CONNEXION
  • RetourJeux
    • Sorties
    • Hit Parade
    • Les + populaires
    • Les + attendus
    • Soluces
    • Tous les Jeux
    • Gaming
  • RetourActu Gaming
    • News
    • Astuces
    • Tests
    • Previews
    • Toute l'actu gaming
  • RetourBons plans
    • Bons plans
    • Bons plans Smartphone
    • Bons plans Hardware
    • Bons plans Image et Son
    • Bons plans Amazon
    • Bons plans Cdiscount
    • Bons plans Decathlon
    • Bons plans Fnac
    • Tous les Bons plans
  • RetourJVTech
    • Actus High-Tech
    • Intelligence Artificielle
    • Smartphones
    • Mobilité urbaine
    • Hardware
    • Image et son
    • Tutoriels
    • Tests produits High-Tech
    • Guides d'achat High-Tech
    • JVTech
  • RetourCulture
    • Actus Culture
    • Culture
  • RetourVidéos
    • A la une
    • Gaming Live
    • Vidéos Tests
    • Vidéos Previews
    • Gameplay
    • Trailers
    • Chroniques
    • Replay Web TV
    • Toutes les vidéos
  • RetourForums
    • Hardware PC
    • PS5
    • Switch 2
    • Xbox Series
    • Switch
    • Pokemon pocket
    • FC 25 Ultimate Team
    • League of Legends
    • Tous les Forums
  • PC
  • PS5
  • Xbox Series
  • Switch 2
  • PS4
  • One
  • Switch
  • iOS
  • Android
  • MMO
  • RPG
  • FPS
En ce moment Genshin Impact Valhalla Breath of the wild Animal Crossing GTA 5 Red dead 2
Liste des sujets

Nouvelle: thriller

Soulblighter
Soulblighter
Niveau 10
28 mai 2005 à 13:18:26

Hé bien, que dire hormis que c´est sublime?

j´en ai marre des bonnes fics, on arrive pas à foutre des commentaires dessus. je comprends désormais la frustartion de xbq devant Providence. J´ai cependant une question, des projets futurs?

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
28 mai 2005 à 15:26:34

Soul

:lol: justement j´avais oublié de lire providence moi... j´vais commencer ça aujourd´hui. Merci beaucoup d´avoir lu!
Par ailleurs, j´ai beaucoup de projets futurs plus sanglants les uns que les autres, mais je commence aujourd´hui une nouvelle nouvelle ( :) ) dont je suis en train d´imaginer le scénario :ok:

J´ai moi aussi une question pour l´expérimenté du suspense que tu es: Si j´enlève au complet la phrase qui parle du souffle froid qui le traverse ( plusieurs m´ont reproché que c´était prévisible à cause de cette phrase), est-ce que la fin sera compréhensible? :question:
Merci encore!

Red

Oui je sais que c´est prévisible un peu cette fin j´vais probablement enlever la phrase du souffle qui de toute façon sonne mal. Merci d´avoir lu et commenté!

Question général à qui veut bien me répondre: Vous avez pas eu de difficultés à comprendre la partie ou j´explique la vie d´Émilie Tsesate parce que certains lecteurs m´ont dit que ce n´était pas trop clair alors j´aimerais avoir votre opinion! :merci:

redsissi
redsissi
Niveau 10
28 mai 2005 à 16:11:20

Pour moi j´ai pas eu de problèmes avec cette partie sauf qu´il faudrait pt couper à certains endroits... quand tu parles de sa famille puis des réactions de François tout est ensemble... et ça va pas nécessairement ensemble... faudrait pt faire des paragraphes différents... enfin c mon opinion

ClarenceSeedorf
ClarenceSeedorf
Niveau 10
28 mai 2005 à 16:39:38

J´avais commencé à lire cette nouvelle ce matin, cet aprem je ne m´étais pas fixé l´objectif de lire une fic sur ce forum mais mon envie et ma curiosité a pris le dessus. Une chose est sure, tu as su prendre en compte les conseils ( entre autre de Skysoft et redsiss ) pour améliorer et pour subjuguer tes lecteurs par la suite.
L´orthographe dans les premiers chapitres laisse un peu à désirer, notamment sur les conjugaisons, mais par la suite on oublie peut etre les petites erreurs pour se concetrer sur l´histoire qui est rondement menée. Une fin peut etre prévisible mais pas ridicule ( certaines fins de thrillers sont vraiement pompeuses ) , tu t´es bien sorti de cet exercice de style, qui est à mon gout l´un des plus durs de la littérature.
En ce qui concerne les personnages, je les trouves suffisamments fouillés, François, auquel tu donnes quelques détails au fil du texte est un personnage en même temps charismatique et peureux, et j´ai adoré l´éhcnage François-Emilie ( digne de celui Clarisse-Hanibal dans le Silence des Agneaux ) . Peut etre que dans un texte plus long on aurait pu donner plus d´importance au personnage de Richard qui mériterait d´avoir une place plus importante ( dans les découvertes avec françois par exemple) .

