bonjour: Im´back avec ma nouvelle fic ! Pour ceux qui me connaissent déjà, il faudrait que je dise que cette histoire est de catégorie 4, donc, elle n´a rien à voir avec FF7, C la première fois que je tente l´expérience sur ce forum...
Fort du succès +ou- partagé de mes trois première fics FF7 et de mon autobiographie, je ne peux m´asseoir sur le kif que me procure l´écriture, je reviens à la charge maintenant, alors que le forum est en crise avec le premier chapitre d´une longue épopée...
Cette fois, je me tourne vers un monde utopique où magie, fantastqiue, merveilleux et modernité ne font qu´un. Les thèmes abordés avrieront d´un chapitre à l´autre, mais je ferai en sorte de cultiver dans un milieu sombre, macabre mais terriblement réaliste, l´amour, l´adolescence partubée, la recherche de soi-même, l´injustice, la religion , l´antiaméricanisme et bien d´autres...Voilà, bonne lecture !
Chapitre 1
Les gens passaient…Ils allaient, ils venaient, il repassaient…La plupart tournait en rond et n’avait certainement nulle part où aller. C’est pour ça qu’ils passaient. Un journal à la main, les mains dans les poches, les poches aussi vide que leur vie qu’ils consacraient à passer là. Le bas des visages enfouis dans un col d’anorak jaune sale, les yeux ternis par d’épaisses lunettes…Tel était le triste spectacle qui se déroulait dans un perpétuel mouvement, inlassable, imperturbé, imperturbable…
Non pas que ces gens qui passaient étaient malheureux, ou triste, mais simplement amères. Et encore. Si ce lieu n’était pas un point de pèlerinage, c’était là qu’ils allaient se recueillir…Car là au moins, les gens passaient sans prendre garde, sans prononcer une forme de mot, sans la moindre expression sur le visage. Certains ne faisaient que passer, furtifs et discrets comme le vent, d’autres venaient régulièrement, marchant dans le même claquement et dans le même sillon tracé par la routine et les derniers y avaient prit racine, ils y passaient leur vie…parfois même leurs vies…
Les mains croisées sur sa poitrine, son sac de voyage posé à côté de lui, Stefane attendait…Il attendait son destin…Il attendait depuis peu, depuis longtemps…En fait, il ne savait pas vraiment depuis quand il était là…Ses paupières se fermèrent. Elles cachèrent ses yeux pour qu’ils ne voient pas cette sobre réalité. Elles voilèrent l’âme de l’adolescent calme, stoïque, sombre, bouleversé, perdu, à la recherche de lui-même…Il plongea lentement dans un profond sommeil où plus rien de la réalité ne passait, il n‘entendit plus le fracas répétitif des pas sur les dalles, il ne vit plus l‘aveuglante luminosité de l‘endroit, il ne sentit plus l’odeur du tabac incrustée dans les vestes des passants, il ne ressentit plus cette douleur qui lui entravait le cœur depuis son départ…
Stefane Œdipe était né le troisième Jour du cinq cent quatrième héliocycle dans une famille aisée de la ville de Santos. Très jeune, il fit preuve de grandes capacités intellectuelles. Il suivit d’ailleurs une brillante scolarité dans le complexe scolaire de Santos. Un jour, peu après son cinquième anniversaire, il vit sa mère au téléphone. Elle pleurait beaucoup. Pourquoi ? Il était alors trop jeune pour trouver la réponse. Alors il pleura à son tour. Sa mère l’emmena dans l’automobile. Et ils partirent. Ils prirent une route que Stefane ne connaissait pas. Il prirent un virage que Stefane ne connaissait pas. Un bruit infernal de crissement que Stefane ne connaissait pas éclata. Devant lui, sa mère, qui dans son tourment et sa précipitation n’avait pas mit sa ceinture de sécurité , fut éjectée et s’encastra brutalement, la tête la première, dans le pare-brise du véhicule qui prit alors une inquiétante teinte rouge. Sauvé par son harnais de sécurité, Stefane comprit que Maman ne se réveillerait pas et que Papa ne rentrerait plus du travail le soir…
Tout alla très vite par la suite. Stefane hérita officiellement de la fortune de ses défunts parents, fortune sur laquelle la main de sa famille adoptive fut mise. Mais de toutes façons, il était trop jeune pour comprendre cela. La famille adoptive qui s’occupa de lui pendant quelques années ne marqua nullement le jeune garçon démuni de tout repère et psychologiquement détraqué…Un soir, un grand homme sombre avec une grande veste noire était venu frapper à la porte. Il demanda à partir avec Stefane qui fut mit à l’écart de la conversation entre le mystérieux venu et le père de famille. Pendant ce temps-là, la mère de famille plia les bagages de l‘enfant. Ce fut la dernière fois que celui-ci vit sa famille adoptive. De toutes façons, il ne les aimait pas et il n’était pas mécontent de partir avec l’inconnu. Ce dernier qui tenait la maigre valise de Stefane le fit monter dans une petite voiture. Le véhicule aussi noir que le mystérieux bonhomme chemina longuement dans les dédales de rues de la ville obscure et les emmena L’aéroport. C’était un vaste endroit, plus grand et somptueusement vitré que tout ce que Stefane avait pu observer jusque là. Le regard perdu dans les voûtes de verre, dans les centaines passants et autres plantes exotiques parfumant l’atmosphère d’une ambiance étrangère….
