Deux ans plus tôt, j'ai posté " Legend of Liberty " sur ce forum. C'était pas terrible et j'avais écrit ça il y a bien plus que deux ans, mais ce coup-ci au moins je poste quand je finis d'écrire. J'espère que c'est mieux, et ça n'a rien à voir avec mon œuvre précédente, du moins pour ce court prologue.
Bientôt, il ferait nuit. Cela ne lui importait pas vraiment, mais il aurait probablement mieux fait de rentrer. Il ne pouvait pas rester au bar toute la soirée, sachant que des clients allaient arriver, et il n'aimait pas faire partie de la foule. Qui plus est, un mineur ne pouvait que se faire remarquer dans ce genre d'endroit.
Il n'avait rien bu. Il venait simplement perdre son temps dans le seul endroit qui ne le discriminait pas pour ses cheveux, recouvrant sa face de noir, ou son apparence inerte. Il n'y avait jamais personne le jour, alors il s'y rendait assez fréquemment, juste pour s'asseoir, et éventuellement échanger un ou deux mots avec le vieux barman, ou son employé. Il ne se souvenait pas de comment il était arrivé là, ni quand. C'était sûrement dû au fait qu'il garât son deux-roues motorisé à l'arrière de la boutique, à chaque fois qu'il descendait en ville, et cela depuis déjà des années.
Avant de s'en aller, il se rendit aux toilettes, et s'arrêta devant le robinet. Il regarda le reflet de cet homme qu'il avait en face de lui, s'aspergeant la face d'eau, mais il ne supporta pas de se voir. Son iris brun n'inspirait que la mort, comme celle des feuilles mourantes d'automne, et il le préférait encore à cette œil gauche au vert nauséabond. Son expression était purement vitreuse, comme s'il était incapable de voir quoique ce soit, et le seul autre sentiment qu'il laissait voir était le dégoût d'apercevoir son propre œil. Il ne voyait rien, il n'avait besoin de rien voir. Il ne se voyait même pas, et c'était principalement inconsciemment qu'il agissait, comme un automate sans vie. Et c'est en tant que tel qu'il retourna chez lui.
Il n'avait même pas besoin de voir devant lui pour éviter les cailloux sur la route. Le chemin était assez long, mais c'était entièrement dû à sa lenteur. Il n'avait pas envie de revenir dans sa cabane, complètement isolée dans les plaines périphériques, mais il n'avait pas non plus envie d'aller ailleurs. Alors il prenait son temps, et il ne se préoccupait pas de l'heure, où de quoique ce soit d'autre.
Il atteignit sa destination sans laisser le coucher du soleil se terminer. Le ciel tournait peu à peu au noir, et la cité commençait à s'illuminer et se remplir, contrairement au vide qu'elle était une heure plus tôt. Après avoir mis en sécurité sa moto, la cachant dans quelques buissons, il remonta finalement chez lui, empruntant la porte creusée dans le tronc. L'abri était impossible à repérer de l'extérieur, enfoui dans le feuillage, mais il donnait une nette vue sur la ville, depuis les orifices qui servaient de fenêtres.
Il admira le peu de bleu qui restait dans le ciel, et, soupirant, se retira pour aller dîner. Ce n'était pas un moment particulièrement agréable pour lui. Il n'avait personne en face de lui, et encore moins de quoi discuter. Cette routine lui était tellement commune qu'il n'y pensait plus. Il avait abandonné tout espoir, et ses journées n'étaient que mortes, tout comme l'étaient ses pensées.
Il fit trois pas depuis la table pour arriver au lit, et un de plus pour s'y effondrer. Le plafond n'était pas particulièrement beau, et d'aussi mauvaise qualité que le reste. Il ne pouvait pas le voir, de toute manière, sans dégager son visage, mais il resta allongé sur le dos, sans fermer ses yeux, jusqu'à ce que la conscience lui passe. Il s'endormit sans même se déshabiller, oubliant simplement sa douleur, au moins pour la nuit. Et ce n'est qu'ainsi qu'il sembla vivant.
Il ouvrit ses paupières, encore incertain de ce qui était réel ou non. Confirmant la présence de son globe oculaire gauche seulement se rassura-t-il. Il avait mal en permanence. La douleur résonnait dans sa tête, et il lui venait de son cœur l'envie de vomir, chaque fois qu'il percevait l'image de son œil dans son esprit. Un membre d'un corps humain n'aurait pas eu cette influence, fut-elle lié à un traumatisme. Et pourtant, il le voyait couvert de sang chaque matin, dans le reflet de du thé qui perdait alors tout goût.