En somme un très bon travail et ca me fait plaisir de voir un écrivain talentueux sur le forum.
En attendant tes prochains écrits je m´incline une nouvelle fois devant ton talent. :)

Soulblighter
Soulblighter
Niveau 10
28 mai 2005 à 18:46:17

Disons que le " souffle froid" est tout de même bien placé car on est pris par le texte et qu´on l´ingurgite ( trop?) rapidement sans vraiment s´amuser à analyser chaque partie comme j´ai tendance à le faire sur un texte qui posséde des lourdeurs. Je ne suis pas une trés bonne critique quand j´aime ( je me repete?), il y a certainement des points à améliorer et je te dirais de suivre l´avis des autres même si la fin était certes envisageable. Tu as cependant plus de suspens dans le scénario que Star Wars épisode 3 :rire:

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
28 mai 2005 à 20:40:04

Clarence

Merci beaucoup d´avoir lu et commenté ( avec profondeur :-) ) . Je n´ai pas grand chose à dire sur ton commentaire et je te remercie encore une fois d´avoir pris la peine de formuler un commentaire!
Encore une fois, je vais essayer de faire en sorte de rendre la fin moins prévisible, notamment en subtilisant le souffle qui est un peu exagéré et qui gâche le punch.

Soul

:lol: j´ai trouvé star wars 3 assez bon, surtout comparativement aux 1 et 2 qui étaient d´une nullité peu commune. Je prends donc ton commentaire pour un compliment! :ok:

Je vais donc reposter une version finale et qui suivra le plus possible vos conseils! Merci à vous tous!

Love-Nirvana
Love-Nirvana
Niveau 8
29 mai 2005 à 10:36:18

Love-Nirvana frappe à nouveau ( lol) ! J´ai suivie ta fic avec un grand intérêt mais, je dois l´avouer, j´ai été déçue par la fin qui me semble trop bâclée et moins surprenante et orginiale que je ne l´aurais pensé ! Il n´empêche que ton style s´est vraiment amélioré, ajoutant du plaisir à ta lecture !

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
29 mai 2005 à 15:24:03

Love-nirvana

Désolé que ça ne t´ait pas plu, on ne peut pas avoir que des commentaires positifs! :-)

Je vais poster une version définitive dans quelques jours et j´espère qu´elle te plaira davantage! :merci: d´avoir lu et commenté.

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
29 mai 2005 à 19:24:16

Je voulais aussi préciser que ma nouvelle est inspirée de faits vécus. Le Oui-Ja est réellement dangereux: " À Londres, il y a une vingtaine d´années, une famille jouait au Oui-Ja ( ce jeu a été très à la mode, surtout dans les années 70), et l´un des deux garçons est parti à la cuisine et est revenu avec un couteau. Il a tué son frère, et après l´acte, ne se rapellait plus de rien. :peur:

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
29 mai 2005 à 19:25:16

rappelait*

Love-Nirvana
Love-Nirvana
Niveau 8
30 mai 2005 à 18:21:14

En tout cas on peut pas m´accuser parce que j´étais pas née ! :fou:

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
30 mai 2005 à 22:57:16

Effectivement...

