\Chapitre 6/ Dérapage
Nous pénétrâmes dans la ville qui, à première vue, était déserte. Je me doutais que ce n'était pas le cas et qu'il y avait, certainement, plus d'une centaine de rôdeurs dans le coin.
- Restez groupés. Annonça Ashley. On ne doit pas prendre de risque.
Nous formions un cercle, et chaque personne qui était présente dans le groupe surveillait de son coté. Aucun rôdeur n'avais été remarqué ce qui signifiait qu'ils étaient tous entassés au centre de la ville. L'armurerie, d'après ce que j'avais compris, ne se situait pas très loin. Cette excursion ne devait pas poser de problèmes, si nous étions bien coordonnés.
- Tu ne m'as toujours pas dit pourquoi vous les avez baptisé rôdeur. Rappelai-je à Jeff qui se trouvait à coté de moi.
- Eh bien, ils errent, sans réfléchir, en quête de nourriture. C'est pour ça, on dirait qu'ils rodent. Expliqua-t-il
- Ah ok, ce n'est pas une définition très recherchée mais ça me va. Rajoutai-je.
- Si tu penses trouver mieux, ne te gènes pas ! Vas-y ! Intervint Ashley.
- Je n'ai pas... Débutai-je.
- Alors tais-toi et concentre toi, c'est plus utile. Trancha Ashley.
Depuis le début, Ashley montrait une certaine méfiance à mon égard, ce qui m'énervais peu à peu. Elle me contredisait à chaque phrase que je pouvais prononcer. Elle s'énervait à chaque mot que j'osais émettre. Je voulais avoir une discussion avec elle pour savoir pourquoi était-elle si méfiante envers les étrangers, alors que nous étions tous dans le même bateau. Nous devions nous serrer les coudes si nous voulions survivre, mais ce n'était pas son opinion. Pour elle, ils devaient rester un petit groupe, et tout autres personnes étaient un risque supplémentaire pour le groupe.
Je devais garder mon calme car je savais très bien que je n'étais pas en position de force, et puis, tant que, Lenny et moi, restions dans le camp, cela nous était bénéfique. Il ne fallait pas tout gâcher.
Nous arrivâmes à un carrefour où, au centre, se trouvait un rôdeur isolé.
- On fait quoi ? Questionna Matthew.
- Tant qu'il est seul, il ne pose pas de problèmes. Répondit Ashley. Je vais m'en occuper, restez derrière moi, au cas-où d'autres rôdeurs rappliquent.
Ashley se dirigea, accroupie, vers le centre du carrefour où se situait la créature. Jeff et Matthew lui emboîtèrent le pas pour surveiller ses arrières. Lenny et moi suivîmes la marche, juste derrière les deux hommes. Aucun autres rôdeurs n'étaient à signaler, nous n'avions pas été encore assez loin pour apercevoir la meute, ce qui me rassurait un peu. Ashley arriva à la hauteur du zombie et, d'une grande rapidité, enfonça, dans le crâne de la créature, un couteau qu'elle avait rangé à sa ceinture.
- Allez, vous pouvez rappliquer. Nous incita-t-elle.
Nous la rejoignîmes au plus vite, pour reformer à nouveau notre cercle. Nous prîmes la route de droite et, après quelques minutes de marche, nous pûmes apercevoir l'armurerie au coin d'une rue adjacente à la nôtre. Nous nous mîmes dans un coin, de sorte à avoir le bâtiment en visuel, et Ashley prit la parole.
- Une fois à l'intérieur, je vais, avec Jack, prendre le maximum d'armes que nous allons placer dans ce sac. Montra-t-elle. Vous trois, gardez un œil à l'entrée pour qu'aucuns rôdeurs ne nous gênent. S'il y a le moindre problème, prévenez-nous au plus vite. Compris ?
Nous acquiescions tous en silence pour ne prendre aucun risque. Je me mis à coté de Ashley et, à son signal, nous nous mîmes en route. Je regardai partout, pour ne pas me faire surprendre par un quelconque rôdeur, ce que fit aussi Lenny. Une fois à la porte, nous mîmes en action notre stratégie. Accompagné d'Ashley, je me précipitai vers le fond du magasin. Il était moins grand qu'il n'y paraissait et, grâce à ses nombreuses fenêtres, il était baigné par la lueur du Soleil matinal. Nous arrivâmes au niveau des armes, et nous pûmes apercevoir que le magasin avait déjà été partiellement pillé ce qui ne nous laissait plus beaucoup de choix.
