La police a infesté ma rue pendant toute la semaine. Le cadavre s’appelait Dave Fincher. Les policiers ont vite compris les causes de sa mort : il avait été poignardé à trois reprises, au niveau du torse. Il n’y avait aucun doute possible, c’était un meurtre. Il y avait donc un tueur dans les environs. Un tueur qui n’a pas peur des policiers visiblement : il n’a même pas pris la peine d’enterrer le cadavre. Les policiers ont installé un couvre-feu. Toutes personnes repérées après 19H00 seraient arrêtées. Rien que ça. Mais le plus étrange dans tout ça, c’est la fille. Eli. Que diable faisait-elle dans les bois à cette heure ? Elle n’a rien voulu dire au policier. Pourquoi ? Je voulais tellement savoir pourquoi ! Je n’ai pas encore eu l’occasion de lui parler, ni même de la voir ! Il fallait absolument que je lui parle. En attendant, je dois à tout prix éviter Jonas et ses potes. Ils m’ont laissé tranquille jusqu’à maintenant mais j’ai l’impression qu’ils mijotent quelque chose. Je devais rester sur mes gardes.
…
Je rentrais chez moi quand je l’ai vue. Elle était assise sur les marches. Elle lisait un livre. J’ai su que c’était elle car les marches sur lesquelles elle était assise appartenaient au numéro 13. Quand elle m’a aperçu, elle a levé la tête et j’ai pu voir à quoi elle ressemblait. Honnêtement, elle était plutôt mignonne. Elle avait de longs cheveux noirs. Ses yeux étaient bruns. J’ai deviné qu’elle n’était pas très grande malgré qu’elle soit assise. Je lui ai dit de mon ton le plus amicale possible :
-Salut !
Elle m’a examiné un petit moment puis a répondu :
-Ah tu es le nouveau voisin.
Elle s’est levée et m’a tendu la main en souriant :
-Bonjour, je m’appelle Eli mais tu le sais sans doute déjà.
J’avais une folle envie de lui demander pourquoi s’était-elle aventurée dans les bois ce jour-là mais ça n’aurait pas été correct. Et puis il n’y avait pas que ça… Elle avait sympa et j’étais un petit à court d’amis ces temps-ci. J’ai donc répondu :
-Moi, je m’appelle William. Tu lis quoi de bon ?
Elle m’a montré la couverture et j’ai été étonné. Je m’attendais à un livre d’amour ou de la vie quotidienne. Mais pourquoi un livre d’amour aurait un spectre sur la couverture ?
-Géniale, me suis-je écrié. C’est bien ?
-Je suis à la page 12, dit-elle en souriant.