Mais tu pourrais être plus précise quand tu dis que tu trouves la fin bâclée? J´aimerais avoir des détails pour l´améliorer... :-)

redsissi
redsissi
Niveau 10
30 mai 2005 à 23:12:17

Mouahahahaha!!!! :diable: :fou:

bin non!!! je suis née dans les années soixante mais c´est pas moi!!! :-p

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
30 mai 2005 à 23:30:39

Surtout que t´es pas un garçon et que tu vis pas à Londres! :rire:

Wil-Kill
Wil-Kill
Niveau 9
01 juin 2005 à 03:21:43

Oh là là ! vraiment, très beau récit Seskoisa ! Je me dépechais à lire chaque chapitre afin de ne rien manqué ! ^^ Je regardais chaque page afin d´essayer d´y apercevoir un long texte. ^^

Vraiment, continue tes très bon talents ! Lorsque tu auras de nouveaux textes de ce genre, je veux être le premier à le lire, d´acc ? ^^

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
01 juin 2005 à 03:31:17

Merci beaucoup d´avoir lu et commenté! :)

Pour répondre à ta demande, tu n´auras qu´à te tenir sur le forum, car j´y posterai probablement mon prochain texte :ok:

Hermione-G
Hermione-G
Niveau 10
05 juin 2005 à 08:29:11

C´est vraiment SU-PER-BE !
Franchement, j´adore !

Le style avec lequel tu écris, la façon de tenir le suspens et tout le reste...
Chapeau !

Je regrette juste qu´elle n´ait pas duré longtemps ( C ça que j´aime pas trop dans les histoires : ça se finit tjs à un moment ou à un autre ^^)

Mais c´est vraiment bien ! :ok:

Au fait, t´as écrit autre chose ou juste cette nouvelle ? :)

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
05 juin 2005 à 13:34:23

Merci d´avoir lu et content que ça t´ais plu :-)
J´ai écrit plusieurs nouvelles, mais sur le forum il n´y a que celle-ci pour le moment. Je vais en poster une autre bientôt.
En tout cas, merci d´avoir commenté! :)

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
20 juin 2005 à 00:48:52

Bon alors voilà, suivant la proposition de Skysoft pour faciliter la lecture des fics, je reposte la nouvelle au complet, dans une version finale, à moins que vous voyiez des trucs à améliorer. Merci d´avance à ceux qui auront le courage de lire ( ou de relire :-) ) et de mettre des commentaires ( je suis à la recherche de phrases boiteuses)!

Imposture

François pénétra dans la pièce et aperçut la petite fille qui se tenait dans un coin, immobile.
Richard lui avait spécifié qu’elle présentait un mutisme, sans doute causé par le traumatisme dont elle avait été victime. Elle ne semblait pas consciente de la réalité. Ses traits délicats ne trahissaient aucune émotion. Ni crainte, ni désir de fuir. Une neutralité déroutante.
Le pédopsychiatre déserra légèrement sa cravate et toussota.
-Je...
L’enfant releva la tête, et un frisson parcourut l’échine de l’homme. Le regard sombre et vide de la fillette était posé sur lui, tels deux gouffres noirs. Il y reconnut aussitôt les symptômes de la catatonie.
Le goût amer du café toujours imprégné sur la langue, il s’éclaircit de nouveau la gorge, et s’avança de quelques pas. Déjà, il distingua mieux le petit visage, qui était tapissé de sang coagulé. Le reflet tremblotant des néons lui donnait un teint cadavérique.
-Alors Émilie, est-ce que ça va aller?
Seul le bourdonnement harassant des néons lui répondit.
-Tu as faim? Tu veux que j’aille te chercher quelque chose à manger?
Sa conversation avec les néons se poursuivit.
François réprima une grimace dégoûtée en notant l’état de ses mains. Elles semblaient avoir littéralement baigné dans un seau de peinture rouge. Il eut un haut-le-coeur, et fit une pause, tandis que la fille ne cessait de fixer le néant.
-Alors, je crois que tu as envie de sortir d’ici, non? Une pièce capitonnée, tu ne trouves pas ça effrayant? Moi, si. J’ai toujours détesté venir ici. Et j’aimerais bien sortir au plus vite. Tu vois, tu pourrais m’aider en répondant à mes questions. Qu’est-ce que tu en dis?
L’enfant ne réagissait toujours pas. Elle gardait la même position raide et dénuée de naturel, le même regard vide.
-Qu’est-ce qui s’est passé? Est-ce que tu peux me le dire?
Seul l’imperceptible soulèvement de sa poitrine indiquait qu’elle vivait toujours. Le pédo-psychiatre s’avança avec prudence.
-Pourquoi as-tu fait ça? répéta François. Tu peux me le dire.
Ses lèvres se séparèrent enfin. D’une voix rauque et tremblante, elle murmura deux syllabes, le regard toujours aussi vague:
-Oui-Ja.

***

Quinze minutes plus tôt.

