que quelqu´un vienne lire. ![]()
J´ai pas tout lut mais je trouve que c´est pas mal ![]()
En fait je lis peu à peu quand je trouve le temps...
Sinon vu que je connaissais certaines fic de DragonNoir et je pensais bien qu´il allait faire des fics avec des auteurs de qualités ( oui désolé pour les deux autres auteurs, mais je n´ai pas encore eu le temps de lire quelque chose de vous donc j´ai tenté de me faire une idée de votre niveau à partir du niveau de DragonNoir). Bon pour l´instant je ne suis pas déçu, c´est excellent, le récit me scotche bien.
Merci !
Je posterai bientôt la suite de la fan-fiction.
Je viens de lire a peu prés tout, jeme suis arreteralamort de Ridder. Et franchement je peux affirmer que cette fic est vraiment une bombe! Drole ( des fois j´ai carrement exploser de rire) ya de l´action , du suspens, je trouve cette fic tout simplement geniale. Et encore j´utilise un euphemisme. Merci denous faire rêver.
Plus qu´un seul mot a ajouter : La suite !
J´ai tout lu et franchement c´est cool.
On rentre facilement dans l´histoire, descriptions et tout nickel ![]()
Les gens apprécient ? ![]()
Ben ouais quand c´est cool faut le dire quand même ![]()
Super! Continue comme ca ![]()
Demain.
DN, tu n´as pas honte de poster sur ce site ? C´est intolérable. Je vais me coucher.