Voici la suite! Il ne restera plus qu´un chapitre après celui-ci, qui viendra d´ici une semaine au minimum. Je dois préciser que ce chapitre est plus violent que les autres. Bonne lecture!
Quand François se présenta au centre de la Sûreté du Québec, le bureau de Richard était vide. Agacé, il parcourut presque la totalité des couloirs de l’étage avant de trouver son collègue, assis près de la photocopieuse.
-T’es là, toi!
Le visage de Richard s’éclaira soudain.
-Je voulais justement te parler! Il y a du nouveau?
-Pas vraiment, répondit François. Tu as le dossier du crime?
-Dans mon bureau...
-Il me le faut. C’est urgent.
Richard jeta un coup d’oeil dépité vers la photocopieuse en marche, et se dirigea d’un pas vif en direction de son poste de travail.
-Quelle information tu cherches?
-Juste les détails du crime. J’ai l’impression que ça pourrait m’être utile.
-Pour évaluer l’état psychiatrique de la fillette?
François ne répondit pas. Cette affaire était devenue une obsession, et l’élucidation du crime ne relevait pas de ses compétences. Il outrepassait son devoir afin d’assouvir son besoin de vérité.
Une fois dans son bureau, Richard lui tendit l’épais dossier relevant tous les détails du crime.
-Tu es sûr que tu veux voir ça?
-Certain.
François le prit et remercia l’enquêteur avant de se précipiter vers son propre bureau, deux étages plus bas. Il serait inutilement long d’attendre l’ascenseur; il prit donc l’escalier. Il commença à dévaler les marches, et releva la tête. Émilie se tenait debout sur le palier, quelques marches plus bas, le fixant de ses yeux vides. Son visage était aussi tâché de sang que la première fois ou il l’avait vue, dans la salle capitonnée.
Foudroyé d’horreur, il trébucha et déboula les quelques marches qui le séparaient de la fillette. Il se cogna brutalement la tête contre le mur de ciment et se retrouva étendu de tout son long, désorienté. Au bout de quelques secondes, la panique le submergea de nouveau et François parvint à ouvrir les yeux. Il était seul.
Furieux contre lui-même, il se leva péniblement, chancela un moment et alla percuter de nouveau le mur. Un éclair d’étourdissements lui brouilla la vue. François s’étendit sur le sol et attendit que la douleur lancinante s’atténue. Il sentit pour la première fois le liquide chaud qui coulait le long de son visage, sortit un mouchoir et se mit à essuyer frénétiquement le sang qui gouttait sur sa chemise.
Cette petit folle n’allait pas gagner, elle n’aurait pas raison de lui!
Il se releva brusquement et dévala le reste des marches, ouvrit la porte qui permettait d’accéder à l’étage et se précipita à son bureau. Une fois assis, il tâta son front afin d’évaluer les dégâts. Malgré l’abondante quantité de sang qui s’était répandue sur lui, la blessure semblait superficielle. Il s’épongea de nouveau le crâne et ouvrit le dossier avec précipitation. François était certain qu’un détail lui permettrait de tout comprendre, d’élucider cette affaire qui s’éternisait et qui prenait des proportions démesurées. Il avait même des hallucinations!
La main tremblante, il tourna la première page qui n’était qu’un rapport du nom des victimes et une description du lieu du crime. Et il tomba sur les photos.
La première était un plan éloigné, ou l’on apercevait une table renversée, des divans éventrés et une télévision à l’écran fracassé. Le sol était jonché de cadavres qu’il devinait sanguinolents et démembrés. Sur le mur du fond, un message avait été écrit en lettres rougeâtres: « La Mort ne repart jamais bredouille ». Le message était signé d’Émilie. François frissonna.
Les photos suivantes étaient des gros plans de chacun des corps. Leurs poitrines avaient toutes été creusées au couteau, et le coeur sectionné. Le pédo-psychiatre se pencha et vomit dans la corbeille à papier. Il s’essuya la bouche d’un revers de main et parvint à tourner la dernière photographie. L’homme se retrouva devant le rapport du crime. Il était spécifié que le message avait été écrit avec le sang des cinq victimes.
Un nouveau haut-le-coeur lui parcourut la gorge et il jugea préférable de s’en arrêter là. Il referma le dossier et soupira, le goût âpre de la bile imprégné sur sa langue. Au bout d’un moment de réflexion, il nota le message qui avait été écrit sur le mur et le relut. La solution se trouvait peut-être là, tapie dans l’ombre de ces six mots. Il le relut à l’envers, prit les premières lettres en tentant de former un mot cohérent, en vain. Il regroupa les dernières lettres de chaque mot, et obtint: « a-t-e-t-s-e ». Ce mot lui rappelait vaguement quelque chose... Il fit une recherche rapide dans la banque de données de son ordinateur, qui regroupait les casiers judiciaires. La recherche se termina et un message d’invalidité apparut à l’écran. François relut les mots, de plus en plus avide de trouver une solution. Il remania l’ordre des lettres pendant un moment, et tomba sur le mot « Tsesate ». Ce nom aux assonances italiennes lui disait quelque chose. François refit une recherche et étouffa un cri de surprise en voyant le résultat.
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