Il était trop jeune pour comprendre ce qu’annonça une douce voix au micro. Mais à la suite de l’annonce, le grand homme qui ne s’était toujours pas présenté prit Stefane par la main et , se fondant dans la foule, ils prirent un escalator, puis s’enlisèrent dans un couloir sobre, ils firent la queue à un poste de douane, ils franchirent une porte électromagnétique et enfin, ils accédèrent à l’embarcadère. Ils trouvèrent grande ouverte la porte de l’avion où se tenait une agréable hôtesse de l’air saluant les voyageurs. Ils entrèrent dans le compartiment clairsemé d’hasardeux passager pour lequel l’homme à la veste noire avait deux places. Stefane s’assit du côté hublot. Ce périple nocturne l’avait grandement fatigué, si bien qu’il trouva le sommeil avant que ne décolle l’appareil pour des horizons inconnus du jeune enfant…
Un type lui tapota soudainement l’épaule : « Hé ! Ton train vient d’arriver ! » Qui était cette personne inconnue qui venait perturber son sommeil ? Il ne le connaissait pas, mais les passants qui n’avait rien à faire avaient coutume d’aider les voyageurs comme Stefane. Celui-ci mit un certain temps avant de recouvrer ses esprits, puis il s’étira et s’équipa de son sac de voyage en bandoulière. Il se leva péniblement et d’une lente et lasse marche, il se dirigea vers le quai numéro quatorze où son train se trouvait effectivement…
Stefane grimpa dans le premier wagon et traversa péniblement les nombreuses voitures. Il aimait regarder les gens. Plongés dans leur journal dans leur musique ou dans leur sommeil précoce, les passagers patientait chacun jusqu’au départ du train. Au fur et à mesure que l’adolescent traversait les compartiments, les sièges se vidaient. Il regarda par une fenêtre. Au-delà de la langue de béton que piétinait inlassablement les passants, les penseurs de la gare, se trouvait une seconde voix, inoccupée…
Il arriva dans la dernière voiture qu’il devait traverser. Celle-ci était absolument déserte. Seuls un père et son jeune enfant occupaient les places centrales. Ils lui tournaient le dos. Penchés sur la vitre, ils brassaient lentement l’air de la main droite, faisant signe à une belle femme restée à l’extérieure, sur le quai. C’était certainement leur mère. Stefane s’arrêta devant cette scène. L’homme et l’enfant qui partait pour apprendre la vie. De l’autre côté de l’épaisse vitre, la mère, restée au pays. Pour que faire ? Peu lui importait. Une larme roula doucement sur la joue du gamin. Stefane s’émut devant cette scène d’adieu. Lui aussi partait en voyage. Lui aussi était parti en voyage…Autrefois…Mais jamais il n’avait reposé dans les bras de son père en saluant le doux regard protecteur d’une mère…Jamais…
Il s’arracha à cette pensée. La vie est dure, c’est ainsi…Devrait-il attendre l’heure du dernier voyage pour pouvoir dire adieu à ce monde et revoir sa mère ? Probablement…Il arriva dans le carré vide de monde à l’extrémité de la voiture où apparaissait le numéro de sa place…Dès qu’il posa son sac sur le siège, une secousse anima le wagon et le train quitta la gare. Avant de s’asseoir, il ferma le rideau. Il se disait que voir défiler le paysage le rendait malade, mais ce n’était qu’un prétexte pour oublier qu’il n’aimait pas penser. Lorsqu’il pensait, la vision de sa mère traversant le pare-brise de l’automobile lui revenait. Et il n’aimait pas ça, car il se disait alors qu’il n’avait jamais vraiment connu sa mère, qu’il n’était pas normal…Pourquoi tout cela lui arrivait ? A lui ? Pourquoi avait-il tout quitté ? Pourquoi était-il dans ce train ? Pourquoi sa mère n’était pas de l’autre côté de la fenêtre ?