François examinait un dossier lorsque Richard arriva. L’enquêteur des crimes majeurs était blême et semblait exténué.
-On a un problème, commença Richard. Il y a une petite fille.
Il ouvrit le dossier qu’il tenait sous le bras.
-Une certaine Émilie Drolet. Elle ne parle pas aux policiers. Elle ne répond à personne. C’est comme si elle était dans un autre monde. Alors, comme tu es spécialiste avec les enfants...
-Elle a quel âge?
-Neuf ans.
-Tu as parlé à ses parents? Ils t’ont dit qu’elle souffrait de mutisme avant de venir ici?
-Je ne leur ai pas parlé. Ils sont morts, elle les a tués.
-Quoi?
-Sa soeur et ses amies aussi.
Richard haussa les épaules.
-Comment c’est arrivé? questionna François.
-Tu ne veux pas connaître la réponse.
François soupira. Il envisageait justement de quitter le bureau.
-Elle est ou?
-En salle d’isolement.
-Depuis combien de temps?
-Un peu plus d’une heure.
-Elle a mangé?
-Tu veux rire?
François ignora sa réponse et poursuivit.
-Elle a eu des tranquilisants?
-Cinquante milligrammes de neuroleptiques.
-Tu as l’air épuisé. Retourne chez toi.
-Je finis le rapport et j’y vais.
Richard tourna les talons et repartit, morose, en direction de son bureau. François céda aux effluves affriolantes que diffusaient la cafetière et se servit une tasse. Il en aurait besoin; les cas de meutres étaient rares, mais d’une complexité toujours inégalée.
Il but à grandes lampées tandis qu’il se dirigeait vers la salle d’isolation.

***

-Qu’est-ce que tu as dit? Oui-Ja? Comme le jeu Oui-Ja?
Aucune réponse. François envisageait la possibilité d’un mutisme sélectif.
-Émilie?
Elle cligna des paupières à l’adresse de son nom. Cette réponse le déboussola; en pleine crise catatonique, cette interaction était dénuée de tous sens.
François s’approcha d’elle, les sourcils fronçés. Du théâtre?
-Émilie, tu m’entends?
La fillette se mordit la lèvre inférieure, et il approcha son visage du sien. L’odeur écoeurante du sang caillé le poussait instinctivement vers l’arrière, mais l’incrédulité le forçait à tenir le coup. Il claqua des doigts, à quelques centimètres du visage maculé. Cette fois, elle cligna nettement des yeux. Il se releva en soupirant.
-Je sais que tu m’entends, Émilie.
Elle ne broncha pas, poursuivant obstinément son numéro. S’il était impossible de dialoguer avec un patient, il ne fallait pas insister. Il en avait eu la preuve éloquente le jour ou, sur la berge du Saint-Laurent, ils avaient retrouvé un petit garçon de sept ans, les cheveux trempés jusqu’à la racine, en crise d’hypothermie. Ils n’avaient pas son identité, et François avait été envoyé sur les lieux. Dès lors, il avait fait l’erreur de réclamer son nom à plusieurs reprises, en se faisant de plus en plus insistant; la morsure sur sa clavicule avait nécessité huit points de suture.
François, las de son incapacité à échanger, fit volte-face et s’apprêtait à sortir quand un bruit le retint. Des gémissements étouffés. La main sur la poignée, il jeta un coup d’oeil inquiet en arrière.
La petite fille était étendue sur le sol, recroquevillée en une petite masse rougeâtre et frémissante. Au bout d’un moment, elle éclata en sanglots hystériques, et se mit à s’arracher les cheveux. De larges plaques de peau dénudée grandissaient à vue d’oeil sur son crâne, découvrant peu à peu son cuir chevelu meurtri. Désemparé, François tentait en vain de conserver son calme. Il s’approcha d’Émilie Drolet, une panique démesurée l’envahissant malgré lui.
-Émilie! Calme-toi! Émilie!
Avec un hurlement de bête sauvage, elle se jeta sur lui. Surpris, il tomba à la renverse, et elle se mit à lui lacérer violemment le visage. Étouffant un cri de douleur, il la plaqua avec aisance sur le sol et se précipita sur la porte. François l’ouvrit et la referma brusquement derrière lui.
-Vite, vite! Un état de crise!
Deux gardes de sécurité approchèrent au pas de course. Sans perdre une seconde, ils pénétrèrent à l’intérieur, entourant la fillette de toutes parts. Prise au piège, Émilie reprit son attitude apathique.
-À trois! lança l’un des gardes.
Émilie se tourna vers François et lui sourit. D’un sourire enfantin, naif, qui le désorienta complètement.
-Qu’est-ce que... commença François.
L’enfant introduisit son index dans sa bouche et l’arracha d’un coup sec. Un craquement sonore retentit, se répecurtant en un écho sinistre. Stupéfié, François contempla le ruissellement pourpre qui tombait en fines gouttelettes sur le sol.
Animée d’une curiosité macabre, Émilie contemplait son oeuvre en silence. Les trois hommes se précipitèrent sur elle.