- Prend toutes les munitions correspondant aux armes se trouvant par terre. M'annonça Ashley. Je crois qu'on va toutes les prendre vu le peu qu'il y a.
- Pas de soucis. Déclarai-je.
Je me dirigeai vers une rangée de tiroirs que j'ouvris rapidement. Toutes les munitions restantes s'y trouvaient, et je pris que celles qui nous seraient utile, comme m'avait rappelé Ashley. Il n'y avait, au niveau des armes, qu'un fusil à pompe, un pistolet et un AK-47. Je pris toutes les munitions de ces armes quand j'entendis un cri provenant de l'entrée du magasin.
- Ils arrivent ! Cria Jeff. Les rôdeurs arrivent.
- Et merde, il manquait plus que ça. Déplora Ashley. Vite, dépêche toi de tout prendre !
Je fis ce qu'elle me demanda et je déposai toutes les munitions dans le sac qu'Ashley transportait.
- Est ce qu'on peut sortir devant ? Tenta ma coéquipière.
- Non, plus maintenant. Répondit Matthew. Ils ont encerclé le bâtiment.
- Fermez les portes ! Cria Ashley. Ça les retiendra quelques minutes.
Les trois hommes s'exécutèrent. Une fois cela fait, ils se précipitèrent à notre rencontre.
- C'est la galère totale. Annonça Jeff. Les rôdeurs ne vont pas mettre longtemps à forcer la porte. Faut trouver quelque chose.
- Il doit certainement avoir une issue de secours. Espérai-je. Il faut la trouver.
- Je connais ce magasin, et je le saurai si il y avait une issue de secours. Répliqua la femme. Je crois que l'on va devoir se battre.
- Mais ils sont des centaines ! Désespéra Jeff. On a aucune chance.
Je croisai le regard de Lenny. Nous avions déjà vécu ça. Tout ce que j'espérais, c'était de ne pas revivre la scène de la station, et tout le contraire se produisait. De plus, nos anciens sauveurs étaient, cette fois-ci, dans la même galère que nous. Nous ne devions pas espérer un miracle, nous ne pouvions pas espérer un signe. Cette fois, il fallait que l'on se débrouille par nos propres moyens, et se défendre avec les quelques armes que l'on avait trouvé restait la meilleure solution.
- Elle a raison, nous devons nous battre. Insistai-je. Nous n'avons pas le choix.
- Pour une fois que tu es d'accord avec mes décisions. C'est un miracle. Railla-t-elle.
- Vu la galère dans laquelle on c'est foutu, si je n'étais pas d'accord avec toi maintenant, je ne le serais jamais. Répliquai-je. Je vais m'armer du pistolet. Jeff, tu as ton fusil et toi, Ashley, tu as ton pistolet. Lenny, tu peux prendre la mitraillette et toi, Matthew, tu peux prendre le fusil à pompe.
Tout le groupe s'équipèrent comme je venais de l'annoncer et, une fois prêt, nous nous mîmes en position de tir, sachant très bien que tout cela allait mal finir. Lenny échangea un regard avec moi, l'air de dire que je pouvais compter sur lui, qu'il avait la situation en main. Savoir que mon pote avait tourner la page avec ses parents me rassurais mais il me suffisait de regarder tout les rôdeurs qui s'étaient entassés derrière la porte pour m'enlever ce sentiment. Sur tout le groupe, j'étais, avec Ashley, l'un des seuls à avoir déjà manié une arme dans le passé. Tout les autres ne savaient certainement pas comment cela marchait.
Je vérifiai une dernière fois mon chargeur avant que la porte ne cède. Les premiers rôdeurs pénétrèrent dans le magasin. Je me mis à tirer sur toutes les créatures que j'apercevais, et Ashley fit de même. Les autres ne tiraient pas, préférant nous laisser les tuer pour le moment. J'entendis un bruit de verre venant de derrière moi, ainsi que plusieurs râles. Je me retournai au plus vite et je pus apercevoir que les rôdeurs s'étaient également introduit dans le magasin par une des fenêtres.