La puissante locomotrice blanche zébrée de bleu avait atteint sa vitesse maximale, elle traversait alors les champs, les montagnes, les ponts à une vitesse vertigineuse, tractant agilement les dizaines de wagons derrière elle. Mais elle avait beau se déplacer dans la célérité, Stefane allait loin, très loin, au-delà des montagnes, des prairies et des mers, vers un endroit dont seul le soleil au crépuscule connaissait les secrets, il en avait entendu parler ; Especity…
L’homme à la veste noire l’avait emmené aux Amériques, le continent de l’Ouest. Stefane devait y être placé dans un internat pour reclus de la société. A des milliers de kilomètres de chez lui, au-delà d’un océan, il devrait aller affronter la vie dans un Établissement Ultra-Scolaire. Cette vie était la réalité, autre que celle qu’il avait connu dans les Landes, le continent de l’Est. La vie aux Amériques était grise. Stefane plongea dans une dépression. Seul dans son dortoir, le visage plongé dans son oreiller, il pleurait. Mais à quoi cela servait-il de pleurer ? Il n’était pas comme les autres ; il n’avait pas de parents ; sa place dans cet endroit était justifiée. Si beaucoup d’autres jeunes de l’établissement étaient dans son cas, il se sentait bien seul, mais cela lui plaisait. Il s’était lassé de répondre à tous les fauteurs de trouble, il encaissait. Il en avait assez de voir toutes ces années durant ces types abrutis le matraquer de slogans discriminatif, ignorant la tolérance. Il en avait assez de voir toutes ces filles si belles et sensuelles se laisser enlacer dans les bras d’un crétin écervelé sous prétexte qu’il était beau ou marrant. il en avait assez de voir tous ces jeunes immatures et violents à ses côtés et au quotidien. Parce qu’il avait été rabattu à leur niveau. Il en avait assez de voir sa grosse prof de géographie -Madame Parker- donner des cours de géographie abrutissante sous une bannière étoilée et bariolée de rouge et blanc. Car au bout de sa baguette ne se trouvaient pas les Landes, avec la douce ville de Santos et un magnifique planisphère bleuté et clairsemé de campagnes verdoyantes et de massifs jaunâtres, mais simplement un continent informe et apatride divisé en quelques contrées au nom qu’il abhorrait ; « Oklahoma », « Texas », « Washington »… Car la politique éducatrice ne se basait dans ce pays que sur le Nationalisme, le Patriotisme, le reste du monde étant secondaire, voire tertiaire…Le continent des Amériques n’était en effet qu’un seul et même pays divisé en plusieurs contrées plus ou moins indépendantes, mais Stefane n’en avait absolument rien à faire ; il préférait poser sa tête dans le creux de sa main et s’évader par la fenêtre, il allait voler dans les arbres comme dans les nuages en sifflotant aux côtés des oiseaux, et il allait si haut dans le ciel que la vision de sa mère lui était limpide, souriante et rassurante…
Ce peuple, il les méprisait, car il considérait que c’étaient eux qui l’avaient enlevé à sa douce vie, qui l’avait perturbé…Une heure par semaine, il avait un cours dont il ignorait absolument l’existence auparavant, la Religion. Ce seul mot et sa signification lui était entièrement inconnus. Il trouva stupide et invraisemblable que des gens, des humains puissent croire que l’univers entier ai été créé et soit régie par un « Dieu ». C’était une croyance qu’il avait du mal à admettre, et qu’il trouvait stupide. Certains étaient même convaincus que le monde n’avait pas plus de cinq milles ans…Mais comme aux Amériques il était obligatoire d’adhérer à cette idéologie, Stefane fit semblant d’y croire…