***

Seskoisa
Seskoisa
Niveau 10
20 juin 2005 à 00:50:04

La fillette avait été transférée d’urgence au centre St-Pierre. On lui avait administré des sédatifs, et Émilie dormait profondément. François était assis, songeur, juste à côté du lit de l’enfant. De solides courroies de cuir lui maintenaient bras et jambes.
Par simples mesures préventives, avait-il précisé aux infirmières. Mais les risques de rechute étaient élevés. Bien sûr, il avait gardé cette réflexion pour lui-même. Il était inutile d’inquiéter davantage le personnel de soutien, qui s’était vu bouleversé par l’évènement.
Le jour précédent, l’hémorragie avait été difficile à réprimer. La fille se débattait avec une vigueur effarante, mordant et griffant les agents de sécurité. Lorsque, au bout du combat acharné auquel avaient participé quatre gardiens, ils étaient finalement parvenus à la droguer, Émilie avait déjà perdu beaucoup de sang. Elle ne retrouverait pas l’usage de ses trois phalanges. Et puis, il était inutile de tenter de refixer son doigt, car plusieurs nerfs de la main avaient été déchirés.
Mais, pour l’instant, son état était stable.
François, pour sa part, était aussi troublé que fasciné. Il était incroyable de voir à quel point la psychologie humaine pouvait dérailler, se perdre dans un tourbillon d’idées folles. Ses diagnostics étaient confus. Il n’arrivait pas à mettre un mot sur le trouble de la fille. Psychose, schizophrénie, catatonie et mutisme sélectif... Le cas était d’une complexité encore jamais vue.
Le pédo-psychiatre contempla le visage aux yeux clos. Les paupières étaient agitées de tics, et sous elles, il savait que les pupilles remuaient en tous sens. Elle rêvait.
Au bout d’une heure, Richard fit irruption dans la pièce, l’air nerveux.
-Je crois avoir trouvé quelque chose.
François se leva, intéressé.
-Quoi?
-Rien de très précis, mais peut-être une piste. La scène du crime a été analysée, et les enquêteurs ont confirmé que la famille était au beau milieu d’une partie de « Oui-Ja ».
-De Oui-Ja?
Les mains de François se crispèrent.
-Oui, tu sais, ce jeu qui consiste à incanter les esprits...
-Non, non, je sais ce qu’est le Oui-Ja... Hum... C’est précisément la seule chose qu’elle ait dite depuis deux jours.
Un vague espoir lui traversa l’esprit. Il sentait que la solution était là, à portée de la main.
-Hé bien...
Richard fit une moue dubitative.
-Tu crois vraiment que ça a un lien avec les meurtres?
-Je ne sais pas.
François se laissa retomber mollement sur la chaise, l’esprit ailleurs. Oui-Ja. C’était la seule réponse qu’il avait obtenue d’elle, et malgré son empressement, il n’aurait pas plus de précision avant son éveil.
Richard jeta un coup d’oeil impatient vers le couloir.
-Bon, j’ai du boulot à terminer. Je... à moins que tu n’ais besoin de moi?
-Non, ça va, assura François, songeur.
Richard quitta aussitôt la pièce.
François se tourna d’un air anxieux vers la fillette. Les sédatifs ne devraient plus faire effet très longtemps.
Il prit quelques notes dans son calepin, et fut interrompu au bout de quelques secondes par un gémissement aigue. Il leva la tête et aperçut Émilie, qui se réveillait peu à peu. Ses yeux s’ouvrirent enfin. Surprise, elle jeta un coup d’oeil au plafond, puis tout autour d’elle. Et, inexorablement, vers les liens qui la retenaient.