- Ils nous encerclent ! Prévins-je.
- Lenny ! Vas aider Jack à protéger nos arrières ! Demanda Ashley.
Lenny se précipita vers moi, et nous nous mîmes à tuer les rôdeurs arrivant par la fenêtre. Chaque balle que je tirais aboutissait dans la tête de l'une de ces créatures, ce qui n'était pas le cas de mon ami. Lenny, avec son AK-47, tirait plusieurs balles à coté et mettait donc plus de temps pour neutraliser un rôdeur.
- J'use trop de balles. Je n'arrive pas à manier la mitraillette. M'annonça mon pote. Je crois que ça serait mieux que tu me passe ton pistolet, ça serait plus simple.
- D'accord.
Je tuai le dernier rôdeur qui se trouvait dans le bâtiment et je passai mon pistolet à Lenny en échange de sa mitraillette.
- Merci mec. Dit-il en essayant sa nouvelle arme sur une créature qui pénétra dans le magasin par la fenêtre.
Le rôdeur s'effondra, une balle s'étant logée dans sa tête.
- J'ai réussi. Cria-t-il.
- Si ça se calme de votre coté, j'aimerai bien que vous reveniez nous aider. Lança Ashley. On est en galère ici.
Je risquai un regard du coté de l'entrée et je vis une horde de rôdeurs qui s'y engouffrait.
- Lenny, je retourne les aider. Ça c'est calmé ici, donc tu ne devrais pas avoir trop de mal à les contenir. Annonçai-je. Si tu n'y arrives pas, appelle-moi, ok ?
- Pas de soucis, vas-y. Répondit-il.
Armé de la mitraillette, je retournai du coté de l'entrée pour porter secours au reste du groupe. Je me mis à viser la porte et je tirai une rafale sur tout les rôdeurs qui osaient rentrer dans le magasin. Les créatures ne cessaient d'arriver, à tel point que je vins à penser que toute la ville se rassemblait ici, dans l'armurerie. Cela commençait vraiment à perdurer, je voyais mes compagnons qui commençait déjà à manquer de munitions. Nous gaspillions nos balles alors que nous venions à peine de les prendre, ce qui était dommage. Les rôdeurs affluaient de plus en plus, et je me vis en manque de munitions. J'étais en train de vider mon dernier chargeur. Je pensais que nous approchions de la fin et je n'avais pas totalement tort.
- Il n'y a plus de rôdeurs qui arrivent par la fenêtre. Nous indiqua Lenny.
- Tu pense qu'on peut s'y faufiler sans trop de danger ? Demandai-je.
- Je ne sais pas trop. Me répondit-il. Quand je fais un pas dehors, les rôdeurs aux alentours commencent à rappliquer.
- Ils sont beaucoup ? Demanda Ashley en abattant un rôdeur.
- Je dirais plusieurs dizaines. Indiqua Lenny.
- Ça en fait pas mal. Faudrait réussir à créer une diversion. Proposai-je.
- Je ne vois pas comment on pourrait-faire. Intervint Jeff en achevant une créature d'un coup de pied.
- Je sais. Lançai-je. Vous allez partir en avant et je vais rester en arrière pour vous couvrir. Je vous rejoindrai au camp.
- Je ne suis pas d'accord. Contra Lenny. C'est bien trop dangereux.
- Écoute, c'est soit on meurt tous ici, soit quelqu'un se dévoue. Dis-je. Je pense que c'est mieux que ça soit moi qui reste en arrière, je suis assez expérimenté pour rester en vie.
- Arrête un peu ! Cria mon pote. Tu n'as aucune chance, ils sont trop nombreux.
- T'as un meilleur plan, peut être ? Interrogeai-je. Ashley, tu sais aussi bien que moi qu'il n'y a pas d'autres solutions.
Ashley ne pipa mot. Elle qui avait toujours été contre moi depuis le début n'appuya même pas le fait que je me proposai pour les sauver. Elle savait aussi bien que moi qu'il y avait que très peu de chance que je m'en sorte, et pourtant elle ne voulut pas approuver. Peut être m'étais-je tromper sur son compte, peut être qu'elle n'était pas aussi mauvaise que je ne le pensais.