Quinze ans. Quinze ans qu’il était né. Quinze ans qu’il vivait dans ce monde. Quinze ans qu’il fêta tout seul, sur son lit…Il ne dormait pas. Il avait fait semblant de dormir à points fermés lors de la dernière ronde des pions pour se lever au milieu de la nuit. Il se tenait alors devant une fenêtre. La nuit était épaisse. Le ciel dégagé laissait transparaître son intimité étoilée. Mil feux scintillaient joyeusement là-haut. Comment pouvait-on admettre que tout cela soit la seule œuvre d’un « créateur » ? C’était tellement beau. Une étoile tout là-haut brillait différemment des autres. Elle semblait vouloir lui parler, lui susurrer quelque mot d’amour, de soutien…Stefane comprit le message. C’était un appel. Le monde, l’univers l’appelait, sa place n’était pas dans cet internat. Il fallait qu’il aile loin, très loin, qu’il retourne chez lui, qu’il quitte ce maudit pays qui ne connaissait certainement pas le lieu d’où venait l’adolescent…
Sans réfléchir, il se vêtit en silence, prit son sac, le porte-monnaie d’une brute et quitta silencieusement le dortoir. Pourquoi ? Comment ? Quand ? Où était-il partit ? Il n’en savait rien. Il ressentait profondément cette soif de liberté. Alors il se retrouva plusieurs jours durant à braver la campagne, à errer dans les sous-bois, traverser les champs…L’administration avait dû constater son absence et signaler sa disparition, alors il évita de rentrer dans les villes. Pour rien au monde il ne serait retourné dans ce maudit internat. Tout ce qu’il voulait, c’était fuir, partir. Ce continent, cette population, ces mœurs ne lui convenaient pas, il voulait rentrer chez lui.
Ainsi, il se retrouva un jour dans un hall de gare où errait des centaines de gens comme lui, sans destination, mais lui avait un ticket pour la côté Est des Amériques dans la main. Mais son train avait du retard. Alors il s’assit sur un banc et s’endormit. Un clochard vint le réveiller pour lui dire que son train venait d’arriver. Stefane se leva dans la précipitation et courut vers son train, trouva sa voiture, son compartiment et sa place et, à peine installé, le train prit son départ. Épuisé, Stefane ferma doucement les yeux et s’endormit de la même façon que dans la gare…
Et le train continuait sa route vers l’autre bout du continent, lancé sur ses rails, son destin auquel il ne pouvait échapper…
Oula, on s´embrouille... Tu parles de son passé et brusquement tu parle de son présent sans qu´on en sache la fin. Enfin bon, passons ça car ce n´est pas trop grave. De nombreuses répétitions, essaye de trouver des mots pour remplacer Stefane car le voir à toutes les lignes c´est chiant à force. Quelques fautes pas trop grosse, la plus grosse ets certainement celle ci: " Mil feux" il fallait écrire " mille" et non " mil" enfin je pense...
Sinon passon au point positif. Le texte est sympathique, l´histoire paraît prometeuse mais familière ( pas en mal). Ton style est sympa à lire, un peu trop familier mais c´est àcause du texte je suppose. On est bien immiscé dans la psycologie du personnage est c´est un gros point positif, sinon et ben j´attands la suite pour un avis plus forgé.
Ce chapitre a fait l´objet de relectures et de vérifications, et il me semble bien qu´on dit " mil"...En tous cas, les répétitions, C volontaire, ca créer un effet de simplicité, d´abrutissementn, presque...En tous cas, il est clair que par la suite, " Stefane" se substituera facilement ![]()
Je suis pas encore capable de donner de date pour le prochain chapitre, je risque d´avoir des choses plus importantes à faire d´ici là...
En effet c´est confus...à un moment tu parles d´aéroport puis de train! JE n´ai pas tout compris, en voyant le début du post je croyais que c´était un autre monde, pasla réalité! Car avec les noms, soit t´as pas d´imagination ( ce dont je doute vraiment beaucoup) soit j´ai RIEN pigé ( semble plus logique.)
Non, on dit mille.