-Émilie?
La fillette se trémoussa de fureur, tirant avec force sur les sangles de cuir. Puis, d’un air résigné, elle cessa.
François la dévisageait d’un air perplexe. Émilie fixait le sol, le visage empreint de regret et de culpabilité. De toute sa carrière, il n’avait jamais observé cette expression sur les traits d’un enfant.
-Émilie?
Elle fixait le plafond d’un oeil vide, se mordillant la lèvre inférieure.
-Émilie? répéta le pédo-psychiatre.
-Quoi? répondit la fillette sans daigner se tourner vers lui.
Son coeur fit un bond dans sa poitrine.
-Est-ce que tu sais pourquoi tu es ici?
Elle resta un moment silencieuse, puis répliqua:
-Vous n’en saurez jamais autant que moi sur la cause de ma présence ici, docteur.
François resta bouche bée. Une fois de plus, sa réponse avait été si cinglante, si peu infantile...
-Qu... Quoi? balbutia t-il, décontenancé.
-Vous avez très bien compris.
Puis, sans ajouter un mot, elle ferma les yeux et soupira. François la fixa un moment d’un air incrédule et quitta la pièce, la tête bourdonnante de questions inassouvies.
Quelque chose clochait. Cette petite fille n’était pas normale.
-Quelle perspicacité! Elle a assassiné cinq personnes, fit une voix dans sa tête.
Appuyé sur un mur, le pédo-psychiatre gémit. Il n’avait pas dormi depuis deux jours, et un mal de tête lancinant le tenaillait.
-Ça va? l’interrogea un petit homme chauve, qu’il avait déjà croisé quelquefois sur l’étage.
-Oui, oui. Je suis simplement fatigué. Je... Je dois y aller.
François s’éloigna d’un pas vif. L’homme chauve le suivit d’un oeil inquiet jusqu’à l’ascenseur. Soulagé de s’y retrouver seul, le pédo-psychiatre relut les quelques notes qu’il avait prises:
« Imite les symptômes de la catatonie. Se forme une carapace pour dissimuler quelque chose. Intonation et commentaires très matures. Formulation des phrases très ( trop) avancée pour son âge... »
Sa lecture fut interrompue par le grondement sourd des portes. Le rez-de-chaussée lui apparut. C’était un vaste hall d’entrée, semblable à celui de tous les hôpitaux de la province. François traversa le hall et sortit à l’extérieur.
À l’horizon, le soleil commençait à décliner. Il se dirigea vers le stationnement et se laissa tomber sur le siège avant de sa BMW. Puis, se souvenant soudain d’un détail, il inscrivit dans son calepin: « Tic: elle se mordille la lèvre ». Il douta un instant de l’utilité de cette remarque, puis remit le calepin dans sa poche. Sait-on jamais.
Il démarra et quitta le stationnement. Homme célibataire et sans enfants, François avait un horaire instable qui lui convenait parfaitement. Il avait toujours fui la routine.
Quelques minutes plus tard, à présent coincé dans les embouteillages de l’heure de pointe, François alluma la radio. Le poste diffusait un bulletin de nouvelles. L’animateur, Serge Therriault, évoquait les détails morbides du crime d’Émilie Drolet, que les médias surnommaient maintenant « la bouchère puérile ». Charmant.
Le trajet lui parut interminable. Au terme d’une séance cacophonique ou se mêlèrent les klaxons des voitures et les cris indignés de Serge Therriault, François parvint enfin à son condominium. Il s’étendit sur son lit, léthargique, et s’endormit au bout de quelques minutes.