- Ashley, s'il te plaît. Sois avec moi. Suppliai-je.
- Tu es prêt à risquer ta peau pour nous aider ? Questionna-t-elle visiblement étonnée de mon choix.
- Je sais que nous ne sommes pas en très bon terme et je voudrais te montrer que je ne suis pas quelqu'un de mauvais. Expliquai-je. Préparez-vous à sortir !
Nous nous mîmes tous à coté de la fenêtre. Je tirai mes dernières balles sur les rôdeurs qui pénétraient dans le magasin par la porte d'entrée.
- Je ne peux pas te laisser te sacrifier mec, t'es mon pote. Balança Lenny. Me fais pas ça.
- Je suis désolé Lenny, mais c'est votre seule chance de survie. Annonçai-je.
- Et toi alors ? Elle est où ta putin de chance de survie. S'énerva Lenny. Personne ne pourra te l'offrir.
- Je n'attend pas à ce que l'on me l'offre. Je vais la gagner au prix du sang de ces monstres. Expliquai-je.
- Je viens d'apprendre que mes parents se sont fait bouffés et, quand je commençai à tourner la page douloureusement, tu vas te sacrifier. Me dit-il la larme à l’œil. Tu fais vraiment chier mec !
- Je suis désolé pour vous deux mais là, il va falloir bouger. Annonça Ashley. Les rôdeurs ne vont pas nous attendre.
Matthew passa le premier par la fenêtre, suivi par Jeff. Ashley abattit deux rôdeurs qui les prenaient en chasse pour se lancer à leur suite. Je me mis à coté de Lenny. Je croisai son regard, je ne savais pas ce à quoi il pensait sur le moment. Il tint mon regard durant de longues secondes et il ouvrit finalement la bouche.
- T'es tout ce qu'il me reste à présent. Commença t-il.
- Je sais mais...
- Je ne te laisserai pas partir aussi facilement, pas comme ça. Continua-t-il.
- Je n'ai pas le...
- C'est moi qui suis désolé mec. Ajouta-t-il.
- Qu'est ce que....
- Il est temps pour moi de rejoindre mes parents. Finit-il.
- Quoi ? Mais...
Lenny ne me laissa pas finir qu'il passa par la fenêtre, mais au lieu de se diriger vers l'autre partie du groupe, il se dirigea vers les rôdeurs.
- Lenny ! Ne fais pas ça ! Criai-je en partant à sa poursuite.
Ashley avait anticipé mon geste et elle vint à ma rencontre pour m'arrêter avant que je ne puisse arriver à la hauteur de Lenny.
- Lâche moi ! M'énervai-je. Lenny, non !
- Je suis désolé Jack, mais je ne peux pas te laisser y aller. Raisonna Ashley. Il a fait son choix.
- Non ! Ce n'était pas à lui d'y aller. Pleurai-je. C'était moi !
Je me mis à pleurer au milieu de la rue. Lenny commençait à se rapprocher de plus en plus de la horde de rôdeurs, et il s'arma d'un couteau qu'il avait prit le matin même au camp.
- Venez ! Je suis là pour vous accueillir ! Hurla Lenny. Vous croyez qu'en bouffant mes parents vous alliez vous-en sortir sans histoire ! Je vais tous vous buter, tous autant que vous êtes.
Ashley me prit avec elle et m'emmena auprès de Matthew et Jeff. Nous devions rentrer au camp pendant que les rôdeurs étaient occupés avec Lenny. Je ne pouvais plus parler ni réfléchir à quoi que ce soit. Je ne faisais que pleurer, pendant toutes ces années, mon seul ami avait-été Lenny. Il avait toujours été là pour moi et maintenant je devais le laisser partir pour toujours. Je m'étais trompé à son sujet, il n'avait, en aucun cas, tourné la page avec l'histoire de ses parents. Au contraire, toute sa rage bouillonnait en lui et, aujourd'hui, il devait extérioriser tout ce qu'il avait accumulé ces derniers jours. J'étais son ami et je ne l'avais pas remarqué. J'aurais du l'apercevoir, j'aurais du être là. Je me sentais coupable de ce qui se passait, comme si c'était moi qui allait le tuer. Nous entendîmes les cris de rage de Lenny ainsi que les nombreux râles des rôdeurs. Et puis vint le moment où les cris de colère se transformèrent en cris de souffrance, puis vint le silence, brisé par les quelques hurlements des créatures, trop occupées à se repentir sur mon ami, mon seul ami, Lenny.