Le soleil se levant à peine, il partait déjà, sans accorder plus qu'un simple regard à l'horizon rosé. Il reprit son véhicule, et refit la route qu'hier matin, accompagné du même bruit de moteur, il avait prise. Le vent seul sur sa route était capable de voir à travers ses cheveux, mais là encore ce n'était pas assez pour atteindre son cerveau et y faire passer de l'air frais.
Il fit son chemin jusqu'à la banlieue aux immeubles d'à peine trois étages, se gara dans le parking vide du bar, et ignorant ce dernier, s'enfonça dans la jungle urbaine à pied, où la taille ne cessait d'augmenter. Sa destination était un bâtiment de soixante-quatre étages, centralisant tout l'enseignement supérieur possible, ou supérieur du moins à celui pour enfants de trois ans. Il en avait quatorze et était à sa dixième année en termes de grade, étant pourtant présent seulement depuis quatre ans. Rien ne l'obligeait à venir jusque-là, alors même qu'aucune passion ne brûlait en lui, mais il suivait par défaut le quotidien qu'on lui avait prévu.
Il passa sa carte personnelle, sur laquelle était un synopsis de sa vie, avec même une adresse qu'il ne reconnaissait pas, et la porte d'entrée s'ouvrit en réponse, le laissant accéder à un long couloir vide, qui ne menait qu'aux ascenseurs. Grimpant dans l'un d'entre eux, il appuya successivement sur les boutons trois et six avant de valider sa requête à la machine. Celui-ci fit son travail sans aucun problème, et le déposa au niveau désiré, où il se rendit dans sa classe, déjà bien remplie, et s'assit silencieusement à la place portant son nom. Il ne regardait toutefois jamais l'inscription sur sa table : cette identité ne représentait rien pour lui, et il n'avait plus rien de celui qu'on avait nommé ainsi.
lui y'a pas de balise, effacez son topic
Les balises ne sont pas obligatoires bb
C'est maladif là par contre. (gero')
Aguma Voir le profil de Aguma
Posté le 21 décembre 2013 à 20:51:50 Avertir un administrateur
Les balises ne sont pas obligatoires bb
c'est pas ce qu'on m'a dit, et ils ont effacé mon topic parce qu'il y en avais pas et résultat j'ai tout perdu de mon roman
![]()
Je pensais pas qu'on m'en voudrait autant pour pas mettre de balise
Enfin je peux pas mettre deux balises à la fois, non plus.
Mais t'as pas besoin de mettre de balise, y a aucun soucis. C'est juste l'autre pisseuse qui vient polluer injustement ton topic. T'as rien à voir dans l'histoire, t'inquiètes ![]()
ouais j'avoue en plus les balises ça sert à rien ![]()
Bon. Et si on lisait le texte ?
craymarty t'es marty et crazy ?
Smasher, je m'engage à commenter ton texte avant mardi soir en réparation de ce bazar malvenu
J'attendais qu'il up le topic mais il a du oublier ![]()
Je suis malheureusement sur mobile. Donc c'est pas évident d'écrire... Bon, globalement, c'est assez simple, avec quelques facilités et poncifs un peu court. Un peu trop de flou aussi, ce qui est in peu chiant pour un démarrage.
Mais j'attends de voir la suite. Il y a du potentiel.
Qu'est-ce que tu entends par des facilités ? Je vois pas vraiment. Après si le texte est flou en ce qui concerne le personnage, c'est intentionnel, mais j'ai essayé autant que possible de rester clair pour tout ce qui n'est pas lui. La première fois que j'ai écrit l'histoire, c'était un bordel pas possible à comprendre avec des phrases de trois ou quatre lignes auxquelles personne comprenait quoique ce soit, avec plus d'informations que dans dix chapitres de n'importe quel autre roman.
Oui, pardon, j'ai un peu oublié (Noël, tout ça...). Désolé.
Alors, que dire ?
C'est compliqué à analyser, parce qu'on ne comprend pas trop ce qu'il se passe. On n'a rien sur ton personnage, sinon des bribes de comportement que rien ne justifie. On ne sait ni qui il est, ni pourquoi il fait ce qu'il fait.
C'est souvent un grand défaut des écrivains en herbe : "mon personnage est flou mais c'est intentionnel, il est mystérieux".
Non.
Ton personnage, il a une vie, une personnalité, des raisons de faire ce qu'il fait, des occupations quotidiennes... On doit apprendre à le connaître au cours du texte, MÊME s'il est "mystérieux".