***

-Non! Non, ne fais pas ça!
François était retenu par des courroies de cuir sur le lit. Émilie Drolet se tenait près de lui, brandissant un couteau de cuisine assez long pour éventrer un rhinocéros.
-Qui a l’air fou, maintenant, hein? Qui? hurlait la fillette.
Elle éclata d’un rire frénétique et lui trancha la gorge d’un geste sec et précis.

***

François se réveilla en sursaut. La lumière crue du soleil fusait depuis la fenêtre. Il jeta un coup d’oeil au réveil. Dix heures. L’homme se frotta les yeux en geignant.
La sonnerie du téléphone retentit, et il répondit, nonchalant:
-Quoi?
-Je suis désolée si je vous réveille, docteur Lecourt, mais Émilie Drolet, de la chambre
D-330, vous réclame depuis deux bonnes heures. Elle ne dit vouloir parler qu’à vous. Je... C’est votre patiente, si je ne m’abuse?
Un vif intérêt balaya sa mauvaise humeur.
-Oui, oui, j’arrive tout de suite, répondit-il laconiquement.
Le combiné retomba sur son socle avec un tintement métallique. François enfila les vêtements de la veille et se précipita dans sa voiture.
Une fois à l’hôpital, il fonça au quatrième étage, ou était située l’aile psychiatrique, et pénétra dans la chambre D-330. L’homme s’arrêta au pied du lit, à bout de souffle.
-Tu t’es... Tu t’es remise à parler?
-Oui, répondit simplement Émilie.
Le médecin la dévisagea avec curiosité.
-Prenez un siège, lui proposa t-elle.
Cette façon qu’elle avait de s’exprimer! Si simple, si posée...
Il s’assit en soupirant bruyamment, le front moite.
-Hé, bien! Qu’as-tu à me dire, Émilie?
-J’ai soif, répondit-elle.
François fronça les sourcils, agacé.
-Quoi, c’est tout?
-Je veux seulement à boire, apportez-moi un verre d’eau!
Interloqué, François s’exécuta à contrecoeur. Il déposa le verre sur la table de chevet.
-Bravo! lança Émilie d’un ton ironique. Et vous croyez que je vais l’attraper comment, ce verre?
Conscient de sa bévue, François pencha le verre sur la lèvre de l’enfant, et elle avala de longues et bruyantes lampées. Lorsque la fillette eut terminé, il fut heureux d’éloigner ses doigts de cette mâchoire imprévisible.
-Merci, soupira-t-elle.
-Maintenant, qu’as-tu à me dire?
Émilie se mordilla nerveusement la lèvre.
-Je... Ce n’est pas moi qui les ai tués.
-Pardon?
-Ce n’est pas moi, c’est quelqu’un d’autre.
-Qui donc?
Ses dents se refermèrent avec tant de force sur sa lèvre qu’elle devint livide. François examinait chacun de ses mouvements, analysant ses réactions faciales en espérant y déceler un indice.
-Vous ne comprendriez pas, murmura Émilie.
-Je pourrais essayer, suggéra t-il.
Elle gémit.
-Je... Savez-vous ce qu’est le Oui-Ja, docteur?
-Bien sûr.
-Y avez-vous déjà joué?
-Une fois ou deux, il y a longtemps.
-Ça avait marché?
De plus en plus nerveux, François fit semblant de réfléchir.
-Plus ou moins.
La fillette grimaça et détourna les yeux.
-Il y a deux jours, ça a fonctionné. Très bien même.
-Qu’est-ce qui s’est passé? demanda François, appréhendant la suite.
-Ils... Ils étaient en train de jouer au sous-sol lorsque je suis arrivée.
Elle fixait toujours le plafond, se remémorant péniblement la scène. Les traits tendus par l’émotion, elle se mordit vigoureusement la lèvre. Il craignait à chaque instant de voir cette foutue lèvre céder sous la pression, éclaboussant les murs de sang.
-Et ensuite? s’enquit le pédo-psychiatre.
-Je... Vous ne pourriez pas me détacher, ça fait mal, implora Émilie.
-J’ai bien peur que non.
La fillette fit la moue et se rembrunit. Craignant de perdre ses précieuses révélations, François émit une offre.
-C’est donnant donnant.
Elle tourna vers lui ses yeux sombres, dénués d’émotions. Ne pourrait-il donc jamais lire en elle? Un frisson lui parcourut l’échine. En vingt-deux ans de carrière, cela ne lui était jamais arrivé. Depuis ses tout débuts, la psychologie infantile n’avait jamais eu de secret pour lui, et tôt ou tard, il finissait toujours par élucider les cas les plus obscurs.
Et pourtant, Émilie Drolet le tenait au creux de sa main. Elle savait pertinemment qu’un coup d’oeil en sa direction suffirait à le troubler. Elle était vive d’esprit, et terriblement habile.
Ignorant son désir de prendre la fuite, l’homme maintint le regard sombre de la fillette. S’il affichait le moindre signe de faiblesse, il perdrait toute crédibilité, et du même coup, toute chance d’obtenir des informations. Et puis, jamais il ne s’était senti aussi lié avec un patient. Peut-être y avait-il là une quelconque piste...