J'ai adoré ce sixième chapitre. D'abord parce que j'attendais avec impatience l'entrée des survivants à Seattle, et j'ai été plus que satisfait. J'ai beaucoup aimé le fait que la scène de la station se reproduise ici. Et je ne m'attendais pas du tout à la réaction de Lenny, j'ai été agréablement surpris de ce côté-là aussi. Rien à dire sur ce chapitre (peut-être quelques petites fautes qui se baladent, mais ce n'est pas grave).
J'aime bien ton roman personnellement.Pas trop d'avis là dessus car je n'aime pas "féliciter" les gens mais je n'aime pas "réprimander" ou "critiquer" sauf constructivement donc une seul chose a dire ; Bravo , j'aime et continue ![]()
Merci pour vos 2 avis ![]()
J'ai bien aimé ce septième chapitre.
Juste une remarque : tu emploies souvent "c'était". Il faut que tu fasses attention à son emploi. Par exemple, "c'était un homme blond" est une phrase correcte. Mais lorsqu'il y a un participe passé, il faut que tu emploies "s'était". Au lieu de "il c'était sacrifié" au début du chapitre, tu devrais écrire "il s'était sacrifié".
Sinon, continue comme ça.
Merci de ton avis et de ta remarque, je note.
\Chapitre 8/ Panne d'essence
Plusieurs jours passèrent depuis la mort de Lenny. Chacun était différent, durant certains, nous restions tous au camp pour se reposer et durant d'autres, nous allions en ville pour s'approvisionner en nourriture au magasin se trouvant à l'entrée de celle-ci. Il y avait peu de rôdeurs ce qui nous facilitait grandement la tâche. Depuis que nous avions été pris au piège dans l'armurerie, nous y étions retourné une seule fois pour vérifier si nous avions oublié des munitions. Je n'avais trouvé que deux chargeurs de pistolet qui s'étaient retrouvés sous des débris. Tout le monde au camp parlait, rigolait et mangeait comme si le monde n'avait pas changé, comme si rien de tout ça ne c'était passé. C'était peut être ce que recherchait Ashley, que les survivants puissent oublier les horreurs qui se passaient autour d'eux. Quand à moi, je ne pouvais oublier tout cela. Mon ami était mort, et était devenu l'une de ces choses. J'essayais de refouler tout mes sentiments mais cela était compliqué, bien plus que je ne l'imaginais.
Voilà à quoi ressemblait notre nouvelle routine. Se reposer, s'approvisionner, se battre contre des monstres, et surtout, survivre.
Je me trouvais actuellement dans ma tente qui n'était maintenant plus qu'à moi. Après y être resté durant toute la journée, je sortis de celle-ci pour aller manger un morceau. Je vis Ashley et Jeff qui discutaient.
- … Deux jours, trois grand maximum. Annonça Jeff.
- Il n'y a plus vraiment de station-service avec de l'essence dans le coin. Ajouta Ashley.
- La seule station avec encore de l'essence est à trente kilomètres. Raconta Jeff. Cela prendrait trop de temps à pied.
- Nous ne pouvons pas partir d'ici. Stoppa la femme. On est bien dans ce camp.
- Et tu crois que ça va durer ? Questionna Jeff. Combien de temps, penses-tu, que les rôdeurs vont mettre avant de nous trouver et nous attaquer ?
- Arrêtes de dire n'importe quoi. S'énerva-t-elle. Tu sais bien que les rôdeurs sont au centre-ville. Nous sommes bien assez éloignés d'eux.
- Tu es trop naïve Ashley. Rétorqua Jeff.
- Il y a un problème ? Demandai-je
- Plutôt oui. Répondit Jeff. Notre générateur marche à l'essence et notre réserve est bientôt épuisée. Nous devons aller en récupérer.