Sinon, j'interprète ça simplement comme "j'avais la flemme de caractériser mon personnage", ou pire : "j'avais pas envie de me faire chier à apprendre comment faire", une paresse très malvenue.
Un personnage peut être mystérieux, avoir des raisons que le lecteur ne connaît pas, mais rien, absolument rien, n'épargne à l'auteur une description précise.
Là, je vois quoi ? Un personnage de 14 ans qui a une moto, vit tout seul et traîne dans des bars. Mwouais.
Déjà que c'est improbable, mais en plus on ne sait pas comment il se nourrit, comment il a eu sa cabane, pourquoi il vit tout seul dans une cabane en forêt, comment il a les sous pour acheter de l'essence pour la moto, etc.
Ah, et il a les yeux vairons. Mwouais. On a vu plus original comme procédé pour donner de l'intérêt à un personnage... Enfin, si c'est justifié dans la suite, passons.
Ah, et malgré tout, il fait partie d'une institution d'enseignement ultramoderne, limite SF (où il est d'ailleurs un petit génie, non ?). Mwouais. Non seulement ça ne colle pas avec le cadre du début, mais en plus le coup du petit génie, c'est incroyablement cliché.
Non. Ton personnage n'est pas vivant, et surtout, il n'est pas crédible une seule seconde, surtout avec aussi peu de détails sur l'univers.
À retravailler, donc. Il y a un juste milieu entre "trop d'infos, pas organisées" et "je donne tellement peu de détails que le lecteur ne sait pas ce qu'il se passe".
Bon, on sent que ton perso a un "truc à part", ça doit être un androïde ou quelque chose comme ça, non ? Mais là, ça ne produit pas d'effet sur moi. Avec ce début, je ne suis pas curieux du tout d'en savoir plus sur le perso. J'ai juste un bon WTF qui apparaît dans ma tête.
Niveau langue, c'est correct. Quelques fautes, quelques tournures un peu étranges, mais c'est correct dans l'ensemble.
Le style est assez inexistant : on manque de souffle et d'âme.
Ça rejoint le problème du manque de détails cité plus haut.
C'est que mon personnage n'est pas juste mystérieux, il est complètement inexistant. Il n'est pas juste dans une institution ultra moderne, c'est du SF et tout est supposé être moderne, bien que pas précisé ici. Je ne voyais pas vraiment comment décrire son bâtiment, alors j'ai juste choisi de pas me faire chier avec ça et de mettre que tout l'enseignement se faisait dedans. Et encore, je me suis pas fait chier avec ça non plus. J'ai pas essayé d'avoir le personnage cliché qui ne convient qu'à un manga, soit le type solitaire qui est en fait un génie blablabla, j'ai juste choisi qu'il allait à l'école, un fait qui ne changerait sûrement pas dans un futur réaliste, pour qu'il ait une raison de ne pas juste s'enfermer chez lui.
J'ai jamais vraiment réfléchi à son background, mais puisqu'il est supposé être seul, je l'ai juste fait habiter dans une cabane de merde alors que tout le monde vit dans des gratte-ciels. Il a toutefois une source de revenu, mais vu comment j'ai déjà foiré en essayant de tout expliquer d'un coup, j'ai choisi de ne pas parler de ça, et de ne rien expliquer du tout qui me force à dire son nom. Il a aussi une raison quant à ses yeux, et j'ai bien mis quelques indices pouvant faire conclure à un trauma ou une haine de soi-même ou autre chose du genre, et vu mon talent ça rend pas superbement, je suppose.
Ainsi donc, écrivant un texte sur pratiquement du vide, je n'ai déjà aucune motivation concernant cette partie, mais en plus de ça je ne parviens donc pas à avoir un style, ce qui était plutôt prévisible, vu le manque d'émotion dans ce texte, et dans mon personnage.
Heureusement pour moi, je ne vais pas avoir à continuer cette merde, que je n'apprécie pas au point de ne pas respecter mon travail qui ne mérite de toute façon que dalle, je passe à un autre personnage, et j'espère pouvoir écrire mieux, ou au moins définir un style qui ne change pas à chaque fois que je me remets à écrire, avec un personnage plus vivant que ça.
Tu penses que commencer un nouveau récit te sera bénéfique ?
Ah, c'est pas un nouveau récit, j'alterne simplement de personnage. Je ne peux pas narrer une histoire entière avec comme unique personnage principale une coquille vide. Je n'en ai pas le courage, et comme on me le fait remarquer, ça deviendrait juste un cliché de manga avec type inutile à qui il arrive des trucs.