Le terme " mil" est employé uniquement pour les dates.
( *c´était la minute xbq du jour*)
Désolé, Azerty, mais il semble que ce soit toi qui se sois embrouillé, mais C un peu de ma faute....Je suis en train de me faire allumer sur , là sur le forum FF7
Alors je vais changer un peu pour le prochain chapitre, mais je pense pas pouvoir donner de dates précise...Comptez pour dans deux semaines, je pense...
Hem, sinon, pour indication, l´intrigue se déroule bien dans un monde fictif, pour l´instant calqué sur le notre ( g bien sur fait semblant de reprendre les Amériques pour faire passer mes idées) mais après, on arrivera dans le merveilleux...
Allez, je catapulte ça pour ceux que ça interesse encore...
yen a bien un ou deux, non ?
CHAPITRE 2
Stefane fut réveillé par le grincement des roues du train. Sa cabine était sombre, des voix lui parvenaient furtivement…Était-il arrivé à Especity ? La première chose qu’il fit fut d’ouvrir le rideau qui avait masqué la lueur du jour pendant tout son voyage. Il vit un quai sur lequel passaient des gens lourdement attelés et semblant descendre du train. Au-delà se dressait une barrière vétuste et de l’autre côté, la liberté. L’océan caressé du bout de l’aile d’un oiseau et sensuellement embrassé d’un coucher de soleil pur diffusant son amoureuse teinte orange dans toute la voûte céleste qui commençait à faire paraître comme des rumeurs ses timides étoiles…
Empressé d’admirer ce spectacle au dehors, Stefane se leva de son siège en empoignant son sac et sortit en trombe de la voiture. Il arriva sur le quai puis se rua au travers de la foule comme un prisonnier brassait la liberté à la fin de son bagne. Il bouscula quelque demoiselle, écrasa la queue d’un chien, mais hypnotisé par le panneau indiquant la sortie, il ne faisait pas attention au chemin qu’il empruntait. Devant la porte donnant sur le hall de gare, il coupa le chemin d’une personne âgée et poussa violemment la porte vitrée. Il fusa entre les regards tantôt souriants, tantôt étonnés des voyageurs, des mendiants et des guichetières. Lorsqu’il fut enfin arrivé dehors, l’air frais du vent littoral lui emplit les poumons et le champs des oiseau marins lui berça les oreilles.
Il avait tant espéré ce moment, car il n’avait vu ni senti la mer depuis d’innombrables années. Il s’assit sur une marche du parvis de la gare et, le menton enfoui dans sa main, il ferma les yeux et se berça langoureusement au son de l’écume qu’il distinguait déjà. Puis il se releva et prit joyeusement la marche vers la plage. Il traversa le parking, la rue, quelques boulevards et arriva enfin au chemin qui longeait la côté.
Stefane franchit la barrière et marcha gaiement sur la dune fragile, mais au moment de quitter celle-ci, une pensée l’effleura. Il regarda le soleil encore éblouissant malgré son déclin amorcé et la plage ; son silence était terrible et seul le râle des déferlantes osait le défier. Mais surtout ; il n’y avait personne…Il s’assit sur le bord de la dune et ôta ses chaussures et ses chaussettes. Il descendit nus pieds sur la grande étendue de sable rafraîchi par le soir. A chaque pas qu’il fit, ses pieds s’enfonçaient doucement dans les milliers de petits grains jaunâtres. L’adolescent traversa ainsi la plage jusqu’au bord de l’océan, là où les vagues mourraient. Il fixa l’horizon où passait un navire de commerce. Il venait certainement du pays de Stefane. Ce pays était à la fois si lointain et si proche…Seul un océan de deux milles kilomètres le séparait de sa terre natale.