- Et bien, dans la station où vous nous avez sauvé, moi et...
Je ne terminai pas ma phrase. Cela me fit une pointe au cœur de repenser, encore une fois, à Lenny.
- Nous avons déjà pris toute l'essence qui s'y trouvait. Répliqua Ashley. Nous devons aller chercher plus loin.
- Et le générateur est vraiment indispensable ? Questionnai-je.
- C'est grâce à lui que nous pouvons espérer vivre convenablement. Expliqua Jeff. Nous devons trouver de l'essence et le seul moyen est de déménager.
- Déménager ? Ou ça ? Demandai-je abasourdi par la nouvelle.
- Je ne sais pas. Répondit-il franchement. Le plus proche de la station, je suppose.
- Ce n'est pas des suppositions qui nous feront avancer. Trancha Ashley. Qui te dit que les rôdeurs n'ont pas infesté les lieux aux alentours ?
- Je t'ai déjà dit que nous n'avions pas le choix. Rétorqua Jeff. Maintenant, fais ton choix, mais sache que des personnes derrière en pâtiront si tu fais le mauvais.
Sur ces derniers mots, Jeff s'en alla dans sa tente et il nous laissa, moi et Ashley, au milieu du camp. Un long silence s'installa durant lequel la femme sembla réfléchir longuement, ce que je fis également. A partir de maintenant, c'était l'essence qui nous faisait avancer, et sans cette énergie, nous n'étions plus grand chose. Nous n'avions pas appris à nous débrouiller, et nous étions encore loin d'y réussir. Tant qu'il y avait une possibilité pour nous d'avoir de l'essence, il fallait, je pensais, la saisir. Je compris, ensuite, que Ashley en était arrivée à la même conclusion. Malgré son orgueil, Ashley dut admettre qu'il n'y avait pas d'autres moyens, nous devions partir d'ici, même si les quelques réfugiés n'étaient, certainement, pas prêt à quitter ce refuge.
- J'aurai besoin de l'attention de tout le monde ! Cria Ashley. D'absolument tout le monde.
Elle attendit que les survivants se regroupèrent tous autour d'elle avant de poursuivre.
- Vous n'êtes pas sans savoir que notre réserve d'essence s'épuise assez rapidement, et qu'il nous en reste tout juste pour deux jours. Poursuivit-elle. Nous avons, déjà, pillé toutes les stations se trouvant aux alentours de notre position et nous nous retrouvons, donc, dans l'impossibilité de nous approvisionner en essence.
Elle jeta un bref coup d’œil à Jeff, qui était sorti de sa tente pour écouter le discours, avant de continuer.
- Nous avons, néanmoins, repérer qu'il y avait une station-service qui se trouvait à trente kilomètres de Seattle, et je suis, donc, dans l'obligation de vous annoncer que nous allons devoir lever le camp pour se rapprocher de cette station. Finit-elle.
- Quoi ? Lâcha Matthew. Est-ce vraiment obligatoire ?
- Si ça ne l'était pas, je n'aurais pas pris cette décision. Répliqua la femme.
- On commençait à se sentir chez-nous, ici. Rétorqua Ben. On ne sait pas ce que nous allons découvrir là bas.
- Mis à part des rôdeurs, il n'y aura pas d'autres surprises. Expliqua Ashley. Et puis, qui c'est si nous allons pas tomber sur un meilleur refuge.
- Alors nous devrons compter sur la chance ? Demanda Amber.
- Je pense que c'est une mauvaise idée. Ajouta Madison.
- J'ai dit que nous partons, alors nous partons ! S'énerva Ashley. C'est une question de survie.
Personne n'osa la contredire à nouveau. Visiblement, il n'étais plus question de se mettre en travers de son chemin, elle avait fait son choix et il était définitif. Jeff était content sur le fait que Ashley l'avait écouté, ce qui, normalement, n'était pas souvent le cas, mais lorsqu'il s'agissait de survivre, ils arrivaient, tout de même, à se mettre d'accord, comme en ce moment.
Quand à moi, je n'avais pas vraiment donner mon avis, mais, depuis la mort de Lenny, plus grand chose ne m'affectait, tant que je continuais à vivre.