Il ne parvenait plus à se détacher de son regard. Il était si profond, si vide, qu’il s’y perdait, emporté par les flots de la noirceur, chutant dans le néant...
Saisi d’effroi, François secoua la tête. Que lui arrivait-il?
Les lèvres d’Émilie s’étirèrent en un sourire satisfait.
-Donnant donnant, vous dites? Je vous donne des détails, et vous me détachez?
-Oui, balbutia François d’une voix rauque.
Honteux, il comprit qu’elle avait eu le dessus. Il reprit la parole:
-Ils jouaient au Oui-Ja lorsque tu es arrivée...
François constata avec soulagement qu’elle se mordillait à nouveau la lèvre.
-C’est ça. Pierre et Louise se tenaient au milieu de la pièce...
-Qui sont-ils? l’interrompit le pédo-psychiatre.
-M... Mes parents, répondit Émilie après une hésitation. Vous ne devriez pas le savoir?
-Oui, assura François.
Il inscrivit dans son bloc-notes qu’elle nommait ses parents par leur prénom, fait anormal à cet âge. Il fouillerait de ce côté.
Émilie jeta un coup d’oeil méfiant à son carnet.
-Qu’est-ce que vous écrivez? interrogea t-elle.
-Rien de très important, continue, la pria François.
-Je...
Au même moment, elle s’arc-bouta et se mit à tirer furieusement sur les courroies de cuir. Déçu, François appuya sur le bouton d’urgence. Deux infirmières apparurent sur le seuil de la porte, armées de sédatifs.
-Faites-la sortir! hurla Émilie en se débattant impétueusement. Non! Va-t-en!
François fit signe aux deux femmes de s’arrêter.
-Quoi? Que se passe t-il, docteur Lecourt? questionna l’une des infirmières, affolée.
-Dehors! Dehors!
Émilie tentait en vain d’arracher les lanières avec ses dents, son visage écarlate silloné de veines.
-Sortez! ordonna François.
-Mais docteur...
-Sort!
-Écoutez-la, dehors, allez, vite, vite!
Les deux infirmières s’éclipsèrent, et François referma la porte derrière elles. Il se retourna vers la fillette qui criait toujours. Ses hurlements suraigus lui meurtrissaient terriblement le tympan; il était persuadé que ses oreilles siffleraient des jours durant.
Ne trouvant rien d’utile à faire, il se laissa tomber sur une chaise, et se mit à prendre des notes. Émilie poursuivait assidûment son numéro, mais l’homme ne se laissa pas impressionner; ce n’était pas la première crise d’hystérie à laquelle il assistait. Il jeta un coup d’oeil à ses notes:
« Nomme ses parents par leur prénom. Sautes d’humeur récurrentes. »
-Docteur? fit une voix douce.
Il releva la tête et aperçut Émilie qui le fixait, affichant un air poliment intrigué.
-Que s’est-il passé, docteur Lecourt?
François, incrédule, se mit à griffonner frénétiquement dans son calepin.
-Quoi? Qu’est-ce qu’il y a? l’interrogea la fillette, de plus en plus inquiète.
Décidément, garder le silence n’était pas une bonne approche. Le pédo-psychiatre lui relata les évènements des dernières minutes. Elle écouta attentivement, son visage passant du simple étonnement à l’affliction. Elle éclata en sanglots.
Habité d’une répugnante fascination, François la fixait d’un oeil avide. Émilie était un cas défaillant, et il se complaisait dans l’effroi qu’elle lui inspirait.
Les minutes passèrent, de moins en moins palpitantes. En voyant les sanglots perdurer, François se retourna et vit les deux infirmières qui, par la petite fenêtre aménagée dans la porte, assistaient à la scène. Il se dirigea d’un pas décidé vers la sortie.
Dès qu’il fut hors de la pièce, toute sa vigueur professionnelle le quitta. D’un coup, il se sentit épuisé, troublé et surtout inquiet. Il avait espéré que cet interrogatoire lui apporterait un soupçon de réconfort, un brin de logique dans lequel il pourrait se réfugier momentanément. Mais c’était peine perdue. Chacune de ses hypothèses étaient réfutées par l’enfant. Ses gestes, ses paroles, tout se contredisait.
Pire encore, elle savait ce qu’elle faisait.
Il s’adressa aux deux infirmières d’un ton qui se voulait autoritaire:
-Doublez sa dose de sédatifs jusqu’à ma prochaine visite, elle ne doit pas se blesser. Et ne la détachez surtout pas!

***

Sous forums
  • Montage vidéo
  • Modélisation 3D
  • Arts Graphiques
  • Ecriture
  • Modélisme
La vidéo du moment