C'est une petite nouvelle avec sujet imposé pour le lycée je vous laisse juger:
C'était pendant la guerre de 1870 alors que les Prussiens occupaient tout le pays . Je devais avoir six ou sept ans, pas plus. Lui devait en avoir soixante dix. Tout le monde l'appelait l'Ancien, enfin tout le monde...Plutôt le peu de gens qui lui adressait la parole.
Personne ne le voyait,personne ne voulait le voir, qui veut penser aux problèmes d'un mendiant. Il couchait devant l'église, église qui fut détruite le même jour que cet homme pendant la bataille du quatorze août. Sa barbe poivre et sel, qui tirait plus sur le sel que sur le poivre, ses cheveux hirsutes et son vieux manteau rapiécé lui donnait l'air malade,dangereux. Moi ça ne me dérangeait pas, au contraire , quand je trouvait un franc par terre, je le lui ramenais et en échange j'avais le droit de jouer avec Badinguet son petit chien roux. Je ne rappelle pas qu'on ce soit jamais dit nos noms, c'était l'Ancien et moi Gamin.
Cela aurait pu durer longtemps encore, sans compter ses salauds de prussiens. Ils entrèrent dans la ville au matin alors que je fouinais dans les rues à la recherche de quelques piécettes.
Devant le parvis de la petite église se tenait l'Ancien assis par terre en train de palabrer avec deux uniformes. Ces deux là semblaient vouloir le déloger. Le ton monta. Un soldat cracha sur le vieil homme. L'ancien leva la main et frappa le soldat en pleine figure. Celui ci ne chancela même pas. Il essuya d'un revers de manche une gouttelette de sang qui perlait au coin des ses lèvres. Il regarda son collègue et éructa:
-Töten Sie ihn! Daran statuieren wir ich ein Exempe!
Le soldat sortit son fusil. Il attrapa l'Ancien par le bras. Je courus vers lui mais sans même se retourner l'homme que l'Ancien avait frappé me gifla et m'envoya rouler en bas des marches . L'Ancien s'arracha de la prise du soldat avec mépris et se releva dignement. Le bonhomme fut collé contre le mur et fusillé.
Merci de votre lecture j’espère que ça vous a plu 