Tout le monde prépara, de son coté, ses affaires à emporter. Il fallait n'emmener que le nécessaire et pas mal de choses était grandement inutile, comme un balai qui se trouvait dans le camion. De mon coté, je ne mis pas beaucoup de temps à préparer mes affaires, étant donné que j'étais pratiquement arriver les mains vides, mis à part une photo et quelques provisions que j'avais gardé secret, au cas où la situation dégénérait. Cette photo représentait une femme, plutôt grande et mince, avec des cheveux châtains qui descendaient le long de son flanc, jusqu'à son bassin. Elle avait des yeux bleus qui transperçaient n'importe qui qu'elle regardait en face, dont moi à plusieurs reprises. Cette femme avait-été la mienne dans le passé, jusqu'à ce que la mort nous sépare à jamais. Elle était morte depuis déjà quelques années, et j'avais eu beaucoup de mal à surmonter sa mort. Encore aujourd'hui, l'objet et la cause de sa mort m'étaient un mystère.
Je rangeai cette photo dans ma poche quand Madison s'invita dans ma tente.
- Salut Jack. Lança-t-elle. Je voulais te dire que j'étais désolée pour ton ami, Lenny.
- Arrêtes un peu avec ça. La stoppai-je. C'est du passé, je suis allé de l'avant.
- En es-tu sur ? Me questionna-t-elle.
- Bien sur, pourquoi ces questions ? Rétorquai-je.
- En fait, je voulais te dire que depuis quelque temps, j'avais remarqué que tu avais vraiment changé, et tout ça depuis cet accident. Expliqua-t-elle.
- Et qu'entends-tu par changé ?
- Que tu ne participes plus aux discussions le soir, que tu ne t'intéresses plus à la vie du camp et que tu ne te préoccupais que de toi. Énonça Madison.
- Tu ne me connaissais même pas avant, comment peux-tu dire que j'ai changé ? Demandai-je. C'est absurde, et j'ai très bien remarqué que vous vous préoccupiez que de votre petit groupe, alors maintenant j'ai pris mes précautions.
- Mais tu fais parti intégrante de notre groupe, Jack. Annonça-t-elle.
- Non, je ne crois pas. Conclus-je. D'ailleurs, je ne l'ai jamais crus.
- Pourtant c'est le cas. Continua-t-elle. Nous partageons tout avec toi, qu'attends-tu de nous ?
- Crois moi, cela fait, maintenant, quelques jours que je n'attends plus rien de vous, ni même de personne. Lançai-je.
- Tu as tort de te renfermer autant. Finit-elle par dire. Au final, j'avais raison. Tu n'as pas tourné la page de ton ami, tu essayes, seulement, de faire croire que c'est le cas.
Madison sortit, finalement, de ma tente me laissant seul, perdu dans mes pensées. Avait-elle vraiment raison ? Peut être, qu'au final, je n'étais pas allé de l'avant, que je continuais à refouler tout mes sentiments au fond de moi pour ne pas être perturbé. Mais, comme l'avait annoncé Madison, finalement tout cela n'était qu'une façade. J'essayais, simplement, de me faire passer pour quelqu'un que je n'étais pas, quelqu'un qui ne pensait qu'à soi-même, qui essayait de survivre et qui ne prenait des décisions que lorsque cela l'arrangeait. Cette façade que je montrait avait, autrefois, fait partie intégrante de ma personne, et que j'avais eu tant de mal à repousser. Et maintenant que Lenny était mort, cette noirceur revenait peu à peu, ce que je refusais, mais cela n'était pas volontaire. Je devais la montrer, je devais me battre pour moi et pas pour les autres, je devais penser à moi en priorité, surtout dans ce monde. Certaines personnes ne méritaient pas forcément que j'agisse comme cela, mais je n'avais plus le choix.
Après encore quelques minutes, Ashley cria qu'il fallait partir dans peu de temps. Tout le monde prit ce qui restait d'utile et commença à charger le camion.
- Nous allons utiliser toute notre réserve d'essence pour faire rouler ce tas de ferraille. Annonça Ashley en désignant le camion. Chacun devrait, également, récupérer les restes d'essence dans les différentes voitures pour ne pas en oublier.