Ouhlà, ouhlà, pas la peine de le prendre aussi mal. Je ne faisais que donner mes impressions.
(Je te l'accorde, je ne suis pas des plus tendres.)
Ceci dit, si tu trouves toi-même que ton personnage est inexistant, à toi de trouver un moyen de l'étoffer.
En lisant, je n'avais pas l'impression de pouvoir pénétrer la psyché du personnage pour comprendre ce qui se passait, et ça m'a un peu frustré.
Pour le coup de la cabane, je me disais qu'il pourrait vivre dans un appart, même tout seul. Mais c'est la cabane au milieu d'un univers futuriste qui me faisait bizarre.
Et justement, le voir vivre dans un appart tout seul alors que tout le monde vit dans le même genre d'appart, mais pas tout seul, permettrait de mettre aussi bien le côté solitaire, avec même peut-être une pointe de ressentiment, sans trop forcer le trait.
Tu devrais aussi préciser le côté SF ultramoderne, ça permettrait de mieux s'imaginer les décors (ne serait-ce que le bar, par exemple).
Ah, et j'ai pu faire des erreurs dans ma lecture : je lis toujours de manière moins profondément attentive sur un écran que devant un livre, malgré mes efforts. N'hésite pas à me le signaler.
Quand tu mets que le perso a fait l'équivalent de dix années d'études en seulement quatre ans de présence dans l'école, c'est là que le côté "petit génie" m'avait étonné. Là encore, c'est peut-être justifié par la suite...
Dernière chose : si tu ne sens pas de commencer le roman par lui, pourquoi ne pas commencer par un autre personnage ? Ou balancer juste une mini-scène avec lui en guise de petit prologue, puis passer à un autre ?
Je suis pas mal grossier, mais j'ai rien pris de mal, hein, j'aime bien qu'on me critique, ça me fait avancer. On me prend toujours de manière négatif bizarrement, et pas que virtuellement.
Vraiment je ne comprends moi-même plus pourquoi j'ai décidé qu'il devait vivre dans une cabane. Faut dire, ça remonte à plus de deux ans, et à la base c'est en effet un génie, et qui plus est un " génie pas compris par les autres dégoûté de la vie ". Je pense que ça vaut en effet le coup de changer pour un appart'. Je me creuse la tête à chercher la raison pour une cabane mais je ne vois vraiment pas ...
Après, je comptais développer la ville futuriste plus tard, et juste donner un aperçu de la vie du héros dans ce prologue. C'est pas vraiment du SF ultramoderne, le futur que j'ai en tête n'a aucune chance d'exister, et mes technologies sont juste du même ordre et très limitées. J'ai jamais vraiment fait de plan de la ville, mais c'est grosso modo basée sur ce que je vois quand je rêve ( et c'est ... pas super ) : d'un côté une vieille ville avec des vieux bâtiments comme le bar, une sorte de ghetto, et au milieu une vraie métropole qui cache un QUARTIER ( pas vraiment un quartier, ça doit faire la moitié de la ville dans ma tête ) RÉSIDENTIEL AVEC DES MAISONS.
Si un lecteur ne peut pas se concentrer, ça reste principalement ma faute quand même. J'ai vraiment pas pu trouver un moyen d'insinuer que son œil le traumatisait de manière subtile, vu comment le personnage ne fout rien de toute façon à part marcher.
Et encore une fois, j'ai pas trouvé mes mots pour ses études. Je voulais dire qu'il était à la dixième année en grade, mais qu'il n'avait commencé ses études que quatre ans plus tôt. Comme un étranger qui est en seconde alors qu'il est venu en France il y a deux ans.
Quand j'ai eu l'idée de faire Dead|braiN ( parce que j'aime écrire de manière fashion et que j'aime même inventé un logo ) il y a deux ans, je me voyais en tête avec une scène dénuée de toute action pour introduction, qui ne dévoilait qu'une routine ennuyeuse tout en gardant le héros mystérieux. La véritable raison pour laquelle j'ai eu autant de mal à en arriver à ce stade est surtout que je fais des pauses vraiment trop longues, et qu'à ma reprise, je ne me sens plus du tout d'écrire le même texte et je le recommence. Je me suis toutefois résolu à continuer, et il ne devrait plus y avoir de problèmes.
Je vais re-tenter d'écrire le prologue en utilisant un appartement, je suppose.