Il plia les genoux jusqu’à se retrouver accroupi sur le sable cette fois humide. Pour la première fois depuis longtemps, son long et maigre visage esquissa un timide sourire, ses petits yeux verrons brillèrent d’une joie intérieur que d’avoir fui son destin et ses cheveux noirs en bataille tremblaient au rythme du vent qui lui caressa doucement la face en ramassant la mèche qui lui tombait continuellement sur l’œil gauche…
Le doux crépuscule avait laissé la place à la nuit noire. Le sable blanc était éclairé par la lune pleine en cette bonne nuit et la bise du vent était une froide mais agréable caresse sur la peau. Stefane qui semblait s’être assoupi se réveilla, comme si il n’avait jamais dormi ainsi jusque là. Il se sentait bien. Il resta assis devant la mer qui s’était retirée et entendit des voix. Deux petites voix jeunes et féminines. Il se retourna pour en apercevoir la source. Là-haut, sur la dune qui ceinturait la plage, il distingua les silhouettes de deux adolescentes, certainement de son âge…
L’une était assez petite, elle avait de grands cheveux roux et parlait avec l’autre, qui tournait le dos à Stefane, celle-ci paraissait assez grande et ses cheveux noirs et raides étaient fourchés au niveau de ses épaules dévêtues…Que pouvaient bien faire deux si jeunes filles à une heure si tardive sur les dunes ? Elles disparurent rapidement dans la brume qui se levait, comme évanescentes…Le jeune homme se demanda un court instant à quoi cela pouvait-il bien rimer, puis il se leva lourdement, il prit son sac et retrouva les empreintes de pieds qu’il avait laissées à l’allé et retrouva le chemin par lequel il était arrivé sur la plage et par lequel il regagna la dune…
Après s’être rechaussé les pieds, Stefane s’enfonça de nouveau dans la grande ville balnéaire. Il se promena malgré l’heure tardive dans les grandes avenues d’Especity. Les vitrines des magasins étaient restées allumées, elles mettaient en avant bien des mannequins, exhibant de riches habillements, de somptueux bijoux qu’admiraient un couple de jeunes gens amoureusement enlacés. Les enseignes lumineuses diffusaient sur le noir béton des teintes explosant de couleurs aussi vives que variées, déclinant du rose au bleu en passant par de puissants verts ou jaunes…La route éclairée de ce magnifique arc-en-ciel et d’ impassibles réverbères n’était en fait qu’un désert lunaire, dégageant une certaine impression apocalyptique…
A un boulevard, une horloge électronique indiquait à la rue l’heure courante ; il était trois heures et quart du matin, et Stefane n’avait nullement sommeil. Alors il ignora cet avertissement et poursuivit la lune. Celle-ci le mena à une impasse. Sur la gauche se dressaient d’imposants immeubles noirs et tristement sobres, mais sur la gauche s’étendait une mystérieuse grille verte de quatre mètres de hauteur. Au milieu de celle-ci trônait une porte qu’on aurait cru être en acier blindé…Il y lut ceci : « Lycée d’enseignement général et technologique de la plage »
C’était donc un lycée. Un lycée normal pour les gens normaux. Mais peut-être y avait-il d’autres adolescents comme lui à l’intérieur…Sa main entra en contact avec la froide porte. Sa froideur lui paralysa la main, remonta tout au long de son bras et lui parcourut le corps en un frisson d’un instant. En pressant un peu, elle se décala en grinçant un peu ; elle était ouverte…
Stefane entra discrètement dans l’enceinte de l’établissement, éclairé par la seule lueur de la lune…Après avoir silencieusement refermé la porte derrière lui, il s’aventura dans la cour principale, autour de lui se dessinaient de grands bâtiments bardés de centaines de fenêtres décolorées, véritables barreaux de cellules que constituaient les salles de cours pour les élèves…A côté de la porte d’accès à un bâtiment étaient affichées une dizaine de notes de services, de renseignements et d’autres avis de recherche…
Une grande feuille jaune disait ceci : « La fête du lycée aura lieu le dernier jour de cette dizaine de vingt heures à minuit au gymnase - Entrée gratuite, moyennant la présentation du carnet personnel - boissons et sandwichs à acheter sur place - Au programme : Concerts rock de groupes du lycée. - L’administration - »
La fête du lycée…Stefane pourrait aisément y aller en se faisant passer pour un jeune de l’établissement et rencontrer des gens normaux de son âge…Le dernier jour de la dizaine était le lendemain, il pourrait donc passer la journée en ville et s’inviter à la fête dès le soir venu. Et puis il partirait le surlendemain en bateau pour les Landes où il vivrait une vie toute nouvelle pour lui ; même si il ne savait pas encore très bien par où commencer…
Il fit demi-tour et ressortit du lycée comme il était venu, tel un fantôme…
Stefane se réveilla. Il avait dormi le jour dans le hall de la gare par où il était arrivé à cette ville, ce monde qui était son rêve. Il consulta le grand cadran qui indiquait alors dix-huit heures et cinquante minutes ; il lui restait une grosse heure pour se préparer et se rendre au lycée de la plage. Il s’éclipsa aux toilettes des lieux. Lorsqu’il arriva dans la petite pièce incluant deux cabines de WC et un lavabo, il y avait déjà un homme. C’était un homme étrange. Vêtu de vert, son visage jeune et abîmé était orné d’une légère barbe et laissait transparaître une profonde fatigue et une lassitude sans limite. Ses bras s’articulaient pour exécuter un geste qu’il répétait certainement tous les jours ; il se piquait. Stefane avait l’habitude d’assister à ce genre de spectacle ; lui-même se piquait autrefois, lorsqu‘il était au centre de jeunes reclus de la société…Il s’enferma dans une cabine et attendit que le drogué ne se soit échappé pour sortir et se présenter devant la glace qui surmontait le lavabo.