Tout les réfugiés s'exécutèrent. Chacun s'occupa de leur voiture respectives et de leurs provisions à emporter. Nous fûmes prêt à partir alors que le Soleil n'était pas encore à son zénith. Ce fut Ben qui prit le volant, étant donné que c'était le propriétaire de ce camion. Trente kilomètres nous séparaient de la station-service, ce qui était peu, du moins à bord d'un véhicule. Je ne savais pas ce qui nous attendait là bas, comme tout le monde, mais je n'avais plus peur maintenant. Il ne me restait plus que de l'appréhension. Je regardais toutes les personnes du groupe, et je ne vis qu'Ashley qui ne tremblait, même si je me doutais qu'elle avait certainement peur. C'était la chef du groupe, et elle ne devait pas montrer qu'elle était effrayée, pour essayer de garder un certain calme.
Quand mon regard passa vers Madison, il croisa le sien qui voulait dire qu'il fallait que je me ressaisisse, et qu'elle comptait sur moi en cas de danger, du moins, c'est ce que je crus comprendre. Je me disais que Madison était, peut être, la seule à voir en moi une source d'espoir pour le groupe, ce qui me mis mal à l'aise. Je devais essayer de survivre seul, même si je restais dans le groupe, je ne leur faisait plus confiance. Madison ne voulait pas que je reste de mon coté, elle désirait vraiment que je me sente chez moi avec-eux, mais je n'y arrivais pas. Ashley était la seule à savoir, plus ou moins, se défendre et elle ne m'aimait guère, donc je me disais que, tôt ou tard, si je continuais à les écouter, j'allais mourir comme Lenny.
Or, il était hors de question que je me fasse avoir comme mon ami, je me devais d'être plus méfiant et plus malin que le groupe, et surtout qu'Ashley.
Désormais, je prendrais mes décisions, qu'elles soient bénéfiques ou non pour eux, tant qu'elles les étaient pour moi, c'était ce qui comptait.
Très bon huitième chapitre, les fautes sont moins nombreuses que dans les chapitres précédents, de plus les caractères des personnages évoluent, et j'ai beaucoup aimé ça. J'ai hâte de lire la suite !
Merci pour ton avis.
Les prochain chapitres ne seront plus postés aussi rapidement. J'ai beaucoup de travail, en plus de cette fiction.
Pas de problème.
je trouve une bonne évolution entre le premier chapitre qui faisait tres " redaction scolaire" et ce 8 eme chapitre qui devient plus profond et plus "adulte".
Seul point noir à mon avis et tu vas avoir beaucoup de mal à t'en défaire : la première personne est à bannir de tout récit. Vraiment, cela rend très difficile la narration, et paradoxalement on à plus de mal à s'attacher au personnage ( ecnore plus aux personnages secondaires ). Donc c'esy courageux de ta part, mais à l'avenir choisi cette bonne vieille troisième personne qui à su faire ses preuves depuis le temps ![]()
Enfin je veux dire par là que la 3eme personne est plus facile à gérer pour nous petits auteurs débutant...
Oui, je comprends. Je vais essayer de faire de mon mieux avec la 1ère personne car je trouve que pour décrire les sentiments de mon personnage, c'est d'autant plus facile.
Après, ce n'est, peut être, qu'une illusion. Je n'ai jamais écris à la 3ème personne.
Pour ce qui est des sentiments la première personne est parfaite !
Mais vu que ta série se base principalement sur l'action cela aurait été plus simple pour toi. Pour l'instant tu t'en sors bien ! L'autre option aurait été un récit enchâssé avec des narrateurs multiples, donc un récit à la troisième personne mais avec des personnages qui racontent leurs histoires au coin du feu. ( enfin c'est un exemple, tous les récits enchâssés ne prennent pas place au coin d'un feu.)
Lis les hauts de hurlevent, c'est un parfait exemple de récite enchâssé et qui plus est un des meilleurs romans écrit à ce jour.
Faudrait que je le lise celui-là, surtout que j'en avais déjà entendu parlé.
En tout cas, merci pour le conseil ![]()
Je voudrais avoir ton talent !
Merci pour ton message, mais je n'ai pas beaucoup de talent non plus, comparé à certain ![]()