Il se débarbouilla rapidement, s’arrangea les cheveux et se lava les mains, puis il sortit des toilettes et enfin de la gare. Dehors, le temps était comme la vielle ; radieux. La douce obscurité avait laissé place à la virilité du soleil qui inondait de sa lumière les rues surchauffées et exaspérait les touristes qui se ventilaient par leurs propres moyens. L’heure du début de soirée nuançait heureusement ce climat estival. Au détour d’une rue, Stefane croisa un groupe de jeunes, ils étaient vêtus de jeans, les cheveux coiffés en arrière à l’aide de gel, des visages beaux gosses, un pack de bières à la main…Était-ce à cela que ressemblait un adolescent normal dans cette société ? Stefane, lui, avec ses cheveux ébouriffés qui lui tombaient sur le visage, ses yeux cernés, ses vêtements simples rouge et noir et son vieux sac en bandoulière n‘avait aucune notion de la normalité chez ce genre de personne…
Ils allaient certainement à la fête du lycée, Stefane, qui ne se souvenait plus très bien de la situation de l’établissement, les suivit. Ils arrivèrent ainsi à l’entrée du lycée où une cinquantaine d’adolescents s’étaient retrouvés, fumant et buvant allégrement avant même que ne soient ouvertes les festivités. Mais l’essentiel de la population lycéenne se trouvait dans la cour, le visiteur fut même surpris de voir autant de monde en un seul et même endroit ; plusieurs centaines de filles et de garçons, entre quinze et dix-huit ans regroupés en petits amas éparpillés de parts et d’autres de la grande cour. Les plus vieux se rapprochaient de la porte d’entrée pour fumer ensemble et les plus jeunes faisaient déjà la queue pour rentrer dans la grande salle du gymnase transformée pour l’occasion en petite salle de concert et certainement en piste de danse. Résolu à affronter d’emblée le plus difficile, l’étranger se glissa dans la file d’attente, en espérant passer au travers des mailles du filet tendu par les regards des surveillants.
La queue avançait relativement vite, si bien qu’au bout de cinq petites minutes, la jeune fille qui précédait Stefane franchit les portes du gymnase après avoir présenté un carnet portant le nom de l‘établissement et le sien. Il comprit à ce moment là que ses chances d‘entrée étaient nulles. L’intrus se présenta entre les surveillants en dégoulinant d’ors et déjà de sueur à l’idée d’être incapable de présenter une preuve d’ailleurs fausse qu’il appartenait à ce lycée. Mais alors qu’un pion allait ouvrir la bouche pour lui demander de présenter ce fameux carnet, le deuxième tapa sur l’épaule du Stefane qui sursauta. « Hé ! C’est Boulzaguay, le fils du directeur, tu vas quand même pas lui demander une pièce d’identité ? ! » Ronchonna l’imposante personne à son collègue qui laissa passer l’inconnu.
Éperdu de cette chance inouïe, Stefane remerciait du fond du cœur ce Boulzaguay d’avoir existé et franchit à son tour les portes du gymnase. Devant lui s’étendait alors un sombre couloir carrelé de toutes parts. Le rythme de quelque chanson effrénée faisait vibrer l’air et vient lui exciter les tympans. Ca y était, il entra dans la grande salle…